“ Seuls les enfants savent aimer ”

Seuls les enfants savent aimer de Cali aux Éditions Cherche Midi

 » Tu est revenue. Pour partir à jamais.  »

Bruno a six ans, il vient de perdre sa maman. Commence alors un long chemin vers le deuil, un mot dont il ignore le sens tout comme décédée qu’il a entendu chez son oncle et sa tante. Bruno est un petit garçon perdu dans son chagrin.

“ Personne ne croise mon regard. Ils l’évitent, ce regard d’enfant triste. Un petit garçon de six ans abîmé. ”

Tout son univers bascule. Et désormais une grande tristesse l’accompagne. Il est trop petit pour cette immense peine.

“ Depuis ton départ, un voile noir a recouvert notre maison. Nous peignons tes silences sur les papiers chagrins des murs. ”

Même son père est malheureux, méconnaissable, perdu au milieu de ses enfants.

Un homme devenu une ombre. Une ombre au visage de fantôme. Une ombre en partance, frappée par la mort, frappée par la vie. Oh je le jure, je le crache maman, ce n’était pas lui. Depuis que tu es partie. ”

Seule l’amitié de son meilleur ami parviendra à le consoler un peu.

Seuls les enfants savent aimer…

“ Seuls les enfants meurent d’amour.

Seuls les enfants jouent leur cœur à chaque instant, à chaque souffle.

À chaque seconde le cœur d’un enfant explose.

Tu me manques à crever, maman.

Jusqu’à quand vas-tu mourir ? ”

À cœur ouvert, Cali se livre à travers ce récit tout en poésie.

Il couche sa douleur sur le papier, il dévoile ses blessures, son immense chagrin, son désarroi, sa colère.

Et dans cette tempête qui ravage sa vie, quelques arc-en ciel, les petits bonheurs de l’amitié, les bras réconfortants de la famille qui apaiseront un peu cette tornade de douleur.

Avec pudeur, sans pathos il déclare son amour à sa maman qui lui manquera pour toujours et à jamais.

Un récit touchant, une plume sensible d’un écorché vif, des mots justes, forts, pour dire  » Je t’aime, tu me manques tellement. ”

Un bel hommage d’un enfant devenu un homme pour celle qui restera toujours sa maman.

Cali est auteur-compositeur-interprète. Sa discographie compte à ce jour sept albums. Seuls les enfants savent aimer est son premier roman.

Je remercie Babelio et les Éditions Cherche Midi pour cette belle lecture émouvante.

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“ Confession ”

Confession de Richard Montanari aux Éditions Cherche Midi

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau

“ Il y avait dans les rues de Philadelphie quelqu’un qui était entré dans deux maisons, puis avait collé une arme sur la poitrine de quatre personnes et fait feu.

Sans scrupule. ”

Kevin Byrne est inspecteur aux homicides à Philadelphie. C’est un vieux de la vieille, plus rien ne le surprend, seulement quand tu es flic depuis longtemps dans la même ville, chaque rue te rappelle certains souvenirs que tu préfèrerais bien souvent oublier.

Chaque affaire te ramène à une autre de manière obsédante.

Il avait enquêté sur de nombreux meurtres en série, et il savait que s’il y avait souvent une signature, un prisme fêlé à travers lequel le tueur voyait le monde, un motif psychologique aussi distinct qu’une empreinte digitale, parfois il n’y en avait pas. Ou, plus précisément, il y avait une signature qui brillait par son absence. Une méthode qui était une absence de méthode, juste l’instinct. ”

Lorsqu’il était encore adolescent, il traînait dans le quartier de Devil’s Pocket avec ses trois meilleurs amis. Ils protégeaient une jeune fille, Catriona qui était harcelée par l’aîné d’une famille mafieuse, Desmond Farren. Catriona et Desmond perdirent la vie à quelques jours d’intervalle. Deux meurtres, jamais élucidés, et la fin de l’innocence pour ces adolescents.

Quarante ans plus tard, en 2016 :

“ (…) le passé et le présent entraient en collision tout autour de lui.”

Une affaire de meurtres en série conduit Byrne à nouveau à Devil’s Pocket, il replonge dans les souvenirs qu’il tentait en vain d’oublier. Il retrouve sur sa route, entre autre “ Un sombre fantôme de sa jeunesse. ” , Michael Farren alias Billy le Loup.

“ Qui es-tu ?

Je suis Billy le Loup.

