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« Ressentiments distingués »

Ressentiments distingués de Christophe Carlier aux Éditions Phébus


« Dans les champs, les corbeaux voletaient plus arrogants qu’à l’ordinaire, lançant à tout venant des airs de triomphe. Ils semblaient pressentir l’heure de leur avènement. »


Maître corbeau survole son iles en chantant. Chaque jour le facteur distribue ses missives pleines de fiel. Au départ, pris au dépourvu les destinataires gardent le silence jusqu’au jour où certaines langues se délient. Même si le Soleil brille sur l’ile, un climat d’inquiétude s’installe et laisse présager quelques orages, quelques coups de tonnerre. Les insulaires s’interrogent, des regards lourds de sous-entendu se croisent, les rumeurs vont bon train.


 » Une règle s’imposa rapidement à tous : Il fallait éviter les silences car aussitôt que s’éteignent les voix, le dernier qui avait parlé devenait suspect. »

Mais qui est ce mystérieux corbeau, et pourquoi tant de haine ? L’enquête est ouverte.


 » L’existence d’un corbeau était un fruit autrement savoureux. On mordit dedans avec appétit.  »

Et c’est avec un appétit féroce que j’ai dégusté ce récit d’une belle originalité. Un roman / polar à l’intrigue bien ficelée. Un récit inventif, une plume éblouissante qui nous brosse de beaux portraits d’une population tourmentée tel un bateau en pleine tempête. Une histoire bien salée au gré du vent, des embruns et du corbeau maître chanteur.


Une lecture réjouissante qui en ravira plus d’un, à découvrir absolument.

Je remercie Babelio pour cette lecture qui a illuminé ma journée.

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 » Têtes de Dragon « 

Têtes de Dragon de David Defendi aux Éditions Albin Michel


« Je suis un tricheur, un meurtrier, une pourriture. J’ai menti, bluffé, contourné les lois, trahi les femmes, mes amis et toutes les personnes qui ont croisé ma route . J’ai braqué des musées et des particuliers, abusé d’innocents malade, tué des hommes dont je ne connaissais même pas le nom. 

faut que je vous raconte comment j’en suis arrivé là. Le début de l’histoire. « 

Le ton est donné avec ce CV impressionnant de Christo. Et fidèle à son habitude, il s’est encore mis en fâcheuse position. Une partie de poker de trop qui risque de l’emmener tout droit au placard ou en enfer. On ne peut pas gagner à tous les coups. Il est malin mais cette fois pas assez.


« Pas de morale, pas de scrupule,pas de nostalgie. Je m’adapte comme un animal en fuite, la forêt est en flamme, et il faut se tirer. »

Pour sauver sa peau , il va pactiser avec la DGSI  et tenter d’aider à démanteler un trafic d’œuvres d’arts en infiltrant un réseaux de trafiquants d’antiquités chinoises.


« Je serai toujours un bidasse, je traîne mon  destin de troufion sans savoir rien d’autres qu’obéir aux ordres sans moufter. Parce qu’à ma première connerie, je peux être certain que ça va mal tourner.  » 


David Defendi, co-auteur de la série Braquo fait une entrée remarquée dans le monde du polar. Bati sur des faits historiques situés en Chine, notamment  le pillage du Palais d’Été de Pékin, suivi de trafics d’antiquités , ce polar bien documenté en impose. Trés visuel,tel un scénario de film, du suspens, un rythme soutenu, une écriture sèche et nerveuse que j’ai grandement apprécié, ce polar en ravira plus d’un à condition d’aimer la richesse des informations concernant l’histoire des antiquités de la chine. Un peu trop à mon goût.


Un auteur à suivre s’il récidive car sa plume et son style méritent vraiment le détour.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour ce Braquo d’un autre genre .

 

 

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Un vrai Thriller 

Billet particulier 

Non ceci n’est pas la chronique du Dernier Thriller à la mode . C’est juste  pour de vrai …

Suite à une collision frontale avec un abruti qui a dévié de son couloir autoroutier, je suis bloquée pour au moins 6 mois avec une patte folle. La rencontre du genou et du tableau de bord ça l’a pas fait. Ça a explosé et je peux vous dire que c’est pas du cinéma car ça fait mal pour de Vrai. 

En attendant j’ai pris du retard dans les chroniques, le milieu hospitalier n’est pas terrible pour l’écriture et sans pc c’est un peu le bordel. 
Par contre côté Lecture là c’est cool déjà 5 pour février, Et ce n’est que le début. Un bon moyen pour faire baisser mes PAL mes MAL et autres …Faut bien relativiser et trouver du positif dans cette aventure.


Alors puisque DIEU, Pierre, Paul et Jacques n’ont pas voulu de moi là-haut, va falloir que vous me supportiez encore quelques temps et j’espère que l’écriture de mes chroniques va reprendre très vite.


Sinon les visites sont les bienvenues que vous soyez lecteurs ou auteurs… ça fait toujours plaisir, la preuve en image avec la charmante visite de Grégoire Delacourt ❤


Oui je sais je me la pète un peu 😝

Bon voilà, donc faites gaffe aux abrutis sur la route et ailleurs aussi et surtout lisez, lisez, lisez et lisez-moi 😉 

À très vite …

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 » Attachement féroce « 

Attachement féroce de Vivian Gornick aux Éditions Rivages 


 » Qu’est-ce que je t’ai fait pour que tu me haïsses autant ?  » Je ne réponds jamais. Je sais qu’elle brûle et je suis contente de la voir brûler. Pourquoi ? Parce que, moi aussi, je brûle intérieurement. « 

New-York, dans les années 80, une mère et une fille se baladent entre passé et présent et nous offrent leurs souvenirs.


 » Elle déteste le présent, tout simplement. Mais dés que le présent se transforme en passé, elle l’adore. « 

Dans cette ville cosmopolite, qui nous offre une altérité gigantesque, on fait la connaissance de ces femmes et de leurs familles. De magnifiques portraits se dévoilent sous une plume puissante, saisissante de véracité .


« Elle racontait des histoires parce qu’elle aurait rêvé de vivre dans un monde splendide, parmi les gens cultivés et mus par les sentiments. Car les sentiments les filles, c’est la seule chose qui compte. Quelqu’un peut être riche ou pauvre, valoir une rançon ou être bon pour le caniveau, l’important c’est de savoir s’il a accès aux sentiments ou s’il en est privé. » 

Vivian grandit auprès de cette  mère juive puissante et terrible dans ce quartier du Bronx, aussi proche de ses voisines qu’on peut l’être de ses amies.


Ayant été moi-même fille puis mère, ayant connu des relations compliquées dans les deux rôles ce roman  a résonné en moi et m’a replongé dans mes souvenirs. Quelques soient les liens tissés au fil du temps, ils peuvent s’effilocher et s’étioler à l’approche de l’adolescence notamment. On peut s’aimer souvent mais pas tout le temps. Cordon coupé ou pas la vie continue.

« Je vivais encore parmi les miens, mais je n’étais déjà plus l’une des leurs. »

Dans ce magnifique roman, Vivian nous offre son regard d’enfant puis de femme sur sa relation avec sa mère, en arpentant cette ville majestueuse qu’est New-York. Une belle histoire d’amour d’une mère pour sa fille, d’une fille pour sa mère avec ses rêves, ses joies, ses peines, ses déboires, ses déceptions. Un histoire,  qui pourrait très bien être aussi la nôtre.


