» Il pleuvait des oiseaux « 

 


 » Il pleuvait des oiseaux  » de Jocelyne Saucier, disponible aux éditions Folio et Denoël .


Dans le nord de l’Ontario au Canada, Ted, Charlie, et Tom, trois Anachorètes, ont fait le choix de se retirer et de vivre loin de toute civilisation dans le plus grand secret.

 » Une journée après l’autre, ils ont vieilli ensemble, ils ont atteint le grand âge. Ils avaient laissé derrière eux une vie sur laquelle ils avaient fermé la porte. Aucune envie d’y revenir, aucune autre envie que celle de se lever le matin avec le sentiment d’avoir une journée à eux et personne qui trouve à y redire . »


Une liberté totale en pleine nature, sous la surveillance de deux hommes, qui jouent les anges-gardiens, et pourvoient aux besoins de l’ermitage.
« Le grand âge lui apparaissait comme l’ultime refuge de la liberté, là où on se défait de ses attaches et où on laisse son esprit aller là où il veut. »
Ils ont beau être vieux, ils n’appréhendent pas la mort, ils la tiennent en respect, s’y préparent, mais s’arrangent pour la garder éloignée.
« La mort est une vieille amie. Ils en parlent à leur aise. Elle les suit de près depuis si longtemps qu’ils ont l’impression de sentir sa présence tapie quelque-part, en attente, discrète le jour, mais parfois envahissante la nuit. Leur conversation du matin est une façon de la tenir à distance. Dès qu’ils prononcent son nom, elle arrive, se mêle à la conversation, insiste, veut toute la place, et eux la rabrouent, s’en amusent, l’insultent parfois, puis la renvoient, et elle comme un bon chien s’en retourne ronger son os dans son coin. Elle a tout son temps. »

L’arrivée de deux femmes dans leur paradis terrestre va amener son lot de perturbations. L’une a pour compagnon un appareil photo.
« T’as pas de vie à toi pour t’intéresser autant à celle des autres ? »
,
Et l’autre une douce folie qui accompagne sa vieillesse.
« La folie n’était peut-être que cela, un trop-plein de tristesse, il fallait simplement lui donner de l’espace. »

 


Et l’amour ?
« Et l’amour? Il faudra encore attendre,c’est trop tôt pour l’amour. »


Les grands feux qui ont ravagés cette région, au début du 20éme siècle, ont une place importante dans ce magnifique roman. Ils ont emporté de nombreuses vies et changé à jamais celle des survivants. Telle une brulure qui perdure, le passé reste présent et apporte son lot de nostalgie.
« On prête attention au temps écoulé, qu’on s’y attarde, qu’on le regarde attentivement avant de le laisser filer. »
Sous la magnifique plume de Jocelyne Saucier, on se plonge avec délice dans cette histoire. On accompagne ces êtres épris de latitude. On découvre leurs secrets, leurs souvenirs, leurs histoires d’amour, magnifiques, douloureuses, leurs vies et leurs survies et cette solidarité qui les unie à jamais, tel de véritables mousquetaires.
Un récit tendre, lumineux, superbe, où les émotions brutes et vives sillonnent les pages, pour mon plus grand plaisir, au plus profond des forêts canadiennes.
Mon cœur bat la chamade pour cette bande qui a réussie à vivre plusieurs vies, à préserver leur liberté, et pour cette auteure qui m’a happée avec sa plume, son talent de conteuse. Un livre à découvrir absolument, et une adaptation cinématographique à suivre assurément. .


Que du bonheur en perspective.
Une lecture qui m’a fait penser à l’écriture de Franck Bouysse. J’y ai retrouvé “ les taiseux , la nature , les écorchés, les gens au passé douloureux, et la plume noire mais lumineuse . »

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11 réflexions sur “ » Il pleuvait des oiseaux « 

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