» Le Mal des ardents « 

Le mal des ardents de Frédéric Aribit aux Éditions Belfond 


 » Combien d’histoires commencent dans un métro bondé avec une femme que vous ne voyez pas arriver, qui se retrouve soudain à côté de vous, contre vous, à la faveur d’on ne sait quelle bousculade, quelle recomposition hasardeuse de la foule… » 

Dans cette foule, cet homme aurait pu la rater, mais elle avait quelque chose d’inattendu. Un petit brin de folie semblait l’habiter et ses yeux étaient inoubliables. Cette rencontre allait faire basculer sa vie, elle allait prendre un chemin non dépourvu de fantaisie. Ce prof de lettre désenchanté se lance à la poursuite de cette femme incandescente. 

« Lou a toujours couru devant moi, plus vite que moi, et moi j’ai toujours couru après elle, derrière elle, toujours dans son sillage de poudre depuis notre rencontre, d’une soirée à l’autre, cette course invariable, pour espérer me maintenir dans son tracé mais perdant maintenant du terrain tandis que sa flamme repoussait l’horizon (…) , Et rire encore, et courir, et hurler…

  – Lou ! … Lou ! Attends-moi, Lou ! …  » 


Tout semble rouler à merveille jusqu’au jour où le comportement fantasque de Lou prends une tournure inexplicable. Un mal étrange semble la possèder et ce n’est pas la maladie d’amour. Un mal qu’elle a nourri à son insu, jour après jour… Le Mal des ardents. 

 » – Lou, accroche-toi, ils seront bientôt là, t’inquiète pas.  » 



Impossible de vous en dire davantage, au risque de dévoiler les secrets de ce roman. Frédéric Aribit nous offre bien plus qu’une belle histoire d’amour, il enrichit nos connaissances et parvient même à nous faire peur, nous inquiéter quelque peu. Qu’un mal du passé resurgisse à notre époque y’a de quoi flipper, même si c’est romancé. 

Une lecture que j’ai vraiment apprécié autant pour l’histoire que pour le style. 

 » – Ce que j’aime surtout c’est regarder le vide. Moi, ça me remplit tout ce vide. Il y a tellement d’histoires qui résonnent entre les murs… Si seulement on savait les écouter, entendre tout ce que les gens ont pu vivre là d’amour, de bonheur quotidien, de disputes inutiles ou de drames effroyables, tout ce jour après jour qui tresse une vie et qu’ils finissent par trimbaler vers d’autres projets, d’autres envies, avec d’autres gens… » 

Une folie douce circule entre ces pages, les émotions voyagent vers notre cœur. Autant de plaisir à savourer l’amour qu’il transporte que d’inquiétude pour le sort de Lou. C’est tout un art de trouver les mots justes pour toucher le lecteur et l’auteur signe ici une belle œuvre. Un roman brûlant d’amour paré d’un suspense haletant, une comédie dramatique qui vous donnera envie de croquer la vie à pleine dent. 




Frédéric Aribit est né à Bayonne. Titulaire d’un doctorat de lettre, Il enseigne à Paris. Il a publié deux essais, Le vif du sujet ( 2012)et Comprendre Breton (2015). Après Trois langues dans ma bouche ( Belfond 2015) Le Mal des ardents est son deuxième roman. 


Je remercie Camille et les Éditions Belfond pour cette lecture passionnante.

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 » Le dernier violon de Menuhin »

Le Dernier violon de Menuhin de Xavier-Marie Bonnot aux Éditions Belfond 



 » Émilie est morte. Je quitte Paris pour la Province. Au pays de l’enfant sauvage. À bientôt. « 



 Rodolphe Meyer se rends dans l’Aveyron, sa grand-mère, Émilie vient de décéder. 

 » J’adore la route. Pour cette patience qu’elle impose. Et pour laisser l’esprit filer au bout de la perspective infinie. » 

Elle lui a laissé en héritage une vieille ferme, isolée et assez délabrée, hantée par Victor l’enfant sauvage. Une mort qui va réveiller ses souvenirs, les bons comme les mauvais, mais aussi les regrets et les manques. 



 » La mort fait ce qu’elle veut. Elle perquisitionne la pensée et rouvre  les vieux dossiers. Et puis elle juge…Elle soupèse votre deuil… C’est la correctionnelle du descendant.  » 

Rodolphe était un célèbre violoniste adulé du public. Mais l’alcool a eu raison de son succès. C’est accompagné de son violon qu’il arrive dans la propriété ancestrale.


 » – On n’achète pas un tel instrument. On se prête à lui. Rien de plus. Ce fut pour moi une obsession, je n’avais pas d’autre solution que de passer le reste de ma vie avec le dernier violon de Menuhin. Même si je ne jouais presque plus en public, il me suffisait de sentir sa présence, de vivre avec lui, pour être heureux. et je crois que je l’ai été.  » 

Son arrivée ne va pas passer inaperçue. Certains signes vont le perturber et précipiter son destin d’une manière plutôt étrange. Il va faire connaissance avec sa part sauvage et devra la détruire s’il ne veut pas perdre son âme. 

