“ Des nouvelles du monde ”

Des nouvelles du monde de Paulette Jiles aux Éditions Quai Voltaire

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Esch

(…) maintenant il gagnait sa vie en allant de ville en ville, dans le nord du Texas, ses journaux et ses revues à l’abri dans un carton à dessin étanche, et le col de son manteau relevé pour se protéger des intempéries. Il se déplaçait sur un très bon cheval, avec la crainte que l’on tente de lui voler, crainte infondée pour l’instant. Il était donc arrivé à Wichita Falls le 26 février, il avait punaisé ses affiches et enfilé sa tenue de lecture dans l’écurie.  »

Le capitaine Jefferson Kyle Kid, parcourt le nord du Texas et lit à voix haute des nouvelles du monde, devant un public prêt à se libérer de quelques cents pour l’entendre. Kyle est un vieil homme, veuf qui a connu trois guerres et était auparavant imprimeur. Même si l’argent se fait rare, il profite de sa liberté et sillonne les routes malgré la souffrance que lui inflige son corps fatigué.

C’est lors d’une étape à Wichita Falls, qu’il fit la connaissance de cette jeune orpheline.

” Âgée d’une dizaine d’années, elle était vêtue à la manière des Indiens d’une robe droite en daim, ornée de quatre rangées de dents d’élan cousues sur le devant. Une couverture épaisse reposait sur ses épaules. Elle portait dans ses cheveux couleur de sucre d’érable deux plumes de duvet dont les minuscules tiges s’enroulaient autour d’une mèche et encadraient une plume d’aigle royale, attachée par un fil tout fin. (…) Elle avait les yeux bleus et la peau d’une étrange couleur vive, comme quand une peau claire a été brûlée et burinée par le soleil. (…) Il s’agit de Johanna Leonberger, capturée à l’âge de six ans, il y a quatre ans, près de Castroville. Dans la région de San Antonio. “

Une pièce d’or lui est offerte pour qu’il ramène Johanna à la seule famille qui lui reste près de San Antonio. Elle avait été enlevée et élevée par l’essentiel indiens Kiowa quatre auparavant. Le capitaine accepte la mission, sachant combien le voyage sera long est difficile.

« Tu représentes une masse d’ennuis, dit-il. On sera bien content tous les deux quand tu seras avec les tiens et que tu pourras transformer leur vie en enfer. »

Le périple qui les attend à travers des territoires vierges sur des routes impitoyables, s’avère périlleux. Le capitaine devra se méfier des voleurs, des Comanches, et des Kiowas autant que de l’armée fédérale, et en même temps tenter d’apprivoiser la petite sauvage.

Et pourtant jour après jour, une complicité s’installe et une aventure tout autre prends forme…

Ce que j’en dis :

À travers d’autres romans j’avais déjà croisé la petite sauvage aux yeux bleus mais cette fois l’aventure fut bien différente. J’ai partagé avec Johanna et le Capitaine Kidd, « Kep Dun » comme elle le surnomme, une aventure extraordinaire. Un voyage fabuleux qui m’a été conté par une plume riche et puissante. Au côté de deux personnages aussi attachants l’un que l’autre, j’ai voyagé dans le passé et découvert une époque lointaine où les nouvelles transmises par la parole permettaient à tous de découvrir le monde. C’était également une chance pour les nombreux illettrés de ne pas rester en marge de la société.

Une relation particulière est née entre le vieil homme et l’enfant, pleine de tendresse et de pudeur comme le serait un grand-père en charge de sa petite fille, et c’est par ces deux personnages que l’auteur explore des sujets universels tels que la transmission, les origines, l’honneur et la confiance.

Un roman fascinant, raffiné, intense, rempli d’humanité planté dans un décor du Texas du dix-neuvième siècle, magnifié par une belle plume poétique.

Une belle découverte, un récit qui offre un voyage émouvant et passionnant.

Un beau coup de cœur.

Paulette Jiles

Paulette Jiles est née dans le Missouri. Poète, auteur de mémoires et romancière, elle a notamment publié aux États-Unis The Colour of Lightning et Lighthouse Island. Elle vit dans un ranch près de San Antonio, au Texas.

Je remercie les éditions Quai Voltaire pour ce voyage bouleversant.

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3 réflexions sur ““ Des nouvelles du monde ”

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