“ Éphé[mère] ”

Éphé[mère] de John N. Turner aux Éditions de l’Aube

Elle était la petite dernière. Petite, elle l’était restée en taille. (…) Elle ne comptait pour rien. Elle n’avait personne derrière elle. Elle était celle dont l’avis ne comptait pas. Sa voix avait été oubliée, escamotée, soustraite à celle de l’assemblée. Pour la famille, c’était comme si Isa n’avait jamais existé.

Évidemment, elle existait, mais comme la cinquième bouche à nourrir de la fratrie, un corps de plus à vêtir, et non comme une enfant à part entière. Isa était un peu comme un animal domestique dont personne ne se souciait. C’était pratique parce qu’Isa ne disait rien, ne réclamait rien, ne désirait rien mieux que de disparaître. “

Qui est vraiment Isabelle. Que nous cache cette femme si effacée et taiseuse ?

Pour le découvrir, toutes les personnes qui ont croisé ou partagé sa vie, vont tour à tour prendre la parole pour nous raconter une histoire, son histoire.

De son amoureux d’enfance, en passant par sa mère, une sœur, une amie, une voisine, son mari, un journaliste, un médecin, un policier, tous ont quelque chose à dire, que ce soit un avis, un souvenir, un témoignage, une remarque , un soupçon.

Ils l’ont connue, aimée, désirée, ignorée, appréciée, oubliée.

À travers toutes ces confessions, le portrait d’une femme se profile mais seul le lecteur pourra assembler les fragments de cette vie et découvrir :

” Un secret inénarrable  »

Ce que j’en dis :

Porté par une écriture remarquable, ce récit absolument bluffant, m’a captivé et il m’aura fallu atteindre les dernières pages pour enfin réaliser l’étendue incroyable de cette histoire.

John N. Turner nous offre un roman choral d’exception à travers des personnages travaillés, où leurs psychologies est parfaitement étudiées et donnent à ce récit d’un réalisme surprenant une dimension particulière. Une analyse parfaite qui ferait pâlir Les plus grands comportementalistes.

On se retrouve au cœur d’un récit en chemin vers une vérité qui donne tout son sens à ce titre Éphé [mère].

Un histoire glaçante, surprenante, l’histoire d’un secret inénarrable que je vous recommande vivement.

Un auteur que je suis depuis ses débuts et je peux vous dire qu’il ne m’a jamais déçu. Après cette lecture vous n’aurez qu’une envie : découvrir ses précédents romans qui sont tous aussi passionnants.

Sous ce pseudonyme se cache un homme brillant, discret qui mérite toute votre attention, pas question de garder cela secret.

Pour info :

Derrière ce pseudonyme : John N Turner se cache un scientifique de renommée internationale. Il est bactériologiste, spécialiste notamment de l’anthrax ou « maladie du charbon » un des sujets principaux traités dans son premier roman Amérithrax, absolument grandiose, publié chez le même éditeur en 2014. Puis en 2015, il publie Alabama Shooting, une enquête saisissante qui retrace le parcours d’un professeur qui abattit froidement trois collègues à Huntsville, l’université d’Alabama.

John est passionné par la littérature américaine contemporaine, les grands espaces et la culture de ce pays-continent.

Nos chemins étaient faits pour se rencontrer.

Éphé [mère] est son troisième roman.

Je remercie l’auteur pour sa délicate attention et les Éditions de l’Aube pour ce roman bluffant absolument remarquable.

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“ Les sentiers de l’oubli ”

Les sentiers de l’oubli de Margaret Mizushima aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Chloé Royer

” Le lieutenant de police Mattie Lu Cobb aimait bien son nouvel coéquipier. On aurait même pu dire qu’elle était folle de lui. Contrairement aux précédents, il semblait lui correspondre. Elle appréciait le temps passé en sa compagnie et espérait pouvoir apprendre à lui faire confiance. (…) Grand et puissant, bardés de muscles, il était le seul du service à pouvoir la battre à la course. “

Au Colora à Timber Creek, l’inspectrice Mattie Cobb vient tout juste de finir sa formation cynophile, lorsqu’elle se retrouve sur une enquête avec son tout nouvel coéquipier Robo, un berger allemand.

Le corps d’une jeune fille de dix-sept ans vient d’être découvert dans les bois. Près d’elle, sa chienne blessée…

” Belle avait déterré la tête, le torse et les bras d’une jeune fille, dont le visage cireux était couvert de boue là où la chienne l’avait léché. Cheveux noirs, nez mutin. T-shirt taché de sang. Morte. “

La communauté est sous le choc, cette jeune fille était de la région.

Il est temps de mettre à l’épreuve Robo, et de voir si ce nouveau duo de flics va réussir sa première enquête ensemble. Aidé par Cole Walker, le vétérinaire l’enquête prend une drôle de tournure sur le fil du rasoir.

Entre corruption, trafic de drogue, la ville bien tranquille commence à perdre tout le charme des havres de paix.

