“ Le témoin solitaire ”

Le témoin solitaire de William Boyle aux éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Simon Baril

” Regrettant d’avoir consacré l’essentiel de sa vie à des préoccupations égoïstes et vaines, Amy a eu envie de faire preuve d’altruisme. Sans se prendre pour une sainte, elle pouvait tout de même apporter un peu de lumière dans la vie des gens : rendre visite aux résidents d’une maison de retraite, faire des courses pour quelqu’un qui ne peut pas se déplacer, prier et bavarder avec des personnes isolées. ”

C’est en s’occupant de Madame Epifanio, qu’ Amy fait la connaissance de Vincent. La vieille dame le soupçonne d’avoir fouillé dans sa chambre. Amy décide de découvrir ce qui se cache derrière cet odieux individu et de le prendre en filature.

Amy a l’impression que, si elle continue, elle ne pourra pas revenir en arrière. Peut-être qu’adopter à nouveau ce genre de comportement est une mauvaise décision. Une décision stupide. Difficile de résister à cette excitation-là, cependant. (…) Vincent est un type louche : qu’est-ce que c’est que cette façon de porter un trench-coat alors qu’il fait beau et doux ou de farfouiller dans la chambre de Mme Epifanio ? Et puis il a ses yeux. Elle veulent comprendre. Elle veut découvrir quel genre de vie il mène. “

Mais voilà, à suivre n’importe qui dans la rue, on prend le risque de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Vincent est tué quasiment sous ses yeux dans une rue déserte. En un instant la vie sage et rangée qu’elle menait depuis quelques mois, vole en éclat. Unique témoin du meurtre elle décide de se taire et d’enquêter sur le drame où elle se retrouve impliquée malgré elle.

 » Elle pense à toutes ces décisions qui s’enchaînent, toutes ces vies qui entrent en collision les unes les autres.  »

Ce que j’en dis :

Dans une ambiance toujours aussi noire, nous revoici à Gravesend, un quartier de Brooklyn que William Boyle connaît très bien pour y avoir grandi.

Une plume et un style qui lui sont propre pour nous offrir cette fois l’histoire d’une jeune femme perturbée et bien trop souvent indécise. À travers ce portrait, et également beaucoup d’autres tous aussi attachants, on plonge au cœur d’un drame qui mettra une fois de plus à mal cet endroit et ses habitants.

Si je garde une préférence pour Tout est brisé (Ma chronique ici), j’ai tout de même grandement apprécié cette nouvelle immersion dans ce quartier qui nous réserve j’en suis certaine d’autres histoires sombres mais toujours palpitantes.

La suite j’espère très prochainement.

Pour info :

William Boyle est né et a grandi dans le quartier de Gravesend, à Brooklyn, où il a exercé le métier de disquaire spécialisé dans le rock américain indépendant. Il vit aujourd’hui à Oxford, dans le Mississippi. Son premier roman, Gravesend, a été publié par les éditions Rivages en 2016, n°100, qui a connu un grand succès. Il est également l’auteur de Tout est brisé édité chez Gallmeister.

Je remercie les Éditions Gallmeister pour cette nouvelle aventure américaine.

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“ Évasion ”

Évasion de Benjamin Whitmer aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Jacques Mailhos

” Qu’est-ce que tu peux faire avec un monde pareil ? Non mais bordel de merde qu’est-ce que tu peux bien faire avec un putain de monde pareil ? “

” On est dans un putain asile de fou. “

En 1968, le soir du réveillon, douze taulards ont décidé de se faire la belle. Apparemment les festivités de la prison d’Old Lonesome, située dans une petite ville du Colorado au pied des montagnes des Rocheuses, avaient tout pour leur déplaire.

– Ce monde est conçu pour te briser le cœur, dit-il. Allez on se tire d’ici, enfoiré. “

L’évasion ébranle les habitants, une chasse à l’homme est mise en place aussitôt pour tenter de capturer ces suppôts de Satan, morts ou vifs.

Le monde est tellement étrange et divers. Tu pourras toujours y trouver au moins un spécimen d’à peu près n’importe quoi. “

Une véritable meute est à leur trousse. Les gardiens de la prison, c’est quand même leur boulot, aidé d’un traqueur hors pair, mais aussi deux journalistes qui espèrent bien faire la une des journaux.

« – Une fusillade aussi ça peut faire une putain de bonne histoire. »

Sans oublier Dayton, la hors-la-loi, trafiquante d’herbe, bien décidée de retrouver son cousin qui fait partie des détenus en cavale, avant les flics.

” Ce n’est pas le genre de chose dont on peut se détourner. Dayton ne se détourne pas. “

Sous un blizzard impitoyable, les détenus prennent des chemins différents et sèment sur leurs passages une impitoyable violence dangereusement incontrôlable.

Infernale, sanglante, démoniaque, cette traque va faire couler beaucoup de sang avant de faire couler beaucoup d’encre…

Ce que j’en dis :

En 2015, je découvrais la plume noire de Benjamin Whitmer avec Pike (ma Chronique ici) et je fut immédiatement conquise autant par son style que par son histoire.