« Je pense que de nos jours l’amour se mérite. Même l’amour filial. « 

Je verrais bien Woody Allen nous faire de cette dose d’encre une magnifique bobine. En attendant je vous invite à le découvrir . Une belle plume, un beau roman dans  une ville magique qui risque de vous émerveiller à votre tour.

Vivian Gornick est née en 1935, c’est une véritable icône en Amérique: journaliste au Village voice, elle est une figure féministe et une critique littéraire respectées. Mais c’est surtout son travail autobiographiquequi l’a fit connaître. Sorti en 1987 aux États-Unis salué par une presse unanime et plébiscité par le public,Attachement féroce est traduit pour la première fois en français.

Je remercie les Éditions Rivages pour cette balade New-Yorkaise en compagnie de femmes exceptionnelles et inoubliables.

 

 

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 » Vingtième Nouvelle Anonyme « 

Hello la compagnie, retrouvez dés maintenant la vingtiéme nouvelle anonyme, c’est chaud ce soir histoire de vous réchauffer un peu. On lit, et éventuellement on commente, ça me plairait d’avoir votre avis.

Bonne lecture et à bientôt.


Nouvelle Anonyme N.20 : A usage unique

Télécharger en format pdf ici 

Ou lire ci-dessous :

Sandra B. est une putain.

Elle préfère putain à pute, allez savoir pourquoi. Mais elle peut bien choisir ses mots, au fond, ça ne change rien.
Vous la reconnaissez ? On la croise dans la rue, adossée aux voitures, jambe soulevée, cuisse offerte. Fataliste, elle ne guette même plus votre regard derrière le pare-brise. Et malgré son eau de toilette de supermarché, elle a toujours l’impression de puer. Votre gazole, à vous qui ne vous êtes pas arrêté. Ton sperme, à toi qui es déjà reparti.

Claudia F. est la femme de votre vie.
C’est vous qui le dites. En tout cas, vous le pensiez le jour où vous l’avez épousée. Vous l’avez rencontrée à l’aube de vos quarante ans. Vous étiez très épris l’un de l’autre. L’un dans l’autre aussi, pour être honnête. Désir toujours de mise : Claudia F. n’en finissait pas d’avoir envie de vous.
Elle se décrivait comme une femme passionnée, avait fait un nombre considérable d’expériences, des voyages exotiques et une carrière honorable. Belle femme, elle n’avait que le défaut de ses qualités : tout devait se conformer à ses projets. Y compris vous-même, son nouvel époux. Et à l’époque, souvenez-vous, vous n’y voyiez aucun mal, n’éleviez pas d’objections.

Peut-être Sandra B. a-t-elle eu la chance de vous rencontrer alors qu’elle n’avait pas quinze ans ? Elle avait trouvé ce boulot, pour se faire de l’argent de poche après le collège. De toute façon, elle n’aimait pas les cours, arrêterait l’année d’après. Autant se faire du blé, préparer son indépendance. Elle était serveuse dans un bistrot du XXème. Confectionnait des sandwichs derrière le bar. Servait des bières. Vous lui avez tendu un billet. C’était la première fois qu’elle en voyait de cette couleur et vous lui avez demandé si elle était vierge. Justement, c’était son signe astrologique. La vierge vous a suivi dans l’escalier. Pour préparer son avenir en toute indépendance.

L’objectif de Claudia F. est de faire un ou deux enfants avant qu’il ne soit trop tard. Vous ne vous êtes pas attardé sur la relativité du temps ni sur votre désir de paternité plutôt défaillant. Vous avez vite compris que le projet de Claudia F. allait devenir votre projet à vous aussi.

L’avenir de Sandra B. lui a vite coulé dans les veines. La putain est devenue héroïne. Et l’héroïne a façonné la vierge à sa façon. Souvent, lorsque vous êtes entre ses cuisses, vous n’êtes pas convaincu qu’elle en soit consciente. Pour cette raison sans doute, avez-vous usé d’autres pratiques… afin qu’elle vous sente au plus profond de sa chair. Le visage de la putain est fracassé, la vierge maculée.
Lorsqu’elle s’est rendue au commissariat — pour une plainte, pas une reddition — ; ils ne l’ont pas écoutée. Ce sont les risques du métier, lui a-t-on répondu.

Claudia F. était la femme de votre vie ! C’est vous-même qui l’affirmiez, avant qu’elle n’accroche ce calendrier dans la salle de bains, à côté du miroir. En vous brossant les dents, vous ne pouvez plus éviter ce long face à face avec cette litanie de journées et ces rangées de mois. Et les cercles rouges dont votre femme a marqué certaines dates.

Pendant ce temps, sur l’écran de votre ordinateur, Sandra B. clignote nonchalamment. Au début, ce n’était que quelques photos, et puis des films. Maintenant elle se webcam seule, pendant qu’elle se came. Studio porno haute techno, téléréalité extrême. La vérité est ailleurs, mais elle reste une putain.

Allons, rappelez-vous, Claudia F. n’en finissait pas d’avoir envie de vous… surtout pendant les jours marqués de rouge. Le reste du calendrier, l’envie restait sagement à l’intérieur, comme pendant les jours de pluie ; on évitait de se mouiller.
Les jours qui n’étaient pas entourés étaient devenus transparents, Claudia F. surgelait votre désir d’un simple regard. Elle lisait un peu, le soir, puis se tournait, éteignait la lumière. Et votre désir était prié de baisser d’intensité, ceci afin de laisser votre femme s’endormir en paix. Votre désir, à l’ère du micro-ondes, on saurait bien le réchauffer plus tard ; Claudia F. ne nourrissait aucune inquiétude à ce sujet. Désormais vous ne pouviez qu’attendre que le rouge revienne, soleil crépusculaire qui réchauffe les corps.
Hélas, ce que Claudia F. ne vous avait pas encore laissé entrevoir, c’était l’existence des jours en noir.

Malheureux, reprenez courage ! Claudia F. est la femme de votre vie. Même les jours en noir, quand elle s’effondre dans vos bras, se liquéfie à gros bouillons en vous annonçant qu’une fois encore, l’espoir d’enfant s’est éparpillé dans la cuvette des toilettes, enfui dans les canalisations, après qu’elle ait tiré la chasse. Les jours noirs sont jours de deuil pendant lesquels Claudia F. porte ses beaux yeux rouges de chagrin sur votre désir : non vraiment, là, ce n’est pas le moment. Et vous rentrez vous-même votre désir inopportun tout au fond de vous, bien sagement à l’intérieur. En attendant qu’elle finisse par rallumer le micro-ondes, ce qui ne prendra tout au plus que deux petites semaines.

Deux petites semaines. Facile à dire quand il s’agit des premiers cycles. Mais l’engrenage se répète inlassablement (c’est justement le principe d’un cycle). Au fil du temps, ces semaines deviennent insupportables. Vous êtes désespéré. Heureusement, la solution existe, à portée de fric. Avant que vous ne remettiez en question le concept selon lequel Claudia F. serait la femme de votre vie, vous vous tournez d’urgence vers Sandra B, unique chance de sauver votre mariage. L’idée n’est pas mauvaise. Inespérée pourriez-vous dire, d’autant plus qu’elle est économique. En faisant vos comptes, vous devez vous rendre à l’évidence : Sandra B. coûte moins cher qu’un divorce.

