“ Tombée des nues ”

Tombée des nues de Violaine Bérot au Éditions Buchet / Chastel

 » Il faut que vous sachiez qu’un enfant né dans de telles conditions est condamné si sa mère ne parvient pas à sortir rapidement de son apathie, ne perdez pas de vue que pour elle l’enfant n’est pas un enfant, il faut vraiment comprendre que tout se joue en quelques minutes, si la mère est seule le pire peut arriver, dans cette histoire le bébé a eu beaucoup de chance, un homme providence a croisé sa route, tous ces enfants n’ont pas droit à pareil conte de fées. ”

Baptiste et Marion élèvent des bêtes dans leur ferme isolée du village. Ils attendent de nouvelles naissances dans leur cheptel mais ils étaient loin de s’imaginer que la première serait tout autre.

 » le père a bien réagi, certains ont des comportements brutaux, s’en prennent à leur femme, les accusent de mentir, de leur avoir caché la grossesse, se montrent jaloux, mauvais, lui non, il a eu ce moment de flottement mais il en est sorti assez vite, il a écouté ce que nous lui expliquions, la mère par contre n’entendait rien, n’exprimait rien, pas un mot, pas un geste ni un cri, rien … »

Cette nuit, Marion à son plus grand étonnement, vient de donner la vie à une petite fille. Elle ne réalise pas, elle est dans le déni.

 » j’entendais Baptiste discuter au téléphone, il expliquait, il racontait, il parlait du bébé, il n’arrêtait pas de parler de ce bébé, je l’entendais répondre oui Marion va bien elle se remet, et ces mots tournaient en boucle dans ma tête, Marion va bien elle se remet, la voix qui les prononçait se distordait, ricanait, c’était Baptiste et ce n’était plus lui, la voix riait, se moquait, Marion va bien elle se remet, ça pouffait de rire dans mon crâne, Marion va bien elle se remet, alors je souriais, qu’aurais-je pu faire d’autre que sourire puisque j’allais bien, puisque je me remettais « 

Je découvre l’écriture de Violaine Bérot à travers ce roman atypique qui soulève un sujet grave, une douleur de femme, le déni de grossesse : quand l’inconscient est plus fort que le corps. Le regard d’une femme sur une autre femme sans aucun jugement. 

L’auteur se démarque par la construction de son récit plutôt originale et vous propose deux choix de lecture, soit de la façon classique comme tout livre normal, soit en commençant par un chapitre qui vous mènera vers le prochain en suivant les indications comme un jeu de piste.

Personnellement j’ai choisi la lecture classique et me connaissant c’est celle que j’aurais préféré même si je tenterai prochainement la seconde.

Un roman choral, avec sept personnages qui nous donnent à tour de rôle leurs points de vue face à cette naissance, pendant quelques jours.

«  C’est Baptiste qui nous l’a annoncé, il a dit je voudrais que vous mettiez le haut- parleur pour que vous entendiez tous les deux ce que j’ai à vous dire, je l’ai interrompu il est arrivé quelque chose à Marion, il a ri, il a dit oui il est arrivé quelque chose mais ça va tout va bien … »

Avec ce titre à double sens en parfaite harmonie avec le récit et sa présentation où même le lecteur à son tour Tombe des nues.

Un sujet compliqué, abordé d’une manière inattendue auquel je me suis attachée comme le cordon du bébé attaché à sa mère pour être à la fin libérée de l’ignorance.

Violaine Bérot donne naissance à sa manière à un roman percutant où les émotions se bousculent, entre les sourires et les larmes,  comme à chaque venue au monde.

Tombée des nues est  né le 11 janvier 2018 en librairie pour le plus grand plaisir de l’écrivaine et tous les futurs lecteurs. Il pèse 162 pages et tient déjà toutes ses promesses.

Il est né le divin bouquin…

Violaine Bérot vit dans les Pyrénées  Son parcours éclectique l’a menée de l’informatique à l’élevage des chèvres. Dans cette vie en soubresauts, une seule contante : écrire. Elle a déjà publié deux romans chez Buchet/Chastel : Des motsjamais dits (2015) et Nue, sous la lune (2017). 

Une auteure que j’ai eu le plaisir de rencontrer à la Taverne du livre à Nancy, et que je vais suivre assidument. 

Je remercie Claire et les Éditions Buchet/Chastel pour cette belle découverte atypique comme j’aime dénicher sur mon chemin de lectrice. 

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“ Dans les angles morts ”

Dans les angles morts d’Elizabeth Brundage aux Éditions Quai Voltaire.

Traduit de l’anglais ( États-Unis) par Cécile Arnaud

“ Nous attendons. Nous sommes patients. Nous attendons des nouvelles. Nous attendons qu’on nous raconte. Le vent tente de nous raconter. Les arbres s’agitent. C’est la fin de quelque chose ; nous le sentons. Bientôt, nous saurons.  »

La ferme, cette ancienne exploitation laitière rachetée pour une bouchée de pain par un jeune couple New-yorkais se retrouve pour la seconde fois au cœur d’un drame.

