» Les rumeurs du Mississippi « 

Les rumeurs du Mississippi de Louise Caron aux Éditions Aux forges de vulcain



 » On m’a privée de la vérité au profit d’une fausse sérénité…

J’ai décidé de me battre avec des mots, non pas clandestinement sur des tracts comme l’avait fait mon père, Mais à la une des journaux. « 


Sara Kaplan est journaliste au New-York Times. Un jour, elle reçoit une lettre confession d’un homme qui s’accuse d’un crime pour lequel un autre homme, Chayton Cardello, est sur le point d’être exécuté.

 » Dans la soirée du 4 juillet 2008, j’ai étranglé une fille à l’odeur épicée, aux yeux comme des trous noirs, près du lac à quelques miles de notre ranch. Quand le shérif adjoint s’est pointé chez nous le lendemain, ma mère l’a embobiné d’un mot, d’un regard, d’un sanglot. Du coup il m’a laissé tranquille. »


Cet homme qui s’accuse s’appelle Niko Barnes, un vétéran de la guerre d’Irak. Il se considère comme un homme SANS: sans diplôme, sans fortune, sans femme, sans amis, sans le moindre espoir que ça s’arrange. 

Sara Kaplan se met en devoir de lever le voile sur ce mystérieux coupable et part enquêter, là où a eut lieu l’assassinat. Elle va y mener un véritable travail d’investigation. Cette affaire lui tient à cœur, son père était lui aussi vétéran de guerre. Il a longtemps souffert de symptôme Post- traumatique avant que cela finisse en tragédie.



 » On devrait pouvoir se dépouiller de sa mémoire sans traîner des chagrins qui vous entravent. »

Elle recueille un bon nombre de témoignages et pas mal de confidences, les langues se délient. L’affaire Barnes / Cardello ranime les souvenirs, chacun règle ses comptes avec le passé. Même Sara Kaplan tente de régler les siens.



 » À la suite, j’avais noté Et souligné : Sara arrête de vouloir régler tes comptes avec l’armée. »

Cette affaire réveille sa colère contre l’armée américaine. Son acharnement ne plaira pas à tout le monde, mais sa détermination n’aura pas de limite.



 » J’avais de nouveau rendez-vous avec le manque. J’apprenais à apprivoiser la douleur. Tapie dans mon corps, elle me minait. À cela s’ajoutait l’incertitude de l’avenir. « 

Louise Caron nous offre bien plus qu’un roman. À travers cette histoire, ce portrait de femme battante, elle nous livre une réflexion sur les dégats de la guerre sur l’homme, ses traumatismes. Véritable sujet tabou aux états-Unis où le nombre de suicides chez les vétérans de guerre ne cesse d’augmenter. Une vraie épidémie, qui fait plus de morts que la guerre elle-même. L’auteur  pose également un regard réaliste et poignant sur un coin de l’ Amérique profonde.

Des phrases percutantes, un style brillant, éloquent, plaisant et ce n’est pas quelques petites imperfections qui enlèveront sa qualité au récit.

Quand les mots vous parlent, quand les mots vous touchent, au point de ne pas quitter le roman avant la fin, même quand les émotions se libèrent et vous brouillent la vue.

Belle couv’, belle plume, beau style, une histoire qui respire l’authenticité, un très beau et grand moment de lecture.


Louise Caron est Docteur en neurobiologie et en biochimie, comédienne, metteur en scène, auteure.
Elle entame, en 1983, une formation de comédienne au théâtre-école de Montreuil.
En 2007, elle quitte Paris pour les Cévennes. Depuis, elle consacre son temps à l’écriture et au théâtre.
Son premier roman, « Se départir », est paru en 2012. Sa pièce « Comme un parfum d’épices dans les odeurs de menthe », lauréate du prix d’écriture théâtrale « NIACA » en 2012, a été publiée en septembre 2014.
En 2015, elle publie « Chronique des Jours de cendre » puis en 2017, « Les murmures du Mississippi ».


Une auteure à suivre.

Je remercie David des Éditions aux forges de Vulcain pour cette lecture vibrante. 


 

 

 

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