“ Emma dans la nuit ”

Emma dans la nuit de WendyWalker aux Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Lalechère

«  Il y a trois ans, lorsque nous avons disparu, ma sœur et moi, personne n’a rien vu.  »

Devenir célèbre suite à une disparition inexplicable ne ferait rêver personne, même la plus narcissique.

Alors lorsque Cass réapparaît, seule, trois ans plus tard à la demeure familiale, le FBI rouvre l’affaire aidé par la psychiatre le Dr Abigail Winter.

« (…) la psy s’impatientait. Elle n’arrêtait pas de remuer sur sa chaise. Elle croisait et décroisait les jambes. Tripotait son stylo. Elle n’avait pas l’air de beaucoup s’intéresser aux bois, aux arbres, aux voitures ni même au pilote, mais elle ne l’a pas interrompu. Et enfin quand elle s’est décidée à me poser une question, pour la première fois je me suis dit qu’on allait peut-être vraiment retrouver ma sœur. ”

Emma raconte l’enlèvement, décrit précisément le lieu de leur captivité, où sa sœur est toujours prisonnière.

 » Je n’aimais pas le tour que prenait la situation, parce que ça signifiait qu’ils se demandaient toujours pourquoi Emma ne m’avait pas accompagnée, et si elle n’était pas restée de son plein gré. Et donc, si j’avais moi aussi réellement été retenue prisonnière pendant ces trois ans. ”

Plus Cass se confie, plus la psychiatre doute sur la véracité des faits qu’elle se met à analyser en profondeur. Il s’avère que derrière cette façade luxueuse se cache une famille dysfonctionnelle.

 » Cette famille était un véritable nid de pathologies mentales. ”

En quelques jours le vernis des apparences se fissure, et met en lumière la brillante noirceur d’une famille pleine de secrets peu reluisants.

“ Aucun secret n’est en sécurité. Jamais. À moins de ne se confier à personne. ”

Pour ce second thriller, l’auteure fait intervenir une nouvelle fois un psychologue. Elle aborde à travers cette enquête le narcissisme dans la famille. Chaque personne se livre et laisse apparaître sans s’en rendre compte sa personnalité qui se révèle plutôt égocentrique. La psychologue analyse en profondeur chaque attitude de cette famille adepte de la manipulation. On assiste à une représentation du narcissisme dans toute sa splendeur, à croire que cela se transmet de génération en génération.

Après Tout n’est pas perdu, ( ma Chronique ici), Wendy Walker réussit une fois de plus à me faire aimer le thriller psychologique. Elle a l’art et la manière de manipuler le lecteur à travers des personnages troubles et complexes. Jusqu’à la dernière page l’intrigue reste captivante.

Un récit sombre et fort qui risque d’en surprendre plus d’un.

Wendy Walker, ancienne avocat spécialiste en droit de famille, en droit commercial et banquier d’affaires est désormais romancière et éditrice. Son premier roman Tout n’est pas perdu, va être adapté au cinéma. Elle vit avec son mari et ses quatre enfants dans le Connecticut.

Ses deux romans sont publiés chez Sonatine.

Une auteure à suivre absolument.

Je remercie Babelio et les Éditions Sonatine pour ce thriller psychologique qui a joué son rôle de grand manipulateur à merveille.

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“ Confession ”

Confession de Richard Montanari aux Éditions Cherche Midi

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau

“ Il y avait dans les rues de Philadelphie quelqu’un qui était entré dans deux maisons, puis avait collé une arme sur la poitrine de quatre personnes et fait feu.

Sans scrupule. ”

Kevin Byrne est inspecteur aux homicides à Philadelphie. C’est un vieux de la vieille, plus rien ne le surprend, seulement quand tu es flic depuis longtemps dans la même ville, chaque rue te rappelle certains souvenirs que tu préfèrerais bien souvent oublier.

Chaque affaire te ramène à une autre de manière obsédante.

Il avait enquêté sur de nombreux meurtres en série, et il savait que s’il y avait souvent une signature, un prisme fêlé à travers lequel le tueur voyait le monde, un motif psychologique aussi distinct qu’une empreinte digitale, parfois il n’y en avait pas. Ou, plus précisément, il y avait une signature qui brillait par son absence. Une méthode qui était une absence de méthode, juste l’instinct. ”

Lorsqu’il était encore adolescent, il traînait dans le quartier de Devil’s Pocket avec ses trois meilleurs amis. Ils protégeaient une jeune fille, Catriona qui était harcelée par l’aîné d’une famille mafieuse, Desmond Farren. Catriona et Desmond perdirent la vie à quelques jours d’intervalle. Deux meurtres, jamais élucidés, et la fin de l’innocence pour ces adolescents.

Quarante ans plus tard, en 2016 :

“ (…) le passé et le présent entraient en collision tout autour de lui.”

