Braconniers

Braconniers de Tom Franklin aux Éditions Albin Michel

Traduit de l’américain par François Lasquin

“ Désormais, quand je reviens ici, à Dickinson, je n’y suis plus vraiment chez moi. Après tout, j’ai quitté cet endroit, j’ai fait des études, il ne reste pas grand-chose de mon accent traînant, j’ai même épousé Une Yankee. Et lorsque j’y reviens, comme c’est le cas à présent, pour y chasser des détails qui enrichiront mes récits, j’ai l’impression de braconner sur des terres qui ne m’appartiennent plus. Mais j’ai toujours besoin de mon Alabama à moi, de le révéler tel qu’il est, vert, luxuriant, mortifère. Alors j’y reviens, avec le langage que j’ai acquis. Je retourne à ces lieux où la vie s’éteint à petit feu, et j’y braconne des histoires. ”

S’imaginer au coin d’un feu de cheminée dans une cabane de trappeurs et écouter ces nouvelles braconnées en Alabama, loin des lieux touristiques par un conteur, capable de plonger dans ses souvenirs pour nous offrir des histoires authentiques.

Le sud profond de cette région, un cadre parfait pour cette atmosphère sombre et violente, où l’on devient un homme après son baptême de chasse, si l’on a fait couler le sang.

 » Ce soir- là, assis sur mon flanc de colline, j’étais un homme, qui avait déjà versé le sang et ne demandait qu’à en verser encore.  »

Tel un braconnier, l’auteur vole ces fragments de vies à ces gens au plus profond de leur intimité, en passant par leurs secrets bien enfouis, leurs rêves inaboutis, inavouables, ravagés parfois par la drogue et l’alcool et subissant une pauvreté pas toujours méritée.

 » La pauvreté, je vais vous dire ce que c’est. C’est quand on se fait plaquer par sa femme parce qu’on n’a pas été foutu de dégoter un boulot vu que du boulot y’en a nulle part.  »

Entre ces lignes circulent des armes à feu, de la violence, des âmes perdues, des corps blessés en mal d’amour, des chasseurs, des pêcheurs, des animaux, des glandeurs, des ivrognes, des vivants, des morts, des pacifistes et des criminels. Tous ont une histoire, leur histoire, même si elles finissent mal en général.

 » (…) redoutant – tout en l’espérant du fond du cœur.  »

En digne chasseur, Tom Franklin traque et reste à l’affût du moindre détail qui enrichit sa prose et la rends admirable. Une plume puissante qui fait rêver.

«  Ça serait facile d’oublier tout ce qu’on sait de la vie en contrebas, de s’imaginer qu’on est au fond de quelque abysse marin, un gouffre où des silhouettes noires se meuvent entre les colonnes, où des bancs de créatures indécises flottent comme des nuages.  »

Et finir en beauté, avec cette nouvelle «  braconniers  » qui à elle seule est un petit diamant noir. Une histoire tragique qui a obtenu une multitude de prix aux USA, et dont on rêve qu’elle grandisse et devienne un roman.

Des braconniers dont il faut pourtant se méfier…

 » Ils ont besoin que d’une chose, c’est qu’on leur foute la paix. Dans la forêt, ils sont chez eux. Les gens devraient savoir qu’il faut pas venir leur chercher d’emmerdes.  »

Déjà conquise par son magnifique roman Dans la colère du fleuve, co-écrit avec sa femme, Beth Ann Fennelly, une histoire passionnante de bootleggers, j’ai été ravie de retrouver la plume talentueuse de Tom Franklin. Un auteur qui rejoint mon palmarès des grands noms de la littérature américaine, et qui me donne envie de poursuivre ma traque en terres d’Amérique à travers cette prodigieuse collection des éditions Albin Michel.

Si ça ce n’est pas de bonnes nouvelles !

Tom Franklin est élevé dans la région rurale de Clarke County, au sud-ouest de l’Alabama, non loin du cadre où se dérouleront la plupart de ses romans. Il s’inscrit à l’Université de l’Alabama à Huntsville, puis à l’Université de l’Arkansas.

Sa carrière littéraire, influencée par les œuvres sudistes de Cormac McCarthy et Flannery O’Connor, s’amorce avec la publication en 1999 de Braconniers (Poachers), un recueil de nouvelles.

En 2001, il obtient une bourse Guggenheim.

Son premier roman, paru en 2003, La Culasse de l’enfer (Hell at the Breech), dont le récit est fondé sur des faits historiques, se déroule en 1890 quand Macy Burke, un adolescent blanc miséreux, tire accidentellement sur le riche commerçant Arch Bedsole.

Tom Franklin obtient le Los Angeles Times Book Prize, dans la catégorie romans policier/thriller, en 2010 et le Gold Dagger Award en 2011 pour Le Retour de Silas Jones (Crooked Letter, Crooked Letter) qui raconte l’amitié entre deux adolescents que la classe sociale et la couleur de la peau devraient séparer, dans le milieu étouffant et tendu d’une petite ville du Mississippi des années 70.