« L’enfant devine chacune de mes intentions… Nos pensées sont reliés par je ne sais quel fil invisible. « 

À travers ce roman je découvre la plume de Xavier-Marie Bonnot. Un style noir et poétique qui m’a enchanté et captivé dés les premières lignes. 

Je me suis aventurée au côté de Rodolphe, dans le monde passionnant d’un violoniste. Un  artiste qui dés son plus jeune âge fut subjugué par cet instrument en écoutant l’Ave Maria joué par Menuhin. 

Le violon lui parlait le langage du cœur et de l’âme. Même si cette passion l’a privé des plaisirs de la jeunesse, une enfance volée par un père ambitieux. Lorsqu’il jouait pas de place pour l’amusement.  De là naquit un virtuose. 

Un homme qui sera constamment habité par la musique, chaque souvenir, chaque pensée le ramèneront à un morceau de choix. 

Un roman magnifique, qui nous plonge dans la vie d’un violoniste, un homme tourmenté malgré sa passion. Mais aussi un regard aussi réaliste que sarcastique sur la vie et la mort. Une histoire bouleversante, brillamment contée. Un roman intimiste au cœur de la solitude des hommes après la gloire. 

 » – C’est drôle, vous ressemblez à …

(…)

– Je sais. On me dit souvent que je ressemble à quelqu’un que tout le monde connaît mais dont tout le monde a oublié le nom. Et vous savez quoi ? C’est vrai que tout le monde ou presque me connaît… mais personne ne se souvient plus de mon nom. »

Pour ma part, je me souviendrai longtemps de Rodolphe Meyer et du dernier violon de Menuhin, et je suivrai l’écriture de Xavier-Marie Bonnot un virtuose de la plume. 

Xavier-Marie Bonnot

Xavier-Marie Bonnot vit à Paris. Écrivain et réalisateur de documentaires, il est l’auteur du Pays oublié du temps (Actes Sud, 2011, prix Plume de Cristal), de Premier homme (Actes Sud, 2013, Prix Lion noir), de La Dame de pierre (Belfond, 2015, Prix du meilleur roman francophone au festival de Cognac) et de La Vallée des ombres (Belfond, 2016). Le Dernier Violon de Menuhin est son neuvième roman.



Je remercie les Éditions Belfond pour cette lecture musicale sans fausses notes. 

 » La tanche « 

La tanche de Inge Schilperoord aux Éditions Belfond 

Traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin 

« Maintenant je dois faire bien attention, se dit Jonathan. Maintenant. Cela commence maintenant. « 

À sa sortie de prison, Jonathan retourne vivre  avec sa mère. Sa libération n’est dû qu’à un manque de preuve pour ses actes de pédophilie.  


À la vue de leur maison  parmi les restes de la démolition, il sentit une angoisse s’insinuer en lui. Comme si tout cela n’était pas normal. Comme si tout compte fait il n’avait pas sa place ici. Comme si tout compte fait sa place était totalement ailleurs. Mais il n’aurait pas su dire où ni quoi faire pour le découvrir. « 

Il a commencé un travail important sur-lui-même avec le psychologue de la prison, pour gérer ses pulsions. En organisant rigoureusement ses journées, il compte bien y parvenir mais la présence d’une jeune fille dans les parages ne va pas l’aider à tenir ses bonnes résolutions et vont même les mettre à rude épreuve. Il compte sur une tanche blessée, qu’il a pêché pour l’aider. La tanche est aussi appelée  » Poisson médecin », on lui confère des pouvoirs de guérison spectaculaire. 

 » – Tu es venue m’aider…(…) Tu vas m’aider ?  » 


Il  mise tout sur la tanche. Ils vont se sauver mutuellement, enfin peut-être ?

« Comment les fantasmes les plus épouvantables qui s’étaient lentement insinués dans son esprit étaient devenus réalité. »


Pas simple de s’attaquer à un sujet pareil et de réussir à captiver le lecteur. C’est pourtant ce qu’a réussi Inge Schilperoord avec ce premier roman. Étant psychologue judiciaire, elle a dû en rencontrer des tordus de ce genre et c’est sûrement ce qui rends ce roman puissant et authentique. Un sujet abject et difficile, tellement inconcevable !  Alors en faire une histoire aussi troublante et bien menée ça mérite qu’on s’y intéresse. Ce n’est pas réjouissant mais étrangement profond. Un premier roman qui ne peut pas passer inaperçu même si ce sujet est on ne peut plus dérangeant. Un récit sombre paré d’une belle écriture, et même si j’avoue avoir eu peur de m’aventurer dans cette histoire, je reconnais le talent de l’auteure qui a réussi à rendre celle-ci supportable et même plaisante à lire. 

Une belle découverte, un récit aussi choquant que bouleversant. Une auteure à suivre absolument. 

