“ Au nom du père ”

Au nom du père d’Éric Maravélias aux Éditions Gallimard Série Noire

 » Confortablement installé, Dante, le Macédonien, et Falcone, l’Albanais, profitaient des dernières chaleurs de l’été. Falcone se tenait silencieux, se demandant pourquoi Dante l’avait fait monter jusqu’à son nid d’aigle.

Les deux hommes se connaissaient depuis l’enfance. (…) Complices dans les nombreux coups fourrés, magouilles et trafics dans lesquels, par misère, mais de bonne grâce, ils s’étaient vite laissé entraîner, ils étaient, au fil du temps, devenus inséparables. Leurs attitudes respectives les avaient amenés à emprunter des voies différentes sur la forme, mais toujours liées quant au fond. Centrées vers un seul objectif : gagner de l’argent. Beaucoup d’argent. “

Déjà vingt ans que Dante a dû quitter la Macédoine.

L’empire qu’il s’est construit en France est en danger, suite à un incident imprévu.

Paris est au bord d’une guerre civile. Une forte criminalité et des trafics en tout genre ont gangrené la ville.

L’univers des caïds qui règnent sur la ville semble également malmené par la jalousie et certaines ambitions démesurées.

Certains secrets de famille surgissent tel un cancer foudroyant et infectent les relations amicales.

La trahison n’est pas loin et risque de provoquer une tragédie et conduire les plus forts vers un destin tragique.

 » Ce n’était pas que Dante fût très sentimental, mais c’était une question d’honneur. Ce genre d’incartade aurait pu éventuellement se régler en famille, discrètement, mais à partir du moment où c’était susceptible d’arriver aux oreilles de tout le monde, il n’y avait plus d’échappatoire. Il faudrait faire un exemple. “

Ce que j’en dis :

Il m’aura fallu cinq ans pour retrouver la plume de cet auteur, découverte à l’époque avec son premier roman ” La faux soyeuse « , une véritable plongée dans l’univers de la drogue que j’avais trouvé aussi grandiose que Flash ou le grand voyage de Charles Duchaussois.

Il avait mis la barre très haute et je n’en attendais pas moins pour ce second roman.

À travers cette dystopie, il plonge le lecteur dans la capitale parisienne qui a perdu toute sa lumière au profit d’une ambiance crépusculaire.

Une idée plutôt originale d’y placer cette intrigue, et permet de sortir des sentiers battus en bousculant certains codes tant attendus dans l’univers du roman noir.

Et même si l’univers de la drogue lui colle à la peau, cette fois c’est du côté des caïds qu’il se tourne et nous offre une histoire où les relations mafieuses se retrouvent compromises par certaines ambitions et de grandes convoitises qui mènent direct vers une trahison inévitable.

L’auteur nous donne une vision du monde apocalyptique, envahit par la criminalité, dans une tragédie contemporaine, innovante, surprenante où l’on retrouve une écriture remarquable où se côtoient langage de rue et poésie urbaine.

Un second roman noir très réussit où résonne un futur réaliste assez effrayant.

C’est noir, ça déchire, c’est signé Éric Maravélias et c’est à découvrir absolument.

Ça valait vraiment le coup d’attendre.

Pour info :

Éric Maravélias est né dans la banlieue sud de Paris. 
Après un parcours chaotique, il vit aujourd’hui dans le Sud de la France. 
Il est l’auteur de La faux soyeuse  (Gallimard/Série Noire, 2014), un premier roman inspiré en partie de sa propre expérience et salué autant par la critique que par les lecteurs, il signe son retour à la fiction avec Au nom du Père  (Série Noire, 2019).

Je remercie les éditions Gallimard pour cette virée dans l’enfer de Dante.

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3 réflexions sur ““ Au nom du père ”

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