Il est le mari de la poétesse Beth Ann Fennelly avec qui il écrit et publie, en 2013, Dans la colère du fleuve (The Tilted World), roman qui a pour toile de fond la crue du Mississippi de 1927.

Tom Franklin est professeur à l’université du Mississippi.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour ces bonnes nouvelles d’Amérique.

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“ L’oiseau, le goudron et l’extase ”

L’oiseau, le goudron et l’extase d’ Alexander Maksik aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Sarah Tardy

“ Et puis un jour,comme ça, soudain, elle est entrée en moi. S’est posée. Une chose lourde comme du plomb, dont la forme et les contours varient constamment, aussi bien dans ses représentations passées que présentes. (…) Et puis quel que soit son nom, cette chose s’est emparée de moi : une sensation écœurante, paralysante, de poids terrible. Je ne sais pas comment appeler ça. Je n’ai jamais su. (…) Elle m’a fait tomber le livre des mains. Elle m’a fait fermer les yeux et c’est alors que là, dans le noir, j’ai vu s’infiltrer dans mon corps un épais goudron. ”

À travers cette attaque aussi surprenante qu’inattendue, la vie de Joseph sera à jamais vécue au bord d’un précipice. Et lorsqu’un été, sa mère va commettre l’indicible alors qu’il découvrait la passion amoureuse, sa vie sera pour toujours entachée de désespoir.

« Aujourd’hui encore, j’entends des sons que seuls ma mère et ces enfants ont pu entendre. Et peut-être, Strauss lui-même. Les deux clics métalliques des ceintures. Ses chaussures sur l’asphalte. Le métal dur qui entre en contact avec le crâne. J’ai fait des tests sur des os. Je me suis frappé l’arrière de la tête avec un marteau. J’ai essayé de savoir. Depuis presque vingt ans, j’entends ces bruits. Du métal qui casse l’os. « 

Sa mère finira derrière les barreaux, et pourtant c’est Joe qui est emprisonné dans sa vie malgré tout l’amour qui le lie à Tess, tout comme son père.

 » Être près d’elle me rendait heureux. C’est aussi simple que ça. Avec elle j’avais presque l’impression d’être trop stable. Peut-être était-elle mon antidote. Peut-être avais-je guéri de cette chose étrange qui vivait en moi quelle qu’elle soit. »

À travers ce roman bouleversant, on voyage tantôt dans le passé et tantôt dans le présent. Joseph se livre, se délivre du poids qui encombre sa vie entre amour et tragédie. C’est l’histoire d’un homme torturée par une douleur qui l’étouffe, le tétanise mais que la beauté de l’amour libère.

«  Écoute, j’essaie de survivre. »

« Peu importe la façon dont tu vis, il y a toujours des victimes. « 

En virtuose, Alexander Maksik entraîne le lecteur dans une tragédie contemporaine et aborde de nombreux thèmes tels que les violences conjugales, les traumatismes familiaux, la folie, l’univers carcéral féminin, la vengeance, le désespoir, la douleur des hommes, mais aussi l’amour, la liberté, la fidélité au cœur de la nature omniprésente. Une plume pleine de rage, écorchée qui te touche en plein cœur et au lyrisme qui te charme et t’enchante.

Un roman magnifique aussi mystérieux que douloureux, une écriture puissante aussi déchirante que délicate.

 » Les phrases des autres nous racontent tellement mieux.  »

Gros coup de cœur ❤️

Alexander Maksik vit à Hawaï. Il est diplômé de l’Iowa Writers’s Workshop et a été publié dans Harper’s, Tin House, Harvard Review et The New York Times Magazine. Indigne (Rivages, 2013), traduit en plus de douze langues est son premier roman, puis en 2014 Belfond publie La Mesure de la dérive, son deuxième roman traduit en français. Il fut finaliste du prix du Meilleur Livre étranger et traduit en une dizaine de langues. Sélectionné parmi les dix meilleurs livres de l’année du Guardian et du San Francisco Chronicle, L’oiseau, le goudron et l’extase est son troisième roman à paraître en France.

Avec la romancière Colombe Schneck il est co- directeur artistique d’une résidence d’écrivains, la Can Cab Literary Residence en Catalogne (Espagne).

Je remercie les éditions Belfond pour cette sublime lecture.

“ Aide-moi si tu peux ”

Aide-moi si tu peux de Jérôme Attal aux Éditions Pocket

– Qu’est-ce que tu racontes, Cague ? Ça y est ? T’es sur place ?

