Profession romancier

Profession romancier de Haruki Murakami aux Éditions Belfond

Traduit du japonais par Hélène Morita

Écrire un roman n’est pas très difficile. Écrire un roman magnifique n’est pas non plus si difficile. Je ne prétend pas que c’est simple, mais ce n’est pas non plus impossible. Ce qui est particulièrement ardu, en revanche, c’est d’écrire des romans encore et encore. Tout le monde n’en n’est pas capable. Comme je l’ai déjà dit, il faut disposer d’une capacité particulière, qui est certainement un peu différente du simple « talent ».

(…) Depuis plus de trente ans, j’écris des romans et je gagne ma vie en tant que romancier. Ce qui signifie que je me suis maintenu debout sur le ring du monde littéraire depuis trente ans, ou bien, pour le dire à la façon ancienne, que je « vis de ma plume » depuis trente ans. Dans le sens le plus strict du terme, on parlera peut-être d’un «accomplissement ».

Que l’on soit passionnée ou pas de littérature japonaise, on connaît forcément Haruki Murakami, auteur connu et reconnu du monde littéraire, en tout cas je l’espère, l’appréciant pour ma part enormément.

À travers ce recueil, qui réunit douze essais autobiographiques de l’auteur, on découvre son parcours d’écrivain depuis son tout premier roman ” Écoute le chant du vent suivi de Flipper “ écrit en 1973 et qui sera enfin publié après son consentement en 2016.

James Joyce a déclaré, avec un certain laconisme : « L’imagination c’est la mémoire. » Je pense qu’il a raison. (…)

Notre tête – du moins la mienne – abrite un stock important de ce type de matériau. Chaque tiroir est bourré de toute sorte de souvenirs faisant office d’informations. Il y a de grands tiroirs. Des petits aussi. Et certains munis de poches secrètes. Quand j’écris, je les ouvre selon mes besoins, j’en sors le matériau voulu et je m’en sers pour une partie de mon roman (…) D’habitude, les souvenirs oubliés reviennent prestement à la vie, d’une façon naturelle. Quand mon esprit parvient à cet état de liberté et d’abandon, je me sens extrêmement bien. L’imagination s’est éloignée de ma volonté, elle se déplace maintenant librement, elle a acquis des formes et des volumes. Ces informations engrangées dans mes archives intérieures sont évidemment des biens irremplaçables, une immense fortune pour le romancier que je suis. “

Il nous offre, telle une longue interview, ses réflexions sur ce métier de romancier, sur l’écriture en général qui permet à l’imaginaire de devenir littéraire, en posant également un certain regard sur le monde de l’édition, les prix littéraires, tout en vouant une admiration sans bornes pour les traducteurs.

Il est parfois cynique, mais toujours sincère en dévoilant les coulisses de son quotidien d’écrivain et la face cachée de l’univers du livre avec les passionnés d’un côté et les intéressés de l’autre.

Dans son pays, les critiques ne lui ont pas fait de cadeaux et comme beaucoup d’écrivains, il est bien plus lu et apprécié à l’étranger.

” Critiquer une œuvre est toujours possible, l’apprécier également. “

Tout en s’interrogeant sur l’avenir du livre, il prodigue ses précieux conseils tels des encouragements pour les écrivains en herbe, tout en restant très lucide.

” Beaucoup de ces étoiles montantes de la littérature ont disparu sans tambour ni trompette. Certains d’entre eux – la plupart, sans doute – en ont eu assez d’écrire des romans ou bien se sont lassés de cette activité dans la durée et ont changé de voie. Et beaucoup de leurs livres, dont on ne cessait de parler au moment de leur gloire, sont à présent très difficile à dénicher dans les librairies ordinaires. Car, si le nombre des écrivains est presque illimité, l’espace des librairies ne l’est pas.

À présent, ses romans sont traduits dans plus de cinquante langues et font de lui un homme fier et heureux.

Profession romancier permettra aux lecteurs d’en découvrir un peu plus sur cet auteur assez réservé et donnera peut-être envie aux plus audacieux de se lancer dans l’écriture sur les traces de ce grand écrivain.

Pour info :

Né à Kyoto en 1949 et élevé à Kobe, Haruki Murakami a étudié le théâtre et le cinéma, puis a dirigé un club de jazz, avant d’enseigner dans diverses universités aux États-Unis.
En 1995, suite au tremblement de terre de Kobe et à l’attentat du métro de Tokyo, il décide de rentrer au Japon.
Ont déjà paru chez Belfond Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil (2002), Les Amants du Spoutnik (2003), Kafka sur le rivage (2006), Le Passage de la nuit (2007), La Ballade de l’impossible (2007 ; 2011), L’éléphant s’évapore (2008), Saules aveugles, femme endormie (2008), Autoportrait de l’auteur en coureur de fond (2009), Sommeil (2010), la trilogie 1Q84 (2011 et 2012), Chroniques de l’oiseau à ressort (2012), Les Attaques de la boulangerie (2012), Underground (2013), L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage (2014), L’Étrange Bibliothèque (2015), Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973 (2016), le recueil de nouvelles Des hommes sans femmes (2017), Birthday Girl (2017), le diptyque Le Meurtre du Commandeur (2018) et De la musique, une série d’entretiens avec Seiji Ozawa (2018). Tous les livres de Murakami sont repris chez 10/18.
Plusieurs fois pressenti pour le Nobel d littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Literary Prize, le prix Franz Kafka 2006, le prix de Jérusalem pour la liberté de l’individu dans la société en 2009, le prix international de Catalogne 2011 et le prix Hans Christian Andersen en 2016.

