“ Roman noir ”

Roman noir d’ Agnès Michaux aux Éditions Joëlle Losfeld

Pondara avait été le décor amer de son premier roman, celui des dernières vacances avec Petit Frère. Il était temps de désendeuiller l’été. Si elle revenait à Pondara, c’était avec l’espoir de tourner la page, de retrouver l’élan. Elle avait pris la mesure de son passif – des débuts prometteurs, un joli petit succès, même, pour un premier roman, déjà vieux de dix ans, et puis, la lente et sûre déliquescence de son inspiration et de son enthousiasme, comme du nom de ses lecteurs. Malgré cela, elle voulait croire à la possibilité de la seconde chance contre une époque qui préférait le neuf à la rédemption. ”

Après avoir connu le succès, Alice Weiss une jeune auteure s’est un peu endormie sur ses lauriers. Il est temps de renaître et de raviver la créativité ensommeillée. Arrivée à l’aéroport de Pondara, tentant de remettre à sa place un passager un peu collant, elle prends la place d’une autre, qui était attendue et s’approprie son identité. Cette personne n’est autre que Celia Black une autre écrivaine, auteur de best-seller. Arrivée à la villa, elle est accueillie comme si elle était vraiment Celia, elle décide donc de continuer son petit jeu…

” Mais que faire ? Être une autre fatiguait. Être soi était douloureux. “

En parallèle, une femme est retrouvée morte sur la jetée, apparemment noyée. Cette mort étrange interpelle Fritz Kobus, l’intervenant- chef de la brigade de Pondara. Une femme meurt, une autre apparaît…

” Le subtil dialogue de l’ordre et du chaos. Du vrai et du faux. Du rêve et de la réalité. Comment trouver l’équilibre ? “

Les masques vont devoir tomber si l’on veut connaître la vérité.

” Dès le début de cette histoire, le mélange permanent d’excitation et de danger avait été addictive. “

Ce que j’en dis :

À travers cette intrigue surprenante située sur cette Riviera imaginaire, l’auteure réussit à nous transporter dans une histoire pleine de mystères et d’hypocrisies. Se joue sous nos yeux, un duel permanent entre le vrai et le faux.

Derrière ce vol d’identité, et cette enquête, Agnès Michaux nous offre un « Roman Noir “ sournois et bluffant, une belle digression sur la légitimité, l’imposture et la création.

Grande amoureuse des mots, elle n’hésite pas à utiliser pour son récit un vocabulaire riche et parfois complexe.

Autant vous dire qu’on ne s’ennuie pas et que l’on prend grand plaisir à lire ce ” Roman noir ” qui sort des schémas classiques du genre.

À lire absolument quand on aime être agréablement surpris.

Agnès Michaux est écrivaine et traductrice. Spécialiste des écrivains anglo-saxons et de la Venise du XIXe siècle.

Elle fait plusieurs longs séjours à Philadelphie, New York, Venise, rentre en France où elle est engagée à Canal +.

Animatrice et chroniqueuse à Canal+ (Nulle part ailleurs, La Grande Famille, C. Net, Le Journal du Cinéma, Bande(s) à part), elle a également travaillé sur France Inter, notamment dans l’émission de Stéphane Bern, Le Fou du roi.

Elle est l’auteur de deux documentaires sur le cinéma : À la recherche de Stanley Kubrick (1998) et Sur les traces de Terrence Malick (2000).

Elle est aussi l’auteure de plusieurs romans dont Stayin’ Alice (2005), Le Témoin (2009), Les sentiments (2010), Codex Botticelli (2015), Système (2017)…

Je remercie les Éditions Joëlle Losfeld pour cette lecture pleine de surprises.

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“ Les chasseurs de gargouilles ”

Les chasseurs de gargouilles de John Freeman Gill aux éditions Belfond

Traduit de l’américain par Anne-Sylvie Homassel

” À L’ÉPOQUE, TOUT LE MONDE LE SAVAIT : New York était la ville la plus chaotique de tout le pays, la plus dévastée par le crime, la plus couverte de graffitis. Nous étions nombreux à nous enorgueillir quelque peu de cette distinction. Il y avait pourtant bien des aspects de ma ville natale qui m’étaient alors inconnus. Par exemple, j’étais loin de savoir que New York était au bord de la faillite, que ses maires successifs avaient fait des promesses extravagantes qu’ils étaient incapables de financer,qu’à chaque printemps la ville devait emprunter des fortunes pour continuer à éclairer les rues et à fournir des uniformes à sa police. Il y a des choses qu’on ne raconte pas aux enfants. (…) La ville était sur la mauvaise pente. En situation instable. ”

Année 1970, la ville de New-York est en pleine crise financière. C’est également la crise dans la famille Watts où l’argent se fait rare.

