“ Là où vivent les loups ”

Là où vivent les loups de Laurent Guillaume aux Éditions Denoël

« Monet chercha la sortie du regard. Il était grand – un mètre quatre-vingt -seize – et gros, très gros.(,,,) Ses traits qui auraient pu être séduisants étaient noyés dans les replis de la chair. Ses yeux exprimaient une lassitude définitive et une mauvaise humeur permanente. Personne n’aimait Monet, lui le premier. “

Le train arrive au terminus de la gare de Thyanne. C’est là que descend Priam Monnet. Un physique imposant qui ne passe pas inaperçu. Monnet est un flic insociable sur la mauvaise pente. Son purgatoire personnel c’est d’être flic à l’ IGPN, la police des polices.

Monet savait bien que les questions allaient bon train dans leurs tronches de flics. Aucun poulet n’aime voir débarquer les bœufs dans son service, c’est une intrusion, un viol dans leur intimité professionnelle. Du coup, ils affectaient une solidarité surjouée . “

Il a pour mission d’inspecter ce petit poste de la police des frontières, situé entre les Alpes françaises et italiennes. Un bled perdu dans une vallée ingénieuse où les règles du Far West ont remplacé celles du droit.

Monnet n’a qu’une envie, accomplir ce pour quoi il est là au plus vite, quitter cet endroit paumé et retrouver sa vie citadine à Paris.

Hélas, on découvre un cadavre, dans les bois, apparemment un migrant qui serait tombé de la falaise. Seulement l’instinct de Monnet doute, ses vieux réflexes ont la peau dure. En digne enquêteur perspicace et pugnace, il va s’éterniser un peu dans le coin et éclaircir cette sombre affaire, quitte à déterrer les secrets de la petite ville de Thyanne.

Ça ne va pas plaire à tout le monde et il est clair qu’on ne va pas lui faciliter la tâche.

Ce que j’en dis :

Voilà un polar comme j’aime, aussi atypique que ce flic proactif qui débarque de Paris et en impose direct. Que ce soit son physique ou son langage, aucun des deux ne passent inaperçus . Il ne fait pas de cadeau mais fait bien son boulot.

Dans une ambiance survoltée, l’auteur nous a concocté une intrigue policière dynamique qui sort des schémas classiques du polar avec un petit côté engagé qui n’est pas pour me déplaire bien au contraire. Une pointe d’humour acerbe accompagne cette histoire réaliste conté par un connaisseur. Son ancien métier de flic rôde autour de sa plume et donne à son roman une étonnante véracité.

Dans ce huis clos au grand air, où tout le monde se connaît, seul un Monchus pouvait réussir à faire éclater la vérité.

Un récit qui réserve des surprises étonnantes auxquelles on est loin de s’y attendre.

Depuis Mako que j’avais découvert par hasard, et qui m’avait déjà alpagué, l’auteur ne cesse de s’affirmer roman après roman et tout comme Monnet, il s’impose dans le décor du polar et ne passe pas inaperçu.

Là où vivent les loups à découvrir d’urgence.

Dépaysement et suspense de haut vol au rendez-vous, ça ne se refuse pas.

Ancien flic et désormais consultant international en lutte contre le crime organisé, Laurent Guillaume écrit des romans et des scénarios lorsqu’il ne voyage pas. Son expérience à la BAC, aux stups et en Afrique de l’Ouest comme coopérant imprègne ses histoires, sombres et tourmentées.

Mako (2009), son premier roman a obtenu le prix VSD du polar 2009. Il est était également lauréat du prix des Lecteurs 2015 du festival Sang d’encre.

Ma collection

Laurent Guillaume a coscénarisé avec Olivier Marchal et Christophe Gavat le téléfilm de France 2 Borderline. Il a créé et scenarisé avec Olivier Marchal la série Section Zéro pour Canal +.

Une série qui déchire.

Là où vivent les loups est son neuvième roman.

Je remercie les Éditions Denoël pour cet excellent polar atypique.

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