Une fois encore, une personne vient d’y perdre la vie.

“ Il avait presque l’impression que c’était la toute fin du monde, qu’il ne restait plus rien, ni de jour, ni de nuit, ni de chaud, ni de froid, ni de rire, ni de joie. Et qu’il était à sa place. Dans ce néant. ”

Georges Clare le nouveau propriétaire est le premier suspect. Son comportement étrange est loin de l’innocenter. Il est entouré de secrets autant personnels que professionnels.

Elle n’était pas heureuse, déclara Georges. Avec moi, je veux dire. ”

Les trois frères Hale, déjà meurtris après le suicide de leurs parents, se retrouvent également mêlés à ce mystère qui entoure la maison de leur enfance. Ils étaient attachés à cette femme si gentille qui leur rappelait leur mère. Cole, le plus jeune n’avait jamais été à l’aise avec cet homme auquel il n’accordait pas confiance.

“ Cole l’observa. Encore un adulte qui essayait de lui donner des conseils. Mais c’était comme une radio allumée, lui aurait dit son oncle : on n’était pas obligé d’écouter. ”

La maison, témoin principal, gardera ses secrets, entourée de ses fantômes… si seulement elle pouvait parler.

Dans les angles morts fait parti des romans rares qui recèlent de multiples qualités. Il est à la fois un roman noir à couper le souffle autant par sa prose que par son histoire absolument terrifiante, surprenante et bouleversante, mais également un thriller psychologique qui flirte avec les grands classiques de la littérature américaine.

 » Il y avait un puzzle sur la table, représentant une ferme- une grange à foins, des vaches, une maison de fermier avec un porche. (…) En bas, le puzzle disait, Le calme et le silence. Il faillit en rire, parce qu’une ferme, c’était tout sauf ça. Il n’y avait aucune vérité dans cette scène pittoresque. Ce n’était qu’un chapitre parmi d’autres du grand conte de fées qu’était l’Amérique. Si on voulait voir une vraie ferme, il faudrait des fermiers ruinés et alcoolique, des animaux affamés craignant pour leur vie. Il faudrait des épouses amères, des enfants au nez morveux et des vieux brisés âpre avoir donné leur cœur et leur âme à la terre.  »

À travers une construction magnifique, Dans les angles morts nous offre aussi le portrait d’un pervers narcissique, un véritable sociopathe, un grand mythomane prêt à tout, on ne peut plus détestable.

L’histoire de deux familles, de deux femmes, de deux mères qui vécurent sans jamais se connaître dans la maison aux angles morts, où les fantômes veillent sur les vivants…

Un roman qui explore dans les moindres détails, les multiples cicatrices qui entachent les familles très différentes jusqu’à l’ensemble de la communauté.

Un roman exaltant, bouleversant, tragique et transcendant, à l’écriture singulière qui envoûte autant qu’elle brise le cœur.

Elizabeth Brundage une auteure talentueuse à découvrir absolument.

Je n’ai pas juste aimé, j’ai adoré.

Elizabeth Brundage est diplômée de l’université du Hampshire. Elle a étudié le cinéma à l’université de New York et a été membre de l’American Film Institute de Los Angeles. Elle a enseigné dans plusieurs universités, notamment à Skidmore où elle a effectué une résidence d’écrivains. Elle vit près d’Albany, dans l’état de New York. Dans les angles morts est son quatrième roman, après la parution aux États Unis de The Doctor’s Wife (2004), Somebody Else’s Daughter (2008) et A Stranger Like You (2010).

Je remercie Anne-Lucie et les Éditions Quai Voltaire pour ce sublime roman noir.

 » Nos souvenirs sont des fragments de rêves « 

Nos souvenirs sont des fragments de rêves de Kjell Westö aux Éditions Autrement

Traduit du suédois par Jean- Baptiste Coursaud

 » Et, au moment où j’écris ceci, malgré les quarante-sept années écoulées, je me souviens de cette journée comme si c’était hier – comme si mon existence n’avait été qu’une suite et un prolongement de ce trajet à vélo jusque chez les Rabell.  »

Alex, un jeune adolescent issu de la classe moyenne se lie d’amitié avec les enfants d’une puissante dynastie d’Helsinki, la famille Rabell. Tout les sépare, et pourtant un profond attachement va les unir et pimenter leur fougueuse jeunesse.

 » La vie commençait pour de bon, les plus intrépides d’entre nous essayaient tout se qui se présentait, et personne ne maîtrisait plus vraiment ce qu’il faisait.  »

La vie suivait son cours, tandis qu’une passion amoureuse naissait entre Stella et Alex et certains secrets de famille faisaient leur apparition.

 » Mais à cet instant-là il n’y avait plus rien à aimer : je devinais déjà qu’un incident terrible se déroulait pré de nous. Et donc j’étais tétanisé à mon tour – mais que pouvais-je faire ? Je n’étais qu’un simple invité à Ramsvik, je n’avais pas droit à la parole.  »

Portée sur quatre décennies, à travers une écriture fluide, limpide, une narration aussi élégante que passionnante. L’auteur finlandais Kjell Westö nous offre une formidable fresque romanesque.