Pourquoi Dieu a-t-il fait en sorte que tu ne voies pas le visage des gens ?

Afin que je puisse voir leur âme. ”

C’est peut-être l’occasion pour Byrne de connaître enfin la vérité, de mettre à jour certaines enquêtes, de classer enfin cette vieille affaire du passé qui s’incruste dans celle du présent même si le voile se lève sur certains secrets qu’il aurait mieux valu laisser enterrés.

 » Même au cœur de la ville, en pleine journée, la maison de la mort était silencieuse. ”

Dés le départ, ça frappe fort. On est toute de suite dans une ambiance plutôt mortelle. L’auteur ne ménage pas le lecteur et l’accroche direct.

Je retrouve avec un plaisir non dissimulé un auteur que je suis depuis 2006.

Avec un style fluide et en même temps addictif, on voyage entre le passé et le présent à travers ce roman policier qui tient toutes ses promesses. Qu’ils soient flic ou tueur, les personnages ne manquent pas de piquant et l’auteur sonde leurs âmes en profondeur. Pour le flic rien de nouveau, par contre, affubler un des tueurs d’une certaine pathologie donne du caractère à l’intrigue. De fil en aiguille, l’ histoire est on ne peut plus surprenante et passionnante.

Un récit parfaitement maîtrisé qui va ravir les fans de Montanari et devrait satisfaire tous les amoureux de bons polars.

Richard Montanari, un grand maître du roman policier.

Richard Montanari est né à Cleveland, en Ohio. Il vit à Philadelphie. Écrivain américain, auteur de nombreux romans policiers. Ses romans ont été publiés en plus de vingt-cinq langues.

Je remercie les Éditions Cherche Midi pour ce polar au suspense impeccable et les félicite pour cette nouvelle ligne absolument réussie.

Belle couv’, belle enquête, un retour qui mérite toute notre attention.

 » Maharajah « 

Maharajah de M.J. Carter aux Éditions ChercheMidi

Traduit de l’anglais par Karine Lalechère

 » La position d’officier dans l’armée de L’Honorable Compagnie était pourtant supposée offrir des compensations. Néanmoins, au bout de quelques mois, elles semblaient bien maigre en regard des désagréments : le climat abominable, la barbarie désinvolte de la population indigène et la froideur guindée de la société européenne. Calcutta était l’esclave des apparences, du statut social et de l’argent.  »

Calcutta, 1837, le pays est gouverné par la Compagnie britannique des Indes orientales. L’écrivain Xavier Mountstuart s’est volatilisé dans les profondeurs de la jungle.

L’armée de la compagnie envoie à sa recherche Jeremiah Blake, un agent spécial et William Avery un jeune officier,

Un périple débute à travers le pays des mille et une nuits, une aventure parfois périlleuse mais passionnante qui ne leur laissera aucun répit et leur réservera quelques surprises.

 » L’homme que vous cherchez. Le poète. Je dirais qu’il avait l’apparence de quelqu’un qui ne souhaitait pas qu’on le trouve. Je dirais qu’il était au- delà de tout espoir.  »

Premier conseil si vous êtes tenté à lire ce livre. Ne vous fiez pas à la quatrième de couverture, ce livre cache derrière sa magnifique couverture un roman d’aventure historique. Le terme Thriller s’est glissé malencontreusement dans la présentation et n’a absolument rien à y faire.

Moi qui ne me fit pas au résumé je n’ai point été déçu, j’ai apprécié ce duo atypique et j’ai partagé leurs mésaventures avec enthousiasme. Le voyage était surprenant même si parfois ça traînait un peu, en même temps à dos de chameau on ne peut guère passer la cinquième.

Maharajah nous offre un belle aventure en Inde en 1837, avec un réalisme étonnant. Un livre qui plaira à tous ceux qui ont une âme d’aventurier.

Un beau voyage initiatique, une lecture agréable sans être mémorable mais au dépaysement garanti.

M. J. Carter vit à Londres. Maharajah a été salué par la critique et sélectionné pour plusieurs prix littéraires. C’est son premier roman.

Je remercie les Éditions le Cherche Midi pour ce voyage mystérieux.

 » Le mystère Jérôme Bosch « 

Le mystère Jérôme Bosch de Peter Dempf aux éditions Le ChercheMidi

Traduit de l’allemand par Joël Falcoz.