Étonnamment, il reste encore une chose capable d’intéresser Sandra B.. De la retourner, de l’émouvoir. Quand vous ralentissez devant le pas de sa porte, que vos yeux se posent sur le décolleté qui dégueule ses seins, Sandra B., intriguée, s’interroge.
Seriez-vous celui qui la fera jouir ? Car, Sandra B. est partie à la chasse à l’orgasme. Sans fusil ; elle ne veut pas lui faire de mal, préférerait le capturer vivant. Et sans filet (les bas résille ne comptent pas) : un orgasme, après tout, ce n’est pas un papillon. Enfin, c’est ce qu’elle croit. Dans ce domaine, Sandra B. n’est sûre de rien. Mais elle est prête à tout.

Lorsqu’il vous reste un peu de temps après l’éjaculation, Sandra B. vous écoute vous répandre. Bien sûr, vous commencez en rappelant à quel point Claudia F. est décidément la femme de votre vie. Pendant que la putain se rhabille lentement et agrafe avec précision ses dessous bon marché, vous hochez la tête pensivement. Alors vous racontez aussi les cercles sur le calendrier. Sandra B. tourne la tête. Elle se souvient de chacun de ses avortements. Des accidents vite aspirés de son utérus comme si de rien n’était, mais qui lui laissaient à chaque fois des cicatrices dans la tête, des boursouflures à l’âme. Elle se lève, va fouiller au fond de la poubelle pour vérifier l’état du préservatif. Pas d’accident cette fois-ci, non. À l’hôpital aussi, on lui avait dit : « Ce sont les risques du métier ».

Claudia F. est malheureuse et ne vous rend plus heureux. Vous ne lui en voulez pas, non vraiment, vous comprenez. Mais peu à peu, les chaleurs intenses des jours en rouge s’amenuisent et ne parviennent plus à faire fondre les dunes glaciales de vos draps de coton. Le micro-ondes ne suffit plus. Les mois ont passé, l’espoir d’enfant vacille et la belle Claudia F. se résigne à n’avoir pas su maîtriser l’assaut de vos spermatozoïdes sur ses ovules. La frustration et l’échec la rongent. Elle vous accuse d’être stérile, bon à rien et finit par vous détester.

Sandra B. ne vous aime pas, mais ne vous déteste pas non plus. Après l’exercice sexuel, vous monologuez encore. Son corps vous est devenu familier, vous lui trouvez même des ressemblances étranges avec celle qui fut un jour la femme de votre vie. Et comme, malgré tout, vous n’êtes qu’un homme, vous finissez par confondre l’intimité des corps avec l’intimité tout court : vous vous imaginez qu’elle vous aime un peu mieux que les autres, sans vous attarder sur l’idée qu’il y en a peut-être d’autres, des bavards, qui reviennent chaque semaine. Vous préférez penser qu’ils ne sont que des clients d’un soir.

Sandra B. ne vous a pourtant rien demandé, c’est vous-même qui avez pensé un jour à lui offrir ce cadeau soigneusement emballé. Un petit trois-fois-rien qui s’est transformé en bijoux, parfums de luxe et escapades romantiques. Vous plissiez les yeux et dans le flou de votre rétine, le rire de Sandra B., son haussement d’épaules et la façon qu’elle avait d’attacher ses cheveux blonds vous rappelaient Claudia F. en d’autres temps. Au fond, vous n’avez jamais cessé d’en être amoureux et cette histoire n’est en réalité que l’aveu de cet amour frustré. Claudia F. ou Sandra B., aujourd’hui il y a deux femmes de votre vie.

C’est arrivé un soir, alors que vous sortiez d’un restaurant au décor feutré et à la gastronomie raffinée. Sandra B. vous accompagnait et vous lui avez proposé de prolonger la soirée par une balade au bord du canal. L’idée paraissait sans risque a priori ; vous vous trouviez très loin de votre gentil pavillon de banlieue. Vous aviez juste oublié le dîner mensuel « entre copines » de Claudia F., qui l’avait menée ce soir-là dans une brasserie parisienne, juste à l’angle du canal où vous aviez décidé de vous promener. Votre femme rentrait seule, se hâtait vers sa voiture en fouillant dans son sac à la recherche de ses clés. Elle aurait pu passer sans même vous apercevoir. Mais finalement non. Claudia F. a stoppé net et soudain, ses yeux d’ambre ont plongé dans le regard vide de Sandra B.. À ce moment-là, vous avez vivement ressenti votre totale transparence, et très vite, vous avez vraiment souhaité demeurer transparent. Mais la scène que vous appréhendiez dans vos pires cauchemars se déroula tout à fait autrement. Claudia F. avait analysé la situation plus vite que vous ne l’auriez imaginé. Avant que vous n’ayez bredouillé vos premières tentatives de mensonges, elle tendait déjà la main, la posait sur le ventre de Sandra B.et le visage de la putain affichait un sourire étrange que vous ne lui connaissiez pas. À la réflexion, vous ne l’aviez jamais vue sourire d’ailleurs, de quelque façon que ce soit. Mais ce soir-là, ses lèvres découvraient des crocs de louve affamée.

Vous n’avez pas eu votre mot à dire. La transparence avait éteint votre voix avant qu’elle vous sorte du gosier. Claudia F. a pris Sandra B. par le bras et l’a guidée vers sa voiture. Vous avez dû abandonner votre propre véhicule, stationné plus loin, pour embarquer avec elles dans la berline de votre épouse. Sur la route comme depuis la rencontre, aucune parole, juste des regards qui détaillaient l’autre dans la lumière fugace des réverbères, et une tension grandissante qui aiguisait vos nerfs. Vous connaissiez le trajet : Claudia F. rentrait à la maison.

À peine arrivée, votre femme se débarrasse de son manteau et de son sac en les laissant par terre, en plein milieu du couloir. Sandra B. l’imite et vous renoncez à ramasser leurs affaires, pour les suivre dans le salon où Claudia se sert un verre de whisky qu’elle avale d’un trait avant de le remplir à nouveau pour l’offrir à Sandra. La putain accepte, vide le verre en renversant la tête en arrière et envoie valser ses escarpins à l’autre bout de la pièce. Claudia ne la quitte pas des yeux. Elle lui attrape la main et l’entraîne à l’étage, vers votre chambre. Seul au milieu du salon, vous hésitez — pas longtemps — avant de les rejoindre. La tension a fini par exploser en excitation brutale. Cette soirée surpasse de loin vos fantasmes et vous commencez à vous déshabiller en gravissant les marches, avant de retrouver les deux femmes de votre vie à demi nues sur votre lit. Vous vous joignez à elles, enfin vous essayez. Mais vous n’étiez pas réellement invité et elles vous laissent là, sur le bord du lit, le sexe dressé. Ce n’est pas votre sexe qu’elles veulent. Ce sont leurs seins, leurs cuisses, leurs fesses, la fente humide et chaude de leur chatte. Elles se lèchent, se mordent, se frottent et s’agrippent pendant que vous vous masturbez clandestinement sur le côté. C’est sûrement ainsi que Claudia veut vous punir. Ou bien Sandra. Vous ne savez plus. Vous sentez juste votre frustration grandissante et l’étau qui étreint votre gorge jusqu’à vous suffoquer. Vous aviez deux femmes dans votre vie, du moins le croyiez-vous avant d’être écrasé sous leur indifférence. Mais vous ne vous laisserez pas faire. Vous laissez la colère enfler, jusqu’à l’orgasme de votre femme. Cet orgasme qui est à vous, qui vous appartient, et qu’elle offre sous vos yeux à la première venue. Alors, vous scrutez le visage de Sandra B., la putain qui n’avait jamais joui. Là, devant vous, elle boit littéralement le plaisir de Claudia, ses gémissements, ses spasmes et la fièvre de ses yeux. Sandra B., tous crocs dehors, n’en finit pas de contempler la jouissance féminine. Elle est excitée comme jamais vous n’avez réussi à l’exciter. Vous vous sentez rejeté, humilié, inconsistant, et votre fureur se libère, explose dans votre gorge en hurlement. À votre tour, vous voulez les punir. Vous cognez sur Sandra, un coup de poing sur la tempe, un deuxième dans les côtes, vous frappez à ne plus pouvoir respirer.