Mais une chose est sûre :

” La leçon la plus importante dans cette affaire, cela dit, restait la suivante : il faut toujours écouter son chien “

Ce que j’en dis :

À travers ce roman qui marque le début d’une série, on fait connaissance avec un duo d’enquêteurs plutôt attachants et assez mignons. Il viennent tout juste de se rencontrer lors de la formation de Mattie à l’unité cynophile.

Leurs premières enquêtes va très vite mettre en pratique leurs enseignements et Robo, le berger allemand va devoir avoir le flair nécessaire pour réussir son baptême du feu.

Une écriture fluide et une enquête assez classique font de ce roman une lecture assez plaisante qui ravira les amoureux du suspens sans hémoglobine ou scènes trash à outrance.

Pour un premier roman c’est plutôt réussi même si j’ai trouvé l’ensemble plutôt gentillet.

À voir si par la suite ce sera un peu plus mordantE, un peu plus intriguante pour réussir à me charmer davantage.

Une belle découverte néanmoins.

Pour info :

Née dans le Texas, Margaret Mizushima a grandi au Texas et dans le Colorado.

Autrefois orthophoniste, elle a poursuivi son exploration des mots sous un angle plus artistique grâce à l’écriture.

Passionnée de nature et d’animaux, elle vit dans le Colorado entourée de chats et de chiens et vient souvent en aide à son mari, à la tête d’un cabinet vétérinaire. 

Les Sentiers de l’oubli est son premier roman publié en France.

Je remercie les éditions Belfond pour cette enquête au cœur du Colorado.

“ La dernière chance de Roman Petty ”

La dernière chance de Rowan Petty de Richard Lange aux éditions Albin Michel

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Patricia Barbe- Girault

” Petty ne voyait pas d’objection à dépouiller plus bête que soi, bien au contraire, mais dans ce cas précis les ficelles étaient si grosses que ça le déprimait. Il n’y avait rien de beau là-dedans, rien d’élégant. Ça ne demandait même pas de culot. Les casinos exploitaient simplement la tendance du client à se cramponner aux idées reçues plutôt qu’à faire le calcul lui-même. (…)

Il en avait mal aux crânes à force d’y penser. Il respirait l’air recyclé de l’hôtel depuis une semaine, l’odeur dégueulasse de la clope et du désespoir, et la désillusion s’était propagée dans son corps comme une tumeur. Dans l’espoir de préserver la petite lueur de joie festive qu’il avait su trouver en lui pour Thanksgiving, il engloutit son scotch et se dirigea vers la sortie au pas de course. “

Petty Rowan est un bel escroc en passe de finir sur la voie de garage. Il est dans une mauvaise passe. Sa femme l’a quitté pour un autre mec, sa fille refuse de lui parler depuis des années et même sa voiture l’a planté.

Alors, lorsqu’une vieille connaissance lui parle de deux millions de dollars planqués à L.A que des soldats ont patiemment détourné d’ Afghanistan, ils voient cette opportunité comme une dernière chance de se refaire.

” Petty dansa d’un pied sur l’autre en l’attendant. Il avait toujours eu un faible pour les putes. Pas les camées qui fichent la trouille, ni les tourmentées qui ont une dent contre les mecs, mais celles qui assurent parce qu’elles voient leur job comme un business. Il en avait rencontré des drôlement intelligentes au fil des ans, des super vives d’esprit. “

En compagnie de Tinafey, une sublime prostituée qu’il vient de rencontrer et dont il s’est vite amouraché, il file en direction du Sud à la recherche du magot.

Commence alors un jeu bien plus dangereux qu’une partie de poker truquée auquel vont se retrouver mêlés, un vétéran blessé, un acteur hasbeen, et même sa fille.

Pour le gagnant ce sera :le jackpot, pour le perdant : une balle dans la tête.

” – T’es au courant que je suis pas le méchant qui veut te dépouiller, hein ? Moi, je suis le gentil, celui qui veut t’aider à le garder. “

Ce que j’en dis :

Comme dit ce vieil adage : arnaqueur un jour, arnaqueur toujours.

Dans cette ambiance américaine survoltée, Richard Lange nous fait découvrir la vie d’un looser, un paria de la société qui espère bien que ce dernier coup lui fera enfin vivre le rêve américain tant attendu et permettra au passage d’être enfin un bon père pour sa fille . Mettant en scène des personnages hauts en couleur comme cette star déchue , cette prostituée mais également un vétéran de guerre mal en point, il nous offre un roman noir qui ne manque ni de piquant ni d’humour à travers une intrigue captivante et originale.

Cette fois l’arnaque est presque louable puisqu’elle est liée à l’opération de la dernière chance et doit réussir quelques soient les risques.

Que ce soit l’écriture parfaitement maîtrisée ou cette virée dans les bas-fonds de Los Angeles, tout m’a plu dans ce récit et c’est avec joie que je poursuivrai ma découverte de cet auteur qui décrit si bien l’Amérique pleine d’espoir mais aussi de désespoir.