La même année il récidive et nous offre avec la complicité des éditions Gallmeister une fois encore, Cry Father et confirme mon attachement indestructible pour cette noirceur américaine absolument bien représentée dans ses œuvres.

Il m’aura fallu patienter trois années pour à nouveau me plonger dans une nouvelle Évasion livresque, mais ça valait le coup c’est certain. Cette fois les lecteurs américains vont attendre leur tour, car nous avons droit à l’exclusivité française, et l’on peut remercier Oliver (L’éditeur) pour cette délicate et magnifique attention.

Évasion nous embarque dans une tragédie contemporaine, un western moderne dans la pure tradition de l’Ouest. Une histoire inspirée d’une véritable évasion, que connu le Colorado State Penitentiary, l’une des prisons de haute sécurité de Cañon City en 1948.

L’histoire nous plonge dans une course poursuite infernale, violente et sanglante mettant en scène les fugitifs, leurs poursuivants, quelques intimes, des habitants et également deux journalistes qui de spectateurs vont devenir acteurs à part entière. Des personnages haut en couleurs qui, en une nuit vont faire de cette ville et de ses habitants un enfer.

Un désespoir sans fond qui pourtant amène le lecteur à éprouver de l’empathie pour les fugitifs, car au cœur de cette violence peut apparaître une pointe d’espoir et une once d’humanité.

En trois romans, Benjamin Whitmer a rejoint les géants du noir que j’affectionne. Son écriture brutale sans concessions mets toujours en avant les oubliés de l’Amérique, qui ont grandi entouré de violence mais aussi de pauvreté. Une manière comme une autre pour ne pas oublier d’où il vient, lui qui rêvait de devenir braqueur ou écrivain… un rebelle comme j’aime qui met tout son cœur à l’ouvrage et nous fait cadeau d’histoires extraordinaires.

Je ne sais pas ce qu’il serait devenu en tant que braqueur mais une chose est sûre, il excelle dans son rôle d’écrivain. Il est devenu un véritable conteur alors souhaitons qu’il conserve cette voie et continue la suite d’Évasion et finisse cette future trilogie qui risque bien de devenir mythique.

Pour info :

Benjamin Whitmer a grandi au milieu de la forêt et des livres. Il puise son inspiration dans ses balades, et se rends dans tous les endroits qu’il décrit pour bien s’imprégner de l’atmosphère et la retransmettre au plus juste dans ses récits. Il prends énormément de notes sur un carnet de poche qu’il garde constamment sur lui, puis retranscrit sur l’ordinateur de son domicile et plus récemment sur un petit ordinateur portable. Il écrit énormément de brouillon avant le manuscrit définitif, et voilà une chose surprenante, il détruit toutes ses notes et brouillons après avoir envoyé son manuscrit à l’éditeur qu’elles soient sur papier ou sur disque dur. Pour lui seul compte le roman terminé, il ne s’encombre pas.

Il vit aujourd’hui avec ses deux enfants dans le Colorado, où il passe son temps libre en quête d’histoires locales, à hanter les librairies, les bureaux de tabac et les stands de tir des mauvais quartiers de Denver.

Pour Benjamin, Jacques Mailhos est le meilleure traducteur du monde et le considère comme un véritable ami. Jacques Mailhos a une idée précise de ce qu’il aime.

Extrait de l’histoire interdite par Benjamin Whitmer, traduit par Jacques Mailhos parue dans le numéro 4 du magazine America :

« Comme je le répète sans cesse aux gens qui me demandent pourquoi mes romans sont si violents : si vous n’écrivez pas sur la violence, alors vous n’écrivez pas sur l’Amérique. C’est dans la violence – aussi bien sous la forme du mythe de la régénération héroïque que nous vénérons que celle de la réalité systématique écrasante que nous ignorons –, c’est en elle que gisent les questions fondamentales de l’identité américaine. La tension entre ces deux polarités constitue ce que nous sommes. (…)

Et c’est ce à quoi nous assistons en Amérique, dans toutes les communautés : à une prise de conscience de la manière dont la violence fonctionne dans notre pays. Ce n’est pas joli à voir. C’est parfois raciste. C’est misogyne. Mais cela vient aussi des gens qui, historiquement, ont toujours fait confiance à la violence et au pouvoir américains. Ces gens se réveillent et ils constatent que cette confiance est totalement dilapidée. Nous continuons peut-être à fêter Thanksgiving, mais nous ne sommes plus certains de l’objet exact de nos remerciements. C’est à mon sens le seul premier pas qui puisse nous mener quelque part. »

Je remercie les Éditions Gallmeister pour ce nectar noir que j’ai savouré sans modération.