La vie de Griffin, 13 ans vole en éclat, ses parents se séparent. Son père Nick, antiquaire passionné s’est donné pour mission de sauver de la démolition les gargouilles sur les immeubles new-yorkais, précieux témoignages d’un autre temps, d’une histoire architecturale bouleversante, sacrifiés peu à peu sur l’autel du modernisme.

« Griffin, je vais te dire quelque chose. Ça va à toute vitesse. Entre la rénovation urbaine et tout ces immeubles modernes pourris, sans âmes, tous pareils, qu’on te colle partout – les HLM, les tours de bureaux comme tu en vois de Tokyo à Londres, les immeubles d’habitation tout mastocs, d’abord en brique blanche, puis jaune et maintenant rouge -, crois-moi, ce n’est plus qu’une question de quelques mois ou quelques années avant que tout le patrimoine ornemental privé de la ville disparaisse. »

Profitant de l’agilité de son fils, Nick n’hésite pas à se servir de lui pour détrousser les façades des immeubles les plus inaccessibles.Grisé, Griffin se prend au jeu, il ferait n’importe quoi pour obtenir les faveurs de son père. Il se lance dans une chasse au trésor la plus fantastique de sa vie.

” Si bien que je transformai la chose en jeu. Ces murs en surplomb devinrent les flancs de de bois de deux grands trois-mâts dissimulant sous leurs contrevents de rangées de canons. Et j’étais là -moi, le gamin des rues,téméraire et fugueur qui m’étais engagé sur un navire de pirates pour explorer le monde…“

Mais la folie de Nick ne semble pas avoir de limites, et le voilà mêlé au vol du siècle, celui d’une façade en fer forgé d’un vieux building, condamné à la destruction…

Ce que j’en dis :

En grande amoureuse de New-York, je ne pouvais pas passer à coté de ce roman.

Cette ville y est magnifiquement représentée par l’auteur, des passages sublimes illustrent ce roman et mets en lumière la ville qui ne dort jamais. Une ville qui se renouvelle jour après jour.

” La ville avait la métamorphose dans la peau. “

Apparemment, le patrimoine historique américain est mal protégé, et ces fameux détrousseurs d’immeubles tentent à leur manière d’en sauver une partie, il est bien dommage que l’argent mère de tous les vices fasse partie de l’équation.

En attendant, même si certaines descriptions historiques étaient un peu barbantes à mon goût, ce roman m’a transporté, on sent derrière ces mots tout l’amour que l’auteur porte à sa ville.

Ce récit nous fait partager la vie de cette famille plongée dans le chaos, les tourments des adolescents et les relations parfois difficile entre le père et son fils, faites de passion, d’adulation mais aussi de déception.

Un roman magnifique, enrichissant, intense et même souvent drôle porté par une plume singulière et élégante. Une belle déclaration d’amour à travers une quête qui semble impossible.

Un beau récit, qui plaira à tous les amoureux de New-York, de l’art et des aventures fantastiques.

John Freeman Gill est né à New York. Passionné de sa ville natale, il écrit régulièrement sur le sujet. Son travail a notamment été publié dans le New York Times Book of New York et More New York Stories. Il écrit, entre autres, pour The New York Times, The Atlantic et The New York Observer. Les chasseurs de gargouilles est son premier roman.

Diplômé de Yale, John Freeman Gill vit à New York avec sa femme et leur trois enfants.

Je remercie les Éditions Belfond pour cette lecture passionnante.

“ Là où vivent les loups ”

Là où vivent les loups de Laurent Guillaume aux Éditions Denoël

« Monet chercha la sortie du regard. Il était grand – un mètre quatre-vingt -seize – et gros, très gros.(,,,) Ses traits qui auraient pu être séduisants étaient noyés dans les replis de la chair. Ses yeux exprimaient une lassitude définitive et une mauvaise humeur permanente. Personne n’aimait Monet, lui le premier. “

Le train arrive au terminus de la gare de Thyanne. C’est là que descend Priam Monnet. Un physique imposant qui ne passe pas inaperçu. Monnet est un flic insociable sur la mauvaise pente. Son purgatoire personnel c’est d’être flic à l’ IGPN, la police des polices.

Monet savait bien que les questions allaient bon train dans leurs tronches de flics. Aucun poulet n’aime voir débarquer les bœufs dans son service, c’est une intrusion, un viol dans leur intimité professionnelle. Du coup, ils affectaient une solidarité surjouée . “

Il a pour mission d’inspecter ce petit poste de la police des frontières, situé entre les Alpes françaises et italiennes. Un bled perdu dans une vallée ingénieuse où les règles du Far West ont remplacé celles du droit.

Monnet n’a qu’une envie, accomplir ce pour quoi il est là au plus vite, quitter cet endroit paumé et retrouver sa vie citadine à Paris.

