» Les lumières de Cape Cod « 

Les lumières de Cape Cod de Beatriz William aux Éditions Le Cercle Belfond

 

 » (…)

           – La vérité, c’est que tu n’as qu’une seule question à te poser avant de faire quoi que         ce soit.

           – Laquelle ? 

           – Veux-tu qu’elle devienne ta femme ou est-ce simplement pour passer du bon temps ?    »   




Dans les années 60 à Cape Cod, la famille Hardcastle s’apprête à vivre un grand moment retransmit à la télévision, achetée pour l’occasion. Tiny, la femme de Franck est présente sans être vraiment là, elle semble quelque peu contrariée. Pourtant, tout lui sourit ou presque ? Elle a épousé un bon parti et s’apprête à devenir la nouvelle First Lady, enfin si Franck est élu… Alors qu’elle est donc cette ombre qui semble s’incruster dans ce tableau idylique ? Serait-ce l’arrivée de sa sœur qui l’ennuie, Pepper est parfois si insolente sous ses airs de femme fatale. Ou alors le retour de Caspian, le cousin de son mari qui la perturbe ?


Bon sang ! C’était toujours pareil avec les désastres, on ne les voyait jamais venir.  » 

Tiny était pourtant prédestinée à cette vie. Elle a reçu une bonne éducation et son chemin semblait tout tracé, sa ligne de conduite tellement exemplaire, tout ce qu’on attend d’une bonne fille et d’une charmante épouse d’un futur président.



 » Mais vous me connaissez. Je fais ce que je dois faire, c’est ma bon sang de personnalité, ma bon sang de nature, ma culpabilité, mon désir de faire plaisir aux autres. Je fais ce que l’on attend d’une bonne épouse, même bafouée. Je sublime la colère en quelque chose de plus convenable .  » 



Alors qui est ce mystérieux corbeau ? Qui tente de menacer la réputation de Tiny ? Combien de temps encore avant que l’image de l’épouse modèle se fissure ? Peut-on aimer vraiment, ou seulement faire semblant ?

 » En matière de secrets, ma chère, ce n’est pas le nombre qui compte, mais leur importance.  » 

 

Beatriz Williams nous fait voyager entre le présent et le passé à travers différents personnages, tout en nous offrant de magnifiques portraits de femmes dont celui de Tiny prise au piège de la passion. Un suspens s’installe, astucieusement mis en place dés le départ et tient en haleine le lecteur jusqu’au final. Une romance qui m’a souvent fait penser à Lady Diana avec une pointe de la série télévisiuelle  » Scandal « . 



La course au pouvoir, les trahisons, les infidélités, les amours secrets , la famille, l’éducation de la bourgeoisie, les ingrédients idéals pour une histoire romanesque, mélodramatique, sentimentale. Une romance où la rebelion des femmes indépendantes pointe son nez et va bouleverser la bonne société américaine. 

Un roman qui m’a davantage plu pour son suspens, sa construction et son écriture que pour le coté romantique. Une lecture agréable dans l’ensemble même si j’avoue ce n’est pas mon style de prédilection.

Une lecture idéale pour les romantiques un peu rebelles dans l’âme.

Beatriz Williams
Beatriz Williams est née en 1972 à Washington. Après une carrière dans le conseil financier, elle s’est tournée vers l’écriture de romans historiques, publiés sous le nom de Juliana Gray. Les lumières de Cape cod est le troisième volet d’une trilogie entamée avec L’été du cyclone ( belfond 2015; Pocket 2016) et La Vie secrète de Violet Grant ( Belfond 2016. Pocket en juin 2017 ) Elle vit actuellement dans le Connecticut.


 

Je remercie les Éditions Belfond pour cette roman américaine. 

 

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 » Ne dis rien à papa « 

Ne dis rien à papa de FrançoisXavier Dillard aux Éditions Belfond 

« – Là, je suis là, monsieur, j’ai peur, venez me chercher !

(…)

– Mon Dieu, mais qu’est-ce qui a bien pu t’arriver ? Ne t’inquiètes pas, tu es en sécurité maintenant, nous sommes là…Mark…Mark ! J’ai trouvé quelqu’un Ici, viens vite et appelle des secours, Il nous faut un hélico. 