“ Une maison parmi les arbres ”

Une maison parmi les arbres de Julia Glass aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Josette Chicheportiche

” Mais cette maison donne vraiment l’impression d’avoir abrité en elle le cœur de Lear. Pas étonnant qu’il ait quitté New York. C’était sa ruche, sa tanière, et que les pièces soient toutes de taille modeste rendait l’endroit rassurant. Lear ne voulait ni d’un palais ni d’une villa ni d’un presbytère, il voulait un havre de paix, une retraite de tous les jours, la cellule d’un moine, le terrier d’un blaireau. “

Suite à un banal accident, Morty Lear, auteur estimé de livres pour enfants, meurt. Tomasina Daulair son assistante hérite de tous ses biens : sa belle maison dans le Connecticut, mais aussi la lourde gestion de son patrimoine artistique. Au fil des années une véritable amitié s’était tissée entre eux. Elle vivait auprès de lui, et cette mort soudaine laisse une douleur vive et un vide immense.

” Elle doit se rappeler qu’il n’y a pas de Morty à chercher. “

Morty semblait marqué par son étrange jeunesse et très ébranlé par la perte de son amant emporté par le sida. Il s’était entièrement reposé sur Tommy jusqu’à ne plus pouvoir se passer d’elle, et c’est ainsi qu’elle lui consacra toute sa vie et ne vécu qu’à travers lui.

Lorsqu’un célèbre acteur engagé pour incarner Morty se présente, Tommy et lui sont amenés à fouiller dans les affaires très personnelles de Morty.

” Tout autour de lui – sur les murs, sur les surfaces des tables, sans nul doute dans les nombreux tiroirs et meubles de rangement – ce sont des centaines, probablement des milliers d’objets définissant une vie. Pas juste n’importe quelle vie, et pas juste la vie d’un homme célèbre, mais la prochaine vie que Nick endossera tel un costume magistralement taillé. Un rôle sur mesure. ”

Certaines découvertes plutôt surprenantes amènent Tommy à s’interroger, connaissait-elle vraiment l’homme dont elle partageait la vie depuis quarante ans ?

“ Non, je ne me vois pas comme un conteur. (…) Je me vois comme quelqu’un qui fabrique des histoires – un bâtisseur, un maçon. Chaque décision que prennent mes personnages est une brique, chaque relation une couche de mortier. Les dessins que je fais ? Des fenêtres et des portes. Si, quand j’ai fini, les lumières s’allument et que le toit ne fuit pas, j’ai de la chance. Je suis chez moi. ”

Ce que j’en dis :

Si Morty ne se voit pas comme un conteur il en est tout autrement pour Julia Glass qui s’avère être une formidable raconteuse d’histoire.

À travers cette magnifique fresque qui nous révèle l’univers d’un écrivain dessinateur pour enfants, on découvre également l’envers du décor et les multiples facettes qui se cachent derrière la création d’un livre.

L’écriture et le dessin permettent parfois d’exorciser des traumatismes liés à l’enfance. Des blessures difficiles qui ne se referment jamais tout à fait.

Avec style et tout en finesse elle aborde différents thèmes tels que l’amitié, l’amour, la passion du métier d’écrivain illustrateur, le dévouement, la famille, le deuil, les souvenirs, les relations au milieu d’une nature omniprésente.

Tout comme pour Morty Lear, La maison dans les arbres est un livre à apprivoiser tranquillement pour l’apprécier à sa juste valeur.

Un récit qui m’a charmé par sa plume touchante et délicate. Une fiction extraordinaire où les personnages magnifiquement incarnés nous offrent un regard profond sur l’âme humaine.

Julia Glass est née à Boston dans le Massachusetts. Elle vit à Marblehead, avec son compagnon, le photographe Dennis Cowley, et leurs deux enfants, et travaille comme journaliste indépendant et éditrice. Elle est diplômée de Yale depuis 1978,

Je remercie les éditions Gallmeister pour ce beau roman d’une belle sensibilité.

“ Les spectres de la terre brisée ”

Les spectres de la terre brisée de S.Craig Zahler aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Janique Jouin-de Laurens

L’espoir d’être sauvée de son horrible perdition avait décru mois après mois et, même s’il n’avait pas encore disparu, il n’était plus qu’un minuscule grain de poussière. Chaque fois qu’elle parlait au Seigneur, Yvette lui demandait d’envoyer des sauveteurs ou de l’appeler à ses côtés. Elle avait souffert bien trop longtemps. “

Au Mexique, pendant l’été 1902, deux sœurs kidnappées aux États-Unis vivent l’enfer au cœur des montagnes, contraintes à la prostitution, dans un temple transformé en bordel, sans espoir de délivrance.

Elles ignorent que leur père, John Lawrence Pluvford, ancien chef de gang, a entamé une expédition punitive pour tenter de les sauver. Ses deux fils l’accompagnent ainsi que ses trois plus fidèles acolytes : un esclave affranchi, un indien et le spectral Long Clay, un pro de la gâchette.

” ( Le cow-boy possédait dix kilos de doute pour chaque ô cède foi, mais il mettait sa fierté de côté pour demander de l’aide au plus populaire des tout-puissants.)

(…)

– S’il vous plaît. Épargnez-leur davantage de souffrances et faites-leur savoir qu’on arrive pour les sauver. Amen. “

Le gang se sont offert les services d’un jeune dandy ambitieux et désargenté, attiré par la promesse d’une rétribution qu’il n’est pas en mesure de refuser.

