» Manège « 

Manège de Daniel Parokia aux Éditions Buchet- Chastel


Tu me fais tourner la tête, mon manège à moi c’est toi, je suis toujours à la fête quand tu me tiens dans tes bras…..

 » La musique était lente. Un calme et une pudeur – le sérieux de l’amour aussi, autant que l’espoir d’aimer – se dégageaint de la chanson. « 

Il y a dans nos vies des milliers de chansons, et certaines directement associées à un moment bien précis. Pour Matteo, c’est Non ho l’età  de Gigliola Cinquetti qui lui rappelle une vieille histoire d’amour.

 » Un souvenir d’autant plus vif qu’à peu près à la même époque il avait acheté un scooter et était tombé amoureux pour la première fois. De Mathilda, justement. 

Pour lui, Gigliola faisait partie des cadres sociaux de sa mémoire – une mémoire douloureuse -, car l’expérience de ce primo amore avait été assez cuisante pour lui laisser des traces indélébiles, loin de la chanson sucrée qui, pour toujours, le lui rappellerait. « 

Et c’est en se faisant renverser par une voiture à un carrefour qu’il va retrouver cette amoureuse qui n’est autre que la conductrice. Après le coup de foudre, le coup de tôle…

Vingt-six ans ont passé, pourtant en un instant tous les souvenirs de cet été lui reviennent, mais une fois encore Mathilda s’est envolée.

 » Mais on était trente ans plus tard ou presque et s’il voulait retrouver Mathilda, il fallait qu’il sorte de sa rêverie. Le voulait-il vraiment ? « 

À travers des flashback l’histoire nous est contée. On voyage entre les années 90 et les années 60, entre amour et chagrin, entre regrets et remords, dans le Lyon d’hier et d’aujourd’hui.

 » Tout cela ne le menait pas très loin. Le pire était que cette enquête le plongeait dans des abîmes de la mélancolie. Comment sa vie avait-elle pu lui échapper à ce point ?  En réalité, il le savait parfaitement. Même s’il n’y pensait plus aujourd’hui depuis longtemps. Il se rappelait maintenant toute  l’histoire avec une acuité douloureuse. « 

Et même si comme le dit une chanson : Les histoires d’amour finissent mal, en général … Celle-ci est bien sympathique à lire. Un joli roman d’ambiance qui entraîne le lecteur dans le charme cossu de l’ouest lyonnais.


Ça sent bon les prémices de l’amour, les vacances, les bonheurs simples. Mais aussi la fascination pour Matteo de découvrir le luxe et la richesse, lui si loin de cet univers,  mais qui risquent hélas de l’étourdir un certain temps. L’amoureux est aveugle et ignore la trame qui se prépare en coulisses à son insu. 

Un beau roman, une belle histoire, savoureuse comme une douce mélodie. Une danse à deux, un tour de manège qui s’arrête à la fin de l’été pour reprendre peut-être, quelques années plus tard…

Daniel Parokia


Daniel Parokia vit à Lyon. Professeur émérite depuis 2012, Il est proche, en tant que philosophe de l’œuvre de François Dagognet. Son premier roman,  Avant de rejoindre le grand soleil, publié en 2015 chez Buchet Chastel, a été particulièrement remarqué ( sélection prix de Flore ) Ce deuxième roman devrait en ravir plus d’un. 

Je remercie Claire et les Éditions Buchet Chastel pour cette romance pleine de suspens dans une ambiance très fitzgeraldienne. 


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