“ Les morts de Bear Creek ”

Les morts de Bear Creek de Keith McCafferty aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Janique-Jouin-de Laurens

” La femelle grizzly n’était pas difficile. Elle avait tenté de déterrer le corps humain plus tôt au cours du printemps, quand la surface de la terre à 2750 mètres d’altitude était aussi dure que l’ardoise d’une table de billard. Ses deux petits n’étaient à l’époque pas plus gros que des ballons de basket poilus. Désormais de la taille de border collies, débordant de la même énergie inépuisable, ils regardaient, le museau frémissant, leur mère extraire le corps décomposé de la terre. Même s’il fallait être généreux pour appeler ça de la chair, une seule bouchée putride valait une douzaine de campagnols montagnards et elle avait le grand avantage de rester immobile. Elle déchira goulûment les lambeaux de vêtements, mettant à nu la peau parcheminée et répugnante… “

Quand Katie Sparrow accompagnée de Lothar, son chien étaient partis à la recherche de Gordon Godfrey porté disparu, elle ne pensait pas tomber sur une tombe en pleine forêt. Cette macabre découverte, révélée grâce un grizzly affamé, va conduire les enquêteurs sur une histoire plutôt surprenante.

Le Shérif Martha Ettinger va demander de l’aide à Sean Stranahan un détective privé de la région. Déjà embauché par un club de pêcheurs excentriques pour retrouver de précieuses mouches de pêche disparues, Sean va vite s’apercevoir qu’il y a un lien entre les deux affaires, impliquant des personnes puissantes de la région.

” Il ne restait qu’à déchiffrer la piste. “

Ce que j’en dis :

Retrouver le Montana et les décors sublimes de l’Ouest américain pour une nouvelle aventure, en compagnie du shérif Martha Ettinger et du détective Sean Stranahan, découverts dans le premier volet : Meurtres sur la Madison (ma chronique ici), c’est comme retrouver une bande de potes pour des vacances pleines de belles surprises.

De nouvelles aventures palpitantes au rendez-vous qui ne manqueront ni d’humour, ni de suspens au cœur d’une nature luxuriante où la faune peut se révéler parfois dangereuse, il est donc fortement conseillé de ne pas oublier son spray au poivre.

Et pour profiter à fond des joies de la pêche toujours se munir d’une bonne canne et de quelques mouches, mais attention aux chasseurs et aux balles perdues.

Keith McCafferty nous fait cadeau d’un dépaysement extraordinaire grandeur nature à travers une histoire captivante et nous en mets plein les yeux avec le charme de cette région et des personnages fascinants.

On referme ce livre avec regret mais impatient de retrouver cet endroit et ses habitants pour une nouvelle aventure tout aussi divertissante.

Une fois encore l’auteur a fait mouche et m’a prise dans ses filets sans jamais me perdre en route, le livre dans une main et l’autre bien accrochée à un spray anti- grizzly, on ne sait jamais l’humour féroce peut parfois prendre une autre apparence…

Surtout n’hésitez pas à vous aventurer entre ses pages, merveilleusement distrayantes.

Pour info :

Keith McCafferty a grandi dans la region d’Amérique pauvre et peu peuplée des Appalaches, un pays de sombres vallons et de ténébreuses superstitions, avec la forêt qui poussait derrière sa maison. Sa première source de fascination fut les serpents, avec ou sans crochets, mais ce fut le projet de pêcher la truite qui l’emmena dans le Montana, dans les Rocheuses, où il devint le rédacteur du magazine de vie au grand air Field & Stream. L’une de ses missions consistait à passer deux nuits d’hiver en montagne, par très basse temperature, sans feu. Il survécut à la première en creusant le sol tel un ours, à la seconde en s’enveloppant dans une bâche. Répondant à un besoin naturel, il pissa malencontreusement sur la bâche et, allongé là, transi et miserable, se dit qu’il devait exister de meilleures façons de gagner sa vie, et que le moment était venu d’écrire ce roman qu’il avait toujours voulu écrire. C’était il y a sept hivers, et sept romans, dont la plupart se situent le long de la fameuse Madison River. Le Montana pouvant s’avérer un peu désert, il écrit souvent avec sur les genoux un chat nommé Rhett, ou au café, ou même dans un vieux truck garé près de la rivière, canne à pêche à portée de main. Les jours particulièrement froids, il suivrait bien les pas d’Ernest Hemingway (Keith pêchait souvent avec son fils Jack) pour écrire dans ces super cafés de Paris, remplaçant le chat par une de ces couvertures chaudes qu’on vous propose dans des endroits comme la Terrasse des Archives.

Je remercie les éditions Gallmeister pour cette aventure aussi dépaysante que palpitante.

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5 réflexions sur ““ Les morts de Bear Creek ”

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