C’est noir et brillant, brutal et réaliste, c’est une belle surprise à découvrir absolument et promis c’est pas une arnaque.

Pour info :

Originaire de Californie, Richard Lange a passé une grande partie de sa vie à Los Angeles où il a étudié avec T.C Boyle, travaillé pour Larry Flint, dirigé un magazine musical. Il n’a cessé d’écrire sur cette ville durant ces vingt dernières années. Il a été révélé aux États-Unis et en France par son recueil de nouvelles, Dead Boys (Albin Michel, 2009), salué unanimement. Lauréat de la prestigieuse fondation Guggenheim, Lange a également été récompensé pour Angel Baby par le prix Dashiell Hammett que décerne chaque année l’International Assocation of Crime Waters.


Je remercie les éditions Albin Michel pour cette virée à Los Angeles pleine de belles surprises à la rencontre d’une star de la plume.

“ De loin on dirait des mouches ”

De loin on dirait des mouches de Kike Ferrari aux Éditions Albin Michel

Traduit de l’espagnol (Argentin) et révisé par Tania Campos

” Dans la boîte à gants se trouve le Glock .45 que lui a offert son ami Loco Wilkinson. Il le sort, vérifie qu’il est chargé et que la sécu n’est pas enclenchée. Puis, le flingue pointé vers le sol et la bête de la paranoïa à l’affût, il avance vers le coffre pour prendre un chargeur de recharge.

Et alors l’histoire commence. “

Machi, un entrepreneur véreux, corrompu jusqu’à l’os. Il a fait fortune sous la dictature argentine et s’est fait au passage un paquet d’ennemis. Vu son comportement odieux, vulgaire et arrogant comme tout parvenu. Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’on ai tenté de le piéger en lui fourguant un cadavre dans sa bagnole de luxe.

” Depuis combien de temps est-il mort ?

Mais surtout, que vient foutre ce cadavre dans sa BM à deux cent mille dollars ? Et comment est-il arrivé là ? “

Et malgré ses millions, et ses gros flingues il se retrouve dans une sacré galère.

” Qui peut m’en vouloir à ce point ? Se lamenta-t-il. Je suis un type puissant après tout. Mais la brèche est ouverte et le doute menace de s’y engouffrer. “

La nuit risque d’être longue, il va enfin connaître l’enfer qu’il a tant infligé aux autres.

” C’est vraiment bizarre ce qui m’arrive, pense-t-il, et il serait vraiment bizarre de croire qu’il ne s’agit là que de coïncidences, évidemment. Mais ce qui serait encore plus bizarre, c’est que ce soit un complot contre moi. “

Le salaud va devoir payer et régler son ardoise avec cette drôle d’infortune qui lui tombe dessus.

Ce que j’en dis :

Il suffira seulement de six heures pour assister à la chute d’un dictateur, un odieux connard.

Dans son coffre il découvre une véritable bombe qui va lui exploser sa vie.

Le compte à rebours a commencé pour la mise à mort d’un salaud qu’on ne regrettera pas

Un régal, noir, déjanté servi par une plume qui fait mouche, atypique et soignée.

Une nouvelle plume d’Argentine talentueuse, un concentré de noirceur qu’il fut bon de déguster.

Bien serré, bien servi, ce roman noir a tout pour vous plaire.

Un Road movie d’enfer qui sort des sentiers battus à une vitesse non autorisée.

Vivement le prochain.

Pour info :

Kike Ferrari est né à Buenos Aires en 1972.

Aujourd’hui balayeur dans le métro, il concilie sa passion de l’écriture et son travail en écrivant régulièrement pour El Andén, le magazine du syndicat des travailleurs du métro de Buenos Aires, dont il est délégué.

Dans un pays où aucun écrivain ne peut vivre de l’écriture, Kike Ferrari fait partie d’une puissante nouvelle génération d’auteurs argentins et a réussi à devenir, avec sa personnalité hors-normes à la Bukowski et ses romans Operación Bukowski, Lo que no fue (Prix Casa de la Américas en 2009) et Punto Ciego (co-écrit avec son ami Juan Mattio), un auteur culte en Argentine et reconnu à l’international.

Je remercie les Éditions Albin Michel et Masse Critique de Babelio pour cette merveilleuse découverte.

“ Comme un enfant qui joue tout seul ”

Comme un enfant qui joue tout seul d’Alain Cadéo aux Éditions La Trace

On fait tous sa vie. Moi, j’ai défait la mienne. Ne me reviennent, curieux, comme les très anciens, que des images, curieux, comme les très anciens, que des images de ma petite enfance.

J’ai 37 ans. J’ai tout quitté, boulot, amis, relations, réseaux, plans de carrière, maison… et je repars… vers mon passé… tête baissée dans la nuit mauve… diaporama de mes pensées.