 » Le vieux renard du Prado avait peut-être raison. Si ce qu’Antonio se révélait exact, ce serait un découverte scientifique sensationnelle : des symboles cachés sur l’une des peintures les plus marquantes de l’histoire de l’art. Et il aurait participé à cette trouvaille.  »

En 2013

Un homme malveillant a voulu détruire la beauté d’un tableau avec de l’acide. Est-ce un profanateur d’œuvres d’art ou un déséquilibré ? En attendant cet acte de vandalisme considéré comme un attentat révéla un message caché.

 » Trop de personnes s’intéressaient soudainement au Jardin des délices et à ses mystères.  »

Le terroriste n’est autre qu’un prêtre dominicain. Le religieux est convaincu que l’œuvre dissimule un dangereux secret susceptible de nuire à l’église.

Michael Keie, restaurateur de tableau se voit confier la remise en état du triptyque. Après avoir découvert les symboles cachés, il va tenter en compagnie d’Antonio de Nebrija de déchiffrer ces signes étranges.

Le prêtre profanateur va remonter en 1510 pour leur conter l’histoire du tableau.

 » De nouveau, sa voix rappelait celle d’un conteur, capable de captiver son auditoire et de l’entraîner dans les arcanes du passé.  »

Nous voilà transportés dans les Flandres en l’an Grâce 1511 à la rencontre de Jérôme Bosch le peintre du Jardin des délices.

 » (…) vous devez écrire le message sous forme d’image. C’est vous l’insignis pictor. C’est vous le génie de la peinture, pas moi.

– Pour y parvenir, il me faudrait être un démon, un ange ou un dieu. Je ne suis qu’un homme !

– Ne vous sous-estimez pas. Vous disposez d’une grande sensibilité et d’une créativité prodigieuse. (…) Personne avant vous n’a peint de la sorte ! C’est seulement ainsi qu’il peut contempler le monde comme s’il lisait un livre ouvert devant lui. Il est alors forcé de se comporter comme un lecteur attentif. Cette idée est née sous votre pinceau, maitre Bosch.  »

Un tableau qui prédit l’avènement d’une ère nouvelle dans laquelle les femmes joueront un rôle prépondérant. En ces temps immémoriaux c’étaient elles qui domineraient le monde, de quoi en affoler plus d’un.

«  Le triptyque à été conçu pour semer le doute dans l’esprit de celui qui Le contemple.  »

Un tableau qui dénonce le système patriarcal défendu depuis des siècles par l’église catholique.

 » Au nom de la foi, un fou condamnait sans aucun scrupule des innocents parce qu’ils pensaient autrement et pratiquaient d’autres rites que ceux imposés par l’Église catholique. Tous croyaient pourtant au même dieu, à la même rédemption, au même paradis.  »

Pas surprenant que tant de personnes de tout temps cherchent à détruire cette toile.

 » Quand vous aurez compris le tableau, vous aurez la réponse à votre question (…)  »

Tout comme j’admire ce tableau de Jérôme Bosch, j’admire le récit de Peter Dempf.

En voyageant entre Madrid et Bois-le-Duc dans les Flandres, j’ai découvert à travers deux enquêtes parallèles l’une dans le présent et l’autre dans le passé, l’histoire de ce tableau et j’ai tenté moi aussi de percer ses secrets.

Tout comme dans la toile, le soucis du détail est bien présent, la qualité de l’écriture est aussi soignée que les coups de pinceau du Maître d’œuvre.

Le roman devient un thriller captivant, d’où l’on ressort contemplatif face à ce suspense magistral.

Le mystère reste entier jusqu’au final, voire au-delà.

Le livre à lui tout seul, avec sa couverture qui laisse apparaître le tableau est un bijou.

Peter Dempf nous offre à travers son récit un voyage dans le temps à travers un jeu de piste extraordinaire .

Un Thriller érudit, passionnant qui en a déjà éblouit plus d’un.

À votre tour … faites- moi confiance.

Peter Dempf est né à Augsbourg, écrivain mais également professeur d’histoire et de littérature allemande. Il a publié depuis 1983 une quinzaine de romans, des recueils de poèmes et des nouvelles. Le Mystère Jérôme Bosch est son premier roman publié en France.

Je remercie Benoît et les Éditions Le Cherche Midi pour ce suspens artistique.