Dans ce décor si particulier, au milieu d’un paysage en parfaite harmonie avec cette histoire aussi lumineuse que sombre comme peut l’être toute vie.

« Parce qu’il y a des ténèbres, et parce qu’il y a de la lumière. »

Via le portrait d’une génération, on voyage de l’enfance jusqu’à l’âge adulte avec des personnages forts, façonnés par leur vie. On découvre les interactions entre les classes sociales, le poids que représentent les héritages familiaux, l’amitié, l’amour le désamour, la trahison, tous ces souvenirs d’une vie fragmentée de rêves.

 » C’est l’amour qui fait que nous nous souvenons, c’est de l’amour que viennent les histoires. »

Un formidable roman d’un auteur qui m’était jusqu’alors totalement inconnu. Une plume que j’ai eu envie de découvrir attiré par ce titre qui s’accorde à merveille au roman. Un voyage Finlandais aussi surprenant que bouleversant en compagnie de personnages très attachants.

Un récit splendide, intense, époustouflant, irrésistible.

Une révélation de la rentrée littéraire qui m’a conquise.

Kjell Westö est né en 1961 à Helsinki. Il est l’auteur notamment du Malheur d’être Strake (2003), des Sept livres de Helsingfors (2008), publiés aux éditions Gaïa et d’Un mirage finlandais ( Autrement, 2016). KjellWestö est aujourd’hui considéré comme l’un des auteurs scandinaves les plus importants. Unmirage finlandais a reçu de nombreux prix et a été traduit en 15 langues. Nos souvenirs sont des fragments de rêves est son sixième roman.

Je remercie Camille, Émilie et les Éditions Autrement pour ce voyage finlandais exquis.

Je voulais juste rentrer chez moi

Chronique Anniversaire très spécial :

Il y a un an jour pour jour …

JE VOULAIS JUSTE RENTRER CHEZ MOI …

Mais des phares m’ont ébloui et leur propriétaire m’a percuté… de plein fouet : CHOC FRONTAL : Et crac boum cassée comme le jouet extraordinaire de Claude François … sauf que c’est pas le jouet qui était cassé mais ma voiture et quelques morceaux de mon squelette qui sont toujours en cours de réparation,

contrairement à ma voiture qui fut compactée sans que je puisse assister à son enterrement, sans pouvoir lui faire mes adieux… Et en faire mon deuil. Je me souviens en revenant plusieurs mois plus tard chez moi, je la cherchais encore sur le parking…

Ce voyage interrompu m’a conduit pour un long séjour à l’hôpital.

Moi qui rêvais d’une année sabbatique, je n’en demandais pas tant. Nourrie logée.. plusieurs mois, de quoi je me plains ENCORE ? Je les ai entendu les mauvaises langues, j’avais peut-être perdu mon genou mais pas mes oreilles !!!

En plus moi qui rêvais de passer du temps avec les pompiers, j’ai eu droit à passer 1h30 en leur compagnie, le temps qu’ils me sortent de ma boîte de conserve … ben oui hein… alors un rêve réalisé le pied direz-vous …. et pourtant j’ai pas pris mon pied et j’ai perdu mon genou !!! Je ne pouvais même pas rire, trop de côtes cassées aie aie aie !!

Bon tout ça pour vous dire , qu’après 4 longs séjours hospitaliers, deux opérations ( une troisième peut-être… à suivre) plus de 300 piqûres ( ouf c’est fini) , plus de 300 séances kiné ( là c’est pas fini) au moins 3000 médocs et même sûrement plus ( pas fini non plus )…Trois nouvelles cicatrices plus celles que l’on ne voit pas…j’ai survécu à mon accident, à mon année d’hospitalisation, j’ai survécu à beaucoup d’indifférence mais aussi de sollicitude. Une fois encore MOI qui suis un ACCIDENT j’ai survécu au deuxième ACCIDENT… je RÉSISTE…je prouve que j’existe ( hommage)

Et comme toute épreuve j’ai beaucoup appris, en même temps à force d’avoir été patiente si longtemps il fallait bien que je garde quelques séquelles… j’ai donc gardé ce qui me faisait défaut jusque là , la patience, qui l’aurait cru ?

J’ai aussi apaisé ma colère et pour ça je me suis fait aidé. Je me suis fait suivre, pas par un détective privé mais par une psy qui a fait du très bon boulot. Car ceux qui me connaissent savent que là non plus c’était pas gagné. Et pour ceux qui me croyaient en vacances, je vais leur envoyer un certificat de ma kiné avec qui j’ai bossé presque un an pour avoir un corps de rêve ( là je me suis fait avoir… ) Et pour remarcher et pouvoir botter le cul à tous les vilains et vilaines que je croiserai sur ma route future.

Un grand Merci à ma psy et ma kiné.

