“ Swing Time ”

Swing Time de Zadie Smith aux Éditions Gallimard

Traduit de l’anglais par Emmanuelle et Philippe Aronson

 » Si tous les samedis de 1982 peuvent être considérés comme un jour unique, je rencontrai Tracey à dix heures du matin ce samedi-là. (…) Beaucoup d’autres filles étaient présentes, mais pour des raisons évidentes, nous nous remarquâmes, relevant nos similitudes et nos différences, comme les filles en ont l’habitude. Nous avions exactement la même couleur de peau – à croire que nous avions été fabriquées dans le même tissu marron clair -, nos tâches de rousseur se concentraient aux mêmes endroits, et nous avions la même taille. ”

C’est lors d’un concours de danse à Londres, que deux petites métisses se rencontrent et vont devenir inséparables. En visionnant des vidéos cassettes de Fred Astaire et de Jenny Le Gon, elles rêvent de devenir de grandes danseuses.

 » Et c’était quoi la danse moderne ? On ne pouvait demander à personne, c’était nouveau pour tout le monde, on était coincées. Rare était la mère dont la curiosité allait jusqu’à appeler le numéro indiqué sur les flyers faits maison agrafés sur les arbres du quartier. « 

Tracey est la plus douée, assez audacieuse mais souvent excessive. Alors qu’elle intègre une école de danse, son amie plus studieuse poursuit sa scolarité au lycée puis à l’université. Leurs chemins se séparent.

Ses études terminées, la plus sage devient l’assistante d’ Aimee, une chanteuse mondialement connue. Elle parcourt le monde et rejoint le projet philanthropique de la chanteuse : la construction d’une école pour fille dans un village d’Afrique.

Elle retrouvera Tracey après une série d’événements scandaleux pour une dernière danse.

“ L’aventure de Tracey me frappait car j’y voyais une forme de revanche sur tout cela : comme si un chat domestique avait capturé un lion, l’avait dompté et le traitait comme un chien. ”

Ce que j’en dis :

Je découvre la plume de Zadie Smith à travers ce roman ambitieux qui demande une attention particulière pour bien suivre cette incroyable histoire de deux petites métisses londoniennes. J’ai tout de suite été embarqué par le style enjoué de la première partie, la première danse se présentait très bien, le swing et l’humour bien présents laissaient présager une belle aventure. Mais le rythme du récit a pris une autre tournure une fois arrivé à l’âge adulte et m’a beaucoup moins captivé malgré la richesse du récit.

Un roman d’apprentissage qui n’en demeure pas moins intéressant par l’ampleur des thèmes abordés tels que l’amitié, l’adolescence, les rivalités, le racisme, l’humanitaire, les questions d’identités et la célébrité.

Une écriture stylée, rythmée qui dégage beaucoup d’humour et d’émotion que j’aurai plaisir à retrouver même si cette première histoire ne m’a pas entièrement charmée.

La romancière Zadie Smith est née dans le nord de Londres en 1975 d’un père anglais et d’une mère jamaïcaine. Elle a lu l’anglais à Cambridge et a obtenu son diplôme en 1997.

Son premier roman acclamé, White Teeth (2000), est un portrait vibrant du Londres multiculturel contemporain, raconté à travers l’histoire de trois familles ethniquement diverses. Le livre a remporté un certain nombre de prix et récompenses, notamment le prix du premier livre du Guardian , le prix du premier roman de Whitbread et le prix des écrivains du Commonwealth (grand gagnant, meilleur premier livre). Il a également remporté deux prix EMMA (BT Ethnic and Multicultural Media Awards) pour le meilleur livre / roman et le meilleur nouveau média féminin, et a été sélectionné pour le prix Mail on Sunday / John Llewellyn Rhys, le prix Orange Fiction . White Teeth a été traduit dans plus de vingt langues et a été adapté pour la télévision Channel 4 en 2002.

Son poste de scénariste en résidence à l’Institute of Contemporary Arts a abouti à la publication d’une anthologie d’histoires érotiques intitulée Piece of Flesh (2001). Elle a également écrit l’introduction pour The Burned Children of America (2003), un recueil de dix-huit nouvelles par une nouvelle génération de jeunes écrivains américains. Le deuxième roman de Zadie Smith, The Autograph Man (2002), une histoire de perte, d’obsession et de la nature de la célébrité, a remporté le Prix littéraire juif de la littérature juive 2003 . En 2003, elle a été nommée par le magazine Granta parmi les 20 meilleurs romanciers britanniques.

Son troisième roman, On Beauty , a été publié en 2005 et a remporté le prix Orange 2006 pour la fiction. Elle a également publié deux recueils de documentaires,  Changing My Mind: Occasional Essays (2009) et Feel Free (2018).