Inge Schilperoord

Inge Schilperoord est née en 1973. Elle est rédactrice et journaliste pour des journaux prestigieux en Hollande, Psychologie Magazine, NRH Handelsblad et Het Parool. Elle est également psychologue judiciaire. C’est dans le cadre de son travail, au contact de plusieurs repris de justice, que lui est venue l’idée de son premier roman, La Tanche.  Très remarqué aux Pays-Bas, finaliste de tous les plus grands prix littéraires, Il a été couronné du  Bronze Owl, meilleur roman de l’année. Inge Schilperoord partage son temps entre La Haye et Gand. 

Je remercie les Éditions Belfond pour cette lecture percutante. 


 » Les lumières de Cape Cod « 

Les lumières de Cape Cod de Beatriz William aux Éditions Le Cercle Belfond

 

 » (…)

           – La vérité, c’est que tu n’as qu’une seule question à te poser avant de faire quoi que         ce soit.

           – Laquelle ? 

           – Veux-tu qu’elle devienne ta femme ou est-ce simplement pour passer du bon temps ?    »   




Dans les années 60 à Cape Cod, la famille Hardcastle s’apprête à vivre un grand moment retransmit à la télévision, achetée pour l’occasion. Tiny, la femme de Franck est présente sans être vraiment là, elle semble quelque peu contrariée. Pourtant, tout lui sourit ou presque ? Elle a épousé un bon parti et s’apprête à devenir la nouvelle First Lady, enfin si Franck est élu… Alors qu’elle est donc cette ombre qui semble s’incruster dans ce tableau idylique ? Serait-ce l’arrivée de sa sœur qui l’ennuie, Pepper est parfois si insolente sous ses airs de femme fatale. Ou alors le retour de Caspian, le cousin de son mari qui la perturbe ?


Bon sang ! C’était toujours pareil avec les désastres, on ne les voyait jamais venir.  » 

Tiny était pourtant prédestinée à cette vie. Elle a reçu une bonne éducation et son chemin semblait tout tracé, sa ligne de conduite tellement exemplaire, tout ce qu’on attend d’une bonne fille et d’une charmante épouse d’un futur président.



 » Mais vous me connaissez. Je fais ce que je dois faire, c’est ma bon sang de personnalité, ma bon sang de nature, ma culpabilité, mon désir de faire plaisir aux autres. Je fais ce que l’on attend d’une bonne épouse, même bafouée. Je sublime la colère en quelque chose de plus convenable .  » 



Alors qui est ce mystérieux corbeau ? Qui tente de menacer la réputation de Tiny ? Combien de temps encore avant que l’image de l’épouse modèle se fissure ? Peut-on aimer vraiment, ou seulement faire semblant ?

 » En matière de secrets, ma chère, ce n’est pas le nombre qui compte, mais leur importance.  » 

 

Beatriz Williams nous fait voyager entre le présent et le passé à travers différents personnages, tout en nous offrant de magnifiques portraits de femmes dont celui de Tiny prise au piège de la passion. Un suspens s’installe, astucieusement mis en place dés le départ et tient en haleine le lecteur jusqu’au final. Une romance qui m’a souvent fait penser à Lady Diana avec une pointe de la série télévisiuelle  » Scandal « . 



La course au pouvoir, les trahisons, les infidélités, les amours secrets , la famille, l’éducation de la bourgeoisie, les ingrédients idéals pour une histoire romanesque, mélodramatique, sentimentale. Une romance où la rebelion des femmes indépendantes pointe son nez et va bouleverser la bonne société américaine. 

Un roman qui m’a davantage plu pour son suspens, sa construction et son écriture que pour le coté romantique. Une lecture agréable dans l’ensemble même si j’avoue ce n’est pas mon style de prédilection.

Une lecture idéale pour les romantiques un peu rebelles dans l’âme.

Beatriz Williams
Beatriz Williams est née en 1972 à Washington. Après une carrière dans le conseil financier, elle s’est tournée vers l’écriture de romans historiques, publiés sous le nom de Juliana Gray. Les lumières de Cape cod est le troisième volet d’une trilogie entamée avec L’été du cyclone ( belfond 2015; Pocket 2016) et La Vie secrète de Violet Grant ( Belfond 2016. Pocket en juin 2017 ) Elle vit actuellement dans le Connecticut.


 

Je remercie les Éditions Belfond pour cette roman américaine. 

 

 » Ne dis rien à papa « 

Ne dis rien à papa de FrançoisXavier Dillard aux Éditions Belfond 

« – Là, je suis là, monsieur, j’ai peur, venez me chercher !

(…)

– Mon Dieu, mais qu’est-ce qui a bien pu t’arriver ? Ne t’inquiètes pas, tu es en sécurité maintenant, nous sommes là…Mark…Mark ! J’ai trouvé quelqu’un Ici, viens vite et appelle des secours, Il nous faut un hélico. 

