» Dans la chaleur de l’été « 

Dans la chaleur de l’été de Vanessa Lafaye aux Éditions Pocket

Traduit de l’anglais par Laurence Videloup

 » Le barbecue en l’honneur du 4-juillet était le point d’orgue de la vie sociale de Heron Key, la seule fête à laquelle les Noirs pouvaient assister, du côté de la plage qui leur était réservé, bien sûr, mais lorsque le feu d’artifice commençait, personne ne pouvait séparer le ciel.  »

Henry est de retour après dix-huit ans et hélas rien n’a changé. Les Blancs d’un côté et les Noirs de l’autre comme sur un jeu d’échecs, mais ici l’avantage est toujours pour les Blancs. La ségrégation est toujours aussi présente et aussi violente.

Henry est un vétéran, il a connu l’enfer des tranchées en France et des années d’errance en Europe. Et maintenant, il se retrouve parqué avec ses compères dans un camp insalubre.

 » Et aujourd’hui, cette insulte finale : on le condamnait à vivre en enfer, ou presque, relégués dans un endroit paumé, où le pays pouvait oublier ce qu’il leur devait.  »

Missy non plus plus n’a pas changé en l’attendant. Toujours différente, mais plus belle et plus cultivée malgré sa couleur de peau.

 » Petite elle avait déjà peu d’amis. Parce qu’elle préférait les livres aux jeux dans les marais, les gamins du coin la trouvaient coincée. Aujourd’hui Missy avait toutes les chances de finir vieille fille. Trop intelligente pour les gars d’ici, trop fière pour jouer l’innocente. »

Selma attendait ce retour également, mais bien davantage. Henry avait des comptes à lui rendre mais pour l’instant, elle était tout simplement heureuse de l’avoir retrouvé.

Quand il se retrouva en mauvaise posture après la soirée du 4-juillet, sa couleur de peau faisant de lui un coupable idéal, en plus des rumeurs qui circulent dans la communauté, il put toujours compter sur Missy et Selma. Mais l’agression de cette femme blanche échauffe les esprits sous ce soleil de plomb et les tensions ne cessent de monter entre les Blancs et les Noirs.

 » Plein de gens, y sont prêts à croire un mensonge, si ça répond à un besoin.  »

Un ouragan se prépare, lui seul ne fera aucune différence à la couleur de peau pour donner la mort sur son passage…

Vanessa Lafaye nous offre à travers ce premier roman un récit terriblement poignant, d’une force égale à cet ouragan qui l’accompagne. À travers ses mots bouleversants, on partage la douleur de ces hommes et ces femmes déjà tant meurtris. Un combat de plus les attend quand les éléments se déchaînent.

Une histoire inspirée de faits réels qui ont marqué l’auteure, où elle honore ici leurs mémoires.

Un roman passionnant, brûlant de réalisme, où l’amour l’emporte sur la haine malgré tout.

Plein d’humanité, de sensibilité, tel un bon blues qui t’écorche le cœur, et te tire les larmes.

S’adresse à tous ceux qui se révoltent contre les injustices, à tous ceux qui aiment être remués, bouleversés. À tous les amoureux de la littérature américaine qui aiment les récits authentiques forts en émotions.

Une nouvelle plume américaine qui rejoint mes coups de cœur dans la même veine que  » la couleur des sentiments  » de Kathryn Stockett,  » La colline aux enclaves  » de Kathleen Grissom ,  » En attendant Babylone  » d’Amanda Boyden.

Née en Floride à Tallahassee, Vanessa Lafaye a étudié en Caroline du Nord, puis à Paris. Elle s’installe finalement en Angleterre avec son époux et leurs enfants. Après avoir travaillé dans l’édition d’ouvrages académiques à Oxford, elle se consacre désormais à l’écriture et au chant – elle dirige la chorale de sa ville de Malborough. Dans la chaleur de l’été ( Belfond, 2016) est son premier roman.

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 » un été près du lac « 

Un été près du lac de Heather Young aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Carla Lavaste

 » (…) je suis la seule à savoir ce qui s’est passé cet été- là et c’est à moi de décider de le partager ou non. Je détiens ce pouvoir depuis longtemps, mais aujourd’hui je ne sais plus très bien quoi en faire. Je suis la dépositaire de secrets qui ne sont pas les miens ; des secrets qui pourraient noircir le nom des morts sans défense. Des gens que j’ai aimés. Sans doute vaudrait-il mieux oublier tout cela.  »

En tombant sur un carnet vierge de toute écriture, Lucy décide de noircir ses pages en racontant l’histoire de sa famille et réveiller les fantômes oubliés.

En 1935, comme tous les ans, Lucy, Lilith et Emily la plus jeune des trois sœurs viennent passer l’été en famille dans leur chalet du Minnesota, sur les bords d’un lac.