Zadie Smith est devenue professeur de fiction à l’Université de New York en 2010 et vit entre New York et Londres. Ses plus récents romans sont  NW (2012), situé dans le nord-ouest de Londres; et Swing Time (2016), à Londres, New York et en Afrique de l’Ouest.

Je remercie les Éditions Gallimard pour cette danse livresque.

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“ Monsieur Viannet ”

Monsieur Viannet de Véronique Le Goaziou aux Éditions La Table Ronde

“ Il soupire. Semble réfléchir. Il écarte et plie les doigts. Comme s’il calculait.

– Je bois du début de la matinée jusqu’à la nuit. Du réveil jusqu’au sommeil, si vous préférez. Vous voyez ? C’est les moments où je ne bois pas qui sont rares. N’existent pas. ”

Monsieur Viannet a cinquante ans. Il vit en compagnie de sa femme dans un minuscule appartement glacial du côté de Bastille. Un passé douloureux et envahissant l’amène à boire plus que de raison, notamment son acquittement après avoir été accusé du meurtre de son père.

“ Pourquoi Monsieur Viannet a-t-il bien voulu que j’entre chez lui, que je m’assoie sur cette chaise et que je l’interroge ? Des questions sur sa vie, sur ce qu’il a fait, sur lui… Parce que la directrice de l’association le lui a demandé ? Par curiosité ? Ou bien pour voir une nouvelle tête et tromper l’ennui… ”

Monsieur Viannet répond aux questions d’une femme qui est chargée d’évaluer ce que deviennent les anciens résidents d’un centre de réinsertion dont il a fait partie.

(…) Y’a des gars, ils portent depuis qu’ils sont tout petits.

J’écarte mon stylo. Je hausse les sourcils.

– Ils portent… Ils portent quoi ?

Ils secoue la tête. Il boit. Peut-être a-t-il l’impression que je le fais exprès. Exprès de ne rien comprendre.

– Vous me posez vraiment cette question ?

– Oui…

Il souffle, presque excédé.

– Ils portent leur vie, madame, quoi d’autre ? Et il y a des vies plus lourdes que d’autres, vous ne pensez pas ? “

Même si cette femme exécute consciencieusement son travail pour lequel elle est rémunérée, elle ne peut s’empêcher de s’attacher à cet homme. Son désespoir la hante, mais elle était loin d’imaginer la tragédie finale…

C’est comme ça leur vie. Des cris, du calme, des jurons, du vacarme, du silence…“

Ce que j’en dis :

Je découvre à travers ce roman social, l’écriture âpre de Véronique Le Gouaziou.

Présenté sous forme de dialogue, ce récit nous offre un témoignage assez bouleversant d’un homme qui livre depuis toujours un combat qui semble être perdu d’avance.

Vivant en marge de la société suite à plusieurs mauvaises actions qui lui ont fait connaître la prison, il nous dévoile l’envers du décor.

On aurait tendance à penser tout comme il le dit lui-même : « Mais bon, on n’avait qu’à pas faire les cons. » mais qui sommes nous pour nous permettre de juger ? Essayons plutôt de comprendre tout comme nous le propose l’auteur à travers ce portrait touchant, ce qui amène tout ces hommes à la dérive. Qu’ils soient SDF ou en foyer tous ont leurs histoires et peu ont trouvé la chance de s’en sortir face à un système de castes sociales de plus en plus réfractaires.

Ce récit est le miroir de notre société où reflète l’absurdité du monde.

Une belle découverte de cette rentrée littéraire.

Véronique Le Gouazou est sociologue et chercheuse. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages en sociologie. Elle a publié aux Éditions de la Table Ronde La Vieille Femme et les mouettes (1996) et À cause de la vie (2003). Monsieur Viannet est son quatrième roman.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde pour ce roman contemporain très touchant.

“ Smile ”

Smile de Roddy Doyle aux Éditions Joëlle Losfeld

Traduit de l’anglais (Irlande) par Christophe Mercier

Elle m’a sauvé. C’est ce qu’a fait Rachel. Elle m’a sauvé et, plus tard elle m’a porté. Son assurance, la façon dont elle m’agrippait, m’attirait en elle, tournait le dos et restait la patronne, sa capacité à gémir, la façon dont elle envisageait le sexe, prenait et donnait – maintenant, je me rends compte que ça m’a sauvé. Ça me stupéfiait et ça me formait. J’étais tombé amoureux d’une adulte. Je n’étais pas un imposteur, c’est juste que j’avais été lent à démarrer. ”

Victor Forde vient de se séparer de l’amour de sa vie. Anéanti, il retourne vivre dans le quartier dublinois de son enfance. Pour combler le vide de sa nouvelle vie, il se force à sortir et se rends dans le même pub chaque soir. C’est là qu’un soir il va rencontrer Ed Fitzpatrick, une vieille connaissance dont il a du mal à se souvenir.