– Oui, et ce n’est pas joli à voir. Une gorge tranchée jusqu’à l’os et un testicule en goguette, si vous voulez un rapport complet. Je viens de trouver l’arme du crime… ”

Stéphane Caglia, capitaine de police se retrouve sur une étrange affaire. Un banquier de là Défense vient d’être retrouvé assassiné, et une adolescente est portée disparue.

Pour s’aider à résoudre cette énigme, il fredonne un air musical qu’il vénère.

(…) chaque fois que je le peux, je me réfugie en pensée dans les années 80. »

Une nouvelle équipière So British l’accompagne et c’est en fin limier qu’il se retrouve sur les traces d’un suspect fan des Beatles.

Et même s’il est toujours nostalgique du passé, il va bien falloir s’adapter pour résoudre cette double enquête bien ancrée dans le présent.

“ Je n’aime pas être adulte. On se rajoute du soucis et on se pose des questions dont on se contrefichait lorsqu’on était môme.”

Une plongée dans l’univers actuel du web, en passant par YouTube et Facebook mais avec la nostalgie des années 80. L’enquête avance à travers une playlist vintage, on Voyage 🎶🎵🎶🎵Voyage 🎶🎵🎶🎵d’un tube à l’autre telle Une boule de flipper 🎶🎵, et ça roule. On avance🎶on avance 🎶on avance 🎶 faut retrouver la Disparue…

Disparue 🎶elle a disparue 🎶au coin de la rue …

Car on l’a jamais revu…

Après avoir adoré Les jonquilles de Green Park ( retrouvé ma Chronique ici, ainsi que des infos sur l’auteur ) j’étais plutôt impatiente de renouer avec le style de l’auteur. J’y ai retrouvé ce que j’avais aimé, l’humour, l’esprit, le côté décalé, l’originalité des personnages. Par contre j’ai trouvé l’intrigue plutôt légère et je n’ai pas été complètement conquise par l’histoire. Je n’ai pas été envahi par les mêmes émotions même si la plume de l’auteur est une véritable bouffée d’oxygène et un vrai délire.

Une lecture plaisante, agréable, tout en musique mais qui ne restera pas un tube inoubliable dans mon Top 50.

Je remercie les Éditions Pocket pour cette lecture très année 80.

 » Mange tes morts « 

Mange tes morts de Jack Heath aux Éditions Super 8  

Traduit de l’anglais (Australie) par Charles Bonnot

«   Nouvelle affaire, annonce-t-il. Cameron Hall, quatorze ans, vu pour la dernière fois hier après-midi à 16 heures. Demande de rançon par téléphone.

– Une vraie demande ? 

– Pour autant qu’on sache ? « 

Un enfant a disparu, l’horloge tourne mais la police patauge. Alors, avant que ça vire au drame on tente le tout pour le tout, on appelle ‘Le Pendu’ à la rescousse, le fameux Timothy Blake.

Blake doit son surnom au don qu’il possède. Aucunes énigmes aussi ardues soient-elles ne lui résistent. Il en fait d’ailleurs son gagne pain, et cela lui permet de mettre du sel dans son café et de la viande dans son congélateur.

 » C’est comme jouer au pendu, mais à l’envers. Si tu résous l’énigme, tu as droit au gars sur la potence.  » 

Car s’il bosse pour le FBI, ce n’est pas une question d’argent, même si ça lui remplirait ses poches bien vides, non c’est bien pire…

 » Ah, vous ne la connaissez pas, celle-là ? L’État a passé  un marché avec un cannibale et ils font appel à lui pour faire disparaître les corps après les exécutions.  » 

Alors, s’il veut combler son addiction répugnante, il va devoir retrouver cet enfant.

«  L’espace d’une seconde je me vois tel que je suis vraiment : un monstre;  » 

La faim justifie-t-elle les moyens ?

Voilà un roman qui devrait en surprendre plus d’un. À notre époque où le recyclage est tendance, où il est important pour l’État de faire des économies et si en plus ça nourrit son homme, voilà peut-être une idée à explorer pour les plus courageux, en dehors des végétariens bien évidemment. 

Jack Heath nous offre à travers ce récit très cinématographique un thriller aussi original que terrifiant. Une lecture loin d’être indigeste, un menu cinq étoiles dans le guide des thrillers à dévorer. Une recette au goût savamment dosée qui peut estomaquer, parfois même dégouter mais qui s’avère addictive et absolument savoureuse au final. Mange tes morts se révèle absolument efficace, il faut juste avoir parfois le cœur bien accroché pour ne pas l’avoir au bord des lèvres. 

Un mets idéal pour les amateurs de repas littéraire très spécial. 

Que vous soyez Fan de la série Dexter ou du film Le silence des agneaux, ce menu livresque est fait pour vous. Une intrigue excellente, un récit bien rythmé, très visuel, ne laissant aucun répit avec un personnage répugnant mais attachant. Une histoire de malade qui se dévore d’une traite, et même qu’on en redemande. 