Une affaire de meurtres en série conduit Byrne à nouveau à Devil’s Pocket, il replonge dans les souvenirs qu’il tentait en vain d’oublier. Il retrouve sur sa route, entre autre “ Un sombre fantôme de sa jeunesse. ” , Michael Farren alias Billy le Loup.

“ Qui es-tu ?

Je suis Billy le Loup.

Pourquoi Dieu a-t-il fait en sorte que tu ne voies pas le visage des gens ?

Afin que je puisse voir leur âme. ”

C’est peut-être l’occasion pour Byrne de connaître enfin la vérité, de mettre à jour certaines enquêtes, de classer enfin cette vieille affaire du passé qui s’incruste dans celle du présent même si le voile se lève sur certains secrets qu’il aurait mieux valu laisser enterrés.

 » Même au cœur de la ville, en pleine journée, la maison de la mort était silencieuse. ”

Dés le départ, ça frappe fort. On est toute de suite dans une ambiance plutôt mortelle. L’auteur ne ménage pas le lecteur et l’accroche direct.

Je retrouve avec un plaisir non dissimulé un auteur que je suis depuis 2006.

Avec un style fluide et en même temps addictif, on voyage entre le passé et le présent à travers ce roman policier qui tient toutes ses promesses. Qu’ils soient flic ou tueur, les personnages ne manquent pas de piquant et l’auteur sonde leurs âmes en profondeur. Pour le flic rien de nouveau, par contre, affubler un des tueurs d’une certaine pathologie donne du caractère à l’intrigue. De fil en aiguille, l’ histoire est on ne peut plus surprenante et passionnante.

Un récit parfaitement maîtrisé qui va ravir les fans de Montanari et devrait satisfaire tous les amoureux de bons polars.

Richard Montanari, un grand maître du roman policier.

Richard Montanari est né à Cleveland, en Ohio. Il vit à Philadelphie. Écrivain américain, auteur de nombreux romans policiers. Ses romans ont été publiés en plus de vingt-cinq langues.

Je remercie les Éditions Cherche Midi pour ce polar au suspense impeccable et les félicite pour cette nouvelle ligne absolument réussie.

Belle couv’, belle enquête, un retour qui mérite toute notre attention.

41 vautours : La meute

41 vautours : La meute de Céline Tanguy  aux Éditions Les Indés 

 » – Alors, c’est quoi ? demanda Dean à l’agent en faction en montrant sa plaque. 

L’homme grimaça.

– Un truc moche. Un gosse. On l’a retrouvé là-bas, dit-il en désignant le bord du quai.

– Comme … comme l’autre ? 

Le policier hocha la tête. 

–  Ouais. C’est ce que vos collègues ont dit, en tout cas. « 

En septembre à New York, la ville s’habille de ses couleurs d’automne et les feuilles tombent et se meurent, tout comme les gens. Quelques jours séparent la découverte de plusieurs corps suppliciés.  D’abord des enfants, puis une femme, qui se sont échoués sur les rives de l’Hudson.

Amber Wilson, du NYPD se voit confier l’enquête, elle sera épaulée par Neil et Squirrel, deux agents redoutables du FBI.

 » – Vous avez du nouveau ? 

– L’enquête suit son cours, madame Ramirez, répondit Dean, un peu agacé. 

–  Ouais. C’est toujours ce qu’ils disent, à la télé quand les flics savent rien. « 

L’enquête ne fait que commencer et déjà une foule de questions s’imposent. Les énigmes s’enchaînent et va pas falloir traîner pour les résoudre.

 » Il y avait un loup quelque part. Ou toute une meute.  » 

La chasse est ouverte, et nul besoin de permis particulier pour s’attaquer à ce genre de déséquilibré. La meute suit les indices, aussi enragée que la proie qu’ils poursuivent.

 » Que des emmerdes. Ça ne promettait que des emmerdes.  » 

Je rejoins la plume Fast and Furious de Céline Tanguy pour un nouveau volet de 41 vautours. Je retrouve son style concis, furieux, qui t’emmène d’une scène à l’autre à travers des chapitres courts, sans détour, qui va direct à l’essentiel. Pas de temps mort, pas de temps perdu, comme pour toute enquête, faut avancer et pas traîner. C’est du non-stop, faut pas oublier que nous sommes dans la ville qui ne dort jamais, alors on s’adapte et on s’incruste dans la meute. On traque le tueur via cette histoire très visuelle au coté de cette équipe non démunie d’humanité mais plutôt enragée. Une équipe de choc qui sera mise à rude épreuve une fois encore. 

Dans ce roman à tiroirs (si je puis me permettre), il faudra accepter que certains restent fermés et que d’autres s’entrouvrent légèrement. Une enquête principale qui dévoile au détour de l’histoire certains points importants sur les personnages récurrents qui les rendent davantage attachants et laisse entrevoir un aperçu pour les prochains épisodes. Un  peu comme certaine série policière que l’on a hâte de retrouver pour connaître la suite.