Je n’appréciais pas Fitzpatrick. Mais il m’avait ramené tellement loin en arrière ; c’était l’appât, le leurre. Il ne s’agissait pas de nostalgie. Je ne le pense pas. ”

On ne peut pas dire qu’il apprécie sa compagnie, mais en sa présence, leurs souvenirs communs d’écoliers chez les frères chrétiens, semblent prendre une tournure différente. Il semble avoir occulté une partie de ce passé.

Et je plaisais à cet homme violent avec la tête de Desperate Dan. Je le savais – tout le monde le savait – à cause d’une chose qu’il avait dite plus de deux ans plus tôt, quand j’avais treize ans.

« Victor Forde, je ne peux résister à ton sourire. »

C’était comme une réplique de film, prononcé à un très mauvais endroit. Je savais que j’étais foutu. “

Ed Fitzpatrick semble être le détonateur qui va faire exploser sa boîte à secret. Va-t-il enfin pouvoir affronter la réalité ?

Ce que j’en dis :

Voilà le genre de roman que l’on aime croiser dans une vie de lectrice. Un roman choc qui te mets K.O et qui prend sens dans sa finalité absolument sidérante.

Dans cette histoire, l’auteur aborde différents thèmes, tels que le divorce, la solitude, les séquelles liés à certains souvenirs refoulés qui cachent un sujets on ne peut plus tabou : la pédophilie dans les écoles chrétiennes instituées par des ” frères ”, véritable scandale qui a détruit la vie de milliers de jeunes irlandais.

Mais ce qui fait la force de ce récit, c’est la manière dont toute cette histoire est présentée, ses enchaînements, cette introspection dans la vie de cet homme qui semble perdre pieds jour après jour.

Un livre coup de poing, qui te coupe le souffle.

C’est osé, inventif, ingénieux, surprenant, bouleversant, étrange, un shot irlandais explosif.

Né à Dublin en 1958, Roddy Doyle est l’un des écrivains majeurs de la littérature irlandaise contemporaine. Il est l’auteur de la célèbre trilogie de Barrytown – The Commitments, The Snapper, The Van – (collection « Pavillons poche », 2018, 2009, 2016), portée à l’écran par Alan Parker (1991) et Stephen Frears (1993), ainsi que de Paddy Clarke Ha ! Ha ! Ha ! lauréat du Booker Prize en 1993 (également en « Pavillons poche », 2016) .

Smile est son douzième roman.

Je remercie les Éditions Joëlle Losfeld pour ce roman percutant.

“ Terres Fauves ”

Terres Fauves de Patrice Gain aux Éditions Le Mot et Le Reste

” – J’en ai rien à foutre de ce que tu penses. Viens t’asseoir par là. Ne m’interromps pas et sers-nous un verre.

(…) Je ne savais pas ce qu’il espérait en m’obligeant à boire, mais la journée dans ce trou perdu et ses airs de vieux mercenaire suffisant et versatile m’avaient sévèrement déprimé, si bien que je n’avais pas eu à me forcer beaucoup pour m’anesthésier le cortex. “

David McCae écrivain new-yorkais débarque en Alaska. Quitter Brooklyn pour cette contrée sauvage est déjà une épreuve en soi pour ce citadin convaincu. En mal d’inspiration, il a accepté de terminer les mémoires du gouverneur Kearny. Il prête sa plume à ce politicien qui vise une réélection et tente d’étoffer ses mémoires d’un chapitre élogieux. Pour se faire, il va donc rencontrer le célèbre et très apprécié alpiniste Dick Carlson, ami de longue date du gouverneur qui aurait des souvenirs de leurs aventures à raconter.

Plus adepte du lever de coude que de l’amabilité, la rencontre avec cet homme se révèle tendue, mais l’alcool délie la langue de l’alpiniste qui va se dévoiler au cours de cette longue nuit et se confesser de manière inattendue.

Il ne faut pas s’attendrir sur soi-même. Chacun d’entre- nous est maître de son destin. Je chasse les fantômes comme je chasse l’ours, l’élan, ou les emmerdeurs : sans pitié. “

David en apprends beaucoup et même trop. Il devient un témoin gênant. Il va se retrouver face à la violence des hommes au milieu d’une nature hostile. En plein cœur de l’Alaska sauvage, sa résistance va être mise à rude épreuve. Il va tenter de survivre tout en combattant ses propres démons. Commence alors une course effrénée contre la mort…

J’ai fermé les yeux. Ce monde est vraiment étrange. Il cache sa violence derrière des scènes attendrissantes, des animaux à l’allure débonnaire et un calme apparent. C’est ce qui fait sa force. J’avais en tête : une nature traîtresse. Je me demandai combien de temps j’allais pouvoir tenir et quels types de combats j’allais devoir livrer. “

Ce que j’en dis :

Après avoir découvert l’année passée Denali, un fabuleux roman noir (retrouvez ma chronique ici), j’étais impatiente de retrouver cette plume qui m’avait tant charmée et envoûtée. Une petite appréhension m’accompagne, comme toujours à la lecture d’un nouveau roman d’un auteur que j’affectionne mais dès les premières pages la magie opère et elle s’envole. Je retrouve le style et la plume singulière de l’auteur que j’avais tant appréciés. Une fois encore, le bonheur est au rendez-vous.

