À la Une

“ Hü ”

de David Dolo

“ Ça suffit. Voilà. Il appuie, parce qu’il est à un cheveu de s’écrouler et que personne n’a envie de voir un bibendum dans son genre tomber sur soi entre deux stations. ”

Comme chaque matin, un homme se rend en train au boulot. Dix ans déjà qu’il effectue ce même trajet. Dix ans de trop peut-être. Il étouffe au milieu des passagers, et sentant un malaise arrivé, il stoppe le train et lui prend alors une irrésistible envie de descendre prendre l’air.

“ Il jette un dernier coup d’œil au train, à la porte ouverte du wagon dont il vient de s’extraire, timide, et croise quelques regards glacés ou amusés, un grand échevelé au sourire sans joie lui montre son majeur dressé. Francis détourne les yeux. Sale type. Il pense à son objectif, le bureau, et fait son premier pas quand la double porte par laquelle il est descendu se referme dans un fracas qui le fait sursauter.

« Zut » ”

Le train parti, il se retrouve seul au monde à errer le long de la voie ferrée. Un étrange paysage de désolation s’offre à lui.

“ Où sont les villes, où sont les gens ? ”

Jusqu’au moment où il s’endort épuisé à force de marcher et de chercher âme qui vive.

Une surprise l’attend à son réveil. Il a de la compagnie, mais loin d’être celle qui l’espérait…

Ce que j’en dis :

Que ne fut pas ma surprise quand ce livre est arrivé entre mes mains. Je me suis bien fait HÜ. Bon d’accord elle était facile mais j’en avais trop envie.

Pourtant la couverture et le pitch proposé par Masse Critique Babelio étaient attirants mais à l’arrivée, j’étais loin d’imaginer une aussi grosse déception.

Tout d’abord le roman n’a pas d’éditeur, au sens propre du terme. Ce livre est édité par une plateforme que je boycotte par solidarité pour toutes les librairies qui tentent de survivre. Son nom est bien caché entre ses pages non numérotées, seulement chapitrées, donc pas facile à trouver. Tout comme les infos sur l’auteur, complètement inexistantes. Et oui, on ne s’improvise pas éditeur, pour cela il faut une certaine expérience, un certain talent une certaine classe.

Pour ce qui est de l’histoire, ça démarrait plutôt bien, mais c’est vite parti dans un délire aussi barré que les personnages qu’elle contient.

Je me suis donc lassée très vite, et le style très simple n’a rien fait pour m’accrocher davantage.

Je m’interroge sur le fait que cet auteur se soit tourné vers cette plateforme, a-t-il vu son manuscrit refusé par tous les éditeurs, et se venge en passant du côté obscur ?

Enfin je remercie tout de même Babelio, qui m’a permis de découvrir un anonyme qui devra persévérer et trouver un vrai éditeur s’il souhaite une seconde chance.

Un roman qui va vite tomber dans les oubliettes et que je n’aurai pas plaisir à promouvoir d’autant qu’il ne figurera pas dans les rayons de mes chers libraires.

Et oui chez Dealerdelignes SP ou pas c’est toujours sans langue de bois .

Pour info :

L’auteur
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“ L’habitude des bêtes ”

L’habitude des bêtes de Lise Tremblay aux éditions Delcourt

Juste avant que j’embarque dans l’avion, il m’avait mis un chiot dans les mains. C’était Dan. Je n’avais jamais eu de chien à moi. À la pourvoirie, les chiens, c’était l’affaire des guides. Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais pas le jeter sur la piste devant tout le monde. Le vol vers le sud a été mouvementé. J’avais peur que le chiot vomisse ou pisse sur moi. Ce n’est pas arrivé. J’ai gardé Dan. “

Benoît Lévesque rentre de Montréal. Il vient de quitter son grand appartement vide. Maintenant qu’on lui a confié ce chien, il sera mieux dans son chalet du Saguenay, au cœur du parc national. Dan pourra profiter pleinement.

” Dans ma vie, il y avait eu un avant-Dan et un après-Dan. Bien que ça puisse paraître loufoque, son arrivée avait été plus importante que mon divorce. “

Mais bien plus tard, à l’arrivée d’un nouvel automne, le fragile équilibre est rompu. Dan a vieilli et ses jours semblent comptés.

« J’avais été heureux, comblé et odieux. En vieillissant, je m’en suis rendu compte, mais il était trop tard. Je n’avais pas su être bon. La bonté m’est venue après, je ne peux pas dire quand exactement. »

Des loups ont été aperçu sur le territoire des chasseurs. De vieilles querelles de clans se réveillent, la tension monte au village.

Dans un décor grandiose, au-delà des rivalités c’est à la nature, aux cycles de la vie et de la mort, et à leur propre destinée qu’ils devront tous faire face.

Ce que j’en dis :

Certains auteurs font le choix de nous offrir des textes courts et pourtant chacun de leur récit est d’une puissance extrême. Pour moi, ce n’est pas le nombre de mot ou de page qui définit un grand roman, mais l’intensité des émotions qu’il dégage.

Lise Tremblay fait partie de ceux là, petit mais costaud.

Ce roman absolument exquis m’a charmé autant par sa plume que par son histoire. Chaque mot, chaque phrase atteint son paroxysme de sentiment.