    Je commence à ressentir une froide torpeur, comme si tout mon être était aspiré dans le néant. Je serre la main du type de toutes mes faibles forces. 

– Je veux partir de cet endroit, s’il vous plaît, emmenez-moi…

J’ai encore la force d’entendre des bruits de pas, une agitation, des mouvements, quelques cris et puis un autre homme penché vers moi. Un policier, il y a dans ses yeux un grand vide et ses traits sont décomposés. Il a l’attitude d’un homme qui vient de croiser la Mort en personne. 

  – Il faut appeler tout le monde, mon vieux, tout le monde… Je reviens du jardin. C’est épouvantable… Ils sont tous là ! « 


En Australie, quatre jours se sont écoulés avant que la police fasse cette macabre découverte… 

Sur un autre continent, un couple et leurs deux enfants coulent des jours quasi paisibles, en dehors des frictions entre Arno et Victor, les jumeaux, aux caractères différents. L’un plutôt introverti et l’autre extraverti. 

L’arrivée d’un nouveau voisin réveille dans le couple de vieille rancoeur au sujet du passé resté secret de madame. 

Une ambiance étrange s’installe sournoisement. Certains ont l’air d’avoir des secrets lourds à porter, voir même très encombrants. 

De manière troublante le Mal s’incruste…

« Comme un diable surgit des entrailles de la terre. » 

À travers des flash, la vérité s’insinue pas à pas et torture les protagonistes de l’histoire, y compris le lecteur. 

« La mort, Il l’avait côtoyée de si  près qu’elle était devenue une compagne qui ne l’effrayait plus et dont il avait appris et maîtrisé l’usage et les modalités. Elle pouvait revêtir différentes formes, faire son ouvrage avec douceur, sans bruit et sans douleur ou, parfois, être un épisode de souffrances, de pleurs et de cris. Il connaissait tous les aspects de cette cruelle partenaire. Il l’avait affrontée aussi, se battant contre elle comme un damné… »

Chaque famille a ses secrets plus ou moins avouables et quand la vérité éclate c’est pas toujours beau à voir, ni à entendre. 

François-Xavier Dillard a le pouvoir de te coller les fesses à ta banquette jusqu’à la dernière page. Une fois commencé son thriller, impossible de le quitter. Je m’étais déjà retrouvée piégée dans Fais-le pour maman, et bien pour Papa je vous le dis c’est du pareil au même. Autre histoire tortueuse mais au final même piège à lectrices. 

Il a un pouvoir  qui n’est pas donné à tous les auteurs de Thriller, mis à part quelques-uns dans la même lignée comme Hervé Commère et Patrick Bauwen pour ne citer qu’eux. 

J’adore quand l’auteur manie aussi bien la plume que l’intrigue. Je me suis régalée à travers ces jeux de pistes et ce labyrinthe qui te scotchent au dénouement. Tout s’imbrique à merveille et ce grand manipulateur a réussi son coup. 

Comme il se dit dans le monde livresque, un véritable page-turner, sous une tension extrême tout le long du récit. Une histoire de famille épouvantable. Tout est là pour kidnapper le lecteur pour des heures de tourmentes sans temps mort sous haute tension. 


François-Xavier un auteur talentueux, avec un style accrocheur qui en seulement 4 romans a réussi  à s’implanter brillamment dans le monde des Thrillers incontournables.  

Un Thriller captivant , une histoire démoniaque et un auteur que je continuerai à suivre. 

Faites- le pour moi, lisez-le et dites-moi tout après votre lecture. 

François-Xavier Dillard


François-Xavier Dillard est né à Paris en 1971, il a fait des études de droit et de gestion avant d’intégrer un grand groupe énergétique français au service des ressources humaines puis à la communication. Il est l’auteur de « Un vrai jeu d’enfant « et « Fais-le pour maman« , parus chez Fleuve noir. Après « Austerlitz 10.5, », co-écrit avec Anne-Laure Beatrix, Ne dis rien à papa est son deuxième roman à paraître chez Belfond.

Je remercie Camille et les Éditions Belfond pour ce Thriller captivant.  


 » Novembre « 

Novembre de Joséphine Johnson aux Éditions Belfond collection vintage



 » Il n’y a rien de majestueux dans notre existence. La terre tourne en vastes rotations mais nous zigzaguons sur sa surface comme des moustiques, nos journées absorbées par la masse des petites tâches, cette confusion qui forme notre existence nous empêche d’être vraiment vivant. Nous nous fatiguons, nos jours sont brisés en mille morceaux, nos années hachées en jours et en nuits, puis interrompues. Les heures de notre vie volées à nos heures d’activités. Ce sont des intervalles et des éléments volés – parmi quoi ? Ce qui est nécessaire à rendre la vie supportable. « 



La famille Haldmarne, après avoir été ruinée par la Grande Dépression, est venue tenter sa chance dans le Midwest. Pendant une année nous allons partager leur vie faite de labeur sans fin. 

