» Des hommes sans femmes  » 

Des hommes sans femmes de Haruki Murakami aux Éditions Belfond 



 » Un jour soudain, vous êtes devenus des hommes sans femmes. Ce jour arrive sans qu’il y ait eu auparavant la moindre allusion ou le moindre avertissement, sans que vous ayez éprouvé de pressentiment ou de prémonition, sans toc-toc, sans petits toussotements. Vous avez tourné à un angle et vous savez déjà que c’est arrivé. Mais impossible de revenir en arrière. Dés ce tournant pris, voici le seul monde qui sera le vôtre désormais. Un monde que l’on appellera celui des  » hommes sans femmes » .

Un pluriel froid et sans fin. « 

Murakami fascine à bien des égards. Sa plume nous emprisonne, nous captive, nous charme. Il nous emporte dans sons univers, alliant à merveille le réel et le fantastique.


Lire Murakami, c’est comme entrer dans un rêve merveilleux et ne plus vouloir le quitter, même si parfois il peut être très étrange. Il nous surprend et nous fait voyager dans un univers qui n’appartient qu’à lui.


Son œuvre ne cessera de nous renverser, de nous donner le vertige.

Cette fois encore la magie opère à travers ces septs nouvelles. Il explore la place des  femmes dans la vie des hommes. Qu’elle soit présente ou absente, la femme laisse toujours une trace, un souvenir, un manque. La solitude s’installe tout doucement dans ces cœurs d’hommes abandonnés. Le doute s’immisce, les questions se bousculent.


 » Son imagination, tel un instrument coupant acéré, le torturait sans pitié, longuement. Il lui arrivait aussi de songer qu’il aurait été beaucoup plus heureux s’il avait tout ignoré. Mais dans la vie, en toutes circonstances, il valait mieux savoir que de ne pas savoir. Il en était convaincu. Quelles que soient les souffrances terribles qui s’ensuivraient, il fallait qu’il sache. Seul le savoir permettait de devenir plus fort. » 

Une douce mélancolie imprégne ces nouvelles, et une certaine musicalité résonne dans les souvenirs de chaque homme, des souvenirs tantôt heureux et tantôt malheureux.

 » La musique a le pouvoir de revivifier les souvenirs, avec une intensité telle que l’on en est parfois blessé. « 

L’isolement engendré par ces abandons rend les hommes fragiles et solitaires. Murakami explore leur part d’ombre et rend ces héros vulnérables et attendrissants.

 » Des hommes sans femmes » ,est un magnifique recueil de nouvelles puissantes et originales. Entre confession et souvenir, les hommes se livrent et se délivrent en toute intimité sous la plume d’un virtuose écrivain.

Une fois de plus Haruki Murakami m’a comblé, son écriture m’a emporté dans un univers masculin plutôt secret à travers des portraits d’hommes attendrissants.

 » – Mais peut-être que vivre ce genre d’expérience douloureuse-la solitude, par exemple-, c’est nécessaire quand on est jeune, non ? Ça aide à grandir…

-Tu crois ? 

– Comme les arbres qui doivent survivre à des hivers rigoureux pour devenir plus gros et plus puissant. Quand le climat est toujours doux et clément, ils ne peuvent pas développer d’anneaux de croissance.  » 

Né à Kyoto en 1949 et élevé à Kobe, Haruki Murakami rencontre le succès avec ses deux premiers livres, Écoute le chant du vent, qui lui vaut de remporter le prix Gunzo en 1979, et Flipper, 1973 (2016).
Suivront, notamment, Chroniques de l’oiseau à ressort (nouvelle édition Belfond, 2012), Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil (2002), Après le tremblement de terre (10/18, 2002), Les Amants du Spoutnik (2003), Kafka sur le rivage (2006), Le Passage de la nuit (2007), Saules aveugles, femme endormie (2008), L’éléphant s’évapore (2008), Autoportrait de l’auteur en coureur de fond (2009), Sommeil (2010), La Ballade de l’impossible (nouvelle édition, 2011), 1Q84 (Livres 1 & 2, 2011 ; Livre 3, 2012), Les Attaques de la boulangerie (2012), Underground (2013), L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage (2014) et L’Étrange Bibliothèque (2015). La plupart de ses romans ont paru chez Belfond et sont repris chez 10/18.
Plusieurs fois favori pour le prix Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Literary Prize, le prix Kafka 2006, le prix Jérusalem de la Liberté de l’individu dans la société en 2009, le grand prix de la Catalogne 2011 et le prix Hans Christian Andersen en 2016.


Haruki Murakami , le maître au sommet de son art.

Haruki Murakami
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