Sans étalage inutile de violence, ce récit cinématographique m’a embarqué pour un marathon new yorkais à la hauteur de mes attentes, une course poursuite à cent à l’heure pour capturer un loup qui mérite de finir derrière les barreaux.

Après 48 h avant Noël, (Ma chronique ICI) j’ai suivi  La meute  et j’attends désormais avec impatience : La suite…  

Je remercie Céline pour cette attention délicate et pour ce récit déchainé qui m’a enflammé. 

 

Belle rencontre d’une CHANSON DANS LA VILLE SILENCIEUSE

Quand tu retrouves un auteur que tu apprécies depuis ce merveilleux roman  » Je Vais bien ne t’en fait pas” qu’une magnifique adaptation cinématographique a suivi, tu t’apprêtes à passer une sublime soirée en belle compagnie.

Écouter un auteur parler de son dernier ouvrage est un moment privilégié. Le livre prend une autre dimension, devient plus vivant, plus précieux.

Olivier Adam : « Quand j’ai le lieu, j’ai le livre.»

Chanson de la ville silencieuse nous transporte à Lisbonne, ville de l’intranquillité où au hasard d’une rue, un jour Olivier Adam a cru apercevoir le fantôme de Nino Ferrer . Un premier point de départ pour un futur roman…peut-être ?

Voilà comment est née l’idée de ce roman, ajoutons à cela l’envie de parler de la nécessité de se libérer des identités figées. Comment un enfant peut-il se construire, se définir auprès de parents totalement absents de leurs responsabilités, parfois encore eux-mêmes de grands enfants. Des parents uniquement amoureux de leur art. Des vies où les enfants n’ont pas leurs places. Des enfants négligés, qui grandissent sur une terre meuble, qui seront plus tard en manque de confiance, avec de grande difficulté à s’imposer à force d’avoir été oublié.

En mettant en scène une femme Olivier Adam se livre plus intimement, avec plus de délicatesse. Fendre l’armure en composant le masque.

Puis donner de la musicalité au récit.

 » Je suis la fille du chanteur, la fille dans les rues de Lisbonne, sur les pentes de l’Alfama. La fille dont le père a été déclaré mort. Qui guette un musicien errant. Une étoile dépouillée d’elle-même, un ermite qui aurait tout laissé derrière lui. »

( clique et écoute)

On ferme les yeux et on pense à Charlotte Gainsbourg au timbre si particulier, qui a du partager son père de son vivant puis mettre sa douleur en berne à sa mort pour accueillir la peine de ses fans.

Olivier Adam souhaitait nous offrir un objet littéraire non contaminé par les sujets journalistiques actuels.

Un besoin aussi d’écrire sur ses frayeurs pour conjurer le sort.

De répondre à certaines questions qui s’immiscent dans la vie d’un père…

Que fait-on avec nos disparus ?

Qu’hérite- t-on d’un père fragile ?

Que transmettons à ses enfants ?

Tant de questions pour lesquelles écrire peut apporter des réponses.

L’auteur aborde le thème de l’absence mais aussi de l’appartenance. Être là tout en restant de côté tel un observateur.

Et une fois encore, il bouleverse par ses mots, que j’espère avoir au mieux retranscris. Un moment passionnant où je me suis permis de prendre des notes pour en oublier le moins possible et rester le plus fidèle aux mots de l’écrivain.

Je finirai sur ces mots :

« Est-ce qu’un livre vit une fois qu’il est écrit ou une fois qu’il est lu ? »

Pour moi les livres vivent éternellement dans mon cœur, dans mes souvenirs et deviennent plus précieux encore lorsqu’ils sont passés par les mains de l’auteur et qu’il porte sa véritable signature.

Un livre, une rencontre, une dédicace, qui donnent au final de merveilleux souvenirs.

Ma Chronique de cette merveille ci- dessous si ça vous tente :

https://dealerdelignes.wordpress.com/2018/01/18/chanson-de-la-ville-silencieuse/

Fausses promesses

Fausses promesses de Linwood Barclay aux Éditions Belfond Noir

Traduit de l’anglais (Canada) par Renaud Morin

– Matthew est à moi, David. Matthew est mon bébé.

Je fis de la place et m’assis au bord du lit, près de ma cousine.

– Et quand Matthew est-il arrivé, Marla ?

-Il y a dix mois, dit-elle sans hésitation. Le 12 juillet. (…)

– Marla, ce qui est arrivé, à toi… et à ton bébé…ça a été une tragédie. On a tous eu énormément de peine pour toi.

Dix mois auparavant. Un triste épisode pour tout le monde, mais pour Marla, il avait été dévastateur. ”

Ce matin, David était loin d’imaginer tout ce qui allait suivre sa visite à sa cousine. Depuis quelques mois il habite avec son fils chez ses parents à Promise Falls. Il pensait que ce serait provisoire mais ayant perdu son job ça risque hélas de perdurer.

Il passait juste déposer des plats préparés par sa mère chez Marla. Mais quelle surprise quand il vit ce bébé ! Sans compter ce qui va suivre…

– Qu’est-ce que vous avez trouvé, Randy ?

