» M pour Mabel « 

M pour Mabel d’Helen Macdonald chez Fleuve Éditions



« Quand vous êtes brisé, vous vous mettez à courir droit devant vous. Mais pas toujours pour vous enfuir. Parfois vous vous précipitez désespérément vers quelque chose. « 



Durant son enfance, Helen se prête à rêver de devenir fauconnier. En attendant de rejoindre l’univers des adultes, la lecture traitant du sujet lui tiendra compagnie et entretiendra ce rêve. Arrivée à l’âge adulte elle perd brutalement son père. Pour tenter d’apprivoiser cette douleur et faire son deuil elle se lance dans le dressage d’un autour.

 
« J’étais détruite. Une part de mon être essayait de se reconstruire et le modèle à suivre était là, sur mon poing. Le faucon était tout ce que je voulait être : solitaire, indépendante, libérée de la douleur, insensible aux blessures de la vie humaine. »


En s’isolant du monde, seule avec son autour qu’elle baptisera Mabel, elle va, à travers ce défi tenter de se reconstruire. Elle démarre un long voyage vers la résilience en empruntant divers chemins. Un tête à tête assez particulier avec Mabel entouré de la nature, sa faune et sa flore.
 » Le monde est rempli de signes et de merveilles qui apparaissent et disparaissent. « 



Mabel, tu m’as fait rêver. J’aurais aimé prendre ta place lors de tes envols. Survoler en toute liberté le monde. Voilà le hic, la liberté dont Helen t’a privé. N’oublions pas que ce roman est autobiographique et entraine forcément un parti pris de ma part. Cependant,et malgré quelques longueurs qui accompagnent forcément un tel voyage, ce récit est un sacré roman sans être complètement passionnant. L’histoire de White qui se glisse dans la narration empiète sur la véritable histoire et c’est dommage.


Helen Macdonald nous offre un beau roman, qui nous embarque vers un art ancestral à travers ce voyage métaphysique, où l’avancée du dressage mènera forcément vers l’avancée du deuil. Un grand dépaysement, un sujet intéressant qui laisse une belle place au rêve si on fait abstraction de quelques passages.


 » Je m’étais envolée vers un lieu dont je ne voulais plus jamais revenir. »



Helen Macdonald est écrivain, poète, illustratrice, historienne au sein de l’université de Cambridge. Son livre a reçu le prix Costa Book Award et le Samuel Johnson Prize.
Je remercie les éditions Fleuve pour ce beau voyage livresque.

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 » Poussiéres d’os « 

Poussière d’os de Karin Salvalaggio aux Éditions Bragelonne



Depuis sept ans, Grace vit loin de sa mère. Son oncle et sa tante l’ont élevé. Le jour où elle aurait pu prétendre à des retrouvailles, un nouveau drame surgit, sa mère est assassinée quasiment sous ses yeux.
L’agent Macy, malgré sa grossesse très avancée se voit confier l’affaire. Elle retrouvera sur la route de son enquête de vieilles connaissances, et avancera de surprise en surprise vers une histoire abracadabrante.


Voilà un roman qui m’avait attiré par sa couverture plutôt sympa, sa situation géographique : l’Amérique, et une quatrième de couv’ alléchante. Puis des rumeurs ont circulé comme quoi c’était BOF, BOF. Il me tardait donc de découvrir ce thriller et me faire ma propre idée.
Dés le départ le style ampoulé m’a ennuyé, trop de détails. Puis sont venus les clichés. Pourtant, étant fan des séries policières américaines et retrouvant un peu ce style je lui ai laissé sa chance et j’ai poursuivi ma lecture.
L’histoire aurait pu être intéressante mais certains passages lui enlèvent toute crédibilité.
Je l’ai terminé car évidemment je m’étais attachée à ses personnages assez intéressants, poursuivi par la malchance. Vivre dans cette contrée noyée de malheur où rôdent de terribles prédateurs demande un peu de compassion, mais malgré tout je n’ai pas été totalement conquise. Sincèrement je pense que le style y est pour beaucoup dans ma déception. C’est dommage si l’écriture avait été plus travaillé, ce thriller aurait pu me plaire davantage.

Karin Salvalaggio , née en Virginie ,elle a passé son enfance à suivre les affectations de son père, militaire de carrière. Elle a connu des espaces et des cultures aussi variés que l’Alaska, La Florise,la Californie et l’Iran.