 » Sous ses yeux « 

Sous ses yeux de Ross Armstrong aux Éditions le Cherche Midi

Traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau

« À mes yeux. Toutes ces personnes derrière les vitres de l’immeuble qui fait face à l’endroit où je me trouve en ce moment. Pour une séance photo. Comme elles jouent bien leur rôle. Comme elles sont Belles. On dirait presque qu’elles savent.  »

Lilly Gullick garde toujours à portée de main sa paire de jumelles. Elle est passionnée d’ornithologie, mais là ce n’est pas les oiseaux qu’elle observe, mais ses voisins, et en particulier ceux de la vieille résidence qui est presque totalement vide. Le quartier se renouvelle et ce vestige détonne dans le paysage.

 » Le progrès nous a tous enfermé chez nous. Nous sommes un monde d’introvertis. Des étrangers qui cohabitent réunis au hasard par le destin. Chacun avec ses mobiles, chacun avec ses mystères, chacun suspect.  »

Après avoir fait connaissance avec une personne de cet immeuble, celle-ci est retrouvée morte dans des conditions étranges. Lily décide alors de mener sa propre enquête. Elle se prend au jeu mais cela tourne vite à l’obsession, et va la mener vers la folie.

 » Je ne savais pas quoi faire alors, j’ai agi de la sorte. »

Quand j’ai commencé ce Thriller psychologique, j’étais loin de me douter qu’il allait à ce point me torturer. Au bout de quelques pages l’ennui s’est installé, du coup ma lecture s’est ralentie et mon intérêt pour cette histoire s’est enfui.

L’écriture déstructurée ne m’a pas conquise, et ce compte à rebours m’a un peu perdu en route.

J’avais l’impression de participer au voyeurisme de cette femme très perturbée et à l’espionnage de la vie privée de ces gens.

Je sais qu’il plaira aux amateurs de thriller psychologique et ça confirme une fois de plus que ce genre de lecture n’est pas faite pour moi.

Très difficile comme exercice quand on n’a pas accroché ni avec l’histoire, ni avec le style de l’auteur.

Libre maintenant à chacun de vous de le découvrir ou pas…

Ross Armstrong est acteur et écrivain. Il vit à Londres. Il a étudié la littérature anglaise à l’ Université de Warwick et le théatre à la Royal Academy of Dramatic.

Sous ses yeux ( The Watcher, 2016 ) est son premier roman.

Je remercie les Éditions Le Cherche Midi pour cette lecture déroutante.

Confidentiel défense 

Confidentiel défense de Matthew Quirk aux Éditions Le Cherche Midi 



«  Si vous voulez réaliser le casse du siècle, oubliez les banques. Allez directement à la source même de l’argent, la banque des banques, la Réserve fédérale. » 


La Réserve fédérale New-York


Mike est sur le point de se marier. Son futur beau-père est loin de s’en réjouir. Même si Mike a changé son costume d’escroc contre celui d’avocat, le brillant et richissime homme d’affaire ne lui souhaite pas la bienvenue. 

 » Si on rame assez fort et assez longtemps, on peut finir par s’acheter les oripeaux permettant de passer pour quelqu’un de bien, on peut même s’acheter les manières. » 

Voulant se réconcilier avec son frère Jack, il va se retrouver piéger par une organisation qui souhaite ses services pour mettre la main sur la « directive  »  qui permettra de dévaliser la Réserve fédérale, un des endroits le mieux gardé des Etats-Unis. 

 » Il fallait que je trouve un moyen de m’en sortir. Je ne me faisais guère d’illusion sur ce qui m’arriverait s’il apprenait que je tentais de le doubler. Mais peut-être y avait- il un moyen de m’approcher au plus près du feu sans me brûler. Peut-être pouvais-je m’en sortir sans y laisser de plumes. » 


La Réserve fédérale by nigth


L’horloge tourne et sa vie et celle de ses proches sont en danger. Ils doit impérativement réussir à satisfaire les commanditaires pour les sauver. Mais rien ne sera fait pour lui faciliter la tâche. Au cœur même du complot, ça sent les traitres à plein nez. 

 » Qu’est-ce qui vous fait bander à ce point là dans le fait de vous en prendre  à moi ? De foutre ma Vie en l’air ?

– Aucune idée très cher. Peut-être que vous avez sérieusement emmerder quelqu’un qu’il aurait mieux valu éviter. »

Il vont finir par avoir sa peau, à moins d’être plus malin et de réussir  ce coup de maître. Une chose est certaine :  » Ne jamais miser sur le jeu d’un autre. »  alors que la partie commence et que le meilleur gagne. 