Se déguste sans faim jusqu’à la fin, mais vous incitera peut- être à devenir végétarien. 

Un thriller Saignant à souhait. 

Jack Heath est né en 1986 en Australie. Il peut déjà se prévaloir d’une imposante bibliographie jeunesse : une vingtaine de romans, régulièrement traduits et retenus pour le petit et le grand écran. Mange tes morts, son premier texte pour adultes, ne saurait être conseillé, de son propre aveu, aux moins de 18 ans. 

Je remercie Nadia et les Éditions super 8 pour cette lecture absolument à point.

“ Le vieux pays ”

Le vieux pays de Jean- Pierre Rumeau aux Éditions Albin Michel

“ – C’est un plaisir de vous rencontrer monsieur Meunier. Il semble que vous soyez la plus grande curiosité de ce coin qui pourtant n’en manque pas. ”

Monsieur Meunier alias Pasdeloup habite à Goussainville, un endroit qui se situe au bout des pistes de Roissy. Un étrange endroit que l’on appelle Le vieux pays.

« J’ai trouvé ici un cercueil inhabité, le couvercle grand ouvert, et je m’y suis installé. Il y avait peu d’êtres vivants dans le voisinage, le lieu était selon mon cœur, inimaginable pour le commun des mortels. J’y ai créé un vieux pays qui n’appartient qu’à moi, avec mon passé, ma loi et mes frontières, avec mon cimetière et mes souterrains. »

Pasdeloup protège son territoire et en général personne n’ose se mettre en travers de son chemin.

“ C’est comme vous voulez. Vous avez des yeux trop zarbi, ça donne pas envie de vous contrarier. ”

Avec ses yeux vairons, il en a refroidi plus d’un. C’est pendant son service militaire qu’il devint cet être froid, dur, quelque peu insensible.

“ (…) le fil qui reliait les neurones de son cerveau avait, brûlé jusqu’au bout et provoqué dans son crâne une gigantesque mise à feu, une explosion démentielle, brisant définitivement chez lui la peur de la mort, les barrières usuelles de la morale et, il faut bien le dire, une certaine forme d’humanité. Une bête sauvage. ”

Alors quand d’étranges coïncidences l’amènent à suspecter un complot terroriste, il part en croisade contre le mal pour ne pas perdre son lieu de villégiature entre autres.

“ (…) il faut être sage, poursuivre son chemin et relire un peu de cynique impérial, pour saluer cette nuit d’été et ces putains d’étoiles qui se foutent du malheur des hommes.  »

Jean- Pierre Rumeau nous offre un premier roman atypique et met en scène un personnage cynique, méprisant, caractériel, dépourvu de tendresse mais capable de bienveillance. Un être plutôt original auquel on ne peut s’empêcher de s’attacher.

Utiliser les vestiges de Goussainville est plutôt astucieux, un décor qui sied à merveille à cette histoire.

De même que les faits réels mêlés à la fiction donnent à ce récit une authenticité et plongent le lecteur dans un univers très réaliste.

L’auteur fait une entrée remarquable tant par son style que par son histoire. Le vieux pays et ses fantômes marquent la naissance de cet auteur qui nous fait cadeau d’ un premier roman très réussi.

Une belle découverte.

Jean-Pierre Rumeau est né en 1952 et vit à Fontainebleau. Diplômé du CNSA de Paris, il se tourne à l’issu de ses études vers le métier de cascadeur – films, publicités, télé, spectacles d’action. Parallèlement, il met en scène des pièces de théâtre (Le Neveu de Rameau au Ranelagh qui tourne depuis 2001, et lance des one-mans show, notamment Nicolas Canteloup). Il est également auteur dramatique et scénariste et travaille actuellement à un long métrage. Le Vieux Pays est son premier roman.

je remercie Babelio et les Éditions Albin Michel pour m’avoir permis de découvrir ce roman plein de surprises.

“ La chambre des merveilles ”

La chambre des merveilles de Julien Sandrel aux éditions Calmann Lévy

(…) Il y aurait un avant et un après ce samedi : 7 janvier 2017. Pour toujours il y aurait cet avant, cette minute précédente que je désirais figer pour l’éternité…”

Un matin comme les autres, on se prépare pour affronter sa journée, pour Thelma, le travail et pour Louis, le collège. Chacun a déjà la tête ailleurs et pourtant, ce matin, Louis est prêt à partager un secret avec sa mère mais la voyant déjà accro à son téléphone, il file à fond la caisse sur son skate, un peu furax. Thelma tente de le retenir mais il est déjà loin. Juste le temps d’une dernière pensée et c’est le drame…

 » C’est incroyable toutes les pensées qui jaillissent en l’espace de quelques secondes. C’est incroyable à quel point quelques secondes peuvent ensuite s’ancrer douloureusement dans un cerveau. (…) C’est drôlement con, une dernière pensée. ”

La vie de Thelma et Louis bascule et pas vers le grand canyon.

