» Novembre « 

Novembre de Joséphine Johnson aux Éditions Belfond collection vintage



 » Il n’y a rien de majestueux dans notre existence. La terre tourne en vastes rotations mais nous zigzaguons sur sa surface comme des moustiques, nos journées absorbées par la masse des petites tâches, cette confusion qui forme notre existence nous empêche d’être vraiment vivant. Nous nous fatiguons, nos jours sont brisés en mille morceaux, nos années hachées en jours et en nuits, puis interrompues. Les heures de notre vie volées à nos heures d’activités. Ce sont des intervalles et des éléments volés – parmi quoi ? Ce qui est nécessaire à rendre la vie supportable. « 



La famille Haldmarne, après avoir été ruinée par la Grande Dépression, est venue tenter sa chance dans le Midwest. Pendant une année nous allons partager leur vie faite de labeur sans fin. 

 » Si un homme a en tête de mettre de l’argent de côté pour l’avenir, Il garde le nez dans le sillon et la main à la charrue même en dormant. »


Rien ne leur sera épargné, ni la sécheresse, ni les tempêtes de sable, ni les incendies. Plongée dans la misère cette famille bascule jour après jour vers une terrible tragédie. 

« Quand tout serait mort enfin, je pensais que nous serions délivrés de l’espoir, mais l’espoir est une obsession qui ne meurt jamais. »


Comment se protéger d’un destin funeste avec une vie si difficile, un travail si ingrat, pas d’argent pour se soigner et encore moins pour se nourrir. À quoi bon tout ça! 

 » Mais ce n’était pas une vie ! Si les jours ne sont que des déserts à traverser entre une nuit et une autre… » 


Novembre est un véritable chef-d’œuvre. Un premier roman écrit par une jeune femme de vingt-quatre ans qui a été consacré par le prix Pulitzer en 1935. 

Rien d’étonnant à cela. En parcourant ces pages, j’ai été en totale admiration devant cette plume lyrique, magnifiquement ciselée qui m’a touchée en plein cœur. Ce récit dégage avec force une multitude d’émotions. Une plongée extraordinaire dans un fragment de vie d’une famille américaine d’une réalité bouleversante. Un récit aussi beau et puissant que les raisins de la colère de Steinbeck mais avec une voie unique. 

Une œuvre tout aussi magistrale qui mériterait d’être étudiée et de figurer dans les Grands Classiques de la littérature américaine. 

Un tableau poignant d’une famille de la middle class américaine dans un pays ravagé par la crise. 

On ne peut que remercier les Éditions Belfond d’avoir republié cette merveille dans leur collection Vintage. 

Un classique du genre à redécouvrir absolument.

Un énorme coup de cœur. 

Traduit de l’américain par Odette Micheli. 

Josephine Johnson est née en 1910 à Kirkwood, dans le Missouri. Après des études à l’université de Saint Louis, elle retourne dans la ferme de sa mère et entame la rédaction de Novembre.  

Dés sa parution en 1934, le roman est salué comme un chef-d’œuvre de la littérature de la Grande Dépression. Josephine Johnson remporte le prix Pulitzer l’année suivante à seulement vingt-quatre ans, ce qui fait d’elle la plus jeune lauréate du prestigieux prix. En France, le livre paraît chez Stock en 1938. En 1942, elle épouse l’éditeur d’une revue agricole avec lequel elle aura trois enfants. Elle devient professeur à l’université de l’Ohio, sans pour autant renoncer à sa carrière d’écrivain. Auteur prolifique, elle écrit deux recueils de  nouvelles, de la poésie, un livre pour enfants, des mémoires et trois autres romans, qui ne connaîtront pas le même succès que son extraordinaire premier roman. Josephine Johnson s’est éteinte en 1990 à Batavia, dans l’Ohio. 

Je remercie les Editions Belfond pour cette réédition qui m’a permis de découvrir une œuvre magistrale. 


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6 réflexions sur “ » Novembre « 

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