– Il vaut mieux que vous le voyiez par vous- même. (…) Juste là, sur la clôture, indiqua Finley, le doigt pointé. (…)

Vingt-trois écureuils morts. Et des gros. Onze gris, douze noirs. Chacun avait un bout de ficelle blanche, celle qu’on utilise pour ficeler les colis, fermement noué autour du cou, et était pendu à la lisse métallique qui couronnait la clôture. ”

Pour l’inspecteur Barry Duckworth, la journée commençait plutôt étrangement, et se poursuivit sur le même chemin. À croire que des esprits dérangés s’étaient donnés rendez-vous dans ce coin paumé des États-Unis.

“ Il jonglait avec trop d’affaires en même temps. Un meurtre, une fusillade mortelle à Thackeray, d’étranges événements nocturnes à Five Mountains. Des écureuils morts, pour l’amour du ciel ! ”

Y a-t-il un lien entre tous ces faits divers ? Un psychopathe aurait débarqué dans la ville et ce serait sa manière de se présenter ? Il est temps de partir à sa recherche avant que la petite ville si tranquille se transforme en film d’horreur.

“ Au moment même où on pense que les choses se sont apaisées, une autre bombe explose. ”

Avec l’aide de David, Barry se lance dans une déroutante enquête qui va vite virer au cauchemar.

Promise Falls n’a pas fini de faire parler d’elle, pas sûr que les touristes apprécient…

Linwood Barclay plante le décor dans une nouvelle bourgade américaine, avec de nouveaux personnages que l’on retrouvera très certainement dans les prochains volets, puisque celui-ci est le premier de la trilogie.

C’est important de le savoir pour ne pas rester sur sa faim au final.

Une enquête principale à laquelle se rajoutent d’autres énigmes survenues dans la même journée.

L’auteur met en scène le détective Barry Duckworth, qui sous ses airs bienveillants cache un esprit vif d’une rare efficacité.

Un style d’écriture fluide, accrocheur où les métaphores foisonnent. Un certain sens de la répartie à travers un rythme soutenu qui ne laisse pas de place à l’ennui. Un thriller qui tient toutes ses promesses à condition d’accepter de ne pas y trouver toutes les réponses, un peu comme dans une série policière où il faut attendre l’épisode suivant pour en découvrir un peu plus sur certaines situations et certains personnages.

Même si j’ai vite découvert les secrets de l’énigme principale, j’ai apprécié ce premier tome et j’ai hâte de poursuivre mon aventure à Promise Falls et découvrir ce que cache ce mystérieux chiffre 23.

À suivre…

Américain d’origine, Linwood Barclay vit à Toronto, au Canada. Après notamment Cette nuit-là (2009), Les voisins d’à côté (2010) couronnés au Canada par le Arthur Ellis Award, Ne l’a quitte pas des yeux (2011), Contre toute attente (2013), Fenêtre sur crime (2014) – sélectionné pour le prix des lectrices de Elle, Celle qui en savait trop (2015), en cours d’adaptation cinématographique, Mauvaise influence (2015), La fille dans le rétroviseur (2016) – prix coup de cœur des libraires à Saint-Maur, En lieux sûrs (2017), Fausses promesses est son quatorzième roman publié en français. Tous sont publiés chez Belfond et repris Chez J’ai Lu pour le format poche. Linwood Barclay est traduit dans une dizaine de langues.

Il est une star aux États-Unis et en Angleterre où il s’est fait un nom dans le club très fermé des grands maîtres du thriller.

Fausses promesses est le premier tome d’une trilogie consacrée à la ville imaginaire de Promise Falls.

Je remercie Claire et les Éditions Belfond pour ce thriller haletant plein de surprises.

“ Eleanor Oliphant va très bien ”

Eleanor Oliphant va très bien de Gail Honeyman aux Éditions Fleuve

Traduit de l’anglais (Écosse) par Aline Azoulay-Pacvoñ

“ Aujourd’hui, j’ai délaissé le Telegraph pour m’intéresser à un autre type de lecture. J’ai dépensé une somme sidérante pour m’offrir un petit assortiments de magazines féminins, des plus cheap et tapageurs aux plus épais et glacés qui promettaient monts et merveilles et toutes sortes d’astuces simples simple pour transformer sa vie. (…) Ainsi, je me fondrais dans la masse des femmes au physique convenable. On ne me dévisageait plus. Le but ultime était de me camoufler efficacement pour avoir l’air d’une femme humaine. ”

Eleanor Oliphant est comme qui dirait un peu spéciale. Dotée d’un QI plutôt supérieur à la moyenne. Peu diplomate, elle a une certaine tendance à dire tout haut ce qu’elle pense tout bas sans aucune gêne. La gêne elle laisse ça aux autres.

Elle vit seule car comme le dit ce vieil adage : mieux vaut être seule que mal accompagnée. Seule la vodka tape l’incruste dans sa vie, peut-être pour mieux supporter l’appel hebdomadaire de sa mère.

