“ Dans la cage ”

Dans la cage de Kevin Hardcastle aux Éditions Albin Michel

Traduit de l’anglais (Canada) par Janique Jouin

” Il avait participé à près de trente combats en tout. Il avait perdu deux fois sur décision de l’arbitre et n’avait jamais été mis K.O. dans la cage. Il y avait peu de gymnases où s’entraîner dans l’Ouest, mais davantage de combats, et il roulait parfois des heures dans la même journée pour que des boxeurs essaient de le tuer à l’entraînement ou que des catcheurs le fracassent sur des tapis de sol usés et contre des murs en parpaings capitonnés tandis qu’il luttait pour se remettre debout. “

Daniel est un ancien champion de boxe et de free fight. Il a dû raccrocher les gants après une grave blessure et dire adieu à ses rêves.

Douze ans plus tard, il est devenu soudeur et même une existence ordinaire au côté de sa femme et de sa fille à Simcoe, une petite ville de l’Ontario où il a grandi.

Mais dans cette région minée par le chômage il est parfois difficile de joindre les deux bouts. Daniel offre parfois ses services à Clayton, un caïd qu’il connaît depuis son enfance. Jusqu’au jour où ça dérape…

« Je crois que Clayton nous a entraînés dans un truc dont on ne peut pas se sortir, quoi qu’en pense cet enfoiré ». Dit Daniel

(…) « Quels que soient les problèmes qu’on a, c’est pas comme ça qu’on va les résoudre, continua-t-elle. Plus maintenant.

– C’est comme si le truc m’avait échappé, dit-il. Je ne l’avais pas vu venir.

– Les choses sont différentes aujourd’hui, rien à voir avec l’époque où tu as commencé à travailler avec lui, dit Sarah. Vous allez vous faire tuer, au train où ça va. Je l’ai compris rien qu’en parlant à Clayton. »

Daniel hocha la tête.

« Je ne veux pas finir comme lui, ça c’est une certitude, dit-il. “

Écœuré par la violence qui monte crescendo dans ce milieu, Daniel décide de s’affranchir et de remettre les gants.

” « Personne ne lui a jamais proposé un boulot décent, dit-elle. Tu le crois, ça ? C’est un type bien. Il y a de quoi se poser des questions…»

Mais hélas, on ne se libère pas d’une telle emprise avec quelques coups de poing.

Ce que j’en dis :

Quand on aime certains auteurs tels que Craig Davidson et Donald Ray Pollock et qu’ils saluent le petit nouveau, on ne peut que se réjouir de le découvrir nous aussi.

Dès les premières pages, une tension baignée de noirceur s’installe et ne quittera pas le récit et là je m’y sens déjà très bien. Mais voilà je poursuis ma lecture et je découvre un style particulièrement très détaillé même trop détaillé, ce qui me gâche une partie de mon plaisir et c’est vraiment dommage. Malgré tout je m’accroche et je fais bien car l’histoire est à la hauteur de mes espérances en dehors de ce bémol, alors je lui pardonne.

Un premier roman noir plutôt réussi, une histoire pleines d’émotions qui laisse peu de place à l’espoir quand hélas certaines personnes naissent sous une mauvaise étoile.

Un auteur à suivre en espérant qu’il va corriger ces petites imperfections qui nous donneraient encore plus de plaisir à le lire.

Kevin Hardcastle est un jeune auteur canadien originaire de l’Ontario, boxeur et fan d’arts martiaux. Il a étudié le « Creative Writing » à Toronto et à Cardiff, et ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues au Canada, ainsi que dans des anthologies internationales. Son premier recueil, Debris, paraîtra prochainement aux éditions Albin Michel. Dans la cage est son premier roman.

Je remercie les Éditions Albin Michel et Léa, créatrice du Picabo River Book Club pour m’avoir permis de découvrir le combat d’une vie peu ordinaire à travers ce roman.

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8 réflexions sur ““ Dans la cage ”

  1. Hello,

    je l’ai lu aussi dans le cadre du Picabo River Book Club. J’avoue être assez mitigée : je regrette que nous n’ayons qu’entre-aperçue la vraie personnalité de Daniel. Même si j’ai ressenti l’amour qui unit cette famille, j’ai trouvé ce roman assez « froid ».Pour moi, ce roman manque d’émotions.
    Ma chronique arrive dans les prochains jours.
    Maryline

    Aimé par 2 personnes

    1. Non là pas de gêne au niveau de la boxe car un des sujets principaux du roman mais le style général trop détaillé, j’avais envie de rayer certaines fins de phrases … c’était pénible que chaque actions soient trop scrupuleusement détaillées. Sinon j’ai adoré, c’est le genre d’histoire qui me plaît autant à l’écrit que sur écran.

      Aimé par 1 personne

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