“ Faux amis ”

Faux amis de Linwood aux Éditions Belfond

Traduit de l’anglais (Canada) par Renaud Morin

” L’écran du drive-in Constellation, haut comme un immeuble de quatre étages, était en train de s’écrouler.

Une fumée noire s’élevait en tourbillonnant depuis sa base, sur toute sa longueur, tandis qu’il basculait lentement vers l’avant, côté parking, comme sous l’effet d’une tornade.

(…) Il y eu un moment de sidération muette. À peine une seconde. Puis une symphonie étranglée et dissonante d’alarmes de voitures, hurlant de panique.

Et d’autres cris. Beaucoup, beaucoup d’autres cris. “

Lors de la dernière soirée du drive – in, avant sa fermeture définitive, une explosion terrifiante s’est produite. L’écran géant s’est effondré sur les spectateurs, faisant quatre morts.

” Quelqu’un avait merdé dans les grandes largeurs. “

L’inspecteur Duckworth se retrouve sur l’enquête. Un important détail le chiffonne. L’accident s’est produit à 23 heures 23 minutes.

– Qu’est-ce qu’il y a ? On dirait qu’un truc vous chiffonne ?

– Il y’a simplement qu’au bout d’un moment on ne croit plus aux coïncidences. “

De son côté, le détective privé Cal Weaver est embauché par la fille d’Adam Chalmers, une des victimes de l’explosion. Suite à son décès, sa maison a été visitée et a mis à jour un drôle d’endroit…

De nouveaux scandales sont sur le point de voir le jour.

L’inspecteur et le détective privé vont devoir la jouer fine et unir leurs forces.

Il se passait des trucs bizarres dans cette ville.  »

Ce que j’en dis :

Après le premier volet Fausses promesses (Retrouvez ma chronique ici), nous revoici plonger au cœur de Promise Falls, cette bourgade américaine pleine de mystères et de secrets. L’aventure se poursuit avec les mêmes personnages, les habitants de cette ville qui ont bien du mal à vivre tranquille.

À travers des chapitres courts qui vont direct à l’essentiel, l’auteur sème les indices, et lève le voile sur certains mystères annoncés dans le précédent opus.

Une écriture qui tient en haleine le lecteur, comme pendant une bonne série télévisuelle.

Les scènes s’enchaînent à un rythme infernal, et les intrigues parfois déroutantes s’ajoutent les unes aux autres sans totalement mettre fin à de nombreuses interrogations qui demeurent sans réponses.

Même si ce second volet est addictif, accrocheur et ravira tous les fans de suspens plutôt efficaces, l’auteur prends à mon avis un énorme risque en laissant plein d’énigmes en suspend. Car il faudra attendre le dernier volume pour enfin connaître les tenants et aboutissants de tous ces mystères. Et là sincèrement, j’espère que le final sera explosif et déclenchera un waouh et non un : tout ça pour ça !

Là, il est certain que je l’attend au tournant. J’espère une fin qui ne me laissera pas sur ma faim.

À suivre donc …

Pour info :

Star aux États-Unis et en Angleterre, Linwood Barclay s’est fait un nom dans le club très fermé des grands maîtres du thriller. Belfond a déjà publié treize de ses romans, dont Cette nuit-là (2009), Fenêtre sur crime (2014), La Fille dans le rétroviseur (2016), En lieux sûrs (2017) ou encore la série des aventures de Zack Walker. Tous sont repris chez J’ai lu. Après Fausses promesses (2018 ; J’ai lu, 2019) et Faux Amis (2018), Vraie folie clôt la trilogie consacrée à la petite ville fictive de Promise Falls.

Je remercie les éditions Belfond pour cette intrigue déroutante à Promise Falls.

Publicités

“ L’herbe de fer ”

L’herbe de fer de William Kennedy aux Éditions Belfond, collection Vintage.

Traduit de l’américain par Marie-Claire Pasquier

Albany, pendant la Grande Dépression, Francis Phelan revient au bercail, mais dans un triste état et semble complètement perdu.

 » Francis pensait à son talent à lui tel qu’il s’exerçait, jadis, sur les terrains de base-ball, par des après-midi tout embués de lumière ; comment il savait suivre le trajet de la balle dès que la batte la frappait, et fondre sur elle comme un vautour fond sur une poule ; comment il l’amadouait et la captait et plein vol, soit qu’elle se dirige droit sur lui, soit qu’elle se rapproche de lui en sifflant comme un serpent dans l’herbe. Il l’enserrait dans son gant creusé comme la serre d’un oiseau de proie…(…) Aucun joueur de baseball dans aucune équipe ne déplaçait son corps avec autant de dextérité que Francis Phelan, une sacrée machine à saisir la balle, la plus rapide de toute. “

Qu’est-ce qui a bien pu arriver à Francis Phelan pour qu’il finisse clochard et alcoolique, lui ce grand joueur de base-ball, à qui aucune balle ne résistait ?