« Putain de camion» comme l’a dit Renaud qui conduit Louis aux urgences puis sous respirateur.

“ Une incongruité de plus dans cette vie décidément sans dessus dessous. ”

Le pronostic vital est engagé, et si dans quatre semaines rien ne change, il faudra lui dire au revoir et pour Thelma, une vie sans Louis, c’est juste pas possible.

“ Il a fallu que j’abandonne mes autolamentations et mes autoflagellations pour pouvoir regarder l’espoir en face et ne plus le lâcher. ”

C’est vrai quoi, ne dit-on pas : Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Alors on croise les doigts et on y croit.

“ Je pense éclater en sanglots. À la place j’éclate de rire. ”

Et c’est grâce à un mystérieux carnet que tout va être possible, oublier la tristesse, découvrir la joie et garder espoir.

Mais comment cela est-il possible me direz-vous ?

Il vous suffit de me faire confiance et de vous plonger dans La chambre des merveilles.

Ce livre est un véritable bonbon plein de surprises, des saveurs différentes, parfois amères et parfois savoureuses qui au final t’explose le cœur. Une fois passé le drame, il suffit de se laisser porter par cette plume pertinente, pleine d’humour et d’esprit qui soulève avec dérision des sujets plutôt sensibles, tels que le harcèlement au travail ou les difficultés d’une mère célibataire.

 » J’ai préféré une relation simple et exclusive mère-fils plutôt qu’un triangle invivable. J’ai choisi l’option décomposée plutôt que recomposée. ”.

Mais avant tout, de l’amour d’une mère qui se lance des défis pour ramener son fils à la vie.

 » Et finalement je me suis dit qu’il fallait qu’elle m’aime sacrément pour faire ça. Ça m’a fait du bien de palper ses sentiments, de l’entendre me parler comme elle faisait. (…) et là je me suis remis à sourire et je ne me suis plus arrêté parce que j’ai commencé à me représenter maman vivant mes rêves. « 

Si avant moi le monde entier a déjà eu le coup de foudre pour La chambre des merveilles, ce n’est sûrement pas anodin, et je tiens à saluer l’imagination de l’auteur pour rendre un sujet si douloureux absolument délicieux.

Un auteur qui a du garder son âme d’enfant avec la maturité d’un adulte.

Alors cape ou pas cape ?

Envie de mettre des couleurs dans ta vie ?

Alors rejoins Thelma et Louis et même si sa grand- mère a pris la place de Brad Pitt je t’assure ça vaut le voyage.

Un trio hallucinant, un pari fou pour une histoire unique.

Un joli pied de nez à la morosité.

J’ai adoré ❤️

Julien Sandrel est né en 1980 dans le sud de la France. Aujourd’hui, il réalise enfin son rêve d’enfant en publiant son premier roman, La chambre des merveilles

Je remercie les Éditions Calmann Levy pour cette divine lecture toute en couleur.

“ La mort du petit cœur ”

La mort du petit cœur de Daniel Woodrell aux éditions Rivages

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Frank Reichert

Préface de Dennis Lehanne

“ – Quand je dis « gros lard » ,gros père, c’est à toi que je cause, pigé ? T’as donc pas remarqué que t’étais qu’une grosse merde ? ”

C’est auprès de ce père que Shuggie Atkins un adolescent solitaire et obèse grandit. Bien loin du père idéal, ce mec l’initie à certaines magouilles pour voler les médicaments au domicile des grands malades afin d’assouvir son addiction.

Il n’a pas vraiment le choix, même si son éducation parentale laisse à désirer.

“ J’entendais des clapotements, chair contre chair, et une charretée de grognements. J’aurais préféré prendre une raclée. Il la besognait bruyamment, à la hussarde, et elle répondait en hoquetant de tendres roucoulades. (…) Mon cœur vociférait, mes j’ai réprimé mes hurlements ; je me suis retenu (…) Les cris que j’ai embouteillés cette fois-là et toutes les autres fois similaires ont patienté, jusqu’au jour où j’ai enfin pu les libérer. »

Shuggie accepte pour l’amour de sa mère, même si son attitude équivoque envers lui va le perturber davantage.

L’arrivée de Jim Vin Pearce, au volant d’une magnifique T-Bird dans le paysage ne va rien arranger.

„ Sa présence soudaine a modifié l’ambiance, un peu comme une allumette embrasée modifie l’ambiance d’une grange à fourrage.  »

Quand ça dérape chaque jour un peu plus, il est clair qu’au dernier virage, il sera déjà trop tard pour ne pas sortir de la route et éviter le choc final.

 » J’aimerais pouvoir dire que rien de tout ceci n’est jamais arrivé. ”

Daniel Woodrell décrit à travers son roman noir, la vie d’un adolescent qui grandit entre la haine de son père et l’amour de sa mère. Une vie tourmentée, malmenée, polluée par l’alcool et la drogue que consomment ses parents. Une vie solitaire, sordide, cabossée, qui offre peu d’espoir.