Hélas, on découvre un cadavre, dans les bois, apparemment un migrant qui serait tombé de la falaise. Seulement l’instinct de Monnet doute, ses vieux réflexes ont la peau dure. En digne enquêteur perspicace et pugnace, il va s’éterniser un peu dans le coin et éclaircir cette sombre affaire, quitte à déterrer les secrets de la petite ville de Thyanne.

Ça ne va pas plaire à tout le monde et il est clair qu’on ne va pas lui faciliter la tâche.

Ce que j’en dis :

Voilà un polar comme j’aime, aussi atypique que ce flic proactif qui débarque de Paris et en impose direct. Que ce soit son physique ou son langage, aucun des deux ne passent inaperçus . Il ne fait pas de cadeau mais fait bien son boulot.

Dans une ambiance survoltée, l’auteur nous a concocté une intrigue policière dynamique qui sort des schémas classiques du polar avec un petit côté engagé qui n’est pas pour me déplaire bien au contraire. Une pointe d’humour acerbe accompagne cette histoire réaliste conté par un connaisseur. Son ancien métier de flic rôde autour de sa plume et donne à son roman une étonnante véracité.

Dans ce huis clos au grand air, où tout le monde se connaît, seul un Monchus pouvait réussir à faire éclater la vérité.

Un récit qui réserve des surprises étonnantes auxquelles on est loin de s’y attendre.

Depuis Mako que j’avais découvert par hasard, et qui m’avait déjà alpagué, l’auteur ne cesse de s’affirmer roman après roman et tout comme Monnet, il s’impose dans le décor du polar et ne passe pas inaperçu.

Là où vivent les loups à découvrir d’urgence.

Dépaysement et suspense de haut vol au rendez-vous, ça ne se refuse pas.

Ancien flic et désormais consultant international en lutte contre le crime organisé, Laurent Guillaume écrit des romans et des scénarios lorsqu’il ne voyage pas. Son expérience à la BAC, aux stups et en Afrique de l’Ouest comme coopérant imprègne ses histoires, sombres et tourmentées.

Mako (2009), son premier roman a obtenu le prix VSD du polar 2009. Il est était également lauréat du prix des Lecteurs 2015 du festival Sang d’encre.

Ma collection

Laurent Guillaume a coscénarisé avec Olivier Marchal et Christophe Gavat le téléfilm de France 2 Borderline. Il a créé et scenarisé avec Olivier Marchal la série Section Zéro pour Canal +.

Une série qui déchire.

Là où vivent les loups est son neuvième roman.

Je remercie les Éditions Denoël pour cet excellent polar atypique.

“ Des nouvelles du monde ”

Des nouvelles du monde de Paulette Jiles aux Éditions Quai Voltaire

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Esch

(…) maintenant il gagnait sa vie en allant de ville en ville, dans le nord du Texas, ses journaux et ses revues à l’abri dans un carton à dessin étanche, et le col de son manteau relevé pour se protéger des intempéries. Il se déplaçait sur un très bon cheval, avec la crainte que l’on tente de lui voler, crainte infondée pour l’instant. Il était donc arrivé à Wichita Falls le 26 février, il avait punaisé ses affiches et enfilé sa tenue de lecture dans l’écurie.  »

Le capitaine Jefferson Kyle Kid, parcourt le nord du Texas et lit à voix haute des nouvelles du monde, devant un public prêt à se libérer de quelques cents pour l’entendre. Kyle est un vieil homme, veuf qui a connu trois guerres et était auparavant imprimeur. Même si l’argent se fait rare, il profite de sa liberté et sillonne les routes malgré la souffrance que lui inflige son corps fatigué.

C’est lors d’une étape à Wichita Falls, qu’il fit la connaissance de cette jeune orpheline.

” Âgée d’une dizaine d’années, elle était vêtue à la manière des Indiens d’une robe droite en daim, ornée de quatre rangées de dents d’élan cousues sur le devant. Une couverture épaisse reposait sur ses épaules. Elle portait dans ses cheveux couleur de sucre d’érable deux plumes de duvet dont les minuscules tiges s’enroulaient autour d’une mèche et encadraient une plume d’aigle royale, attachée par un fil tout fin. (…) Elle avait les yeux bleus et la peau d’une étrange couleur vive, comme quand une peau claire a été brûlée et burinée par le soleil. (…) Il s’agit de Johanna Leonberger, capturée à l’âge de six ans, il y a quatre ans, près de Castroville. Dans la région de San Antonio. “

Une pièce d’or lui est offerte pour qu’il ramène Johanna à la seule famille qui lui reste près de San Antonio. Elle avait été enlevée et élevée par l’essentiel indiens Kiowa quatre auparavant. Le capitaine accepte la mission, sachant combien le voyage sera long est difficile.