” Au plus profond de lui-même, là où il pouvait pressentir une vérité qui échappait aux formules, il se disait : ma culpabilité est tout ce qui me reste. Si je perds cela, alors tout ce que j’aurais pu être, tout ce que j’aurais pu faire aura été en vain. “

Il tente de reprendre le dessus, mais les fantômes du passé l’assaillent et semblent vouloir régler leurs comptes.

Va-t-il fuir une fois encore, ou va-t-il réussir cette fois à se pardonner? Va-t-il réussir sa quête de rédemption ?

” Maintenant que mes souvenirs reviennent au grand jour, est-ce que tu crois que je vais enfin pouvoir commencer à oublier ? “

Ce que j’en dis :

Pour quelqu’un qui apprécie énormément la littérature américaine, j’ai pourtant beaucoup de lacunes mais grâce à la collection vintage des éditions Belfond, je découvre à chaque réédition de merveilleuses pépites.

L’herbe de fer ne déroge pas à la règle. Ce roman possède une verve exceptionnelle et un style incroyable qui mélange poésie et ironie avec talent. Le récit nous emporte, nous captive et nous bouleverse avec grâce. Francis Phelan, est un clochard avec une certaine éducation et des principes. Il est attendrissant, attachant et son histoire nous touche de bien des façons, entre les rires et les larmes qu’elle déclenche. Un roman aussi triste qu’insolent tout comme son héros pas ordinaire et tous les personnages que vous croiserez dans ce magnifique livre.

 » Tous deux connaissaient sur le bout des doigts le rituel du trimardeur avec ses tabous, son protocole. Ils s’étaient assez parlé pour savoir qu’ils croyaient tous deux en une sorte de fraternité des sans-espoir ; cependant les cicatrices qu’ils portaient aux yeux montraient bien qu’une telle fraternité n’avait jamais existé, que la seule chose qu’ils partageaient vraiment, c’était l’éternelle question : comment vais-je me tirer d’affaire pendant les vingt prochaines minutes ? Ce qui leur faisait peur à tous les deux, c’était les désintoxiqués, les flics, les matons, les patrons, les moralistes, les diseurs de vérité, et ils avaient également peur l’un de l’autre. Ce qu’ils adoraient, c’était les raconteurs d’histoires, les menteurs, les putains, les boxeurs, les chanteurs, les chiens qui remuent la queue, et les bandits d’honneur. Rudy, en somme, se disait Francis, ça n’est qu’une cloche, mais qui vaut mieux que lui ? “

Extraite de l’adaptation cinématographique

Il n’est jamais trop tard pour découvrir des bijoux littéraires, mais c’est sans conteste un devoir que de les partager et de jouer les passeurs de mots pour qu’à votre tour vous succombiez aux charmes de cette plume.

Laissez-vous tenter et faites un bout de chemin avec cette cloche cabossée en quête de pardon et épris de liberté.

Pour info :

D’origine irlandaise, William Kennedy est né en janvier 1928 à Albany dans l’État de New York, où il a grandi. Diplômé de l’université Siena de Loudonville en 1949, il est journaliste dans l’État de New York et à San Juan, Porto Rico, où il s’essaie également à la fiction. En 1963, il retourne à Albany, l’une de ses principales sources d’inspiration, qui sera le décor de nombre de ses œuvres. Il travaille alors pour des journaux et poursuit l’écriture de ses romans.


Son premier livre, The Ink Truk (1969), évoque un chroniqueur haut en couleur nommé Bailey, gréviste en chef dans un journal. Pour le roman qui suit, Jack Legs Diamond (Belfond, 1988 ; 10/18, 1994), William Kennedy combine histoire, fiction et humour noir, et s’attaque au personnage de Jack « Legs » Diamond, un gangster irlando-américain tué à Albany en 1931. Billy Phelan (Belfond, 1990 ; 10/18, 1994) chronique, lui, la vie d’un voyou rusé, qui s’amuse à contourner la politique locale.


C’est avec L’Herbe de fer (Belfond, 1986 ; 10/18, 1993), publiée pour la première fois aux États-Unis en 1983, que William Kennedy reçoit les honneurs en remportant le prix Pulitzer de la fiction 1984. Un roman audacieux, qui nous plonge dans la vie chaotique de Francis Phelan – le père de Billy Phelan –, vagabond alcoolique errant dans les rues d’Albany pendant la Grande Dépression. L’auteur publie la même année O Albany!, un récit passionnant sur la politique et l’histoire de sa ville.


William Kennedy a aussi écrit les romans Le Livre de Quinn (Belfond, 1991), Vieilles carcasses (Belfond, 1993), Le Bouquet embrasé (Actes Sud, 1996), Roscoe (2002) et Changó’s Beads and Two-tone Shoes (2011), qui complètent notamment le « Cycle d’Albany » ; les scénarios des films Cotton Club, réalisé par Francis Ford Coppola, et d’Ironweed : la Force du destin de Héctor Babenco, avec Jack Nicholson et Meryl Streep dans les rôles principaux ; et deux pièces de théâtre Grand View (1996) puis In the System (2003).

Avec son fils, Brendan Kennedy, il est également le coauteur de deux livres pour enfants : Charlie Malarkey and the Belly-Button Machine (1986) et Charlie Malarkey and the Singing Moose (1994).