Je remercie les Éditions Belfond pour cette lecture très enrichissante.

Ne t’enfuis plus

Ne t’enfuis plus d’ Harlan Coben aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Roxane Azimi

– Et si je lui donnais de l’argent pour la faire taire ?

Et la fille ricana :

– C’est John Lennon qu’on assassine une deuxième fois.

Certains passant jetaient des pièces dans l’étui de la guitare, mais la plupart restaient à distance ou s’écartaient en grimaçant, comme s’il avait capté des effluves peu ragoûtants. (…)

Simon fixait des yeux la mendiante qui massacrait l’héritage de John Lennon. Les cheveux emmêlés, les joues creuses, elle était maigre comme un clou, sale,en haillons, cassée, perdue, sans toit ni loi.

C’était aussi sa fille. Paige.

Cela fait six mois que Paige avait disparu, six mois qu’il la cherchait. Et la voilà, devant lui, au cœur de Central Park.

Mais hélas, elle n’est toujours pas décidée à rentrer avec Simon, son père, préférant s’enfuir une fois encore.

Simon est anéanti une fois de plus, mais cette fois il est bien décidé à ne rien lâcher quitte à mettre sa famille en danger.

Il est loin d’imaginer jusqu’où son enquête va le conduire et lui révéler bien plus qu’il ne souhaitait savoir.

De Manhattan au Bronx, en passant par une ferme pittoresque du Connecticut, il va découvrir l’univers des gangs et de la drogue, et même le milieu sectaire dans un endroit bien gardé où semble se cacher de mystérieux secrets de famille.

Ce que j’en dis :

Cela faisait un bail que je ne m’étais pas aventurée dans un roman à suspens d’Harlan Coben, et c’est sans surprise que je me suis retrouvée après quelques pages, captivée par cette histoire. Toujours fidèle à son style, il nous entraîne dans un labyrinthe semé d’intrigues qu’il disperse petit à petit à chaque chapitre ce qui amène le lecteur à tourner les pages de manière addictive.

Une nouvelle enquête qui tient ses promesses sans être pour autant le livre de l’année.

Un moment de divertissement agréable, idéal lorsque l’on a besoin d’une petite récréation livresque.

Les fans de l’auteur seront comblés.

Pour info :

Né en 1962, Harlan Coben vit dans le New Jersey avec sa femme et leurs quatre enfants.

Diplômé en sciences politiques du Amherst College, il a rencontré un succès immédiat dès la publication de ses premiers romans, tant auprès de la critique que du public.

Il est le premier auteur à avoir reçu le Edgar Award, le Shamus Award et le Anthony Award, les trois prix majeurs de la littérature à suspense aux États-Unis. Depuis Ne le dis à personne… (2002) – récompensé du prix des lectrices Elle et adapté avec succès au cinéma par Guillaume Canet –, Belfond a publié vingt romans de Harlan Coben, dont Une chance de trop (2004 et 2015) et Juste un regard (2005 et 2017), tous deux adaptés en minisérie sur TF1. En 2018, il a développé les  huit épisodes de la série Safe diffusée en mai sur C8 et Netflix, avant de signer un contrat d’exclusivité avec la plateforme de streaming américaine prévoyant l’adaptation de 14 titres déjà existants et de futurs projets en séries et film, dont Ne t’enfuis plus. Tous ses ouvrages sont également disponibles chez Pocket.
 

Je remercie les Éditions Belfond pour cette excursion américaine palpitante.

“ Un insaisissable paradis ”

Un insaisissable paradis de Sandy Allen aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Samuel Sfez

” Peut-être cette histoire était-elle un délire. Peut-être était-ce un mensonge. Ou peut-être Bob poursuivait un but précis. Par exemple, imaginais – je, peut-être qu’il était en colère contre son père et qu’il avait écrit cette histoire peu flatteuse pour se venger. (Si tel était le cas, je n’appréciais pas du tout qu’il cherche à m’impliquer.) (…) J’ai arrêté de lire. Le manuscrit me regardait. Il était hideux, même de loin. Ses pages puaient, littéralement. Je voulais l’ignorer, comme on ignore un tas de manteaux imbibés d’urine sur le trottoir ou un homme qui hurle des obscénités sur un banc. J’ai remis les pages dans leur enveloppe et l’ai glissé dans un tiroir que j’ouvrais rarement. “

En 2009, lorsque Sandy Allen reçoit dans une grande enveloppe, ce qui semble être l’autobiographie de son oncle, elle est assez surprise.