Ici la vie côtoie la mort à travers ce blues à l’accent canadien qui offre bien plus qu’un beau dépaysement.

Une ode à la nature et à l’amour des bêtes.

C’est un beau voyage livresque qu’il serait dommage de ne pas découvrir, une auteure pleine de grâce qui vous transportera au cœur de l’âme humaine où la blancheur des paysages côtoient la noirceur des hommes.

Un énorme coup de cœur pour cette auteure qui m’a donné envie de continuer l’exploration de son univers.

Pour info :

Lise Tremblay est née à Chicoutimi. En 1991, elle s’est vu décerner pour son roman L’Hiver de pluie le Prix de la découverte littéraire de l’année du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean et le prix Joseph-S.-Stuffer du Conseil des arts du Canada. En 1999, son roman La Danse juive lui a valu le Prix du Gouverneur général. Elle a également obtenu le Grand Prix du livre de Montréal en 2003 pour son recueil de nouvelles La Héronnière. Elle a fait paraître trois romans au Boréal, La Sœur de Judith (2007), Chemin Saint-Paul (2015) et L’Habitude des bêtes (2018).

Je remercie Marie-Laure et les éditions Delcourt pour cette formidable découverte.

“ Effets indésirables ”

Effets indésirables de Larry Fondation aux éditions 10/18

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Romain Guillou

” C’est dangereux ! On est à L.A. ; pas au fin fond du Maine ! “

Ceci n’est pas un roman et pourtant il contient plein d’histoires, des anecdotes, des faits divers, des histoires drôles, des drames, des histoires d’amour et d’amitié, le triste portrait d’une population qui part à la dérive, loin des paillettes et des étoiles sur le Hollywood Walk of Fame.

J’ai l’intention de m’installer une fois pour toute de l’autre côté du fleuve – là-bas j’espère n’être qu’un type armé parmi d’autres. “

Ici, entre ces pages, on dégaine plus vite un flingue qu’un portable, d’ailleurs on possède bien plus d’armes à feu qu’autre chose, et il suffit d’un mot de trop pour que les balles surgissent. On tire d’abord, on discute après si c’est encore possible.

” Ce n’était pas sa voiture. Il n’avait pas l’habitude de la conduire. (…) C’était en pleine nuit. Il y avait beaucoup de reflets éblouissants. Il n’a pas trouvé les essuie-glaces. À la place, il a trouvé le klaxon. Il a appuyé dessus sans faire exprès. Pas une fois, plusieurs. Le chauffeur furieux dans la voiture de devant est sorti de son véhicule. Ils étaient à l’arrêt à un feu rouge. Il a tiré deux coups de feu, l’un ou bien les deux ont été fatals. Notre chauffeur n’a pas eu l’occasion de dire qu’il n’appuyait pas sur son klaxon d’impatience – en réalité, le klaxon de quelqu’un d’autre – mais qu’il essayait simplement de nettoyer un pare-brise sale. “

C’est pourtant des petites histoires mais chacune puissance dix côté émotions.

Ici les stars c’est les paumés, les piliers de bar, les prostitués, les receleurs, les clochards, les arnaqueurs, et même monsieur et madame tout le monde, le panorama d’une ville complètement hallucinée.

Des fragments de vies, des instants fugitifs, parfois brutaux , impensables, absurdes et pourtant bien réels, d’un monde qui part en vrille.

Des histoires qui secouent, parfois violentes et souvent désespérées, qui frappent en plein cœur, mais l’on ne résiste pas à poursuivre la lecture malgré la noirceur qu’elles dégagent, car se pointe parfois un peu d’humanité comme une fleur au milieu du bitume. Même l’humour est au rendez-vous, même si la vie étalée par ici est loin d’être une histoire drôle.

« J’étais frustré par mon incapacité à attirer les emmerdes. Ca faisait dix ans que les journaux nous rebattaient les oreilles avec leurs histoires de meurtres. Je n’arrivais même pas à provoquer une simple agression. »

La Cité des anges laisse un goût amer, mais la poésie noire de Larry Fondation permet aux anges déchus de briller une dernière fois.

Brillant, puissant, touchant, un auteur que je vais continuer à découvrir et ça tombe bien, un autre titre m’attend déjà.

Pour info :

Larry Fondation vit, travaille et écrit à Los Angeles. Après avoir été journaliste, il est depuis 20 ans médiateur de quartier à South Central L.A. et Compton. Il contribue régulièrement à diverses revues (Flaunt, Los Angeles Time, Fiction International…). En 2009, il a bénéficié d’une bourse d’écriture de la Fondation Christopher Isherwood.

Effets indésirables, qui paraît en 2016 aux éditions Tusitala, est le quatrième volume d’une œuvre pensée comme un octet sur Los Angeles : un « roman du collectif », biographie kaléidoscopique de la ville californienne établie sur une vingtaine d’années, des années 1980 aux années 2000.

Ses trois premiers ouvrages, qui peuvent tous se lire indépendamment, sont parus chez Fayard : Sur les nerfs(2012, repris en Livre de poche en 2013), Criminels ordinaires (2013) et Dans la dèche à Los Angeles (2014)

Je remercie les éditions 10/18 pour cette immersion auprès des anges déchus de Los Angeles.