(…)

Il m’a fallu une minute pour briser ma carrière comme un enfant boudeur qui casse son jouet le plus convoité. “

Un beau jour, Raphaël décide de tout plaquer. Telle une renaissance, il se débarrasse de tout ce qui le retient et prends un nouveau départ, une nouvelle route vers une nouvelle vie.

« Tout est à vivre. Encore. “

Eléna entame sa cinquième saison au restaurant où elle travaille tout en veillant sur Lorenzo son fils.

” Par-dessus tout, elle a besoin de cette proximité avec l’Océan. Il la protège. Son bruit sourd et permanent, son odeurs, ses embruns , chassent toutes pensées mauvaises. Le soir, lorsqu’elle s’éloigne, elle est comme lavée, légère et sa fatigue est. Douce à emporter, précieuse. “

Entre ces deux êtres, un océan, qui vague après vague les conduit inexorablement l’un vers l’autre…vers un nouveau destin…

” Il n’y a pas de plus grande joie que celle que l’on éprouve lorsqu’en toute lucidité, on « sait » que l’on est dans l’exactitude de son parcours, au cœur même de son propre destin. “

Ce que j’en dis :

Tel un peintre, Alain Cadéo commence par esquisser par quelques mots, toujours bien choisis le début de son histoire. Puis les couleurs apparaissent par petites touches ici et là et illuminent les pages. Pour le lecteur soucieux du détail, c’est un délice de vagabonder à travers cette plume minutieuse, élégante où la poésie s’immisce avec délicatesse, comme un rayon de soleil.

Alain Cadéo est un amoureux des mots, et ça se sent, son écriture dégage de belles émotions et transporte le lecteur dans un monde féerique où chaque mot, chaque phrase pleine de tendresse fait rêver, telle une caresse.

Tel un saltimbanque, il nous emmène par des chemins de traverse, nous laissant contempler le paysage, à la rencontre de personnages toujours prêts à bousculer nos vies.

Dans ce dernier roman, il met en scène deux êtres solitaires que le destin va réunir au bord de l’océan, deux êtres égarés qui n’attendent qu’un éclairci pour ensoleiller leurs vies.

Comme un enfant qui joue tout seul, une véritable étoile, filant à vive allure vers l’océan pour rejoindre tous les êtres qui gardent l’espoir d’une nouvelle vie.

“ Il faut que je bouge. J’avais l’impression ces dernières heures d’être devenu une fleur séchée coincée entre les pages d’un livre qui sent le moisi. (…) La vie veut pas qu’on la vive pas. Électrique, elle vous rattrape par le froc et vous relance sur scène. ”

Pour info :

Après entre autres ” Zoé “ (ma chronique ici), ” Chaque seconde est un murmure “ (ma chronique ici) puis ” Des mots de Contrebande “ son dernier recueil de textes, Alain Cadéo retrouve dans ” Comme un enfant qui joue tout seul “ une écriture romanesque initiatique.

Cherchant avec exigence et rigueur des chemins de traverse, des sentiers non convenus, il est un perpétuel voyageur de l’âme, seule voie possible pour rencontrer l’autre, le vrai, le juste.

Cet homme est singulier, sincère, et généreux tout comme son écriture.

Je remercie Alain Cadéo pour sa délicate attention et les éditions La Trace pour m’avoir offert un magnifique voyage livresque.

“ Les mal-aimés ”

Les mal-aimés de Jean-Christophe Tixier aux Éditions Albin Michel

 » Elle lève les yeux sur la droite, étire son dos pour l’ai filer son regard par la minuscule fenêtre. Il rencontre la masse austère du bagne qui trône là-bas plus au nord. Une bâtisse imposante de deux niveaux, quatre ou cinq fois plus large que haute. On dit que chaque fenêtre est grillagée. D’ici, Blanche ne peut pas le vérifier. Elle ne s’en est jamais vraiment approchée, s’est simplement contentée de maintes et maintes fois les compter. Il y en a six paires par étage sur cette façade, comme autant de regards pesant et accusateurs. “

Aux confins des Cévennes en l’an 1884, une maison d’éducation surveillée ferma ses portes, libérant des adolescents décharnés. Il quittent ce lieu maudit sous les regards des paysans qui furent leurs geôliers.

Dix-sept ans plus tard, sur cette terre reculée et oubliée de tous, une succession d’étranges événements se produit. Des chèvres meurent décimées par une étrange maladie, des meules de foin prennent feu, la mort rôde et s’apprête à faire d’autres victimes. Une rumeur prends racine et commence à s’étendre.

Les enfants se vengent, souffle l’homme.

(…)

Ils angoissent tous. S’affolent. Paniquent.

– Rien n’arrêtera le feu vengeur. Il prendra tout ce qu’il y’a à prendre. Et chacun espère qu’il brûlera chez le voisin plutôt que chez lui. Par ici, les gens sont comme ça. Ils se serrent les coudes pour braver l’hiver et les catastrophes car ils ont peur d’avoir faim s’ils perdent leurs récoltes ou si leurs troupeaux crèvent. Mais quand vient une malédiction, c’est chacun pour soi ! Le malheur des uns n’attire que la méfiance et fait fuir les autres. Ils croient tous que la colère du ciel ou des entrailles de la terre est toujours méritée. Alors… “

Et si c’était les fantômes du passé qui venaient régler leurs comptes ?