Mais voilà qu’elle s’amourache d’un mec. C’est pas dans ses habitudes, alors si elle veut attirer l’attention, va falloir faire quelques efforts.

 » L’atmosphère confinée et les dorures des salons de beauté, n’étaient pas mon habitat de prédilection, comme la poule qui avait pondu les œufs de mon sandwich, je préférais évoluer en liberté. ”

Ça va pas être simple. Eleanor n’est guère sociable, mais si elle veut que son fantasme aboutisse, elle va devoir faire confiance et accepter les conseils.

“ Je me sentais un peu à cran. Si mon humeur devait être une énigme de mots croisés, la réponse serait « bouleversée ».  »

Raymond, un de ses collègues, pas très attirant sous ses airs négligés, va mine de rien se révéler très utile, et un échange de bon procédé va se mettre en place en tout bien tout honneur.

Navigant en eaux troubles entre son obsession amoureuse et son étrange relation avec sa mère, elle va découvrir le pouvoir de l’amitié et du partage…

 » J’avais du pain sur la planche. Le passé m’avait échappé – ou c’était moi qui lui avait échappé -, et pourtant, il rôdait toujours dans l’ombre. Il était temps de laisser entrer la lumière. ”

Je l’ai déjà dit mais une fois encore cela s’avère vrai. Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendezvous.

J’avais donc apparemment rendez-vous avec Eleanor, et j’ai passé un sacré bon moment. J’ai eu l’impression de rencontrer mon double, une autre moi, c’est grave docteur ?

Aurais-je été atteinte du syndrome du lecteur ? Aurais-je fait un transfert ?

Une chose est sûre, cette nana qui cache derrière son humour décapant de grosses blessures est une sacrée battante, et nous donne à travers cette histoire de belles leçons de vie et de courage. Sous ses airs de Bridget Jones se cache une wonder woman des temps modernes.

Entre les bons et les mauvais jours on découvre la vie présente et passée d’Eleanor, racontée tantôt avec humour noir ( ben oui les filles aiment le noir ) tantôt avec esprit ( parfois dérangé) mais toujours avec délicatesse et surtout sans hypocrisie. Le regard d’une femme blessée qui tente à sa manière de guérir dans ce monde si hostile avec les gens différents.

Un roman cynique, tendre, intriguant, attachant, imprévisible, surprenant, merveilleux.

En faite Eleanor Oliphant, elle déchire, un peu comme moi en fait…

Alors qui m’aime le lise !

Diplômée des universités de Glasgow et d’Oxford, Gail Honeyman vit aujourd’hui à Glasgow. Eleanor Oliphant va très bien est son premier roman. Il a suscité un véritable engouement international, il est en cours de traduction dans 27 pays.

Je remercie Lucile et les Éditions Fleuve pour cette lecture aussi divertissante que touchante.

“ Coupez ! ”

Coupez de Cameron McCabe aux éditions Sonatine

Traduit de l’anglais par Héloïse Esquié

“ « – Vous êtes pas au courant ? »

Il semblait furieux que je ne le sois pas, et brûlait visiblement de combler cette lacune.

« Accouchez, le pressai-je.

– Eh bien, vous voyez, Mr McCabe, dit-il sur le ton de celui qui se prépare à faire un long discours, vous voyez, lorsque Mr Robertson a ouvert la porte de son bureau ce matin…

– Coupez. Et que ça saute. »

(…)

« Eh bien, elle est morte.

– Mince. Qui donc ?

– La nouvelle. Estella.  »

Londres, dans les années 30. Cameron McCabe travaille au montage d’un film lorsque son producteur lui fait une demande plutôt particulière : Coupez! Coupez! Coupez!

Il est censé couper toute les scènes où apparaît la jeune actrice, Estella Lamare. Le lendemain le corps d’Estella est retrouvé sans vie dans la salle de montage. Une mort suspecte qui donne tout son sens à l’expression  » visage sur le sol « .

McCabe décide de mener sa propre enquête qui va le mener dans tout Londres.

 » – Numéro un : l’assassin s’est aperçu qu’il était filmé. Donc il a arrêté la caméra et détruit le film. Numéro deux : quelqu’un d’autre est entré dans la pièce après le meurtrier et a emporté le film. Il peut y avoir pour ça une infinité de raisons. Peut-être que c’est une diversion, ou peut-être un privé. Peut-être que c’est du chantage. C’est assez difficile à déterminer. Enfin numéro trois : ce n’était pas du tout un meurtre mais bien un suicide pur et simple. Dans ce cas, on a encore une infinité de raisons possibles pour l’escamotage du film. Je ne saurais absolument pas dire qui est qui et qui fait quoi.  »

L’inspecteur Smith de Scotland Yard finira par arrêter McCabe qui sera jugé puis acquitté au terme d’un procès épique.