« Tu représentes une masse d’ennuis, dit-il. On sera bien content tous les deux quand tu seras avec les tiens et que tu pourras transformer leur vie en enfer. »

Le périple qui les attend à travers des territoires vierges sur des routes impitoyables, s’avère périlleux. Le capitaine devra se méfier des voleurs, des Comanches, et des Kiowas autant que de l’armée fédérale, et en même temps tenter d’apprivoiser la petite sauvage.

Et pourtant jour après jour, une complicité s’installe et une aventure tout autre prends forme…

Ce que j’en dis :

À travers d’autres romans j’avais déjà croisé la petite sauvage aux yeux bleus mais cette fois l’aventure fut bien différente. J’ai partagé avec Johanna et le Capitaine Kidd, « Kep Dun » comme elle le surnomme, une aventure extraordinaire. Un voyage fabuleux qui m’a été conté par une plume riche et puissante. Au côté de deux personnages aussi attachants l’un que l’autre, j’ai voyagé dans le passé et découvert une époque lointaine où les nouvelles transmises par la parole permettaient à tous de découvrir le monde. C’était également une chance pour les nombreux illettrés de ne pas rester en marge de la société.

Une relation particulière est née entre le vieil homme et l’enfant, pleine de tendresse et de pudeur comme le serait un grand-père en charge de sa petite fille, et c’est par ces deux personnages que l’auteur explore des sujets universels tels que la transmission, les origines, l’honneur et la confiance.

Un roman fascinant, raffiné, intense, rempli d’humanité planté dans un décor du Texas du dix-neuvième siècle, magnifié par une belle plume poétique.

Une belle découverte, un récit qui offre un voyage émouvant et passionnant.

Un beau coup de cœur.

Paulette Jiles

Paulette Jiles est née dans le Missouri. Poète, auteur de mémoires et romancière, elle a notamment publié aux États-Unis The Colour of Lightning et Lighthouse Island. Elle vit dans un ranch près de San Antonio, au Texas.

Je remercie les éditions Quai Voltaire pour ce voyage bouleversant.

Le diable s’habille en licorne

Le diable s’habille en licorne de Stanislas Petrosky aux Éditions Lajouanie

” Tout a commencé par un courriel émanant de l’évêché de Dunkerque pour le Vatican. C’est arrivé dans le bureau du frère Falvo qui m’a fait suivre. Monseigneur Gillio aurait un cas d’envoûtement dans son diocèse “

Requiem, mon curé préféré est de retour, il est bien le seul pour qui je ferais le déplacement s’il venait officier dans l’église de mon quartier. Mais à choisir, je préfère le retrouver dans un bouquin de son créateur. Et si le deuxième opus m’avait laissé un peu dubitative cette fois-ci il n’en fut rien.

” Mais, le Patron, comme vous dites, peut en témoigner, vous m’avez bien fait rire dans des moments sombres de ma vie. “

Et pourtant son retour apparemment ne plait pas à tout le monde.

” Tu fais chier Esteban, tu me fais vraiment chier, je vais t’avoir encore dans les pattes ! “

Oui et alors ? L’histoire ne va pas s’arrêter là quand même. La fête ne fait que commencer, il n’a encore tiré sur personne ni tiré personne. Surtout que cette année le diable s’habille en licorne c’est tendance , Prada c’est bien trop Hasbeen, même si l’habit ne fait pas le moine, il a tout compris l’auteur, tandis que certains jouent la carte du chat lui il est à fond dans la licorne, de quoi satisfaire Coquette et le gosier. D’ailleurs en parlant d’habit, t’as vu la couverture qui habille ce chef-d’œuvre ? (ou en passe de le devenir) pas con l’auteur il s’entoure des meilleurs et n’hésite pas à les remercier au passage, en toute sincérité.

– OK Caroline, donc si je dis à quelqu’un que je le trouve très con, et que c’est sincère, parce que le type face à moi tient une couche de connerie aussi épaisse que la banquise, je le respecte ?

Éclat de rire général dans la classe, la petite Lainé rougit jusqu’au bout des oreilles.(…)Je l’aime bien la petite Lainé, elle aime répondre la première, histoire de tirer la couverture, mais elle est adorable.

( * Ceci est un hommage appuyé à Caroline Lainé, charmante rombière qui élabore mes couvertures qui te font baver en librairie, respect l’artiste…)

Ce que j’en dis : je plussoie ❤️🦄d’ici à ce que des tatoueurs s’inspirent de ses œuvres, heureusement Michel Ange n’est plus de ce monde (paix à son âme).

