À la Une

“ Hü ”

de David Dolo

“ Ça suffit. Voilà. Il appuie, parce qu’il est à un cheveu de s’écrouler et que personne n’a envie de voir un bibendum dans son genre tomber sur soi entre deux stations. ”

Comme chaque matin, un homme se rend en train au boulot. Dix ans déjà qu’il effectue ce même trajet. Dix ans de trop peut-être. Il étouffe au milieu des passagers, et sentant un malaise arrivé, il stoppe le train et lui prend alors une irrésistible envie de descendre prendre l’air.

“ Il jette un dernier coup d’œil au train, à la porte ouverte du wagon dont il vient de s’extraire, timide, et croise quelques regards glacés ou amusés, un grand échevelé au sourire sans joie lui montre son majeur dressé. Francis détourne les yeux. Sale type. Il pense à son objectif, le bureau, et fait son premier pas quand la double porte par laquelle il est descendu se referme dans un fracas qui le fait sursauter.

« Zut » ”

Le train parti, il se retrouve seul au monde à errer le long de la voie ferrée. Un étrange paysage de désolation s’offre à lui.

“ Où sont les villes, où sont les gens ? ”

Jusqu’au moment où il s’endort épuisé à force de marcher et de chercher âme qui vive.

Une surprise l’attend à son réveil. Il a de la compagnie, mais loin d’être celle qui l’espérait…

Ce que j’en dis :

Que ne fut pas ma surprise quand ce livre est arrivé entre mes mains. Je me suis bien fait HÜ. Bon d’accord elle était facile mais j’en avais trop envie.

Pourtant la couverture et le pitch proposé par Masse Critique Babelio étaient attirants mais à l’arrivée, j’étais loin d’imaginer une aussi grosse déception.

Tout d’abord le roman n’a pas d’éditeur, au sens propre du terme. Ce livre est édité par une plateforme que je boycotte par solidarité pour toutes les librairies qui tentent de survivre. Son nom est bien caché entre ses pages non numérotées, seulement chapitrées, donc pas facile à trouver. Tout comme les infos sur l’auteur, complètement inexistantes. Et oui, on ne s’improvise pas éditeur, pour cela il faut une certaine expérience, un certain talent une certaine classe.

Pour ce qui est de l’histoire, ça démarrait plutôt bien, mais c’est vite parti dans un délire aussi barré que les personnages qu’elle contient.

Je me suis donc lassée très vite, et le style très simple n’a rien fait pour m’accrocher davantage.

Je m’interroge sur le fait que cet auteur se soit tourné vers cette plateforme, a-t-il vu son manuscrit refusé par tous les éditeurs, et se venge en passant du côté obscur ?

Enfin je remercie tout de même Babelio, qui m’a permis de découvrir un anonyme qui devra persévérer et trouver un vrai éditeur s’il souhaite une seconde chance.

Un roman qui va vite tomber dans les oubliettes et que je n’aurai pas plaisir à promouvoir d’autant qu’il ne figurera pas dans les rayons de mes chers libraires.

Et oui chez Dealerdelignes SP ou pas c’est toujours sans langue de bois .

Pour info :

L’auteur
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“ Un insaisissable paradis ”

Un insaisissable paradis de Sandy Allen aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Samuel Sfez

” Peut-être cette histoire était-elle un délire. Peut-être était-ce un mensonge. Ou peut-être Bob poursuivait un but précis. Par exemple, imaginais – je, peut-être qu’il était en colère contre son père et qu’il avait écrit cette histoire peu flatteuse pour se venger. (Si tel était le cas, je n’appréciais pas du tout qu’il cherche à m’impliquer.) (…) J’ai arrêté de lire. Le manuscrit me regardait. Il était hideux, même de loin. Ses pages puaient, littéralement. Je voulais l’ignorer, comme on ignore un tas de manteaux imbibés d’urine sur le trottoir ou un homme qui hurle des obscénités sur un banc. J’ai remis les pages dans leur enveloppe et l’ai glissé dans un tiroir que j’ouvrais rarement. “

En 2009, lorsque Sandy Allen reçoit dans une grande enveloppe, ce qui semble être l’autobiographie de son oncle, elle est assez surprise.

Son oncle a toujours été aux yeux de la famille, un être à part, étrange, et même considéré comme fou pour certains.

Jesuis Robert

C’est l’histoire vraie d’un garçon qui a grandi à berkeley californie pendant les années soixante et soixante-dix, incapable de s’identifier à la réalité et pour ça étiqueté schizophrène paranoïaque psychotique pendant le reste de sa vie. “

Comme on choisit un exécuteur testamentaire, Robert a choisi, Sandy sa nièce pour réécrire son histoire.

À travers ces feuillets, elle découvre l’histoire de ce gamin, fan de Jimi Hendrix, dont l’existence a basculé en 1970 après avoir été enfermé sans raison dans un hôpital psychiatrique. Isolé du monde, bourré de narcotiques, subissant même des électrochocs, il sera au final déclaré schizophrène.

