« Le 9.3 de Norek »

Code 93  – Territoires  –Surtensions  d‘Olivier Norek  Éditions Pocket et Michel Lafon 

« Ici, l’avenir, c’est juste demain « 


Je referme à peine Surtensions et comme à chaque fin de série policière, je ne peux pas croire que celle-ci se termine. J’ose penser, rêver, que son équipe va lui manquer bien plus qu’à nous et qu’il va la remettre sur pied.

À l’occasion d’une rencontre, j’ai dit à Olivier que je ne lisais pas tous ses livres de suite car j’avais peur du manque et bien j’avais raison, le manque est déjà là, à peine le livre fermé …Coste, reviens !
C’est cruel en même temps de ne nous offrir que trois épisodes! Je lui pardonne même ses petits travers envers les greffiers, non Mister Norek, un chat ça ne sert pas à rien! Et une série ne peut pas s’arrêter comme ça, c’est inhumain.


Dés Code 93, je me suis sentie bien avec cette équipe parfois borderline, à l’ambiance BRAQUO d’Olivier Marchal , une super série ( plus de 3 épisodes… Si Si Olivier)
L’équipe Coste vous embarquent dans leurs enquêtes et comme eux vous ne lâchez pas votre lecture tant que tout le monde n’est pas sous les verrous ou au cimetière ( ça arrive, ils sont armés et ça flingue pas mal dans le 93 )


Je suis une criminelle moi aussi, j’ai récidivé avec Territoires, et j’ai découvert la face cachée des cités, c’est pas net ce qui s’y passe! Heureusement l’équipe Coste est là, et avec une perspicacité redoutable elle va mettre de l’ordre dans ces trafics en tout genre.
Et puis Surtensions, le bouquet final ( nonnnnnn!) un véritable feu d’artifice d’émotions, une tension qui monte crescendo et ne vous laissera aucun répit. Je me suis retrouvée nouée, tendue à l’extrême, émue, touchée, inquiète, en colère, dépitée, en compagnie d’enfoirés, des malfrats sans empathie, cruels, et vachement malins. Mais pas aussi malins que Coste et sa bande. De vrais mousquetaires, un pour tous et tous pour un! Unis pour toujours et à jamais …


Alors tu vois Olivier, tu peux pas me priver d’une suite, tu peux pas nous faire ça, on a encore besoin de lire ce que le système nous cache à travers tes polars, on en veux encore, suis sûre que Coste à encore plein de choses à nous dire, même si c’est effrayant de penser que tout ça existe.
Ça se voit d’ailleurs que tu connais bien le sujet, tes récits sont d’un réalisme incroyable, les dialogues percutants. Chaque personnage claque bien, de l’humour de l’émotion sous tension permanente, une enquête bien ficelée, addiction totale. De la bonne came littéraire à dealer sans modérations, avec une bonne crise de manque à prévoir après les trois shoots …

Tous ça pour vous dire que cette série est un pur bonheur, Olivier Norek fait partie des grand maitres du Polar, alors ne vous en privez pas et rejoignez-moi bientôt pour la pétition , ou la manif, je réfléchis , pour le retour de Coste …
À lire absolument, sans modération, sans appréhension, juste une folle envie que l’aventure continue.

Publicités

 » Travailler Tue « 

Travailler Tue , Yvan Robin chez Lajouanie


 » Tu vas finir par crever, ou Dieu sait quoi . C’est pourtant pas ton genre de mourir . Ça te ressemble pas . Tu es un gagnant. Un battant . Un vivant .Si les bords de la mort sont comme ceux du lavabo tu dois pouvoir en faire le tour, sans glisser dans le siphon. Respire.Voilà .T’es plus un gosse, bon sang. »

Hubert Garden est employé d’une boite de travaux publics. Il doit veiller à ce que les procédures de sécurité soient respectées quitte à contourner les règles comme le dit si bien ce vieil adage.
« Il subissait une pression de tous les instants, digne d’un harcèlement moral caractérisé. »
Malgré son travail acharné, les accidents se succèdent et son supérieur lui fait miroiter le placard s’il n’atteint pas « Zéro accident « 
« Les risques-ci . Les risques-là. Des risques à ne plus savoir qu’en foutre. »


Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver…..(écoutez)

 
À la limite du burn-out, il entreprends une nouvelle bataille. Il devient un nouveau soldat et part en guerre à sa façon contre l’ingratitude de cette boite.