«  Votre mère et moi vous amenons ici parce que, dans notre monde corrompu, cet endroit est un havre d’innocence. Nous voulons que vous soyez des enfants ici. Que vous nagiez, que vous jouiez dans la forêt, que vous regardiez les étoiles. Que vous profitiez des plaisirs simples de la nature et de la famille et que vous restiez innocents aussi longtemps que possible. « 

Mais un matin, c’est le drame et le destin de cette belle famille va basculer. Ils étaient loin de se douter que ce serait le dernier été paisible.

1999, Lucy vient de décéder. Elle lègue le chalet à Justine sa petite-nièce. Cherchant un prétexte pour mettre fin à une histoire d’amour qui lui pèse, cet héritage tombe à point nommé. Elle décide de s’y installer avec ses deux filles.

 » Les choses que nous faisons par amour sont celles que nous sommes le moins susceptibles de regretter. »

La maison est isolée et en piteux état. Ses filles déjà peu emballées déchantent très rapidement. Puis son aînée se comporte étrangement, et développe de manière obsessionnelle un intérêt soudain pour Emily, leur aïeule disparue.

La découverte des carnets lève le voile sur l’histoire et les secrets de la famille.

 » Sur la page de garde, une main tremblante avait écrit  » Pour Justine « . Sur la page d’après, commençait quelque chose qui ressemblait à un journal. (…) Elle lut, tournant les pages tout d’abord avec curiosité, puis avec appréhension et, pour finir, avec horreur.  »

À travers ce roman choral qui donne la voix à Lucy et Justine, on voyage entre passé et présent en découvrant l’histoire de ces deux femmes unies à jamais par les liens du sang. Soixante ans les séparent et pourtant si proches l’une de l’autre à bien des égards. À croire que les drames familiaux doivent se perpétuer d’une génération à l’autre.

 » Sauvée. Quel mot ! Si puissant et, dans le même temps, si passif. Il évoque une force qui nous dépasse, une énergie assez vigoureuse pour détourner le cours de notre vie lorsque nous sommes incapables de le faire nous-même. Dieu, l’amour d’un homme ou d’une femme, la naissance d’un enfant, le simple fait de grandir : autant de choses qui peuvent, pensons-nous, nous sauver. (…) en fin de compte le destin tragique de notre famille se résume à cela : aucun de nous n’a su comment se sauver.  »

Un premier roman absolument captivant, une écriture parfaitement maîtrisée, une intrigue bien ficelée, des secrets de familles à découvrir, des personnages forts attachants, tout est bien présent pour rendre ce moment de lecture on ne peut plus agréable et impossible à quitter avant la dernière page. Une nouvelle plume américaine à suivre assurément.

Une très belle découverte qui rejoint Le Cercle Belfond, une bien belle collection.

Heather Young a renoncé à une carrière dans le droit pour s’adonner à sa passion pour l’écriture. Un pari payant puisque son premier roman, Un été près du lac, a aussitôt été remarqué par le public et sélectionné dans la catégorie Meilleur premier roman du Edgar Award, le prestigieux prix du polar américain. Elle vit dans la Mill Valley, en Californie, avec son mari et leurs deux enfants.

Je remercie les Éditions Belfond pour cette lecture brillante et passionnante.

 » Le Mal des ardents « 

Le mal des ardents de Frédéric Aribit aux Éditions Belfond 


 » Combien d’histoires commencent dans un métro bondé avec une femme que vous ne voyez pas arriver, qui se retrouve soudain à côté de vous, contre vous, à la faveur d’on ne sait quelle bousculade, quelle recomposition hasardeuse de la foule… » 

Dans cette foule, cet homme aurait pu la rater, mais elle avait quelque chose d’inattendu. Un petit brin de folie semblait l’habiter et ses yeux étaient inoubliables. Cette rencontre allait faire basculer sa vie, elle allait prendre un chemin non dépourvu de fantaisie. Ce prof de lettre désenchanté se lance à la poursuite de cette femme incandescente. 

« Lou a toujours couru devant moi, plus vite que moi, et moi j’ai toujours couru après elle, derrière elle, toujours dans son sillage de poudre depuis notre rencontre, d’une soirée à l’autre, cette course invariable, pour espérer me maintenir dans son tracé mais perdant maintenant du terrain tandis que sa flamme repoussait l’horizon (…) , Et rire encore, et courir, et hurler…

  – Lou ! … Lou ! Attends-moi, Lou ! …  » 


Tout semble rouler à merveille jusqu’au jour où le comportement fantasque de Lou prends une tournure inexplicable. Un mal étrange semble la possèder et ce n’est pas la maladie d’amour. Un mal qu’elle a nourri à son insu, jour après jour… Le Mal des ardents. 

 » – Lou, accroche-toi, ils seront bientôt là, t’inquiète pas.  » 



Impossible de vous en dire davantage, au risque de dévoiler les secrets de ce roman. Frédéric Aribit nous offre bien plus qu’une belle histoire d’amour, il enrichit nos connaissances et parvient même à nous faire peur, nous inquiéter quelque peu. Qu’un mal du passé resurgisse à notre époque y’a de quoi flipper, même si c’est romancé. 

