“ L’habitude des bêtes ”

L’habitude des bêtes de Lise Tremblay aux éditions Delcourt

Juste avant que j’embarque dans l’avion, il m’avait mis un chiot dans les mains. C’était Dan. Je n’avais jamais eu de chien à moi. À la pourvoirie, les chiens, c’était l’affaire des guides. Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais pas le jeter sur la piste devant tout le monde. Le vol vers le sud a été mouvementé. J’avais peur que le chiot vomisse ou pisse sur moi. Ce n’est pas arrivé. J’ai gardé Dan. “

Benoît Lévesque rentre de Montréal. Il vient de quitter son grand appartement vide. Maintenant qu’on lui a confié ce chien, il sera mieux dans son chalet du Saguenay, au cœur du parc national. Dan pourra profiter pleinement.

” Dans ma vie, il y avait eu un avant-Dan et un après-Dan. Bien que ça puisse paraître loufoque, son arrivée avait été plus importante que mon divorce. “

Mais bien plus tard, à l’arrivée d’un nouvel automne, le fragile équilibre est rompu. Dan a vieilli et ses jours semblent comptés.

« J’avais été heureux, comblé et odieux. En vieillissant, je m’en suis rendu compte, mais il était trop tard. Je n’avais pas su être bon. La bonté m’est venue après, je ne peux pas dire quand exactement. »

Des loups ont été aperçu sur le territoire des chasseurs. De vieilles querelles de clans se réveillent, la tension monte au village.

Dans un décor grandiose, au-delà des rivalités c’est à la nature, aux cycles de la vie et de la mort, et à leur propre destinée qu’ils devront tous faire face.

Ce que j’en dis :

Certains auteurs font le choix de nous offrir des textes courts et pourtant chacun de leur récit est d’une puissance extrême. Pour moi, ce n’est pas le nombre de mot ou de page qui définit un grand roman, mais l’intensité des émotions qu’il dégage.

Lise Tremblay fait partie de ceux là, petit mais costaud.

Ce roman absolument exquis m’a charmé autant par sa plume que par son histoire. Chaque mot, chaque phrase atteint son paroxysme de sentiment.

Ici la vie côtoie la mort à travers ce blues à l’accent canadien qui offre bien plus qu’un beau dépaysement.

Une ode à la nature et à l’amour des bêtes.

C’est un beau voyage livresque qu’il serait dommage de ne pas découvrir, une auteure pleine de grâce qui vous transportera au cœur de l’âme humaine où la blancheur des paysages côtoient la noirceur des hommes.

Un énorme coup de cœur pour cette auteure qui m’a donné envie de continuer l’exploration de son univers.

Pour info :

Lise Tremblay est née à Chicoutimi. En 1991, elle s’est vu décerner pour son roman L’Hiver de pluie le Prix de la découverte littéraire de l’année du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean et le prix Joseph-S.-Stuffer du Conseil des arts du Canada. En 1999, son roman La Danse juive lui a valu le Prix du Gouverneur général. Elle a également obtenu le Grand Prix du livre de Montréal en 2003 pour son recueil de nouvelles La Héronnière. Elle a fait paraître trois romans au Boréal, La Sœur de Judith (2007), Chemin Saint-Paul (2015) et L’Habitude des bêtes (2018).

Je remercie Marie-Laure et les éditions Delcourt pour cette formidable découverte.

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8 réflexions sur ““ L’habitude des bêtes ”

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