”(…) il savait que les hommes pouvaient se transformer en une chose qu’ils haïssaient quand le loup de la luxure grondait en leur sein. “

Ils sont loin d’imaginer la confrontation sanglante qui les attend dans les Badlands de Catacumbas.

Ce que j’en dis :

Je m’étais régalé avec son précédent roman : Une assemblée de chacal (retrouvez ma chronique ici), c’est donc avec un engouement certain que je me suis aventurée entre ces pages. Fidèle à son style, l’auteur nous offre un western noir, ambiance Sergio Leone où résonne la musique inoubliable d’ Ennio Morricone.

En quelques chapitres, on fait connaissance avec le casting de cette nouvelle aventure très cinématographique, le ton est donné, la tension s’installe et va monter crescendo jusqu’au dénouement final. C’est la peur au ventre et la gorge sèche que l’on poursuit cette histoire cruelle, palpitante et parfois même terrifiante. On aimerait que les meilleurs gagnent, que les bourreaux finissent au bout d’une corde, et que l’amour l’emporte sur la haine.

Le style est violent, sanglant, une véritable tornade qui laisse peu de place à l’espoir et pourtant, c’est absolument jouissif. Les nostalgiques comme moi des bons westerns d’antan vont être servis. N’hésitez surtout pas à découvrir cette chevauchée sauvage qui cache une belle histoire familiale non démunie d’amour.

Je ne vous cache pas que j’ai adoré.

Un auteur à suivre absolument.

Ma petite collection

Né en Floride, S. Craig Zahler est désormais New-Yorkais et a travaillé de nombreuses années en tant que directeur de la photo et traiteur, tout en jouant dans un groupe de heavy métal et en créant des pièces de théâtre bizarres. Son premier roman, un western intitulé A Congregation of Jackals, a été nominé pour les prix Peacemaker et Spur.

Batteur et parolier, Zahler continue la musique et vient de sortir avec son groupe Realmbuilder son troisième album, du métal à la fois épique et lugubre. Il est actuellement lancé dans la postproduction du long-métrage qu’il réalise, Bone Tomahawk, un film à la frontière du western et de l’horreur, avec Kurt Russell, Patrick Wilson, Richard Jenkins, Matthew Fox, Lili Simmons, Fred Melamed, et David Arquette.

Zahler apprend le kung-fu, et il est depuis toujours fan d’animation (dessin animé et image par image), de métal (tous genres confondus), de rock progressif, de soul, de littérature de genre (surtout le polar, l’horreur et la science-fiction pure et dure), de pulps, de vieux films, de chats obèses, et de robots asymétriques.

Disponibles dans la collection Totem

Je remercie les éditions Gallmeister pour ce western grandiose.

“ Kentucky straight ”

Kentucky straight de Chris Offut aux éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Anatole Pons

” Voici le miroir

Où s’éteint la douleur

Voici le pays

Que nul ne visite “

De Mark Stand

Ce que j’en dis :

Quand pour un recueil de nouvelles , l’auteur choisit un tel exergue on sait déjà dans quel univers on va s’aventurer.

Le Kentucky, ce territoire des Appalaches, considéré comme le berceau du whisky américain regorge de distilleries clandestines. Si l’argent se fait rare l’alcool de contrebande coule à flot.

Un état classé numéro un dans la liste des États américains pour possession d’armes à feu avec 134 armes pour 100 habitants.

À travers ces neuf nouvelles, tout à fait représentatives on se retrouve au cœur d’histoires des oubliés de l’Amérique.

Tout les soirs, maman disait qu’elle avait peur que je vise trop haut. Warren ne me parlait pas du tout. Je me baladais dans les collines en pensant à ce que je connaissais sur la forêt. Je sais dire le nom d’un oiseau à son nid et d’un arbre à son écorce. Je sais qu’une odeur de concombre signifie qu’une vipère cuivrée n’est pas loin. (…) Ça m’a fait drôle de passer un test pour apprendre que je vivais en dessous du seuil de pauvreté . Je crois que c’est de savoir ça qui a déboussolé papa pour de bon. Quand il est mort, maman a brûlé ses cartes, mais j’ai gardé celle du Kentucky. Là où on vit, c’est pas dessus. “

Chris Offut est né et a grandi dans le Kentucky, il nous offre des histoires authentiques, puisées très certainement dans ce qui l’entoure. Ses personnages sont les bouseux, les pèquenauds du coin, les mineurs, les laisser pour comptes qui passent le plus souvent leurs temps avec un verre de whisky dans une main et une arme dans l’autre.

” Les coyotes, c’est le côté humain des chiens. Les clébards, c’est le côté canin de l’homme. “

Des histoires rugueuses, brutales profondes rythmées par le blues qui les accompagne. Des nouvelles aussi sauvages que la faune qui l’habite. Noires, violentes, situées dans les coins reculés de l’ Amérique, là où le fusil reste toujours à portée de mains et les poings rarement dans les poches.

Et c’est avec une plume talentueuse que Chris Offut nous parle de la misère et du désespoir.

À déguster sans modération accompagné d’un 18 ans d’âge.