Comme autant de silhouettes, autant de petits bagnards qu’ils obligeaient à rester dehors des heures durant dans la nuit glacée, en une file silencieuse et parfaite, rouant de coups le premier qui bougeait ou manifestait le moindre signe d’épuisement. Au nom de la discipline, au nom de l’ordre, au nom de l’idée que pour leur retirer le mal, la brutalité permettait de faire entrer ces notions dans leurs caboches su dures. “

Ce que j’en dis :

Happée dès les premières pages par ce roman habité d’une extrême noirceur, j’ai fait la connaissance d’une plume fabuleuse qui m’a embarquée dans le confins des Cévennes à une époque où l’on envoyait les enfants délinquants au bagne.

En incluant dans ce récit au début de chaque chapitre des billets d’écrous des pensionnaires, on découvre avec stupéfaction la dureté de l’époque.

Porté par une plume hypnotique qui n’a pas été sans me rappeler l’univers de Zola, de Victor Hugo et même de Franck Bouysse, Jean- Christophe Tixier nous offre une galerie de personnages habités par la culpabilité, rongés par les non-dits au cœur de la campagne où même la foi ne sauvera pas toutes les âmes perdues.

Inspirée de faits réels du passé, l’auteur raconte l’horreur des bagnes, la misère du monde rural, la violence incestueuse dans certains foyers, la honte qui entache tout un village sans espoir de rédemption.

Après avoir conquis la jeunesse, Jean-Christophe Tixier fait une entrée remarquable à travers ce premier roman sombre, bouleversant qui va briser plus d’un cœur.

Un énorme coup de cœur que je vous recommande vivement.

Pour Info :

Ancien enseignant et formateur, Jean-Christophe Tixier vit à Pau. Pendant vingt ans, il a enseigné l’économie dans un lycée. Un poste à temps partiel qui lui a permis de mener maintes autres activités en parallèle. Ainsi, il a été directeur de collège, a créé et dirigé un centre de formation pour jeunes en grandes difficultés, a créé une société de communication aux débuts d’Internet et créé des sites Internet…
Lorsqu’il ne se consacre pas à l’écriture (de romans, mais aussi d’audio-guides pour la jeunesse), ce passionné de littérature organise le salon du polar de Pau, Un Aller-Retour dans le Noir, ou dirige la Collection « Quelqu’un m’a dit » aux éditions In8.

“ L’envol du moineau ”

L’envol du moineau d’Amy Belding Brown

Traduit de l’anglais par Cindy Colin Kapen

” (…) à la fin du mois de juin 1675, la nouvelle arrive de Boston que les indiens ont attaqué le village de Swansea, dans la colonie de Plymouth. Des tribus païennes ont uni leurs forces pour former une armée qui se dirige désormais vers la baie du Massachusetts. À la mi-août, les indiens assiègent Quabaug, une ville front de Lancater. Deux semaines plus tard, par une chaude matinée de sabbat, ils atteignent Lancaster et attaquent des fermes au nord de la ville. “

Dans une colonie du Massachusetts en 1676 vit Mary Rowlandson auprès de son époux et de ses enfants dans une communauté de puritains venus d’ Angleterre.

Elle essaie d’être une bonne mère et une bonne épouse, mais elle souffre face à la rigidité morale et étouffante de son mari.

Des indiens Algonquins attaquent son village et la font prisonnière avec quelques rescapés. Elle se retrouve esclave de cette bande de sauvages en fuite, traquée par l’armée.

Contre toute attente, c’est au cœur de cette tribu, au milieu de ces sauvages qu’elle va trouver une certaine liberté, jusqu’à y perdre ses repères.

Lorsqu’elle sera enfin libérée et qu’elle retrouvera son ancienne vie, il n’est pas certain qu’elle réussisse à se réadapter et à supporter ce puritanisme et l’hypocrisie de la société blanche.

” Quelle étrange tournure les choses avaient prise. Son expérience avait été bien différente de ses attentes. C’étaient celui dont elle se méfiait le plus qui l’avait sauvée. Tandis que Joseph, en qui elle avait la plus grande confiance, n’était jamais venu la chercher. Pas même à Concord après sa libération.

L’amour. On attend d’elle qu’elle aime, honore et écoute son mari. Mais que signifie un tel amour ? Ce n’est ni du désir ni de l’affection. Ce n’est qu’une obligation de plus. “

Ce que j’en dis :

Apparemment cette magnifique couverture et son synopsis avaient tout pour me plaire, c’est tout à fait le genre d’histoire dont je suis friande en temps normal.