Et puis je me suis fait de nouveaux amis, lié et délié des vieilles et nouvelles connaissances. Des faux amis sont partis, des vrais amies sont restées, d’autres se sont éloignées un peu trop mais il en est ainsi… comme disait Madeleine Chapsal LES AMIS SONT DE PASSAGE …

De toute façon faut pas se mentir, on est toujours SEULE, surtout quand ça va Mal. Alors j’ai apprivoisé la solitude comme j’ai appris à être patiente et à apaiser ma colère, et je m’en suis fait une alliée. J’ai profité de cette pause imposée pour faire le point de croix ( Non, je déteste coudre ) j’ai fait des croix sur certaines choses et certaines personnes. Je me suis débarrassée des morpions ( tu sais le jeu où tu fais des croix ) Faut Bien déconner c’est un Anniversaire quand même.

Maintenant j’arrive à me concentrer sur le présent et laisser le passé derrière moi et j’ai vu ceux qui du passé restaient présent…

C’est dingue tous ces jeux de mots pour tous ces maux.

En parlant de mots, j’ai drôlement aimé me retrouver avec mes meilleurs amis LES LIVRES, sans eux j’aurais pas résisté si longtemps, un véritable sauvetage quotidien. Alors m’en suis pas privée autant que possible quitte à froisser certaines susceptibilités , les Livres c’est sacré alors là aucune concession possible.

Mais ça éveille et révèle une certaine vérité voire une vérité certaine…

Comme à mon habitude j’ai dit tout haut ce que je pensais tout bas , Bien et Mal m’en a pris mais c’est ainsi et j’assume, toujours droite dans mes baskets ( Enfin presque, suis bancale, un peu handicapée avec ma canne, j’ai volé la vedette au Docteur House) c’est comme ça que je m’aime, pas d’hypocrisie. J’aime pas les hypocrites alors … qu’ils aillent au Diable.. les je suis là en étant si souvent absent…

J’ai un peu retrouvé la petite famille, mais ma fille manque toujours à l’appel, c’est ainsi…

M’en fous même si je suis restée assise contrainte et forcée dans ce fauteuil roulant bien serviable mais détestable, j’ai grandi, un truc de dingue, une vraie métamorphose. Un chemin laborieux mais bénéfique. Suis pas encore à l’arrivée mais suis sur la bonne voie (Pas comme le chauffard).

Ce soir là, je voulais juste rentrer Chez Moi et j’y suis Chez Moi, un an après mais j’y suis, JE SUIS RENTRÉE CHEZ MOI. J’ai retrouvé mon cocon et ma JAZZY qui m’avait trop manqué ❤️

Bon Anniversaire ACCIDENT et j’en profite pour dire Merci à ceux qui sont toujours là 😘

 » Une vie comme les autres « 

Une vie comme les autres d’Hanya Yanagihara aux Éditions Buchet Chastel Traduit de l’anglais (États-Unis) par Emmanuelle Ertel

 » Aucun d’entre eux ne souhaitait réellement écouter l’histoire des autres, ils voulaient juste raconter la leur.  »

Dans les années 80, quatre étudiants s’apprêtent a conquérir New York. Leur amitié prit vie sur les bancs de la fac et ne cessa de grandir.

 » La situation n’avait rien d’étrange : vous étiez de jeunes hommes qui présumaient que tout le monde vous aimerait, non par arrogance mais parce que tout le monde vous avait toujours aimés, et vous n’aviez aucune raison de penser que, si vous vous comportiez de manière polie et aimable, on ne vous rendrait pas cette politesse et cette amabilité.  »

À travers cette amitié, ils vont se construire et devenir des hommes talentueux, des artistes chacun dans un domaine bien particulier. Malcolm deviendra architecte, JB peintre de renom, Willem acteur à succès, et Jude avocat.

 » Il y avait eu des périodes entre ses vingt et ses trente ans où il regardait ses amis et éprouvait un contentement si pur et si profond qu’il aurait souhaité que le monde autour d’eux s’arrête tout simplement, qu’aucun d’eux ne quitte plus cet instant, où tout avait atteint un équilibre et son affection pour eux était parfaite. Mais bien sûr, cela ne devait jamais être : un battement de plus, et tout se modifiait, et l’instant se volatilisait en silence.  »

La vie poursuit son chemin, les succès s’enchaînent mais parfois les échecs amènent une ombre au tableau. Les amours, les amies, les emmerdes, le boulot, le fric, la vie dans toute sa splendeur avec ses hauts et ses bas.

« Parfois la pression pour atteindre le bonheur devenait presque oppressante, comme si celui-ci était une chose à laquelle tout le monde devait et pouvait accéder, et que le moindre fléchissement dans cette quête vous était en quelque sorte imputable.  »

Au centre de cette épopée, Jude, s’impose avec force. Il reste une énigme et cache sous ses costumes de multiples blessures que seuls l’amitié et l’amour pourront estomper.