Puis le récit prends une autre tournure en seconde partie. On découvre une analyse détaillée du récit qui lèvera le voile sur de multiples énigmes, et révélera enfin le nom de l’auteur qui resta caché pendant des décennies.

(…) l’histoire « pourrait être plus intelligible à l’écran que dans un livre » (…) « les personnages vivent dans l’univers du film noir américain ».

Pour moi qui suis autant cinéphile que bibliophile, ce livre m’a tout de suite attiré. Une belle mise en scène dés le départ avec sa couverture affiche de cinéma.

Tout comme pour un film, le décor est planté, les projecteurs installés, les personnages choisis, l’histoire peut commencer…

À travers ce scénario romancé, on découvre un roman policier en tenue de soirée.

Un roman à énigmes très atypique. Il est à la fois original, entouré de mystères, très passionnant avec toute ses allées et venues dans Londres. Il permet de découvrir le milieu du cinéma et l’envers du décor et il est aussi assez surprenant par sa construction sans oublier une enquête assez particulière.

Ce livre risque d’en surprendre plus d’un à condition de prendre le risque de sortir des sentiers battus.

Amateurs de polar et de cinéma ne COUPEZ pas ! FONCEZ !

La séance commence dans un instant, installez-vous dans votre fauteuil et LISEZ.

Cameron McCabe est un pseudonyme et  » COUPEZ !  » est le seul roman publié sous ce nom. Cameron McCabe n’est autre qu’Ernest Bornemann. Personnalité hors du commun, il est né en 1915 à Berlin. Il a été à la fois écrivain, scénariste, anthropologue, ethno-musicologue, musicien, critique de jazz, psychanalyste, sexologue et militant socialiste.

Je remercie les Éditions Sonatine pour cette toile littéraire pleine de suspense.

“ Sale Boulot ”

Sale Boulot de Larry Brown aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Francis Kerline

C’est dingue, qu’on se disait, comment un seul petit truc peut te gâcher la vie pour toujours. Suffit d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Pareil pour moi comme pour elle. Ben tiens, comme pour toi aussi. ”

Walter James n’a plus de visage. Braiden Chaney, lui, n’a plus ni jambes ni bras. Ils sont tous les deux des mutilés du Vietnam. Ils ont participé à cette guerre, un Sale Boulot.

“ On s’engage ou on s’engage pas, faut savoir. ”

L’un est noir, l’autre blanc. Vingt deux ans plus tard, ils partagent la même chambre d’un hôpital pour vétérans dans le Mississippi.

C’est pas parce qu’on est condamné à mort qu’on doit forcément mourir. Ça dépend entièrement de l’individu. Tout le monde est pas fait pareil. Y’en a qui peuvent supporter des trucs que les autres peuvent pas.

J’avais peur. (…) Finalement j’ai ouvert les yeux et je l’ai regardé. Je lui ai dit que je m’appelais Walter et que je venais du Mississippi. Il a hoché la tête en souriant, il m’a dit qu’il s’appelait Braiden Chaney et qu’il était de Clarksdale. (..) il s’est excusé de ne pas pouvoir me serrer la main. ”

Le temps d’une nuit qui s’éternise, ils se confient l’un à l’autre en partageant des bières et des cigarettes. L’alcool délient les langues, les souvenirs affluent, les bons comme les mauvais. Les échanges se poursuivent, deux voix dans la nuit pour tout dire sur la guerre et les dégâts irréversibles sur les soldats.

Le monde entier est un mystère pour moi, faut dire. Pourquoi il est comme il est. Je crois pas que le Seigneur Il l’avait prévu comme ça à l’origine. Je crois qu’Il a juste perdu le contrôle. ”

Deux voix dans la nuit chargées de douleurs, hantées par la mort mais pleines de compassion l’une pour l’autre, avec une dernière prière…

Des mecs qui rentreraient jamais chez eux. Des mecs qui avaient donné tout ce qu’ils avaient et même plus. Des laissés-pour-compte. ”

Quelle bonne idée ont eu les Éditions Gallmeister de rééditer les romans noirs de Larry Brown. Après Joe, Père et fils puis Fay, Sale Boulot rejoint la collection Totem.

L’auteur excelle dans son domaine de prédilection, le roman noir. Une fois encore, il nous offre une histoire bouleversante avec des personnages puissants, attachants, qu’il est difficile de quitter sans être bouleversé par leur histoire.

En 200 pages, il réussit à camper une intrigue qui réserve un final, qui telle une grenade t’explose le cœur.

Un récit d’une force incroyable que tu ne peux quitter malgré sa noirceur.

Un véritable roman antimilitariste qui dénonce de façon brutale les horreurs de la guerre.

Une histoire barbare où l’humour apparaît presque comme un soulagement, et la compassion comme une caresse sur une blessure.

Larry Brown, une fois encore m’a touché, il m’a charmé par son écriture, son style, son pouvoir à bouleverser avec des mots les plus durs d’entre nous.