 » Si un homme a en tête de mettre de l’argent de côté pour l’avenir, Il garde le nez dans le sillon et la main à la charrue même en dormant. »


Rien ne leur sera épargné, ni la sécheresse, ni les tempêtes de sable, ni les incendies. Plongée dans la misère cette famille bascule jour après jour vers une terrible tragédie. 

« Quand tout serait mort enfin, je pensais que nous serions délivrés de l’espoir, mais l’espoir est une obsession qui ne meurt jamais. »


Comment se protéger d’un destin funeste avec une vie si difficile, un travail si ingrat, pas d’argent pour se soigner et encore moins pour se nourrir. À quoi bon tout ça! 

 » Mais ce n’était pas une vie ! Si les jours ne sont que des déserts à traverser entre une nuit et une autre… » 


Novembre est un véritable chef-d’œuvre. Un premier roman écrit par une jeune femme de vingt-quatre ans qui a été consacré par le prix Pulitzer en 1935. 

Rien d’étonnant à cela. En parcourant ces pages, j’ai été en totale admiration devant cette plume lyrique, magnifiquement ciselée qui m’a touchée en plein cœur. Ce récit dégage avec force une multitude d’émotions. Une plongée extraordinaire dans un fragment de vie d’une famille américaine d’une réalité bouleversante. Un récit aussi beau et puissant que les raisins de la colère de Steinbeck mais avec une voie unique. 

Une œuvre tout aussi magistrale qui mériterait d’être étudiée et de figurer dans les Grands Classiques de la littérature américaine. 

Un tableau poignant d’une famille de la middle class américaine dans un pays ravagé par la crise. 

On ne peut que remercier les Éditions Belfond d’avoir republié cette merveille dans leur collection Vintage. 

Un classique du genre à redécouvrir absolument.

Un énorme coup de cœur. 

Traduit de l’américain par Odette Micheli. 

Josephine Johnson est née en 1910 à Kirkwood, dans le Missouri. Après des études à l’université de Saint Louis, elle retourne dans la ferme de sa mère et entame la rédaction de Novembre.  

Dés sa parution en 1934, le roman est salué comme un chef-d’œuvre de la littérature de la Grande Dépression. Josephine Johnson remporte le prix Pulitzer l’année suivante à seulement vingt-quatre ans, ce qui fait d’elle la plus jeune lauréate du prestigieux prix. En France, le livre paraît chez Stock en 1938. En 1942, elle épouse l’éditeur d’une revue agricole avec lequel elle aura trois enfants. Elle devient professeur à l’université de l’Ohio, sans pour autant renoncer à sa carrière d’écrivain. Auteur prolifique, elle écrit deux recueils de  nouvelles, de la poésie, un livre pour enfants, des mémoires et trois autres romans, qui ne connaîtront pas le même succès que son extraordinaire premier roman. Josephine Johnson s’est éteinte en 1990 à Batavia, dans l’Ohio. 

Je remercie les Editions Belfond pour cette réédition qui m’a permis de découvrir une œuvre magistrale. 


 » La rue  » 

La rue d’ Ann Petry aux Éditions Belfond collection Vintage Noir 




 » L’univers où nous vivons présente de grands contrastes. Mais puisqu’une barrière si haute La séparait du monde de la richesse, elle aurait préféré naître aveugle pour ne pas voir sa beauté, sourde pour ne pas entendre ses rumeurs, insensible pour ne pas être effleurée par sa douceur. Mieux encore, elle aurait préféré naître idiote et incapable de comprendre quoi que ce soit, même de soupçonner l’existence du soleil, du confort des enfants heureux.  » 


Lutie est une belle femme, plutôt bien instruite, mais voilà elle est noire, et ce n’est pas la façon dont on la traite qui lui fera oublier cet état. Nous sommes dans les années 1940, la condition des femmes n’est guère reluisante mais si en plus votre couleur de peau est différente, le paradis sur terre n’est pas pour vous. 

Lutie a fui son mariage avec son fils Bub. Après avoir tout tenté pour préserver sa famille et leurs biens, elle se retrouve dans un appartement lugubre, petit, sombre, du quartier de Harlem. 



« – Non, décida -t- elle, pas cet appartement. Alors elle pensa à Bub qui avait huit ans et apprenait à aimer le gin.  » 

 La survie est à ce prix. Tout mettre en œuvre pour donner une bonne éducation à son fils et le préserver au maximum. 

 » Toutes ces rues débordent de violence, pensa- t- elle. On tourne un coin, on longe un pâté de maisons, et la crise éclate tout à coup, sans prévenir. » 


Jour après jour s’ensuit un combat permanent pour garder sa dignité et bien élever son fils. Une lutte sans relâche contre le chemin qu’on tente de lui faire prendre. 