Une lecture que j’ai vraiment apprécié autant pour l’histoire que pour le style. 

 » – Ce que j’aime surtout c’est regarder le vide. Moi, ça me remplit tout ce vide. Il y a tellement d’histoires qui résonnent entre les murs… Si seulement on savait les écouter, entendre tout ce que les gens ont pu vivre là d’amour, de bonheur quotidien, de disputes inutiles ou de drames effroyables, tout ce jour après jour qui tresse une vie et qu’ils finissent par trimbaler vers d’autres projets, d’autres envies, avec d’autres gens… » 

Une folie douce circule entre ces pages, les émotions voyagent vers notre cœur. Autant de plaisir à savourer l’amour qu’il transporte que d’inquiétude pour le sort de Lou. C’est tout un art de trouver les mots justes pour toucher le lecteur et l’auteur signe ici une belle œuvre. Un roman brûlant d’amour paré d’un suspense haletant, une comédie dramatique qui vous donnera envie de croquer la vie à pleine dent. 




Frédéric Aribit est né à Bayonne. Titulaire d’un doctorat de lettre, Il enseigne à Paris. Il a publié deux essais, Le vif du sujet ( 2012)et Comprendre Breton (2015). Après Trois langues dans ma bouche ( Belfond 2015) Le Mal des ardents est son deuxième roman. 


Je remercie Camille et les Éditions Belfond pour cette lecture passionnante.

 » Le dernier violon de Menuhin »

Le Dernier violon de Menuhin de Xavier-Marie Bonnot aux Éditions Belfond 



 » Émilie est morte. Je quitte Paris pour la Province. Au pays de l’enfant sauvage. À bientôt. « 



 Rodolphe Meyer se rends dans l’Aveyron, sa grand-mère, Émilie vient de décéder. 

 » J’adore la route. Pour cette patience qu’elle impose. Et pour laisser l’esprit filer au bout de la perspective infinie. » 

Elle lui a laissé en héritage une vieille ferme, isolée et assez délabrée, hantée par Victor l’enfant sauvage. Une mort qui va réveiller ses souvenirs, les bons comme les mauvais, mais aussi les regrets et les manques. 



 » La mort fait ce qu’elle veut. Elle perquisitionne la pensée et rouvre  les vieux dossiers. Et puis elle juge…Elle soupèse votre deuil… C’est la correctionnelle du descendant.  » 

Rodolphe était un célèbre violoniste adulé du public. Mais l’alcool a eu raison de son succès. C’est accompagné de son violon qu’il arrive dans la propriété ancestrale.


 » – On n’achète pas un tel instrument. On se prête à lui. Rien de plus. Ce fut pour moi une obsession, je n’avais pas d’autre solution que de passer le reste de ma vie avec le dernier violon de Menuhin. Même si je ne jouais presque plus en public, il me suffisait de sentir sa présence, de vivre avec lui, pour être heureux. et je crois que je l’ai été.  » 

Son arrivée ne va pas passer inaperçue. Certains signes vont le perturber et précipiter son destin d’une manière plutôt étrange. Il va faire connaissance avec sa part sauvage et devra la détruire s’il ne veut pas perdre son âme. 

« L’enfant devine chacune de mes intentions… Nos pensées sont reliés par je ne sais quel fil invisible. « 

À travers ce roman je découvre la plume de Xavier-Marie Bonnot. Un style noir et poétique qui m’a enchanté et captivé dés les premières lignes. 

Je me suis aventurée au côté de Rodolphe, dans le monde passionnant d’un violoniste. Un  artiste qui dés son plus jeune âge fut subjugué par cet instrument en écoutant l’Ave Maria joué par Menuhin. 

Le violon lui parlait le langage du cœur et de l’âme. Même si cette passion l’a privé des plaisirs de la jeunesse, une enfance volée par un père ambitieux. Lorsqu’il jouait pas de place pour l’amusement.  De là naquit un virtuose. 

Un homme qui sera constamment habité par la musique, chaque souvenir, chaque pensée le ramèneront à un morceau de choix. 

Un roman magnifique, qui nous plonge dans la vie d’un violoniste, un homme tourmenté malgré sa passion. Mais aussi un regard aussi réaliste que sarcastique sur la vie et la mort. Une histoire bouleversante, brillamment contée. Un roman intimiste au cœur de la solitude des hommes après la gloire. 

 » – C’est drôle, vous ressemblez à …

(…)

– Je sais. On me dit souvent que je ressemble à quelqu’un que tout le monde connaît mais dont tout le monde a oublié le nom. Et vous savez quoi ? C’est vrai que tout le monde ou presque me connaît… mais personne ne se souvient plus de mon nom. »

Pour ma part, je me souviendrai longtemps de Rodolphe Meyer et du dernier violon de Menuhin, et je suivrai l’écriture de Xavier-Marie Bonnot un virtuose de la plume. 