C’est Claudia F. qui vous a interrompu, mais vous n’en avez pas eu conscience. Elle vous a assommé avec la lampe de chevet en albâtre. Lorsque vous vous réveillez, ligoté et bâillonné, vous vous étonnez d’avoir pu bander pendant votre inconscience. Mais le fait est que vous bandez bel et bien, et Sandra vous chevauche sous le regard de Claudia, à genoux à vos côtés, qui se caresse d’une main pendant que l’autre presse le sein de la putain. Vous bandez même comme jamais car vous êtes exactement là ou vous rêviez d’être, pourtant… non, pas comme ça, attaché comme un porc. Mais vous ne pouvez pas empêcher votre queue de se raidir et vous sentez monter à l’intérieur le flot de sperme. Alors seulement, vous percevez le murmure de Claudia qui répète inlassablement « Donne-nous ton sperme, donne-le-nous… » Sa main a lâché le sein de Sandra et est descendue le long de son ventre, entre ses cuisses, tout contre votre pubis et il vous semble sentir le contact de ses doigts sur votre verge qui va et vient à l’intérieur de Sandra. Vous voulez vous retenir, mais la putain se cambre en fermant les yeux, les crocs affleurants entre ses lèvres. Votre sperme jaillit et vous êtes secoué de sanglots violents. Claudia s’est redressée. C’est seulement à cet instant que vous avez aperçu le couteau de cuisine japonais posé sur l’oreiller. Une seconde, un éclair, pas plus, avant qu’elle s’en saisisse et le plonge dans votre ventre. Le sang bouillonnant gicle sur le corps blanc de Sandra. Votre sang. Vous vous répandez sur elle et elle se renverse encore plus, tendue dans un gémissement de tout son être. Réjouissez-vous, vous êtes le premier homme à offrir un orgasme à la putain. Elle jouit, n’en finit plus de jouir, bien après que vous soyez mort à l’intérieur de son vagin. Alors, après un temps infini, elle se détache de votre corps inutile, se laisse tomber sur les draps imbibés, un sourire aux lèvres. « Ce sont les risques du métier », souffle-t-elle dans le creux de votre oreille, déjà déconnectée de toute activité cérébrale. Sandra s’étire, savoure son plaisir et s’abandonne aux mains de Claudia qui la caresse en étalant davantage encore votre sang sur sa peau blanche.

Depuis, votre corps pourrit doucement au fond du canal. Non loin du restaurant où vous avez pris votre dernier repas. Claudia F. a si bien joué son rôle d’épouse abandonnée par un mari à qui elle ne parvenait pas à faire d’enfant, que votre entourage est unanime pour vous trouver indigne et misérable. Personne ne vous regrette vraiment. Sandra B. joue le rôle d’une cousine lointaine que Claudia F. héberge. Elles dorment ensemble dans votre lit. Dans leurs étreintes, elles chuchotent en se rappelant votre sang et votre sperme. Mais ça ne suffit pas. Sandra B. ne jouit plus.

Alors un soir, elle revient avec un autre homme. Un autre vous, en quelque sorte. Vous arrivez de province, à la recherche d’un emploi, avez peu de famille et d’amis, on ne vous recherchera guère. Claudia vous jauge et approuve en silence, avant de vous mener jusqu’à la chambre. Vous n’en revenez pas de votre chance d’avoir croisé Sandra au comptoir du bar de la gare et ne vous attardez pas sur la présence du couteau japonais sur la table de nuit. Sandra vous murmure doucement à l’oreille que vous allez la faire jouir et déjà votre sexe se raidit, avant même qu’elle ne vous touche.

Les mois passent et les hommes aussi. Orgasme après orgasme, le canal se remplit de vos corps vides et dans le ventre de la putain, un enfant grandit, abreuvé de votre sang et de votre sperme. Votre enfant évidemment. À vous tous.
Mais maintenant que Sandra approche de son terme, elle ne ramène plus d’hommes à la maison, c’est Claudia qui a pris la relève. Elle prépare la chambre du bébé et le soir, sort à votre rencontre dans un bar. Elle est peut-être cette femme à qui on a volé son sac et qui vous demande de la raccompagner chez elle, ou celle qui applique soigneusement son rouge à lèvres en vous adressant un clin d’œil dans le miroir du café du coin. C’est si facile. Mère, épouse, putain. Elle est là, dans chacune d’entre nous. Et nous te traquerons sans relâche. Comme à cet instant où je me tiens contre toi. Je glisse ma main jusqu’à ton sexe et me penche pour le prendre dans ma bouche. Tu aimes ça, tu es heureux. Pour le moment.
Et ce soir, tu me feras jouir.

Changement de décor 


Grâce à ma copinette Sylvie, j’ai opté pour cette photo pour mes prochaines cartes de visites. J’espère que cela vous plaît, je vais également tenter de le mettre en page d’accueil.

Dealerdelignes n’a pas fini de vous tenter cette année avec de nombreuses chroniques, n’hésitez pas à commenter.

En attendant, bonne lecture à tous.

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 » Woorara « 

Woorara de Sébastien Vidal aux Éditions Lucien Souny collection Plumes noires


« Leur sacerdoce était tel qu’ils devaient se cacher dans les replis de la terre pour trouver un peu de répit. Mais le hasard se moque bien du repos des hommes de loi. Il saupoudre l’humanité de sa main imprévisible et facétieuse, puis s’assoit sur le rebord du monde pour observer le résultat. » 

Pour rire un peu 

 


Pas de bol pour les képis qui pensaient se planquer un peu avant de finir leur service, ils vont même devoir faire des heures supplémentaires et ce sera le début d’une longue série pour certains.


Le plateau des Millevaches si reposant en temps normal va devenir un hameau dangereux. On y retrouve des morts étranges. Les képis vont mettre tout en œuvre pour retrouver l’assassin. L’adjudant Walter Brewski se verra confier l’enquête. Pilotée également par l’intraitable juge Lainé et le colonel Tognotti.


Pas simple cette enquête, autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais c’est sans compter sur la  ténacité de l’équipe de gendarmes n’en déplaise à certains.

 » Les ronds-de cuir galonnés détestent les vagues parce que leur slip n’est pas imperméable. Ce n’est pas bon pour leur carrière . Les vagues amènent l’incertitude et un vent incontrôlable. « 

Le tueur rôde, il a soif de vengeance. Impossible de ne pas ressentir une once d’empathie pour ce tueur.