 » Au réveil, il faisait la queue pour prendre des cachets, mangeait puis errait. Il faisait la queue pour reprendre des cachets, mangeait puis errait jusqu’à ce qu’il soit l’heure de dormir. Il se réveillait, faisait la queue pour prendre des cachets et ainsi de suite. Ce n’était pas des décisions qu’il prenait ; juste des choses qu’il faisait. Il n’y avait personne à combattre. Aucune raison de vivre. Pour autant qu’il sache, ça pouvait bien être le reste de sa vie. “

Sandy, réécrit l’histoire, tout en menant une véritable enquête sur sa famille qui semble avoir voulu cacher tout ce qui se rapporte à son oncle, mais également sur cette maladie pleine de mystère, dont on ignore tout. Une maladie qui isole, et laisse en marge de nombreuses personnes comme Robert.

Ce que j’en dis :

Sandy Allen ne s’est pas contentée de retranscrire l’histoire de son oncle, elle a mené une véritable enquête au sein de la famille et dans le milieu médical pour comprendre et analyser au plus juste le comportement de son oncle atteint de schizophrénie.

Elle démêle de ce fait le vrai du faux et mène de véritables recherches qui démontrent également les travers de la médecine face à cette maladie si méconnue à l’époque.

Bien plus qu’une biographie, Sandy Allen fait de cette histoire un véritable cas d’étude sur la schizophrénie, et le milieu psychiatrique à travers les âges.

En alternant, les feuillets de Robert et son analyse personnelle issue des ses investigations, Sandy Allen nous offre un récit atypique, passionnant en nous plongeant au cœur de la vie de Robert, tout en nous faisant part de ses découvertes parfois surprenantes.

Après lecture de cette histoire vraie aussi intéressante que bouleversante, je me demande encore si le destin de Robert aurait pris une autre tournure s’il n’avait pas été hospitalisé ce fameux jour, qui pour moi a tout déclenché, et plongé la vie de cet enfant vers d’insaisissables paradis.

À découvrir absolument.

Une découverte extraordinaire.

Pour info :

Sandy Allen, qui souhaite être identifié.e par le pronom iel٭, est un.e auteur.e de non-fiction, résidant dans les montagnes de Catskills. Son premier livre, Un insaisissable paradis, a été publié en janvier 2018 par Scribner, maison d’édition américaine.

Iel était auparavant chroniqueur.se pour BuzzFeed News.

Ses essais et ses reportages ont notamment été édités par BuzzFeed News, CNN Opinion et Pop-Up Magazine. Iel a également fondé et dirigé la revue littéraire pureplayer et trismestrielle Wag’s Revue.

Son travail cible essentiellement le système de santé mentale américain actuel, son histoire ainsi que ses évolutions ; mais aussi la notion de « normalité », en particulier ses constructions, incluant le handicap mental et le genre.

٭ Iel : pronom servant à désigner des personnes qui ne s’inscrivent pas dans un genre binaire.

Je remercie les Éditions Belfond pour cette formidable lecture.

“ Les Amazones ”

Les amazones de Jim Fergus aux Éditions Le Cherche Midi

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Luc Piningre

Pour ce qui est de notre histoire, je la raconterai à ma manière. Et il ne s’agit pas du « reste » de l’histoire, ce qui impliquerait une fin, mais simplement de nouveaux épisodes, de longue piste qui sinue ici et là. “

Molly Standing Bear, digne descendante de May Dodd, poursuit l’histoire de son peuple Cheyenne que l’on avait découvert à travers 1000 femmes blanches.

En se servant des carnets de May Dodd et de Molly McGill, un héritage précieux, elle partage avec nous les souvenirs de ces femmes extraordinaires, de véritables héroïnes.

” Selon les récits de nos aïeules, notre peuple comptait autrefois des guerrières qui, comme dans d’autres sociétés, étaient aussi vaillantes qu’eux sur le champ de bataille. C’est de leur exemple que je m’inspire. “

Du dix-neuvième siècle à nos jours, les cœurs vaillants, ces guerrières amazones ont continué la lutte, et même si les combats sont moins violents au fur et à mesure que le temps passe ils n’en demeurent pas moins importants au quotidien.

Qu’elles soient du passé ou du présent, toutes ces femmes se sont unies et ont combattu pour faire face à l’oppression avec force et courage.

Et c’est avec passion, et un grand respect, en véritable conteur que Jim Fergus nous offre leurs portraits et les rends à jamais inoubliables.

Ce que j’en dis aussi :

Je dois beaucoup à Jim Fergus. C’est en lisant mille femmes blanches, que ma passion pour les indiens et la littérature américaine est née.

Son premier roman m’a envoûté et m’a embarqué dans un univers passionnant.

En se basant sur de véritables faits historiques, il rend hommage au peuple indien, à tous ces hommes et ces femmes qui ont tant souffert d’être privé de leur terre. Il explore leurs croyances et leurs traditions à travers des personnages et des récits fantastiques.

Si ” les amazones “ clôture la trilogie  » Mille femmes blanches “, et commencent déjà à me manquer, souhaitons que les indiens ou leurs esprits continuent à murmurer à l’oreille de Jim pendant ses balades dans les grandes plaines, en terres indiennes et qu’il poursuivra en véritable passeur à nous conter leurs histoires pour que jamais ils ne disparaissent de nos vies.

Pour info :

Jim Fergus est né à Chicago en 1950 d’une mère française et d’un père américain.