    Je commence à ressentir une froide torpeur, comme si tout mon être était aspiré dans le néant. Je serre la main du type de toutes mes faibles forces. 

– Je veux partir de cet endroit, s’il vous plaît, emmenez-moi…

J’ai encore la force d’entendre des bruits de pas, une agitation, des mouvements, quelques cris et puis un autre homme penché vers moi. Un policier, il y a dans ses yeux un grand vide et ses traits sont décomposés. Il a l’attitude d’un homme qui vient de croiser la Mort en personne. 

  – Il faut appeler tout le monde, mon vieux, tout le monde… Je reviens du jardin. C’est épouvantable… Ils sont tous là ! « 


En Australie, quatre jours se sont écoulés avant que la police fasse cette macabre découverte… 

Sur un autre continent, un couple et leurs deux enfants coulent des jours quasi paisibles, en dehors des frictions entre Arno et Victor, les jumeaux, aux caractères différents. L’un plutôt introverti et l’autre extraverti. 

L’arrivée d’un nouveau voisin réveille dans le couple de vieille rancoeur au sujet du passé resté secret de madame. 

Une ambiance étrange s’installe sournoisement. Certains ont l’air d’avoir des secrets lourds à porter, voir même très encombrants. 

De manière troublante le Mal s’incruste…

« Comme un diable surgit des entrailles de la terre. » 

À travers des flash, la vérité s’insinue pas à pas et torture les protagonistes de l’histoire, y compris le lecteur. 

« La mort, Il l’avait côtoyée de si  près qu’elle était devenue une compagne qui ne l’effrayait plus et dont il avait appris et maîtrisé l’usage et les modalités. Elle pouvait revêtir différentes formes, faire son ouvrage avec douceur, sans bruit et sans douleur ou, parfois, être un épisode de souffrances, de pleurs et de cris. Il connaissait tous les aspects de cette cruelle partenaire. Il l’avait affrontée aussi, se battant contre elle comme un damné… »

Chaque famille a ses secrets plus ou moins avouables et quand la vérité éclate c’est pas toujours beau à voir, ni à entendre. 

François-Xavier Dillard a le pouvoir de te coller les fesses à ta banquette jusqu’à la dernière page. Une fois commencé son thriller, impossible de le quitter. Je m’étais déjà retrouvée piégée dans Fais-le pour maman, et bien pour Papa je vous le dis c’est du pareil au même. Autre histoire tortueuse mais au final même piège à lectrices. 

Il a un pouvoir  qui n’est pas donné à tous les auteurs de Thriller, mis à part quelques-uns dans la même lignée comme Hervé Commère et Patrick Bauwen pour ne citer qu’eux. 

J’adore quand l’auteur manie aussi bien la plume que l’intrigue. Je me suis régalée à travers ces jeux de pistes et ce labyrinthe qui te scotchent au dénouement. Tout s’imbrique à merveille et ce grand manipulateur a réussi son coup. 

Comme il se dit dans le monde livresque, un véritable page-turner, sous une tension extrême tout le long du récit. Une histoire de famille épouvantable. Tout est là pour kidnapper le lecteur pour des heures de tourmentes sans temps mort sous haute tension. 


François-Xavier un auteur talentueux, avec un style accrocheur qui en seulement 4 romans a réussi  à s’implanter brillamment dans le monde des Thrillers incontournables.  

Un Thriller captivant , une histoire démoniaque et un auteur que je continuerai à suivre. 

Faites- le pour moi, lisez-le et dites-moi tout après votre lecture. 

François-Xavier Dillard


François-Xavier Dillard est né à Paris en 1971, il a fait des études de droit et de gestion avant d’intégrer un grand groupe énergétique français au service des ressources humaines puis à la communication. Il est l’auteur de « Un vrai jeu d’enfant « et « Fais-le pour maman« , parus chez Fleuve noir. Après « Austerlitz 10.5, », co-écrit avec Anne-Laure Beatrix, Ne dis rien à papa est son deuxième roman à paraître chez Belfond.

Je remercie Camille et les Éditions Belfond pour ce Thriller captivant.  