« Il fallait qu’il achève sa quête. Il devait le faire ; s’il espérait trouver la paix, il ne pouvait pas y échapper. Mais il était juché sur une balance instable. »

 » Quoi qu’il fasse, il avait l’impression d’être perdant. Restait-il un espoir pour quitter ce manteau de peine , de laisser glisser toute cette colère sans pour autant renoncer à siphonner le passé ?  Il se sentait proche de la réponse, à moins que ce soit de la fin. »

Le passé se mêle au présent dans ce polar « Niché dans un écrin de verdure ». Le plateau devient un personnage à part entière. Une enquête qui nous plonge une fois n’est pas coutume dans les secrets de la gendarmerie, avec une équipe de képis étonnante et attachante. L’auteur en profitera pour dénoncer mine de rien certains travers du système. Un écrivain rebelle mais non dépourvu d’humanité et de poésie. Il défend ce qu’il aime, ce qu’il respecte et magnifie ce qu’il adore. Pour un premier Polar il a déjà captivé ses premiers lecteurs, de part sa plume et son intrigue. Il est bon de découvrir autre chose que du déjà vu ou déjà lu. Et là un point de plus avec ses képis.

Vous l’aurez compris, ce polar m’a enflammé tout autant que certaines scènes très érotiques  » Walt avait envie de faire le tour du propriétaire. Il passa entre les draps et descendit en humant le parfum âcre et suave de l’épiderme de la panthère qui occupait son lit. Il dispensa des baisers de-ci de-là et parvint enfin devant la caverne des plaisirs. » La suite p137


Tous les ingrédients sont là pour vous emporter sur ce plateau des Millevaches à la poursuite de cet assassin insaisissable. C’est du Corrézien, déjà une appellation d’origine contrôlée, ( en tout cas pour moi ) bon cru, belle plume, belle intrigue , des frissons de peur et de plaisir, et des personnages attachants qu’on espère recroiser dans une prochaine aventure.

Et si je ne t’ai pas convaincu, je te laisse découvrir l’avis de Céline  corrézienne de souche ,une histoire qui l’a touché en plein cœur.

Son Avis :

Plateau de Millevaches , coin reculé du limousin , où beaucoup aimerait vivre , d’habitude , si calme et tranquille, des paysages magnifiques , que seule cette région est capable de nous livrer , ce plateau où l’on aime se ressourcer , se balader , au milieu des forets , des prés , des lacs ….Meymac, Chaveroche, St Setiers, Viam, Bugeat, des villages qui ont la part belle dans cette intrigue dont les noms ne vous diront peut être pas grand chose mais qui ont une résonance particulière quand on y est né , ce plateau qui sous la plume de Sébastien , va nous faire découvrir que sous une chaleur caniculaire , la haine, la colère , des meurtres , mais aussi la cupidité et l’amour peuvent transformer un endroit splendide en un terrain très mystérieux , mais toujours aussi somptueux , alors si un jour vous passez par la région , n’hésitez pas à venir découvrir cette campagne sublime et pourquoi pas imaginer peut être croiser Walter Brewski, au détour d’un chemin de terre !

 

Une fois n’est pas coutume, j’ai mis mon képi et j’ai posé quelques questions à l’auteur. Si ça vous dit , on continue l’aventure, histoire d’en savoir un peu plus sur Sébastien Vidal et WOORARA

Dealerdelignes : – Comment t’es venu l’idée d’écrire ce premier polar ? 

 Sébastien : – Mon ami Christian Laîné, qui est aussi auteur (et un bon), me disait depuis des années qu’il ne comprenait pas pourquoi je n’écrivais pas de polar . Je lui répondais que étant un gros lecteur de polars, j’étais conscient de la complexité de l’écriture d’un polar, avec les chausse-trappes, les rebondissements qui semblaient avoir été préparés dès la genèse du roman. Je ne me sentais pas capable de faire cela. Et puis l’idée a fait son chemin, j’ai commencé à y réfléchir, et puis il y avait l’essentiel, l’envie. Et puis j’avais ce projet d’écrire sur « Les sentiments noirs ». Dès les premières lignes, j’ai su que c’était mon univers, je me suis régalé dans l’écriture comme jamais auparavant. Tous les problèmes que l’on veut aborder, qu’ils soient de société ou de l’ordre de la pensée et des choses qui font tourner le monde, tout cela s’exploite bien mieux par le polar.

Pourquoi mettre en scène des gendarmes ? 

Sébastien : – Les gendarmes par souci d’apporter de l’originalité. Dans les polars, 99 fois sur 100, les enquêteurs sont des policiers, pourtant, 45% de la population et 95% du territoire sont sous la responsabilité et la compétence des gendarmes. Et puis cette institution (la gendarmerie), de nature très secrète et mutique, est un monde à part, qui à mon sens, méritait d’être mieux connue.

Le format poche, un choix par rapport à ta maison d’édition ? Pour moi il aurait mérité sa place en grand format

Sébastien : – Le choix du format poche est stratégique. L’éditeur a, à raison je pense, choisi de créer la collection « Plumes noires » en format poche pour une raison simple : la plupart des maisons d’édition, grandes ou petites, possèdent leur collection dédiée au noir. Lucien Souny était conscient d’arriver un peu « après la guerre ». Comme le projet de la collection était de promouvoir des auteurs inconnus, il fallait inciter les lecteurs à prendre un risque avec un polar d’un auteur dépourvu de notoriété, au prix du poche tu prends le risque d’acheter, pas au prix du grand format.

Une suite apparemment ? Avec la même équipe ? 

Sébastien: – Woorara s’intègre dans une trilogie, « La trilogie des sentiments noirs ». Avec cette trilogie, mon ambition est de traiter de ces sentiments qui nous entrainent par le fond, le côté obscur qui est en chacun de nous, bon et mauvais. Des sentiments comme la colère, la haine, la convoitise et la jalousie, la cupidité et la honte. Des sentiments néfastes qui engendrent la vengeance, la rancœur, l’amertume, la folie. Donc une matière très riche pour un romancier. Woorara s’attache à explorer le thème de la vengeance, même si au second plan beaucoup d’autres choses sombres sont approchées. Dans le second volet qui paraîtra à l’automne 2017, le thème principal sera la honte. Mais cette trilogie n’est pas contraignante, chaque roman se termine, le seul point commun est le thème et quelques personnages récurrents.

 

Pour finir mon interrogatoire, tu m’offres une dose d’encre, un son , une bobine chers à ton cœur. 

Sébastien : -Si je t’offre une dose d’encre ce sera sans hésiter « Terre des hommes » d’Antoine de Saint Exupéry. Il y a tout dedans, l’amitié, la poésie, l’aventure. Pour le son ce sera Bruce Springsteen, « The ghost of Tom Joad », ballade sublime avec une ouverture à l’harmonica lancinante. En plus Tom Joad est le personnage d’un roman que j’adore « Les raisins de la colère » de John Steinbeck, alors on reste en littérature. En ce qui concerne la bobine, choix difficile, il y en a tant. Après réflexion je dirais « Gran Torino » de Clint Eastwood, Heat de Mickael Mann et Serpico de Sydney Lumet. On est dans le noir. 

Merci Sébastien pour cet échange fort sympathique et ce polar vraiment génial.

Lisez WOORARA et n’hésitez pas à nous en parler .Vous pouvez également retrouver mon article sur son précédent roman Un Ballon sur le cœur en cliquant ici. 