“ Le meurtre du Commandeur ”

Le Meurtre du Commandeur de Haruki Murakami aux Éditions Belfond

Une idée apparaît (Livre 1)

Traduit du japonais par Hélène Morita

“ Dans le silence du bois, je pouvais presque percevoir jusqu’au bruit de l’écoulement du temps, du passage de la vie. Un humain s’en allait, un autre arrivait. Un sentiment s’en allait, un autre arrivait. Une image s’en allait, une autre arrivait. Et moi aussi, je me désintégrais petit à petit dans l’accumulation de chaque moment, de chaque jour, avant de me régénérer. Rien ne demeurait au même endroit. Et le temps se perdait. Un instant après l’autre, le temps s’écroulait puis disparaissait derrière moi, comme du sable mort. Assis devant la fosse, l’oreille aux aguets, je ne faisais qu’écouter le temps mourir. ”

Un beau jour, la femme du narrateur lui annonce son intention de divorcer. En panne d’inspiration, le jeune peintre quitte leur domicile et part pour un long voyage, seul, à travers le Japon. Puis un jour, il s’installe dans la montagne, dans une maison isolée appartenant à un artiste de génie, Tomohiko Amada, aujourd’hui sénile et vivant dans un hôpital.

Dans ma vie, les choses ont toujours fonctionné calmement, de manière cohérente, et souvent en accord avec la raison. C’est seulement dans la parenthèse de ces neuf mois que, de façon inexplicable, tout a été soudain plongé dans le chaos. Cette période, pour moi, a constitué un temps parfaitement exceptionnel, littéralement extraordinaire. J’étais semblable à un nageur au milieu d’une mer paisible avant d’être englouti brusquement dans un immense tourbillon non identifié, surgi de nulle part. “

Un riche homme d’affaires, Wataru Menshiki, habitant de l’autre côté de la vallée lui fait une proposition alléchante qu’il ne peut refuser. Il souhaite que le jeune peintre réalise son portrait. Un travail apparemment simple pour un portraitiste, mais le modèle semble contrarié la représentation de l’artiste.

” Lorsque c’est possible, il y a des choses qu’il vaut mieux continuer à ignorer. ”

Une nuit, il découvre un mystérieux tableau dans le grenier, une œuvre d’une grande violence, le meurtre d’un vieillard, Le Meurtre du Commandeur. Cette peinture obsède le narrateur. Et des choses étranges commencent à se produire, comme si une brèche s’était entrouverte sur un autre monde.

” La découverte que je fis du tableau de Tomohiko Amada, intitulé Le Meurtre du Commandeur, eut lieu quelques mois après mon installation dans cette maison. Je n’avais aucun moyen de le savoir à cette époque, mais cette toile allait radicalement transformer ma situation. “

Il était loin d’imaginer ce qui allait suivre, aussi étranges qu’inattendues certaines visites allaient tout changer…

” En moi, le réel et l’irréel avaient encore du mal à s’accommoder l’un à l’autre. “

Ce que j’en dis :

S’aventurer entre les pages d’un roman de Haruki Murakami est toujours prémisse d’un voyage livresque très particulier. Son univers nous emporte dans un monde où le réel côtoie l’irréel et laisse place à notre imaginaire.

Cette fois, à travers cette fresque composée de deux volumes, l’auteur explore l’univers d’un peintre, les ressorts de la création artistique et nous dépeint l’histoire de cet homme confronté au divorce.

Un roman qui se savoure patiemment, comme lorsqu’on admire un tableau, on découvre le décor, les personnages, l’histoire se dévoile peu à peu sous la plume de l’écrivain comme le ferait un peintre avec sa toile.

Les personnages entrent en scène et nous réservent de belles surprises et même une intrigue surprenante. Il est clair que le premier tome terminé, on se précipite sur le suivant, l’un n’allant pas sans l’autre comme un diptyque.

La magie propre à Murakami m’a envoûté et il est difficile de comprendre l’indignation que ces deux romans suscitent au Japon. Les scènes sensuelles présentes sont très mal perçues et l’on juge à Hong Kong l’œuvre indécente et l’on n’hésite pas à la censurer et même à l’interdire à la vente au moins de dix-huit ans.

Et pourtant cette odyssée initiatique aussi étrange soit-elle, a tout pour plaire et enchanter les nombreux fans de l’auteur.

Un roman fascinant, une histoire que je poursuis avec grand plaisir pour découvrir le mot de la fin et continuer ce rêve éveillé en compagnie de personnages atypiques et attachants.

Pour info :

MURAKAMI Haruki est né à Kyoto en 1949, mais grandit à Ashiya (Hyogo). Son père est le fils d’un prêtre bouddhiste et sa mère la fille d’un marchand d’Osaka. Les deux enseignaient la littérature japonaise. Mais Haruki, à cette époque, ne s’intéressait pas vraiment à la littérature de son pays et se plongeait plus volontiers dans des histoires de détectives américains ou de science-fiction. Point de vue artistique, les États-Unis représentent pour lui la seule culture valant la peine. En 1968, il déménage à Tokyo pour y étudier le théâtre à l’Université Waseda ; il y passera plus de temps à lire des scénarios qu’à être un élève assidu.