« Avec L’Herbe de fer qui lui a valu le ‟genius grant” de la fondation Mac Arthur, le National Book Award et le prix Pulitzer, William Kennedy est devenu une gloire nationale… Son style, qui doit quelque chose à Joyce, à Fitzgerald, à Beckett, reste foncièrement original. »
The New York Times Book Review

Je remercie les éditions Belfond pour cette pépite de la littérature américaine.

“ Candyland ”

Candyland de Jax Miller aux éditions Flammarion collection Ombres Noires

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire-Marie Clévy

« Allô, je voudrais signaler une disparition… »

Sadie Gingerich, une ancienne amish propriétaire de la confiserie située dans une ville minière de Pennsylvanie est inquiète. Son fils a disparu et le chef Braxton ne semble pas la prendre au sérieux.

” Écoutez, je suis sûr qu’il va réapparaître. Il doit être fourré au pieu avec quelqu’un.

Elle n’est hélas pas la seule mère qui s’inquiète de la disparition de son enfant…

“ Est-ce qu’il faut vraiment que je menace d’écorcher vif tous les gens que vous aimez pour que vous m’aidiez ? (…)

« Et, où voulez-vous que je commence ?

– Au dernier endroit où on l’a vu, j’imagine » dit-elle en baissant les yeux vers la silhouette d’une grande roue qui se profilait dans la neige.

« Candyland. »

Et lorsque Thomas est enfin retrouvé, il semble avoir été assassiné et tous les soupçons se portent sur sa petite amie, une toxicomane notoire.

„ De l’amour à la haine. De la vie à la mort. De Vinegar à Cane. “

Cruauté du destin, Sadie fait la connaissance de Danny, le père d’ Allison la présumée assassine, lui-même confronté à ses propres démons.

Le hasard fait parfois bien les choses, mais dans le cas présent une fois les dés jetés, la partie qui s’annonce va lever le voile sur une indicible vérité.

” Bon sang, on ne peut vraiment pas avoir de secret dans cette ville, hein ? “

Ce que j’en dis :

Qu’il soit en petit ou grand format, Candiland réserve autant de surprises que dans un parc d’attractions.

Au fil des pages, nous grimpons à bord des montagnes russes, l’inquiétude nous gagne, petit à petit la peur s’installe, la tension monte crescendo et la première descente fait froid dans le dos et l’on continue comme ça jusqu’au final. Bien sûr de temps en temps on déguste quelques douceurs vite agrémentées par de nombreuses frayeurs.

Électrisé par de nombreux flash-back entre passé et présent, fil conducteur de cette histoire démoniaque nous ne perdons jamais l’attention et restons bien accroché à cette enquête noire à souhait.

Les tours de manège s’enchaînent dans un engrenage infernal , où l’alcool et la drogue ont remplacé l’huile et agrémentent à jamais les rouages d’une violence inouïe jusqu’à la fin des temps.

On est bien d’accord, je joue de métaphore pour garder un maximums de suspense aux futurs lecteurs mais il est certain qu’une fois montée à bord je ne suis pas descendue en cours de route. Une virée que j’ai faite en deux jours où j’ai découvert les Appalaches en compagnie de cette communauté Amish, et de la population de ces villes minières abandonnées, des hommes et des femmes aux vies broyées. Ici point de conte de fée mais des contes défaits, brisés par la drogue et la pauvreté.

Tout est chaos dans ce monde désenchanté.

En seulement deux romans Jax Millar s’impose dans l’univers du roman noir de manière magistrale et on ne peut qu’espérer que le troisième arrive très vite et déclenchera une fois encore autant de Waouh !

Je remercie Léa de son choix pour les poches du mois de décembre sur son merveilleux groupe, le Picabo River Book Club, qui m’a permis de dépoussiérer mon grand format qui attendait patiemment son tour.

En espérant que vous aussi, vous prendrez votre ticket de lecture pour un tour de folie à Candyland. Frissons garantis nom remboursable tellement c’est le pied.

Alors, à qui le tour ?

Pour Info :

Elle naît et grandit à New York. Elle réside aujourd’hui dans le comté de Meath , en Irlande.

En 2015, elle publie son premier roman, Les Infâmes (Freedom’s Child) grâce auquel elle est lauréate du prix Transfuge du meilleur polar étranger 2015 et du grand prix des lectrices de Elle. 2016. Selon François Lestavel  de Paris Match, c’est « le roman noir le plus trépidant de l’année 2015. Pour Jérôme Leroy dans Causeur, « Jax Miller, dans Les Infâmes, est impressionnante de virtuosité narrative et de précision presque clinique dans le réalisme. Elle joue avec les points de vue et les époques dans une construction millimétrée. Mais comme elle sait donner à ses personnages une réelle consistance, on ne s’en aperçoit pas, ce qui est du grand art ».

Le 30 août 2017, est paru en avant-première en France aux Éditions Ombres Noires, son second roman Candyland.