Bonne lecture .

 

 

 

 

 

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 » Dix-neuvième Nouvelle Anonyme »

Je sais, suis en retard et DIEU n’est pas content, alors vais tenter de me rattraper pour me faire pardonner. Ce soir je vous mets la dernière et dés demain je ferai un petit retour et vous mettrai celles qui manquent. Suis coupable j’avoue, me suis laisser dépasser mais je reviens vous les présenter promis.

Dieu tu m’entends ?

 

Nouvelle anonyme 19 : Des escargots dans la bouillie


Bonne lecture.
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ou à lire ci-dessous :

– Tu crois qu’elle dort ?

– Ch’ ai pas. T’as qu’à la pincer pour voir

– T’es pas fou ? Pour qu’elle m’en retourne une…

– Elle a l’air plus grande, vue comme ça.

– Oui, mais pas moins moche.

– Parle moins fort, elle pourrait nous entendre.

– Ça m’étonnerait, elle a une chenille dans l’oreille

– Regarde, elle a du givre sur les cils.

– Ça doit faire un moment qu’elle est là.

– Elle en a aussi dans les cheveux, mais, bon sang, c’est pas ses cheveux ! T’avais déjà remarqué qu’elle portait une perruque ?

– Non, je croyais juste qu’elle avait un gros penchant pour la laque.

– T’as rien entendu ?

– Si, j’entends siffler l’Ave Maria

– C’est le curé qui se radine à vélo, viens, on se tire !
Quand il était petit, Gérald passait le plus clair de son temps à rêver. Sa santé fragile le dispensait de la plupart des activités physiques et il fuyait la compagnie des autres enfants, trop enclins à se moquer des anglaises que sa grand-mère, coiffeuse, entretenait avec amour.
Il avait échappé à Géraldine grâce à la vigilance de l’officier d’état civil, mais deux gros nœuds de satin bleu rassemblaient ses boucles au moment du coucher.
Personne c’est-à-dire aucun des deux membres de sa famille n’avait eu d’objection à sa commande de poupée pour Noël.
Le soir il dévorait les contes de fées. Les princesses étaient ses idoles, parfois, il se déguisait pour danser devant sa glace en écoutant Vivaldi sur son mange-disque.
Les choses commencèrent à se gâter lorsqu’il fut envoyé chez un cousin éloigné, après le décès de ses grands-parents. Malgré ses larmes, les boucles d’or succombèrent au fil du rasoir et les rubans de satin rejoignirent dans la poubelle les albums de contes et les disques de Vivaldi.

Pendant quelques années, il souffrit en silence. Son calvaire prit fin le jour où, découvert dans les bras de Dominique, camarade aux cheveux longs, mais à la barbe naissante, il dut entrer au séminaire. Puisqu’il n’aimait pas les filles, il deviendrait curé, finalement, ça arrangeait tout le monde.

Ce matin, la belle au bois dormant avait largement dépassé le jubilé, ses cheveux artificiels, encore impeccablement brushés et laqués formaient une faluche étrange sur le haut de son crâne dégarni. Gisèle gisait entre les ceps alignés. Un escargot, tranquille, arpentait sa face livide. Elle qui avait toujours rêvé d’avoir recours à la chirurgie. Il paraît que la bave de petit-gris fait des merveilles sur les ridules, même profondes.
Sans y penser, il saisit le bas de la jupe en tweed qui était remontée jusqu’à laisser deviner les bordures d’une gaine couleur chair surmontant une cuisse plutôt poilue. Il fit redescendre le tissu sur les élastiques des chaussettes en voile que Gisèle arborait en toute saison, elle détestait les collants.

Soudain, il réalisa les conséquences que son geste pourrait avoir, conjuguées au fait que, lors de l’autopsie, tout le monde allait savoir… à moins qu’elle ne soit morte parce que quelqu’un savait déjà.
Affolé, il lui attrapa les poignets pour essayer de la traîner un peu plus loin, mais s’aperçut rapidement que ses absences aux cours de gym avaient laissé des séquelles irréversibles. L’abondance de racines et la mollesse de la terre gorgée d’eau rendaient la tâche encore plus difficile. Il se dit qu’une brouette serait le moyen de transport le plus adéquat et le plus facile à trouver dans les environs immédiats.
Au moment où il se relevait, un peu étourdi et ruisselant de sueur, les cloches de l’église retentirent pour annoncer la messe du dimanche. Il réalisa que son absence pourrait paraître plus que suspecte et enfourcha sa bicyclette en priant la Vierge Marie qu’aucun mécréant ne découvre le corps avant son retour.

Il n’y avait plus personne à l’extérieur lorsqu’il longea le mur de l’édifice. Il put se glisser dans sa chasuble et rassembler ses esprits, juste avant de faire son entrée par la porte de la sacristie. Les deux enfants de chœur allumaient les cierges autour de l’autel en prenant tout leur temps et les grenouilles échangeaient au premier rang les potins de la semaine.
Pendant le Notre Père, il remarqua les traînées bleues sur les baskets blanches de l’un des enfants de chœur et le « délivre-nous du mal » passa aux oubliettes. Il froissa dans sa poche le mouchoir qui lui avait servi à nettoyer les siennes.

Dédé le vigneron avait l’habitude de réaliser ses mélanges pour la bouillie bordelaise au pied des ceps. Des traînées poudreuses d’oxyde de cuivre coloraient la terre à cet endroit. Lorsqu’il avait la bonne idée de le mélanger à de la résine pour qu’il résiste mieux aux intempéries, il devenait presque impossible de s’en détacher.
Il lui semblait bien que les regards de ses assistants, d’ordinaire très attentifs, se perdaient un peu dans les volutes d’encens ce matin. Son homélie fut brève et il prétexta une affaire urgente pour s’éclipser dès la fin de l’office.

Lorsqu’il voulut récupérer son vélo, celui-ci n’était plus contre le mur, mais à l’intérieur du coffre ouvert d’une Renault espace vert bouteille. Sa propriétaire, Solange Montgenoult Declerc, épouse du notaire, l’attendait au garde-à-vous, flanquée de ses enfants, adolescents rougeauds engoncés dans leurs duffle-coats bleu marine.
Le serre-tête en velours bien enfoncé derrière les oreilles, elle balaya d’un doigt, bagué de ses armoiries, une mèche blond cendré avant de lui exposer l’objet de sa visite. Tout en parlant, elle penchait la tête dans un léger mouvement de balancier qui faisait osciller les perles de belle maman sur la crête de son carré Hermès.

– Bonjour, monsieur le curé, je vous prie de pardonner mon audace, mais j’ai pris la liberté d’embarquer votre bicyclette, car vous déjeunez avec nous, bien sûr !
Nous devons discuter de la prochaine intégration de Charles dans votre équipe d’enfants de chœur, je pense que cette expérience pourrait lui mettre un peu de plomb dans la cervelle. Quant à Eugénie, cette petite dévergondée, j’aimerais que vous m’indiquiez un pensionnat de jeunes filles digne de ce nom, je trouve le sien un peu trop laxiste, maintenant, ils autorisent le port du jeans le vendredi, à quand les mini-jupes tant qu’on y est !

Charles jetait un regard suppliant à Gérald, tandis que sa sœur lui envoyait une œillade complice. Son visage rougissant jurait un peu avec le roux de ses cheveux nattés.

