“ Haine pour haine ”

Haine pour haine d’Eva Dolan aux Éditions Liana Levi

Traduit de l’anglais par Lise Garond

” Ce qui restait de la tête était impossible à identifier. Un mélange immonde de sang, d’os et de cervelle. Le visage était enfoncé, le crâne fracassé, difforme. Des dents blanches apparaissaient sous la joue déchirée, un petit point doré sur un bout de chair, le reste d’une oreille. ”

Dans la ville de Peterborough, un nouveau corps est découvert. Il a été assassiné à coups de pied avec une extrême violence. Encore une fois c’est le corps d’un étranger.

Des caméras ont filmé l’agresseur masqué.

La section des crimes de haine se retrouve sur cette affaire à laquelle s’ajoute celle des trois travailleurs immigrés renversés par un chauffard.

L’inspecteur Zigic et sa partenaire vont se retrouver confrontés à de nombreuses pressions de leur hiérarchie. Le racisme a beau être au centre de ces affaires, il est préférable de ne pas en faire cas, surtout auprès des médias, cela risquerait de déclencher des émeutes raciales au cœur de cette ville déjà sous tension.

” Il s’agissait d’un racisme invisible, quelque chose que les Anglais avaient du mal à concevoir. Les conflits sanglants d’Europe de l’Est continuaient de couver sous la surface et ils étaient au cœur d’un grand nombre des incidents qu’ils avaient à traiter aux crimes de haine. Les Polonais détestaient les Lituaniens, les Bulgares détestaient les Roumains, et tout le monde méprisaient les Rome. Un racisme Blans contre Blancs qui ne se basait que sur le nom des gens.

Une haine absurde qui ne montrait au signe d »essoufflement.

La police s’inquiète, tout comme Richard Shotton , un député local d’extrême droite en pleine campagne électorale, qui se serait bien passé de cette publicité fort malvenue.

Entre jeux de pouvoir, haine identitaire et crise économique, Eva Dolan dresse un portrait acerbe et visionnaire de l’Angleterre.

Ce que j’en dis :

Le roman noir étant ma lecture de prédilection préférée, je suis toujours ravie de découvrir une nouvelle plume. N’ayant pas encore lu son précédent, je n’avais aucune attente particulière en dehors de passer un bon moment de lecture.

La plume de l’auteur et son duo d’enquêteurs m’ont emporté illico au cœur de Peterborough qui se retrouve plongée en plein chaos en quelques jours.

Son second récit pose un regard noir sur les conséquences de la montée en puissance du néo-nazisme, du racisme et de la difficulté pour les immigrés de s’intégrer dans un contexte pareil, et quand en plus les difficultés économiques du pays et la politique s’en mêlent, rien n’est là pour arranger les conflits présents.

Un roman noir très réussi qui reflète avec précision et réalisme le climat actuel, les tensions raciales et les positions conflictuelles des Anglais face au pré- Brexit.

Une nouvelle voix de la fiction anglaise qui mérite toute notre attention.

En deux romans, elle s’impose directe dans les auteures à suivre.

Une belle découverte pour ma part.

Pour info :

Eva Dolan

Eva Dolan est originaire de l’Essex mais vit aujourd’hui près de Cambridge. Un temps critique de polar, elle est passée brillamment côté auteurs avec son premier roman, Les Chemins de la haine, qui remporte en 2018 le Grand Prix des lectrices de ELLE dans la catégorie «Policier», suivi de Haine pour haine (janvier 2019). Auteur de trois autres romans, Eva Dolan ne pose sa plume que pour jouer au poker, sa seconde passion.

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2 réflexions sur ““ Haine pour haine ”

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