Il vit dans le Colorado. 

Mille Femmes blanches était son premier roman.

Journaliste réputé, il écrit des articles sur la gastronomie, la chasse, la pêche et la nature dans les magazines Newsweek, The Paris Review, Esquire sportmen, Outdoor Life

Je remercie infiniment Léa, créatrice du Picabo River Book Club qui m’a permis de découvrir ce roman et également les Éditions Le Cherche Midi.

“ Luca ”

Luca de Franck Thilliez aux Éditions Fleuve Noir

Une fois n’est pas coutume comme on dit, je vous mets le résumé de la quatrième de couverture.

Synopsis :

Partout, il y a la terreur.
Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.
Partout, il y a la terreur.
Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.
Partout, il y a la terreur.
Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.
 
Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.
S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.
C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

Ce que j’en dis :

Il fut un temps j’étais accro aux livres de Franck Thilliez, mais apparemment ce temps est révolu.

En lisant ce thriller, j’ai eu l’impression d’être sur des montagnes russes, tantôt captivée, à fond dans l’histoire, effrayée par les menaces qui circulent sur le net et ailleurs, pour ensuite complètement décroché, un peu lasse de tout cet enchaînement de violence en tout genre comme si il fallait absolument que tout y soit de peur de manquer quelque chose. On se retrouve avec une histoire qui part dans tous les sens, les dangers des réseaux sociaux, une mère porteuse, un kidnapping d’enfant, les dérives de la génétique, les caprices de la météo, des flics traumatisés, perturbés, des événements qui sont survolés et pas assez développés à mon sens. Du coup cette lecture en dents de scie va m’éloigner encore un peu plus du monde des thrillers et de Franck Thilliez.

Je peux comprendre que certains apprécient, fort heureusement nous ne sommes pas des robots, issus du même moule et chacun est encore libre de penser et d’apprécier ou pas ses lectures. Hélas cette fois même si l’auteur aborde des sujets d’actualités assez terrifiants, je n’ai pas été emballée plus que ça.

À votre tour ou pas de vous plonger dans Luca, peut-être serez-vous plus amène de l’apprécier plus que moi.

Pour info :

Franck Thilliez est l’auteur de plus d’une dizaine de romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one-shots et enquêtes menées par son couple phare Lucie Henebelle/Franck Sharko.
Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste.
En 2016, le Palais de Tokyo lui commande une nouvelle, publiée chez Fleuve Éditions, dans le cadre de l’exposition « Double Je ».
Ses livres sont traduits dans le monde entier.

Je remercie les éditions Fleuve Noir pour cette lecture tortueuse.

“ Les patriotes ”

Les patriotes de Sana Krasikov aux Éditions Albin Michel

Traduit de l’américain par Sarah Gurcel

” « C’est ça qui compte aujourd’hui pour les bons patriotes, Florence ! De parfait culs-bénits qui agitent leurs petits drapeaux américains. Voilà ceux qui ont le pouvoir et voilà pourquoi j’en ai fini avec les grands États-Unis d’Amérique. »

Florence entendait de grosses larmes s’accumuler derrière certaines de ces tirades nasillardes. (…)

« Tu prêches une convertie » lui dit-elle joyeusement. Elle se demanda pourquoi le désarroi d’Essie la rendait si gaie. Puis elle réalisa que, pour la première fois depuis qu’elle avait quitté sa famille et embarqué sur le Brême, elle était absolument convaincue d’avoir pris la bonne décision. L’Amérique n’avait rien à lui offrir. « 

Alors que les États-Unis sont frappés par la grande dépression, Florence Fein décide de quitter son pays pour rejoindre l’Urss. À seulement 24 ans, elle laisse derrière elle sa famille à Brooklyn.

Ayant soif d’indépendance et de liberté, elle espère beaucoup de cette nouvelle vie, mais hélas les désillusions arrivent très vite et le retour en arrière impossible.

 » « Et toi, comment tu t’es retrouvée ici ? » demandra-t-elle une fois.

Florence avait appris à ce stade qu’il valait mieux privilégier les réponses simple. « Il n’y avait pas de travail aux États-Unis. Alors je suis venue en Russie. J’ai rencontré un homme et je suis restée. »

Comme de nombreux Refuzniks, son fils Julian, une fois adulte, émigre aux États-Unis.

Quelques années plus tard, en apprenant l’ouverture des archives du KGB, il retourne en Russie et décide de faire des recherches pour essayer de comprendre les zones d’ombre qui entouraient la vie de sa mère et tenté de persuader son propre fils de rentrer aux États-Unis avec lui.

” Ce qui a poussé sa mère à venir en Russie ne m’a jamais semblé étrange. Ce qui l’a poussé à y rester, voilà une autre histoire, sur laquelle je me suis interrogé. Par quel sortilège, en vertu de quoi (ou de qui) le paysage insipide autour d’elle s’était-il transformé en mosaïque prolétarienne colorée comme celles qui ornent encore cette ville mercantile ? “

” Je me suis dit qu’elle avait peut-être tout simplement fini par renoncer aux États-Unis, de la même manière que les États-Unis avaient si cruellement renoncé à elle.“

Entre passé et présent, Les patriotes nous embarque à travers le destin de trois générations d’une famille juive, l’histoire méconnue de milliers d’Américains abandonnés par leur pays en pleine terreur Stalinienne.