Trêve de compliments faut avancer dans la chronique, et aider l’auteur à vendre son bouquin. Remarque ça devrait pas être très difficile l’auteur s’est surpassé, il est tellement bien que je ne vais pas en dire plus, je vais laisser la surprise aux futurs lecteurs et leurs laisser découvrir le secret de la Licorne. Tu me suis Tintin ? Bon d’accord, elle était facile celle-là, mais j’ai au moins le mérite d’essayer ( d’être drôle) même si l’auteur sent sort bien mieux que moi. Tu ne me crois pas ? Lis ce bouquin et lis les autres aussi ( mes chroniques ici et ) et tu verras que cette année le carnaval de Dunkerque va te réserver de belles tranches de rires grâce à Requiem ce curé hors normes qui débarque chez les Ch’tis . Bienvenue qu’ils disent, les pauvres s’ils savaient…

Tu l’as compris, La licorne j’adore ( Dior m’a pardonné) la couv’elle déchire, collection 2018, copie interdite sous peine de finir à confesse, une nouvelle aventure digne de ce nom, croix de bois, croix de fer si je mens j’irai en enfer. Alors maintenant lis-le beauté divine ! Et éclate toi bien.

L’énergumène qui se cache derrière le pseudo de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Son ancienne profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime, la transgression et l’humour noir. Cet auteur inclassable voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. La preuve : Nadine Monfils puis Patrice Dard ont préfacé les deux premières aventures de ce drôle d’ecclésiastique…

Je remercie qui de droit pour sa délicate attention 🍻

“ Homo Sapienne ”

Homo Sapienne de Niviaq Korneliussen aux Éditions La Peuplade

Préface de Daniel Chartier

Traduction du danois par Inès Jorgensen

Validation linguistique à partir du texte original groenlandais par Jean-Michel Huctin

” – Arnaq… Je voudrais juste savoir.

– Alors viens. Tu peux pas le savoir avant d’avoir essayé ! ON N’A QU’À FAIRE L’AMOUR !

Elle rigole depuis sa chambre.

Comment ce serait, comment réagirait-elle si je venais, qu’arriverait-il à notre amitié, comment ce serait d’essayer avec elle, de quoi a-t-elle l’air nue, elle a sûrement l’air sexy, comment embrasse-t-elle,comment fait-elle l’amour, comment réagirait-elle si je venais, comment est-elle, comment puis-je m’imaginer y aller ? Non, ça ne me viendrait pas à l’idée. Je trouve que mes pensées sont bizarres. Mais j’en ai assez des saucisses. Saucisses à hot-dog, saucisses pur porc, saucisses de Francfort, saucisses cocktail, rouges, brunes, jaunâtres, grandes, petites. You name it. J’en ai assez. Je n’ai plus de goût pour les saucisses. Veux décaper mon corps sous la douche, pour que la puanteur de saucisse disparaisse sans traces dans les conduits.

Projet :

No more sauvage.

À travers ce roman choral, cinq jeunes ( Deux lesbiennes, un gay, une bisexuelle et une transsexuelle) du Groenland de la ville de Nuuk se livrent et se délivrent du poids et des peurs engendrées par leurs différences. Sujet interdit, ici ou ailleurs qu’il est temps de libérer au grand jour sans avoir peur de jugement.

La jeunesse une période déjà compliquée en soi se révèle absolument encore plus complexe quand l’identité sexuelle s’avère confuse.

” Sans me poser de questions, j’ai découvert que j’étais différente des autres filles.“

Sur « L’île de la colère » le Groenland ainsi baptisé par l’écrivaine, les tabous éclatent, les cœurs s’ouvrent, les voies s’élèvent, c’est la fin d’un long moment de silence.

Ce que j’en dis :

Totalement avant-gardiste, cette jeune écrivaine révolutionne la littérature avec cette œuvre universelle.

Une véritable quête d’identité sexuelle pour toute la jeunesse d’aujourd’hui, la fameuse génération y.

Aussi percutante qu’audacieuse, cette nouvelle voie si jeune s’impose à travers cette criante vérité. Des mots justes, touchants, parfois bruts où l’amour en sort vainqueur.

Une belle découverte, un roman qui ne peut laisser personne de glace.

Née en 1990, Niviaq Korneliussen a grandi à Nanortalik, au sud du Groenland. Homo Sapienne marque un tournant dans l’histoire littéraire groenlandaise en rejoignant un lectorat en dehors de la terre natale. L’écrivaine s’affirme avec ce premier roman comme la nouvelle étoile du Nord.

Ce qu’elle en dit : « Les histoires de chasseurs du passé, les récits sur l’influence de la nature, cela ne m’a jamais intéressée. Dans ma jeunesse, j’ai cherché en vain un livre qui me parle, qui raconte ce que moi et mes amis vivions et les quest qui nous préoccupaient. Je n’ai jamais trouvé ce livre. Je crois que c’est ce que j’ai voulu écrire, ce livre que je n’ai jamais pu lire. »

Je remercie les Éditions de La Peuplade pour cette découverte révolutionnaire.

