“ Dans les angles morts ”

Dans les angles morts d’Elizabeth Brundage aux Éditions Quai Voltaire.

Traduit de l’anglais ( États-Unis) par Cécile Arnaud

“ Nous attendons. Nous sommes patients. Nous attendons des nouvelles. Nous attendons qu’on nous raconte. Le vent tente de nous raconter. Les arbres s’agitent. C’est la fin de quelque chose ; nous le sentons. Bientôt, nous saurons.  »

La ferme, cette ancienne exploitation laitière rachetée pour une bouchée de pain par un jeune couple New-yorkais se retrouve pour la seconde fois au cœur d’un drame.

Une fois encore, une personne vient d’y perdre la vie.

“ Il avait presque l’impression que c’était la toute fin du monde, qu’il ne restait plus rien, ni de jour, ni de nuit, ni de chaud, ni de froid, ni de rire, ni de joie. Et qu’il était à sa place. Dans ce néant. ”

Georges Clare le nouveau propriétaire est le premier suspect. Son comportement étrange est loin de l’innocenter. Il est entouré de secrets autant personnels que professionnels.

Elle n’était pas heureuse, déclara Georges. Avec moi, je veux dire. ”

Les trois frères Hale, déjà meurtris après le suicide de leurs parents, se retrouvent également mêlés à ce mystère qui entoure la maison de leur enfance. Ils étaient attachés à cette femme si gentille qui leur rappelait leur mère. Cole, le plus jeune n’avait jamais été à l’aise avec cet homme auquel il n’accordait pas confiance.

“ Cole l’observa. Encore un adulte qui essayait de lui donner des conseils. Mais c’était comme une radio allumée, lui aurait dit son oncle : on n’était pas obligé d’écouter. ”

La maison, témoin principal, gardera ses secrets, entourée de ses fantômes… si seulement elle pouvait parler.

Dans les angles morts fait parti des romans rares qui recèlent de multiples qualités. Il est à la fois un roman noir à couper le souffle autant par sa prose que par son histoire absolument terrifiante, surprenante et bouleversante, mais également un thriller psychologique qui flirte avec les grands classiques de la littérature américaine.

 » Il y avait un puzzle sur la table, représentant une ferme- une grange à foins, des vaches, une maison de fermier avec un porche. (…) En bas, le puzzle disait, Le calme et le silence. Il faillit en rire, parce qu’une ferme, c’était tout sauf ça. Il n’y avait aucune vérité dans cette scène pittoresque. Ce n’était qu’un chapitre parmi d’autres du grand conte de fées qu’était l’Amérique. Si on voulait voir une vraie ferme, il faudrait des fermiers ruinés et alcoolique, des animaux affamés craignant pour leur vie. Il faudrait des épouses amères, des enfants au nez morveux et des vieux brisés âpre avoir donné leur cœur et leur âme à la terre.  »

À travers une construction magnifique, Dans les angles morts nous offre aussi le portrait d’un pervers narcissique, un véritable sociopathe, un grand mythomane prêt à tout, on ne peut plus détestable.

L’histoire de deux familles, de deux femmes, de deux mères qui vécurent sans jamais se connaître dans la maison aux angles morts, où les fantômes veillent sur les vivants…

Un roman qui explore dans les moindres détails, les multiples cicatrices qui entachent les familles très différentes jusqu’à l’ensemble de la communauté.

Un roman exaltant, bouleversant, tragique et transcendant, à l’écriture singulière qui envoûte autant qu’elle brise le cœur.

Elizabeth Brundage une auteure talentueuse à découvrir absolument.

Je n’ai pas juste aimé, j’ai adoré.

Elizabeth Brundage est diplômée de l’université du Hampshire. Elle a étudié le cinéma à l’université de New York et a été membre de l’American Film Institute de Los Angeles. Elle a enseigné dans plusieurs universités, notamment à Skidmore où elle a effectué une résidence d’écrivains. Elle vit près d’Albany, dans l’état de New York. Dans les angles morts est son quatrième roman, après la parution aux États Unis de The Doctor’s Wife (2004), Somebody Else’s Daughter (2008) et A Stranger Like You (2010).

Je remercie Anne-Lucie et les Éditions Quai Voltaire pour ce sublime roman noir.

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12 réflexions sur ““ Dans les angles morts ”

  1. Coucou toi ! Je viens de le terminer et je suis mitigée… Ben non, je n’ai pas vraiment aimé, ben oui, je me suis un peu ennuyée, j’ai été horripilée par l’absence de tirets cadratins ou de guillemets, je déteste ça, pour certains romans, ça passe, mais ici, j’ai trouvé l’écriture brouillonne.

    La première et la dernière partie étaient mieux que le reste où je t’avoue que j’ai sauté allégrement des paragraphes ! :/

    Aimé par 1 personne

  2. Ping : Dans les angles morts : Elizabeth Brundage | The Cannibal Lecteur

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