Son oncle a toujours été aux yeux de la famille, un être à part, étrange, et même considéré comme fou pour certains.

Jesuis Robert

C’est l’histoire vraie d’un garçon qui a grandi à berkeley californie pendant les années soixante et soixante-dix, incapable de s’identifier à la réalité et pour ça étiqueté schizophrène paranoïaque psychotique pendant le reste de sa vie. “

Comme on choisit un exécuteur testamentaire, Robert a choisi, Sandy sa nièce pour réécrire son histoire.

À travers ces feuillets, elle découvre l’histoire de ce gamin, fan de Jimi Hendrix, dont l’existence a basculé en 1970 après avoir été enfermé sans raison dans un hôpital psychiatrique. Isolé du monde, bourré de narcotiques, subissant même des électrochocs, il sera au final déclaré schizophrène.

 » Au réveil, il faisait la queue pour prendre des cachets, mangeait puis errait. Il faisait la queue pour reprendre des cachets, mangeait puis errait jusqu’à ce qu’il soit l’heure de dormir. Il se réveillait, faisait la queue pour prendre des cachets et ainsi de suite. Ce n’était pas des décisions qu’il prenait ; juste des choses qu’il faisait. Il n’y avait personne à combattre. Aucune raison de vivre. Pour autant qu’il sache, ça pouvait bien être le reste de sa vie. “

Sandy, réécrit l’histoire, tout en menant une véritable enquête sur sa famille qui semble avoir voulu cacher tout ce qui se rapporte à son oncle, mais également sur cette maladie pleine de mystère, dont on ignore tout. Une maladie qui isole, et laisse en marge de nombreuses personnes comme Robert.

Ce que j’en dis :

Sandy Allen ne s’est pas contentée de retranscrire l’histoire de son oncle, elle a mené une véritable enquête au sein de la famille et dans le milieu médical pour comprendre et analyser au plus juste le comportement de son oncle atteint de schizophrénie.

Elle démêle de ce fait le vrai du faux et mène de véritables recherches qui démontrent également les travers de la médecine face à cette maladie si méconnue à l’époque.

Bien plus qu’une biographie, Sandy Allen fait de cette histoire un véritable cas d’étude sur la schizophrénie, et le milieu psychiatrique à travers les âges.

En alternant, les feuillets de Robert et son analyse personnelle issue des ses investigations, Sandy Allen nous offre un récit atypique, passionnant en nous plongeant au cœur de la vie de Robert, tout en nous faisant part de ses découvertes parfois surprenantes.

Après lecture de cette histoire vraie aussi intéressante que bouleversante, je me demande encore si le destin de Robert aurait pris une autre tournure s’il n’avait pas été hospitalisé ce fameux jour, qui pour moi a tout déclenché, et plongé la vie de cet enfant vers d’insaisissables paradis.

À découvrir absolument.

Une découverte extraordinaire.

Pour info :

Sandy Allen, qui souhaite être identifié.e par le pronom iel٭, est un.e auteur.e de non-fiction, résidant dans les montagnes de Catskills. Son premier livre, Un insaisissable paradis, a été publié en janvier 2018 par Scribner, maison d’édition américaine.

Iel était auparavant chroniqueur.se pour BuzzFeed News.

Ses essais et ses reportages ont notamment été édités par BuzzFeed News, CNN Opinion et Pop-Up Magazine. Iel a également fondé et dirigé la revue littéraire pureplayer et trismestrielle Wag’s Revue.

Son travail cible essentiellement le système de santé mentale américain actuel, son histoire ainsi que ses évolutions ; mais aussi la notion de « normalité », en particulier ses constructions, incluant le handicap mental et le genre.

٭ Iel : pronom servant à désigner des personnes qui ne s’inscrivent pas dans un genre binaire.

Je remercie les Éditions Belfond pour cette formidable lecture.

“ La vie dont nous rêvions ”

La vie dont nous rêvions de Michelle Sachs aux Éditions Belfond

Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Romain Guillou

” Quelquefois, j’aime bien tracer un message dans la poussière. Ce matin, sans raison particulière, j’ai écris AU SECOURS. “

Depuis que Sam et Merry ont quitté New-York, ils vivent paisiblement avec leur bébé dans un cottage en Suède, tout du moins en apparence…

Loin de l’agitation New-Yorkaise et de toutes ses tentations, les voilà libres de tout oublier et de se réinventer.

Apparemment ils ont laissé derrière eux certains bagages trop encombrants, mais à trop vouloir ressembler à la famille parfaite, ça peut paraître suspect.

” Je crois que ce qui me rend réellement dépendant, ce qui est le plus agréable, c’est la tête qu’elles font quand vous leur avez fait mal. La façon dont elles craquent et se brisent. Dans le fond, même la femme la plus forte est une petite fille qui a désespérément besoin que vous la remarquiez. Elle en a tellement besoin qu’elle fera tout ce que vous lui demandez. Des choses abjectes.

Tu es cruel, Sam.

