» Le poison « 

Le poison de Charles Jackson aux Éditions Belfond collection Vintage


« Était-ce cela qu’il avait tant cherché? Il avait atteint la phase où une seule chose comptait: boire, boire toujours, boire davantage, et demain, boire encore, jusqu’à l’anéantissement total. »

Ce récit a été publié en pleine seconde guerre mondiale avec un succès retentissant aux États-Unis et dans le monde.

Charles Jackson nous brosse le portrait d’un alcoolique.

Don Birnam, écrivain raté, supporte la vie grâce à l’alcool. Comme toute addiction , tous les moyens sont bons pour assouvir ce besoin de boire. Jour après jour, verre après verre une véritable descente en enfer. Entre mal-être et culpabilité le voyage très alcoolisé se poursuit. Voyage en solitaire, pour seul compagnon la dose nécessaire pour tenir jusqu’au lendemain.


« Une fois le verre devant lui, il se sentit mieux. Il ne le but pas immédiatement. Maintenant qu’il le pouvait, il n’en éprouvait plus le besoin. Au contraire, il s’offrit le luxe de l’ignorer pour un temps. Il alluma une cigarette, sortit plusieurs enveloppes de sa poche, déplia et parcourut une vieille lettre, rangea le tout et commença à chantonner doucement. Puis il se joua la comédie subtile et étudiée de l’ennui.Et quand, pour en finir, il leva le verre jusqu’à ses lèvres, ce fut avec un air excédé qui semblait dire : « Ma foi, je suppose que je ferais aussi bien de le boire, maintenant que je l’ai commandé. » »

Une écriture sans concession, bouleversante, mais personnellement assez déprimante. Cette addiction terrible qui mène vers une déchéance terrible, vers une triste solitude sans aucune joie à l’horizon, n’est pas du tout enviable et ne fait pas rêver.

Un roman qui m’a rappelé le livre de Frederic Exley, dernier stade de la soif. Un style de lecture, qui malgré sa qualité d’écriture n’est pas fait pour moi. Je ne l’apprécie pas à sa juste valeur. Ce genre de récit à tendance à me plomber le moral très vite. Quitte à sombrer autant se perdre dans un bon verre de whisky 18 ans d’âge, avec modération ou pas …


Des livres qui sont considérés comme des chefs-d’oeuvre intemporels de la littérature de l’addiction.

 

 

Charles Jackson
Charles Jackson est né dans le New Jersey en 1903, et a grandi à New York. Sa jeunesse est marquée par plusieurs drames : la disparition brutale de son frère et de sa soeur dans un accident de voiture ; son enfermement pendant cinq ans dans un sanatorium où il manque mourir de la tuberculose. En 1944, Charles Jackson écrit son premier roman, Le Poison, un best-seller immédiat inspiré par sa vie et ses propres démons, adapté au cinéma par Billy Wilder en 1945, et qui paraît en France chez Julliard en 1946. Trois romans suivront, qui ne connaîtront pas le même succès. Alors que ses problèmes d’alcoolisme et sa bisexualité l’éloignent de sa femme et de sa famille, Charles Jackson meurt d’une overdose le 21 septembre 1968, à New York, alors même qu’il écrivait une suite au Poison.

 

Je remercie les Éditions belfond pour cette lecture alcoolisée.

 

 

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6 réflexions sur “ » Le poison « 

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