Fan de littérature américaine, je retrouve tout ce que j’aime chez ce Frenchy qui s’approprie avec brio les codes du roman noir nature writing.

L’auteur dépeint à merveille ce territoire aussi magnifique que malveillant, et nous offre la possibilité de découvrir une intrigue surprenante en accompagnant David dans son combat empli de souffrances, pour survivre et échapper à toute cette violence à laquelle il se retrouve confronté, malgré lui.

Un récit immersif où la peur et l’angoisse ne nous quitte jamais.

Patrice Gain a l’art et la manière pour instaurer un climat terrifiant, pour rendre ses personnages attachants et nous offrir une histoire poignante dans un décor grandiose qui réserve des rencontres surprenantes, le tout sublimé par une écriture soignée, ciselée à la perfection.

Un livre dédié aux lecteurs amoureux du noir et des grands espaces, qui ne seront pas contre un voyage livresque aux nombreuses qualités.

Coup de foudre de cette rentrée littéraire. Un roman qui rejoint ceux que l’on oublie pas.

Patrice Gain est né à Nantes en 1961. Professionnel de la montagne, ingénieur en environnement, les territoires d’altitude et les grands espaces l’attirent depuis toujours. Il est déjà l’auteur de deux romans aux éditions Le mot et le reste : La Naufragée du lac des Dents Blanches (Prix du pays du Mont-Blanc et Prix « Récit de l’Ailleurs » des lycéens de Saint-Pierre et Miquelon) et Denali.

Je remercie l’auteur pour sa délicate attention et les Éditions Le Mot et Le Reste pour ce voyage aussi redoutable que merveilleux en Alaska.

“ Les spectres de la terre brisée ”

Les spectres de la terre brisée de S.Craig Zahler aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Janique Jouin-de Laurens

L’espoir d’être sauvée de son horrible perdition avait décru mois après mois et, même s’il n’avait pas encore disparu, il n’était plus qu’un minuscule grain de poussière. Chaque fois qu’elle parlait au Seigneur, Yvette lui demandait d’envoyer des sauveteurs ou de l’appeler à ses côtés. Elle avait souffert bien trop longtemps. “

Au Mexique, pendant l’été 1902, deux sœurs kidnappées aux États-Unis vivent l’enfer au cœur des montagnes, contraintes à la prostitution, dans un temple transformé en bordel, sans espoir de délivrance.

Elles ignorent que leur père, John Lawrence Pluvford, ancien chef de gang, a entamé une expédition punitive pour tenter de les sauver. Ses deux fils l’accompagnent ainsi que ses trois plus fidèles acolytes : un esclave affranchi, un indien et le spectral Long Clay, un pro de la gâchette.

” ( Le cow-boy possédait dix kilos de doute pour chaque ô cède foi, mais il mettait sa fierté de côté pour demander de l’aide au plus populaire des tout-puissants.)

(…)

– S’il vous plaît. Épargnez-leur davantage de souffrances et faites-leur savoir qu’on arrive pour les sauver. Amen. “

Le gang se sont offert les services d’un jeune dandy ambitieux et désargenté, attiré par la promesse d’une rétribution qu’il n’est pas en mesure de refuser.

”(…) il savait que les hommes pouvaient se transformer en une chose qu’ils haïssaient quand le loup de la luxure grondait en leur sein. “

Ils sont loin d’imaginer la confrontation sanglante qui les attend dans les Badlands de Catacumbas.

Ce que j’en dis :

Je m’étais régalé avec son précédent roman : Une assemblée de chacal (retrouvez ma chronique ici), c’est donc avec un engouement certain que je me suis aventurée entre ces pages. Fidèle à son style, l’auteur nous offre un western noir, ambiance Sergio Leone où résonne la musique inoubliable d’ Ennio Morricone.

En quelques chapitres, on fait connaissance avec le casting de cette nouvelle aventure très cinématographique, le ton est donné, la tension s’installe et va monter crescendo jusqu’au dénouement final. C’est la peur au ventre et la gorge sèche que l’on poursuit cette histoire cruelle, palpitante et parfois même terrifiante. On aimerait que les meilleurs gagnent, que les bourreaux finissent au bout d’une corde, et que l’amour l’emporte sur la haine.

Le style est violent, sanglant, une véritable tornade qui laisse peu de place à l’espoir et pourtant, c’est absolument jouissif. Les nostalgiques comme moi des bons westerns d’antan vont être servis. N’hésitez surtout pas à découvrir cette chevauchée sauvage qui cache une belle histoire familiale non démunie d’amour.