On me l’a tellement dit. Et c’est toujours aussi bon, bien que je ne puisse pas dire pourquoi. “

Étrangement, ils semblent avoir beaucoup de secrets, l’un et l’autre, mais aussi l’un pour l’autre. Sam tient son rôle de pervers narcissique à la perfection et Merry la femme soumise dans toute sa splendeur et pourtant…

” Tout ton monde est imbriqué dans celui d’une autre; le câble qui vous relie, épais et torsadé, ne craint pas les orages. Moi, toi, nous,on. Deux vies, deux femmes, liées en un poing serré comme les racines d’arbres centenaires, si profondes et emmêlées qu’on ne peut les distinguer – impossible de se débarrasser de l’une sans tuer aussi l’autre. Un peu de toi, un peu de moi. Meilleures amies. “

La venue de Francesca la meilleure amie de Merry risque bien de mettre de l’huile sur le feu, voir pire. Resteront-elles meilleures amies ou deviendront-elles meilleures ennemies ? Et Sam et Merry, résisteront-ils à rester unis pour le meilleur et pour le pire jusqu’à ce que la mort les sépare ?

Derrière ce petit coin de paradis, l’enfer n’est jamais loin, les masques vont tomber et révéler la noirceur des âmes humaines.

Ce que j’en dis :

Pour un premier roman, c’est absolument réussi.

L’histoire s’annonce captivante et envoûtante dès les premières pages et va même surprendre tout du long jusqu’au final. À travers ce thriller psychologique où les personnalités complexes de ce trio se révèlent chapitre après chapitre, on découvre jusqu’où peuvent aller certaines personnes éprises de jalousie qui tentent de s’approprier coûte que coûte la vie des autres. La perversion narcissique fait également partie du scénario, tout comme la soumission et pourtant les apparences sont parfois trompeuses. Tout comme les personnages, on se retrouve manipuler et le choc des révélations n’en n’est que plus intense.

Ce roman est également très sombre, et autant prévenir les âmes sensibles, certains passages sont assez durs, dès qu’il est question de l’enfant.

Amitié toxique, amour possessif, maternité contrariée, isolement, secrets, mensonges, trahison, tous les ingrédients réunis et bien utilisés pour parfaire ce thriller psychologique noir et lui donner une saveur douce, amère et diabolique qui ravira tous les fans du genre.

Une belle découverte et une véritable bonne surprise.

C’est machiavélique, addictif et c’est à glisser dans ses lectures cet été.

Pour info :

Née en 1980, Michelle Sacks a grandi en Afrique du Sud.

Titulaire d’un master de littérature et de cinéma de l’université du Cap, elle a été retenue à deux reprises dans la sélection du Commonwealth Short Story Prize, et dans celle du South African PEN Literary Awards.

Après un recueil de nouvelles, Stone Baby, publié aux Northwestern University Press, La Vie dont nous rêvions est son premier roman.

Elle vit à présent en Suisse.

Je remercie les Éditions Belfond pour cette lecture diaboliquement addictive.

“ Vraie folie ”

Vraie folie de Linwood Barclay aux éditions Belfond

Traduit de l’anglais (Canada) par Renaud Morin

Rappelles- vous, précédemment à Promise Falls, les événements survenus.

«  Il avait commencé avec le meurtre horrible de Rosemary Gaynor. Et puis un certain nombre d’événements étranges s’étaient produits en ville. Des écureuils morts, une grande roue qui s’était mise en route toute seule, un prédateur sexuel à l’université et un bus en flamme qui avait dévalé une rue du centre-ville.

Et comme si ça ne suffisait pas, quelqu’un avait fait sauter le drive-in, tuant quatre personnes. ”

On ne peut vraiment pas dire que cette bourgade est paisible et tranquille.

Mais là, il semble que la situation s’est comme qui dirait aggravée.

– Il faut que vous veniez au poste, dit Carlson. On rappelle tout le monde.

– Que se passe-t-il ?

– C’est la fin du monde, répondis Carlson. Plus ou moins. ”

Depuis ce matin les sirènes d’ambulances n’ont pas chômé et les urgences accueillent à chaque instant de nouvelles victimes. Une véritable épidémie semble s’être abattue sur la ville. Le réseau hydraulique de la ville a été contaminé.

Pour l’inspecteur Barry Duckworth tout semble lié à l’insatiable meurtrier fanatique du nombre 23 qui sévit depuis quelques temps.

Mais ce n’est peut-être pas le seul meurtrier, il est temps de mettre un terme rapidement à ce carnage, même si pour cela un inspecteur et un privé devront unir leurs forces pour y parvenir.

Ce que j’en dis :

Après Fausses promesses (ma chronique ici) et Faux Amis (ma chronique ici) Vraie Folie clôture la trilogie et lève enfin le voile sur toutes les énigmes de Promise Falls.

Les catastrophes s’enchaînent à une vitesse vertigineuse et le climat est de plus en plus mortel. Une véritable tornade s’est abattue sur la ville.

Linwood Barclay ne laisse aucun répit à ses lecteurs et même si j’ai été moins emballé cette fois par l’écriture, j’ai apprécié de connaître enfin la vérité.

