» La trêve « 

La trêve de Saïdeh Pakravan aux Éditions Belfond



<< – Mamie, c’est quoi la trêve?>> demande l’autre, les yeux aussi écarquillés que ceux de sa soeur.
-C’est comme la paix.
-C’est quoi la paix?
-La paix , c’est quand les gens deviennent très gentils les uns avec les autres et cessent de s’entretuer. Le contraire de la guerre.
-Ah, d’accord.
-Ben oui, vous n’êtes que des gamines, mais quand on vous dit guerre, vous saisissez tout de suite. Par contre, paix, ça ne vous dit rien. Trêve, je n’en parle même pas. Quel monde tout de même.>>


Aux États-Unis, une trêve s’est étrangement installée sur tout le pays. Le mal est comme suspendu, en mode pause. Plus aucun crime, plus de violence, plus d’agression, de viol, plus de mort. À chaque mauvaises actions que s’apprêtent à commettre les protagonistes de cette histoire, ils sont comme interrompus juste avant l’innommable, comme si une fée jouait la bonne conscience sur chaque individu dangereux. Le monde devient paisible, mais pour combien de temps?

 » La haine semblait avoir disparu. Aussi simplement que ça. Aussi simplement. »

La violence ayant disparu du quotidien, elle apparait sous une autre forme: les souvenirs.
À travers le destin de plusieurs personnages, on se retrouve au cœur des pensées, des souvenirs de chacun. On partage leurs vies, pour 24 heures, des vies où l’espoir renait comme un Miracle.
« Elle sourit en reprenant l’album photo. Le ver était dans le fruit, sans aucun doute, et la dépression reviendrait. Il ne s’agirait alors que de savoir comment tenir le coup, comme s’accrocher jusqu’à la prochaine bonne surprise, jusqu’au prochain bonheur, si court soit-il. »



Saïdeh Pakravan est née en Iran. Elle est franco-américaine et partage depuis 30 ans sa vie entre Washington et Paris. J’ai découvert sa plume avec son premier roman AZADI en 2015 qui l’a enfin révélé au public français. Un récit que j’avais adoré, couronné par le prix de la Closerie des Lilas et le prix Marie-Claire. C’est avec grand plaisir que je l’ai retrouvé avec cette histoire originale à l’écriture plus affirmée.


Comme un rêve éveillé j’ai passé 24 heures aux USA et en ces temps incertains, trop chargés de violence ce livre fait du bien. Si seulement c’était vrai. Si seulement on pouvait faire une trêve.


Un livre touchant qui met pourtant le doigts sur des sujets très sensibles, tel que le terrorisme, la pédophilie, les violences conjugales. Le mal est partout, en mode veille.
« La colère des imbéciles remplit le monde. « 

Une histoire qui fait doucement rêver. Une belle réflexion sur notre monde et le chaos qui l’entoure, illuminée parfois d’une lueur d’espoir.
Merci à Slavka et Aux Éditions Belfond pour cette découverte de la rentrée littéraire.

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8 réflexions sur “ » La trêve « 

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