Xavier-Marie Bonnot

Xavier-Marie Bonnot vit à Paris. Écrivain et réalisateur de documentaires, il est l’auteur du Pays oublié du temps (Actes Sud, 2011, prix Plume de Cristal), de Premier homme (Actes Sud, 2013, Prix Lion noir), de La Dame de pierre (Belfond, 2015, Prix du meilleur roman francophone au festival de Cognac) et de La Vallée des ombres (Belfond, 2016). Le Dernier Violon de Menuhin est son neuvième roman.



Je remercie les Éditions Belfond pour cette lecture musicale sans fausses notes. 

 » La tanche « 

La tanche de Inge Schilperoord aux Éditions Belfond 

Traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin 

« Maintenant je dois faire bien attention, se dit Jonathan. Maintenant. Cela commence maintenant. « 

À sa sortie de prison, Jonathan retourne vivre  avec sa mère. Sa libération n’est dû qu’à un manque de preuve pour ses actes de pédophilie.  


À la vue de leur maison  parmi les restes de la démolition, il sentit une angoisse s’insinuer en lui. Comme si tout cela n’était pas normal. Comme si tout compte fait il n’avait pas sa place ici. Comme si tout compte fait sa place était totalement ailleurs. Mais il n’aurait pas su dire où ni quoi faire pour le découvrir. « 

Il a commencé un travail important sur-lui-même avec le psychologue de la prison, pour gérer ses pulsions. En organisant rigoureusement ses journées, il compte bien y parvenir mais la présence d’une jeune fille dans les parages ne va pas l’aider à tenir ses bonnes résolutions et vont même les mettre à rude épreuve. Il compte sur une tanche blessée, qu’il a pêché pour l’aider. La tanche est aussi appelée  » Poisson médecin », on lui confère des pouvoirs de guérison spectaculaire. 

 » – Tu es venue m’aider…(…) Tu vas m’aider ?  » 


Il  mise tout sur la tanche. Ils vont se sauver mutuellement, enfin peut-être ?

« Comment les fantasmes les plus épouvantables qui s’étaient lentement insinués dans son esprit étaient devenus réalité. »


Pas simple de s’attaquer à un sujet pareil et de réussir à captiver le lecteur. C’est pourtant ce qu’a réussi Inge Schilperoord avec ce premier roman. Étant psychologue judiciaire, elle a dû en rencontrer des tordus de ce genre et c’est sûrement ce qui rends ce roman puissant et authentique. Un sujet abject et difficile, tellement inconcevable !  Alors en faire une histoire aussi troublante et bien menée ça mérite qu’on s’y intéresse. Ce n’est pas réjouissant mais étrangement profond. Un premier roman qui ne peut pas passer inaperçu même si ce sujet est on ne peut plus dérangeant. Un récit sombre paré d’une belle écriture, et même si j’avoue avoir eu peur de m’aventurer dans cette histoire, je reconnais le talent de l’auteure qui a réussi à rendre celle-ci supportable et même plaisante à lire. 

Une belle découverte, un récit aussi choquant que bouleversant. Une auteure à suivre absolument. 

Inge Schilperoord

Inge Schilperoord est née en 1973. Elle est rédactrice et journaliste pour des journaux prestigieux en Hollande, Psychologie Magazine, NRH Handelsblad et Het Parool. Elle est également psychologue judiciaire. C’est dans le cadre de son travail, au contact de plusieurs repris de justice, que lui est venue l’idée de son premier roman, La Tanche.  Très remarqué aux Pays-Bas, finaliste de tous les plus grands prix littéraires, Il a été couronné du  Bronze Owl, meilleur roman de l’année. Inge Schilperoord partage son temps entre La Haye et Gand. 

Je remercie les Éditions Belfond pour cette lecture percutante. 


 » Les lumières de Cape Cod « 

Les lumières de Cape Cod de Beatriz William aux Éditions Le Cercle Belfond

 

 » (…)

           – La vérité, c’est que tu n’as qu’une seule question à te poser avant de faire quoi que         ce soit.

           – Laquelle ? 

           – Veux-tu qu’elle devienne ta femme ou est-ce simplement pour passer du bon temps ?    »   




Dans les années 60 à Cape Cod, la famille Hardcastle s’apprête à vivre un grand moment retransmit à la télévision, achetée pour l’occasion. Tiny, la femme de Franck est présente sans être vraiment là, elle semble quelque peu contrariée. Pourtant, tout lui sourit ou presque ? Elle a épousé un bon parti et s’apprête à devenir la nouvelle First Lady, enfin si Franck est élu… Alors qu’elle est donc cette ombre qui semble s’incruster dans ce tableau idylique ? Serait-ce l’arrivée de sa sœur qui l’ennuie, Pepper est parfois si insolente sous ses airs de femme fatale. Ou alors le retour de Caspian, le cousin de son mari qui la perturbe ?