« Depuis l’enfance, oppression parentale, oppression sociale, oppression scolaire, oppression professionnelle. La liste était plus longue que ces trains de marchandises qui sillonnent les campagnes. »
Sa femme, également au bord du pétage de plombs, l’accompagnera sans se douter des lourds secrets que lui cache son homme, elle-même en plein bilan sur sa vie.
« Les heures passaient-parfois les jours-et son mari refaisait surface. À la manière d’un cadavre qui remonte, après avoir visité le fond. A croire que lui aussi, il avait ses secrets. »
Ce roman aurait tout aussi bien pu s’appeler: « Chroniques de Burn-out annoncés”. À travers ce récit cynique et décapant, nous accompagnons ce couple, monsieur et madame tout le monde, dans leur vie quotidienne et professionnelle avec une réalité surprenante.
Qui de nous n’a jamais subit de harcèlement au boulot, ou fait un petit bilan sur sa vie, avec ensuite une envie de tout foutre en l’air. Seulement on n’a pas le choix, faut avancer, survivre coûte que coûte, et continuer à croire que ça va s’arranger.

Yvan Robin réussit à mettre des mots sur nos maux, avoués ou enfouis...

Avec humour noir, il dépeint admirablement le monde du travail manuel, le patronat, les obligations de faire toujours mieux pour remplir davantage les poches de ceux-ci. Ceux-là même qui vous tourneront le dos aux moindres pépins. Sous tension en permanence, l’être humain souffre, mois après mois jusqu’à l’explosion….
Un roman social, brutal, réaliste, parfois dérangeant, intriguant. Un roman noir qui éveillera en vous questionnement et rébellion contre ce système aussi pourri qu’il parait.
C’est tellement ça, c’est tellement vrai, et c’est tellement bien écrit, bien transcrit, ce malaise ambiant…une histoire qui m’a touché pour m’y être reconnue parfois, et qui me conforte dans mon choix d’avoir quitté ces entreprises à faire du fric sur mon dos, et à créer la mienne avec le choix d’y travailler seule à ma façon. Je travaille pour vivre, je ne vis pas pour travailler, car n’oublions pas :
TRAVAILLER TUE !
Encore une sacré découverte de la maison d’édition Lajouanie qui nous réserve de belle surprise, ici encore, « Roman pas policier mais presque ».Pas d’enquête, pas de flic, pas de témoin, mais un suspense intense …Yvan Robin rejoint cette écurie d’auteurs aussi diversifiée que sur un champs de courses en route vers les podiums. Qu’on se le dise …
Et prenez le temps de lire, trop TRAVAILLER TUE ! Pensez-y .
Petit plus: si vous avez aimé le couperet de Donald E. Westlake ou vu l’adaptation cinématographique avec José Garcia, ce livre vous plaira forcément …

 » CAT 215 « 

CAT 215  Antonin Varenne Chez La Manufacture Des Livres Collection Territori


Billet d’Amour Billet d’humour


Aujourd’hui j’ai fait une courte virée en Guyane, en compagnie de Marc, mécanicien.
Étant dans une passe financière difficile, il a accepté de rejoindre une vieille connaissance .
« Le plus grand talent d’un escroc reste de savoir faire appel à votre naïveté .  »
Son ancien associé véreux le conduit dans la jungle, vers un camps d’orpailleurs illégal, pour qu’il répare une pelleteuse Caterpillar.


« Te pose pas trop de question.Tu vas avoir une bonne nuit en hamac et une journée de marche pour te laver la tête de toute cette merde de réflexion que t’as ramené avec toi de la métropole . »



Marc y retrouvera deux mecs, peu sociables, et assez barrés, et il devra composer au mieux avec chacun, faire son taf, et tenter de rentrer en vie. C’est l’enfer dans cette forêt équatoriale si peu hospitalière. Le danger est partout, la lutte permanente, et la folie des hommes aussi sauvage que cet endroit …..