Pendant l’année 2017, j’en ai vu des gueules cassées, des estropiés, des accidentés de la vie, tout comme Braiden et Walter chacun avec son histoire, c’est sûrement pour cela que cette histoire m’a chamboulé à ce point. Ça ne m’empêchera pas de poursuivre mes lectures de l’auteur bien au contraire.

Une plume noire américaine comme j’aime qu’il me tarde à retrouver.

Larry Brown (1951-2004) est né et a vécu dans le Mississippi, près d’Oxford. Passionné par la pêche, la chasse et la lecture, il a exercé des métiers aussi divers que bûcheron, peintre en bâtiment ou droguiste, puis pompier, avant de se consacrer uniquement à la littérature. Il est le seul écrivain à avoir reçu à deux reprises le prestigieux Southern Book Award for Fiction. Son roman Joe a été porté à l’écran en 2013, avec Nicolas Cage dans le rôle-titre.

Ce qu’en dit l’écrivain Bob Shacochis : « Seule une véritable conscience de ce monde pouvait se permettre d’écrire Sale Boulot, tout en feu, vent et glace, miraculeusement maintenu ensemble par un filet d’amour à briser le cœur. »

Je remercie Clotilde et les Éditions Gallmeister pour cette lecture de guerriers au grand cœur.

“ Tombée des nues ”

Tombée des nues de Violaine Bérot au Éditions Buchet / Chastel

 » Il faut que vous sachiez qu’un enfant né dans de telles conditions est condamné si sa mère ne parvient pas à sortir rapidement de son apathie, ne perdez pas de vue que pour elle l’enfant n’est pas un enfant, il faut vraiment comprendre que tout se joue en quelques minutes, si la mère est seule le pire peut arriver, dans cette histoire le bébé a eu beaucoup de chance, un homme providence a croisé sa route, tous ces enfants n’ont pas droit à pareil conte de fées. ”

Baptiste et Marion élèvent des bêtes dans leur ferme isolée du village. Ils attendent de nouvelles naissances dans leur cheptel mais ils étaient loin de s’imaginer que la première serait tout autre.

 » le père a bien réagi, certains ont des comportements brutaux, s’en prennent à leur femme, les accusent de mentir, de leur avoir caché la grossesse, se montrent jaloux, mauvais, lui non, il a eu ce moment de flottement mais il en est sorti assez vite, il a écouté ce que nous lui expliquions, la mère par contre n’entendait rien, n’exprimait rien, pas un mot, pas un geste ni un cri, rien … »

Cette nuit, Marion à son plus grand étonnement, vient de donner la vie à une petite fille. Elle ne réalise pas, elle est dans le déni.

 » j’entendais Baptiste discuter au téléphone, il expliquait, il racontait, il parlait du bébé, il n’arrêtait pas de parler de ce bébé, je l’entendais répondre oui Marion va bien elle se remet, et ces mots tournaient en boucle dans ma tête, Marion va bien elle se remet, la voix qui les prononçait se distordait, ricanait, c’était Baptiste et ce n’était plus lui, la voix riait, se moquait, Marion va bien elle se remet, ça pouffait de rire dans mon crâne, Marion va bien elle se remet, alors je souriais, qu’aurais-je pu faire d’autre que sourire puisque j’allais bien, puisque je me remettais « 

Je découvre l’écriture de Violaine Bérot à travers ce roman atypique qui soulève un sujet grave, une douleur de femme, le déni de grossesse : quand l’inconscient est plus fort que le corps. Le regard d’une femme sur une autre femme sans aucun jugement. 

L’auteur se démarque par la construction de son récit plutôt originale et vous propose deux choix de lecture, soit de la façon classique comme tout livre normal, soit en commençant par un chapitre qui vous mènera vers le prochain en suivant les indications comme un jeu de piste.

Personnellement j’ai choisi la lecture classique et me connaissant c’est celle que j’aurais préféré même si je tenterai prochainement la seconde.

Un roman choral, avec sept personnages qui nous donnent à tour de rôle leurs points de vue face à cette naissance, pendant quelques jours.

«  C’est Baptiste qui nous l’a annoncé, il a dit je voudrais que vous mettiez le haut- parleur pour que vous entendiez tous les deux ce que j’ai à vous dire, je l’ai interrompu il est arrivé quelque chose à Marion, il a ri, il a dit oui il est arrivé quelque chose mais ça va tout va bien … »

Avec ce titre à double sens en parfaite harmonie avec le récit et sa présentation où même le lecteur à son tour Tombe des nues.

Un sujet compliqué, abordé d’une manière inattendue auquel je me suis attachée comme le cordon du bébé attaché à sa mère pour être à la fin libérée de l’ignorance.

Violaine Bérot donne naissance à sa manière à un roman percutant où les émotions se bousculent, entre les sourires et les larmes,  comme à chaque venue au monde.

Tombée des nues est  né le 11 janvier 2018 en librairie pour le plus grand plaisir de l’écrivaine et tous les futurs lecteurs. Il pèse 162 pages et tient déjà toutes ses promesses.