Tel Eskin Cadwell , il dépeint à merveille l’Amérique profonde, ses contrées misérables sans foi ni loi, où la misère sociale brille par sa noirceur dans une ambiance oppressante, brutale et malsaine.

Une histoire située dans les Monts Osark, sa région de prédilection, un univers noir, sa marque de fabrique, une plume sans concessions, vivante, puissante et touchante.

La mort du petit cœur mérite sa place au côté des classiques contemporains.

Un chef-d’œuvre littéraire, un roman culte qui s’inscrit dans la pure tradition du country noir américain.

Daniel Woodrell est né en 1953 dans le Missouri. Il est l’auteur de neuf romans dont la plupart se situent dans les monts Osark. Chevauchée avec le diable a été adapté au cinéma en 1999 par Ang Lee, puis Un hiver de glace en 2010 par Debra Granik (Winter’s Bone), avec Jennifer Lawrence dans le rôle principal. Il a reçu le prix du Pen Club américain pour La fille aux cheveux rouge tomate et le prix Mystère de la Critique pour Un hiver de glace.

Je remercie les Éditions Rivages pour ce chef-d’œuvre de la littérature américaine.

“ Sauf ”

Sauf d’Hervé Commère aux Éditions Fleuve Noir

Notre vie a viré au chaos. Avant- hier nous étions un couple parmi d’autres et nous avions une chouette vie. En quelques heures, et pour la deuxième fois de ma vie, tout à basculé. ”

Mat avait six ans quand il dû faire le deuil de ses parents, morts tous deux dans l’incendie qui ravagea leur manoir en Bretagne.

les flammes emportèrent tous ses souvenirs, rien ne fût épargné.

Mat a désormais 40 ans, il est propriétaire d’un dépôt- vente.

Il voit passer un peu de tout et même n’importe quoi SAUF ce jour-là. Ses employés ont récupéré la veille un album photo qui est tout SAUF étrange. Cet album contient toutes les photos de son enfance qui auraient dû être dévorées par les flammes du terrible incendie. SAUF qu’il est bien là dans ses mains, devant ses yeux et là, quelque chose lui échappe.

 » Il y avait l’orage qui grondait en moi, qui explosait parfois,que j’ai mis tant de temps à dompter. Il est toujours là, je le sens parfois qui rôde, mais je le connais. Je sais faire avec, me replier plutôt qu’exploser. J’ai appris à me taire, serrer les dents. (…) Je ne comprends rien à ce que j’ai sous les yeux, que je touche en ayant peur d’y laisser ma main. Mais ma main, ce n’est rien. Je vais y laisser bien plus.  »

SAUF que maintenant, il s’interroge, car certaines photos semblent provenir du présent. Et un nouveau drame va tout déclencher… le feu qui semblait éteint reprend vie. Il n’a désormais plus rien à perdre.

“ Mais de quoi sommes-nous vraiment à l’abri, dans la vie ? ”

Mat va remonter le fil du temps pour résoudre les différentes énigmes qui s’offrent à lui. SAUF qu’une chose est claire, ça ne va pas être simple.

“ On ne règle rien en courant plus vite ou en parlant plus fort, on ne fait rien taire, et les fantômes nous rattrapent toujours. Je songe à ces années heureuses quoique aveugle, et je ne sais pas si je déplore le bonheur enfui ou si je maudis mon fourvoiement d’alors. ”

Qui est vraiment Mat ? D’où vient- il ? Qui lui en veut ? Et surtout pourquoi ? SAUF que je ne vous dirai rien de plus que la quatrième de couv’ . C’est comme ça. Pas question que je vous dévoile davantage tous les secrets de cette histoire de dingue, SAUF que j’ai très envie que vous fassiez tout SAUF vous passez de ce superbe moment de lecture. Car cet auteur est tout SAUF nul. Une fois encore, il m’a tout SAUF ennuyé. SAUF que mon repassage attends toujours mais on s’en fout, n’est-ce pas ? Ce qui compte ici c’est tout SAUF de ne pas dire n’importe quoi.

Hervé Commère ne se contente pas d’une intrigue, non il te concocte une mise en scène à la hauteur de son talent qui est tout SAUF banal. Il te surprend, t’emmène dans des chemins de traverse et te conduit chapitre après chapitre vers une histoire qui ferait un tabac dans les journaux dans la rubrique fait divers SAUF que là il va faire un carton en librairie.

C’est donc tout SAUF n’importe quoi ce roman, et bien plus encore, SAUF que je vais pas vous prendre par la main mais j’accepte de me fâcher avec votre banquier, car j’espère que vous ferez tout SAUF vous priver de cette lecture.