 » La journée s’était avérée étonnamment riche en souvenirs, l’une de celles où le voile qui séparait son passé de son présent s’était révélé étrangement transparent. Toute la soirée, il avait discerné, comme en vision périphérique, des fragments de scènes flotter devant lui et, pendant le dîner, Il avait lutté pour rester ancré dans le présent, pour ne pas se laisser dériver en direction de ce monde obscur, à la fois familier et effrayant, des souvenirs.  »

Pas à pas, j’entre dans l’histoire, j’apprivoise les personnages, je m’imprègne de l’atmosphère, je découvre cet univers masculin non démuni de sentiments et d’emblée je m’y attache. Je parcours la ville avec eux, je communie avec cette bande de potes pour mieux les comprendre et les apprécier. Ils me font rêver, ils me bouleversent, et je me prends à envier cette amitié si forte, si belle, sans contre-partie, sans jalousie, une amitié hors norme, gigantesque, véritable, si proche du véritable amour.

Je partage leurs vies, leurs souvenirs, leurs joies, mais aussi leurs peines, leurs douleurs. Et plus la trame du récit se précise , plus Jude prends de l’importance et plus le récit me percute.

Une vie comme les autres n’est pas un roman comme les autres. Il est à la fois fascinant et éprouvant. Aussi attachant que révoltant, beau et triste à la fois.

L’amitié, fil conducteur de l’histoire vole la vedette à l’amour même si elle s’en approche fortement. Car une telle amitié est impossible sans une once d’amour.

Un roman ambitieux, qui met en scène bien plus que quatre amis, il nous offre un regard sur la beauté de l’amitié, mais aussi sur la famille réelle ou adoptive, sur l’identité raciale, et l’orientation sexuelle parfois incertaine, sur l’argent le nerf de la guerre. Mais aussi sur la maltraitance, les traumatismes qui engendrent des souffrances éternelles et avec lesquelles il faut vivre, voire survivre.

Une vie comme les autres de par sa force m’a secoué, bouleversé.

Une vie comme les autres de par son style m’a captivé.

De par son intensité Une vie comme les autres m’a hypnotisé.

De par la puissance de ces mots Une vie comme les autres m’a impressionné.

J’ai aimé, j’ai rêvé, j’ai souri, j’ai pleuré, beaucoup pleuré pour ces amitiés masculines où l’amitié et l’amour se mêlent à la douleur.

Mais je suis heureuse d’avoir désormais dans mes souvenirs et dans mon cœur ce roman aussi atypique que peut l’être Une vie comme les autres.

Il risque d’en effrayer plus d’un, mais que serait la vie sans un minimum de risque ?

Il serait dommage de se priver d’un si beau roman épique américain plein de souffle et de style.

Un livre unique en son genre.

 » – C’est une excellente histoire (…) Je vais te raconter.

Avec plaisir. Je t’écoute, ai-je dit.

Et il a raconté… »

Hanya Yanagihara vit à New York où elle est journaliste et écrivain.

Je remercie Claire et les Éditions Buchet Chastel pour ce monument littéraire de toute beauté.

 » Sous – pression « 

Sous -pression de Pascal Jahouel aux Éditions Lajouanie

 » – Une bonne fois pour toute, c’est la dernière, et c’est pourquoi je vous enjoins d’en prendre bonne note. Mon nom est Bernard Hilaire Lejeune et pas « Il » je ne suis pas bouché à l’émeri, j’ai été au lycée, je professe en tant qu’officier de police et je suis donc solvable (…) « 

Les présentations sont faites, on voit tout de suite qu’il faut pas le prendre pour un bouffon. Il en a déjà cravaté pour moins que ça. BHL fait parti de la maison poulaga, un keuf, un vrai, un dur. Même si dernièrement il a pas mal glandé, il se sent prêt pour reprendre du service. Toute façon c’est pas le taf qui manque. Il est temps de remettre le gun à la ceinture et de filer au turbin.

 » – Nous v’la propre.

– Un autre de mes amis proches a trouvé la mort dans des circonstances pour le moins troublantes, vendredi dernier. (…)

Je mis direct le holà à ses épanchements intempestifs :

– P’t’être bien, mais à la queue comme tout l’monde, votre Valentin. (…) J’suis pas payé à la pièce. Merde ! « 

Et v’là les cadavres qui se bousculent, c’est pas pour autant qu’il va toucher plus de flouze, mais faut dépoter quand même, faut faire fissa. OK  ils ne vont pas mettre les voiles mais ça fait désordre dans le paysage du Havre.

 » Mon sens de la déduction rouillé par l’inactivité roucoulait de nouveau. J’aurais presque pu entendre le crissement des rouages s’engrener. Il y avait des interférences dans ma tronche et je ne m’encombrai pas de certitude. Néanmoins, je conclus qu’il y avait des points de concordances incontestables dans les trajectoires mortelles (…) .

On nage en eaux troubles, on patauge, heureusement y’a la bibine pour se remonter le moral et ça n’empêche pas de gamberger. Va bien falloir la résoudre cette affaire …

Pascal Jahouel use et abuse de la langue verte, il argote un peu, beaucoup à la folie. Si ça vous gêne , vous n’avez plus qu’à refourguer votre bouquin , car ici , c’est surtout comme ça qu’on cause. Enfoncez-vous bien ça dans le cigare.

