“ Presidio ”

Presidio de Randy Kennedy aux Éditions Delcourt

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Éric Moreau

 » J’adore ces choses pour leur qualités propres. Mais afin que j’en profite vraiment, il faut qu’elles aient un petit truc en plus, un élément qui sublime le reste – il faut qu’elles soient la propriété, légale ou légitime, de quelqu’un d’autre. “

Troy Falconer vit tel un fantôme en s’appropriant le bien des autres : leurs portefeuilles, leurs valises, leurs costumes, leurs voitures…

” Si j’ai commis un péché, c’est d’être trop américain – de vivre comme les pionniers qui ont construit cette grande nation, toujours en route vers une nouvelle destination, s’évertuant à élargir leur territoire sans rien d’autre qu’un cheval et les haillons qui leur servaient de vêtements. Ou, si je remonte plus loin encore, comme les Comanches, qui ne s’établissaient jamais de façon permanente et considéraient que leurs biens ne leur appartenaient que de manière provisoire. Ils subsistaient grâce à ce qu’ils chassaient ou parvenaient à récupérer, notamment les chevaux, dont on pouvait prendre la bride dans la main d’un soldat endormi sans trop perturber ses rêves.

Mais lorsqu’il apprend que son frère s’est fait plumer du petit héritage de leur père par sa femme, il n’hésite pas à le rejoindre pour lui prêter main forte, bien décidé à retrouver l’argent. Commence alors un road trip chaotique à travers les paysages austères du Texas, au volant d’une voiture volée qui hélas va les mettre dans une fâcheuse position.

” Je pourrais prétendre que j’ai tout inventé, mais ça m’étonnerait qu’on me croit. “

Ce que j’en dis :

On peut compter sur les Éditions Delcourt pour nous offrir un nouveau roman de qualité. Presidio ne déroge pas à la règle avec cet excellent roman noir à l’écriture stylée et à la prose lyrique pleine de charme.

En compagnie de ces deux frères plutôt taiseux, on est embarqué dans un road movie à travers le Texas rural et ses plaines désertiques qui en fait un personnage à part entière. Une rencontre improbable nous fera découvrir la religion de mennonite à travers le personnage de Martha, et fera également prendre une tout autre tournure à l’histoire du départ.

Un récit très cinématographique où résonne la musique de Ry Cooder, dans une ambiance mêlant country et blues.

Une belle aventure américaine envoûtante et étonnante.

Du noir comme j’aime, tout en finesse avec une bonne dose d’adrénaline et des personnages atypiques et attachants qui ne cessent de nous surprendre.

Un début très prometteur pour ce jeune écrivain plein de talent, que je vous encourage à découvrir.

Pour info :

Né à San Antonio, RANDY KENNEDY a grandi à Plains, une bourgade rurale dans le nord du Texas. Il a été critique d’art pour le New York Times pendant 25 ans, où il a écrit sur les plus grands artistes qui ont marqué les 50 dernières années, notamment John Chamberlain, Claes Oldenburg, Bruce Nauman, Vito Acconci, Nan Goldin, Paul McCarthy et Isa Genzken. Il travaille aujourd’hui à la galerie internationale Hauser & Wirth et vit à Brooklyn.

Je remercie les Éditions Delcourt pour ce road trip Texan bouleversant.

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3 réflexions sur ““ Presidio ”

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