« Chaque seconde est un murmure « 

 » Chaque seconde est un murmure  » d’Alain Cadéo ,édition Mercure de France.


 » Si je t’observe comme ça quelquefois, c’est que j’aime ta silhouette de chien famélique. T’as vraiment une dégaine de vagabond mal nourri. Au fond c’est vrai, Sarah a raison, t’es comme un archange qui s’est cassé la gueule sur terre . »
Nous voici donc en compagnie d’Iwill, un jeune homme à l’âme blessée suite à la perte de sa meilleure amie.
Iwill, tel un vagabond, parcourt les routes, lie quelques connaissances sans jamais s’attacher ni s’éterniser.
 » Cela s’appelle faire le point. Point contre point, du cousu main… et chaque pas à son histoire. »

Jusqu’au jour où il arrive à Luzimpapar. Il y rencontre Sarah et Laston, un couple qui vit en reclus entourés de leur meute de chiens . Iwill se pose pour quelques temps chez eux et raconte son histoire sur un cahier noir à l’intention de Sarah dont il est sous le charme.
« Mes rêves sont ouatés de son corps, le matin j’ai l’impression d’avoir ses jambes autour de mon torse. Et lorsque je la vois, honte à moi, j’ai beau tourner, virer, je suis soumis et je n’ai qu’une idée : la frôler,la respirer et me laisser anéantir par sa présence. »
Iwill nous murmure son histoire et la couche sur papier, il nous confie, ses tocs, ses doutes, ses souvenirs et nous emmène vers un final des plus inattendu.

« Et si j’ai le coeur plein de boues,ce sont les levers de soleil, ici ou là qui décrassent mes yeux . « 
J’avais découvert la plume d’Alain Cadéo avec Zoé, son précédent roman qui m’avait charmé par son histoire et son style si poétique. Je l’ai retrouvé avec plaisir et j’ai savouré cette nouvelle histoire, mon carnet à citations à porté de main pour noter mes passages préférés. Un petit roman fort en émotions, qui conforte mon attachement et mon coup de cœur pour cet auteur, ce conteur à la plume magique.
À votre tour, laissez-vous porter par ces histoires et écoutez ces murmures. Laissez les mots vous charmer .


Un très beau moment de lecture, qui portera Iwill vers Zoé dans mes meilleurs souvenirs livresques .

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« Les délices de Tokyo « 

 » les délices de Tokyo  » de Durian Sukegawa aux éditions Albin Michel.


Voici l’histoire de Sentarô, pâtissier et vendeur de  » Dorayaki,  » et de Tokue, une vieille dame qui détient les secrets d’une recette, pour rendre exceptionnelle cette étonnante pâtisserie japonaise à base de haricots rouges confits.

Leur rencontre va faire basculer leur vie, et après avoir franchi quelques obstacles, quelques a priori , l’échoppe de Sentarô deviendra un endroit incontournable.
Quand le rêve parvient à effacer les doutes, quand l’amour d’une passion se transmet et fait oublier la maladie et la discrimination, une belle histoire se profile à l’horizon.
 » La loi sur la prévention de la lèpre a été abrogé, mais la société n’a pas encore changé. »

À Tokyo, ville urbaine, la nature et la nourriture se côtoient et l’histoire se poursuit au fil des saisons. Les cerisiers aux abords de l’échoppe donnent une dimension poétique au récit. Des solitudes se rencontrent, des secrets se dévoilent, une confiance et une amitié s’installent et bousculent ces personnages profonds à la recherche d’une paix intérieure.


L’auteur nous décrit admirablement ce qui est invisible dans la vie.
« Vous avez beau tendre l’oreille, peut-être n’entendez-vous encore rien, mais je vous en prie, ne baissez pas les bras, persévérez .
Quels que soient vos rêves, un jour on trouve forcément ce qu’on cherchait grâce à la voie qui nous guide, j’en suis convaincue. Une vie est loin d’être uniforme.Parfois sa couleur change du tout au tout . »


C’est doux, c’est beau, un régal. Une gourmandise mi-salée mi-sucrée. Une belle ode à la cuisine et à la vie. Délicieux, délicat, savoureux, à déguster sans modération. Un livre qui fait du bien au cœur et à l’âme .
Pour mon plus grand plaisir, il me reste l’adaptation cinématographique à découvrir.
La cinéaste Naomi Kawaze a écrit le scénario des délices de Tokyo au sein de la bibliothèque d’un sanatorium dédié aux lépreux. Un endroit idéal pour apporter plus de vérité au récit. Un film qui fut présenté en ouverture de la sélection  » Un Certain Regard  » au Festival de Cannes 2015.


Un livre, un film pour une magnifique et bouleversante histoire .

 » Braqueurs « 

Petit retour sur ma dernière toile, tout juste arrivée cette semaine dans les meilleures salles de cinéma.

Ce film est un pur bonheur pour les amateurs du genre .


Tension maximum, violence extrême, émotions diverses bien dosées, actions sans temps mort. ça déménage chez les voyous et ça le fait! ça cartonne, ça explose et c’est une totale réussite. J’ai kiffé grave! 🌟🌟🌟🌟Une histoire crédible qui te cloue au fauteuil! tu compatis à leurs douleurs, leurs haines et tu trembles pour ces braqueurs. T’aimerais même qu’ils s’en sortent .

Et le casting est pas dégueu… Ils ont franchement la tête de l’emploi. Et ils sont parfaits. De plus, un film de voyous sans tronche de flics moi ça me plait, c’est mon côté rebelle.

Je vais pas vous raconter l’histoire, mais franchement ça vaut le coup . Alors foncez …. Et préparez-vous pour une virée dans l’enfer des braqueurs.