En 1974, MURAKAMI ouvre avec son épouse, TAKAHASHI Yoko avec qui il s’est marié trois ans plus tôt, un club de jazz : le « Peter Cat » dans le quartier de Kokobunji à Tokyo qu’ils tiendront jusqu’en 1981, date à laquelle il décide de devenir écrivain professionnel.

Entre 1986 et 1989, MURAKAMI vit en Grèce et à Rome pour ensuite se rendre aux États-Unis où il enseigne à l’Université de Princeton et à l’Université Tufts de Medford. En 1995, il ressent une sorte d’obligation de retourner dans son pays natal qui commence à souffrir d’une grave crise économique et sociale. C’est également à cette époque qu’eut lieu le terrible tremblement de terre de Kobe qui le marqua énormément et qui l’inspira pour son recueil de nouvelles « Après le tremblement de terre », ainsi que l’attaque terroriste contre le métro de Tokyo par la secte Aum Shinrikyo. Il reprendra d’ailleurs ce thème dans son roman « 1Q84 ».

MURAKAMI commence à écrire dans les années 1970. Son premier roman « Kaze no uta o kike », jamais traduit en français remporte le prix Gunzo des Nouveaux Écrivains. En 1973, il publie « 1973-nen no pinbōru » et reçoit le Prix Bunkaku en 1980.

Il devient très vite le romancier le plus populaire du Japon. Pour son roman « Noruwei no mori » publié en 1987, plus de quatre millions d’exemplaires sont vendus. Et ce succès ne se dément toujours pas à voir les chiffres de son dernier roman en date paru au Japon « 1Q84 » et qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires en un mois.

MURAKAMI Haruki a créé un style original reconnaissable immédiatement. Ce style bien à lui se compose d’humour, de légèreté, de simplicité, de clarté, mais aussi de surréalisme. Il ose faire voyager ses lecteurs du réalisme à l’imaginaire pur sans crier gare. Le lecteur est tellement prisonnier de l’univers de MURAKAMI que ça ne l’étonne absolument pas d’apercevoir des chats parler le plus naturellement possible, et tout ça, sans être choqué ou rebuté. Loin de lui la période pénible de l’après-guerre et des romans traditionnels autobiographiques. Pour preuve, le musée qu’il invente dans « Kafka sur le rivage » est presque devenu réel. Bon nombre de Japonais se sont rendus à l’arrêt de la gare qu’il décrit dans son roman pour demander aux employés le chemin le plus court pour arriver au musée. Quelle ne fut pas leur déception lorsque les pauvres employés éreintés devaient leur annoncer que ce musée n’a jamais existé.

Un des fils conducteurs de son œuvre est sans conteste la musique. MURAKAMI est un passionné de musique classique et de jazz, et il ne cesse au long de ses romans de citer toutes les œuvres qu’il admire depuis si longtemps, comme s’il ne pouvait s’empêcher de faire partager ses coups de cœur à ses lecteurs.

MURAKAMI est également le traducteur des œuvres de F. Scott Fitzgerald, de Truman Capote, de Raymond Carver, de Paul Theroux, de John Irving, de Tim O’Brien, et de bien d’autres encore.

Outre ses travaux littéraires, MURAKAMI Haruki est également connu en tant que coureur de marathon qu’il devint alors qu’il a déjà 33 ans. En 1996, MURAKAMI termine un marathon de 100 km lors d’une course autour du lac Saroma à Hokkaido. Il écrit à ce propos un excellent témoignage dans son livre « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond ».

MURAKAMI aime raconter qu’il a une hygiène de vie plutôt simple et saine : il écrit chaque jour durant 4 heures et court environ 10 kilomètres quotidiennement. Pour l’anecdote, à ses débuts, il fumait 60 cigarettes par jour pour pouvoir se concentrer sur son écriture, et un jour il décida d’arrêter. Il commença aussitôt à prendre du poids. Étant individualiste, il trouva que la course à pied était le meilleur sport pour lui.

L’écrivain le plus populaire du Japon s’est toujours éloigné de la littérature japonaise proprement dite, ce qui lui a valu énormément de critiques à ses débuts. On dit de ses romans qu’ils semblent être écrits dans une langue étrangère et avoir ensuite été traduits en japonais. Mais tout cela ne l’a jamais empêché d’être l’écrivain japonais le plus apprécié dans son pays et à l’étranger.

Je remercie les éditions Belfond pour ce voyage pictural où les rêves voyagent à l’infini.

“ La carte du souvenir et de l’espoir ”

La carte du souvenir et de l’espoir de Jennifer Zeynab Joukhadar aux Éditions Les Escales

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Séverine Gupta

” Quel que soit l’endroit où Allah nous mène, on rêve toujours d’un ailleurs. “

Été 2011, à New-York, le père de Nour est emporté par un cancer, sa mère décide de quitter les États-Unis et de rejoindre leur famille en Syrie.

C’est un déchirement pour Nour qui était très proche de son père. Pour préserver son souvenir, elle se remémore sans cesse leur conte préféré : l’histoire de Rawiya, une jeune fille du douzième siècle qui s’était travestie pour pour devenir l’apprenti d’al-Hidrisi, le légendaire cartographe médiéval.