– Allons, ne vous faites pas prier, Bernadette nous a fait des paupiettes, je sais que vous adorez ça.

Dominant son envie de fuir à toutes jambes dans la direction opposée, le prêtre vint sagement s’asseoir à la place du mort. Solange posa doucement, mais fermement sa main sur son avant-bras pour lui conseiller d’attacher sa ceinture.

Bernadette était dans un mauvais jour, elle avait laissé brûler les paupiettes, à moins que son passage dans le bureau de monsieur ne se soit un peu trop prolongé.
Celui-ci prit sa défense et proposa d’entamer le pâté de biche préparé pour la communion de Charles ce qui contraria son épouse, mais elle n’en laissa rien paraître.

– Au fait, comment va Gisèle ? Elle aurait pu se joindre à nous.

– C’est très gentil, mais elle se repose. Elle est allée aux escargots très tôt ce matin et s’est plainte d’un fort mal de tête à son retour. Je pense qu’elle doit dormir, mais je lui dirai que vous avez demandé de ses nouvelles.

– Bernadette lui mettra une tranche de pâté dans un Tupperware, vous n’oublierez pas de le prendre avant de partir.

Gérald regardait les aiguilles avancer lentement dans le cadre de la grosse horloge comtoise et priait saint Antoine pour qu’il abrège ses souffrances quand, sans le vouloir, le mari vint à son secours en s’opposant avec virulence à la séquestration de sa fille chérie dans un couvent de bénédictines situé à cinq cents kilomètres de là.

C’en était trop pour Solange, elle se leva de table en chancelant et prétexta une migraine foudroyante pour se retirer dans sa chambre. Gérald en profita pour rappeler qu’il devait absolument se rendre au chevet d’une paroissienne malade, récupéra son vélo et pédala le plus vite possible en direction du domaine viticole.

La brouette devait se trouver près du tas de foin, derrière la grange. Un dimanche à l’heure du dessert, les risques de se faire remarquer étaient minimes. Elle était bien là. Il cacha sa bicyclette derrière la haie et s’approcha prudemment en scrutant le périmètre.
Quelque chose craqua dans les buissons, il se retourna en sursautant.
La petite figure ronde toute tachée de rousseur de Benjamin, le plus jeune des enfants de chœur apparut entre les feuilles, immédiatement suivie de celle de Jules, son acolyte.
Pétrifié, il jeta des regards affolés dans toutes les directions avant de leur faire signe d’approcher.
– Qu’est-ce que vous faites là ?

– On vous a suivi m’sieur le curé, mais c’est pour vous aider.

– M’aider à quoi ?

– À transporter qui vous savez

– Mais de quoi parlez-vous ?

– Vous fatiguez pas, on sait, mais on ne dira rien, parole de scout.

– Mais vous n’êtes pas scouts

– Non, mais on est enfants de chœur, ça vaut plus !

Leur conversation fût interrompue par une sorte de grognement, près du tas de foin qui les fit tourner la tête de concert.
Ils réalisèrent alors que deux jambes dépassaient de la brouette, ainsi qu’une touffe de cheveux blancs hirsutes.
Dédé, que l’on surnommait « la racaille » à cause de ses activités de braconnage, cuvait son vin dans la brouette. Sa petite taille, à peine supérieure à celle des enfants, lui permettait de dépasser à peine de sa couche de fortune. Jules se risqua à lui piquer la main avec un brin de paille, mais cela ne déclencha aucune réaction de la part du bonhomme dont se dégageait un fumet prononcé d’eau de vie artisanale, mélangé au tabac brun de ses gitanes maïs.

Chacun des garçons s’empara d’une jambe et Gérald le saisit sous les épaules. Au moment où son corps allait toucher le sol, il ouvrit les yeux, Benjamin poussa un cri. Laissant tomber son fardeau, Gérald empoigna le manche d’une casserole cabossée abandonnée à terre et lui en assena un grand coup sur le crâne. Dédé s’effondra sous une pluie de grain pour les poules qui restait au fond du récipient.
Une fois le vigneron recouvert d’un peu de foin, les trois compères retournèrent au chevet de Gisèle sans se faire repérer.

Son visage, de plus en plus blême, portait maintenant un maquillage étrange, créé par les traces bleutées que les escargots y laissaient en le sillonnant. Il était plus que temps de lui épargner un nouvel outrage. Mais la gaillarde était bien plus robuste que Dédé et ils ne parvinrent à la soulever que de quelques centimètres avant de la laisser retomber lourdement dans la boue, dans un craquement de coquilles. Au moment où ils pensaient devoir renoncer, ils aperçurent au bout de la rangée un épouvantail agiter les bras en s’approchant vers eux.

Dédé, les cheveux pleins de paille et la mine rougeaude, venait leur proposer son aide, il disait connaître une bonne cachette.
D’abord surpris que l’homme ne se formalise pas plus du sort de la bonne du curé, Gérald se dit que son taux d’alcool dans le sang additionné au coup qu’il avait reçu sur la tête en était la cause.

À eux quatre, ils parvinrent à la hisser dans la brouette et à lui faire parcourir les quelques centaines de mètres qui les séparaient des chais. Après s’être assuré que la voie était libre, le vigneron les fit stopper devant un grand tonneau.
Juché sur un petit escabeau, il en souleva le couvercle et se pencha à l’intérieur pour en vérifier le contenu. Comme il l’espérait, seul un quart du récipient contenait du vin blanc.

Après quelques nouveaux efforts conjugués, la perruque échevelée disparut sous le disque de chêne. Assis par terre pour reprendre leur souffle, les quatre compères se dévisagèrent en silence pendant quelques instants. Le curé fut le premier à réagir et se tourna vers Dédé.

– Vous me la livrerez ce soir au presbytère, à l’heure où vous apportez d’habitude le vin de messe. Les garçons, rentrez chez vous. Vous passerez me voir mercredi matin avant le catéchisme pour vous confesser.

Un peu déçus, mais tout de même soulagés de retrouver leur liberté, les deux amis
s’éloignèrent en courant.

La nuit était tombée depuis une heure lorsque Dédé gara sa camionnette devant le presbytère. Gérald l’aidait à faire rouler le tonneau sur une planche au moment où Joséphine, sa voisine, les rejoignit.
Elle encouragea leurs efforts de la voix et du regard avant de les suivre à l’intérieur.
– Mais que faites-vous dehors à une heure pareille Joséphine ?

– Je suis venue voir Gisèle. D’habitude, elle passe me voir à l’heure du goûter le dimanche. Aujourd’hui, je ne l’ai pas vue.

– C’est normal, elle se repose. Au lever du jour, dès que la pluie s’est arrêtée, elle est allée aux escargots et je crois qu’elle a dû prendre froid. Je lui dirai que vous êtes passée.

– Pardonnez-moi d’insister, mais j’aimerais vraiment la voir, j’ai quelque chose à lui rendre. Figurez — vous que j’en ai profité pour me promener dans les vignes en fin d’après-midi et qu’à ma grande surprise, j’ai trouvé l’un de ses sabots de jardin retourné dans la boue, abandonné au pied d’un cep.

Elle sortit l’objet de son sac.

– Vous devez vous tromper, c’est un modèle très courant.

– Impossible, c’est bien l’un de ceux que je lui ai offerts à Noël. J’avais inscrit ses initiales au feutre argenté à l’intérieur pour les personnaliser, regardez.