Quand j’ai su qu’un nouveau Varenne se profilait à l’horizon, j’étais comblée, et lorsque je l’ai eu en main, ma première réaction a été: « Non mais sérieux, même pas 100 pages et 9€, soit un euro toutes les 10 pages, c’est abusé. »
Et si je ne vouais pas une adoration éternelle pour cette plume, je ne m’y serais pas attardé. Il m’a alpagué avec « Trois mille chevaux vapeur » (Prix du quai du polar 2014 ) et maintenant Antonin et Moi c’est pour la vie. Entre temps j’ai dévoré Fakir (Prix Michel Lebrun, prix Sang d’encre ),et Battues (prix de la ville 2016, Prix sable noir )(en lice en 2016 pour Trophée 813,Prix sang d’encre ,à Vienne) deux merveilles.D’autres m’attendent encore pour assouvir mes crises de manque en cas de boulimie livresque, et heureusement car cet encas CAT 215 m’a laissé sur ma faim. Ce fut bon mais beaucoup, beaucoup trop court, une nouvelle d’accord, mais pourquoi pas un recueil? Le bonheur aurait été plus grand .


Antonin, inutile de monter sur tes grands chevaux, mais tu peux tout de même organiser une Battue, convoquer ton fakir, ton kabyle, et ton marin, autour d’un gâteau mexicain et je te prie jusqu’au fruit de mes entrailles de revenir à bord de ton CAT 215 à toute vapeur pour m’offrir sur un plateau ( ah non là c’est Franck) mon prochain menu gourmet 5 étoiles, car là tu m’as mis au régime hyper strict, 100 grammes de mots, c’est léger pour ma gourmandise livresque. Je me demande si tes voisins l’ont trouvé celui-ci … (pour ceux qui connaissent l’anecdote)

« On ne sait jamais, ici, ce que les gens ont entendu. Parfois ils savent, parfois ils croient qu’ils savent. »



J’ai adoré cette petite douceur mais je reste affamée.
Allez-file, et reviens-moi vite avec un pavé comme j’aime .

 » The Life Game « 

The Life Game, Laurence Fontaine chez Aconitum

« Un jour, il y aura ici de la place pour les rêves. Tu verras … »
Sous couvert d’un jeu télévisé, Jade, étudiante en criminologie, est sur le point de réaliser son Rêve. Rouvrir « L’enquête sur les crimes non résolus sur lesquels plane l’ombre évidente de Scott Eden  »


Elle se lance sur LA ROUTE à la poursuite de ce tueur en série aidée par les billets verts de Newton, le Boss, concepteur du jeu, et d’un ami geek précieux.
« On est en Amérique. Le pays où les sentiments ont la couleur des billets verts »
L’aventure commence et nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

 » Welcome to the Life Game « 


Entre passé et présent mais sans jamais se perdre sur LA ROUTE, on trace à grande vitesse, et indice après indice on fait la connaissance de Scott Eden.
« Parfois, murmura-t’il, quand je me penche sur ce puits pour observer l’eau croupie, il m’arrive d’imaginer que les femmes se noient dans leurs mensonges….. »
De la part de Jade, une jeune femme plutôt futée et relativement courageuse, (en tout cas c’est pas une chochotte) pas de pleurnicherie. Si elle tombe, elle se relève et elle s’y remet. Une femme de caractère qui ne se laisse pas embobiner au premier regard langoureux.
« -Les hommes aussi ont un cœur qu’est-ce que tu crois ?
-Dans le cas de Tom ça reste à prouver, ça demanderait surement une bonne radiographie
-Ne soit pas cynique!…. »