Ce final apocalyptique tient toutes ses promesses et sera d’autant plus apprécié si le lecteur a suivi chronologiquement les aventures de cette bourgade américaine.

Vous l’avez attendu, alors ne ratez pas ce dernier tome, et preparez-vous pour un final explosif.

Pour info :

Star aux États-Unis et en Angleterre, Linwood Barclay s’est fait un nom dans le club très fermé des grands maîtres du thriller.

Belfond a déjà publié treize de ses romans, dont Cette nuit-là (2009), Fenêtre sur crime (2014), La Fille dans le rétroviseur (2016), En lieux sûrs (2017) ou encore la série des aventures de Zack Walker. Tous sont repris chez J’ai lu.

Après Fausses promesses (2018 ; J’ai lu, 2019) et Faux Amis (2018), Vraie folie clôt la trilogie consacrée à la petite ville fictive de Promise Falls.

Je remercie les Éditions Belfond pour ce thriller démoniaque.


“ Les sentiers de l’oubli ”

Les sentiers de l’oubli de Margaret Mizushima aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Chloé Royer

” Le lieutenant de police Mattie Lu Cobb aimait bien son nouvel coéquipier. On aurait même pu dire qu’elle était folle de lui. Contrairement aux précédents, il semblait lui correspondre. Elle appréciait le temps passé en sa compagnie et espérait pouvoir apprendre à lui faire confiance. (…) Grand et puissant, bardés de muscles, il était le seul du service à pouvoir la battre à la course. “

Au Colora à Timber Creek, l’inspectrice Mattie Cobb vient tout juste de finir sa formation cynophile, lorsqu’elle se retrouve sur une enquête avec son tout nouvel coéquipier Robo, un berger allemand.

Le corps d’une jeune fille de dix-sept ans vient d’être découvert dans les bois. Près d’elle, sa chienne blessée…

” Belle avait déterré la tête, le torse et les bras d’une jeune fille, dont le visage cireux était couvert de boue là où la chienne l’avait léché. Cheveux noirs, nez mutin. T-shirt taché de sang. Morte. “

La communauté est sous le choc, cette jeune fille était de la région.

Il est temps de mettre à l’épreuve Robo, et de voir si ce nouveau duo de flics va réussir sa première enquête ensemble. Aidé par Cole Walker, le vétérinaire l’enquête prend une drôle de tournure sur le fil du rasoir.

Entre corruption, trafic de drogue, la ville bien tranquille commence à perdre tout le charme des havres de paix.

Mais une chose est sûre :

” La leçon la plus importante dans cette affaire, cela dit, restait la suivante : il faut toujours écouter son chien “

Ce que j’en dis :

À travers ce roman qui marque le début d’une série, on fait connaissance avec un duo d’enquêteurs plutôt attachants et assez mignons. Il viennent tout juste de se rencontrer lors de la formation de Mattie à l’unité cynophile.

Leurs premières enquêtes va très vite mettre en pratique leurs enseignements et Robo, le berger allemand va devoir avoir le flair nécessaire pour réussir son baptême du feu.

Une écriture fluide et une enquête assez classique font de ce roman une lecture assez plaisante qui ravira les amoureux du suspens sans hémoglobine ou scènes trash à outrance.

Pour un premier roman c’est plutôt réussi même si j’ai trouvé l’ensemble plutôt gentillet.

À voir si par la suite ce sera un peu plus mordantE, un peu plus intriguante pour réussir à me charmer davantage.

Une belle découverte néanmoins.

Pour info :

Née dans le Texas, Margaret Mizushima a grandi au Texas et dans le Colorado.

Autrefois orthophoniste, elle a poursuivi son exploration des mots sous un angle plus artistique grâce à l’écriture.

Passionnée de nature et d’animaux, elle vit dans le Colorado entourée de chats et de chiens et vient souvent en aide à son mari, à la tête d’un cabinet vétérinaire. 

Les Sentiers de l’oubli est son premier roman publié en France.

Je remercie les éditions Belfond pour cette enquête au cœur du Colorado.

“ Ce qui ne tue pas ”

Ce qui ne tue pas de Rachel Abbott aux Éditions Belfond

Traduit de l’anglais par Laureline Chaplain

” – Nom de Dieu !

Le chuchotement blasphématoire de Jason disait tout. Sur le lit, un amas de drap s’entortillait autour des bras et des jambes de deux personnes. Homme ou femme, elle était trop loin pour distinguer. Une odeur métallique confirma ce qu’elle voyait. Les deux corps gisaient, inertes, sur une literie trempée d’un sang sombre et épais.

Malgré la chaleur de la nuit, un frisson parcourut sa nuque. Que s’était-il passé ici ? Elle eut subitement envie de prendre ses jambes à son cou, d’abandonner derrière elle cette scène brutale. “

Après avoir reçu un appel d’urgence, la police se rend sur place et fait une découverte effroyable. Dans la maison d’un photographe de renom, Mascus Norton. deux corps ensanglantés gisent dans la chambre conjugale, et un bébé hurle dans une pièce assez proche.