” J’appuie mon visage contre le hublot. Sur l’île en contrebas les trous de Manhattan ressemblent à de la dentelle. Je cherche des yeux celui où Baba repose et tente de me souvenir du début de l’histoire. Mes mots traversent la vitre et dégringolent sur terre. “

La famille est à peine installées à Homs, la guerre éclate, et la ville commence à disparaître sous les bombes.

 » Les rues de la ville ne sont plus qu’un dédale de béton tordu et de squelette d’acier. “

Nour et sa famille sont obligés de fuir et sans le savoir s’apprêtent à parcourir les sept mêmes pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord qu’ont sillonnés, neuf cents ans plus tôt, les cartographes qu’elle admire tant.

 » Plus je parcours le monde, plus il me parait vaste, et j’ai toujours l’impression qu’il est plus simple de quitter un lieu que d’y revenir. “

Commence alors un long périple, un voyage entre passé et présent, où se dessine au fil des pages la carte du souvenir et de l’espoir.

Les récit s’habillent de mots, mais c’est pour dresser la carte de l’âme. “

Ce que j’en dis :

Voyager au cœur de l’Orient et découvrir l’histoire croisée de deux héroïnes, à travers une épopée magnifique et bouleversante, dépeinte par une jeune auteure américano-syrienne.

Entre passé et présent, ce roman initiatique nous fait découvrir une extraordinaire période de l’histoire, une formidable quête d’aventure, d’amour et d’espoir digne des contes des mille et une nuit.

Un monde où se côtoient splendeurs et souffrances et rend hommage à la Syrie, aux réfugiés qui ont connu la guerre et ont du fuir à travers le monde en quête de paix et de liberté.

Dans la lignée de l’écrivain Khaled Hosseini ( Les cerfs-volants de Kaboul), Jennifer Zeynab Joukhadar nous offre un récit époustouflant, qui virevolte avec un équilibre extraordinaire, entre le conte oriental et le témoignage bouleversant sur le quotidien des réfugiés, et rend ce récit universel.

Une étoile de plus brille dans l’univers des écrivains dont il faudra se souvenir.

Pour un premier roman, on ne peut être qu’admirative.

Une formidable invitation aux voyages, peuplés de légendes et d’Histoire que je vous recommande vivement.

Pour info :

“ Le témoin solitaire ”

Le témoin solitaire de William Boyle aux éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Simon Baril

” Regrettant d’avoir consacré l’essentiel de sa vie à des préoccupations égoïstes et vaines, Amy a eu envie de faire preuve d’altruisme. Sans se prendre pour une sainte, elle pouvait tout de même apporter un peu de lumière dans la vie des gens : rendre visite aux résidents d’une maison de retraite, faire des courses pour quelqu’un qui ne peut pas se déplacer, prier et bavarder avec des personnes isolées. ”

C’est en s’occupant de Madame Epifanio, qu’ Amy fait la connaissance de Vincent. La vieille dame le soupçonne d’avoir fouillé dans sa chambre. Amy décide de découvrir ce qui se cache derrière cet odieux individu et de le prendre en filature.

Amy a l’impression que, si elle continue, elle ne pourra pas revenir en arrière. Peut-être qu’adopter à nouveau ce genre de comportement est une mauvaise décision. Une décision stupide. Difficile de résister à cette excitation-là, cependant. (…) Vincent est un type louche : qu’est-ce que c’est que cette façon de porter un trench-coat alors qu’il fait beau et doux ou de farfouiller dans la chambre de Mme Epifanio ? Et puis il a ses yeux. Elle veulent comprendre. Elle veut découvrir quel genre de vie il mène. “

Mais voilà, à suivre n’importe qui dans la rue, on prend le risque de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Vincent est tué quasiment sous ses yeux dans une rue déserte. En un instant la vie sage et rangée qu’elle menait depuis quelques mois, vole en éclat. Unique témoin du meurtre elle décide de se taire et d’enquêter sur le drame où elle se retrouve impliquée malgré elle.

 » Elle pense à toutes ces décisions qui s’enchaînent, toutes ces vies qui entrent en collision les unes les autres.  »

Ce que j’en dis :

Dans une ambiance toujours aussi noire, nous revoici à Gravesend, un quartier de Brooklyn que William Boyle connaît très bien pour y avoir grandi.

Une plume et un style qui lui sont propre pour nous offrir cette fois l’histoire d’une jeune femme perturbée et bien trop souvent indécise. À travers ce portrait, et également beaucoup d’autres tous aussi attachants, on plonge au cœur d’un drame qui mettra une fois de plus à mal cet endroit et ses habitants.

Si je garde une préférence pour Tout est brisé (Ma chronique ici), j’ai tout de même grandement apprécié cette nouvelle immersion dans ce quartier qui nous réserve j’en suis certaine d’autres histoires sombres mais toujours palpitantes.

La suite j’espère très prochainement.

Pour info :

William Boyle est né et a grandi dans le quartier de Gravesend, à Brooklyn, où il a exercé le métier de disquaire spécialisé dans le rock américain indépendant. Il vit aujourd’hui à Oxford, dans le Mississippi. Son premier roman, Gravesend, a été publié par les éditions Rivages en 2016, n°100, qui a connu un grand succès. Il est également l’auteur de Tout est brisé édité chez Gallmeister.

Je remercie les Éditions Gallmeister pour cette nouvelle aventure américaine.