 C’est d’ailleurs le point fort de ce roman policier mais pas que, pour le reste c’est pas l’enquête du siécle. Le plaisir il est dans le langage, ce qui va encore faire du rififi chez les intellos relous. Et pourtant comme dirait Coluche, qu’est ce qu’on se fend la gueule. il en a dans le calbar le mec. 

Alors voilà, si t’as envie de te fendre la poire sans te prendre la tête, et réviser ton argot pour parler voyou, tu fonces mettre dans tes pognes ce bouquin, tu te prépares à vivre un bon moment avec cette création littéraire burlesque, un bon trip bien fendard qui te fera oublier la vie un peu cheum parfois. 

Il a écrit celui-ci aussi

Je vais pas te raconter de bobard , j’ai assez kiffé, il ne sera pas tricard de ma bibliothèque même si j’ai trouvé l’enquête un peu faiblarde, je le mettrai à coté de son pote Requiem, suis sûre que ces deux là vont bien s’entendre. 

Pascal Jahouel est architecte. Il vit à Rouen. Sous-pression est la cinquième enquête de l’inspecteur Bertrand Hilaire Lejeune, plus communément appelé BHL. 

Je remercie JC des éditions Lajouanie pour cette lecture atypique bien poilante.  

 » Chanson de la ville silencieuse « 

Chanson de la ville silencieuse d’Olivier Adam aux Éditions Flammarion

 » Personne ne l’a vu depuis quinze ans. À part le fameux cliché au fusil, le regard halluciné, le torse maigre, la mine hirsute. Personne ou presque depuis qu’il a mis un terme à sa carrière. S’est reclus dans sa maison là- bas. N’acceptant aucune visite sinon la mienne de temps à autre. Se muant en ermite, en fou mystique, en alcoolique délabré, en artiste maudit, au fil des rumeurs, au gré des versions.  »

Sur la route il y a une fille partie à la recherche de son père, un chanteur qui a choisi de jouer les évaporés. Difficile de suivre les traces d’un homme qu’elle connaît si peu, si mal.

Elle le cherche et se souvient…

 » Je vis ici, désormais. Avec mon père quand il est là. Même s’il ne l’est jamais vraiment. (…) Je crois que je l’encombre. Qu’il ne sait pas quoi faire de cet enfant qui traîne chez lui. Parfois je parviens à arracher son attention quelques minutes. Alors il semble émerger d’un long rêve, dans lequel il replonge aussitôt.  »

Chercher un père qui avait déjà une propension à la fuite, entouré de mystère tel un fantôme même en pleine gloire.

 » J’ai appris que celui qui écrit n’est jamais celui qu’on voit. Qu’il est par nature invisible. Insaisissable. Caché profond sous l’écorce de l’individu. Celui qui écrit n’existe pas.  »

Enfermée depuis toujours dans sa solitude, elle a dû se construire à l’ombre de son père célèbre, mais défaillant où l’enfant n’avait pas sa place et le partager avec le public.

 » Une drôle d’enfance, m’avait dit Sofiane un jour. J’avais haussé les épaules. C’était la mienne et il me fallait bien faire avec.  »

Son errance se poursuit, l’espoir se fait rare. Comme un bon blues, ça lui écorche son cœur, ça casse sa voix, ça bouleverse sa vie, ça lui fait venir les larmes.

Elle est la fille qui cherche son père…

 » Il s’était évaporé une première fois. Il le ferait encore. Autant que ce serait nécessaire. Jusqu’à disparaître tout à fait, se dissoudre, laisser derrière lui sa propre écorce et se fondre dans l’air.  »

Olivier Adam nous offre une belle balade toute en délicatesse avec une écriture ciselée qui dévoile à travers un blues cette folle envie de disparaître.

Des mots doux pour accompagner cette errance et d’autres plus tendres pour magnifier le portrait de cette femme.

J’ accompagne la fille, je recherche avec elle celui qui aimerait qu’on l’oublie, pour toujours.

Je suis la fille qui lit cette histoire, je suis la fille qui découvre la musique qui surgit au travers de ces pages, je suis la fille qui s’accroche à ce blues qui résonne ici et là. Je suis la fille qui flâne dans ces rues où se cachent le père de cette fille … et pourquoi pas le mien…

Je suis la fille bouleversée par ce roman, qui aimerait tant retrouver son père évaporé, le temps d’une chanson dans la ville silencieuse.

Olivier Adam a toujours l’art et la manière de réveiller mes souvenirs et c’est toujours un bonheur de lire ses romans où brille toujours une étincelle d’espoir.

Chanson de la ville silencieuse, un beau roman, une belle histoire, un rêve éveillé, une balade au cœur de l’oubli.

Olivier Adam est né en 1974. Il est romancier et scénariste.  Il est l’auteur de nombreux livres dont Je vais bien, ne t’en fait pas (2000), Passer l’hiver (2004), Falaises (2005) À l’abri de rien (2007) Des vents contraires (2008), Le cœur régulier (2010), Les lisières (2012) , Peine perdue, La renverse. 

Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma. 

Son œuvre dépeint des personnages en butte à des crises d’identité, souvent dans des milieux ordinaires de la classe moyenne. 

Il est nommé chevalier des arts et des lettres en 2013. Depuis 2014, il tient une chronique mensuelle dans le journal Libération. 

Je remercie les Éditions Flammarion pour ce beau blues livresque. 

La route du tabac

La route du tabac d’ Erskine Caldwell au Éditions Belfond collection Vintage

Traduit de l’américain par Maurice Coindreau

 » La maison, qui se composait de trois pièces, reposait en équilibre sur des piles de minces pierres à chaux qu’on avait placées aux quatre coins. Les pierres avaient été posées les unes sur les autres, les poutres et la maison clouées toutes ensemble. L’aisance et la simplicité apparaissaient aujourd’hui clairement. Le centre de la cabane s’était affaissé au-dessous des seuils ; (…) La plupart des planches avaient pourri, et, à chaque coup de vent, on en trouvait des morceaux dans toute la cour. « 

La maison, ou du moins ce qu’il en reste, se trouve sur la route du tabac en Géorgie. Elle appartient aux Lester, une famille ravagée par la faim et la misère.

 » Sa blouse et sa jupe avaient été mises en loques par la bruyère et les pousses de chêne, dans les fourrés où elle récoltait son bois mort pour le feu, et jamais on ne lui avait acheté de vêtements neufs. À la voir sautiller parmi les ajoncs roux, on l’aurait prise, avec ses haillons noirs, pour quelque vieil épouvantail.  »

C’est vraiment la dèche y’a pas à dire, et faut supporter tout ça le ventre vide. Alors quand Lov Basey, s’en retourne chez lui avec un sac de navet sur le dos, en passant non loin de chez les Lester, les estomacs s’affolent et les rêves de repas frugaux font saliver l’ensemble de la famille. Ils feraient n’importe quoi pour y goûter …

 » Du reste, où c’est-il que tu les a trouvé ces navets, Lov ? On pourrait peut-être faire un petit arrangement tous les deux. J’ai toujours été honnête avec toi. Tu devrais me les donner, vu que j’en ai pas.  »

S’en suit une scène absolument mémorable, décrite avec un humour décapant qui restera présent tout au long du récit malgré toute la noirceur qui se dégage de l’histoire.

Erskine Caldwell, un auteur américain que je découvre à travers ce magnifique roman, nous livre la radiographie d’une époque, celle de la grande dépression, où la faim détruit autant le corps que l’esprit. Un combat quotidien que vécurent des milliers de famille dans les coins reculés de l’Amérique.

L’auteur décrit de manière assez crue , la vie des petits blancs du Sud de la Géorgie, sans porter de jugement.

 » (..) la crainte de n’avoir même pas un vêtement convenable dans lequel on pût l’enterrer. Il vivait dans une horreur croissante de mourir en salopette.  »

La route du tabac est un immense classique de la littérature américaine , paru en 1932 aux États-Unis et en 1947 Chez Gallimard, réédité chez Belfond pour le plus grand bonheur des retardataires comme moi. Mais comme on dit : Mieux vaut tard que jamais.

Un roman de 200 pages d’une force incroyable, puissant et pour moi inoubliable. Une rencontre absolument phénoménale, une plume talentueuse qui rejoint entre autre Steinbeck, des écrivains capables de mettre de la lumière dans la plus sombre réalité.

 » Dieu a peut-être bien voulu que les choses soient ainsi, dit Jeeter. Il en sait peut-être plus long que nous autres, mortels. Dieu est un vieux malin. On peut pas le rouler , Lui ! (…) Il m’a mis ici, et Il ne m’a jamais dit de m’en aller vivre ailleurs.  »

Un auteur et un roman que je conseille vivement à tous les amoureux de la littérature américaine d’une part et à tous les fans du rural noir.

À déguster sans modération.

Né en Géorgie en 1903, Erskine Caldwell a exercé les métiers les plus divers : machiniste de théâtre, marin, cultivateur, garçon de café, journaliste. De ces expériences, il puise l’inspiration pour décrire la vie des paysans et des ouvriers, qu’il choisit de dépeindre sans prendre parti ni s’apitoyer ; des personnages primitifs, dépourvus de préoccupations morales et de ressources matérielles, qui s’accommodent de la violence, de la fornication et de la mort. Un style particulier qui va faire de lui un des écrivains les plus censurés des États- Unis. Auteurs de 30 romans – parmi lesquels Le batard ( Belfond 2013) Haute tension à Palmetto ( Belfond 2015) Le petit Arpent du Bon Dieu – et de 150 nouvelles, Erskine Caldwell est mort en 1987 à Paradise Valley, en Arizona.

Je remercie les Éditions Belfond pour cette réédition de ce bijou de la littérature américaine.