Marcus North est sans vie, contrairement à Evie sa compagne.

Cleo North, la sœur de Marcus est convaincue de la culpabilité d’ Evie. Depuis le départ elle n’appréciait pas la relation de son frère et de cette femme. Quelque chose la mettait terriblement mal à l’aise. Marcus ne peut pas être le bourreau qu’on lui décrit.

En attendant le dénouement de l’enquête, Evie se retrouve enfermée.

Le plus dur, c’est le sentiment d’avilissement. Surtout aujourd’hui. J’ai été transporté dans un fourgon carcéral jusqu’aux sous-sols du palais de justice, avant d’être conduite au banc des accusés. Celui-ci n’est pas ouvert, comme ceux que j’ai parfois vus à la télé, mais séparé de la salle d’audience par une vitre laminée, comme si je souffrais d’une maladie contagieuse ou que j’étais un animal féroce. C’est peut-être le cas. “

Stéphanie King, va devoir démêler ce sac de nœuds, afin de découvrir qui est le bourreau et qui est la victime ? Alors que Cleo et Evie livrent chacune leur version sur Marcus, l’enquêtrice se retrouve au milieu de la plus ahurissante affaire de sa carrière…

” – Si j’avais poignardé Mark dans l’idée de me venger, sa souffrance n’aurait pas été aussi brève. Ce n’est pas ça, la vengeance. La vengeance, c’est s’assurer que la personne qui vous a fait du mal le paie par une très lente agonie. Si j’avais voulu me venger, il ne serait pas mort. Il serait accablé par la même douleur qui me ronge depuis des années. “

Les apparences sont parfois trompeuses, derrière chaque visage se cachent des secrets insoupçonnables. un seul dit la vérité, mais lequel ?

Ce que j’en dis :

Attention, le dernier thriller de Rachel Abbott a des pouvoirs fortement addictifs sur le lecteur. Tout en jouant avec nos nerfs, elle nous manipule tout comme ses personnages et nous embrouille en multipliant les fausses pistes en semant le doute en nous et en nous révélant avec parcimonie quelques indices assez troublants.

Comme au cinéma, chaque personnage joue son rôle à la perfection et nous bluffe admirablement.

À travers cette intrigue on découvre la mise en place d’une terrible vengeance et le pouvoir suprême de la manipulation.

La reine du crime du polar anglais a frappé fort avec cette histoire où les faux-semblants et les rivalités féminines attisent la jalousie et mènent à la folie.

C’est tordu, tragique, étrange, et c’est divinement réussi.

Les amoureux du thriller psychologique vont se régaler, c’est certain.

Retrouvez ma précédente chronique La disparue de Noël, ici.

Pour info :

Née près de Manchester, Rachel Abbott a longtemps occupé un poste d’infographiste, avant de se lancer à la poursuite d’un vieux rêve, rénover de vieilles demeures en Italie, où elle vit désormais une partie de l’année.

La parution d’Illusions fatales (2014), son premier roman autopublié, classé numéro un des ventes en Angleterre, a marqué le début d’une formidable success story.

Après Une famille trop parfaite (2016) et La Disparue de Noël (2017) publiés dans la collection Le Cercle Belfond, l’auteure fait un retour en force sur la scène du thriller avec Ce qui ne tue pas.

 

Je remercie les Éditions Belfond pour ce thriller psychologique terriblement manipulateur.

“ Bad Man ”

Bad Man de Dathan Auerbach aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Nathalie Peronny

” Quelques voitures faisaient le tour du parking. Deux d’entre elles se dirigeaient déjà vers la sortie, à droite. Ben sentit son corps se projeter vers elles alors que ses pieds restaient plantés devant le magasin. L’indécision lui vrillait la poitrine. Chaque endroit qu’il n’inspectait pas était un endroit où pouvait se trouver Eric. Et pendant qu’il inspectait un endroit, il n’était pas en train de chercher ailleurs. Aucun choix ne semblait le bon. (…)

Tous les clients le dévisagèrent, une expression particulière sur les traits. Jugement, pitié peut-être ? Mais Ben ne les voyait pas. Il ne vit pas la caissière, seule, qui secouait la tête.

– Éric ! Vociféra-t-il.

Mais seul le silence lui répondît.

Eric avait disparu.

Ce qui ne devait être qu’un banal ravitaillement au supermarché entre frères, vire au cauchemar. Eric a échappé à la surveillance de Ben son grand-frère un instant et a malheureusement disparu.

Ben ne se le pardonne pas et continuera inlassablement de chercher son petit frère de seulement trois ans.

Cinq ans plus tard, toujours inconsolable tout comme sa famille, Ben décide de chercher un travail et se fait embaucher en tant que magasinier dans le supermarché où Eric avait disparu.

Après avoir réussi à affronter l’angoisse des premiers jours, il reprend ses recherches.

Quelqu’un sait forcément quelque chose et une présence étrange brouille ses pensées.