 » Le dernier baiser « 

Le dernier baiser de James Crumley aux Éditions Gallmeister 



 » (…) détective de luxe, frétillant sur la piste d’un chien de bar alcoolique, bouffon au service de Madame. « 


Sughrue, détective privé dans le Montana est chargé par Madame de retrouver Monsieur l’écrivain avec un budget illimité. Une fois de plus Monsieur s’est fait la malle avec son cleb’s, donc pour retrouver le maître suivre la piste du chien Fireball. 

 » – Vous croyez qu’il fuyait quoi, le vieux ?

   – Il avait peut-être juste besoin d’un shoot de solitude dis-je, ou Bien une orgie de cavale. Je ne sais pas. « 


En attendant faut les retrouver sans trop picoler sur la route. Bar après bar ça va pas être simple. 


 » Il sirotait des bières en les faisant durer, espérant rincer le goût de la mort qu’il avait dans la bouche.  » 



Sa rencontre avec Fireball reste un moment absolument inoubliable autant pour Sughrue que pour moi même. Rencontrer un tel spécimen laisse des traces. 



« Fireball sortit de derrière le bar en trottinant, les bajoues flasques ourlées de sang. Il se hissa sur le repose-pieds, puis sur un tabouret, puis sur le comptoir, où Il traça lentement son chemin en renversant des bouteilles pour les prendre par le goulot dans sa gueule et les vider. Puis Il lapa tout le contenu de son cendrier, rota et redescendit à terre comme il était monté… »

Avouez que ça donne envie de continuer la lecture, et ne vous inquiétez pas, le meilleur reste à venir. 
L’aventure ne s’arrête pas là, même s’il a retrouvé Monsieur, lui aussi a peut-être bien du taf à lui proposer et sa compagnie n’est pas des plus déplaisante. On picole bien et on deconne aussi pas mal . Alors en avant pour la balade au quatre coins de l’Ouest américain sur la piste d’une nana disparue il y a 10 ans. 



« Maintenant j’essaie de garder deux verres d’avance sur le réel et trois de retard sur les ivrognes. » 



 Bienvenue dans ce roman emblématique divinement illustré par Thierry Murat. James Crumley nous présente pour la première fois un détective de haut vol, inimitable et rarement sobre. 

Aussi délicieux qu’une bière bien fraîche sauf que là tu peux en abuser sans modération, pas de gueule de bois au réveil. Le plaisir du lecteur est immense autant pour la qualité de la plume que pour l’histoire. Un bon polar, bien noir, poisseux, et un duo qui ne manque pas de sel accompagné d’un cabot très attachant. Ici il n’y a que l’humour qui est mordant, le reste corrosif, caustique et absolument bien dosé. 

C’est tellement bon qu’on en redemande. Alors n’hésitez pas, foncez. 

 Dernier Baiser savouré mais pas le dernier Crumley. Un autre m’attend et je m’en réjouis. 

James Crumley
James Crumley est né au Texas en 1939. Il sert deux ans dans l’armée, aux Philippines, puis continue ses études et sort diplômé de l’Université de l’Iowa. Au milieu des années 1960, il part vivre et enseigner dans le Montana, un État qu’il ne quittera plus. Il y côtoiera notamment Richard Hugo et James Lee Burke. Il décède en septembre 2008, à Missoula. 

Quelques mots sur la Maison d’Édition Gallmeister :

Gallmeister, ce sont 170 romans publiés, dont un traduit de l’anglais d’Angleterre, deux de l’anglais du Canada et zéro de tout autre idiome. Car le royaume de prédilection de la maison, c’est la terre d’Amérique. Celle des grandes plaines battues par le vent des Appalaches, des motels de l’Arkansas, des tripots du Dakota exhalant la Budweiser, de la Bible Belt peuplée de prédicateurs armés et d’idolâtres obèses. Celle de Steinbeck, de Fitzgerald, d’Hemingway, dont Olivier Gallmeister est un inconditionnel. 

Ce «maître de chant» (traduction de Gallmeister) a un sacré pif pour dénicher les excellents auteurs étrangers. Ceux qui marquent, ceux qui marchent. 

10 ans déjà pour mon plus grand plaisir. 

Le prochain…