Je ne vous cache pas que j’ai adoré.

Un auteur à suivre absolument.

Ma petite collection

Né en Floride, S. Craig Zahler est désormais New-Yorkais et a travaillé de nombreuses années en tant que directeur de la photo et traiteur, tout en jouant dans un groupe de heavy métal et en créant des pièces de théâtre bizarres. Son premier roman, un western intitulé A Congregation of Jackals, a été nominé pour les prix Peacemaker et Spur.

Batteur et parolier, Zahler continue la musique et vient de sortir avec son groupe Realmbuilder son troisième album, du métal à la fois épique et lugubre. Il est actuellement lancé dans la postproduction du long-métrage qu’il réalise, Bone Tomahawk, un film à la frontière du western et de l’horreur, avec Kurt Russell, Patrick Wilson, Richard Jenkins, Matthew Fox, Lili Simmons, Fred Melamed, et David Arquette.

Zahler apprend le kung-fu, et il est depuis toujours fan d’animation (dessin animé et image par image), de métal (tous genres confondus), de rock progressif, de soul, de littérature de genre (surtout le polar, l’horreur et la science-fiction pure et dure), de pulps, de vieux films, de chats obèses, et de robots asymétriques.

Disponibles dans la collection Totem

Je remercie les éditions Gallmeister pour ce western grandiose.

“ K.O. ”

K.O. D’Hector Mathis aux Éditions Buchet.Chastel

 » Un roman c’est un ballet, la musique emporte tout et la musique c’est les mots ! On y croise des visages et des silhouettes. Les personnages dansent une chorégraphie qu’ils pensent être la leur, mais en vérité il n’y a que la musique, tout le reste est en fonction, rien n’existe en dehors d’elle. Ils obéissent voilà tout. Pour faire résonner la mélodie, j’avais des tonnes de mots à faire valser (…) Comme le jazz. Tout pareil. Je ne m’en remettrais pas de comprendre tout maintenant. J’avais le sentiment que ça ne s’arrêtait plus, que le monde était à ma portée, entièrement, déchiffré, crocheté, musical à tout point de vue ! La littérature me jetait son âme dans les feuilles mortes. Alors je me suis servi. “

Sitam est un jeune homme fou de jazz, de littérature et de la môme Capu. Il loge avec elle chez un ami d’un ami parti en voyage. Il est fauché comme les blés, mais fou amoureux. La vie est belle, mais un soir tout bascule…

” Faut dire qu’elle me tenait par le bout du cœur, la môme. Même qu’on s’était fait des amourettes sous la pluie (…) Nous étions deux, heureux comme on peut l’être quand on cavale dans la rencontre. (…) C’est alors que la ville s’est hérissée. Toutes aiguilles dehors ! Les sirènes se sont mises à s’égosiller. Le silence crevé, éventré comme une toile. Y avait des hurlements, perçants, déchirés dans les cordes. (…) La guerre. La saloperie de guerre en terrasse, en dégradés de rouge et en lambeaux de civils… “

Sirène, coup de feu, explosions, policiers et militaires envahissent la capitale. La ville devient terrifiante, invivable. Bouleversés, Sitam et Capu décident de déguerpir. Ils montent in extremis dans le dernier train en partance pour « la grisâtre », le pays natal de Sitam.

C’est le début de leur odyssée. Ensemble il vont traverser la banlieue, l’Europe et la précarité…

” Qu’est-ce que c’est beau l’horizon quand il bave ses couleurs jusqu’au délire. On commettait comme une indiscrétion à ce moment précis. Ce ciel-là on n’était pas censé le voir. On était entrés sans frapper, au moment le plus délicat. (…) C’est là que j’ai compris ce que je m’en allais chercher. (…) J’allais droit vers la littérature, depuis le départ, et Capu à mes côtés. Je traquais mon roman…“

Ce que j’en dis :

Il aura fallu peu de page pour que je tombe amoureuse de cette nouvelle plume. Le charme qui se dégage de cette écriture est incroyable, et vous l’aurez remarqué, je n’ai pu m’empêcher de vous citer quelques passages.

Un récit poétique où résonne une musicalité étonnante. Des mots délicatement couchés sur le papier, comme des notes sur une partition. Tout comme au cinéma, la musique accompagne chaque moment, tantôt touchante, souvent bouleversante et parfois terrifiante.

À travers cette histoire qui pourrait très bien se passer de nos jours, on ressent comme une urgence de s’exprimer, à travers les thèmes abordés tels que la poésie, la musique, la maladie, la mort, l’amitié, la précarité, l’errance, mais aussi l’amour.

Un style incisif, troublant, admirable. Un voyage au bout de la nuit en plein chaos qui risque de mettre K.O plus d’un lecteur.

Sincèrement, rarement un premier roman m’a autant bluffé.