Oh que si au contraire, soit cynique! Ne te laisse pas séduire par « Son sourire surréaliste”, résiste à Newton cet homme, cette « énigme qui capte bien la lumière et l’absorbe. »
Comme je l’aime cette femme! Comme j’ai aimé parcourir ces pages, suivre cette ROUTE en sa compagnie, et découvrir cette histoire finement ficelée, diablement bien contée. Une belle surprise sans en être une, car connaissant la plume de Laurence Fontaine, j’étais plutôt impatiente de découvrir sa dose d’encre coté THRILLER, et je ne suis pas déçue, bien au contraire.
J’ai appréhendé un court instant, les jeux télévisés n’étant pas ma tasse de thé ni mon verre de Sky, mais abordé de cette façon, vraiment, c’était génial. Étant cinéphile moi-même, je fut comblée par les clins d’œil « Bobines » et j’eus une forte envie de relire Kerouac et sa  » Route « , une bonne dose d’encre bien présente entre ces lignes.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré, lu en deux « shoots ». C’est un gage de qualité chez moi. Une histoire made in USA qui vous fera voyager, trembler, à un rythme qui dépasse les limitations imposées parfois par la vie et ces vicissitudes. Donc préparez-vous une pause intense pour savourer au mieux ce moment de lecture. Evitez les arrêts prolongés qui n’amènent que frustrations, foncez avec Jade sur La ROUTE, ouvrez l’œil, et même les deux , suivez les indices et faites gaffe à Newton, un vrai piège à fille ce mec.
Des lignes noires  de rêve, en direction des plus grandes plumes, indiennes ou pas, un quatrième « bouquin »qui tient ses promesses et vous fait passer un super moment .
On hésite pas, on s’offre ces pages d’encre et on encourage l’auteur et sa nouvelle maison d’édition Aconitum (Toute jeune maison déjà bien prometteuse, le refus des uns fait le bonheur des autres ).
Une petite interview de l’auteur suivra ce billet ….Si ça vous dit…


 » En guerre, à la chasse et en amour, pour un plaisir mille douleurs. « (Proverbe)

Petite interview de Laurence Fontaine pour son dernier livre The Life Game
Christelle: -D’où te vient cette passion des USA point central de tes deux derniers livres ?

Laurence :- Quand j’étais ado, j’habitais une petite ville du nord de la France. A l’époque, il n’y avait pas Internet, mais il y avait la télé, la radio et une librairie pour échapper à un monde trop étriqué. J’ai vu les films d’Hitchcock, j’ai écouté Elvis et j’ai lu Kerouac et ça a été comme ouvrir la boîte de Pandore. Je suis du signe astrologique de la balance c’est un signe d’air, alors pour moi l’Amérique a été une bouffée d’oxygène et même si ça fait cliché, c’est un élan vital qui m’a poussé vers ses déserts comme ses gratte-ciels. Depuis, l’Amérique, je la respire et elle m’inspire. J’ajouterai que c’est le continent américain dans son ensemble que j’aime aussi beaucoup.
Christelle:- je connais ton parcours pour la publication de ce dernier  » thriller », aurais-tu un message à faire passer au monde de l’édition ?
Laurence: -Un éditeur c’est un peu un joueur de poker – ou de Black Jack. Un auteur aussi. Publier un livre c’est un pari fou. Je vois donc auteur et éditeur comme les deux faces d’une même pièce. Et plutôt que de pester contre ceux qui m’ont refusé, je préfère dire que je les aime à ceux qui m’ont publié. Ils sont trois éditeurs, pour mes quatre romans : sans eux, je ne serais pas là. Donc mon message aux éditeurs serait : « Certains auteurs sont prêts à décrocher la lune. Trouvez-les. Donnez leur une boîte d’allumettes et ils construiront la fusée »
…Et dans cette phrase on peut encore remplacer le mot ‘ auteur’ par ‘éditeur’, car l’inverse est vrai aussi. 😉

Christelle: – la route de Kerouac tu l’as faite ?
Laurence: – Alors oui, j’ai pratiquement visité toutes les villes où il est passé lors de ses multiples trajets à travers l’Amérique. Sauf je crois, Detroit, Michigan ( mais je rêve d’y aller) et Laredo au Mexique ! J’ai aussi emprunté, comme lui, des bus et des voitures pour traverser le continent, mais je n’ai pas fait d’auto-stop. Je suis voyageuse, pas candidate au suicide J))
Christelle: – tu m’offres tes coups de coeur de ta dernière bobine, ta dernière dose d’encre et ton dernier son qui t’ont fait vibrer ?
Laurence : -Dernière(s) bobine(s): Xmen apocalypse et Cafe society de Woody Allen. Blockbuster et film d’auteur, le grand écart à l’américaine.
-Dernière dose d’encre: « la compassion du diable » de Fabio Mitchelli.
-Dernier son qui vibre : le nouveau Radiohead, « a moon shaped pool »
Christelle: – un prochain j’espère ?