Ce que j’en dis :

Dès le départ j’ai été captivé par cette histoire au souffle romanesque extraordinaire. Il est impossible de ne pas s’attacher à Florence et de se révolter pour tout ce qu’elle va subir, alors qu’elle voulait juste retrouver l’homme aux yeux noirs dont elle s’était éprise et offrir ses services à ce pays.

Elle qui rêvait d’amour, de liberté, d’indépendance, va se retrouver prisonnière dans un pays qui n’est pas le sien et subir une dictature et des privations sans limites. Et pourtant elle gardera la foi et ne se détournera jamais de ses convictions, même dans les pires souffrances.

À travers ce roman choral qui couvre trois générations, on fait également connaissance avec son fils et son petit fils, et on se rends compte des conséquences que peuvent avoir certains choix de vie sur les générations futures.

Un roman ambitieux, qui se mérite et demande une lecture attentive et nous permet de saluer le courage de cette femme à une époque où justement il y avait tant à prouver. Par amour et pour ses convictions, elle sacrifiera presque toute sa vie à un pays qui la considérera toujours comme une étrangère, et peut-être même une espionne, elle aurait pourtant mérité amplement son statut de ” Patriote “.

Sana Krasikov nous offre un impressionnant premier roman, aux personnages touchants, bouleversants dans une ambiance communiste effrayante .

À découvrir absolument.

Pour info :

Sana Krasikov. Née en Ukraine en 1979, Sana Krasikov a grandi dans l’ancienne république soviétique de Géorgie avant d’émigrer aux États-Unis avec sa famille. Elle est l’auteur d’un recueil de nouvelles, L’An prochain à Tbilissi (Albin Michel, 2011), récompensé par le O. Henry Award et le prix Sami Rohr.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour ce fabuleux roman.

“ Week-end à New-York ”

Week-end à New-York de Benjamin Markovits aux Éditions Christian Bourgeois

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Laurence Kiefé

” Il était toujours très impatient de retrouver ses parents et pourtant, chaque fois qu’ils venaient, il se rétractait, il n’avait plus envie de parler ni de se confier. C’était plus simple de bavarder au téléphone, c’était la relation à laquelle ils étaient habitués, une relation téléphonique. Quand il les voyait, il y avait donc toujours un moment de déception. On pouvait toujours prétendre qu’elle était provoquée par autre chose. Par le fait qu’à chaque retrouvaille, il pensait à l’âge qu’ils avaient et ne pouvait s’empêcher d’en rechercher de nouveaux symptômes. “

Paul Essinger, joueur de Tennis professionnel s’apprête à participer à l’US Open. À cette occasion toute sa famille débarque, ses parents, son frère et ses deux sœurs.

Habitué aux relations à distance, la communication n’est pas aisée.

Avec sa compagne, Dana et Cal, leur fils de deux ans, ils donnent l’image d’une famille new-yorkaise comblée issue des classes moyennes supérieures.

”Parfois, ça faisait du bien à Dana de s’en souvenir, les Essinger formaient une drôle de famille. “

Au cours de ce week-end, certaines tensions surgissent au cœur de cette famille assez particulière. Chacun s’interroge sur son rôle, ses responsabilités, ses obligations, face à la famille.

” Pour un œil étranger, ça devait ressembler à ce que c’était, une réunion de famille, mais qui aurait su dire jusqu’à quel point ils étaient heureux de se retrouver. “

Tolstoï disait : « Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon. », les Essinger ne feront pas exception.

Ce que j’en dis :

Ce n’est jamais simple pour moi de parler d’un roman qui ne m’a pas complètement conquise.

Si j’ai apprécié l’ambiance Woody Allen du récit, j’ai eu beaucoup plus de mal à m’attacher aux personnages qui me semblaient tous assez perturbés.

L’auteur nous brosse le portrait d’une famille qui se retrouve réunie pour applaudir en cas de victoire le héros de la famille, une petite star du tennis.

Une famille qui a bien du mal à communiquer même si le dialogue entre tous est omniprésent dans cette histoire.

On se balade à travers New-York en compagnie des différents membres de la famille en attendant le match qui risque bien de remettre en cause le futur de cette famille.

Benjamin Markovits dissèque plutôt bien le thème de la famille, son écriture est même plutôt agréable mais cette fois je ressort mitigée de ma balade new-yorkaise, une belle découverte néanmoins.

Pour info :

Benjamin Markovits a grandi au Texas, à Londres et à Berlin.

Il a mis fin à une carrière aventureuse de joueur de basket pour étudier les Romantiques. Depuis lors, il a enseigné l’anglais dans des lycées, dirigé la publication d’un magazine culturel et publié trois romans : The Syme Paper, Either Side of Winter et Imposture.

Parallèlement à son œuvre de fiction, il collabore à de nombreuses publications, parmi lesquelles le New York Times, la London Review of Books, le Times Literary Supplement et le Guardian.

Il vit à Londres depuis 2000 avec sa femme et sa fille. Il enseigne la Creative writing à l’université de la Royal Holloway.

 

Je remercie Lena et les Éditions Christian Bourgeois pour cette balade New-Yorkaise où je n’aurais pas été surprise d’y croiser Woody Allen derrière sa caméra.

