“ L’appétit de la destruction ”

L’appétit de la destruction d’Yvan Robin aux Éditions Lajouanie

” Un leader charismatique dont la voix, identifiable à la première écoute, vous décolle de grands lambeaux de peau pour vous toucher au plus profond. Capable de générer attirance et répulsion en l’espace d’une même seconde. Qu’on rêve d’embrasser, puis de gifler dans la foulée. (…) Une guitariste surdouée, au physique de panthère. Un bassiste haut sur patte, moche mais déjanté, paré à rendre sulfureuses les tournées futures. Un batteur fragile et mystérieux, qui plus est frère cadet du chanteur. Ajoutez à cela un son grumeleux – bien loin des productions aseptisées, en vogue ces années-là –, des mélodies instantanées, des structures ingénieuses et des textes qui résonnent dans le présent, et vous obtenez un cocktail imparable. Âme less rend accessible à tous, ce qui semble si loin… “

Âme Less a connu la gloire, les briquets flamboyants dans le public, les fans déchaînés, les salles pleines, les caprices de stars mais également la drogue, le sexe, l’alcool comme tout groupe de rock qui se respecte, l’un n’allant pas sans l’autre.

Et quand on atteint un tel sommet, plus dure sera la chute…

À travers trois voix, on plonge dans l’univers décadent de ce groupe de Rock, de leur ascension fulgurante à leur cruelle chute.

Se mettre à boire sentant soudain la fin venir

Ivre au couchant, rempli de larme, couvert d’ennui

S’allonger là, nu dans son vin, pour en finir

S’éteindre enfin dans la bouche cousue de la nuit “

Ce que j’en dis :

Bien installée dans mon fauteuil, loin de la foule hystérique des fans déchaînés, accompagné de ma playlist personnelle de mes groupes rock préférés, sans oublier une bonne bière, j’ai plongé à corps perdu dans ce roman pour suivre l’univers déliquescent de ce groupe de rock. Bien fidèle à l’étiquette qui leur colle à la peau, on retrouve ce qui fait la renommée des plus grands, le drogue le sexe l’alcool, les groupies dans les loges et parfois dans les lits, les frasques du leader, tout un cocktail de divers ingrédients qui mènent droit vers la notoriété, le paradis avant l’enfer.

Yvan Robin réussit à travers sa prose aussi lyrique que trash à ne pas casser le mythe, mais nous offre à travers ce récit une vision profonde de ce monde aussi fascinant qu’effrayant.

Qui n’a jamais rêvé de monter sur scène, pour ensuite se jeter dans la foule ?

Qui n’a jamais rêvé d’écrire des putains de textes, repris par cœur sur toutes les lèvres ?

 » Sur les couronnes et les tombes

Crash

Sur les attentats, sur les bombes

Crash

Sur les croix, sur les voiles

Crash

À la lune, aux étoiles

Crash

Saoulons d’essence et d’éther

Partisans, militants, militaires

Du désir découpons les ailes

À la guerre, à la rage et au zèle

Benjamin Vassilier voyait cette chanson comme un puissant remède à la morosité ambiante, sous perfusion de crise monétaire et de recrudescence de la violence. Sorte de catharsis à l’attention des masses, Crash serait l’hymne d’une génération qui aurait à lutter contre la peur et pour sa survie. “

Qui n’a jamais rêvé être à leur place ?

Et même si un drame se profile à l’horizon au fil des pages, c’est avec émotions, le palpitant en accord avec les décibels que l’on poursuit l’appétit de la destruction, avec l’envie d’un dernier rappel , une nouvelle chanson, un nouveau morceau de guitare à se faire exploser les tympans, parce qu’en fait dans la vie, le rock , y’a que ça de VRAI.

Comme il le dit dans son précédent roman : « Travailler tue » (ma chronique ici), alors fait une pause, prends toi une bière, et prends ton billet pour ce shoot littéraire très rock mais pas que…

 » Peines perdues

Sur le bord d’un verre

Que nous avions bu

Mes torts et travers

J’ai mes peines perdues

Sur le gué du fleuve

En amont des crues

Que mes larmes pleuvent

J’ai mes peines perdues

Dans le fond d’un lit

Où nous avions dû

Braver l’insomnie

J’ai mes peines perdues

J’ai mes peines perdues

Sur le bout des lèvres

Du haut de mes nues

Si je tombe…

Je crève “

Pour info :

Yvan Robin vit à Bordeaux.

Il est également l’auteur de La disgrâce des noyés, roman paru aux Éditions Baleine, et de Travailler tue ! Paru aux Éditions Lajouanie.

Je remercie les Éditions Lajouanie pour ce concert de mots mais pas que…

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