Il est né le divin bouquin…

Violaine Bérot vit dans les Pyrénées  Son parcours éclectique l’a menée de l’informatique à l’élevage des chèvres. Dans cette vie en soubresauts, une seule contante : écrire. Elle a déjà publié deux romans chez Buchet/Chastel : Des motsjamais dits (2015) et Nue, sous la lune (2017). 

Une auteure que j’ai eu le plaisir de rencontrer à la Taverne du livre à Nancy, et que je vais suivre assidument. 

Je remercie Claire et les Éditions Buchet/Chastel pour cette belle découverte atypique comme j’aime dénicher sur mon chemin de lectrice. 

“ Dans les angles morts ”

Dans les angles morts d’Elizabeth Brundage aux Éditions Quai Voltaire.

Traduit de l’anglais ( États-Unis) par Cécile Arnaud

“ Nous attendons. Nous sommes patients. Nous attendons des nouvelles. Nous attendons qu’on nous raconte. Le vent tente de nous raconter. Les arbres s’agitent. C’est la fin de quelque chose ; nous le sentons. Bientôt, nous saurons.  »

La ferme, cette ancienne exploitation laitière rachetée pour une bouchée de pain par un jeune couple New-yorkais se retrouve pour la seconde fois au cœur d’un drame.

Une fois encore, une personne vient d’y perdre la vie.

“ Il avait presque l’impression que c’était la toute fin du monde, qu’il ne restait plus rien, ni de jour, ni de nuit, ni de chaud, ni de froid, ni de rire, ni de joie. Et qu’il était à sa place. Dans ce néant. ”

Georges Clare le nouveau propriétaire est le premier suspect. Son comportement étrange est loin de l’innocenter. Il est entouré de secrets autant personnels que professionnels.

Elle n’était pas heureuse, déclara Georges. Avec moi, je veux dire. ”

Les trois frères Hale, déjà meurtris après le suicide de leurs parents, se retrouvent également mêlés à ce mystère qui entoure la maison de leur enfance. Ils étaient attachés à cette femme si gentille qui leur rappelait leur mère. Cole, le plus jeune n’avait jamais été à l’aise avec cet homme auquel il n’accordait pas confiance.

“ Cole l’observa. Encore un adulte qui essayait de lui donner des conseils. Mais c’était comme une radio allumée, lui aurait dit son oncle : on n’était pas obligé d’écouter. ”

La maison, témoin principal, gardera ses secrets, entourée de ses fantômes… si seulement elle pouvait parler.

Dans les angles morts fait parti des romans rares qui recèlent de multiples qualités. Il est à la fois un roman noir à couper le souffle autant par sa prose que par son histoire absolument terrifiante, surprenante et bouleversante, mais également un thriller psychologique qui flirte avec les grands classiques de la littérature américaine.

 » Il y avait un puzzle sur la table, représentant une ferme- une grange à foins, des vaches, une maison de fermier avec un porche. (…) En bas, le puzzle disait, Le calme et le silence. Il faillit en rire, parce qu’une ferme, c’était tout sauf ça. Il n’y avait aucune vérité dans cette scène pittoresque. Ce n’était qu’un chapitre parmi d’autres du grand conte de fées qu’était l’Amérique. Si on voulait voir une vraie ferme, il faudrait des fermiers ruinés et alcoolique, des animaux affamés craignant pour leur vie. Il faudrait des épouses amères, des enfants au nez morveux et des vieux brisés âpre avoir donné leur cœur et leur âme à la terre.  »

À travers une construction magnifique, Dans les angles morts nous offre aussi le portrait d’un pervers narcissique, un véritable sociopathe, un grand mythomane prêt à tout, on ne peut plus détestable.

L’histoire de deux familles, de deux femmes, de deux mères qui vécurent sans jamais se connaître dans la maison aux angles morts, où les fantômes veillent sur les vivants…

Un roman qui explore dans les moindres détails, les multiples cicatrices qui entachent les familles très différentes jusqu’à l’ensemble de la communauté.

Un roman exaltant, bouleversant, tragique et transcendant, à l’écriture singulière qui envoûte autant qu’elle brise le cœur.

Elizabeth Brundage une auteure talentueuse à découvrir absolument.

Je n’ai pas juste aimé, j’ai adoré.

Elizabeth Brundage est diplômée de l’université du Hampshire. Elle a étudié le cinéma à l’université de New York et a été membre de l’American Film Institute de Los Angeles. Elle a enseigné dans plusieurs universités, notamment à Skidmore où elle a effectué une résidence d’écrivains. Elle vit près d’Albany, dans l’état de New York. Dans les angles morts est son quatrième roman, après la parution aux États Unis de The Doctor’s Wife (2004), Somebody Else’s Daughter (2008) et A Stranger Like You (2010).

Je remercie Anne-Lucie et les Éditions Quai Voltaire pour ce sublime roman noir.