“ La libraire ”

La libraire de Penelope Fitzgerald aux Éditions Quai Voltaire / La Table Ronde

Traduit de l’anglais par Michèle Lévy-Bram

” En 1959, Hardborough ne possédait ni fish and chips, ni laverie automatique, ni cinéma, bien qu’il y eût une projection nocturne un samedi sur deux. Si on ressentait le besoin de ces commodités, personne n’avait jamais envisagé l’ouverture d’une librairie – personne en tout cas n’avait songé que Mrs. Green eût pu l’envisager. “

Hardborough, une sympathique petite ville de l’East Anglia plutôt paisible s’apprête à vivre quelques bouleversements. Une jeune veuve se met en tête d’ouvrir une librairie se mettant illico tous les notables à dos. Cette femme était loin d’imaginer qu’elle devrait faire face à tant de médisances.

Sans oublier l’ostracisme féroce d’une partie de la population.

Et pourtant…

” Un bon livre est l’élément vital et précieux d’un esprit supérieur ; il est embaumé et chéri pour attendre une vie située au-delà de la vie. En tant que tel, on peut sûrement le considérer comme une denrée de première nécessité, non ? ”

Et lorsqu’elle met en vente Lolita, le sulfureux roman de Nabocov, on lui déclare la guerre. Florence se retrouvera très seule face au conformisme ambiant.

” Chère Mrs. Green,

Je reçois ce jour une lettre lettre (…) Ils nous informent que la marchandise exposée dans votre vitrine attire, de la part de certains clients potentiels et effectifs, une attention jugée indésirable en ce qu’elle crée sur la voie publique une obstruction qu’on pourrait qualifier de déraisonnable, tant par le quantum que par la durée. (…) Qui plus est, les usagers habituels de votre bibliothèque de prêt qui, je vous le rappelle, jouissent légalement du statut d’invités, se sont vus importunés, voire poussés, bousculés, ou apostrophés par des personnes étrangères au quartier sous les termes de « vieux lapin », «vieille bique », « vieille dinde » et même « vieille carne »…

(…) Je pense aussi que nous devrions cesser d’offrir à la vente ce qui, par son sensationnalisme, est devenu un sujet de plainte – j’ai nommé le roman de V. Nabokov… “

Pourra-t’elle faire face à tant de mauvaise fois ? Arrivera- t’elle à surmonter tous ces obstacles mis en travers de sa route ?

Ce que j’en dis :

Étant très cinéphile mais également bibliophile, il me tenait à cœur de découvrir ce petit bijou de la littérature anglaise et faire également connaissance avec la délicieuse écriture de l’auteure. Un premier rendez-vous qui a tenu toutes ses promesses et m’a embarqué dans une histoire qui ravira tous les amoureux des livres et des librairies.

Impossible de ne pas succomber aux charmes de cette plume et de cette histoire truculente qui nous plonge au cœur de la bourgeoisie anglaise de province où notre héroïne se verra confrontée à une société ignorante, avide d’argent, sans scrupules, et attirés par les rivalités.

L’humour « So brtish ” est de mise, dans ce tableau plein d’ironie grinçante et n’épargnera pas cette population où les différentes classes sociales sont magnifiquement représentées. Bien difficile de faire accepter la littérature dans des esprits aussi étroits.

Ce roman est une pépite, une petite merveille et on ne peut que remercier les éditions Quai Voltaire d’avoir réédité ce livre fantastique, tout en y apportant une touche soignée et extraordinaire qui rend à cet objet littéraire, tout le charme dont il mérite.

Je ne peux que vous inciter à le découvrir à votre tour et vous verrez que même si les années ont passé, certaines idées préconçues face à la lecture et au métier de libraire sont loin d’être abolies. Alors n’hésitons pas à continuer à partager notre passion, à arpenter les librairies, à lire, tout n’est pas encore perdu, bien au contraire…

La libraire, un magnifique roman à lire et à offrir sans modération.

Pour info :

Après avoir connu plusieurs vies en France sous les titres « L’Affaire Lolita » et « La Libraire », le roman de Penelope Fitzgerald devient un film d’Isabel Coixet intitulé « The Bookshop ».

Aujourd’hui dans les salles !

Ce film a été primé des Goyas du Meilleur film, du Meilleur réalisateur et de la Meilleur adaptation en Espagne.

Penelope Fitzgerald

Romancière et biographe anglaise de très haute réputation, Penelope Fitzgerald a été lauréate des trois prix littéraires les plus prestigieux.

Elle est diplômée de Somerville College de l’Université d’Oxford en 1938. Elle a travaillé comme journaliste à la BBC pendant la Seconde Guerre mondiale, créé un magazine culturel, « World Review », et animé une librairie avant de connaître le succès.

Après avoir écrit son premier ouvrage, la biographie du peintre Edward Burne-Jones, en 1975, elle publie son premier roman, « The Golden Child », en 1977.

Elle obtient le prix Booker en 1979 pour « À la dérive » (Offshore, 1979), un roman autobiographique.

En 2012, « La fleur bleu » (The Blue Flower, 1995), son dernier roman, a été nommé dans la catégorie du meilleur roman historique par « The Observer ».

La réalisatrice espagnole Isabel Coixet adapte le roman « La Libraire » ( aussi réédité sous le titre « L’Affaire Lolita ») (The Bookshop, 1978), en 2017.