 » Si une jeune femme était de race noire et suffisamment attirante, c’était de toute évidence une catin. »

 » Bien sûr, pensait Lutie en marchant, si vous vivez dans cette rue, vous êtes censée vous faire de petits extras de temps en temps. En couchant un peu partout. Avec des blancs tout à fait charmants.  » 


Lutie aime son fils par dessus tout, tout comme Bub aime et respecte sa mère. Mais cet immense amour réussira – t- il à les préserver du mal qui les entoure. Du mâle en la personne du concierge de l’immeuble complètement obsédé par la beauté de Lutie. 

 » Je suis jeune, je suis forte, Il n’y a rien que je ne puisse faire.  » 


À travers ce premier roman absolument poignant par une auteure injustement oubliée, Ann Petry nous offre le portrait d’une femme, mère célibataire noire pleine de bravoure. Une femme qui tente de sortir de cette rue où siègent le bordel de Mrs Hedges et la cruauté du concierge de son immeuble. Un quartier où règne en maître la corruption, la misère sociale, la saleté et le froid.. 

Un magnifique roman noir qui met en lumière avec une grande lucidité l’injustice raciale. 


Une œuvre majeure de la littérature américaine, un très très grand roman. 

Publié aux États- Unis en 1946, La Rue a paru en France en 1948 à l’instigation de Philippe Soupault Et n’avait jamais été réédité depuis. Un beau cadeau que nous font les Éditions Belfond. Ce livre avait été vendu à plus d’un million d’exemplaires, souhaitons-lui autant de succès de nos jours. 

Ann Petry
Née en 1908 à Old Saybrook, dans le Connecticut, Ann Petry est une auteure afro-américaine issue d’une famille de classe moyenne. Elle s’installe à New-York en 1938, dans le quartier d’ Harlem, où elle écrit pour divers journaux puis publie ses nouvelles dans la presse. Très impliquée dans la vie de son quartier – elle développe notamment différents programmes éducatifs -, elle est témoin des conditions de vie des habitants noirs de Harlem et s’inspire de son expérience pour écrire, en 1946, La Rue, son premier roman. Best-seller immédiatement, il remporte le Houghton Mifflin Liberaty Fellowship Award. Malheureusement, aucune de ses œuvres ultérieures ne renouvellera le succès de son précédent coup de maître. Ann Petry est décédée à Old Saybrook en 1997.  

La rue traduit de l’américain par Martine Monod, Nicole et Philippe Soupault. 

Je remercie Brigitte et les Éditions Belfond pour m’avoir permis la découverte de ce chef-d’œuvre de la littérature afro-américaine. 


 » La ferme des Miller « 

La ferme des Miller d’Anna Quindlen aux Éditions Belfond collection Le Cercle 


 » Lorsqu’on possède une ferme, on a le sens du temps, de la valeur d’un jour ou d’une année. Dans une ferme, un calme bien particulier règne au petit matin et en fait un moment de la journée différent des autres, tandis qu’un reliquat de ciel noir pâlissant sur les bords indique la fin de la nuit. Excepté la lueur d’une éventuelle lune, la seule lumière provient alors du plafond de la grange, telle une petite lune personnelle. On peut facilement s’y sentir satisfait de la vie – ou perdu. « 


Mary Margaret Miller dite Mimi vit  en Pennsylvanie à Miller’s Valley. À 11 ans, elle est déjà trés mature et pose un regard clairvoyant sur la vie.

À travers son regard, nous allons découvrir l’histoire des Miller, sa famille.

Mimi mène une enfance protégée dans la ferme familiale. Entourée de son père, cultivateur, sa mère infirmière, ses deux frères, Eddie le taiseux et Tommy le caîd séducteur et de sa tante qui vit recluse dans la maison d’à coté.
 » Ma mère disait parfois qu’ils avaient été proches quand ils étaient petits, mais c’était difficile à croire. À les voir, on aurait jamais dit qu’ils étaient frères, l’un avait l’air d’un flic et l’autre d’un criminel.  » 


Mimi est une jeune fille, bien comme il faut, qui n’hésitera pas à consentir à de gros sacrifices pour veiller sur les siens. Car malgré la quiétude apparente , tout est sur le point de changer. La vallée risque d’être engloutie sous les eaux …

 » Ainsi va le monde : des gens décident qu’ils veulent telle ou telle chose puis tentent de vous faire croire que vous le désirez autant qu’eux.  » 


Les années passent et les chagrins chassent le bonheur.

 » Quelques kilomètres et quelques heures pouvaient faire toute la différence entre un quotidien ordinaire et une journée désastreuse. « 

Mais Mimi reste, fidèle à sa vallée.

 » La vie est pleine de Mystères. « 


Anna Quindlen nous offre un magnifique roman, une saga familiale passionnante et bouleversante. Un roman plein de surprises, avec des personnages pleins d’humanité. Mimi est particulièrement attachante, toute jeune elle est déjà très responsable et déborde d’amour pour ses proches. Malgré l’adversité, des liens forts et profonds unissent cette famille.

Mère Thérèsa a dit : – L’amour commence quand nous nous consacrons à ceux qui sont à nos cotés, les membres de notre propre famille .