” Sa voix avait un ton définitif qui réduisit les hommes au silence. “

Chris Offutt est né en 1958 et a grandi dans le Kentucky dans une ancienne communauté minière sur les contreforts des Appalaches. Issu d’une famille ouvrière, diplôme en poche, il entreprend un voyage en stop à travers les États-Unis et exerce différents métiers pour vivre. Il publie, en 1992, un premier recueil de nouvelles, Kentucky Straight, puis un roman autobiographique. Le Bon Frère est son premier roman. Il est également l’auteur de chroniques pour le New York Times, Esquire et quelques autres revues et a été scénariste de plusieurs séries télévisées américaines parmi lesquelles True Blood et Weeds

Les éditions Gallmeister nous offre une nouvelle traduction pour ce recueil inédit dans la collection Totem. Titre publié auparavant chez Gallimard ( La Noire) en 1999, puis chez Folio ( 2002).

Un auteur emblématique du Sud des États-Unis dans la lignée de Daniel Woodrell, Larry Brown et Ron Rash

Je remercie les Éditions Gallmeister pour ce blues déchirant.

“ Les choses qu’ils emportaient ”

Les choses qu’ils emportaient de Tim O’Brien aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Jean-Yves Prate

 » Quarante-trois ans, et la guerre a commencé quand je n’en avais même pas la moitié, mais pourtant les souvenirs la ramène au présent. Et parfois ces souvenirs mènent à une histoire qui la rend éternelle. C’est à cela que servent les histoires. Les histoires permettent de relier le passé et l’avenir. (…)Une histoire existe pour l’éternité, même quand la mémoire est effacée, même quand il n’y a plus rien d’autre à se rappeler que l’histoire elle-même. “

À l’âge de vingt-deux ans, Tim O’ Brien reçoit sa feuille d’enrôlement et part pour le Vietnam.

Mais alors, qu’est-ce qu’un jeune homme envoyé malgré lui en enfer peut bien choisir d’emporter ? Et qu’en est-il de ses compagnons de patrouille ?

” Les choses qu’ils emportaient étaient déterminées jusqu’à un certain point par la superstition. Le lieutenant Cross emportait son galet porte-bonheur. Dave Jensen emportait une patte de lapin…(…) Ils emportaient du papier à lettre de l’USO, des crayons et des stylos, ils emportaient du Sterno, des épingles de nourrice, des fusées éclairantes, des bobines de fil électrique…“

À travers ses souvenirs, et de toutes les anecdotes vécues ou rêvées, entre fiction et réalité, l’auteur nous livre les histoires de ces jeunes hommes enrôlés malgré eux dans une guerre abominable qui fera d’eux des hommes meurtris à jamais.

(…) il faudrait que j’oublie tout ça. Mais le problème des souvenirs, c’est que l’on ne peut pas les oublier. On prend son inspiration du passé et du présent. La circulation des souvenirs alimente une rotative dans votre tête, où ils tournent en rond pendant un certain temps, puis l’imagination se bientôt à couler et les souvenirs se confondent et repartent dans un millier de directions différentes. En tant qu’écrivain, tout ce qu’on peut faire, c’est choisir une direction et se laisser porter en formulant les choses comme elles viennent à nous. Voilà ce qu’est la vraie obsession. Toutes ces histoires.  »

Revisitant ce qui a été, imaginant ce qui aurait pu être Tim O’ Brien récrée une expérience unique et réinvente la littérature consacrée au Vietnam.

Tous ces fragments de vies, si courts parfois, couchés sur le papier par un vétéran qui survécu au pire cauchemar que l’on puisse imaginer entre guerre et plaie.

Je veux que vous ressentiez ce que j’ai ressenti. Je veux que vous sachiez pourquoi la vérité des récits est parfois plus vraie que la vérité des événements. “

Ce que j’en dis :

Comme beaucoup d’entre vous, c’est au travers de certains films inoubliables comme Platoon, ou encore, Good morning Vietnam que j’ai découvert les horreurs de cette guerre.

En lisant ce récit découpé sous forme de nouvelles, on découvre des histoires authentiques, poignantes et même parfois insupportables tellement inimaginables.

L’auteur nous livre ses souvenirs, ce qu’il a vécu au cœur de cette jungle du Vietnam, ouverte sur les portes de l’enfer.

Dans un style très évocateur, sa plume singulière pose un regard sans concessions sur cette guerre qu’il a malheureusement connue.

Un livre essentiel qui figure déjà aux programmes des lycées et des universités aux États-Unis.

N’hésitez surtout pas à le lire, en hommage à tous ces vétérans courageux morts pour leur patrie, et à ceux qui en se revenus avec un douloureux fardeau de traumatismes.

Tim O’Brien est né en 1946 à Austin dans le Minnesota. Diplômé de sciences politiques, il reçoit à l’âge de vingt-deux ans sa feuille d’enrôlement et part pour le Vietnam où il servira de 1969 à 1970 dans l’infanterie. À son retour aux États-Unis, deux ans plus tard, il termine ses études à Harvard et entre en tant que stagiaire au Washington Post. Sa carrière d’écrivain commence en 1973 par la publication de Si je meurs au combat. En 1979, Il reçoit le prestigieux National Book Award. L’ensemble de son œuvre composée de neuf livres traite de son expérience de la guerre. Il vit et enseigne aujourd’hui au Texas.