Saō Paulo confessions

Saõ Paulo confessions de Gérard Bon aux Éditions de La manufacture de livres

“ – Il a disparu comme ça, d’un coup.

– Disparu ?

– Oui, volatilisé, désintégré ! dit-elle d’une voix tendue comme un fil sur le point de rompre. Vous savez, c’est un peu comme dans ces romans de gare. Le monsieur quitte son domicile un beau matin et ne reviens pas. ”

Franck Cage a disparu, en un clin d’œil juste quelques semaines avant son retour musical. Pourtant tout semblait bien rouler comme sa Porsche qui l’attend désespérément sur un parking. La femme du rocker se confie à Dino Emanueli et lui demande son aide.

” Ce n’était pas tout à fait le genre de dossier dont le rêvais. Mais il était sans doute écrit que cette dame en détresse s’adressait à moi, sur les conseils d’un ami de son père. Qui sait ce qu’on avait pu lui raconter à mon sujet ? Que je collectionnais les succès ? “

Il tombe sous le charme de cette femme assez troublante et décide de prendre en charge cette affaire. Commence alors pour Dino une plongée dans le mystère de Saõ Paulo et dans le passé du sulfureux musicien.

Doit-on s’accrocher à un vague espoir ? S’installer dans le grand découragement de l’attente ? Ou tirer une croix sur le passé ? “

Ce que j’en dis :

À travers ce polar qui flirte avec le roman noir, l’auteur dépeint une ville brésilienne gangrenée par la corruption. Une ville dominée par l’argent et la spéculation immobilière. On fait connaissance avec cet avocat épicurien et charmeur qui n’hésite pas à mettre beaucoup de sa personne pour aboutir à ses fins, au risque de se perdre en route. Entre stratégies et plaisirs l’enquête se poursuit dans une atmosphère poisseuse loin des plages paradisiaques.

Une plume que je découvre, un polar qui sort de l’ordinaire avec un avocat qui ne manque pas d’humour même si je l’aurais préféré un peu plus caustique.

Un belle rencontre qui me donne envie de poursuivre vers ses précédents polars.

Gérard Bon

Né à Nice, Gérard Bon étudie à l’école supérieur de journalisme de Lille. Reporter pour deux agences de presse internationales, il se spécialise dans les affaires politiques et judiciaires et les relations diplomatiques. À ce titre, il a suivi plusieurs voyages présidentiels officiels au Brésil, en Afrique du Sud, en Libye.

Depuis 25 ans, il séjourne régulièrement au Brésil. Il est l’auteur d’une trilogie de romans policiers mettant en scène un héros récurrent, Cavalier, ainsi que Ci-gît mon frère (2012) et Retour à Marseille (2016), à La Manufacture de livres.

Je remercie La Manufacture de livres pour ce polar étonnant.

“ Le garçon sauvage ”

Le garçon sauvage de Paolo Cognetti aux Éditions 10/18

Traduit de l’italien par Anita Rochedy

Cela faisait une dizaine d’années que je n’avais plus remis les pieds à la montagne. J’y avais pourtant passé tous mes étés jusqu’à l’âge de vingt ans. Pour l’enfant de la ville que j’étais, qui avait été élevé en appartement, avait grandi dans un quartier où il était impossible de descendre dans la cour ou dans la rue, la montagne représentait l’idée de la liberté la plus absolue. (…) à trente ans j’avais presque oublié comment c’était, être seul en forêt, ou plonger nu dans un torrent, ou courir sur le fil d’une crête avec rien d’autre que le ciel tout autour. Ces choses, je les avais faites, elles étaient mes souvenirs les plus heureux. Le jeune citadin que j’étais devenu me semblait tout l’opposé de cet enfant sauvage, et l’envie d’aller à sa recherche s’imposa en moi. Ce n’était pas tant un besoin de partir que de revenir ; ni tant de découvrir une part inconnue de moi que d’en retrouver une ancienne et profonde que je croyais avoir perdue. “

Paolo Cognetti, oppressé par sa vie milanaise et confronté à une panne d’écriture décide de partir vivre le temps d’un été dans le Val d’Aoste. Là, il parcourt les sommets, suspendu entre l’enfance et l’âge adulte. Il renoue jour après jour avec la liberté et retrouve l’inspiration.

” Ainsi mes explorations prirent la tournure d’une enquête, une tentative de lire les histoires que le terrain avait à raconter. “

Il plonge au cœur de la vie sauvage qui peuple encore les montagnes, côtoie la solitude, et les habitants du coin avant d’entamer sa désalpe, réconcilié avec l’existence.