J’ai trouvé cette histoire basée sur la véritable histoire de Mary Rowlandson très intéressante et même souvent révoltante face à tout le mal fait au peuple indien et à tout ce puritanisme mais je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage de Mary et encore moins au style d’écriture de l’auteure. Deux points qui ont rendu ma lecture laborieuse à mon grand regret.

Je ressors donc mitigée d’un roman qui reçoit énormément d’éloges , salué par Jim Fergus , auteur du fabuleux roman ” La fille sauvage “ que j’avais adoré.

J’en suis la première surprise, mais hélas l’histoire aussi bouleversante soit-elle ne l’emporte pas sur l’écriture qui manque à mon sens de caractère.

Difficile pour certains auteurs de rivaliser avec mes derniers coups de cœur.

Je tiens à remercier Léa notre Maîtresse Yoda du Picabo River Book Club et les éditions Cherche Midi pour cette épopée romanesque inspirée d’une histoire vraie.

Pour info :

Amy Belding Brown vit dans le Vermont. L’envol du moineau est son premier roman publié en France.

“ Sauvage ”

Sauvage de Jamey Bradbury aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Jacques Mailhos

” On peut apprendre plein de trucs rien qu’en regardant et en réfléchissant. Mais il y a d’autres trucs qu’on ne peut savoir qu’en les vivant soi-même. “

À dix-sept ans, Tracy Petrikoff n’est pas une jeune fille ordinaire. Ce qu’elle aime par dessus tout, c’est courir à travers la forêt seule. Elle adore y chasser, y poser des pièges, et sillonner avec ses chiens de traîneaux les immensités sauvages de l’ Alaska.

Sa mère, disparue bien trop tôt, a laissé la famille en plein désarroi.

” Ça faisait un an que Papa avait été interdit de course. Avant la mort de Maman, j’aurais pu parier sur ma vie qu’une telle chose ne se produirait jamais. Mais la nuit où elle s’est fait renverser par ce camion, ça a déclenché une avalanche. J’ai lu que si vous êtes pris dans une avalanche, le mieux est de nager contre la neige pour essayer de rester à flot. Mais on n’avait pas nagé assez fort. On continuait à se débattre pour rejoindre la surface. “

Malgré l’absence maternelle, Tracy tente de respecter les trois règles qu’elle lui a enseigné : ” Ne jamais perdre la maison de vue “ ” Ne jamais rentrer avec les mains sales “ et surtout ” ne jamais faire saigner un humain“ pourtant…

” J’ai appris à l’école que le sang a une mémoire. Il porte les informations qui font ce que vous êtes. C’est comme ça que mon frère et moi on s’est retrouvés avec tant de trucs en commun, on portait en nous les choses dont le sang de mes parents se souvenait. Partager ce qu’il y a dans le sang, y’a pas moyen d’être plus proche d’une autre personne. “

Jusqu’au jour où, après avoir été attaquée en pleine forêt, elle perds connaissance et se retrouve couverte de sang à son réveil, persuadée d’avoir tué son agresseur. Un grave incident qu’elle va pourtant cacher à son père mais qui va la hanter jour et nuit.

” Vous avez beau vieillir, quel que soit l’âge que vous atteignez, vos parents l’auront atteint avant vous, seront déjà passés par là, et ça quelque chose de réconfortant. Comme un sentier que vous ne connaissez pas, dans la forêt, sur lequel il y aurait des traces de pas qui vous diraient que quelqu’un l’a déjà emprunté. Jusqu’au jour où vous arrivez à l’endroit où ces traces s’arrêtent. “

Quand un inconnu débarque et que son père l’embauche, une ambiance de doute et d’angoisse s’installe progressivement dans la famille tandis que Tracy prends peu à peu conscience de ses facultés hors du commun.

” Si je pouvais m’arrêter où je veux et m’abstenir de raconter le reste, c’est là que je choisirais de finir. J’en appellerais au grand gel qui s’annonçait, et je laisserais la glace et la neige nous figer exactement tels que nous étions ce jour-là, alors qu’un bonheur silencieux s’était emparé de moi, quelque chose qui ressemblait plus à de la justesse, et je n’aurais su dire s’il s’agissait de ma propre sensation, ou de celle de Su, ou de celle de Jesse. Le constat d’être revenu en un lieu que vous savez être le vôtre. Où vous savez qu’on vous désire et qu’on vous aime. “

Ce que j’en dis :

En 2018, les éditions Gallmeister et Gabriel Tallent nous ont permis de faire connaissance avec une jeune héroïne hors du commun surnommée Turtle, inoubliable et tellement attachante. (Ma Chronique ici)

L’hiver 2019 donne naissance à une nouvelle plume et une nouvelle héroïne tout aussi bouleversante prénommée Tracy, née sous l’écriture absolument magnifique de Jamey Bradbury.

Tracy est une jeune fille indépendante, au caractère difficile, plutôt rebelle qui ne prends pas son rôle d’étudiante au sérieux mais qui aime se cultiver à sa façon au cœur de la nature.