N’attendez pas qu’il soit primé pour le lire, car il le sera c’est certain.

Ce roman est fantastique.

 » La littérature c’est un cimetière accueillant, qui abrite tous les amis que je n’ai pas eus et ceux qui m’ont quitté. Je digresse en compagnie des morts ! “

Né en 1993, Hector Mathis grandit aux environs de Paris entre la littérature et les copains de banlieue. Diagnostiqué précoce à l’âge de six ans, il obtient son baccalauréat bien avant sa majorité. Écrivant sans cesse, s’orientant d’abord vers la chanson, il finit par se consacrer pleinement au roman. Frappé par la maladie à l’âge de vingt-deux ans, il jette aujourd’hui l’ensemble de ses forces dans l’écriture.

Je remercie Claire et les éditions Buchet.Chastel pour cette sublime lecture.

“ Balles perdues ”

Balles perdues de Jennifer Clement aux Éditions Flammarion

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Patricia Reznikov

Ma mère avait arrêté le moteur de la Mercury sous un panneau qui annonçait : Parking Visiteurs. Elle pensait qu’on y resterait qu’un mois ou deux, mais en fait nous y sommes restées quatorze ans. “

Pearl vit à bord d’une Mercury avec sa mère sur le parking d’un camp de caravanes en Floride. Sa vie pourrait paraître triste, mais elle est bercée par les chansons d’amour que lui fredonne sa maman, déjeune dans de la porcelaine de Limoges dans une atmosphère  » Raid  » pour éloigner les suceurs de sang.

Ma mère avait raison. Dans notre coin de Floride, tout était perturbé. La vie était toujours comme une chaussure qu’on aurait mise au mauvais pied. “

Et pourtant, malgré tous les conseils maternels qu’elle lui prodigue, quand un mystérieux bellâtre surgit et envahit peu à peu leur espace les beaux jours semblent s’éloigner, et leur complicité se fragilise.

” Quand je repense à ma vie dans la voiture, je la vois divisée en deux parties : avant que ma mère ne rencontre Eli et après. Ces mots, avant et après, sont comme des heures marquées sur une pendule. “

Tout bascule, quand Pearl prend conscience de l’importance des armes qui circulent autour d’elle.

 » Dans notre coin de Floride, on avait tendance à faire cadeau d’une balle à tout et n’importe quoi. Juste pour le plaisir. “

Le camps semble caché derrière ses airs de refuge, un véritable trafic d’armes.

Et quand les armes sont de sorties, on est jamais à l’abri de balles perdues.

” Tu crois que tu as eu ta dose de tragédie, et voilà. Tu crois que la situation est peut pas être pire et qu’à présent tu es sauvée. Mais la tragédie ce n’est pas comme un médicament. On ne te donne pas une dose définie, dans une cuillère ou dans un comprimé. La tragédie s’invite en permanence. “

Ce que j’en dis :

Dès les premières pages, Pearl avec sa voix tout juste sortie de l’enfance nous confie son histoire peu ordinaire. Cette jeune demoiselle très éveillée et très débrouillarde porte déjà un regard très réaliste sur le monde qui l’entoure. Elle a déjà compris que la vie ne fait pas de cadeau et qu’il faut profiter de tous les petits bonheurs qu’elle nous offre tout en restant vigilante.

Non démunie de fantaisie mais aussi d’esprit, cette histoire dénonce le sort des plus démunis, mais aussi les ravages causés par toutes les armes qui circulent aux États-Unis.

J’ai retrouvé avec grand plaisir la plume lyrique de l’auteur, qui m’avait déjà conquise à travers son précédent roman : Prières pour celles qui furent volées, où elle restituait le destin parfois cruel de jeunes filles en fleurs.

Une auteure qui dévoile son côté féministe et engagée avec une plume pleine de tendresse, d’humour et d’amour où la poésie l’emporte sur la tragédie.

Un très beau roman, assez bouleversant qui fait sourire et qui attire parfois les larmes. On ne peut rester indifférente à l’histoire de Pearl et à la magnifique écriture qui l’accompagne.

Il fait bon de retrouver une écrivaine que l’on apprécie énormément et partager avec les futurs lecteurs son enthousiasme, en espérant qu’ils se laisseront convaincre par ce joli coup de cœur.

Jennifer Clement est née en 1960 à Greenwich, dans le Connecticut. Elle est poète, biographe et romancière. Elle a reçu le Grand prix des lycéennes du magazine Elle pour son roman Prières pour celles qui furent volées (Flammarion, 2014). Depuis octobre 2015, elle préside le PEN International. Elle vit désormais à Mexico.

Je remercie Babelio et les éditions Flammarion pour m’avoir permis de bien commencer cette nouvelle rentrée littéraire avec ce roman plein de charmes.