Bon sang ! C’était toujours pareil avec les désastres, on ne les voyait jamais venir.  » 

Tiny était pourtant prédestinée à cette vie. Elle a reçu une bonne éducation et son chemin semblait tout tracé, sa ligne de conduite tellement exemplaire, tout ce qu’on attend d’une bonne fille et d’une charmante épouse d’un futur président.



 » Mais vous me connaissez. Je fais ce que je dois faire, c’est ma bon sang de personnalité, ma bon sang de nature, ma culpabilité, mon désir de faire plaisir aux autres. Je fais ce que l’on attend d’une bonne épouse, même bafouée. Je sublime la colère en quelque chose de plus convenable .  » 



Alors qui est ce mystérieux corbeau ? Qui tente de menacer la réputation de Tiny ? Combien de temps encore avant que l’image de l’épouse modèle se fissure ? Peut-on aimer vraiment, ou seulement faire semblant ?

 » En matière de secrets, ma chère, ce n’est pas le nombre qui compte, mais leur importance.  » 

 

Beatriz Williams nous fait voyager entre le présent et le passé à travers différents personnages, tout en nous offrant de magnifiques portraits de femmes dont celui de Tiny prise au piège de la passion. Un suspens s’installe, astucieusement mis en place dés le départ et tient en haleine le lecteur jusqu’au final. Une romance qui m’a souvent fait penser à Lady Diana avec une pointe de la série télévisiuelle  » Scandal « . 



La course au pouvoir, les trahisons, les infidélités, les amours secrets , la famille, l’éducation de la bourgeoisie, les ingrédients idéals pour une histoire romanesque, mélodramatique, sentimentale. Une romance où la rebelion des femmes indépendantes pointe son nez et va bouleverser la bonne société américaine. 

Un roman qui m’a davantage plu pour son suspens, sa construction et son écriture que pour le coté romantique. Une lecture agréable dans l’ensemble même si j’avoue ce n’est pas mon style de prédilection.

Une lecture idéale pour les romantiques un peu rebelles dans l’âme.

Beatriz Williams
Beatriz Williams est née en 1972 à Washington. Après une carrière dans le conseil financier, elle s’est tournée vers l’écriture de romans historiques, publiés sous le nom de Juliana Gray. Les lumières de Cape cod est le troisième volet d’une trilogie entamée avec L’été du cyclone ( belfond 2015; Pocket 2016) et La Vie secrète de Violet Grant ( Belfond 2016. Pocket en juin 2017 ) Elle vit actuellement dans le Connecticut.


 

Je remercie les Éditions Belfond pour cette roman américaine. 

 

 » Ne dis rien à papa « 

Ne dis rien à papa de FrançoisXavier Dillard aux Éditions Belfond 

« – Là, je suis là, monsieur, j’ai peur, venez me chercher !

(…)

– Mon Dieu, mais qu’est-ce qui a bien pu t’arriver ? Ne t’inquiètes pas, tu es en sécurité maintenant, nous sommes là…Mark…Mark ! J’ai trouvé quelqu’un Ici, viens vite et appelle des secours, Il nous faut un hélico. 

    Je commence à ressentir une froide torpeur, comme si tout mon être était aspiré dans le néant. Je serre la main du type de toutes mes faibles forces. 

– Je veux partir de cet endroit, s’il vous plaît, emmenez-moi…

J’ai encore la force d’entendre des bruits de pas, une agitation, des mouvements, quelques cris et puis un autre homme penché vers moi. Un policier, il y a dans ses yeux un grand vide et ses traits sont décomposés. Il a l’attitude d’un homme qui vient de croiser la Mort en personne. 

  – Il faut appeler tout le monde, mon vieux, tout le monde… Je reviens du jardin. C’est épouvantable… Ils sont tous là ! « 


En Australie, quatre jours se sont écoulés avant que la police fasse cette macabre découverte… 

Sur un autre continent, un couple et leurs deux enfants coulent des jours quasi paisibles, en dehors des frictions entre Arno et Victor, les jumeaux, aux caractères différents. L’un plutôt introverti et l’autre extraverti. 

L’arrivée d’un nouveau voisin réveille dans le couple de vieille rancoeur au sujet du passé resté secret de madame. 

Une ambiance étrange s’installe sournoisement. Certains ont l’air d’avoir des secrets lourds à porter, voir même très encombrants. 

De manière troublante le Mal s’incruste…

« Comme un diable surgit des entrailles de la terre. » 

À travers des flash, la vérité s’insinue pas à pas et torture les protagonistes de l’histoire, y compris le lecteur. 

