» De l’influence de David Bowie sur La destinée des jeunes filles  » 

 »  De l’influence de David Bowie sur La destinée des jeunes filles  » de Jean-Michel Guenassia aux Éditions Albin Michel 


 » Moi, je me plais dissimulé dans le clair-obscur. Ou perché tout en haut, comme un équilibriste au- dessus du vide. Je refuse de choisir mon camp, je préfère le danger de la frontière. Apparemment, ni vraiment l’un, ni vraiment l’autre. Si un soir vous me croisez dans le métro ou dans un bar, vous allez obligatoirement me dévisager, avec ambarras, probablement cela vous troublera, et LA question viendra vous tarauder : est-ce un homme ou une femme ? 

Et vous ne pourrez pas y répondre. « 

Sous ses allures androgynes, Paul se complaît à laisser planer le doute. Elevé par sa mère et sa compagne, il grandit au sein de cette famille hors norme, joliment déglinguée.


 » C’est une fille ou un garçon ? 

Ma mère me dévisageait et répondait :  » j’en sais encore rien.  » 

En son fort intérieur, sa mère a de grands espoirs pour lui. Mais pas sûr qu’ils soient en accord avec ses souhaits. Alors parfois il sera nécessaire de jouer un double-jeu.

 

« Pour sûr, ce n’est pas bien de mentir à sa mère, mais je n’ai pas menti, je n’ai rien dit. La vérité, c’est l’enfer (…) Il vaut mieux rester dans le doute que de patauger dans une guerre de tranchées ou se déchirer. L’ambiguité me va comme un gant.  » 

Paul ne connaît pas son père. Ça ne l’aide pas à trouver son identité, même si son attirance physique est exclusivement réservée à la gente féminine. Il n’hésite pas à se lancer dans une relation tel un trapéziste, sans filet. Sur un malentendu, ça peut fonctionner, enfin peut-être ?

Le hasard va le mener vers une rencontre qui risque de bouleverser sa vie. Et ce n’est autre qu’un androgyne célèbre qu’il va trouver sur sa route.

 » Il y a des événements insignifiant qui prennent tout à coup une dimension extraordinaire, au point de changer votre vie, et plus tard, quand vous essayer d’analyser à tête reposée ce qui est arrivé, de vous remémorer l’enchainement des faits qui ont tout fait basculer, vous vous rendez compte que c’est parti d’un détail dérisoire et qu’il était strictement impossible de le prévoir, ou de l’éviter.  » 

 

Connaissant tous les romans de Jean-Michel Guenassia depuis ce magnifique roman :  » Le club des incorrigibles optimistes » , j’avais hâte de me plonger dans son dernier récit. Sans m’aventurer sur la quatrième de couverture,  je démarre ma lecture en totale confiance, et une fois de plus je suis subjuguée  par l’histoire qui s’offre à moi. Je m’attache d’emblée à Paul, ce héros peu ordinaire. Je suis ses mésaventures complètement captivée par l’écriture de l’auteur, pleine de sensibilité.




À travers ce roman initiatique, Jean-Michel Guenassia nous fait cadeau d’un conte moderne  en parfaite osmose avec le contexte actuel, où le paraître a pris une place si importante. Il aborde des thématiques qui dérangent les bien-pensants de notre époque tels que l’homo-sexualité, le transgenre, de même que les relations entre une mère et son enfant élevé sans père mais par deux mères. Mais aussi l’adolescence, la quête d’identité, la tolérance, la différence. 

Des personnages plein d’humanité, empreint de réalisme, auxquels on se lie d’affection et que l’on quitte à regret. Impossible de ne pas dévorer cette histoire en une fois.

Une belle histoire, drôle, touchante, pleine d’esprit, de vie, d’amour mais aussi de colère et de souffrance.  

Un beau roman pour ces drôles de vies, qui nous fait découvrir avec grâce les chemins de l’incertitude. 

Une fois encore, je suis tombée sous le charme de la plume de l’auteur que je vous invite à lire prochainement. 

 

Jean-Michel Guenassia
Il est l’auteur de quatre romans à succès : Le Club des incorrigibles optimistes (Goncourt des lycéens 2009), véritable phénomène d’édition en France et dans le monde, La vie rêvée d’Ernesto G. (2012), Trompe-la-mort (2015), La Valse des arbres et du ciel (2016) : Ma Chronique Ici, tous parus chez Albin Michel. À ce jour, il a vendu plus d’un million d’exemplaires de ses livres.

De l’influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles est son cinquième roman. Souhaitons lui autant de succès que pour les précédents. 

Je remercie les Éditions Albin Michel pour cette sublime lecture. 
 

 

 

 

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6 réflexions sur “ » De l’influence de David Bowie sur La destinée des jeunes filles  » 

  1. Quentin Crisp aussi, il avait souvent les cheveux purple, avait des ongles de couleurs, portait des bagues, des foulards et beaucoup de gens s’intérrogeait sur sa sexualité, homme/femme?, hétéro/gay/autre?
    Il jouait avec les genres et était heureux ainsi.

    Aimé par 1 personne

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