“ Quelque part avant l’enfer ”

Quelque part avant l’enfer de Niko Tackian aux Éditions Pocket

Ça aurait pu être une matinée comme les autres, seulement une faute d’inattention et c’est le drame. Un choc terrible… puis apparaît un tunnel.

La lumière blanche et paisible qui la baignait depuis le début de son expérience s’assombrit peu à peu. Anna se sentit aspirée vers le haut. Elle tourna sa tête invisible vers le ciel et découvrit un immense tunnel qui s’ouvrait au-dessus d’elle. Un tunnel de lumière noire…(…) Le tunnel la réclamait comme l’œil d’un cyclone affamé “

Drôle d’endroit pour une rencontre.

” — Qui …qui êtes-vous ?

– Mon nom n’a pas d’importance, y’a qu’un seul truc qu’il faut que tu saches, dit-il en souriant. Je vais te tuer… “

Anna s’en sort miraculeusement. L’heure de sa mort n’a pas encore sonné. Mais à peine sortie de l’hôpital, elle semble sentir une présence, quelqu’un semble sur ses traces et sème des cadavres de femmes dans Paris. Mais elle a été prévenue, elle sera la dernière sur la liste.

” Quelque- chose de profondément enfoui cherchait à sortir de l’abîme depuis son accident, il était temps que cela se fasse, Anna le savait. “

Ce que j’en dis :

Que ce soit en visionnant la série Alex Hugo (dont il est le créateur avec Franck Thilliez) ou en lisant un des ses thrillers, je suis sûre de passer un super moment. J’avais découvert sa plume dernièrement avec La nuit n’est jamais complète (ma chronique ici) qui m’avait scotché, et là il récidive à travers son tout premier récit qui n’a pourtant pas la patte d’un débutant.

Il aborde ici le sujet délicat de l’ EMI (expérience de mort imminente) à travers une histoire parfaitement orchestrée qui réserve de belles surprises et nous laisse étrangement dubitatif. C’est addictif, surprenant, on ne s’en lasse pas bien au contraire.

Un formidable conteur qui tisse des histoires incroyables qui ne laisseront aucune personne amoureuse du genre indifférente.

À suivre indiscutablement…

Cet ouvrage a reçu le Prix des bibliothèques et médiathèques de Grand Cognac.

Après une carrière dans le journalisme, Niko Tackian devient auteur de bandes dessinées chez Semic, puis chez Soleil Productions. Il prend ensuite la plume pour le petit écran et devient scénariste (Inquisitio, Main courante, La Cour des grands, Alex Hugo…) avant de réaliser son premier film, Azad (2008), qui recevra plusieurs prix internationaux. En 2015, il a publié son premier roman, Quelque part avant l’enfer, récompensé du Prix des Bibliothèques & des Médiathèques de Grand Cognac au Festival Polar de Cognac. Son deuxième roman, La nuit n’est jamais complète a remporté le Prix Polar Sud Ouest 2017 au Festival Lire en poche de Gradignan. Après ces deux publications aux éditions Scrineo, son troisième roman, Toxique, a paru en 2017 chez Calmann-Lévy.

Je remercie les Éditions Pocket pour ce thriller où la mort rôde entre ici et l’au-delà.

“ N’essayez jamais d’aider un kangourou ”

N’essayez jamais d’aider un Kangourou de Kenneth Cook aux Éditions Autrement

Traduit de l’anglais (Australie) par Mireille Vignol

 » La pause se prolongea. L’histoire semblait terminée.

– Et qu’est-il arrivé au … euh… au salopard ?demandais-je.

Henry leva la tête.

– Bah, il est enterré un peu plus haut sur la piste.

Il ne faut pas croire tout ce qu’on nous raconte le long de la piste de Birdsville, mais vous seriez surpris de tout ce qu’on ne croit pas et qui est la pure vérité.  »

Chaque année la période estivale amène pour beaucoup d’entre nous, une folle envie de dépaysement, seulement parfois pour x raisons, on se retrouve coincé à la maison. Mais lorsque l’on est passionné comme moi par la lecture, on est sauvé, il suffit de bien choisir ses voyages livresques et l’aventure peut commencer.

En me plongeant dans le recueil de nouvelles de Kenneth Cook, dans cette édition inédite que nous propose les Éditions Autrement, j’étais sûre de ne pas sombrer dans la sinistrose mais au contraire de me payer de bonnes tranches de rire.

L’auteur est d’une part un conteur né mais également un véritable globe trotteur. Et puis il a le chic pour se retrouver dans des situations aussi absurdes que rocambolesques. Alors parcourir le bush australien en sa compagnie, un pur bonheur.