” Je représentais à la fois l’habitant le plus en vue et l’indigent, le noble propriétaire et son fidèle gardien, le juge, l’invité, l’ivrogne, l’idiot du village : j’avais tant de moi dans les jambes qu’il m’arrivait parfois le soir de devoir sortir et m’en aller dans les bois pour me retrouver un peu seul. “

Néanmoins, ce séjour initiatique ne parvient pas à le libérer de l’espèce humaine.

(…) la solitude me faisait l’effet d’un palais des glaces : partout où je regardais, je trouvais mon image reflétée, déformée, ridicule, multipliée à l’infini. Je pouvais me libérer de tout d’elle. “

Ce que j’en dis :

À travers ce récit autobiographique, Paolo Cognetti nous offre une véritable bouffée d’oxygène. Un roman habité de poésie, la sienne et celle d’Antonio Pozzi qu’il partage avec nous, sans oublier de belles citations de Thoreau qu’il m’a donné envie de découvrir.

Sa plume est sensible et dégage de belles émotions. Il célèbre la nature, sa faune et sa flore avec humilité. À sa façon, il tente d’apprivoiser la solitude pour mieux appréhender la foule qu’il a fui. Il observe, enregistre, tente de comprendre sans juger mais dans le but de transmettre ce qu’il voit.

Tout plaquer et partir se ressourcer, qui n’en n’a pas rêver, le temps d’une saison, d’une année, ou le temps d’une lecture comme présentement.

Ce récit s’adresse aux amoureux de la nature et des beaux mots. À ceux qui préfèrent le chant des oiseaux aux bruits de la circulation, aux rêveurs épris de liberté.

Un beau roman d’apprentissage, une belle plume que j’aurai grand plaisir à retrouver dans son dernier roman Les huit Montagnes qui a reçu le Prix Strega, et j’espère sincèrement que ses autres récits seront bientôt traduits en Français.

Paolo Cognetti est né à Milan en 1978, il est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles, d’un guide littéraire de New York, et d’un carnet de montagne. Il a étudié les mathématiques et la littérature américaine avant de monter sa maison de production de cinéma indépendant. Il partage sa vie entre sa ville natale, le val d’Aoste et New-York. Son roman Sofia s’habille toujours en noir, paru chez Liana Levi en 2013, lui a valu de figurer dans la sélection du prix Strega, l’un des plus prestigieux prix italien. Après Le garçon sauvage, il signe un nouveau roman aux éditions Stock, Les Huit Montagnes.

“ L’enfant de poussière ”

L’enfant de poussière de Patrick K. Dewdney aux Éditions Au Diable Vauvert

Illustrations de Fanny Etienne-Artur

Les gens du clan ne s’occupent pas des enfants abandonnés, car selon leurs croyances il n’est pas sage de consacrer du temps à une descendance qui n’est pas du même sang. Si une lignée doit s’éteindre, c’est qu’une volonté qui échappe aux hommes est à l’œuvre et qu’il est donc futile de s’y opposer. Certains considèrent même qu’il peut être dangereux de changer ainsi le cours du monde. Ainsi, dans l’enfer hostile de la Forêt de Pierres et des Hautes-Terres, les orphelins tels que moi étaient abandonnés, et on les laissait périr de froid, de faims, ou entre les crocs des prédateurs. “

Syffe est orphelin des rues, il ignore tout de ses origines. Il loge avec Brindille, Merle et Cardou chez la mère Tarron dans une fermette à l’extérieur des murs de Corne- Brune, au pied de la colline du verger.

Il survit librement de rapines et de corvées, jusqu’au jour où il se retrouve contraint d’entrer au service du seigneur local. Il passe la moitié de son temps à apprendre la chirurgie auprès d’un maître d’apprentissage et l’autre moitié, il est le serviteur d’un affreux propriétaire.

” (…) je découvris réellement le sentiment d’injustice. Les vestiges, ce qu’il me restait de conceptions toutes faites sur le fonctionnement du monde, de notions un peu stupides qu’avaient nourries les contes brunides et claniques, les méritants récompensés et les méchants punis, se voyaient définitivement bouleversés. « 

“ (…) Mes yeux se brouillèrent de larmes, parce que je ne comprenais pas, je ne comprenais rien du tout, et tout était allé si vite. Ma vie entière venait d’être réduite à néant. J’étais un fugitif dans ma propre ville et on me cherchait pour me pendre. ”

Son existence bascule, il se retrouve accusé de meurtre. Condamné à prendre la fuite malgré son innocence, il épouse le destin rude d’un enfant-soldat.

” Irrité par mon air absent, le Var s’arrêta tout à coup pour me transpercer du regard. « Je ne sais pas si tu es au courant », fit-il, en haussant le ton, « mais je vais faire de toi un guerrier. Chaque mot que je prononce, chaque geste que je fais vise à t’y préparer. Et tu as intérêt à m’écouter quand je te parle, Sleitling, parce qu’un jour cela fera peut-être la différence entre un Sleitling mort et un Sleitling vivant. »

Ce que j’en dis :

Il est bon de sortir des sentiers battus et de se retrouver au cœur de Corne-Brune pas loin de la forêt de Pierres au côté de Syffe naît sous la plume d’un véritable conteur.