Mère de trois enfants, Penelope Fitzgerald est célèbre pour sa prose raffinée et son humour noir.

Je remercie les éditions Quai Voltaire / LaTable Ronde pour cette délicieuse aventure très British qui ne manque ni d’humour ni de grâce.

“ L’habitude des bêtes ”

L’habitude des bêtes de Lise Tremblay aux éditions Delcourt

Juste avant que j’embarque dans l’avion, il m’avait mis un chiot dans les mains. C’était Dan. Je n’avais jamais eu de chien à moi. À la pourvoirie, les chiens, c’était l’affaire des guides. Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais pas le jeter sur la piste devant tout le monde. Le vol vers le sud a été mouvementé. J’avais peur que le chiot vomisse ou pisse sur moi. Ce n’est pas arrivé. J’ai gardé Dan. “

Benoît Lévesque rentre de Montréal. Il vient de quitter son grand appartement vide. Maintenant qu’on lui a confié ce chien, il sera mieux dans son chalet du Saguenay, au cœur du parc national. Dan pourra profiter pleinement.

” Dans ma vie, il y avait eu un avant-Dan et un après-Dan. Bien que ça puisse paraître loufoque, son arrivée avait été plus importante que mon divorce. “

Mais bien plus tard, à l’arrivée d’un nouvel automne, le fragile équilibre est rompu. Dan a vieilli et ses jours semblent comptés.

« J’avais été heureux, comblé et odieux. En vieillissant, je m’en suis rendu compte, mais il était trop tard. Je n’avais pas su être bon. La bonté m’est venue après, je ne peux pas dire quand exactement. »

Des loups ont été aperçu sur le territoire des chasseurs. De vieilles querelles de clans se réveillent, la tension monte au village.

Dans un décor grandiose, au-delà des rivalités c’est à la nature, aux cycles de la vie et de la mort, et à leur propre destinée qu’ils devront tous faire face.

Ce que j’en dis :

Certains auteurs font le choix de nous offrir des textes courts et pourtant chacun de leur récit est d’une puissance extrême. Pour moi, ce n’est pas le nombre de mot ou de page qui définit un grand roman, mais l’intensité des émotions qu’il dégage.

Lise Tremblay fait partie de ceux là, petit mais costaud.

Ce roman absolument exquis m’a charmé autant par sa plume que par son histoire. Chaque mot, chaque phrase atteint son paroxysme de sentiment.

Ici la vie côtoie la mort à travers ce blues à l’accent canadien qui offre bien plus qu’un beau dépaysement.

Une ode à la nature et à l’amour des bêtes.

C’est un beau voyage livresque qu’il serait dommage de ne pas découvrir, une auteure pleine de grâce qui vous transportera au cœur de l’âme humaine où la blancheur des paysages côtoient la noirceur des hommes.

Un énorme coup de cœur pour cette auteure qui m’a donné envie de continuer l’exploration de son univers.

Pour info :

Lise Tremblay est née à Chicoutimi. En 1991, elle s’est vu décerner pour son roman L’Hiver de pluie le Prix de la découverte littéraire de l’année du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean et le prix Joseph-S.-Stuffer du Conseil des arts du Canada. En 1999, son roman La Danse juive lui a valu le Prix du Gouverneur général. Elle a également obtenu le Grand Prix du livre de Montréal en 2003 pour son recueil de nouvelles La Héronnière. Elle a fait paraître trois romans au Boréal, La Sœur de Judith (2007), Chemin Saint-Paul (2015) et L’Habitude des bêtes (2018).

Je remercie Marie-Laure et les éditions Delcourt pour cette formidable découverte.

“ Effets indésirables ”

Effets indésirables de Larry Fondation aux éditions 10/18

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Romain Guillou

” C’est dangereux ! On est à L.A. ; pas au fin fond du Maine ! “

Ceci n’est pas un roman et pourtant il contient plein d’histoires, des anecdotes, des faits divers, des histoires drôles, des drames, des histoires d’amour et d’amitié, le triste portrait d’une population qui part à la dérive, loin des paillettes et des étoiles sur le Hollywood Walk of Fame.

J’ai l’intention de m’installer une fois pour toute de l’autre côté du fleuve – là-bas j’espère n’être qu’un type armé parmi d’autres. “

Ici, entre ces pages, on dégaine plus vite un flingue qu’un portable, d’ailleurs on possède bien plus d’armes à feu qu’autre chose, et il suffit d’un mot de trop pour que les balles surgissent. On tire d’abord, on discute après si c’est encore possible.

” Ce n’était pas sa voiture. Il n’avait pas l’habitude de la conduire. (…) C’était en pleine nuit. Il y avait beaucoup de reflets éblouissants. Il n’a pas trouvé les essuie-glaces. À la place, il a trouvé le klaxon. Il a appuyé dessus sans faire exprès. Pas une fois, plusieurs. Le chauffeur furieux dans la voiture de devant est sorti de son véhicule. Ils étaient à l’arrêt à un feu rouge. Il a tiré deux coups de feu, l’un ou bien les deux ont été fatals. Notre chauffeur n’a pas eu l’occasion de dire qu’il n’appuyait pas sur son klaxon d’impatience – en réalité, le klaxon de quelqu’un d’autre – mais qu’il essayait simplement de nettoyer un pare-brise sale. “

C’est pourtant des petites histoires mais chacune puissance dix côté émotions.