 

Difficile je suis je l’avoue, étant une lectrice éclectique je suis trés sensible au style. Un avis très mitigé pour ce premier roman mais l’auteur a du potentiel. Je lui laisserai certainement une seconde chance avec son prochain thriller, pour retrouver Macy cette enquêtrice assez attachante .
Merci aux Éditions Bragelonne pour cette découverte.

 » The girls « 

The girlsd’Emma Clineaux Éditions Quai Voltaire 



 » La vie n’était en réalité qu’une salle d’attente, jusqu’à ce que quelqu’un vous remarque… »

À la fin des années 60 au nord de la Californie, Evie Boyd, jeune fille de 16 ans, traine son mal de vivre. Elle vit seule avec sa mère depuis le divorce de ses parents. Avec Connie, son amie d’enfance, elle s’occupe autant que faire se peut jusqu’au moment où une dispute va les séparer.

« À cette âge, la tristesse avait la texture agréable de l’emprisonnement: vous vous cabriez, vous boudiez face aux chaines des parents, de l’école et de l’âge, toutes ces choses qui vous éloignaient du bonheur certain qui vous attendait. »

Evie un peu plus perdue, seule, succombera au charme d’une rencontre peu ordinaire qui s’avèrera même dangereuse de bien des façons.

« Les filles étaient douées pour colorier ces vides décevants »

Comme toute adolescente qui trimballe un mal-être récurent, la moindre attention à tendance à être idéaliser. L’amour comme la naissance d’une amitié rends aveugle. L’adolescente est fragile, influençable, la rébellion s’éveille en elle et l’emmène vers des chemins périlleux, tout droit vers un enfer qu’elle ne soupçonne pas.

« L’ambiance ordinaire était perturbée par le chemin que traçaient les filles, dans le monde normal. Aussi racées et inconscientes que des requins qui fendent les flots. « 



Dans cette ambiance très Peace and Love en apparence, dans cette maison à l’écart de la ville Évietente de s’intégrer. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, une fille charismatique et découvre ce qui s’apparente à l’amour avec Russel le maitre des lieux, gourou manipulateur. Elle avait espéré le meilleur mais était loin d’envisager le pire.

Emma Cline

À travers ce roman Magistral, Emma Cline nous confronte à la difficulté de grandir. Elle nous offre le magnifique portrait d’une adolescente perturbée qui va malgré elle faire de douloureuses expériences. Elle nous parle de la difficulté d’élever seule un enfant quand on est soi-même confronté à certains démons.

« Leurs rires étaient un reproche adressé à ma solitude. »

Avec un style pertinent, elle porte un regard acéré sur tous ces faux-semblants. Sur ces filles qui tentent de devenir femmes. Cabossées un jour,cabossées pour toujours.
le fantôme de Charles Manson rôde à travers ce récit mais l’auteur a brillamment réussi à nous conter l’innommable à sa façon et c’est réussit. Plutôt que de nous narrer des faits de façon journalistique, elle préfère nous offrir le portrait d’une jeune fille qui croisera la route de cette secte sanguinaire.

Entre passé et présent, la vie d’Évie, par ses souvenirs, se révèle sous la plume d’une jeune auteure terriblement brillante. Une écriture prometteuse nous est offerte. Une auteure américaine qui rejoint mon panthéon, à suivre absolument .


Un sacré bon moment de lecture .
Merci à Anne-Lucie à Alice et  Aux Éditions Quai Voltaire pour m’avoir offert cet instant de bonheur livresque en avant-première.

Petit plus , si vous avez aimé ce livre , confessions d’un gang de filles de Joyce Carol Oates et Baby Love de Joyce Maynardpourrait bien vous plaire aussi …

 » Des hommes de peu de foi « 

 Des hommes de peu de foi de Nickolas Butler aux Éditions Autrement



« Une semaine dans un camps de boy-scouts au nord du Wisconsin, que peut-on imaginer de plus bénéfique, de plus thérapeutique, pour l’âme d’un garçon ? « 



