“ Iboga ”

Iboga de Christian Blanchard au Éditions Belfond

“ Je suis condamné à la peine capitale. ”

Le 28 octobre 1980, Jefferson Petitbois est condamné à la peine de mort. Il est incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes.

Trop jeune. Pas à dix-sept ans.

Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir… Les jurés en ont décidé ainsi. ”

En chemin vers sa cellule, il croise la “ Louisette ” celle qui va lui faire perdre la tête.

 » Pour la première fois, je la vois… en vrai. L’effet est terrible. En passant à quelques centimètres d’elle, je sens son odeur. Celle de graisse généreusement diffusée sur ses montants d’où coulisse une lame, celle de la limaille après l’affûtage. Le relent d’une senteur familière : celle du sang. ”

On ne peut pas parler de coup de foudre, malgré l’obsession qui va suivre en attendant leurs prochaines rencontres.

Mais le rendez-vous va être annulé suite aux nouvelles élections présidentielles. La peine de mort sera échangée contre une condamnation à perpétuité.

Une immense tristesse m’envahit. Ai-je mérité cela ?

Oui.

Évidemment « oui ». ”

Deux ans auparavant, il avait rencontré Max qui devint son protecteur, son mentor. C’est à ce moment là qu’il découvrit l’Iboga, qui va le rendre cruellement puissant, et va faire de lui un terrible meurtrier. Après avoir été sauvé des eaux, il va se noyer dans le sang.

 » J’avais ce pouvoir : celui de donner la mort. Ce n’est pas rien. Je venais de mettre le premier pied sur une route sombre. J’allais découvrir peu à peu le côté refoulé de mon âme.

Iboga allait m’y aider. (…) Avec elle, je vivais à fond tout ce qui se présentait à moi. ”

Bienvenue dans l’enfer du milieu carcéral. En même temps c’est presque normal, derrière les grilles, on ne s’attend pas à découvrir une face cachée du Club Méditerranée, et puis on va pas le plaindre, tout de même. Il a déjà échappé au pire, alors il ne manquerait plus qu’il se croit en vacances. De toute façon, on peut compter sur certains gardiens pour lui rappeler les bonnes manières, mêmes si eux- même en sont dépourvus.

Vous l’aurez compris, ses journées sont loin d’être idyllique et ont tendance à se répéter, jours après jours, années après années jusqu’à ce qu’un jour une psychologue s’immisce dans son quotidien et tente de le faire parler, lui promettant quelques avantages…

Christian Blanchard nous offre un huis- clos démoniaque qui monte crescendo vers les abysses de l’âme humaine.

On se retrouve tel un observateur derrière la porte de cette cellule, à découvrir à travers l’œilleton la nouvelle vie de cet homme confronté à l’enfermement, isolé du monde.

Une trame qui se révèle captivante, un récit maîtrisé, une histoire percutante, une bonne dose de frissons et une confession abominable font de ce thriller un véritable phénomène livresque à découvrir absolument. Puis poursuivre sa lecture par un grand bol d’air sans pour autant oublier Jefferson Petitbois et se dire : « Y’a une justice quand même… »

“ Cela ne changera rien au cours de l’histoire, mais mon passé finira-t-il par m’apaiser si je l’affronte ? ”

Christian Blanchard vit en Bretagne. Après avoir passé vingt-cinq ans au sein d’une institution publique, il se consacre à l’écriture Iboga est son septième roman.

Je remercie Camille et les Éditions Belfond pour cette lecture démoniaque.

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4 réflexions sur ““ Iboga ”

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