Gérald blêmit, mais se reprit aussitôt :

– Bien, dans ce cas, je vais aller voir si elle veut bien descendre, entrez dans le salon, Dédé va vous servir un petit porto en attendant et vous tenir compagnie.

Le vigneron la poussa dans la pièce pendant que le prêtre se rendait à l’étage. Tout en montant, il se souvint que Gisèle avait racheté des somnifères quelques jours auparavant.
Lorsqu’il les rejoignit dans le salon, Dédé lui fit remarquer que sa carafe de porto était vide, il s’empressa de l’emporter dans la cuisine pour la remplir et annonça à Joséphine que son amie ne tarderait pas à descendre.

Le lendemain de bonne heure, Gérald appela le médecin.

Gonzague de Montalenvert était médecin légiste de formation. Rappelé en Charente à la mort de son père, il avait dû partager son temps entre la gestion du domaine viticole et l’exercice de sa discipline. On l’appelait surtout pour constater les décès, les malades étaient méfiants et préféraient s’adresser aux praticiens de la ville voisine.

Depuis que son fils unique, Grégoire, avait été porté disparu lors d’un voyage d’étude anthropologique au Brésil, il ne quittait plus ses terres et refusait la plupart des visites. Pourtant, il n’hésita pas à enfiler sa gabardine et à sauter au volant de son Range Rover quelques minutes après le coup de fil du prêtre. Il se dit qu’il avait peut-être tort de ne plus croire en Dieu et croisa les doigts pour que le macchabée qu’il devait certifier soit bien celui auquel il pensait.
En effet, dépouillée de sa perruque, de ses faux cils et de son fond de teint, la ressemblance était frappante.

Les deux hommes se dévisagèrent pendant quelques secondes au-dessus du cadavre, puis Gérald prit la parole :

– Elle voulait tout vous dire.

– Je n’ai pas supporté, mon poing est parti sans que je puisse le contrôler. Il est tombé à la renverse, je n’ai pas vu la grosse pierre dans la pénombre. J’étais parti chercher de quoi le transporter lorsque les enfants sont arrivés, alors je me suis caché.
Il souhaita qu’on enterre Gisèle, puisque Grégoire était mort depuis longtemps.

Quelques jours plus tard, on retrouva le corps de Joséphine. Gonzague constata le décès et conclut à un suicide.
Désespérée par la disparition de son amie Gisèle, elle avait absorbé une bouteille de porto pour faire passer le tube de somnifères. Puis elle avait marché jusqu’à l’étang derrière le presbytère et, une fois chaussées les semelles de plomb de son défunt mari, scaphandrier, s’était enfoncée dans la vase avant de sombrer dans l’eau noire.

Personne ne fut autorisé à la voir, les carpes élevées par monsieur le curé l’avaient rendue méconnaissable.

Lorsque monsieur de Montalenvert s’éteignit à son tour, Gérald hérita du domaine. Il y installa une confrérie de moines qui continuèrent à cultiver la vigne et montèrent un élevage d’escargots.

La bouillie bordelaise ne fut plus jamais employée sur ces terres.

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« Il y a un robot dans le jardin »

Il y a un robot dans le jardin de Deborah Install aux Éditions Super 8 

« J’ouvris les rideaux en grand et regardai au-dehors. Pas de doute, il y avait bien un robot dans le jardin . »

Je ne sais pas vous mais j’ai toujours aimé ces petits robots qui ont jalonné mon enfance .Il y a d’abord eu NONO le petit robot,l’ami d’Ulysse 31, puis R2D2 et C-3PO de Star Wars  et WALL E  pour ne citer que mes préférés. Alors si j’avais eu la chance d’en voir débarquer un dans mon jardin, moi aussi je l’aurais adopté. Je comprends donc Ben et son attachement quasi immédiat au grand regret de sa compagne.


Ben a beau être adulte, il est assez immature et un rien fumiste, presque un éternel ado. Cette rencontre tombe à point nommé pour donner un peu piquant dans  sa vie . Et aussi surprenant qu’inattendu, ça va bien la changer, sa vie. Une belle aventure commence, une amitié s’installe et tel Gepetto avec Pinnochio, Ben va s’avérer un père formidable et grandir un peu. Car le petit robot a beau être dépassé, il possède des pouvoirs que les androïdes n’ont pas.


Bienvenue dans cette aventure du futur en compagnie d’un petit robot plein de charme, assez indiscipliné et pourtant très attachant. Ben et lui risquent bien de vous charmer à leur tour. Telle une divine comédie, ce roman rafraichissant vous fera passer un bon moment. L’humour, l’amour, l’amitié sont au rendez-vous et rendent cette histoire irrésistible.


Une couv’ aussi belle que son contenant, un voyage drôle, féroce et quelque peut déjanté qui risque d’en surprendre plus d’un et d’attendrir les plus farouches.

Un moment de lecture bien sympathique .


Deborah Install avait huit ans quand elle écrivit son premier roman: Sammy L’écureuil. Elle vit à Birmingham avec mari, enfant et chat ombrageux. À ce jour, aucun robot ne s’est manifesté.

 

 

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 » Jenny « 

Jenny de Fabrice Colin aux Éditions Sonatine

 » On nous a si souvent répété que le mal n’était qu’une fiction créée par l’homme que nous avons oublié de nous demander si ce n’était pas le contraire. »

Ne dit-on pas ? « Tout se qui se passe à Vegas reste à Vegas »


Une fois de plus ce viel adage prend tout son sens, car avant de savoir enfin ce qui s’est passé ce fameux soir, il va nous falloir de la patience et s’accrocher un peu pour aller jusqu’au bout de cette histoire démoniaque. Une disparition inexpliquée et le cauchemar commence.

« Après ça, le temps est devenu autre-chose que le temps et j’ai commencé à perdre pied! »


Tentant de reprendre goût à la vie, Bradley essaie de prendre un peu de bon temps. Cette fois les rencontres via site internet ne vont pas réserver que de belles surprises. La dernière va même  mettre Bradley dans un sale état et lui faire vivre l’enfer…


« Je n’étais pas ressuscité mais quelqu’un avait entrouvert le couvercle de mon cercueil. « 

Fabrice Colin nous embarque dans un labyrinthe sournois.Gentiment il campe le scénario qui va prendre une autre tournure en seconde partie. Et là tu t’accroches, par rapport à l’histoire tortueuse mais aussi par rapport aux faits qui passent du passé au présent jusqu’au dénouement final. Entre manipulation mentale, psychologique, vengeance personnelle, vendetta ce thriller ne te laissera aucun répit et n’épargnera pas les âmes sensibles.

À  mon avis, le lire en une fois m’a permis de ne pas trop me perdre dans l’histoire ce que je vous conseille fortement dès la seconde partie, s’il vous tente de découvrir Jenny.

Un thriller bien ficelé,qui déménage,  parfois dérangeant mais addictif qui va bien plaire à tous les amoureux du genre. Par contre coté cou’v pas terrible.


Quatre fois lauréat du grand prix de l’imaginaire, Fabrice Colin s’est illustré dans de nombreux domaines des littératures du genre. Après « Blue Jay Way  » ( perso beaucoup aimé) et  » Ta mort sera la mienne », « Jenny » est son troisième roman publié par Sonatine Éditions.

Je remercie Sonatine pour cette lecture troublante.