Chaque été Nelson, un jeune ado de 13 ans, rejoint le camps scout Chippewa dans le Wisconcin accompagné de son père. Nelson est un garçon solitaire et, hélas, le souffre-douleur de ses camarades qui l’ont surnommé « le clairon ». Durant l’été 1962, sa vie prendra un autre chemin. L’amitié s’offre enfin à lui, et il ose espérer un avenir meilleur même si pour y arriver il devra prendre quelques décisions. Nelson l’enfant victime deviendra un héros.
Sur trois générations d’hommes Nickolas Butler, divin conteur, nous offre Son Amérique à travers de beaux portraits d’hommes et de femmes. Avec une écriture sensible et poétique il nous parle d’amour, d’amitié, de la guerre, de la difficulté de grandir, de vieillir, d’aimer. Mais aussi de base-ball, des traditionnelles collections de cartes de joueurs, des camps scouts, tout ce qui fait l’Amérique d’hier à aujourd’hui.
Construit comme un triptyque, les trois étapes de la vie de Nelson s’offrent à nous. De l’année 1962 puis 1990 jusqu’en 2019.
« L’amour n’appartient pas au domaine de la raison. L’amour est une émotion. « 
Son sens de la narration nous transporte, tout comme dans son premier roman Retour à Little Wing que je vous invite fortement à découvrir. Un roman déjà traduit en 10 langues, couronné par le Prix Page/America. On ose espérer prochainement une adaptation cinématographique, les droits ayant été acheté par la Fox. Egalement auteur d’un recueil de nouvelle Rendez-vous à Crawfish Creek, un autre domaine où il excelle.


“Des hommes de peu de foi” confirme le talent de l’auteur, sa tendresse envers ses personnages est touchante et les rend inoubliables. Un roman que l’ont ne peut lâcher et que l’on quitte avec regret. Comme je l’ai aimé cette nouvelle aventure américaine! Comme j’ai aimé partager ces moments avec Nelson, et retrouver cette plume si belle, qui m’avait tant charmé dans son premier roman. Un auteur cher à mon cœur de lectrice que je retrouverai avec un plaisir non dissimulé.


Trois lectures, deux rencontres émouvantes, des instants de bonheur comme j’aime.

 

Merci aux Éditions Autrement pour ce magnifique moment de lecture .

 » La trêve « 

La trêve de Saïdeh Pakravan aux Éditions Belfond



<< – Mamie, c’est quoi la trêve?>> demande l’autre, les yeux aussi écarquillés que ceux de sa soeur.
-C’est comme la paix.
-C’est quoi la paix?
-La paix , c’est quand les gens deviennent très gentils les uns avec les autres et cessent de s’entretuer. Le contraire de la guerre.
-Ah, d’accord.
-Ben oui, vous n’êtes que des gamines, mais quand on vous dit guerre, vous saisissez tout de suite. Par contre, paix, ça ne vous dit rien. Trêve, je n’en parle même pas. Quel monde tout de même.>>


Aux États-Unis, une trêve s’est étrangement installée sur tout le pays. Le mal est comme suspendu, en mode pause. Plus aucun crime, plus de violence, plus d’agression, de viol, plus de mort. À chaque mauvaises actions que s’apprêtent à commettre les protagonistes de cette histoire, ils sont comme interrompus juste avant l’innommable, comme si une fée jouait la bonne conscience sur chaque individu dangereux. Le monde devient paisible, mais pour combien de temps?

 » La haine semblait avoir disparu. Aussi simplement que ça. Aussi simplement. »

La violence ayant disparu du quotidien, elle apparait sous une autre forme: les souvenirs.
À travers le destin de plusieurs personnages, on se retrouve au cœur des pensées, des souvenirs de chacun. On partage leurs vies, pour 24 heures, des vies où l’espoir renait comme un Miracle.
« Elle sourit en reprenant l’album photo. Le ver était dans le fruit, sans aucun doute, et la dépression reviendrait. Il ne s’agirait alors que de savoir comment tenir le coup, comme s’accrocher jusqu’à la prochaine bonne surprise, jusqu’au prochain bonheur, si court soit-il. »



Saïdeh Pakravan est née en Iran. Elle est franco-américaine et partage depuis 30 ans sa vie entre Washington et Paris. J’ai découvert sa plume avec son premier roman AZADI en 2015 qui l’a enfin révélé au public français. Un récit que j’avais adoré, couronné par le prix de la Closerie des Lilas et le prix Marie-Claire. C’est avec grand plaisir que je l’ai retrouvé avec cette histoire originale à l’écriture plus affirmée.


Comme un rêve éveillé j’ai passé 24 heures aux USA et en ces temps incertains, trop chargés de violence ce livre fait du bien. Si seulement c’était vrai. Si seulement on pouvait faire une trêve.