Le but du jeu : piquer du fric 

Les règles : être malin pour ne pas se faire prendre 

Les risques : perdre sa liberté, au pire sa vie. 

On y gagne quoi ?  Le plaisir de réussir l’impossible et de garder sa dame de cœur.

Matthew Quirk  avec un talent hors du commun a réussi à me kidnapper quelques heures de mon temps libre  pour dévorer son dernier thriller. 

En même temps, piquer du fric à la réserve de New-York, ça m’intéresse. Je serais pas contre, histoire de renflouer mon compte, mais hélas c’était pas pour moi . En attendant j’adore l’idée, mais faut vraiment que je trouve l’escroc capable de m’aider. Comme l’on fait ces commanditaires mystérieux. Ils ne se sont pas adressés à un branque. Du coup ça fonctionne, on se prend au jeu et on espère que ça va le faire. Pas de temps mort, juste quelques balles à éviter au passage, et une tension permanente qui te fait oublier le temps qui passe. Je verrais bien Matthew McConaughey pour l’adaptation au cinéma en cas où un scénariste se pencherait dessus. Ça pourrait faire un super film, l’action ne manque pas et l’idée est bonne même si c’est un peu gros parfois, c’est américain donc logique. 

Je ne peux  que vous conseiller de vous plonger dans ce Thriller où comme moi vous aurez un coup de foudre pour Mike, le gentleman cambrioleur. 

Encore un auteur qui a volé mon cœur.

Matthew Quirk est journaliste spécialisé en criminologie.Il a étudié l’histoire et la littérature à Harvard.

Matthew Quirk
Après avoir obtenu ses diplômes, il a travaillé pendant cinq ans comme reporter spécialisé dans les affaires criminelles et le grand banditisme pour le journal The Atlantic. 
Il vit aujourd’hui à Washington. 


Les 500 est son premier roman, les droits cinématographiques ont été achetés par la 20th Century Fox. 

Je remercie Catherine et les Éditions Le Cherche Midi pour cet hold-up renversant. 

 » La femme secrète « 

La femme secrète d’ Anna Ekberg aux Éditions Le Cherche Midi

 » Le silence est total dans le commissariat. Chacun dresse l’oreille. Quelque part, le téléphone sonne, mais personne ne décroche, personne ne voudrait rater ce moment. C’est ici et maintenant que l’histoire s’écrit. Les gens reparleront de cet événement pendant des années. Ce soir quand les agents de police regagneront leur foyer, ils s’assiéront à la table du dîner et rapporteront les événements de la journée à leur petite famille. Les enfants écouteront, muets, les yeux écarquillés, l’histoire de la chute de la puissante famille Söderberg…

– Je suis coupable… je l’ai tué… « 


Le ton est donné, mais avant de connaître le secret de la famille Söderberg, nous allons faire la connaissance de Louise Andersen restauratrice sur une petite île de Bornholm, au Danemark, et de Johachim un écrivain avec qui elle partage sa vie. Ils vivent une belle histoire d’amour en parfaite harmonie jusqu’au jour où un homme débarque et remet tout en question.

 » Rien n’est vraiment comme on l’imagine, la vérité est tout autre, il ne faut pas croire ce que les gens racontent, Il ne faut jamais faire confiance au narrateur.  » 

Louise n’est apparement pas la femme qu’elle-même croyait être. En même temps ses souvenirs ont disparu, quelques années se sont enfuies de sa mémoire, mais le nouveau costume qu’on tente de lui faire porter ne lui sied pas du tout.


 » C’est tellement étrange…Les souvenirs qu’elle a, il ne faut pas qu’elle en parle. Quant à ceux qu’elle n’a pas, ils en parlent à longueur de temps. « 

De son coté, Johachim s’interroge, il est prêt à tout pour découvrir la vérité.

« Non… En vérité, il n’en sait rien. Il sait juste qu’il faut mettre un point final à tout cela. Il est écrivain, et les histoires il les mène jusqu’au dénouement. Il veut mettre un terme à sa douleur.  » 

Ne dit-on pas que  » Toute fortune est bâtie sur un crime. » , alors que cache la fortune de cette famille. Que cache cette amnésie? Johachim va-t’il le découvrir? Qui se cache derrière « La femme secrète » ? Leur amour va-t’il survivre ? Ou cette histoire aussi folle soit-elle servira juste à étayer son prochain roman ?