Laurence: -Bien sûr. Il est déjà un peu en gestation. Ça devrait se passer entre le Danemark et le Canada avec un petit détour par…le Nord de la France. Mais… Qui vivra, verra !
Merci Laurence 😉

« Un ballon sur le cœur , le billet à 25€ »

Un ballon sur le cœur de Sébastien Vidal chez Geste éditions


 » les plus belles histoires sont celles qui ménagent la surprise « 
Et pour une surprise, ce fut une belle surprise. Et pourtant comme pour tout sport, la lecture en étant un aussi, c’était pas gagné d’avance. C’est pas le calendrier des Dieux du stade que j’avais devant les yeux, même si j’avoue y avoir pensé parfois, mais un roman où le rugby tient une place très importante.


L’auteur nous fait partagé à travers ce récit sa passion du rugby mais également sa passion de l’écriture. Car si son verbiage ressemble à son plumage, il est le plus merveilleux conteur qui par son talent me fit aimer ce sport, alliage parfait de brutalité et de poésie.


 » L’écriture avait été un premier pas vers son réveil, le frémissement d’un printemps inespéré, la fonte des glaces de son esprit perturbé. Son carnet intime était son médicament, sa canne littéraire. »
J’ai déclaré, page après page un formidable attachement pour ces rugbymen corréziens du CAB et j’ai vécu à fond leur histoire.
« Les cœurs battent à l’unisson, le temps ralentit pour l’éternité. »


Aucune émotion ne nous est épargnée, la tension monte à chaque match, l’inquiétude nous gagne à chaque péripétie des protagonistes. On se prends d’affection pour Alain ce jeune espoir, on s’éclate avec Raymond le coureur de jupon aux nombreuses frasques sexuelles, une sacrée canaille, on tremble pour Boulepiquante alias Kissifrotte. Je vous épargne  » l’épreuve de l’œuf et du vin »qui m’a laissé une saveur peu ragoutante un bon moment. Je préfère encore « Les daltons » loosers pathétiques mais passionnés pour l’ogive ovale. Ou un bon repas au restau « des sourires et des hommes. »
On découvre que le rugby est une grande famille. Et comme dans chaque famille elle a son histoire, ses hauts, ses bas, ses chagrins, ses victoires, ses défaites, ses défauts, ses qualités, tout ce qui en fait une force et lui fait battre le cœur jour après jour.
« Quand les mots pansements et les attentions désinfectantes venaient soigner les plaies encore béantes des égos piétinés et des espoirs ruinés. C’était aussi dans cet endroit, hanté par les âmes de tant d’hommes courageux, que de fabuleux discours d’avant match étaient déclamés. Si sur le pré le courage et la force étaient les plus belles armes des joueurs de rugby, dans les vestiaires le verbe, la formule et l’émotion des discours des leaders suscitaient l’envie, la fraternité et le respect . »
Une formidable chaleur humaine se dégage de cette histoire, une ode au sport et à cette région que l’auteur affectionne. De nombreux clins d’œil cinématographiques et musicaux jalonnent le roman, la passion dans toute sa splendeur.
Alors faites comme moi «  plaquez l’émotion contre votre cœur et courrez plonger entre les pages, pour transformer l’essai. »
Une très belle découverte qui me fera voir le rugby sous un autre regard, plutôt de braise que de dépit, un roman à la plume travaillée, au vocabulaire riche, bourré d’humour, subtil, et fort en émotion. Je n’en attendais pas moins d’un auteur que j’avais découvert suite à une formidable interview qu’il avait réalisé de Franck Bouysse …je vous le dit « il n’y a pas de hasard il n’y a que des rendez-vous  » et pour vous donnez une idée de sa plume et de son verbiage je vous donne rendez-vous pour son prochain  » billet à cinq Francs «  (cliquez dessus pour découvrir son premier billet)


Et comme il le dit si bien, je m’en vais le parodier pour finir en humour poétique
« – bonne bourre Raymond et n’oublie pas de contempler les étoiles  »
et surtout lisez ‘Un ballon sur le cœur’ car sincèrement le rugby c’est bien mieux que le foot…..