Il est bien décidé à résoudre enfin cette disparition et mettre un terme à cette ombre inquiétante qui plane sur la ville.

Ce que j’en dis :

Il n’est jamais simple de donner son avis lorsque l’on a été déçu par sa lecture, et pourtant le départ était prometteur mais hélas je me suis très vite ennuyée et très vite lassée.

En même temps lorsque qu’apparaît sur la couverture : successeur de Stephen King, on s’attend à de l’angoisse puissance maximum, des frayeurs énormes et une ambiance plutôt étrange et là à part l’ambiance étrange, je reste sur ma faim jusqu’à la fin. Du coup je suis terriblement déçue.

L’histoire est pas mal, et c’est dommage mais pour moi elle manque de style dans l’écriture et doit monter crescendo côté frayeur, sinon l’auteur risque quelques déconvenues.

Je suis contrariée car j’étais vraiment impatiente de découvrir ce nouvel auteur qui rend d’ailleurs par ce livre hommage à un de ses amis, mais hélas la magie n’a pas été au rendez-vous.

Que ça ne vous décourage pas, certains lecteurs et lectrices ont apprécié.

Comme je dis souvent : « Je lis de tout, mais je n’aime que le meilleur » et là ce n’est pas au niveau de King, c’est peut-être vendeur, mais attention à la chute si le livre tombe des mains des lectrices exigeantes telle que moi.

Un récit sympa qui s’en sortirait mieux sans la comparaison au grand maître du thriller, d’où ma grande déception.

Pour info :

Né dans le Sud des États-Unis, Dathan Auerbach vit aujourd’hui en Floride. En 2011, il commence à poster des nouvelles sur un forum consacré à la littérature d’horreur.
Ces dernières rencontrent un succès tel, qu’il réussit à faire financer son projet de roman via une campagne de dons, sur Kickstarter.com.
Ainsi paraît Penpal aux États-Unis, un premier roman (pas encore publié en France) qui fait sensation auprès de la critique et le fait remarquer de l’éditeur Doubleday. Bad Man est son deuxième roman, le premier à paraître en France.


Je remercie les éditions Belfond pour cette étrange lecture.

“ Le chant des revenants ”

Le chant des revenants de Jesmyn Ward aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Charles Recoursé

” « Toutes les choses ont un pouvoir. »

Il a cogné sur une bûche.

« C’est mon arrière- grand-père qui me l’a appris. »

La bûche s’est fendue.

« Il disait qu’il y’a un esprit dans chaque chose. Dans les arbres, dans la lune, dans le soleil, dans les animaux. Il disait que c’est le soleil le plus important et il lui avait donné un nom : Aba. Mais on a besoin de tous les esprits, de tous les esprits de toutes les choses, pour qu’il y ait un équilibre. Pour que les récoltes poussent, que les animaux se reproduisent et qu’ils engraissent avant qu’on les mange. » (…) « Il faut un équilibre des esprits. Et un corps, c’est pareil, il m’a dit. » ”

Jojo est toujours à l’écoute quand son grand-père, Pop lui parle. C’est lui qui tente de lui donner une bonne éducation avec Mam sa grand-mère puisque sa mère Leonie, une toxicomane n’est pas à la hauteur.

Il vit avec sa mère et sa sœur, Michaela, chez leurs grands-parents dans une ferme du Mississippi.

Mam se meurt d’un cancer. Le père des enfants, un homme blanc séjourne en prison. Il ne reste plus que Pop pour soutenir la famille et faire de Jojo un homme.

Jusqu’au jour où le père est enfin libéré. Leonie embarque ses enfants et part avec une amie, direction Parchman, le centre pénitencier du Mississippi, pour retrouver son homme. Un voyage dangereux, encombrés de fantômes qui va une fois de plus malmener ces enfants.

” Il y a des gens : minuscules et distincts. Ils volent et marchent et flottent et courent. Ils sont seuls. Ils sont plusieurs. Ils se baladent sur le sommets. Ils nagent dans les rivières et dans la mer. Ils marchent en se tenant la main dans les parcs, dans les squares, disparaissent dans les bâtiments. Ils ne se taisent jamais. Leur chant est omniprésent : leur bouche ne remue pas et pourtant ça émane d’eux. Une mélodie dans la lumière jaune. Ça émane de la terre noire, des arbres et du ciel toujours éclairé. Ça émane de l’eau. C’est le plus beau chant que j’aie entendu, mais je n’en comprends pas un mot. “

Ce que j’en dis :

J’ai découvert cette formidable auteure à travers son premier roman Bois sauvage, en 2012. Un récit magnifique, marquant l’arrivée d’une nouvelle plume américaine talentueuse saluée d’emblée par le prestigieux prix du National Book Award.

À travers ce nouveau roman, Le chant des revenants, elle nous embarque dans un road-trip très particulier, un voyage dans le temps traversé par des fantômes où se côtoient les vivants et les morts.

Dans sa soif de réparer les injustices, l’auteure donne la voix à ceux partis trop tôt, mais également à ceux qui se battent face au racisme jour après jour.