“ Le bruit des tuiles ”

Le bruit des tuiles de Thomas Giraud aux Éditions La contre allée

” Au bout du chemin, une petite vingtaine de minutes après Dallas, il y a, au pied de la lettre, un champ de ruines. Un champ très grand, quoi qu’il soit difficile de délimiter la taille du champ tant l’espace des ruines, ce fantôme de pierres absentes, se mêle dans un camaïeu de jaune, au soleil, au ciel, au sable, à la poussière dans l’air, au reste du désert. (…) Plus loin, plus au sud, d’autres maisons mieux alignées. Des restes dispersés. Une organisation demeure identifiable, les murs, même tombés, continuent de faire parler, même si c’est très peu, ceux qui étaient là ; comme si, malgré l’absence de toute trace écrite on pouvait encore les entendre dire j’ai été là. Il y a les traces de passage d’une vie habitée mais pas celle de la mort qui serait resté. “

En 1855, Victor Considerant a fondé une communauté phalanstère au Texas. Appelée La Réunion, elle était située pas loin de Dallas.

Ce projet avait pour but de faire de Reunion, une colonie utopique capable de produire et distribuer ses récoltes au cœur de la communauté.

C’est lors d’un séjour aux États-Unis que Considerant a eu cet idée.

De retour en France, après de nombreuses conférences, il réussit à convaincre de nombreuses personnes à tout quitter pour investir et rejoindre son programme.

” Était-ce le manque de quelque chose qui les tenait prêts à tout quitter pour beaucoup de promesses ? Sont-ce les mots de Considerant qui parfois agissaient, comme s’il savait, qu’il s’était glissé dans leurs cœurs et dans leurs esprits, saisissait ce qu’étaient les vies que certains menaient ou justement, ce qu’elles n’étaient pas ? Celle de Leroux par exemple, une vie constituée de travail et d’inquiétude, solitaire, avec l’idée que la vie est toute petite et que l’on se prépare à une mort tout aussi insignifiante. Considerant avait du talent et les hommes étaient prêts, et lorsqu’on est prêts, on trouve beaucoup de talent à celui qui pourrait vous emmener, nous sortir de cet endroit où l’on vivote. “

Ce projet va connaître bien des déboires, à commencer par les piètres qualités des terres acquises, puis le mauvais accueil des voisins américains, et les aléas climatiques sans parler de l’invasion de sauterelles qui mettra fin à ce rêve fou.

” Ce qui l’a le plus surpris c’est que personne ne lui ait dit que le malheur devait se prévoir. Car quand on sait qu’il va venir, on l’attend, on anticipe, la surveillance à tout son sens. On est prêt. Il avait fait ce qu’il faut pour préparer le bonheur de tous dans une vie harmonieuse mais il n’était pas préparé pour trouver le malheur, et même surveiller l’arrivée de celui-ci, découvrir le désastre sur son chemin. “

Ce que j’en dis :

Qui était donc Victor Considerant ? Un rêveur, un gourou ? Un révolutionnaire ou un arnaqueur ?

C’est à travers les voix de plusieurs personnages, et également de Reunion, lieu du projet, un personnage à part entière, que l’auteur nous propose d’en découvrir davantage sur l’homme et son rêve.

Basée sur de véritables faitS historiques , l’histoire s’avère fortement intéressante.

On se rends très vite compte des difficultés auxquelles ils ont dû faire face, à commencer par la majorité des colons qui n’y connaissaient rien, tout comme l’instigateur, Considerant , très mal informé en amont et qui semble très vite dépassé par les événements.

Plus on avance, plus on se rend compte qu’ils n’avaient aucune chance de perdurer face à tant de malchance cumulée au reste.

Un récit qui amène à quelques interrogations et quelques réflexions, en ces temps où il serait bon de vivre de nos propres cultures et de partager nos récoltes.

Aimant sortir des sentiers battus, j’ai plutôt apprécié ce récit à la prose agréable, et découvrir ce projet qui mettait jusqu’à présent totalement inconnu.

Une sympathique découverte.

Pour info :

Thomas Giraud est né en 1976 à Paris. Docteur en droit public, il vit et travaille à Nantes. 

Depuis le bel accueil réservé à son premier roman, Elisée, avant les ruisseaux et les montagnes, Thomas Giraud contribue à Remue.net, 303, La moitié du Fourbi ou encore le Yournal. Son deuxième ouvrage, La Ballade silencieuse de Jackson C. Frank a aussi connu un beau succès puisqu’il a été nominé au prix de la brasserie Barbes (Littérature et musique) 2018, et au prix des lycéens et apprentis, île de France 2018 et obtenu le Prix Climax.

Le Bruit des tuiles, est son troisième roman à La Contre Allée.

Je remercie Aurélie et les Éditions de La contre-allée pour m’avoir permis d’élargir mon horizon et mes connaissances.

 

“ La vie en chantier ”

La vie en chantier de Pete Fromm aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Juliane Nivelt

” Taz ferme les yeux et reste rivé à sa chaise, comme si on l’y avait attaché avec des cordes. Des chaînes.