Habitée par un don particulier, elle y puise sa force et se rapproche de sa mère trop tôt disparue.

Même si ses relations sont parfois difficiles avec son père, elle n’en demeure pas moins proche et aimante tout comme avec son frère.

L’arrivée de cet étranger va bousculer l’équilibre de cette famille déjà malmenée depuis le décès de la mère qui est pourtant toujours bien présente grâce aux flash-back qui nous permettent de faire sa connaissance malgré tout.

À travers cette formidable histoire, Jamey Bradbury nous fait découvrir l’Alaska et l’univers des mushers, avec une douce poésie, et une dose de fantastique amenée avec subtilité qui risque d’en surprendre plus d’un.

L’auteure nous offre un récit fabuleux, en rendant des situations simples absolument effrayantes tout en nous attachant à tous les personnages que l’on quitte à regret mais avec l’impression d’avoir vécu une aventure extraordinaire.

C’est beau, fort, surprenant et touchant, parfois rude et glaçant, mais également grandiose, un récit qui reflète tout à fait l’Alaska tel que j’ose l’imaginer.

Tracy rejoint Turtle est restera à jamais auprès de mes héroïnes de lectures inoubliables.

Un immense coup de cœur pour Sauvage, premier roman de Jamey Bradbury.

Pour info :

Jamey Bradbury est née en 1979 dans le Midwest et vit en Alaska depuis quinze ans. Elle a été réceptionniste, actrice, secouriste et bénévole à la Croix Rouge.

Elle partage aujourd’hui son temps entre l’écriture et l’engagement auprès des services sociaux qui soutiennent les peuples natifs de l’Alaska. 

Sauvage est son premier roman.

Je remercie les Éditions Gallmeister pour cette aventure extraordinaire absolument inoubliable.

“ Ce qui ne tue pas ”

Ce qui ne tue pas de Rachel Abbott aux Éditions Belfond

Traduit de l’anglais par Laureline Chaplain

” – Nom de Dieu !

Le chuchotement blasphématoire de Jason disait tout. Sur le lit, un amas de drap s’entortillait autour des bras et des jambes de deux personnes. Homme ou femme, elle était trop loin pour distinguer. Une odeur métallique confirma ce qu’elle voyait. Les deux corps gisaient, inertes, sur une literie trempée d’un sang sombre et épais.

Malgré la chaleur de la nuit, un frisson parcourut sa nuque. Que s’était-il passé ici ? Elle eut subitement envie de prendre ses jambes à son cou, d’abandonner derrière elle cette scène brutale. “

Après avoir reçu un appel d’urgence, la police se rend sur place et fait une découverte effroyable. Dans la maison d’un photographe de renom, Mascus Norton. deux corps ensanglantés gisent dans la chambre conjugale, et un bébé hurle dans une pièce assez proche.

Marcus North est sans vie, contrairement à Evie sa compagne.

Cleo North, la sœur de Marcus est convaincue de la culpabilité d’ Evie. Depuis le départ elle n’appréciait pas la relation de son frère et de cette femme. Quelque chose la mettait terriblement mal à l’aise. Marcus ne peut pas être le bourreau qu’on lui décrit.

En attendant le dénouement de l’enquête, Evie se retrouve enfermée.

Le plus dur, c’est le sentiment d’avilissement. Surtout aujourd’hui. J’ai été transporté dans un fourgon carcéral jusqu’aux sous-sols du palais de justice, avant d’être conduite au banc des accusés. Celui-ci n’est pas ouvert, comme ceux que j’ai parfois vus à la télé, mais séparé de la salle d’audience par une vitre laminée, comme si je souffrais d’une maladie contagieuse ou que j’étais un animal féroce. C’est peut-être le cas. “

Stéphanie King, va devoir démêler ce sac de nœuds, afin de découvrir qui est le bourreau et qui est la victime ? Alors que Cleo et Evie livrent chacune leur version sur Marcus, l’enquêtrice se retrouve au milieu de la plus ahurissante affaire de sa carrière…

” – Si j’avais poignardé Mark dans l’idée de me venger, sa souffrance n’aurait pas été aussi brève. Ce n’est pas ça, la vengeance. La vengeance, c’est s’assurer que la personne qui vous a fait du mal le paie par une très lente agonie. Si j’avais voulu me venger, il ne serait pas mort. Il serait accablé par la même douleur qui me ronge depuis des années. “

Les apparences sont parfois trompeuses, derrière chaque visage se cachent des secrets insoupçonnables. un seul dit la vérité, mais lequel ?

Ce que j’en dis :

Attention, le dernier thriller de Rachel Abbott a des pouvoirs fortement addictifs sur le lecteur. Tout en jouant avec nos nerfs, elle nous manipule tout comme ses personnages et nous embrouille en multipliant les fausses pistes en semant le doute en nous et en nous révélant avec parcimonie quelques indices assez troublants.