Ici les stars c’est les paumés, les piliers de bar, les prostitués, les receleurs, les clochards, les arnaqueurs, et même monsieur et madame tout le monde, le panorama d’une ville complètement hallucinée.

Des fragments de vies, des instants fugitifs, parfois brutaux , impensables, absurdes et pourtant bien réels, d’un monde qui part en vrille.

Des histoires qui secouent, parfois violentes et souvent désespérées, qui frappent en plein cœur, mais l’on ne résiste pas à poursuivre la lecture malgré la noirceur qu’elles dégagent, car se pointe parfois un peu d’humanité comme une fleur au milieu du bitume. Même l’humour est au rendez-vous, même si la vie étalée par ici est loin d’être une histoire drôle.

« J’étais frustré par mon incapacité à attirer les emmerdes. Ca faisait dix ans que les journaux nous rebattaient les oreilles avec leurs histoires de meurtres. Je n’arrivais même pas à provoquer une simple agression. »

La Cité des anges laisse un goût amer, mais la poésie noire de Larry Fondation permet aux anges déchus de briller une dernière fois.

Brillant, puissant, touchant, un auteur que je vais continuer à découvrir et ça tombe bien, un autre titre m’attend déjà.

Pour info :

Larry Fondation vit, travaille et écrit à Los Angeles. Après avoir été journaliste, il est depuis 20 ans médiateur de quartier à South Central L.A. et Compton. Il contribue régulièrement à diverses revues (Flaunt, Los Angeles Time, Fiction International…). En 2009, il a bénéficié d’une bourse d’écriture de la Fondation Christopher Isherwood.

Effets indésirables, qui paraît en 2016 aux éditions Tusitala, est le quatrième volume d’une œuvre pensée comme un octet sur Los Angeles : un « roman du collectif », biographie kaléidoscopique de la ville californienne établie sur une vingtaine d’années, des années 1980 aux années 2000.

Ses trois premiers ouvrages, qui peuvent tous se lire indépendamment, sont parus chez Fayard : Sur les nerfs(2012, repris en Livre de poche en 2013), Criminels ordinaires (2013) et Dans la dèche à Los Angeles (2014)

Je remercie les éditions 10/18 pour cette immersion auprès des anges déchus de Los Angeles.

“ Le meurtre du Commandeur ”

Le Meurtre du Commandeur de Haruki Murakami aux Éditions Belfond

Une idée apparaît (Livre 1)

Traduit du japonais par Hélène Morita

“ Dans le silence du bois, je pouvais presque percevoir jusqu’au bruit de l’écoulement du temps, du passage de la vie. Un humain s’en allait, un autre arrivait. Un sentiment s’en allait, un autre arrivait. Une image s’en allait, une autre arrivait. Et moi aussi, je me désintégrais petit à petit dans l’accumulation de chaque moment, de chaque jour, avant de me régénérer. Rien ne demeurait au même endroit. Et le temps se perdait. Un instant après l’autre, le temps s’écroulait puis disparaissait derrière moi, comme du sable mort. Assis devant la fosse, l’oreille aux aguets, je ne faisais qu’écouter le temps mourir. ”

Un beau jour, la femme du narrateur lui annonce son intention de divorcer. En panne d’inspiration, le jeune peintre quitte leur domicile et part pour un long voyage, seul, à travers le Japon. Puis un jour, il s’installe dans la montagne, dans une maison isolée appartenant à un artiste de génie, Tomohiko Amada, aujourd’hui sénile et vivant dans un hôpital.

Dans ma vie, les choses ont toujours fonctionné calmement, de manière cohérente, et souvent en accord avec la raison. C’est seulement dans la parenthèse de ces neuf mois que, de façon inexplicable, tout a été soudain plongé dans le chaos. Cette période, pour moi, a constitué un temps parfaitement exceptionnel, littéralement extraordinaire. J’étais semblable à un nageur au milieu d’une mer paisible avant d’être englouti brusquement dans un immense tourbillon non identifié, surgi de nulle part. “

Un riche homme d’affaires, Wataru Menshiki, habitant de l’autre côté de la vallée lui fait une proposition alléchante qu’il ne peut refuser. Il souhaite que le jeune peintre réalise son portrait. Un travail apparemment simple pour un portraitiste, mais le modèle semble contrarié la représentation de l’artiste.

” Lorsque c’est possible, il y a des choses qu’il vaut mieux continuer à ignorer. ”

Une nuit, il découvre un mystérieux tableau dans le grenier, une œuvre d’une grande violence, le meurtre d’un vieillard, Le Meurtre du Commandeur. Cette peinture obsède le narrateur. Et des choses étranges commencent à se produire, comme si une brèche s’était entrouverte sur un autre monde.