Une citation qui sied à merveille à ce roman, en particulier  à Mimi.

Un roman puissant, un récit poignant, des personnages vibrants, une histoire qui nous transporte dans l’Amérique rurale et nous laisse de merveilleux souvenirs dans le cœur. Une superbe découverte qui va rejoindre ma bibliothèque dans mon panthéon des plumes américaines, auprès de Retour à Cayro de Dorothy Allison, ma toute première lecture chez Belfond il y a plus de vingt ans.


Une plume magnifique que j’ai hâte de retrouver.

Anna Quindlen
Anna Quindlen est née à Philadelphie. C’est une célèbre journaliste américaine, récompensée par le prix Pulitzer en 1992 pour ses chroniques dans le New York Times. Elle est également l’auteur de huit romans, dont  Contre cœur ( 1996) adapté au cinéma en 1999 par Carl Franklin sous le titre Contre Jour, avec Meryl Streep, Renée Zellweger et William Hurt. Noir comme l’amour (1999),Tous sans exception (2012)  L’enfant sourira peut-être (2004) et Nature morte aux miettes de pain (2016). La Ferme des Miller est son quatrième ouvrage à paraître chez Belfond. Elle vit actuellement à New-York.

 

Je remercie Anaîs et les Éditions Belfond pour ce sublime moment de lecture.

 

 

 » Havre nuit « 

Havre nuit d’Astrid Manfredi aux Éditions Belfond


 » C’est ainsi que la pluie habitera tes pensées, noiera tes idéaux d’adolescent et tu seras pris d’une frénésie de poésie sous ce climat brumeux et crachotant. L’absence de fleuve rend la cité assoiffée de l’eau du ciel qui se répand avec assiduité sur vos têtes. Il n’y a rien à aimer dans cette ville à l’architecture aussi bilieuse que l’est l’âme de ses habitants. Rien à y rêver. « 

Se balader au Havre, sur un air de Bashung et découvrir l’histoire d’amour impossible d’Alice et Lazlo sous la plume d’Astrid Manfredi.

 » La nuit je mens, je prends des trains à travers la plaine … »


Le Havre, ville sauvage à l’univers graphique, lieu idéal pour cette tragédie amoureuse contemporaine. Le Havre témoin de cette idylle perdue d’avance.

L’adolescence, l’instant précis où les destins s’entremêlent, le moment propice au coup de foudre, les rencontres électrisantes, la naissance d’amour impossible.

Puis vient l’âge adulte, Alice et Lazlo, nos deux acteurs, ont pris des chemins différents et se sont éloigné davantage l’un de l’autre, tout en restant très proche par l’ironie du sort, l’un serial Killer et l’autre flic.

« Elles sont jeunes. Elles sont belles. Elles sont blondes. Elles sont mortes. Leurs anniversaires, elles les fêteront sans bougies et n’iront plus à la patinoire en hiver. Ni s’esquinter les orteils sur les galets. Elles ne pesteront plus contre le ciel nomade du Havre interdisant le bikini à la plage…

Leurs mères les pleureront un temps. Mais des mômes,elles en auront d’autres. Alors Il faut bien accepter les coups durs et élever ceux qui restent avant de les laisser partir. Toujours trop tôt. Au cimetière, les jeunes filles reposeront sous des tombes blanches où leurs copines déposeront des roses. Certaines s’épancheront. D’autres non.  » 


À travers des flashbacks très cinématographiques, de courts chapitres très séquencés, avec une poésie en toile de fond et un romantisme noir, Astrid nous offre un magnifique récit sombre, aussi touchant que glaçant.

Sa plume est noire, tranchante, acérée, tout comme  » La Petite Barbare  » 

Un style d’écriture qui n’appartient qu’à elle, où la violence bouleverse les âmes et les corps tout en poésie. Un style qui griffe, qui écorche, qui intrigue et met en lumière des destins sombres.

 » C’est dans la nuit du 31 décembre que le collègue t’appelle. Les douze coups de minuit ont sonné depuis un bail Et l’ennui a plombé ta soirée. À poil sur le lit, tu reluques le cuir de tes escarpins. Tu es seule. Personne à contacter. Amère à boire ta tragédie. À te perdre dans la contemplation des breloques du lustre. Tu as prévu un stock d’oubli alcoolisé, car tu sais que cette nuit sera la plus longue de l’année. Que des constats inquiètants se feront. Alors que tu es affalée entre des draps douteux, ton lit se transforme en goélette à souvenirs. Tu actionnes les voiles pour que filent les heures.  » 


Havre nuit, tantôt touchant, tantôt bouleversant, tantôt effrayant mais toujours poétique, du romantisme noir de toute beauté.
 » La nuit je mens, je prends des trains à travers la plaine. » 

Astrid Manfredi

Astrid Manfredi est née le 4 novembre 1970. Elle a suivi des études de littérature française à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Elle a créé le blog de chroniques littéraires Laisse parler les filles. Elle intervient ponctuellement pour le Huffington Post, toujours autour de la littérature. Havre nuit est son deuxième roman après La Petite Barbare, tous deux publiés aux éditions Belfond .
 La Petite Barbare a reçu le prix Régine Deforges du premier roman en 2016. 