Page après page, de multiples rebondissements créent une intrigue magistrale. Le suspens est grandiose, la tension intense et d’un réalisme surprenant.

« Un puzzle fabriqué par un fou. »

Que ce soit Louise ou Helene, l’auteur nous offre un magnifique portrait de femme à la dérive en quête de vérité. Une femme courageuse, prête à tout pour se souvenir et mettre à jour les secrets qu’elle découvre, si longtemps cachés.

Un premier roman qui tient toutes ses promesses, que ce soit pour tout le suspens dont Il  regorge à tomber, le rythme de rebondissements incessants, les personnages attachants, une histoire incroyable, captivante jusqu’au final. Un roman absolument génial, une construction du récit envoûtante, un style brillant, qui pourrait très bien être inspiré d’une histoire vraie tellement le récit est crédible.

 


Je ne vous en dirai pas plus, j’espère sincèrement que vous lui accorderez toute l’attention qu’il mérite. Une lecture addictive que vous ne pourrez pas quitter avant la fameuse derniére page. Comme moi vous serez comblés par ce nouveau talent et espérerez le retrouver très vite.

La femme secrète à s’offrir pour les prochaines vacances, un livre à la hauteur de toutes les espérances, un moment de lecture absolument génial.

Belle couv’, titre attirant, et au final : épatant. Ce livre a tout pour plaire.

Anna Ekberg, elle aussi  » Une femme secrète », la preuve ci-dessous :
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir à mon tour qu » Anna Ekberg est le pseudonyme sous lequel écrivent Anders Rønnow Klarlund et Jacob Weinreich. Ils ont à eux deux créé un thriller d’amour unique et fantastique. Un livre qui mélange admirablement les émotions brutes dans un suspens psychologique. Une nouvelle combinaison détonnante.

Anders Rønnow est né en 1971 à Copenhague au Danemark. Il a précédemment travaillé comme cinéaste et scénariste. En 2009 il fait ses débuts de romancier.

Jacob Weinreich est né en 1972 à Hasle au Danemark. Il vit à Copenhague, avec sa femme et ses trois enfants. Il a écrit plus de 25 livres pour enfants et adolescents , des scénarios de films, des drames pour la radio des podcasts et des romans.
Ils ont déjà écrit ensemble sous le pseudonyme A.J.Kasinski, « Le dernier homme bon » et « Le sommeil et la mort » tous deux aus Éditions Lattès, également disponible en format poche.

Je remercie Catherine et les Editions Le Cherche Midi pour cette lecture fantastique.
 

 

 » Une mère « 

Une mère d‘Alejandro Palomas aux Éditions Le Cherche Midi 


 » Tout dans notre vie a un sens; toutes les fins sont aussi des commencements. Mais sur le moment nous ne le savons pas.  »   Mitch Albom

 

À Barcelone, un 31 décembre, on s’apprête à fêter la Saint-Sylvestre. Chez Amélia, la table est dressée, elle attend en compagnie de son fils Fernando leurs invités : la famille. Ses deux filles,  Sylvia et Emma ; Olga la compagne d’Emma et l’oncle Eduardo. Cette année tous seront présents, même les absents ont leur place autour de cette table, un couvert de plus pour ne pas oublier…



 » Un jour de novembre étrangement doux, quelque-chose s’est produit et ensuite il n’y a plus eu de retour en arrière possible: un petit boulon de l’échafaudage qui nous maintenait au-dessus du réel s’est dévissé, est tombé dans le vide et a dévalé la rue. Nous l’avons entendu rouler sur le bitume sans y attacher d’importance. C’était une erreur. »

Est-ce l’alcool qui délient les langues ce soir ou un besoin de se libérer d’une certaine culpabilité qui pèse parfois un peu trop ?



 » Nous avons cru à ce qu’on croit parce que quelqu’un dans un coin de notre histoire, nous dessine des cartes au trésor avec de fausses pistes. Puis, quand ces cartes nous mènent au coffre promis, les verrous sautent et c’est la surprise. Au fil du temps, on apprend que les cartes sont celles de celui qui les dessine et non de celui qui part à la chasse, et que la vie sourit davantage à celui qui dessine le mieux qu’à celui qui met le plus d’ardeur à sa quête. 