” La découverte que je fis du tableau de Tomohiko Amada, intitulé Le Meurtre du Commandeur, eut lieu quelques mois après mon installation dans cette maison. Je n’avais aucun moyen de le savoir à cette époque, mais cette toile allait radicalement transformer ma situation. “

Il était loin d’imaginer ce qui allait suivre, aussi étranges qu’inattendues certaines visites allaient tout changer…

” En moi, le réel et l’irréel avaient encore du mal à s’accommoder l’un à l’autre. “

Ce que j’en dis :

S’aventurer entre les pages d’un roman de Haruki Murakami est toujours prémisse d’un voyage livresque très particulier. Son univers nous emporte dans un monde où le réel côtoie l’irréel et laisse place à notre imaginaire.

Cette fois, à travers cette fresque composée de deux volumes, l’auteur explore l’univers d’un peintre, les ressorts de la création artistique et nous dépeint l’histoire de cet homme confronté au divorce.

Un roman qui se savoure patiemment, comme lorsqu’on admire un tableau, on découvre le décor, les personnages, l’histoire se dévoile peu à peu sous la plume de l’écrivain comme le ferait un peintre avec sa toile.

Les personnages entrent en scène et nous réservent de belles surprises et même une intrigue surprenante. Il est clair que le premier tome terminé, on se précipite sur le suivant, l’un n’allant pas sans l’autre comme un diptyque.

La magie propre à Murakami m’a envoûté et il est difficile de comprendre l’indignation que ces deux romans suscitent au Japon. Les scènes sensuelles présentes sont très mal perçues et l’on juge à Hong Kong l’œuvre indécente et l’on n’hésite pas à la censurer et même à l’interdire à la vente au moins de dix-huit ans.

Et pourtant cette odyssée initiatique aussi étrange soit-elle, a tout pour plaire et enchanter les nombreux fans de l’auteur.

Un roman fascinant, une histoire que je poursuis avec grand plaisir pour découvrir le mot de la fin et continuer ce rêve éveillé en compagnie de personnages atypiques et attachants.

Pour info :

MURAKAMI Haruki est né à Kyoto en 1949, mais grandit à Ashiya (Hyogo). Son père est le fils d’un prêtre bouddhiste et sa mère la fille d’un marchand d’Osaka. Les deux enseignaient la littérature japonaise. Mais Haruki, à cette époque, ne s’intéressait pas vraiment à la littérature de son pays et se plongeait plus volontiers dans des histoires de détectives américains ou de science-fiction. Point de vue artistique, les États-Unis représentent pour lui la seule culture valant la peine. En 1968, il déménage à Tokyo pour y étudier le théâtre à l’Université Waseda ; il y passera plus de temps à lire des scénarios qu’à être un élève assidu.

En 1974, MURAKAMI ouvre avec son épouse, TAKAHASHI Yoko avec qui il s’est marié trois ans plus tôt, un club de jazz : le « Peter Cat » dans le quartier de Kokobunji à Tokyo qu’ils tiendront jusqu’en 1981, date à laquelle il décide de devenir écrivain professionnel.

Entre 1986 et 1989, MURAKAMI vit en Grèce et à Rome pour ensuite se rendre aux États-Unis où il enseigne à l’Université de Princeton et à l’Université Tufts de Medford. En 1995, il ressent une sorte d’obligation de retourner dans son pays natal qui commence à souffrir d’une grave crise économique et sociale. C’est également à cette époque qu’eut lieu le terrible tremblement de terre de Kobe qui le marqua énormément et qui l’inspira pour son recueil de nouvelles « Après le tremblement de terre », ainsi que l’attaque terroriste contre le métro de Tokyo par la secte Aum Shinrikyo. Il reprendra d’ailleurs ce thème dans son roman « 1Q84 ».

MURAKAMI commence à écrire dans les années 1970. Son premier roman « Kaze no uta o kike », jamais traduit en français remporte le prix Gunzo des Nouveaux Écrivains. En 1973, il publie « 1973-nen no pinbōru » et reçoit le Prix Bunkaku en 1980.

Il devient très vite le romancier le plus populaire du Japon. Pour son roman « Noruwei no mori » publié en 1987, plus de quatre millions d’exemplaires sont vendus. Et ce succès ne se dément toujours pas à voir les chiffres de son dernier roman en date paru au Japon « 1Q84 » et qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires en un mois.

MURAKAMI Haruki a créé un style original reconnaissable immédiatement. Ce style bien à lui se compose d’humour, de légèreté, de simplicité, de clarté, mais aussi de surréalisme. Il ose faire voyager ses lecteurs du réalisme à l’imaginaire pur sans crier gare. Le lecteur est tellement prisonnier de l’univers de MURAKAMI que ça ne l’étonne absolument pas d’apercevoir des chats parler le plus naturellement possible, et tout ça, sans être choqué ou rebuté. Loin de lui la période pénible de l’après-guerre et des romans traditionnels autobiographiques. Pour preuve, le musée qu’il invente dans « Kafka sur le rivage » est presque devenu réel. Bon nombre de Japonais se sont rendus à l’arrêt de la gare qu’il décrit dans son roman pour demander aux employés le chemin le plus court pour arriver au musée. Quelle ne fut pas leur déception lorsque les pauvres employés éreintés devaient leur annoncer que ce musée n’a jamais existé.