 » Entre hommes « 

« Entre hommes  » de German Maggiori aux éditions La dernière goutte.

Comment vous parler de ce livre de mec lu par une nana en l’occurrence Moi ?
Si si, ce livre est bien plus un livre de mec que de nana , la nana elle a besoin de douceur quand même et ici la seul douceur que tu trouveras c’est la soie des dessous des travelos, si par hasard ils en portent.


« Les travestis patrouillent aux coins des rues ,offrent leur chair aux imprudents mais aussi aux dépravés qui les connaissent très bien.Et, au milieu de toute cette racaille, il y a encore gens qui ont l’air sains,des gens qui vivent les yeux bandés, qui s’imaginent que la vie est telle qu’on nous la montre à la télévision.  »

 

T’imagine tout de suite l’ambiance .

 

 » Entre hommes » regarde même le titre est parlant, en même temps vu ce qu’ils font entre eux pas étonnant qu’ils restent entre mâles . Des vrais, des durs, des mauvais aux regards impitoyables qu’ils nous donnent l’impression de chercher les emmerdes depuis leurs venues aux monde. Qu’ils soient flics ou voyous, même race de loups,les plus féroces .

 

« Car qui aurait pu, sans passer pour un lâche, avouer que la peur leur tenaillait l’âme ? Qui serait le premier à faire machine arrière ? La lâcheté est une misère intime mal cotée sur le marché de la rue . »

 

T’as aussi ces deux flics peu conventionnel :  » Le Monstre » et « Le Timbré ».  » La froideur de l’un alliée à la brutalité de l’autre faisait d’eux un cocktail explosif et infaillible . »

 

 » Le Monstre »  » Il revenait aujourd’hui, des années et autant de vices plus tard, arpenter les rues qu’il avait saccagées sans scrupules durant sa jeunesse. »

 

Et côté voyou c’est pas mieux.

« Certains voleurs – la plupart – sont superstitieux; ils ont la manie de répéter, comme une sorte de rituel des nuits passées, les veilles d’autres braquages qui se sont bien finis. Ils fréquentent alors les même lieux : bars, femmes, amis, et vont jusqu’à porter les mêmes vêtements pour invoquer allez savoir quel dieu des voleurs, ou pour s’immuniser contre les pièges que le destin tend aux imprudents; »


Tu vois même si c’est une histoire de mecs c’est vachement bien écrit, ça déchire même si parfois c’est un peu graveleux.Et c’est comme ça tout le bouquin. C’est de la balle .

En même temps faut être Baléze pour accrocher le lecteur voir la lectrice avec une orgie qui tourne mal , où deux flics assez barge d’une unité spéciale  » La Division  » enquête pour retrouver un objet compromettant qui se planque parmi les voyous pour sauver les fesses des hommes politiques pervers. L’Argentine, en pleine déperdition.Quand la folie des hommes atteints un niveau d’intensité incommensurable. Pour du fric, de la drogue, du sexe, ces hommes deviennent des fauves en puissances et rien ne les arête et pour nous conter cette histoire de dépravation totale, la plume de l’auteur fait des miracles et t’explose à la tête avec une brutalité vertigineuse.

 

 » Une histoire se construit toujours comme une bombe, pour exploser à un moment donné  »

 

C’est l’auteur qui le dit et cette histoire le prouve.Alors même si c’est un livre de mec, une histoire de mec, ça peut te plaire aussi à toi la Nana , fait pas ta chochotte lance-toi et vous les mecs éclatez vous bien .

Pour ma part suis partagée, j’aime et j’aime moins mais après réflexion, j’aimeeeee.

Parce que c’est quand même un sacré bon polar argentin, un shoot d’enfer , une plume audacieuse et de qualité, un livre que vous n’êtes pas prête d’oublier et qui risque bien de faire couler beaucoup d’encre jusqu’à ‘ la Dernière Goutte  »

 » une île bien tranquille « 

« Une île bien tranquille » de Pascale Dietrich (Editions Liana Lévi)

Ce livre est une véritable pochette surprise.


Tu y plonges ton regard et tu t’embarques pour une virée en Bretagne pleine de découvertes plus surprenantes les unes que les autres. Et il t’est impossible de le quitter sans arriver au bout pour connaître le fin mot de l’histoire. Un petit bonbon plein de saveurs, à la fois doux, piquant, tendre, parfois dur aussi, mais toujours agréable à savourer.
Vous allez découvrir ce qui attend Edelweiss, de retour à Tredevic, cette petite île qui l’a vue naître et où elle a grandi. Son retour a été hélas précipité pour enterrer son père.

« _ Je vous préviens, lâcha Jacques (le notaire) en ouvrant une très sérieuse mallette, vous allez avoir des surprises.
_ Vous nous avez préparé des pochettes-cadeaux pour nous consoler ? m’enquis-je d’un ton railleur.
_ Pas moi, mais votre père en quelque sorte. »

Elle va y croiser des nains pas très loquaces et y retrouver ces îliens qu’elle a connus mais qui semblent bien différents voire même étranges, ainsi que sa meilleure amie enceinte.

« _ T’imagines, j’ai des couilles dans le ventre ? »

Mais chut ! Je vous invite à tenir compagnie à Edelweiss qui a du laisser son amoureux « un peu connard » à Paris et à savourer la plume de Pascale Dietrich, qui n’en est pas à son coup d’essai et du coup m’a donnée envie de découvrir son premier roman « Le Homard ».


Une belle découverte, une belle surprise, un vrai bonheur de lecture, un feu d’artifices court mais explosif, un bouquet de fleurs de toute beauté pour le plaisir des yeux !


Une île bien tranquille qui ne connaît pas la crise…