Je remercie les Éditions Gallmeister pour ce récit bouleversant. Une véritable page d’Histoire.

Meurtres sur la Madison

Meurtres sur la Madison de Keith McCafferty aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Janique Jouin-de Laurens

« C’est le guide de pêche connu sous le nom de Rainbow Sam qui découvrit le corps. Ou, plutôt, le client qui lançait depuis la proue de son bateau, travaillant une Girdle Bug devant un amas de rondins qui séparait en deux le courant de la Madison River. (…) Le corps immergé sous le bois flotté se libéra de son attache, remonta soudain à la surface et se mit à flotter à plat ventre, l’hameçon enfoncé dans l’entrejambe de ses waders. “

Ce jour-là, la Madison River, cette fameuse rivière très réputée du Montana, réserva une drôle de surprise aux pêcheurs. Pensant avoir réussi une belle prise, le pêcheur qui n’avait jusqu’à présent attrapé qu’une toute petite truite, rayonnait.

(…) Vous n’êtes peut-être pas béni des dieux pour ce qui est de la pêche à la truite, mais vous venez de vous offrir une sacrée histoire. “

La prise revient à l’intrépide shérif Martha Ettinger, l’homicide semblant évident.

C’est durant son enquête qu’elle va faire la connaissance de Sean Stranahan, lui-même pêcheur, peintre et ex- enquêteur privé qui s’est récemment installé dans les rocheuses à la suite d’une séparation douloureuse. Sean est également sur une affaire que lui a confié Velvet Lafayette, une femme troublante qui recherche son jeune frère disparu. Envoûté par cette sirène du Sud, il part à la recherche du garçon. Deux affaires qui semblent étrangement liées. C’est ensemble, que Martha et Sean vont remonter une piste glissante qui risque de faire de l’ombre au plus gros  » business  » du Montana : la pêche à la mouche.

 » Ce qu’il y a avec la pêche, c’est que ça donne de l’espoir. Chaque lancer apporte un peu d’espoir et si l’on peut se perdre dans cet espoir, alors les soucis et le chagrin s’évanouissent à l’arrière-plan. La tempête intérieure se calme pour un moment. « 

Ce que j’en dis :

Quand une nouvelle plume débarque chez Gallmeister, cela attise bien évidemment ma curiosité , et davantage quand elle est recommandée par le grand Craig Johnson.

Que l’on aime ou pas la pêche, cette histoire offre un dépaysement total. Pour ma part elle a ravivé quelques bons souvenirs notamment mes parties de pêche avec mon grand-père et également de belles scènes du film  » Et au milieu coule une rivière « , magnifique adaptation du roman de Norman Maclean.

Aux États-Unis, la pêche à la mouche est très réputée et attire un grand nombre de passionnés. Cette histoire nous la fait découvrir à travers une enquête passionnante. L’auteur nous insuffle tout son amour pour la nature, les rivières et rien de tel qu’un connaisseur pour donner vie avec justesse à une histoire.

Basé sur des faits réels, avec des personnages authentiques, ce récit a tout pour plaire.

Une aventure au grand air absolument magnifique.

Meurtre sur la Madison est le premier volet d’une série plantée au cœur de l’Ouest américain, à suivre absolument.

Keith McCafferty est le rédacteur en chef de Field & Stream, magazine consacré à la pêche, la chasse et la vie au grand air. Il a contribué à diverses publications, dont le Chicago Tribune, sur des sujets allant des moustiques aux loups, du mercenariat aux exorcismes, et à pas mal bourlingué à travers le monde. Il est lauréat de nombreux prix, dont le Robert Traver Awward (qui récompense de la littérature relative à la pêche).

Je remercie les Éditions Gallmeister pour cette pêche extraordinaire.

Idaho

Idaho d’ Emily Ruskovich aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Simon Baril

” Wade a passé son bras autour de la taille d’Ann. Il y avait du désarroi dans son geste, de la tristesse dans son sourire, même dans son rire, et le sentiment partagé que tous deux n’étaient pas arrivés là par hasard, que cette histoire remontait loin.

Le jour où il n’aura plus cette conscience-là, elle le regrettera. Se penchant contre lui, elle a humé l’odeur du feu sur ses vêtements. Elle a regardé son beau visage tourné vers les flammes, puis elle a regardé les flammes elles-mêmes. L’air au dessus de la fumée brûlait imperceptiblement, miroitant tels des reflets sur l’eau, donnant l’impression que les montagnes au loin tremblaient sous le reflet de la chaleur.

– Nous y voilà, a-t-elle lâché sans savoir ce qu’elle voulait dire exactement.

– Nous y voilà, a-t-il approuvé avant de le serrer plus fort contre lui. “

Neuf années ont passé depuis le drame inimaginable que Wade a vécu, depuis ce fameux jours où sa famille fut détruite.