Un livre touchant qui met pourtant le doigts sur des sujets très sensibles, tel que le terrorisme, la pédophilie, les violences conjugales. Le mal est partout, en mode veille.
« La colère des imbéciles remplit le monde. « 

Une histoire qui fait doucement rêver. Une belle réflexion sur notre monde et le chaos qui l’entoure, illuminée parfois d’une lueur d’espoir.
Merci à Slavka et Aux Éditions Belfond pour cette découverte de la rentrée littéraire.

  » Les corps de Lola « 

Les corps de Lola de Julie Gouazé aux Éditions Belfond


On connait bien la femme multi-tâches, mais Lola est différente par son coté double face. Un coté bleu, un coté rouge, à pile ou face sans contre-façon elle joue. Tantôt fleur bleue en femme enfant, tantôt torride en femme fatale, le rouge lui va si bien. Un véritable caméléon Lola, parfois sage, parfois perverse.


Lola rouge l’emporte souvent dans ce duel, elle aime explorer toutes les facettes des jeux sexuels, les jeux interdits, tout en rêvant d’amour, de douceur. Lola rouge est dépendante du sexe jusqu’au jour où une peau plus douce que la sienne changera la donne. Les jeux sont fait, rien ne va plus, la roue tourne. Mais pour combien de temps? Les paris sont lancés ….


Voilà un roman qui n’obtient pas toutes mes faveurs, le coté femme objet me déplait. Ce genre de livre, érotique, c’est pas mon style, même si c’est tendance. Je n’ai hélas pas été charmée .

 

Julie Gouazé
« C’est le cœur et le corps morcelés «  que je partage avec vous ce roman, qui pourra malgré tout plaire à un lectorat plus ouvert à l’érotisme poétique de Julie Gouazé .
Merci aux Éditions Belfond pour cette découverte.

 » Parmi les loups et les bandits « 

Parmi les loups et les bandits d’Atticus Lish aux Éditions Buchet-Chastel

Traduit par Céline Leroy

« Le bon coté…, c’était qu’elle l’avait rencontré et qu’ils pouvaient constituer leur propre armée, une unité de deux personnes qui mènerait ces combats difficiles que représentaient la guérison de Skinner et la régularisation de Zou Lei . »


New-York se relève de ses blessures du 11 septembre. La vie continue dans cette ville cosmopolite. On y fera toujours autant des rencontres improbables, c’est d’ailleurs de l’une d’elle dont il est question par ici. Un homme, une femme… Chabadabada… Chabadabada… mais ne précipitons pas les choses… Laissez-moi vous les présenter.


Zoom arrière, sur le portrait de Zou Lei, clandestine chinoise, fraîchement débarquée, qui vit de petits boulots, se débrouille autant que faire se peut dans ce monde impitoyable des travailleurs sans papiers.

Zoom avant, sur le portrait de Brad Skinner, GI, fraîchement  démobilisé, de retour d’Irak, meurtri, psychologiquement et physiquement.

« C’est comme ça. C’est pas pour ça que c’est juste. »

Ensemble, dans le Queens, ils vont s’entraider et, peut-être bien s’aimer ?

Sous la plume d’Atticus Lish, le rêve américain prend des allures de cauchemar. L’Amérique d’en bas est bien loin des paillettes de Brodway, on n’y donne pas le même show. Les sous-sols de l’Amérique regorgent de clandestins, de main d’œuvre sous-payée, d’anciens militaires lâchement délaissés par leur pays pour lequel ils se sont pourtant battus. Ils nous cachent ces scènes consternantes malgré leurs errances permanentes, et ne touchent bien sûr que quelques dollars pour leurs prestations .

« Vivre comme une Américaine, tu peux oublier c’est déjà bien d’être libre de ses mouvements… »

L’auteur nous décrit à merveille cette Amérique qui souffre. Il nous offre des personnages forts, des battants aux grands cœurs, mais aussi des êtres dangereux, aux destins tout tracés qui, tel un ouragan, détruiront quelques vies au passage.
Parmi les loups et les bandits est une tragédie contemporaine, puissante, lyrique.Un roman magistral avec pour seul bémol quelques longueurs qui auraient  pu être réduite. Mais n’oublions pas que c’est un premier roman, alors pardonnons-lui ces entractes un peu longs. La représentation  peut continuer.


Lauréat de nombreux prix avec ce premier roman, dont le prestigieux PEN/FAULKNER AWARD, Atticus Lish, né aux États-Unis, est le fils du légendaire éditeur Gordon Lish. Après avoir abandonné ses études à Harvard, il s’essaya à divers petits boulots, et servit même dans les Marines… Devenu plus tard traducteur de Mandarin, avant de se consacrer à l’écriture.