Merci à Camille et aux Éditions Belfond pour cette lecture sombre et brillante.

 » Des hommes sans femmes  » 

Des hommes sans femmes de Haruki Murakami aux Éditions Belfond 



 » Un jour soudain, vous êtes devenus des hommes sans femmes. Ce jour arrive sans qu’il y ait eu auparavant la moindre allusion ou le moindre avertissement, sans que vous ayez éprouvé de pressentiment ou de prémonition, sans toc-toc, sans petits toussotements. Vous avez tourné à un angle et vous savez déjà que c’est arrivé. Mais impossible de revenir en arrière. Dés ce tournant pris, voici le seul monde qui sera le vôtre désormais. Un monde que l’on appellera celui des  » hommes sans femmes » .

Un pluriel froid et sans fin. « 

Murakami fascine à bien des égards. Sa plume nous emprisonne, nous captive, nous charme. Il nous emporte dans sons univers, alliant à merveille le réel et le fantastique.


Lire Murakami, c’est comme entrer dans un rêve merveilleux et ne plus vouloir le quitter, même si parfois il peut être très étrange. Il nous surprend et nous fait voyager dans un univers qui n’appartient qu’à lui.


Son œuvre ne cessera de nous renverser, de nous donner le vertige.

Cette fois encore la magie opère à travers ces septs nouvelles. Il explore la place des  femmes dans la vie des hommes. Qu’elle soit présente ou absente, la femme laisse toujours une trace, un souvenir, un manque. La solitude s’installe tout doucement dans ces cœurs d’hommes abandonnés. Le doute s’immisce, les questions se bousculent.


 » Son imagination, tel un instrument coupant acéré, le torturait sans pitié, longuement. Il lui arrivait aussi de songer qu’il aurait été beaucoup plus heureux s’il avait tout ignoré. Mais dans la vie, en toutes circonstances, il valait mieux savoir que de ne pas savoir. Il en était convaincu. Quelles que soient les souffrances terribles qui s’ensuivraient, il fallait qu’il sache. Seul le savoir permettait de devenir plus fort. » 

Une douce mélancolie imprégne ces nouvelles, et une certaine musicalité résonne dans les souvenirs de chaque homme, des souvenirs tantôt heureux et tantôt malheureux.

 » La musique a le pouvoir de revivifier les souvenirs, avec une intensité telle que l’on en est parfois blessé. « 

L’isolement engendré par ces abandons rend les hommes fragiles et solitaires. Murakami explore leur part d’ombre et rend ces héros vulnérables et attendrissants.

 » Des hommes sans femmes » ,est un magnifique recueil de nouvelles puissantes et originales. Entre confession et souvenir, les hommes se livrent et se délivrent en toute intimité sous la plume d’un virtuose écrivain.

Une fois de plus Haruki Murakami m’a comblé, son écriture m’a emporté dans un univers masculin plutôt secret à travers des portraits d’hommes attendrissants.

 » – Mais peut-être que vivre ce genre d’expérience douloureuse-la solitude, par exemple-, c’est nécessaire quand on est jeune, non ? Ça aide à grandir…

-Tu crois ? 

– Comme les arbres qui doivent survivre à des hivers rigoureux pour devenir plus gros et plus puissant. Quand le climat est toujours doux et clément, ils ne peuvent pas développer d’anneaux de croissance.  » 

Né à Kyoto en 1949 et élevé à Kobe, Haruki Murakami rencontre le succès avec ses deux premiers livres, Écoute le chant du vent, qui lui vaut de remporter le prix Gunzo en 1979, et Flipper, 1973 (2016).
Suivront, notamment, Chroniques de l’oiseau à ressort (nouvelle édition Belfond, 2012), Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil (2002), Après le tremblement de terre (10/18, 2002), Les Amants du Spoutnik (2003), Kafka sur le rivage (2006), Le Passage de la nuit (2007), Saules aveugles, femme endormie (2008), L’éléphant s’évapore (2008), Autoportrait de l’auteur en coureur de fond (2009), Sommeil (2010), La Ballade de l’impossible (nouvelle édition, 2011), 1Q84 (Livres 1 & 2, 2011 ; Livre 3, 2012), Les Attaques de la boulangerie (2012), Underground (2013), L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage (2014) et L’Étrange Bibliothèque (2015). La plupart de ses romans ont paru chez Belfond et sont repris chez 10/18.
Plusieurs fois favori pour le prix Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Literary Prize, le prix Kafka 2006, le prix Jérusalem de la Liberté de l’individu dans la société en 2009, le grand prix de la Catalogne 2011 et le prix Hans Christian Andersen en 2016.


Haruki Murakami , le maître au sommet de son art.

Haruki Murakami