« La mort, Il l’avait côtoyée de si  près qu’elle était devenue une compagne qui ne l’effrayait plus et dont il avait appris et maîtrisé l’usage et les modalités. Elle pouvait revêtir différentes formes, faire son ouvrage avec douceur, sans bruit et sans douleur ou, parfois, être un épisode de souffrances, de pleurs et de cris. Il connaissait tous les aspects de cette cruelle partenaire. Il l’avait affrontée aussi, se battant contre elle comme un damné… »

Chaque famille a ses secrets plus ou moins avouables et quand la vérité éclate c’est pas toujours beau à voir, ni à entendre. 

François-Xavier Dillard a le pouvoir de te coller les fesses à ta banquette jusqu’à la dernière page. Une fois commencé son thriller, impossible de le quitter. Je m’étais déjà retrouvée piégée dans Fais-le pour maman, et bien pour Papa je vous le dis c’est du pareil au même. Autre histoire tortueuse mais au final même piège à lectrices. 

Il a un pouvoir  qui n’est pas donné à tous les auteurs de Thriller, mis à part quelques-uns dans la même lignée comme Hervé Commère et Patrick Bauwen pour ne citer qu’eux. 

J’adore quand l’auteur manie aussi bien la plume que l’intrigue. Je me suis régalée à travers ces jeux de pistes et ce labyrinthe qui te scotchent au dénouement. Tout s’imbrique à merveille et ce grand manipulateur a réussi son coup. 

Comme il se dit dans le monde livresque, un véritable page-turner, sous une tension extrême tout le long du récit. Une histoire de famille épouvantable. Tout est là pour kidnapper le lecteur pour des heures de tourmentes sans temps mort sous haute tension. 


François-Xavier un auteur talentueux, avec un style accrocheur qui en seulement 4 romans a réussi  à s’implanter brillamment dans le monde des Thrillers incontournables.  

Un Thriller captivant , une histoire démoniaque et un auteur que je continuerai à suivre. 

Faites- le pour moi, lisez-le et dites-moi tout après votre lecture. 

François-Xavier Dillard


François-Xavier Dillard est né à Paris en 1971, il a fait des études de droit et de gestion avant d’intégrer un grand groupe énergétique français au service des ressources humaines puis à la communication. Il est l’auteur de « Un vrai jeu d’enfant « et « Fais-le pour maman« , parus chez Fleuve noir. Après « Austerlitz 10.5, », co-écrit avec Anne-Laure Beatrix, Ne dis rien à papa est son deuxième roman à paraître chez Belfond.

Je remercie Camille et les Éditions Belfond pour ce Thriller captivant.  


 » Novembre « 

Novembre de Joséphine Johnson aux Éditions Belfond collection vintage



 » Il n’y a rien de majestueux dans notre existence. La terre tourne en vastes rotations mais nous zigzaguons sur sa surface comme des moustiques, nos journées absorbées par la masse des petites tâches, cette confusion qui forme notre existence nous empêche d’être vraiment vivant. Nous nous fatiguons, nos jours sont brisés en mille morceaux, nos années hachées en jours et en nuits, puis interrompues. Les heures de notre vie volées à nos heures d’activités. Ce sont des intervalles et des éléments volés – parmi quoi ? Ce qui est nécessaire à rendre la vie supportable. « 



La famille Haldmarne, après avoir été ruinée par la Grande Dépression, est venue tenter sa chance dans le Midwest. Pendant une année nous allons partager leur vie faite de labeur sans fin. 

 » Si un homme a en tête de mettre de l’argent de côté pour l’avenir, Il garde le nez dans le sillon et la main à la charrue même en dormant. »


Rien ne leur sera épargné, ni la sécheresse, ni les tempêtes de sable, ni les incendies. Plongée dans la misère cette famille bascule jour après jour vers une terrible tragédie. 

« Quand tout serait mort enfin, je pensais que nous serions délivrés de l’espoir, mais l’espoir est une obsession qui ne meurt jamais. »


Comment se protéger d’un destin funeste avec une vie si difficile, un travail si ingrat, pas d’argent pour se soigner et encore moins pour se nourrir. À quoi bon tout ça! 

 » Mais ce n’était pas une vie ! Si les jours ne sont que des déserts à traverser entre une nuit et une autre… » 


Novembre est un véritable chef-d’œuvre. Un premier roman écrit par une jeune femme de vingt-quatre ans qui a été consacré par le prix Pulitzer en 1935. 

Rien d’étonnant à cela. En parcourant ces pages, j’ai été en totale admiration devant cette plume lyrique, magnifiquement ciselée qui m’a touchée en plein cœur. Ce récit dégage avec force une multitude d’émotions. Une plongée extraordinaire dans un fragment de vie d’une famille américaine d’une réalité bouleversante. Un récit aussi beau et puissant que les raisins de la colère de Steinbeck mais avec une voie unique. 

Une œuvre tout aussi magistrale qui mériterait d’être étudiée et de figurer dans les Grands Classiques de la littérature américaine. 

