» Mato grosso « 

Mato grosso de Ian Manook aux Éditions Albin Michel

 » Il retrouvait le Brésil trente ans plus tard, sans se douter que c’était pour mourir bientôt.  »

Haret, écrivain bourlingueur revient au Brésil après un exil de trente ans. Il retrouve avec plaisir ce pays enivrant qui lui a tant manqué.

 » Je suis devenu fou de ce pays. De cette nature tirant sa beauté vénéneuse des pourritures qui s’y décomposent. De cette beauté dangereuse où glissent des cascavel mortels, grabouillent des mygales industrieuses, et se tapissent des jacarés aux aguets. Cette folie m’a gagné. Elle est en moi à présent, là où mes sentiments pourrissent et se délitent eux aussi pour former l’humus de cette déraison qui m’enivre de l’intérieur.  »

Une rencontre inattendue va quelque peut ralentir ses projets. Il ne s’attendait pas aussi tôt à un rendez-vous  » mortel ».

 » C’était comme quand il s’était essayé à la boxe. Ce crochet au foie par surprise. La première douleur du choc, et quelques secondes plus tard, l’autre douleur, celle qui irradie dans tout le corps jusqu’à faire disjoncter la conscience.  »

Dans cette ambiance sauvage, dans ce Brésil luxuriant et étouffant nous allons remonter le cours du temps et découvrir le fin mot de cette histoire. Nous avons rendez-vous avec l’amour et la mort. Mais il va falloir être patient et démêler le vrai du faux via ces deux personnages et ces deux versions.

 » (..) Bien sûr qu’écrire c’est mentir, c’est tricher, parce qu’écrire n’est qu’un jeu.

– Oui, écrire est peut-être un jeu, mais lire ne l’est pas.

– Bien sûr que si lire un roman, c’est aimer croire un mensonge, sinon on lit un récit… »

À votre avis Mato Grosso, roman ou récit ? Mensonge ou vérité ? Une chose est certaine c’est bien l’histoire de l’amour et la mort, comme le chante Bernard Lavilliers, dont je te parle encore, comme une maladie qui n’est jamais guérie, un cri inachevé qui ne s’est pas levé, un numéro précis qui n’est jamais sorti, au-delà du pouvoir, à travers les miroirs, je fous le grand bordel, dans la ronde officielle. Figé dans le silence, contemplant la mouvance, de cet amour fragile qui danse sur un fil…C’est un couple inédit, c’est un destin maudit..

c’est l’amour et la mort… dont je te parle encore …

Une histoire brésilienne que nous offre Ian Manook, cet écrivain voyageur, qui a pris grand plaisir à manipuler son lecteur.

Comme après certain grand voyage, j’en ressors mitigée . Pas aussi envoûtée que mon voyage en Mongolie, en compagnie de Yeruldelgger. Un roman intéressant à parcourir mais où j’ai eu du mal à m’y retrouver parfois. Malgré l’originalité de l’histoire, je ne suis pas tombée sous son charme. Il est vrai que c’est un peu la jungle par ici, autant dans les paysages que dans l’écriture foisonnante. Même la vérité se travestit en accord parfait avec le Brésil. J’en garderai un souvenir partagé entre l’amour des mots et la mort des maux qu’il véhicule. Un long chemin tortueux pour découvrir une vérité controversée.

Ian Manook est écrivain, éditeur, journaliste et patron d’une agence de communication. On ne compte plus les métiers exercés, pas plus que les nombreux prix ( Polar SNCF, Grand prix des lectrices de Elle polar, prix Quai du Polar, prix polar des lecteurs du Livre de poche…) qui ont couronné sa trilogie de  » thrillers mongols » traduit dans près de 10 langues : Yeruldelgger, Les temps sauvages et La mort nomade. Il écrit également pour la jeunesse à travers la série Tarko.

Mato Grosso est le dernier roman publié chez Albin Michel.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour cette lecture surprenante au cœur du Brésil.

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5 réflexions sur “ » Mato grosso « 

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