“ La grande escapade ”

La grande escapade de Jean-Philippe Blondel aux Éditions Buchet.Chastel

” Parfois les adultes ignorent le poids qu’ils peuvent avoir sur la destinée des enfants qui ne sont pas les leurs. “

Les habitants d’une petite ville de province nous propulsent à travers cette histoire dans les années 70. On y croise notamment une bande d’instits bien pensants, persuadés du bienfait de leur travail sur ces enfants quitte à filer quelques claques pour se faire entendre. À l’époque c’était permis, on est encore bien loin de l’interdiction de la fessée.

C’est l’époque des cabanes dans les arbres, des jeux de plein air, du film très attendu le mardi et le samedi soir, des commères de village toujours promptes à débusquer les couples adultères et autres cancans tout aussi truculents.

” Bien sûr, elle cesserait d’être une simple spectatrice. Elle trouverait elle aussi une raison imparable pour se rendre dans la capitale (…) Et elle interviendrait. Parfaitement. Parce que là, stop, hein. Passe encore qu’on se morfonde devant un amour inassouvi en se rendant compte qu’on a raté sa vie, mais qu’on fasse en sorte de rattraper le temps perdu, et puis quoi encore ? On est sur cette terre pour souffrir. On est responsable de ses choix. On les assume. Sinon, c’est la chienlit. “

C’est l’époque des coups de foudre mais aussi des trahisons. Des grandes amitiés et des premières fugues. Des grands éclats de rire et de quelques larmes. L’époque de la sagesse et des grandes ambitions. Des électrochocs en cas de folie…

” (…) elle ne se rend pas compte du barouf qu’elle a créé dans le quartier, tout le monde est au courant de ce qu’elle a hurlé, de toute façon, à peine auront-ils posé le pied par terre que c’est direction la psychiatrie et les électrochocs, c’est sans doute ce qu’il y a de mieux pour remettre d’aplomb sa caboche à celle-ci, de toute façon, les tarés, honnêtement, s’il pouvait ne pas se rater, ça rendrait le monde meilleur, mais bon, ça, c’est des raisonnements que tu ne peux pas tenir à haute voix, surtout quand tu es pompier. “

Puis le port de la ceinture de sécurité devient obligatoire, les classes deviennent mixtes, les femmes commence à s’affirmer…

Une époque pas si lointaine et pourtant…

Ce que j’en dis :

Quel bonheur cette virée dans le passé aux côtés de personnages qu’on imagine très bien, tellement l’auteur en brosse les portraits avec un réalisme surprenant.

On les a tous croisé dans sa vie, à moins d’avoir 20 ans, c’est certain et page après page, cette histoire réveille nos souvenirs et nous rends mélancolique de ce passé si simple, si doux, bien avant l’affluence en tout genre. Une époque où l’on pouvait encore rêver, s’amuser simplement, aimer et croire aux lendemains qui chantent.

Un récit qui fait sourire, très plaisant à lire, idéal pour tous les nostalgiques du temps passé, de l’ambiance noire et blanche et des décors vintages.

Les vacances se terminent pour certains mais la rentrée littéraire est déjà là, alors profitez d’une petite pause pour vous projeter hors du temps pour une recréation livresque pleine de charme, de rire et juste quelques larmes de bonheur.

Pour info :

Jean-Philippe Blondel est né en 1964. Marié, deux enfants, il enseigne l’anglais en lycée et vit près de Troyes, en Champagne Ardennes. Il a déjà publié chez Buchet Chastel sept romans.

Je remercie les Éditions Buchet Chastel pour cette lecture pleine de nostalgie absolument savoureuse.

2 réflexions sur ““ La grande escapade ”

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