Désormais c’est auprès d’Ann qu’il partage sa vie au milieu des paysages sauvages et âpres de l’Idaho. Mais hélas ses souvenirs s’envolent, sa mémoire s’efface, jour après jour.

 » Il a perdu ses filles, mais il a également perdu le souvenir de les avoir perdues. En revanche, il n’a pas perdu la perte. La douleur est aussi présente dans son corps que sa signature l’est dans sa main. “

Plus la mémoire de Wade s’en va, plus Ann est hantée par son passé. Elle est déterminée à comprendre cette famille qu’elle n’a pourtant jamais connue. Elle s’efforce de lever le voile sur ce qui est arrivé ce terrible jour d’août.

 » C’est la texture des souvenirs, n’ont pas l’émotion, qui a disparu.  »

Ce que j’en dis :

Si hélas les souvenirs de Wade le quittent, les miens restent intacts sur cette lecture absolument magnifique. Décidément cette année les éditions Gallmeister nous ont gâté à chaque nouvelle parution.

À travers ce roman, qui débute sur un drame mais dont le mystère reste entier, nous allons partager la vie d’un couple aimant, confronté à la maladie d’Alzheimer. Quand la mémoire s’enfuit on pourrait penser que les douleurs du passé accompagnent cette fuite, mais pour Wade il n’en est rien, il sera heureusement soutenu par Ann.

En remontant le fil du temps l’auteure nous amène sur le chemin tortueux et imprévisible du souvenir. Une plume remarquable, touchante, pleine de poésie qui véhicule une multitude d’émotions.

Au cœur de l’ Idaho et d’une nature omniprésente, un décor majestueux pour le tourbillon de la vie qui défile sous nos yeux avec fulgurance.

Un premier roman troublant, magnétique, fascinant, envoûtant, un nouveau talent à découvrir absolument.

Un immense coup de cœur.

Emily Ruskovich a grandi dans les Hoodoo Mountain, dans le nord de l’Idaho. En 2015, elle a remporté un Oliver Henry Award, prestigieux prix qui récompense les meilleurs nouvelles américaines et canadiennes. Idaho est son premier roman.

Je remercie les éditions Gallmeister pour ce roman brillant et captivant.

L’ange gardien

L’ange gardien de Christa Faust aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Christophe Cuq

” Les choses que nous avons faites dans le passé décident-elles de ce que nous sommes ? Ou sommes-nous continuellement réinventés par les choix que nous effectuons pour le futur ? Je pensais avoir la réponse à ces questions. Aujourd’hui je n’en suis plus trop sûre. “

Angel Dare a rejoint le programme de protection des témoins. Ex-actrice du porno, elle bosse désormais dans un Diner, sous une autre identité. Elle pensait avoir échapper à son ancienne vie, mais c’était sans compter la venue de Vic Ventura, son ancien amant. Surgit de nulle part, accompagné de son fils, le voilà à nouveau dans ses pattes.

À peine remise de sa surprise, des mexicains armés débarquent et Vic se prends une balle. Il est grand temps de mettre les voiles et d’essayer de sauver leurs peaux. On fêtera les retrouvailles et on fera connaissance avec le marmot une autre fois.

Je n’avais aucune idée d’où je me trouvais ni de vers où nous roulions. Vu tout ce que j’avais traversé ces dernières années, je m’étais plus ou moins faite à l’idée de mourir de mort violente, mais là, c’était différent. Je n’étais pas seule dans la voiture. “

Là voilà à nouveau en fuite, mais cette fois elle a des bagages. Et en plus va falloir qu’elle joue les nounous, ou plutôt les anges gardiens, vu la taille du gosse.

Le gosse en question c’est Cody, et apparemment il tient de son père, même s’il combat en professionnel.

” Son gros problème, c’est qu’il perd trop vite son calme. Si le combat tourne pas comme il veut dans le premier round, il s’énerve et commence à faire des erreurs. Mais on voit seulement parce qu’il est jeune. Le gamin a juste besoin de prendre un peu de bouteille. Le milieu du fight, c’est un milieu dur, et je parle pas de tout ce qui se passe sur le ring. Ce milieu il vous avale, il vous broie et il vous recrache à la seconde où vous baissez votre garde. “

Angel va s’immerger dans l’univers du combat extrême et tenter de tenir la promesse faite à Vic. Même s’il n’y a pas de mal à se faire du bien au passage.

” Je repensai alors à Vic et à Cody, et à la raison initiale de ma présence ici. Un frisson de culpabilité me traversa. Il fallait que j’arrête d’écouter ma chatte et que je reste concentrée sur mon objectif : sortir Cody du pétrin dans lequel il s’était fourré. Tout le reste devait passer au second plan.

Je tirai toutefois sur mon débardeur afin de dévoiler un peu plus mon décolleté. Après tout, ça ne coûtait rien de soigner son apparence. “

Ce que j’en dis :

Sexy un jour, sexy toujours, pas la peine de chasser le naturel il revient au galop. Mais c’est pas pour autant qu’elle baisse sa garde.