« Lynwood Miller »

Lynwood Miller de Sandrine Roy chez Lajouanie


Mais qui est Lynwood Miller, ce beau quadragénaire fraichement débarqué dans ces montagnes françaises ? Un Américain ? Son accent ne trompera personne, mais que nous cache-t’il ? Et lorsqu’il sauve une jeune femme d’une très mauvaise posture, il se révèle un preux chevalier.

Matthew, pour le rôle de Lynwood
« Sans vraiment réaliser ce qu’il faisait, pour la première fois depuis qu’il la veillait, il prit sa main, une main minuscule, chaude et fine, qu’il aurait pu écraser d’une simple pression. « 
Mais qui est cette inconnue ? Que nous cache cette clairvoyance ? En attendant elle a mis la tête à l’envers à notre bel Américain.
« Tu vas rester dans ma tête encore longtemps comme ça ? »
C’est sans compter sur le pouvoir des femmes, de vraies magiciennes, et là c’est rien de le dire .
En compagnie de Simon un Geek haute catégorie avec qui il a sympathisé à son arrivée, il va tenter de percer les secrets que cache cette histoire, tout en veillant sur Elie. Miller, l ‘homme au tempérament, mi agneau, mi loup.
« -Miller ! hurla une voix tonitruante … Qu’est-ce qui vous a pris de l’arranger comme ça, mon vieux ! Vous êtes devenu fou ? Encore heureux que vous n’ayez pas d’arme entre les mains ou bien c’est un cadavre qu’on aurait à interroger!
-Il s’est débattu.
-C’est ça foutez-vous de moi!
Et vous n’êtes pas au bout de vos surprises. A travers son écriture fluide, qui va direct à l’essentiel, Sandrine Roy nous offre un premier roman policier mais pas que, d’une belle facture. Un suspens présent à chaque instant qui vous captive et vous accroche jusqu’au final très étourdissant. La construction de l’intrigue est réussie et son idée plutôt pas mal (si je vous dit tout c’est pas drôle, donc je contourne tout en espérant vous attirer dans ses filets). Je pense que l’on a pas fini de découvrir les aventures de Lynwood Miller, pour mon plus grand plaisir, à la seule condition de ne pas mettre trop de guimauve.


En attendant ce fut un très bon moment de lecture. Un cadeau supplémentaire que me fit Sandrine et je l’en remercie.
Une jeune auteure fraichement débarquée mais déjà bien Encrée. Une belle entrée chez Lajouanie aux cotés d’auteurs déjà dans la place, une belle cours de talents, et un de plus ça ne se refuse pas.
N’hésitez pas, faites-vous plaisir et découvrez l’histoire de Linwood et Elie un duo surprenant, dans une histoire peu ordinaire .

 » Le coma des mortels « 

 

 

Le coma des mortels de Maxime Chattam, éditions Albin Michel

 » On ne trouve pas le temps, il n’est pas caché quelque part, en revanche on peut décider de prendre celui qui passe sous nos yeux et d’en faire autre chose « 
Et si vous aussi, preniez le temps de vous pencher sur le dernier livre de Maxime Chattam, en acceptant de sortir des sentiers battus pour y découvrir une histoire des plus surprenante. Une ballade entre Mal et Diction.
Comme sur un bateau ivre ce livre fait déjà des vagues, il nage à contre courant, et malmène son lecteur tout en lui offrant un paysage littéraire des plus grandioses.
« Parce que les mots, une fois qu’on les a lus, on ne peut pas revenir en arrière, ça se plante dans la matière grise. Les mots sont les racines des arbres de nos pensées, et nul ne peut savoir jusqu’où ils vont grandir, et si un arbre ne donnera pas un jour une forêt. »
En remontant le temps, vous découvrirez l’histoire de Pierre, ce mec cynique, mythomane, parfois misogyne, mais aussi séducteur, pas complètement animal, ni complètement civilisé, bourré d’humour noir, un brin pervers, un caméléon original mais aussi assez barré, et de son entourage mortel.
 » Je ne suis ni un héros, ni un vilain; rien qu’un passant dans une case de bande dessinée. Un de ceux qu’on ne regarde même pas, nécessaire pour la vision d’ensemble, pour l’esthétique mais inutile en soi. C’est tout nous ça. Utile en gros pour donner du corps, une certaine inertie, mais fondamentalement vains en soi, individuellement. Chaque personne croit que sa vie compte, qu’elle est le centre de l’histoire, mais en fait non, chacun est à peine une ombre dans le coin d’une case paumée parmi des centaines de pages. Au mieux. »
Tout comme son personnage principal, ce dernier ROMAN bouleverse les codes du genre. L’auteur nous offre un roman noir, bourré d’humour, assez décalé, pertinent et tout en subtilité. Son histoire peut déranger car elle reflète bien notre société et rejoints bien souvent nos pensées profondes. Beaucoup d’émotion se dégage de ces pages.
« Les conversations sont moins chiantes quand elles sont remplies de mots . »