Un monde brutal s’offre à nous, où sont plongés malgré eux ces deux enfants face à leur mère immature, sans une once d’instinct maternel.

Dans ce roman noir, fidèle aux croyances afro-américaines, le réel côtoie l’irréel, et donne à cette histoire, d’une beauté âpre une aura singulière.

Jesmyn Ward a un talent fou pour nous parler de ses racines, éveiller nos consciences face à cet éternel racisme toujours omniprésent, à travers des histoires touchantes et une plume magnifique où le lyrisme de son écriture illumine toute cette noirceur.

On ne s’étonnera donc pas, qu’elle reçu pour la deuxième fois, le National Book Award.

Un roman puissant, d’une beauté à couper le souffle.

Pour info :

Jesmyn Ward est née en 1977 à DeLisle, dans l’État du Mississippi.

Issue d’une famille nombreuse, elle est la première à bénéficier d’une bourse pour l’université.

Son premier roman, Ligne de fracture (Belfond, 2014 ; 10/18, 2019), a été salué par la critique. Mais c’est avec Bois Sauvage (Belfond, 2012 ; 10/18, 2019) qu’elle va connaître une renommée internationale, en remportant le National Book Award. 

Son mémoire, Les Moissons funèbres (éditions Globe, 2016 ; 10/18, 2019), s’est vu récompensé du MacArthur Genius Grant.

Avec Le Chant des revenants, sélectionné parmi les dix meilleurs romans de l’année 2017 par le New York Times, Jesmyn Ward devient la première femme deux fois lauréate du National Book Award.


Jesmyn Ward vit dans le Mississippi, avec son époux et leurs deux enfants.

Je remercie les Éditions Belfond pour ce roman émouvant où le chant des revenants résonnera en moi fort longtemps.

 » Lectio Letalis « 

Lectio Letalis de Laurent Philipparie aux éditions Belfond 

 

«  Il ne s’agissait pas d’une simple affaire de maltraitance au travail, mais de quelque chose de beaucoup plus complexe. Tiéno scruta une nouvelle fois la scène de crime. Elle lui parut brutalement vide. Le diable s’était lui aussi fait la malle. Il manquait une pièce au tableau : le manuel sur lequel travaillait Alexandre. Le document devait contenir des informations qui pouvaient expliquer cette folie meurtrière, des annotations, des intercalaires… Tièno eut une sensation étrange, absurde quand on connaissait sa carrière, celle d’ entamer la pire enquête de sa vie.  » 

À Paris, le commandant Tièno ne s’attendait pas à trouver une telle scène en se rendant dans cette maison d’éditions. C’est le troisième employé qui se suicide, après la lecture d’un manuscrit qui a hélas disparu.

À Bordeaux, le lieutenant Gabriel Barrias, un ancien indic devenu flic, se retrouve sur une enquête toute aussi étrange, le meurtre d’une psychiatre  qui semble avoir été assassiné par rapace dans son cabinet pendant une de ses consultation.

Deux affaires apparemment très éloignées et qui pourtant ont pour point commun, une personne prénommée Anna Jeanson. Elle fut la seule survivante d’un suicide collectif, survenu dans une secte qui dressait des animaux à tuer, dix ans auparavant.

 » Le combat contre le mal s’annonçait rude, et particulièrement violent. « 

Ce que j’en dis :

Découvrir une nouvelle plume policière dans le paysage littéraire est toujours agréable et présage en général des histoires surprenantes, et bien menées . Ce thriller est un véritable page-Turner qui tient toutes ses promesses côté frayeurs à travers son enquête pleine de mystères et de suspens jusqu’au dénouement final.

Par contre j’ai parfois eu du mal avec l’écriture et avec certaines expressions comme par exemple  » visage émietté  » et la propension à exagérer certaines situations. À vouloir trop en faire ça peut gâcher le plaisir de certains lecteurs, ce qui fût le cas pour moi.

Ce thriller aux pouvoirs addictifs et à l’histoire atypique est plutôt bien présenté malgré quelques défauts ravira tous les amoureux du genre, j’en suis certaine.

C’est pas tous les jours que l’on peut se pencher sur un livre capable de conduire à la mort ses lecteurs.

Alors méfiez-vous quand même si vous entendez un cri perçant pendant votre lecture, je vous aurez prévenu.

Pour info :

Laurent PHILIPPARIE est un auteur de roman policier français.

Il a étudié au Lycée Pré de Cordy à Sarlat-la-Canéda puis des études de Sciences Criminelles à l’Université Montesquieu Bordeaux 4.

Diplômé de sciences criminelles, Laurent Philipparie est officier de police depuis dix-huit ans. Passionné de littérature policière, il est également conseiller technique d’auteurs. Son goût de l’écriture, il le fait partager à des lycéens, dans le cadre de missions interministérielles. Il s’est toujours intéressé à la littérature policière et interrogé sur l’autre côté du miroir. Ne regarde pas l’ombre est son premier roman, qui paraitra aux éditions Vents Salés en 2016.

Je remercie les Éditions Belfond pour ce thriller sanglant assez surprenant.