L’auteur m’avait auparavant embarqué dans des romans noirs de toute beauté et c’est sans aucune appréhension que je me suis aventurée dans ce nouveau roman faisant absolument confiance à son talent. Et point de déception, bien au contraire.

Dès les premières pages, je suis captivée par le récit, le style, l’écriture et jamais je n’aurais cru qu’un tel monde imaginaire me réjouirait autant. Ce livre est magique, il a le pouvoir de rendre réel un monde irréel. D’emblée on s’attache à Syffe et à ses amis. D’aventure en aventure on va découvrir son histoire, les pages défilent sans temps morts, sans longueurs, c’est juste fantastique.

Je suis une novice dans le roman fantasy, mais une chose est sûre, j’y ai pris autant de plaisir qu’en lisant la mort de roi Tsongor de Laurent Gaudé.

Je suis vraiment admirative devant la puissance narrative de ce roman, et j’ai hâte de retrouver Syffe pour de nouveaux exploits.

Un roman surprenant, bluffant, passionnant et agréablement illustré, qui en font un magnifique objet de collection.

À lire pour se faire plaisir et vivre une aventure extraordinaire, à offrir pour faire vraiment plaisir à tous les amoureux du genre.

Patrick K Dewdney et Fanny Étienne -Artur (l’illustratrice) au salon de l’Imaginales d’Épinal en mai 2018

Né en Angleterre, Patrick K Dewdney vit dans le Limousin depuis l’enfance. Après avoir publié poésie et roman noir, il a reçu le prix Virilo pour Écume (ma chronique ici). Projet d’une vie, l’Enfant de poussière ouvre la saga de fantasy historique de Syffe.

Je remercie les éditions Au diable Vauvert pour cette histoire extraordinaire.

Ma collection

“ Tu ne perds rien pour attendre ”

Tu ne perds rien pour attendre de Janis Otsiemi aux Éditions pocket

“ La panthère vit dans les fourrés, disait un proverbe. La sûreté urbaine était ses fourrés, à lui. Il allait devoir traquer toutes les pourritures qui pullulaient dans cette ville. ”

Jean-Marc est policier à Libreville au Gabon. Il n’est pas devenu flic par hasard. Après avoir perdu sa mère et sa sœur, toutes deux fauchées par une voiture conduite par le fils du ministre, qui ne fut jamais inquiété, il rêve d’éradiquer la violence dans sa ville et de rendre justice. Un soir il fait une rencontre surprenante.

– Voir un fantôme est un mauvais présage. Vous devriez aller voir un marabout ou un pasteur. “

Il ne sais pas encore que cette rencontre absolument pas fortuite. Il va pourtant mettre tout en œuvre pour résoudre cette affaire irréelle.

” – Elle veut que je retrouve celui ou ceux qui l’ont tuée. C’est pour ça, j’ai besoin que vous me disiez tout ce que vous savez d’elle et ce qui lui est arrivé. Dans mon métier, nous ne choisissons pas les affaires sur lesquelles nous travaillons, mais ce sont elles qui nous choisissent. J’ai l’impression que c’est le cas avec votre fille. “

Ce que j’en dis :

Depuis un moment déjà j’étais tentée par cette plume venue d’ailleurs. Ce polar tombait à point nommé pour voyager au Gabon et découvrir l’envers du décor des cartes postales à travers une enquête qui allie réel et surnaturel. Une chose est sûre, le dépaysement est garanti, même si l’intrigue est assez légère, le récit n’en demeure pas moins inintéressant. L’auteur nous plonge au cœur de son pays d’origine en utilisant des expressions gabonaises, qu’un glossaire nous aide à comprendre. Il dépeint avec réalisme la corruption engendrée par la mafia, et nous fait découvrir certaines croyances ancestrales. Une lecture agréable, un style inventif, des personnages attachants, qui me donnent envie de poursuivre ma balade gabonaise à travers ses autres polars.

Une belle découverte. Un beau voyage livresque.

Janis OTSIEMI est né en 1976 à Franceville au Gabon. Il vit et travaille à Libreville. Il a publié plusieurs romans, poèmes et essais au Gabon.

Roman social et urbain, style assez direct, récit émaillé d’expressions savoureuses, Janis OTSIEMI signe des romans miroir de la société gabonaise telle qu’il la vit et la perçoit aujourd’hui ! Il a obtenu le Prix du Roman Gabonais pour « La vie est un sale boulot « 

UNE RÉVÉLATION

Je remercie les Éditions Pocket pour ce polar réellement étonnant.