“ Les chants du large ”

Les chants du large d’ Emma Hooper aux Éditions Les Escales

Traduit de l’anglais (Canada) par Carole Hanna

” Il n’y avait personne d’autre qu’eux. Avec ce brouillard, on n’y voyait rien, ni lumières de bateaux ni rien du tout. Trop de silence et trop de nuit pour la musique, trop d’appel de la mer pour lire. Il n’y avait rien d’autre à faire que raconter des histoires. Raconter cette histoire. “

À Terre-Neuve, sur une île isolée au fin fond du Canada, vit Finn, un jeune garçon de onze ans aux côtés de sa sœur et de ses parents.

Chaque jour, Finn compte les bateaux de pêche, hélas de moins en moins nombreux. Les poissons ont disparu donc le travail s’est arrêté. Les bateaux restent au port.

Peu à peu, les maisons se vident, et certains habitants quittent l’île tandis que d’autres résistent.

” Quatre mois après l’arrivée du premier avis, celui que Finn n’avait pu lire, debout sur une grande pierre plate avec sa sœur et son père, il avait regardé sa maison flotter au loin. Sa mère, sur l’eau, dans un doris, participait à son transport de leur village à l’est (…) Leur maison était la dernière des cinq situées à l’est de la crique et passées désormais à l’ouest. Une relocalisation. “

Pourtant très attachés à leur île, les habitants sont condamnés à l’exil suite à la désertification de la faune marine. Le cœur déchiré, les pêcheurs abandonnent leurs bateaux et leurs maisons.

Finn s’inquiète. Il voit son île se vider peu à peu de ses habitants. Même ses parents travaillent à tour de rôle dans l’Alberta, et sa sœur est partie, après avoir décoré les maisons vides aux couleurs de différents pays.

Avec la mer ce n’est pas comme avec le diable, elle, elle n’offre pas de marché. Elle se contente d’exiger et de prendre. “

Finn espère bien trouver un moyen de faire revenir tout le monde, à commencer par les poissons. Avec les caribous, le lichen et le vent, ses seuls compagnons, il va échafauder un plan pour sauver sa famille et son île.

” Il avait une idée, un plan. Plus de faux-semblants. Lui, Finn Connor, était le seul à pouvoir faire revenir les poissons, ce qui voulait dire qu’il était le seul qui devait le faire. Il allait préparer un véritable plan. (…) Oui, lui Finn Connor, il ferait revenir les poissons, tous les poissons, et les gens, et tout, tout le monde reviendrait, pour de vrai, pour de bon. “

Ce que j’en dis :

À travers ce conte moderne, Emma Hooper nous offre tout en musicalité une merveilleuse histoire.

Un véritable chant d’amour telle que les sirènes murmurent à l’oreille des marins.

Parce que tout le monde y croyait. Tout le monde savait que les sirènes étaient les morts de la mer qui vous chantaient leur amour. Quand la pluie ou les vagues ne faisaient pas trop de bruit, vous pouviez les entendre dans le vent, la plupart des nuits. “

Sur les rivages de Terre-Neuve, les légendes voguent au fil de l’eau jusqu’aux cœurs des hommes et des femmes amoureux de leur île.

Une île si difficile à quitter, une vie si difficile à changer pour ces pêcheurs en mal de mer.

Un très beau roman qui apporte vague après vague de l’espoir et du rêve dans un décor féerique.

Un magnifique voyage porté par une écriture poétique, tendre et fantaisiste.

Un roman qui donne une folle envie de découvrir cet endroit magique.

Pour info:

Emma Hooper a grandi au Canada. Titulaire d’un doctorat en études musico-littéraires de l’université d’East Anglia, elle enseigne actuellement à l’université de Bath Spa. Musicienne, elle joue dans différents groupes. Son premier roman, Etta et Otto (et Russell et James) a été publié aux Escales en 2015 et chez Pocket en 2016.

Je remercie les Éditions Les Escales pour cette escapade poétique à Terre-Neuve.
 

“ Simple d’esprit « 

Simple d’esprit de Jean-Claude Lefebvre aux éditions La Trace

Dans les alpages est arrivé en plein hiver un bébé un peu abîmé au sourire figé.

On l’appellera Jean comme moi et Noël comme aujourd’hui. Et il me baptisèrent Jean-Noël, un prénom que bientôt seuls mes parents et Georges continueront à me donner, les autres l’ont oublié. ”

En grandissant « Toujours counten » se révéla quelque peu Simple d’esprit.

Entouré de l’immense amour de ses parents, de son véritable ami Georges et toujours accompagné de son âne Néan, il suit son petit bonhomme de chemin.

” L’arrivée de Néan transforma ma vie. (…) Cet animal avait un poil brun roux, très long qui pendait autour de lui comme une houppelande et qui, sur la tête, lui cachait pratiquement les yeux. (…) Il semblait rejeté par les autres. Je me suis approché, il a tourné sa tête vers moi, je lui ai tendu la main à plat comme mon père le fait avec les mules et il est venu la lécher. (…) je l’ai pris pris par le cou, et il a posé sa tête sur mon épaule « on sera les deux Fadas, moi des hommes et toi des ânes mais personne ne doit le savoir, c’est notre secret ».