 » Maharajah « 

Maharajah de M.J. Carter aux Éditions ChercheMidi

Traduit de l’anglais par Karine Lalechère

 » La position d’officier dans l’armée de L’Honorable Compagnie était pourtant supposée offrir des compensations. Néanmoins, au bout de quelques mois, elles semblaient bien maigre en regard des désagréments : le climat abominable, la barbarie désinvolte de la population indigène et la froideur guindée de la société européenne. Calcutta était l’esclave des apparences, du statut social et de l’argent.  »

Calcutta, 1837, le pays est gouverné par la Compagnie britannique des Indes orientales. L’écrivain Xavier Mountstuart s’est volatilisé dans les profondeurs de la jungle.

L’armée de la compagnie envoie à sa recherche Jeremiah Blake, un agent spécial et William Avery un jeune officier,

Un périple débute à travers le pays des mille et une nuits, une aventure parfois périlleuse mais passionnante qui ne leur laissera aucun répit et leur réservera quelques surprises.

 » L’homme que vous cherchez. Le poète. Je dirais qu’il avait l’apparence de quelqu’un qui ne souhaitait pas qu’on le trouve. Je dirais qu’il était au- delà de tout espoir.  »

Premier conseil si vous êtes tenté à lire ce livre. Ne vous fiez pas à la quatrième de couverture, ce livre cache derrière sa magnifique couverture un roman d’aventure historique. Le terme Thriller s’est glissé malencontreusement dans la présentation et n’a absolument rien à y faire.

Moi qui ne me fit pas au résumé je n’ai point été déçu, j’ai apprécié ce duo atypique et j’ai partagé leurs mésaventures avec enthousiasme. Le voyage était surprenant même si parfois ça traînait un peu, en même temps à dos de chameau on ne peut guère passer la cinquième.

Maharajah nous offre un belle aventure en Inde en 1837, avec un réalisme étonnant. Un livre qui plaira à tous ceux qui ont une âme d’aventurier.

Un beau voyage initiatique, une lecture agréable sans être mémorable mais au dépaysement garanti.

M. J. Carter vit à Londres. Maharajah a été salué par la critique et sélectionné pour plusieurs prix littéraires. C’est son premier roman.

Je remercie les Éditions le Cherche Midi pour ce voyage mystérieux.

 » Le Bon cœur « 

Le Bon cœur de Michel Bernard aux Éditions La Table Ronde

 » On en était arrivé au point où les gens ne l’appelaient plus  » la fille de Domremy  » , ou  » La Jeannette de Domremy  » mais  » La Pucelle ». Comment pouvaient -ils gober ça ? À dix-sept ans, des pucelles il n’y en avait plus que dans les couvents, et encore.  »

Pendant l’hiver 1429, Jeanne une petite paysanne du village de Domremy prétend entendre des voix, venues du ciel. Dieu lui parle et la missionne de combattre les anglais, de délivrer Orléans et de faire couronner le Dauphin.

 » Jean de Metz avait parlé en sa faveur sans trouble, avec sa voix habituelle, ferme et réfléchie. Il la croyait. Il croyait qu’elle était désignée pour accomplir une mission supérieur, dans l’intérêt du royaume de France et de toute là chrétienté, et voulait l’accompagner et la servir. Il croyait, il croyait… »

Baudricourt finira par cèder aux suppliques de Jeanne qui avec fière allure sur son destrier et pleine de volonté prendra le chemin vers sa destinée.

 » Quand la vitesse de la course déployait le tissu et le faisait flotter, on avait l’impression que la bannière soulevait le cheval et sa cavalière, avec des poignées d’herbe et de terre. Il fendait les cœurs et y versait la confiance et la force. « 

S’approprier une personne historique de cette envergure n’est pas une mince affaire même si on connaît l’Histoire sur le bout des doigts. Mais Michel Bernard, homme de l’Est avait quelques raisons de s’intéresser à une des femmes la plus mythique de sa région.

Le talent d’écriture de l’auteur rend ce récit authentique, tout en le romançant pour le rendre passionnant.

Le Bon cœur est le roman d’une jeune femme, une paysanne qui retint le royaume de France sur le bord de l’abîme, le sauva en y laissant sa vie.

Un bel hommage à une femme courageuse, combattante et pleine de foi.

À souligner la présentation du livre tres soignée qui met davantage le roman en valeur.

Un récit plein de grâce digne de cette femme qui changea le cours de l’histoire et touche encore le cœur de la France.

Un auteur qui me réconcilie avec L’Histoire de France et me la fait aimer à travers son chant d’amour.

 » …Ce qui est écrit ne meurt pas.  »

Michel Bernard est né à Bar-Le- Duc. Il est l’auteur entre autre de Deux remords de Claude Monet ( Ma Chronique ici ) . Mes tours de France (1999) . Comme un enfant ( biographie de Charles Trenet 2003) . La tranchée de Calonne (2007) . La Maison du Docteur Laheute (2009) . Le corps de la France (2010) Les forêts de Ravel (2015)

Il obtient de nombreux prix pour quasiment tous ses romans. Une belle plume de ma région.

Je remercie Anne- Lucie, Alice et les Éditions la Table Ronde pour cette lecture au grand cœur.