Alors oui c’est différent de ce que Maxime Chattam écrit d’habitude, et encore heureux sinon à quoi bon. C’est dingue cette intransigeance des lecteurs dés que l’auteur se renouvèle, comme au cinéma avec les acteurs qui devraient se cantonner à un rôle, un style de film.
Moi j’aime la diversité dans mes lectures et ça me plait d’être bousculée, de découvrir d’autres horizons, et là j’ai agréablement été servi. Je me suis éclatée avec cet humour noir, et même si Pierre est parfois un bel enfoiré, il n’en reste pas moins touchant quand il est amoureux.
« Le coma des mortels « un roman étonnant et prodigieux, aux rebondissements fréquents, captivant et dérangeant, à la poursuite de la vérité qui se dérobe sans cesse.
« Tout est dans la façon de raconter. »
Une belle réussite pour ce récit on ne peut plus surprenant.

 » Marilyn X « 

Marilyn X de Philip Le Roy chez Le Cherche Midi



Imaginez un peu le tableau. Vous partez en duo faire un road trip aux USA et là, en plein désert, une maison brûle. Votre curiosité vous y conduit et vous y découvrez des carnets en partie consumés. Une véritable boite de Pandore.

« Faites, ce que je vous dis! Lisez ces carnets avant de les confier aux fouille-merde . »

Mais, oh surprise, vous y découvrez des souvenirs liés à Marilyn Monroe .

« Tout est là: Le génie de la mise en situation, la menace inconnue, le complot auquel personne ne croit, les circonstances qui vont transformer un homme ordinaire en héros, la volonté et le hasard comme étincelles du destin. »



Philip Le Roy, que je découvre pour la première fois à travers ce roman, basé sur des faits réels, nous embarque dans un véritable scénario Hollywoodien qui aurait très certainement plu à notre belle Marilyn.

« Marilyn avait plein de choses à dire au-delà du POUPOUPIDOU et du HAPPY BIRTHDAY PRÉSIDENT. »



Avec génie l’auteur nous livre un portrait de Marilyn touchant, bouleversant, tout en nous baladant avec ce couple qui s’interroge autant que nous sur ces révélations. Il nous a ficelé une intrigue captivante qu’il nous est impossible de quitter avant la dernière page.
C’est étonnant comme on se retrouve piégé et l’on se met à rêver à certaines véracités du récit. Et si tout ceci était vrai ?

« Elle a créé un mythe qui embellit le monde « 


Nous sommes dans un véritable jeu de piste, en quête de vérité, à travers cette confession explosive. Un récit aussi renversant qu’innovant.
C’est magique, époustouflant, surprenant. Serait-ce un délire de l’auteur ou d’ultimes révélations ?
En attendant, ce récit ne peut vous laisser indifférent. Une construction hyper originale, une écriture fluide, un style accrocheur, et une intrigue absolument géniale. Que vous y croisiez un indien, ou une vieille connaissance, vous verrez, vous ne pourrez pas oubliez ce voyage.


Marilyn :-Je n’ai jamais su être heureuse car je suis trop consciente de ce qu’est la réalité. Il faut croire aux mensonges et à l’illusion pour être heureuse. Et l’illusion je sais très bien ce que c’est pour en être une moi-même . »…….



Venez rêver comme moi sous la plume de Philip Le Roy, et laissez vous porter sur cette route 66 aussi Mythique que Marilyn. Étrange, jusqu’au bout; quel talent cet auteur!