Un des fils conducteurs de son œuvre est sans conteste la musique. MURAKAMI est un passionné de musique classique et de jazz, et il ne cesse au long de ses romans de citer toutes les œuvres qu’il admire depuis si longtemps, comme s’il ne pouvait s’empêcher de faire partager ses coups de cœur à ses lecteurs.

MURAKAMI est également le traducteur des œuvres de F. Scott Fitzgerald, de Truman Capote, de Raymond Carver, de Paul Theroux, de John Irving, de Tim O’Brien, et de bien d’autres encore.

Outre ses travaux littéraires, MURAKAMI Haruki est également connu en tant que coureur de marathon qu’il devint alors qu’il a déjà 33 ans. En 1996, MURAKAMI termine un marathon de 100 km lors d’une course autour du lac Saroma à Hokkaido. Il écrit à ce propos un excellent témoignage dans son livre « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond ».

MURAKAMI aime raconter qu’il a une hygiène de vie plutôt simple et saine : il écrit chaque jour durant 4 heures et court environ 10 kilomètres quotidiennement. Pour l’anecdote, à ses débuts, il fumait 60 cigarettes par jour pour pouvoir se concentrer sur son écriture, et un jour il décida d’arrêter. Il commença aussitôt à prendre du poids. Étant individualiste, il trouva que la course à pied était le meilleur sport pour lui.

L’écrivain le plus populaire du Japon s’est toujours éloigné de la littérature japonaise proprement dite, ce qui lui a valu énormément de critiques à ses débuts. On dit de ses romans qu’ils semblent être écrits dans une langue étrangère et avoir ensuite été traduits en japonais. Mais tout cela ne l’a jamais empêché d’être l’écrivain japonais le plus apprécié dans son pays et à l’étranger.

Je remercie les éditions Belfond pour ce voyage pictural où les rêves voyagent à l’infini.

À la Une

“ Hü ”

de David Dolo

“ Ça suffit. Voilà. Il appuie, parce qu’il est à un cheveu de s’écrouler et que personne n’a envie de voir un bibendum dans son genre tomber sur soi entre deux stations. ”

Comme chaque matin, un homme se rend en train au boulot. Dix ans déjà qu’il effectue ce même trajet. Dix ans de trop peut-être. Il étouffe au milieu des passagers, et sentant un malaise arrivé, il stoppe le train et lui prend alors une irrésistible envie de descendre prendre l’air.

“ Il jette un dernier coup d’œil au train, à la porte ouverte du wagon dont il vient de s’extraire, timide, et croise quelques regards glacés ou amusés, un grand échevelé au sourire sans joie lui montre son majeur dressé. Francis détourne les yeux. Sale type. Il pense à son objectif, le bureau, et fait son premier pas quand la double porte par laquelle il est descendu se referme dans un fracas qui le fait sursauter.

« Zut » ”

Le train parti, il se retrouve seul au monde à errer le long de la voie ferrée. Un étrange paysage de désolation s’offre à lui.

“ Où sont les villes, où sont les gens ? ”

Jusqu’au moment où il s’endort épuisé à force de marcher et de chercher âme qui vive.

Une surprise l’attend à son réveil. Il a de la compagnie, mais loin d’être celle qui l’espérait…

Ce que j’en dis :

Que ne fut pas ma surprise quand ce livre est arrivé entre mes mains. Je me suis bien fait HÜ. Bon d’accord elle était facile mais j’en avais trop envie.

Pourtant la couverture et le pitch proposé par Masse Critique Babelio étaient attirants mais à l’arrivée, j’étais loin d’imaginer une aussi grosse déception.

Tout d’abord le roman n’a pas d’éditeur, au sens propre du terme. Ce livre est édité par une plateforme que je boycotte par solidarité pour toutes les librairies qui tentent de survivre. Son nom est bien caché entre ses pages non numérotées, seulement chapitrées, donc pas facile à trouver. Tout comme les infos sur l’auteur, complètement inexistantes. Et oui, on ne s’improvise pas éditeur, pour cela il faut une certaine expérience, un certain talent une certaine classe.

Pour ce qui est de l’histoire, ça démarrait plutôt bien, mais c’est vite parti dans un délire aussi barré que les personnages qu’elle contient.

Je me suis donc lassée très vite, et le style très simple n’a rien fait pour m’accrocher davantage.

Je m’interroge sur le fait que cet auteur se soit tourné vers cette plateforme, a-t-il vu son manuscrit refusé par tous les éditeurs, et se venge en passant du côté obscur ?

Enfin je remercie tout de même Babelio, qui m’a permis de découvrir un anonyme qui devra persévérer et trouver un vrai éditeur s’il souhaite une seconde chance.

Un roman qui va vite tomber dans les oubliettes et que je n’aurai pas plaisir à promouvoir d’autant qu’il ne figurera pas dans les rayons de mes chers libraires.

Et oui chez Dealerdelignes SP ou pas c’est toujours sans langue de bois .

Pour info :

L’auteur