Dans une époque et un environnement parfois très rude, Jean-Noël nous confie son histoire, ses joies, ses peines, ses rencontres, ses amours, ses douleurs…

Une histoire en toute simplicité d’un garçon différent qui ne manquera pas d’amour et en donnera en retour au centuple à qui saura ouvrir son cœur.

” J’ai beau être simple d’esprit j’ai un cœur comme les autres. ”

Ce que j’en dis :

Derrière cette magnifique couverture se cache un récit qui l’est tout autant.

L’auteur nous emmène au cœur de la montagne, dans l’arrière-pays niçois.

Au fil des saisons, la vie très particulière de Jean-Noël nous est contée avec une douce sensibilité et une plume pleine de poésie. Une histoire qui nous parle sans pathos de la différence, la vie d’un simple d’esprit à une époque lointaine, de sa naissance à l’âge adulte.

Un roman court mais d’une intensité incroyable qui telle une immense bouffée d’oxygène, nourrit l’âme et bouleverse le cœur.

L’auteur nous offre une histoire d’amitié, d’amour, et dégage à chaque instant une multitude d’émotions, en nous baladant dans une nature parfois aussi hostile que certaines personnes, mais qui réserve tout de même de belles surprises et de belles rencontres.

C’est un petit bijou, une petite douceur qu’il serait dommage de ne pas suivre à La Trace, cette chouette maison d’éditions amoureuse des beaux mots qui font toujours de belles histoires.

Simple d’esprit n’a pas fini de faire chavirer les cœurs.

Pour info :

Après « Barnabé et le Vieux Fou », « Insomnies » et « Ils m’appelait Doctor John », Jean-Claude Lefebvre revient dans ses montagnes pour se mettre dans la peau de « Simple d’Esprit, le Fada de Bousiéyas » dont les idées frissonnent dans la tête comme les petites pensée sauvages au vent des alpages.

Jean-Claude Lefebvre est aussi médecin à la retraite, pas toujours à la retraite… avec des missions pour MSF en Syrie, en Lybie et en Afrique.

Je remercie les éditions La Trace pour cette merveilleuse découverte pleine de charme.

“ Les sept jours du Talion ”

Les sept jours du Talion de Patrick Senécal aux éditions Fleuve noir

 » Une heure avant que les ténèbres ne s’abattent sur lui, Bruno Hamel remerciait la providence de lui avoir accordé une vie sans réelles épreuves. ”

Bruno Hamel, chirurgien, vivait une existence assez tranquille avec sa compagne et Jasmine, leur fille unique. En père aimant, Bruno est très proche de sa fille.

Rien ne l’avait préparé à ce qu’il allait devoir subir, lorsqu’un jour Jasmine ne rentre pas de l’école.

 » Dieu est parfois le pire des salauds. “

Très vite le meurtrier est arrêté. Sa culpabilité ne fait aucun doute, les preuves le confirment.

“ Le médecin s’approcha de la télé, se pencha et, le visage tout près de l’écran, fixa intensément le monstre figé devant lui.

Alors, les ténèbres ne se contentèrent plus d’altérer sa tristesse, mais l’abolirent complètement. Telle une tache d’huile grandissante, elle se répandirent dans tout son corps, jusqu’à remplir son regard. ”

Dès lors l’univers de cette famille meurtrie bascule. Bruno semble habité par une terrible haine. Jour après jour, un terrible projet prend forme dans son esprit. Il n’a plus qu’une idée en tête pour assouvir son chagrin.

” (…) la haine et la joie accompliraient le plus dévastateur des mariages. ”

Le jour de comparution de l’assassin de sa fille, il décide de s’en occuper à sa manière. Pendant sept jours, isolés du monde, le médecin va se rapprocher des ténèbres et embarquer le tueur avec lui, pour un voyage au cœur de l’enfer jusqu’à devenir à son tour le pire des monstres.

 » Les médecin soignent les humains, pas les monstres. « 

Ce que j’en dis :

J’ai fait connaissance avec la plume de Patrick Senécal, avec Le Vide, thriller absolument fabuleux que je n’avais pu lâcher avec un final explosif. Sa construction et son histoire m’avait bluffé. J’ai poursuivi avec Aliss et là j’ai été moins conquise, ce qui ne m’a pas empêché de poursuivre et d’avoir eu envie de découvrir Les sept jours du Talion.

Pour résumer en quelques mots, ce thriller est monstrueusement démoniaque.

L’histoire est assez classique mais tout est dans l’art et la manière de la raconter, ça fait toute suite la différence et bien plus froid dans le dos.

Il est clair que l’auteur n’épargne pas les estomacs délicats ni les âmes sensibles, ce n’est pas une histoire à mettre entre toutes les mains.

En abordant la thématique de la vengeance, il interpelle les lecteurs en les mettant en fâcheuse position face à un choix difficile. Pour lequel des deux bourreaux auront-ils le plus de compassion ? Que ferions-nous, si nous étions confrontés à une telle peine, face à la perte d’un enfant dans ces conditions ?

Un sujet vraiment délicat qui donne une histoire particulièrement sensible tout en étant d’une violence extrême.

Âme sensible, prudence.

Fan de l’horreur, régalez vous !