Il contemple ses mains. Rien que le faux cigare. Il a dû laisser le sac dans le pick-up. Les biberons. Les trois boîtes de lait premier âge fournies par l’hôpital, chose que Marnie avait juré qu’ils n’utiliseraient jamais. Il s’en souvient très bien. Pas de lait artificiel. Hors de question. Pas même pour rigoler. Et ce n’est pas une question d’argent, avait-elle précisé. Elle tirerait son lait pour que Taz puisse nourrir Midge et voir ce que ça faisait, puisque ses seins à lui étaient aussi inutiles que le sont les hommes en général. Revoyant son sourire à ce moment précis, Taz oublie de respirer. Comment respirer. “

Marnie et Taz sont amoureux, très amoureux. Ensemble, à Missoula, dans le Montana, il rénove une maison, leur nid d’amour. Rien n’est encore terminé, leurs moyens sont plutôt modestes, et voilà qu’ils apprennent qu’ils vont être parents. Un grand bouleversement se prépare, mais unis comme jamais ils sont prêts à relever ce nouveau challenge.

Mais hélas c’est sans Marnie que Taz rentrera de la maternité avec sa fille.

” Lorsque plus aucun son ne s’échappe du berceau ou de la chambre au bout du couloir, il pose ses coudes sur ses genoux et prends sa tête entre ses mains, trop perdu pour oser fermer les yeux, effrayé par ce qui l’attend dans l’obscurité, dans ses propres pensées. “

” Ici sur terre, sans elle. “

Anéanti par la perte de son amour, il n’en demeure pas moins un père exemplaire, partagé entre le doute, et les joies de la paternité. Au programme, insomnie, nouvelles responsabilités, nouveaux souvenirs, nouveaux bonheurs, la vie en chantier prends une nouvelle tournure et réserve malgré tout de belles surprises.

” Il lève les yeux et se met à contempler le ciel comme si c’était une manne providentielle. La pluie ne dure pas plus d’une minute ou deux, mais dans les montagnes, c’est de la neige qu’il doit tomber. Les feux vont peut-être finir par s’éteindre, et le monde paraîtra un peu moins apocalyptique, alors même que la fumée et le brouillard semblaient faire partie de leur quotidien. “

Ce que j’en dis :

C’est le cœur serré que je me suis aventurée entre ses pages, sachant pertinemment que dès le début des émotions intenses allaient m’envahir.

J’étais prête à faire un bout de chemin avec Marnie et Taz, ce jeune couple d’amoureux et vivre avec eux les plus beaux moments de leur vie. Alors quand tout s’est effondré, j’ai bien cru au désastre mais c’était sans compter sur le pouvoir de la plume de Pete Fromm capable de nous transporter au cœur des grands espaces et dans la vie intime de ses personnages en nous faisant rêver sans jamais perdre de vue l’espoir.

En créant de l’empathie envers ses personnages, Pete Fromm nous lie à jamais à eux.

Il nous offre cette fois un formidable portrait d’un jeune père confronté à une perte inestimable et qui pourtant ne rejettera jamais son enfant affrontant également, les difficultés face à la pénurie de travail dans cette région du Montana. Il pourra compter sur l’amitié indéfectible de son meilleur ami et sur tous les élans de générosité qui l’aideront à faire face à toute cette tragédie.

Un beau roman, une belle histoire sans pathos mais avec une pointe d’humour qui évite la sinistrose.

Un roman intimiste magnifique, une histoire d’amour, d’amitié, où l’éclaircie tant espérée surgira après la tempête.

Un gros coup de cœur.

Pour info :

Pete Fromm est né le 29 septembre 1958 à Milwaukee dans le Wisconsin.

Peu intéressé par les études, c’est par hasard qu’il s’inscrit à l’université du Montana pour suivre un cursus de biologie animale. Il vient d’avoir vingt ans lorsque, fasciné par les récits des vies de trappeurs, il accepte un emploi consistant à passer l’hiver au cœur des montagnes de l’Idaho, à Indian Creek, pour surveiller la réimplantation d’œufs de saumons dans la rivière. Cette saison passée en solitaire au cœur de la nature sauvage bouleversera sa vie.

À son retour à l’université, il supporte mal sa vie d’étudiant et part barouder notamment en Australie. Poussé par ses parents à terminer ses études, il s’inscrit au cours de creative writing de Bill Kittredge, ce cours du soir étant le seul compatible avec l’emploi du temps qui lui permettrait d’achever son cursus au plus tôt. C’est dans ce cadre qu’il rédige sa première nouvelle et découvre sa vocation.

Son diplôme obtenu, il devient ranger et débute chaque jour par plusieurs heures d’écriture avant de décider de s’adonner à cette activité à plein temps. 

Pete Fromm a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles qui ont remporté de nombreux prix et ont été vivement salués par la critique. 

Indian Creek, récit autobiographique, a été son premier livre traduit en français. Il vit dans le Montana.