Un tableau poignant d’une famille de la middle class américaine dans un pays ravagé par la crise. 

On ne peut que remercier les Éditions Belfond d’avoir republié cette merveille dans leur collection Vintage. 

Un classique du genre à redécouvrir absolument.

Un énorme coup de cœur. 

Traduit de l’américain par Odette Micheli. 

Josephine Johnson est née en 1910 à Kirkwood, dans le Missouri. Après des études à l’université de Saint Louis, elle retourne dans la ferme de sa mère et entame la rédaction de Novembre.  

Dés sa parution en 1934, le roman est salué comme un chef-d’œuvre de la littérature de la Grande Dépression. Josephine Johnson remporte le prix Pulitzer l’année suivante à seulement vingt-quatre ans, ce qui fait d’elle la plus jeune lauréate du prestigieux prix. En France, le livre paraît chez Stock en 1938. En 1942, elle épouse l’éditeur d’une revue agricole avec lequel elle aura trois enfants. Elle devient professeur à l’université de l’Ohio, sans pour autant renoncer à sa carrière d’écrivain. Auteur prolifique, elle écrit deux recueils de  nouvelles, de la poésie, un livre pour enfants, des mémoires et trois autres romans, qui ne connaîtront pas le même succès que son extraordinaire premier roman. Josephine Johnson s’est éteinte en 1990 à Batavia, dans l’Ohio. 

Je remercie les Editions Belfond pour cette réédition qui m’a permis de découvrir une œuvre magistrale. 


 » La rue  » 

La rue d’ Ann Petry aux Éditions Belfond collection Vintage Noir 




 » L’univers où nous vivons présente de grands contrastes. Mais puisqu’une barrière si haute La séparait du monde de la richesse, elle aurait préféré naître aveugle pour ne pas voir sa beauté, sourde pour ne pas entendre ses rumeurs, insensible pour ne pas être effleurée par sa douceur. Mieux encore, elle aurait préféré naître idiote et incapable de comprendre quoi que ce soit, même de soupçonner l’existence du soleil, du confort des enfants heureux.  » 


Lutie est une belle femme, plutôt bien instruite, mais voilà elle est noire, et ce n’est pas la façon dont on la traite qui lui fera oublier cet état. Nous sommes dans les années 1940, la condition des femmes n’est guère reluisante mais si en plus votre couleur de peau est différente, le paradis sur terre n’est pas pour vous. 

Lutie a fui son mariage avec son fils Bub. Après avoir tout tenté pour préserver sa famille et leurs biens, elle se retrouve dans un appartement lugubre, petit, sombre, du quartier de Harlem. 



« – Non, décida -t- elle, pas cet appartement. Alors elle pensa à Bub qui avait huit ans et apprenait à aimer le gin.  » 

 La survie est à ce prix. Tout mettre en œuvre pour donner une bonne éducation à son fils et le préserver au maximum. 

 » Toutes ces rues débordent de violence, pensa- t- elle. On tourne un coin, on longe un pâté de maisons, et la crise éclate tout à coup, sans prévenir. » 


Jour après jour s’ensuit un combat permanent pour garder sa dignité et bien élever son fils. Une lutte sans relâche contre le chemin qu’on tente de lui faire prendre. 

 » Si une jeune femme était de race noire et suffisamment attirante, c’était de toute évidence une catin. »

 » Bien sûr, pensait Lutie en marchant, si vous vivez dans cette rue, vous êtes censée vous faire de petits extras de temps en temps. En couchant un peu partout. Avec des blancs tout à fait charmants.  » 


Lutie aime son fils par dessus tout, tout comme Bub aime et respecte sa mère. Mais cet immense amour réussira – t- il à les préserver du mal qui les entoure. Du mâle en la personne du concierge de l’immeuble complètement obsédé par la beauté de Lutie. 

 » Je suis jeune, je suis forte, Il n’y a rien que je ne puisse faire.  » 


À travers ce premier roman absolument poignant par une auteure injustement oubliée, Ann Petry nous offre le portrait d’une femme, mère célibataire noire pleine de bravoure. Une femme qui tente de sortir de cette rue où siègent le bordel de Mrs Hedges et la cruauté du concierge de son immeuble. Un quartier où règne en maître la corruption, la misère sociale, la saleté et le froid.. 

Un magnifique roman noir qui met en lumière avec une grande lucidité l’injustice raciale. 


Une œuvre majeure de la littérature américaine, un très très grand roman. 

Publié aux États- Unis en 1946, La Rue a paru en France en 1948 à l’instigation de Philippe Soupault Et n’avait jamais été réédité depuis. Un beau cadeau que nous font les Éditions Belfond. Ce livre avait été vendu à plus d’un million d’exemplaires, souhaitons-lui autant de succès de nos jours. 