Comme au cinéma, chaque personnage joue son rôle à la perfection et nous bluffe admirablement.

À travers cette intrigue on découvre la mise en place d’une terrible vengeance et le pouvoir suprême de la manipulation.

La reine du crime du polar anglais a frappé fort avec cette histoire où les faux-semblants et les rivalités féminines attisent la jalousie et mènent à la folie.

C’est tordu, tragique, étrange, et c’est divinement réussi.

Les amoureux du thriller psychologique vont se régaler, c’est certain.

Retrouvez ma précédente chronique La disparue de Noël, ici.

Pour info :

Née près de Manchester, Rachel Abbott a longtemps occupé un poste d’infographiste, avant de se lancer à la poursuite d’un vieux rêve, rénover de vieilles demeures en Italie, où elle vit désormais une partie de l’année.

La parution d’Illusions fatales (2014), son premier roman autopublié, classé numéro un des ventes en Angleterre, a marqué le début d’une formidable success story.

Après Une famille trop parfaite (2016) et La Disparue de Noël (2017) publiés dans la collection Le Cercle Belfond, l’auteure fait un retour en force sur la scène du thriller avec Ce qui ne tue pas.

 

Je remercie les Éditions Belfond pour ce thriller psychologique terriblement manipulateur.

“ Bad Man ”

Bad Man de Dathan Auerbach aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Nathalie Peronny

” Quelques voitures faisaient le tour du parking. Deux d’entre elles se dirigeaient déjà vers la sortie, à droite. Ben sentit son corps se projeter vers elles alors que ses pieds restaient plantés devant le magasin. L’indécision lui vrillait la poitrine. Chaque endroit qu’il n’inspectait pas était un endroit où pouvait se trouver Eric. Et pendant qu’il inspectait un endroit, il n’était pas en train de chercher ailleurs. Aucun choix ne semblait le bon. (…)

Tous les clients le dévisagèrent, une expression particulière sur les traits. Jugement, pitié peut-être ? Mais Ben ne les voyait pas. Il ne vit pas la caissière, seule, qui secouait la tête.

– Éric ! Vociféra-t-il.

Mais seul le silence lui répondît.

Eric avait disparu.

Ce qui ne devait être qu’un banal ravitaillement au supermarché entre frères, vire au cauchemar. Eric a échappé à la surveillance de Ben son grand-frère un instant et a malheureusement disparu.

Ben ne se le pardonne pas et continuera inlassablement de chercher son petit frère de seulement trois ans.

Cinq ans plus tard, toujours inconsolable tout comme sa famille, Ben décide de chercher un travail et se fait embaucher en tant que magasinier dans le supermarché où Eric avait disparu.

Après avoir réussi à affronter l’angoisse des premiers jours, il reprend ses recherches.

Quelqu’un sait forcément quelque chose et une présence étrange brouille ses pensées.

Il est bien décidé à résoudre enfin cette disparition et mettre un terme à cette ombre inquiétante qui plane sur la ville.

Ce que j’en dis :

Il n’est jamais simple de donner son avis lorsque l’on a été déçu par sa lecture, et pourtant le départ était prometteur mais hélas je me suis très vite ennuyée et très vite lassée.

En même temps lorsque qu’apparaît sur la couverture : successeur de Stephen King, on s’attend à de l’angoisse puissance maximum, des frayeurs énormes et une ambiance plutôt étrange et là à part l’ambiance étrange, je reste sur ma faim jusqu’à la fin. Du coup je suis terriblement déçue.

L’histoire est pas mal, et c’est dommage mais pour moi elle manque de style dans l’écriture et doit monter crescendo côté frayeur, sinon l’auteur risque quelques déconvenues.

Je suis contrariée car j’étais vraiment impatiente de découvrir ce nouvel auteur qui rend d’ailleurs par ce livre hommage à un de ses amis, mais hélas la magie n’a pas été au rendez-vous.

Que ça ne vous décourage pas, certains lecteurs et lectrices ont apprécié.

Comme je dis souvent : « Je lis de tout, mais je n’aime que le meilleur » et là ce n’est pas au niveau de King, c’est peut-être vendeur, mais attention à la chute si le livre tombe des mains des lectrices exigeantes telle que moi.

Un récit sympa qui s’en sortirait mieux sans la comparaison au grand maître du thriller, d’où ma grande déception.

Pour info :

Né dans le Sud des États-Unis, Dathan Auerbach vit aujourd’hui en Floride. En 2011, il commence à poster des nouvelles sur un forum consacré à la littérature d’horreur.
Ces dernières rencontrent un succès tel, qu’il réussit à faire financer son projet de roman via une campagne de dons, sur Kickstarter.com.
Ainsi paraît Penpal aux États-Unis, un premier roman (pas encore publié en France) qui fait sensation auprès de la critique et le fait remarquer de l’éditeur Doubleday. Bad Man est son deuxième roman, le premier à paraître en France.


Je remercie les éditions Belfond pour cette étrange lecture.