Pour info :

Né au Québec en 1967, Patrick Senécal a ouvert une voie à part dans le monde du thriller. Il s’est ainsi acquis un public fidèle au Canada, où ses livres sont des best-sellers. Un succès couronné en France du Prix Masterton du meilleur roman fantastique pour Sur le seuil, et au Canada du Prix Boréal du meilleur livre pour Aliss.         

Je remercie les éditions Fleuve Noir pour cette plongée au cœur des ténèbres.

“ Requiem pour un fou ”

Requiem pour un fou de Stanislas Petrosky aux Éditions French Pulp

Pour la Vidéo de présentation de Requiem tu cliques ici

Ça y est vos yeux sont rincés on peut passer aux choses sérieuses ? On peut allumer le feu ou faut-il déjà que j’appelle les pompiers pour éteindre le feu de certains fessiers, la fessée étant interdite…

Et toi Requiem, cest pas le tout de se détendre et de faire du zèle, il serait temps de se préparer pour cette nouvelle aventure…

” (…) Je voyage, je rencontre, je socialise, je discute, je sors, j’infiltre… (…) Donc je teste, je chasse le diable que j’ai au corps.

Bref, souvent le vieux n’est pas d’accord avec moi, j’cause mal, je blasphème, je bois et je cours la gueuse. (…) Puis merde, j’ai fait le vœu de célibat, pas de chasteté ! (…) Quand j’croise un salopard, j’aime bien le mettre hors d’état de nuire. Pour ça j’ai des techniques pas très catholiques, ce qui fout mal pour un prêtre, je te le concède.

Allez, viens, c’est parti ! “

Et tu nous emmènes où comme ça, à bord de ta mustang ?

” (…) où Dieu me porte, mon enfant , je suis un fils de la terre et du vent…

Tu te prends pour un indien maintenant ?

” Comme dirait Rambo : « J’vais leur faire une putain d’ guerre ! »

Mais à qui bordel ?

(…) mais je pensais justement à l’avis de recherche, on va vraiment avoir l’air con. Merde, nous sommes donc aux trousses d’un faux Johnny…

Alors c’est Johnny que tu cherches ? Enfin sa gueule quoi si on peut dire en tout cas une gueule qui lui ressemble.

Tiens une petite entracte vidéo offerte par YouTube, tu cliques ici, c’est pour que tu t’imprègnes de l’ambiance.

Mais il a fait quoi le sosie de Johnny pour te mettre dans cet état, il a pas aimé ton dernier livre ? Encore un con qui n’a rien compris.

Ai-je dit que ceux qui n’aimaient pas ce que je fais sont des cons ? Il me semble bien que non… J’ai traité de cons ceux qui prenaient le temps de m’insulter, pauvres gus qui n’ont rien d’autre de plus intéressant à faire de leur vie… “

Alors c’est quoi le problème ?

Merde ! je défendrais toujours la liberté d’expression !

L’humour, même le lourd, le grivois, le noir, celui qui dérange, celui qui pique, celui qui brûle. Surtout celui-là d’ailleurs !

Pourquoi ? Parce que parfois c’est l’horreur de l’humour qui ouvre les yeux de certains sur la connerie du monde, tout simplement. “

Donc on change rien et on recherche le faux chanteur serial killer, avant que Johnny se retourne dans sa tombe, car en plus il chante faux et si ça continue la veuve noire va te faire un procès, et tu risques de te retrouver aux portes du pénitentier.

Ce que j’en dis encore un peu :

Si tu ne connais pas encore Requiem, tu cliques ici et et là aussi, et même si tu connais, juste pour me faire plaisir.

Les présentations sont faites alors si toi aussi t’as envie de t’offrir un concert de Johnny qui ne te coûtera pas une blinde, tu fonces en librairie pas en billetterie et t’achètes Requiem pour un fou. Tu verras ça déchire et même les héritiers de Johnny ils vont être contents, encore des royalties qui vont tomber… non je déconne, quoi que !

En attendant, il tape fort une fois encore, fallait-il y penser à tout ça tout ça, compte pas sur moi pour tout te raconter, faut que l’auteur puisse continuer à picoler si on veut d’autres histoires, donc je compte sur toi pour acheter ses bouquins qui effaceront ensuite ses ardoises aux bars du Havre.

Non ce n’est pas de la diffamation, c’est de la publicité pour que Requiem poursuive son petit bonhomme de chemin et continue à nous payer de bonnes tranches de rire. Et ceux qui n’aime pas, je leur dirais comme Jean Valjean : « Passe ton chemin, passe ton chemin ! » Sinon je te pēte un genou, foie de Dealerdelignes…

Tiens requiem, une petite dernière vidéo rien que pour toi clique ici, non là… et là pour finir

Pour info :

C’est après une première vie de thanatopracteur que Stanislas Petrosky rentre en écriture.  Après quelles nouvelles,  il se lance dans l’écriture d’un roman noir historique Ravensbrück mon amour et reçoit le «grand prix des Blogueurs 2016» qui sera suivi par une romance noire sur la dépression L’amante d’Etretat. Aujourd’hui avec son personnage de Requiem, prêtre exorciste déjanté, il égale les grands auteurs du noir burlesque avec un style mêlant humour et polar.

Je remercie L’auteur pour sa dédicace immortelle et French Pulp pour ce concert de mots qui déchire grave.