Ann Petry
Née en 1908 à Old Saybrook, dans le Connecticut, Ann Petry est une auteure afro-américaine issue d’une famille de classe moyenne. Elle s’installe à New-York en 1938, dans le quartier d’ Harlem, où elle écrit pour divers journaux puis publie ses nouvelles dans la presse. Très impliquée dans la vie de son quartier – elle développe notamment différents programmes éducatifs -, elle est témoin des conditions de vie des habitants noirs de Harlem et s’inspire de son expérience pour écrire, en 1946, La Rue, son premier roman. Best-seller immédiatement, il remporte le Houghton Mifflin Liberaty Fellowship Award. Malheureusement, aucune de ses œuvres ultérieures ne renouvellera le succès de son précédent coup de maître. Ann Petry est décédée à Old Saybrook en 1997.  

La rue traduit de l’américain par Martine Monod, Nicole et Philippe Soupault. 

Je remercie Brigitte et les Éditions Belfond pour m’avoir permis la découverte de ce chef-d’œuvre de la littérature afro-américaine. 


 » La ferme des Miller « 

La ferme des Miller d’Anna Quindlen aux Éditions Belfond collection Le Cercle 


 » Lorsqu’on possède une ferme, on a le sens du temps, de la valeur d’un jour ou d’une année. Dans une ferme, un calme bien particulier règne au petit matin et en fait un moment de la journée différent des autres, tandis qu’un reliquat de ciel noir pâlissant sur les bords indique la fin de la nuit. Excepté la lueur d’une éventuelle lune, la seule lumière provient alors du plafond de la grange, telle une petite lune personnelle. On peut facilement s’y sentir satisfait de la vie – ou perdu. « 


Mary Margaret Miller dite Mimi vit  en Pennsylvanie à Miller’s Valley. À 11 ans, elle est déjà trés mature et pose un regard clairvoyant sur la vie.

À travers son regard, nous allons découvrir l’histoire des Miller, sa famille.

Mimi mène une enfance protégée dans la ferme familiale. Entourée de son père, cultivateur, sa mère infirmière, ses deux frères, Eddie le taiseux et Tommy le caîd séducteur et de sa tante qui vit recluse dans la maison d’à coté.
 » Ma mère disait parfois qu’ils avaient été proches quand ils étaient petits, mais c’était difficile à croire. À les voir, on aurait jamais dit qu’ils étaient frères, l’un avait l’air d’un flic et l’autre d’un criminel.  » 


Mimi est une jeune fille, bien comme il faut, qui n’hésitera pas à consentir à de gros sacrifices pour veiller sur les siens. Car malgré la quiétude apparente , tout est sur le point de changer. La vallée risque d’être engloutie sous les eaux …

 » Ainsi va le monde : des gens décident qu’ils veulent telle ou telle chose puis tentent de vous faire croire que vous le désirez autant qu’eux.  » 


Les années passent et les chagrins chassent le bonheur.

 » Quelques kilomètres et quelques heures pouvaient faire toute la différence entre un quotidien ordinaire et une journée désastreuse. « 

Mais Mimi reste, fidèle à sa vallée.

 » La vie est pleine de Mystères. « 


Anna Quindlen nous offre un magnifique roman, une saga familiale passionnante et bouleversante. Un roman plein de surprises, avec des personnages pleins d’humanité. Mimi est particulièrement attachante, toute jeune elle est déjà très responsable et déborde d’amour pour ses proches. Malgré l’adversité, des liens forts et profonds unissent cette famille.

Mère Thérèsa a dit : – L’amour commence quand nous nous consacrons à ceux qui sont à nos cotés, les membres de notre propre famille .

Une citation qui sied à merveille à ce roman, en particulier  à Mimi.

Un roman puissant, un récit poignant, des personnages vibrants, une histoire qui nous transporte dans l’Amérique rurale et nous laisse de merveilleux souvenirs dans le cœur. Une superbe découverte qui va rejoindre ma bibliothèque dans mon panthéon des plumes américaines, auprès de Retour à Cayro de Dorothy Allison, ma toute première lecture chez Belfond il y a plus de vingt ans.


Une plume magnifique que j’ai hâte de retrouver.

Anna Quindlen
Anna Quindlen est née à Philadelphie. C’est une célèbre journaliste américaine, récompensée par le prix Pulitzer en 1992 pour ses chroniques dans le New York Times. Elle est également l’auteur de huit romans, dont  Contre cœur ( 1996) adapté au cinéma en 1999 par Carl Franklin sous le titre Contre Jour, avec Meryl Streep, Renée Zellweger et William Hurt. Noir comme l’amour (1999),Tous sans exception (2012)  L’enfant sourira peut-être (2004) et Nature morte aux miettes de pain (2016). La Ferme des Miller est son quatrième ouvrage à paraître chez Belfond. Elle vit actuellement à New-York.

 

Je remercie Anaîs et les Éditions Belfond pour ce sublime moment de lecture.