“ Coupez ! ”

Coupez de Cameron McCabe aux éditions Sonatine

Traduit de l’anglais par Héloïse Esquié

“ « – Vous êtes pas au courant ? »

Il semblait furieux que je ne le sois pas, et brûlait visiblement de combler cette lacune.

« Accouchez, le pressai-je.

– Eh bien, vous voyez, Mr McCabe, dit-il sur le ton de celui qui se prépare à faire un long discours, vous voyez, lorsque Mr Robertson a ouvert la porte de son bureau ce matin…

– Coupez. Et que ça saute. »

(…)

« Eh bien, elle est morte.

– Mince. Qui donc ?

– La nouvelle. Estella.  »

Londres, dans les années 30. Cameron McCabe travaille au montage d’un film lorsque son producteur lui fait une demande plutôt particulière : Coupez! Coupez! Coupez!

Il est censé couper toute les scènes où apparaît la jeune actrice, Estella Lamare. Le lendemain le corps d’Estella est retrouvé sans vie dans la salle de montage. Une mort suspecte qui donne tout son sens à l’expression  » visage sur le sol « .

McCabe décide de mener sa propre enquête qui va le mener dans tout Londres.

 » – Numéro un : l’assassin s’est aperçu qu’il était filmé. Donc il a arrêté la caméra et détruit le film. Numéro deux : quelqu’un d’autre est entré dans la pièce après le meurtrier et a emporté le film. Il peut y avoir pour ça une infinité de raisons. Peut-être que c’est une diversion, ou peut-être un privé. Peut-être que c’est du chantage. C’est assez difficile à déterminer. Enfin numéro trois : ce n’était pas du tout un meurtre mais bien un suicide pur et simple. Dans ce cas, on a encore une infinité de raisons possibles pour l’escamotage du film. Je ne saurais absolument pas dire qui est qui et qui fait quoi.  »

L’inspecteur Smith de Scotland Yard finira par arrêter McCabe qui sera jugé puis acquitté au terme d’un procès épique.

Puis le récit prends une autre tournure en seconde partie. On découvre une analyse détaillée du récit qui lèvera le voile sur de multiples énigmes, et révélera enfin le nom de l’auteur qui resta caché pendant des décennies.

(…) l’histoire « pourrait être plus intelligible à l’écran que dans un livre » (…) « les personnages vivent dans l’univers du film noir américain ».

Pour moi qui suis autant cinéphile que bibliophile, ce livre m’a tout de suite attiré. Une belle mise en scène dés le départ avec sa couverture affiche de cinéma.

Tout comme pour un film, le décor est planté, les projecteurs installés, les personnages choisis, l’histoire peut commencer…

À travers ce scénario romancé, on découvre un roman policier en tenue de soirée.

Un roman à énigmes très atypique. Il est à la fois original, entouré de mystères, très passionnant avec toute ses allées et venues dans Londres. Il permet de découvrir le milieu du cinéma et l’envers du décor et il est aussi assez surprenant par sa construction sans oublier une enquête assez particulière.

Ce livre risque d’en surprendre plus d’un à condition de prendre le risque de sortir des sentiers battus.

Amateurs de polar et de cinéma ne COUPEZ pas ! FONCEZ !

La séance commence dans un instant, installez-vous dans votre fauteuil et LISEZ.

Cameron McCabe est un pseudonyme et  » COUPEZ !  » est le seul roman publié sous ce nom. Cameron McCabe n’est autre qu’Ernest Bornemann. Personnalité hors du commun, il est né en 1915 à Berlin. Il a été à la fois écrivain, scénariste, anthropologue, ethno-musicologue, musicien, critique de jazz, psychanalyste, sexologue et militant socialiste.

Je remercie les Éditions Sonatine pour cette toile littéraire pleine de suspense.

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5 réflexions sur ““ Coupez ! ”

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