Atticus Lish
 
Pas étonnant que ce roman sonne vrai, l’auteur nous fait cadeau d’une belle part de lui-même.

Alors si comme moi vous aimez l’Amérique,venez vous balader à New-York dans le Queens en compagnie de Zou et de Brad… et bien plus encore… je vous garantis un formidable spectacle.

The show Must go on…


C’est comme New-York, grand, magique, mystérieux , cosmopolite, ça brille et ça t’explose le cœur dans une atmosphère unique, une ambiance particulière .

I Love NEW-YORK, I love ‘Parmi les loups et les bandits »

Dans cette vie et la suivante ….

 

Merci à Claire et Aux Éditions Buchet-Chastel pour cette belle découverte .

 

 

 

 » De Profundis « 

De Profundis d’Emmanuelle Pirotte aux Éditions Cherche Midi



 » Le monde continuait sa course. Même s’il était à bout de souffle. »

Une terrible Pandémie sévit sur terre. Ebola III immerge l’Europe vers l’abime. La fin du monde approche à grand pas.

 » La Maladie semblait trainer derrière elle toute une panoplie d’autres catastrophes : Le climat avait définitivement tourné au vinaigre, tempêtes, pluies diluviennes, raz de marée, canicules étaient au rendez-vous…C’est comme si Ebola avait donné le signal à la nature de laisser libre cours à sa vengeance aveugle. Le grand cortège de fléaux menait triomphalement sa farandole autour de la terre où le maintien de la vie tenait véritablement du miracle. »
Roxane, jeune femme tête brulée, téméraire, parfois irresponsable, survit et trafique pour s’en sortir en compagnie d’un jeune garçon qu’elle tente de protéger, jusqu’au jour où son passé la rattrape. De nouvelles responsabilités lui tombent dessus.
Le climat d’insécurité s’intensifie. Quitter Bruxelles devient obligatoire. Elle fuit avec ce qu’elle pense être un fardeau pour retrouver la campagne et une vieille maison familiale où d’autres surprises l’attendent…..

 » Il est des choix dont on ne se remet jamais; des voyages dont on ne revient pas . »

Voilà une quatrième de couv’ à ma façon, pas plus même moins d’indices, mis à part quelques extraits.
Je déteste spoiler, donc je ne peux vous en dire plus mais j’espère vous avoir accroché pour vous donner envie de découvrir ce livre hors norme. Un roman inclassable, dérangeant, entre dystopie et conte fantastique. Un récit post-apocalyptique plutôt troublant, avec une part de surnaturel assez fabuleuse qui réussira à implanter dans les cœurs blessés une dose d’amour assez surprenante.

Emmanuelle Pirotte nous embarque pour une plongée en enfer. Elle courtise la mort, en captivant son lecteur. Elle sème dans un monde en déroute un peu d’espoir, un peu d’amour, un peu de suspens, un peu de rêve même si tout n’est qu’une question de survie.

 

Emmanuelle Pirotte 

J’ai découvert sa plume un peu par hasard, au feeling. Ça se joue à peu de choses parfois le désir de lire tel ou tel roman. Pour celui-ci, le titre m’a intrigué, la couv’ m’a beaucoup plu et la 4 éme de couv’ a confirmé l’ envie.

L’écriture d’Emmanuelle m’a conquise, et je n’hésiterai pas à me diriger vers « Today we live » son premier roman, traduit en 10 langues. J’espère qu’il en sera de même pour vous.
N’hésitez pas, laissez-vous envouter par De Profundis, et rejoignez Roxanne dans son aventure étrange, périlleuse mais extraordinaire.
« Je n’ai pas peur de la mort; je préfèrerais simplement ne pas être là quand elle arrivera. » Woody Allen



Merci aux Éditions cherche midi pour cette belle lecture .

« Deux remords de Claude Monnet »

Deux remords de Claude Monnet de Michel Bernard aux Éditions La Table Ronde


« Il disait que Monet ne peignait que ce qu’il aimait…Son seul maître c’était l’amour, l’amour de ce qu’il avait sous les yeux et qui était beau. « Et comme il a beaucoup d’amour, il est un grand peintre,un très grand peintre. » 

À travers ce récit, la plume de Michel Bernard nous fait partager l’amour du pinceau des peintres célèbres. La passion des mots en accord parfait avec la passion  picturale.