Ce n’est pas la première fois que cet auteur me surprend et j’espère que ce sera tout SAUF la dernière fois.

Je comprends, vous avez plein de livres qui vous attendent SAUF qu’il voit faut celui-là aussi.

Sinon c’est SAUF qui peut pour vos genoux ( ceux qui savent comprendront, d’ailleurs ils ont déjà le bouquin)

Retrouvez des infos sur l’auteur et son précédent roman Ce qu’il nous faut c’est un mort en cliquant ici.

Je remercie les Éditions Fleuve Noir pour cette lecture qui est tout SAUF … et bien plus encore.

“ Midwinter ”

Mindwinter de Fiona Melrose au Éditions La Table Ronde

Traduit de l’anglais par Édith Soonckindt

 » J’étais là à éprouver le genre de tristesse qui se coince dans la gorge. Je ne pleurais pas et je n’avais toujours pas bougé de là où j’étais. (…) S’il me cherchait dans la nuit, je reviendrais lui dire qu’on oubliait tout, que je ne l’accusais de rien. Je voulais lui expliquer que Ma me manquait à moi aussi. « 

Landyn Midwinter et Vale son fils, sont agriculteurs dans le Suffolk. Ce sont des hommes du terroir. En ces temps difficiles, où ils doivent déjà faire face à la concurrence des grandes entreprises pour garder leur ferme, ils mènent un combat familial face à un drame survenu dans le passé.

«  Cette sensation maladive qui précède le moment d’ouvrir une porte et de voir ce qu’on ne peut plus esquiver, je l’avais déjà éprouvée, je l’avais déjà connue. ”

Vale avait dix ans quand il fut privé de sa mère à jamais. À l’époque ils étaient en Zambie où son père avait déjà tenté de sauver l’entreprise familiale.

“ Un arbre fort peut subir une mauvaise gelée ou perdre une branche entière dans une tempête, ce sont les racines qui le maintiennent droit. C’était le cas de Vale. ”

Lors d’un hiver particulièrement rigoureux, les douleurs de Landyn et Vale, se réveillent et mettent en péril l’équilibre familial déjà très malmené.

Vale se perd dans son désespoir tandis que son père se réfugie auprès de sa terre et de ses bêtes.

« Je sais pas quoi faire.

– Tu trouveras. Ouvre l’œil.

– Pourquoi ?

– Tu le sauras. Tu le sauras dans ton cœur.

– L’autre soir j’ai cru que ça pouvait bien être elle qui m’avait aider à trouver le rivage.

– J’en doute pas. Pas une seule seconde. Elle veille sans cesse sur nous tellement on est bon à rien. »

Chacun se raccroche à ce qu’il peut, rongé par la culpabilité et essaye de réparer ses erreurs.

“ (…) j’ai vu à travers la pluie, un grand panache roux bordé de blanc filer vers les buissons. Ma renarde. Elle était là. ”

Il affronte enfin le souvenir qui les hante, et mettent à l’épreuve le fragile tissu de leur relation.

 » Ce jour-là, ce vieil arbre m’a encouragé. Il était porteur d’une histoire et d’une guérison. Il y en avait un qui lui ressemblait dans notre ferme à Kabwe, un arbre du coin, je n’ai jamais su son nom mais je connaissais son cœur. Il y a comme ça des arbres qui vous offrent leur ombre un jour de grande chaleur. Et qui vous laissent vous asseoir très près avec tout votre être. ”

À travers ce roman sombre illuminé par une sublime plume lyrique, Fiona Melrose nous offre un premier roman absolument réussi.

Situé entre le Suffolk et la Zambie ce récit nous est conté en alternance par Vale et son père Landyn, deux hommes hantés par des souvenirs tragiques. Deux hommes qui se livrent et se délivrent chacun à sa manière à travers un va- et-vient temporel et géographique admirablement bien construit.

Une histoire d’hommes qui ont la rage de vivre, malgré tous les obstacles qui parsèment leurs vies.

Un roman naturaliste tout en poésie, qui dépeint à merveille la fragilité des relations, traite de la culpabilité qui ronge les cœurs, tout en gardant une lueur d’espoir.

Un roman sensible, qui réunit les hommes et les bêtes pour mieux les réconcilier et les aider à combattre leur chagrin. On rêve, on pleure, on espère, on s’émerveille à travers ce récit magistral plein d’humanité.

Un premier roman de toute beauté , une magnifique découverte, un voyage livresque enchanteur.

Née à Johannesburg, Fiona Melrose a eu plusieurs carrières, notamment dans l’analyse politique pour des ONG et le secteur privé. Elle a vécu à Londres et dans le Suffolk et continue de vivre entre l’Afrique du Sud et l’Angleterre. Mindwinter a été sélectionné pour le Baileys Women’s Prize for Fiction 2017. Johannesburg, son deuxième roman, vient de paraître en Angleterre.