Je remercie les éditions Gallmeister pour ce roman fabuleux ❤️

“ Un autre tambour ”

Un autre tambour de William Melville Kelley aux Éditions Delcourt

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Lisa Rosenbaum

” En juin 1957, pour des raisons qui restent à éclaircir, tous les habitants noirs quittèrent l’État. Ce dernier constitue un cas unique dans l’Union, du fait qu’il ne compte pas un seul membre de la race noire parmi ses citoyens. “

Dans le Sud profond des États-Unis, en 1957, de bon matin Tucker Caliban se conduit de manière étrange. Il commence par répandre du sel sur son champ, puis abat sa vache et son cheval pour finir par brûler sa ferme. Une fois ces tâches accomplies, vêtu de son plus beau costume, il quitte la ville.

Le lendemain c’est au tour de tous les autres habitants noirs de déserter la ville.

En fin de journée, cette contrée s’est vidée d’un tiers de sa population et devient une ville de Blancs.

” … personne ne prétend que cette histoire est entièrement vraie. Ça a dû commencer comme ça, mais quelqu’un, ou des tas de gens, ont dû penser qu’ils pouvaient améliorer la vérité, et c’est ce qu’ils ont fait. Et c’est une bien meilleure histoire parce qu’elle est faite à moitié de mensonges. “

C’est ces Blancs, ceux qui restent, les enfants, les hommes et les femmes qui vont après le choc encaissé nous raconter cette histoire.

” N’importe qui, oui, n’importe qui peut briser ses chaînes. Ce courage, aussi profondément enfoui soit-il, attend toujours d’être révélé. Il suffit de savoir l’amadouer et d’employer les mots appropriés, et il surgira, rugissant comme un tigre. “

Ce que j’en dis :

Qu’elle soit vraie ou fausse, cette histoire cache sous ses allures de fable, de bien tristes révélations, qu’elles soient du temps passé ou du temps présent.

À travers la voix des blancs, ce roman choral remonte sur trois générations. L’auteur évoque les questions raciales à travers une histoire étonnante et pose un regard pertinent et avisé sur cette population malgré son jeune âge. À seulement 24 ans, il nous offre un roman surprenant mais au réalisme qui résonne hélas toujours actuellement, le racisme n’étant toujours pas prêt de disparaître.

Publié en 1962 au États-Unis, on ne peut que remercier Kathryn Schulz de lui avoir permis de sortir des oubliettes et féliciter également les Éditions Delcourt de lui avoir donné vie en France.

Un roman de qualité littéraire extraordinaire qui rejoint mon panthéon d’écrivains afro-américains auprès de Toni Morrison et James Baldwin.

” Le géant de la littérature américaine  » à découvrir absolument.

Pour info :

Né à New York en 1937, WILLIAM MELVIN KELLEY a grandi dans le Bronx. Il a 24 ans lorsque paraît son premier roman, Un autre tambour, accueilli en triomphe par la critique.

Comment ce jeune auteur, promis à une brillante carrière, a-t-il disparu de la scène littéraire ? Une décision consciente : la réponse est contenue dans son premier roman en quelque sorte.

En 1966, il couvre le procès des assassins de Malcom X pour le Saturday Evening Post, ce qui éteint ses derniers rêves américains. Anéanti par le verdict, il regagne le Bronx par la West Side Highway, les yeux pleins de larmes et la peur au fond du cœur. Il ne peut se résoudre à écrire que le racisme a encore gagné pour un temps, pas maintenant qu’il est marié et père.

Quand il atteint enfin le Bronx, sa décision est déjà prise, ils vont quitter la «Plantation», pour toujours peut-être. La famille part un temps pour Paris avant de s’installer en Jamaïque jusqu’en 1977.

William Melvin Kelley est l’auteur de quatre romans dont Dem (paru au Castor Astral en 2003) et d’un recueil de nouvelles. En 1988, il écrit et produit le film Excavating Harlem in 2290 avec Steve Bull. Il a aussi contribué à The Beauty that I saw, un film composé à partir de son journal vidéo de Harlem qui a été projeté au Harlem International Film Festival en 2015.

William Melvin Kelley est mort à New York, en 2017.

Je remercie infiniment les éditions Delcourt pour cette pépite littéraire.

“ Que le diable l’emporte ”

Que le diable l’emporte d’ Anonyme aux Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

” De fait, le diable venait d’arriver au Tapioca par les toilettes pour handicapés. Il arborait un de ses meilleurs costumes rouges et un chapeau melon assorti, mais il n’avait pas le large sourire qu’il affichait d’ordinaire lorsqu’il faisait son entrée. Ses yeux étaient d’un jaune sombre, ce qui signifiait généralement qu’il était d’une humeur maléfique.

« Annabel, dit-il d’une voix terriblement sérieuse. J’ai besoin de vous au Purgatoire. MAINTENANT. » “

Le diable est à prendre avec des pincettes, va pas falloir le chauffer aujourd’hui. Il vient d’apprendre qu’Annabel la diseuse de bonne aventure s’est bien foutu de sa gueule.

Apparemment le bourbon kid est vivant et pourrait bien devenir papa.

Pourtant tout le monde le croyait mort, même moi, et bien on nous a menti.

« Qu’est-ce que vous racontez comme connerie ? »

La bonne nouvelle plaît pas à tout le monde, et le Diable est bien décidé à envoyer JD en enfer, une bonne fois pour toute. Il va mettre toute son armée à ses trousses.

Le Kid va devoir se surpasser pour leur échapper et protéger coûte que coûte la femme de sa vie, la mère de son futur enfant.