 » La rencontre de gars sympas au bistrot est à la source de la plupart de mes ennuis. Non seulement ces bonhommes aggravent ma tendance naturelle à l’alcoolisme, mais ils m’entraînent aussi dans toutes sortes d’aventures je préférerais ne pas être mêlé. Les copains de bar me portent la poisse depuis que j’ai commencé à fréquenter les bistrots, et ça ne date pas d’hier.  »

Apparemment dans le bush australien, on y rencontre de drôles de loustics, autant de la race animale que de la race humaine , et si on met les deux face à face, de bien plus étranges situations se produisent à hurler de rire ou de peur, selon les espèces.

 » On ne sait jamais quel pourcentage croire des histoires qu’on vous raconte sur les animaux dans le Nord. J’en ai entendu des dizaines, de celles de serpents qui poursuivent et réussissent à attraper un homme à moto, à celles de buffles qui chargent et renversent des véhicules, en passant par des cochons sauvages d’une taille et d’une férocité inimaginables qui éventrèrent des chevaux. Cela dit, mon policier semblait s’y connaître en crocodiles. “

Utilisant un style direct, sans artifice mais agrémenté d’un humour corrosif, l’auteur nous offres des histoires aussi farfelues que truculentes, un régal pour le lecteur qui osera s’aventurer par ici.

Un petit conseil au passage pour ne pas se lasser de toutes ses nombreuses nouvelles loufoques, ne pas hésiter à s’en faire un livre de chevet, ou le lire en alternant avec une autre lecture, ou même picorer par ci par-là et se laisser porter par toutes ses anecdotes hilarantes inspirées de ses tribulations.

 » Rien n’est particulièrement spectaculaire dans ce coin- là, car tout est extraordinaire. ”

Ici c’est du  » all inclusive  » : dépaysement, humour, parfait pour un voyage lointain hors norme pour seulement 21 €

Kenneth Cook (1929-1987) est un écrivain australien. À l’âge de trente-deux ans, il a publié Cinq matins de trop (Wake in Fright), qui est considéré comme un classique du roman noir dans son pays et a été adapté au cinéma en 1971, sous le titre Outback. Ses nouvelles écrites dans une veine plus humoristique, ont connu un large succès.

Je remercie les éditions Autrement pour ces aventures aussi succulentes que délirantes.

“ Le manuscrit inachevé ”

Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez au Éditions Fleuve Noir

Ce livre que vous vous apprêtez à entamer ( mais ne l’avez-vous pas déjà entamé ? ) a pour titre Le manuscrit inachevé. C’était mon idée, et toute la maison d’édition a adhéré. Il n’y avait pas d’alternative.  »

Ça commence par un vol de voiture qui tourne mal et réserve déjà pas mal d’énigmes à lui tout seul aux alentours de Grenoble.

Puis on fait la connaissance d’une femme écrivaine mais qui se cache derrière un pseudo. Une femme déjà blessée par la disparition de sa fille, quatre auparavant et qui s’interroge sur l’étrange agression que vient de subir son mari.

 » Léane ne put s’empêcher de penser que, ces derniers jours, la fiction flirtait un peu trop avec la réalité. ”

Elle rejoint après une longue absence sa villa, L’Inspirante, posée au bord des dunes de la Côte d’Opale.

” Elle devait comprendre les mystères qu’avait abrités cette maison en son absence. “

Commence alors une véritable chasse aux réponses à toutes les questions que l’on peut être amené à se poser à ce moment précis de cette histoire, et qui semble liée à un étrange manuscrit…

Ce que j’en dis :

Rassurez-vous je ne vous ai rien révélé de plus que la quatrième de couverture, voir même un peu moins. Par contre, je peux me permettre de vous dire que cette histoire est bluffante n’en déplaise à Télérama.

Ce récit très particulier est fait de mystère et de suspense mais imbriqués d’une telle manière qu’elle est un véritable casse-tête pour le lecteur.

Imaginez-vous dans un château avec des milliers de portes de sortie mais une seule est la bonne. Et bien voilà comment l’auteur va vous balader, d’un endroit à l’autre, d’une personne vers une autre, vous distribuant des indices et quand vous pensez avoir toutes les bonnes cartes en mains, une nouvelle donne se profile et met toutes vos trouvailles aux oubliettes. Autant vous prévenir tout de suite, Franck Thilliez maitrise à la perfection les codes du thriller, et l’on retrouve dans sa plume son côté scénariste qui donne davantage de poids à l’histoire à travers toute cette excellente mise en scène.

Une lecture addictive, qui va vous surprendre plus d’une fois. Vous ne me croyez pas ? Lisez-le vous verrez. Inachevé ou pas, ce manuscrit va faire couler encore beaucoup d’encre.

Franck Thilliez est l’auteur d’une quinzaine de romans, parmi lesquels Le Syndrome E. et, plus récemment, Angor (Prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014), PandemiaREVER et Sharko. Il fait aujourd’hui partie des dix auteurs les plus lus en France.

Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste.

Ses livres sont traduits dans le monde entier.

Je remercie les Éditions Fleuve pour ce manuscrit étonnamment surprenant.