Même si les rounds se suivent , et qu’elle encaisse encore une fois de nombreux uppercuts, elle n’est pas encore au tapis.

Après l’industrie du sexe, de Money Shot ( ma chronique ici), là voilà dans le milieu des bodybuilders, c’est pas moins trash, ni moins brutal, c’est juste le costume qui change.

Toujours des embrouilles où la drogue n’est jamais très loin…

J’ai retrouvé avec plaisir la nana sexy qui n’a pas froid au yeux mais le feu aux fesses. Dés le premier coup de feu, ça part en live et il en sera de même jusqu’au final. Pas de temps mort, ni même le temps de compter jusqu’à dix, ça dezingue à mort et c’est pas pour me déplaire. Encore plus hard, encore plus dingue, ça monte crescendo et c’est la victoire assurée pour mon palmarès des coups de cœur livresque. Je fini comme elle, le cœur brisé et je suis impatiente de la retrouver sur la route américaine.

Un roman noir, sexy, violent, déchirant mais non démuni d’humour, de quoi rendre fou d’amour de nombreux lecteurs.

Christa Faust est née et a grandi à New-York. Elle a travaillé dans les peep- show de Times Square et dans l’industrie du porno pendant une dizaine d’années. Elle est l’auteur de onze romans et vit aujourd’hui à Los Angeles.

Je remercie les Éditions Gallmeister pour ce Shot d’adrénaline pure.

“ Mon désir le plus ardent ”

Mon désir le plus ardent de Pete Fromm aux éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Juliane Nivelt

” Et je ne savais même pas que les rivières m’amèneraient jusqu’à toi, j’ignorais encore tout de la chance. “

Si un jour on avait prédit à Maddy qu’elle sortirait avec un garçon de son âge, guide de rivière, elle aurait éclaté de rire. Et pourtant le sourire qui se dessine sur ses lèvres est bien celui d’une femme amoureuse. Dalt, va lui voler son cœur pour toujours.

(…) Tout ira bien

Pour une raison qui m’échappe, je le crois : moi, la Reine des glaces, je crois que tout ira bien entre nous pour toujours. “

Et c’est sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, qu’ils se marièrent.

Tout comme la rivière, la vie suivit son cours et leurs cœurs continuèrent de battre à l’unisson.

” – Je t’aime, dit-il, et même si nous nous le répétons sans cesse, cela ne manque jamais de m’arracher un sourire.

– Moi aussi. Vraiment.

– Tout ira bien, Mad. Peu importe où on atterrit. Même sous une pierre, pas vrai ?

– Même dans un arbre. “

Un matin quelques vertiges présageaient une bonne nouvelle pour Maddy, hélas si un bébé pointera bientôt le bout de son nez, il en est tout autre pour ” La putain de sclérose en plaques. “ qui s’est invitée sans prévenir.

” Ce n’est pas juste. “

Non ce n’est vraiment pas juste, tout cet amour, toute cette si belle vie abîmée par la maladie.

Il a regardé si loin dans l’avenir, tellement plus loin que tout ce que j’ai pu envisager, et je ne suis même pas sûre de vouloir faire partie du voyage. “

Et pourtant…

L’amour sera toujours plus fort, toujours plus beau, toujours présent. Il va mener un combat contre la maladie et s’imposer sans jamais faillir malgré tous les obstacles mis sur son chemin.

Mon désir le plus ardent, un magnifique titre déjà porteur d’émotions intenses et de désirs sans fin.

Pete Fromm nous offre le portrait d’un couple que les flammes de l’amour dévorent et qui résistera avec un immense courage et beaucoup d’humour aux affres de la maladie.

La SEP est là comme une épine dans le pied, mais jamais l’auteur ne sombre dans le pathos, ce qui rayonne ici, c’est la force, la volonté de ne pas se laisser envahir par la tristesse, par la colère mais au contraire se battre pour ne pas perdre le désir d’aimer. Même si parfois c’est difficile, même si le doute tente de s’immiscer l’aventure n’en sera que plus belle, plus admirable.

L’auteur ne ménage pas notre cœur, il nous offre une intense et belle histoire d’amour qui nous fait rêver, à travers une plume aussi troublante que drôle. Il nous fait sourire mais aussi pleurer, tellement que notre cœur se serre face à tant de douleur et de bonheur mêlés. Tout ce qui fait une vie de couple aussi malmenée soit-elle par les épreuves de la vie.

” Un destin que je serais prête à revivre sans la moindre hésitation. “

Un roman féerique, renversant, terriblement poignant, absolument inoubliable.

Mon désir le plus ardent, une des plus belles histoires d’amour de ma vie de lectrice.

Immense coup de cœur.

Pete Fromm vit dans le Montana. Il est né dans le Wisconsin et a d’abord été ranger avant de se consacrer à l’écriture. Il a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles qui ont remporté de nombreux prix et ont été vivement salués par la critique.

Retrouvez ici , ma chronique de Lucy in the Sky.

Ma collection ❤️🇺🇸

Copyright de la librairie l’Astragale

Je remercie les éditions Gallmeister pour cette fantastique histoire d’amour absolument inoubliable.