” Voilà ce que je pense : si mon intuition est correcte, nous sommes dans ce qu’on appelle communément un véritable enfer . “

Ce que j’en dis :

En 2006 est apparût un mystérieux anonyme qui nous a fait découvrir un livre sans nom, un merveilleux OVNI littéraire aux airs de Tarantino. complètement déjanté et absolument jubilatoire. Depuis il a fait d’autres petits, tous aussi succulents et démoniaques. Que le diable l’emporte est le huitième opus et c’est avec bonheur que l’on retrouve le Bourbon Kid, ressuscité d’entre les morts.

Mais voilà, c’est chaud pour ses fesses, son retour s’il plaît aux lecteurs et permet à l’auteur à l’imagination phénoménale de s’éclater et de nous éclater également, le Diable n’est pas de cet avis.

L’anonyme va nous conduire dans bien d’étranges endroits et nous faire vivre une fois encore des aventures rocambolesques mais surtout irrévérencieuses.

Ici, toute la place est donnée au politiquement incorrecte, les jurons sont permis tout comme, la drogue, le sexe et l’alcool et utilisés sans modération.

Toujours aussi hilarant, toujours aussi rock’n roll, et surtout toujours aussi diabolique.

Alors fan d’Anonyme, et de JD alias Bourbon Kid, réjouissez-vous, le shot littéraire est à la hauteur de sa réputation. Venez prendre votre pied et au diable les convenances.

Pour info :

Désolée pas de scoop, un jour peut-être…

Je remercie les Éditions Sonatine pour cette lecture

“ Little Rock 1957 ”

Little Rock 1957 de Thomas Snégaroff aux Éditions 10/18

” Sur les affiches et dans les gorges déployées, des messages de haine : « Nègre, reste dehors ! », « Nous ne voulons pas de nègre ! », « Ceci est une école blanche ». Un manifestant, venu avec un bébé alligator, menaçait tout Africain-Américain qui pénétrait dans le campus de lui servir de proie. Pendant la manifestation, les Blancs pendirent trois nouveaux mannequins de paille noircie, l’un au-dessus de la porte principale du lycée, les autres sur de hauts mâts qui servaient théoriquement au lever du drapeau le matin. Les commerçants avaient baissé leur rideau en signe de soutien à la ségrégation et des miliciens contrôlaient en voiture l’accès de la ville. “

Le 4 septembre 1957 à Little Rock en Arkansas, ce qui aurait dû être un jour de fête pour ces neuf jeunes noirs enfin inscrits au lycée des Blancs, se transforme en véritable cauchemar. Ce jour devait pourtant être la fin de la ségrégation scolaire, mais hélas beaucoup en ont décidé autrement, en commençant par les élèves blancs.

Chaque jour, ils devront faire face au racisme, à un déchaînement de violence à leurs égards, à des insultes en tout genre, sans jamais pouvoir répondre aux provocations sous peine d’être renvoyés.

Mais le combat pour l’intégration ne fait que commencer, et déclenche une guerre politique qui risque d’ébranler l’Amérique.

Les Neuf de Little Rock entrent dans L’Histoire, mais à quel prix ?

” Je rêve d’un monde où l’homme

Ne méprisera plus son semblable,

Où l’amour réchauffera la terre,

Je rêve d’un monde où tous les hommes

Connaîtront les douces voix de la liberté.

Et où la cupidité ne ternit plus nos jours.

Monde des rêves, où Noirs et Blancs,

Sans se préoccuper de leur race,

Se partageront les dons de la terre.

Où tous les hommes sont libres

Et où la joie, perle éclatante,

Pourvoit aux besoins de toute l’humanité.

C’est d’un tel monde que je rêve.

Notre monde ! “

Poème africain-américain de Langston Hugues

Ce que j’en dis :

Présenté comme un roman, Thomas Snégaroff nous livre un événement historique à travers ce récit aussi passionnant que révoltant.

Un formidable travail de recherche de l’auteur donne à cette histoire une multitude de détails très enrichissants pour les lecteurs. Il se rapproche au plus près et au plus juste de ce terrible événement et revient également sur le passé et nous montre à quel point ces jeunes noirs étaient endoctrinés à toujours se soumettre, et à baisser la tête sans faire de vague.

” Un sentiment de honte s’était emparé de la petite fille : elle avait forcément fait quelque chose de mal pour déclencher une telle fureur chez un adulte. Et dans l’esprit de la petite fille se nicha un poison qui s’était infiltré dans de si nombreuses têtes d’enfants noirs. Que devenir blanc était un rêve. Que la couleur sombre de la peau était un indicible fardeau. “

Des inégalités sociales et raciales toujours présentes dans ce pays et ce n’est pas Trump qui va aider aux changements…

Thomas Snégaroff nous offre un récit bouleversant, remarquable qui mériterait sa place dans les programmes scolaires.

Une belle leçon de courage et une admiration sans bornes pour ces jeunes noirs qui méritaient leurs places sur les bancs des lycées  » Blancs « …

À découvrir absolument.

Pour info :

Thomas Snégaroff est historien et journaliste chez France Info où il anime l’émission « Histoires d’Info ».

Je remercie les éditions 10/18 pour ces pages d’Histoire passionnantes et terriblement bouleversantes.