Je remercie Anne-Lucie et les Éditions de la Table Ronde pour ce roman aussi touchant qu’époustouflant.

“ Dernière saison dans les rocheuses ”

Dernière saison dans les rocheuses de Shannon Burke aux éditions10/18

Traduit de l’anglais ( États-Unis ) par Anne-Marie Carrière

“ J’avais débarqué à Saint Louis, brûlant de participer à une expédition vers l’Ouest. Commerce des fourrures rimait avec aventure, et tout les jeunes gens un tant soit peu intrépides de Saint Louis en rêvaient. ”

Avant l’arrivée des premiers chercheurs d’or en 1848, il fut un temps où la fourrure était un trésor très convoité.

En 1840, le commerce des fourrures permettait de faire fortune. Motivé par le profit et l’aventure, nombreux étaient ceux qui désiraient rejoindre une compagnie de trappeurs.

 » (…) en dépit des épreuves et des revers de fortune, il régnait parmi les trappeurs un esprit de camaraderie et de conquête qui n’existait nulle part ailleurs. Dés lors que la fièvre de l’aventure brûle dans vos veines, le reste semble qu’une pâle imitation de la vie, terne et frileuse. ”

William Wyeth rejoindra lui aussi après de nombreuses péripéties la compagnie de trappeurs qui s’avère être la plus téméraire de l’Etat.

Moncœur palpitait de joie à la perspective de cette dernière saison dans les rocheuses. ”

L’Aventure avec un grand A peut commencer.

En ces temps là, les territoires étaient encore aux peuples indiens et ils les défendaient assez sauvagement même s’ils n’étaient pas contre certains négoces.

Une brigade de trappeurs représentait pour nous le commerce, le patriotisme, la grande aventure vers l’Ouest, vers l’inconnu, et autres niaiseries du même genre.

En vérité, rares étaient ceux qui savaient ce qui les attendait une fois franchies les limites de Saint Louis. ”

À travers cette aventure périlleuse, William va découvrir la force des liens entre les hommes et la solidarité qui permettra de survivre face aux attaques extérieures. Car la vie de trappeurs est loin d’être facile, ils sont confrontés aux forces de la nature et aux tribus indiennes.

Mais avec courage et habilité il sera peut-être possible de rester en vie et peut-être de devenir riche.

Tout le monde savait que la compagnie des rocheuses se lançait dans des expéditions les plus risquées. « 

Qu’elles soient du passé ou du présent, les histoires américaines me passionnent. Et lorsque je retrouve une plume qui m’avait déjà conquise avec un précédent roman je suis d’une part impatiente puis ravie de découvrir vers quel horizon cette fois l’auteur va m’embarquer.

La couverture magnifique me donne déjà un aperçu et comme d’habitude, je m’abstiens de lire la quatrième de couv’ pour laisser la place entière à la surprise.

Je me retrouve au cœur des rocheuses vers 1820 à Saint Louis aux États- Unis, et je m’apprête à vivre une aventure passionnante en compagnie de trappeurs, parmi les cow-boys, les indiens, les bisons, les castors, les loups, dans un décor hallucinant. Une plongée dans le passé où j’espère y croiser Davy Crockett et les autres aventuriers qui ont bercé mon enfance ou même plus récemment “ Le revenant  » magnifiquement interprété par Leonardo DiCaprio.

Et je n’ai point été déçu de ce fabuleux voyage.

Shannon Burke nous offre un récit intrépide, captivant, exaltant, à travers une plume palpitante et émouvante. Un style incroyable pour une œuvre d’une justesse historique épatante, qui devrait figurer au programme d’histoire.

Découvrir un pan de l’histoire de l’Amérique via ce récit enivrant est juste un grand bonheur.

L’auteur nous livre la destinée d’un homme qui à force de courage et de persévérance verra ses rêves se mesurer à la réalité.

Dernière saison dans les rocheuses rejoindra dans ma bibliothèque les fabuleux romans d’aventures qui ne cessent de m’émouvoir tout en me cultivant.

Un magnifique roman, une belle Histoire, une plume américaine qui rends merveilleusement hommage à tous ceux qui ont construit l’Amérique.

Après 911 cet auteur aux multiples talents, réussit une fois encore à me charmer.

À découvrir absolument.

Shannon Burke, est né à Wilmette dans l’Illinois aux États -Unis. Il est romancier et scénariste, auteur de roman noir.

Il fait des études à l’Université de Caroline du Nord. Il s’installe ensuite à New York et devient ambulancier à Harlem pour le New York City Fire Department jusqu’en 2001.

Il utilise cette expérience professionnelle dans ces romans, et en particulier dans Manhattan Grand-Angle (Safelight) publié en 2005 et dans 911 (Black Flies) paru en 2008. Ce second roman est lauréat du prix Mystère de la critique en 2015.