On y découvre Monet,sa vie,sa passion amoureuse pour Camille qui deviendra sa femme . ; ses amis Renoir, Sisley, Manet et Pissaro. Une belle amitié les lie dans l’opulence comme dans la pauvreté, car avant d’être connus et reconnus ils connurent la misére . Mais avant tout Frédéric Bazille, jeune peintre trop tôt disparu à la guerre.


« Chacun avait éré saisi dans sa personnalité ,telle qu’elle était aimée du peintre depuis l’enfance . Comme les arbres du paysage familier, l’amour des siens avait grandi avec lui et s’épanouissait dans l’harmonie simple et naturelle de la composition . »

Les amoureux de la peinture prendront grand plaisir à la lecture de ce roman.Il est trés intéressant de connaitre l’histoire des tableaux, ce qu’ils représentaient aux yeux des peintres avant d’être admirés par les nôtres. Avec une douce nostalgie l’auteur nous offre un beau portrait de Monet .Une belle harmonie d’ensemble, où l’art est omniprésent ; où l’amour et l’amitié illuminent autant les pages que les toiles .


Une belle découverte d’un auteur de ma région .Michel Bernard est né à Bar-le-Duc.Il est l’auteur  entre autre  de « Comme un enfant », biographie romancée de Charles Trenet (2003),ou encore ‘Les forêt de Ravel ‘(2015, qui reçu le Prix du Festival Livre Et Musique de Deauville)…



Une leçon particulière pour découvrir les peintres et leurs chef-d’oeuvres à travers un beau roman qui défit le temps qui passe .


« …les millions d’hommes et de femmes qui avait aimé, souffert, travaillé et rêvé sur ce morceau de terre, dans cette partie du monde, pour en faire sous le ciel changeant une des plus belles oeuvres humaines, le plus beau des jardins. »

Un grand merci aux Éditions La Table Ronde pour cette belle découverte.

 

 

 » Le verger de marbre « 

Le verger de marbre d’Alex Taylor aux Éditions Gallmeister collection Neonoir


« Aller retrouver un morveux qu’a la tête chaude, c’est pas mon truc poupée. Surtout un dont je me fous comme de la merde sous mes godasses. »

Beam Sheetmire, 17 ans est en fuite. Il a eu le malheur de descendre un mec qui s’avère être le fils d’un caïd du coin. Même s’il a agi en légitime défense,les emmerdes ne font que commencer. Ça craint ,cette contrée du Kentucky n’est déjà guère hospitalière,mais elle va vite devenir un véritable enfer .


« Y’a pas vraiment moyen d’empêcher les gens de se descendre entre eux ? »

Amoureux de la noirceur, bienvenue dans le verger de marbre . Ici la seule lumière que tu croiseras sera celle qui s’éteindra au fond des yeux des mortels avant de passer de vie à trépas …non je ne te noircis pas le tableau , l’auteur s’en est chargé lui-même et s’est déchargé aussi d’une certaine violence à travers ces pages . En même temps tu t’attendais à quoi en pénétrant chez  ce dernier né de chez NeoNoir , une histoire d’amour ? Et pourtant…

« -Si tu viens tremper ton biscuit , t’arrives trop tard .Y’a plus rien à offrir.

-Je ne suis pas venu pour baiser .

-Alors tu seras pas déçu. »


Alex Taylor nous régale,si certains le comparent à Donald Ray Pollock ou à Cormac McCarthy c’est pas anodin. Son talent , la noirceur sans oublier sa prose lyrique vraiment magnifique. Une récit vraiment terrible,un coin d’Amérique que vous n’êtes pas prêt d’oublier.Cette ambiance nous hante ,nous captive,nous submerge.


« Pour l’essentiel de sa courte vie, il avait œuvré à garder son indépendance. Une fois que l’homme commençait à collectionner les obligations, tout se déréglait et il se trouvait face aux murs d’une prison construite de ses propres mains. »

Un grand moment de lecture ,sombre et palpitante,l’Amérique rurale dans toute sa splendeur ,à découvrir sans aucunes hésitations.Ne fuyez pas ,lisez et appréciez .


« J’aime le grand air, quand il n’est pas bondé de monde. Mais par ici un type peut juste…s’évaporer. »  

Un grand merci à Léa  et aux éditions Gallmeister pour cette découverte en avant-première .