“ La vie en rose ”

La vie en rose de Marin Ledun aux Éditions Gallimard Série Noire

Le lendemain, je déposais les deux démissionnaires à l’aéroport Saint-Exupéry avec force baisers, tongs, crème solaire et anti- moustiques. Bon débarras, évitez de revenir avec un septième enfant, gaffe aux poissons-pierres dans les lagons, ia ora na à Kelly Slater et Michel Bourez de ma part et rapportez-moi des disques de heavy metal tahitien, si vous pouvez, mais par pitié, pas de collier de fleurs.“

Rose venait tout juste de s’installer avec son amoureux de flic et là voilà obligée de revenir faire du baby-sitting à la maison familiale pour veiller sur ses frères et sœurs, pendant que leurs parents voyagent en Polynésie.

L’avion s’est à peine envolé que les ennuis commencent.

Le salon de coiffure Popul’Hair où elle fait la lecture est cambriolé, puis elle découvre que dans neuf mois une cigogne va lui réserver une surprise mais le pire de tout, l’ex-petit ami de sa sœur est assassiné.

” Elle se pelotonne contre moi. Je réalise que c’est la première fois que ma sœur se confie à moi. Des larmes me montent aux yeux. Je me laisse aller à mon tour. On se croirait dans un remake guimauve d’une série sentimentale, mais bon sang, autant de chaleur et de désarroi humains dans ce monde de brutes valent autant que tous les anxiolytiques de la terre. “

Bientôt, c’est le meilleur ami de Camille qui est poignardé. L’assassin semble s’acharner sur les lycéens où Camille est scolarisée.

Un matin, elle disparaît…

” Et pendant ce temps, les types comme le lieutenant Personne et ses collègues interrogent, frappent aux portes, s’assoient autour d’une table, vérifient les alibis, haussent le ton et autres joyeusetés moins reluisantes telles que : secouer les petites frappes, relancer les indics, donner quelques coups, sans doute, menacer certains, en pousser d’autres dans leurs retranchements, harceler si besoin.  »

Rose est sur les dents, pas question de perdre un membre de la famille en cours de route. Et même si le chaos s’est installé dans sa famille et sur la ville, elle fera le maximum pour assurer entre deux nausées …

Ce que j’en dis :

Pour qui ne connaît pas encore la famille Mabille-Pons c’est par ici et croyez-moi ce serait bien dommage de faire l’impasse du premier tome : Salut à toi ô mon frère, suivi précisément par : La vie en rose.

Un titre prometteur qui présage d’entrée un délicieux moment et c’est exactement ce qui profile page après page.

Décidément cette famille sûrement cousine de la tribu Mallaussène a toujours le chic pour se retrouver au cœur de péripéties rocambolesques. On ne s’ennuie jamais en leur compagnie, mais là ça chauffe, un meurtrier est dans la place.

Toujours avec humour, Marin Ledun nous a concocté un récit jubilatoire, et les retrouvailles avec cette famille atypique est on ne peut plus enchanteresse.

Marin Ledun est habitué au noir et pourtant le rose lui va si bien et lui permets mine de rien de pointer du doigt certaines dérives humaines peu reluisantes.

Une nouvelle histoire parsemés de cadavres mais également de cultures littéraires et cinématographiques très appréciables qui ont réjouis la grande passionnée de littérature américaine et la cinéphile insatiable entre-deux lectures que je suis.

La vie en rose bien loin d’être guimauve est un subtil mélange d’amour et d’humour parsemés de messages subliminaux pour ne jamais oublier de dire ce que l’on pense bien à l’aise dans ses baskets qu’elles soient rose ou noire.

Une plume noire avec la douceur rose de l’amour pour cette tribu déjantée au charme fou.

C’est un régal, un peu de douceur dans ce monde de brutes, ça ne se refuse pas.

Pour info :

Né en 1975, Marin Ledun est romancier. Il a déjà publié une vingtaine de romans, dont Au fer rouge, L’homme qui a vu l’homme (Prix Amila-Meckert 2014, sélection 2016 Prix Polar SNCF), Dans le ventre des mères, Les visages écrasés (Trophée 813 du roman français 2011 ; Grand Prix du roman noir 2012 du Festival International du film policier de Beaune), et La Guerre des Vanités (Prix Mystère de la critique 2011), et écrit des pièces radiophoniques pour France Culture et France Inter.

Docteur en sciences de l’information et de la communication, il est également l’auteur ou le coauteur d’essais, dont Pendant qu’ils comptent les morts (2010) et La vie marchandise (2013). 

Les visages écrasés a été adapté pour Arte et au cinéma sous le titre Carole Matthieu par le réalisateur Louis-Julien Petit, avec Isabelle Adjani, Corinne Masiero, Ola Rapace, Pablo Pauly et Sarah Suco. Il est sorti en salle le 7 décembre 2016. Son roman, En douce, paru aux éditions Ombres Noires, a reçu le prix Transfuge du meilleur polar français 2016.

Suivra, Un royaume pour deux (2017), Gasoil (2017), Ils ont voulu nous civiliser (2017), Mon ennemi intérieur (2018), Aucune bête (2019).

Avec la vie en rose et Salut à toi mon frère, il ajoute l’humour à ses nombreux talents.

Je remercie les Éditions Gallimard pour ce cocktail rose pimenté de noir.

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3 réflexions sur ““ La vie en rose ”

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