Alejandro Palomas nous offre à travers ce magnifique premier roman le portrait d’une famille espagnol hors norme. À travers cette histoire gigogne, mélangeant les époques on fait connaissance avec chacun des personnages présents ou pas à cette soirée. Un récit à tiroir chargé de souvenirs et de regrets aussi. La vie de chacun s’entrecroise de manière assez rocambolesque. L’histoire passionne et fascine, on s’attache à tous les membres de cette famille. On rit et pourtant parfois c’est dramatique.

« Il faut dire que ça fait  partie des choses qu’on fait plutôt bien dans la famille: rire de la situation quand les tonalités dramatiques frisent la catastrophe et que l’abîme du danger nous appelle, de tout l’attrait de sa noirceur. »

Une écriture maitrisée, une ambiance digne des films de Pedro Almodóvar, ce livre se déguste, se savoure. Un sens de la dérision, une prose truculente font de ce livre une divine comédie espagnol absolument fabuleuse, touchante, et pleine d’humanité. Il ne manque ni d’amour ni d’humour, et ce romantisme échevelé m’a conquise. Un superbe moment de lecture que je vous recommande quand la morosité s’installe. Une lecture aussi belle que divertissante qui ne se refuse pas.
À découvrir absolument.


 » – Pew, raconte-moi une histoire

– Quel genre d’histoire, petite ? 

– Une histoire qui finit bien

– Cela n’existe pas. 

– Quoi, les fins heureuses? 

— Les fins.  »  extrait de garder la flamme de Jeanette Winterson 

J’espère retrouver prochainement la plume d’Alejandro Palomas. Que ce premier roman n’est que le début de son parcours d’écrivain.

Alejandro Palomas

D’abord traducteur des ouvrages de Gertrude Stein, Katherine Mansfield, Willa Cather ou encore Jack London, Alejandro Palomas devient ensuite journaliste et scénariste ‒ il a été finaliste de nombreux prix littéraires en Espagne. Énorme succès dans ce pays, traduit dans une dizaine de langues, Une mère est son premier roman publié en France.


Je remercie Catherine et les Éditions Cherche Midi pour cette divine lecture aussi déjantée qu’émouvante . 

 

 

« La vengeance des mères « 

La Vengeance des mères de Jim Fergus aux Éditions Cherche Midi

« C’est la musique d’un monde sauvage, le portrait de ses paysages, avec ses plaines ondoyantes, ses torrents impétueux, le murmure de ses sources, le vent qui soupire dans les herbes et crie dans la prairie enneigée. On y entend le hurlement des loups, les troupeaux de bisons qui martèlent le sol. On y reconnait les saisons qui passent d’une génération à l’autre, se fondent dans l’histoire sans âge de ce pays et de son peuple. »



Seize ans après ‘Mille femmes blanches‘ le tout premier roman de Jim Fergus, je me replonge avec bonheur dans la suite de cette terrible histoire divinement contée. Cette suite n’était pas du tout prévue au départ, mais c’était sans compter sur la passion de Jim. De retour dans l’ouest, il reprit ses recherches et décida de continuer ce premier roman, l’histoire se poursuit et sera même suivie par un troisième récit, très prochainement j’espère.

Pour écrire ‘Mille femmes blanches’ ce premier roman vivifiant et retrouver la piste des Cheyennes, Jim Fergus a sillonné seul avec ses chiens le Middle West.


Une trilogie au final qui sera digne des plus beaux hommages que l’on peut rendre à ce peuple indien.
« Maudit soit l’état américain! Maudite soit son armée! Cette humanité de sauvages, les blancs comme les indiens! Et le bon Dieu dans les cieux. Faut pas prendre ça à la légère la vengeance d’une mère, vous allez voir ce que vous allez voir… » (extrait des journaux intimes de Margaret Kelly)




À travers les journaux intimes de quelques femmes blanches, ces fameuses femmes américaines échangées contre des chevaux un an auparavant qui ont survécu au massacre, et de nouvelles fraichement arrivées, ce récit choral se révèle, souvenirs après souvenirs. Auprès de ces femmes courageuses, nous allons vivre une aventure extraordinaire dans les plaines sauvages, et nous les accompagnerons dans cette lutte pour leur survie et la survie du peuple indien qu’elles ne souhaitent plus quitter.Et l’on s’aperçoit que les sauvages ne sont pas ceux que l’on croyait.

« Je me rends compte qu’ils passent une grande partie de leurs temps à courir et à fuir, dans le but somme toute modeste de rester libres. « 

Jim Fergus nous offre une histoire époustouflante, un magnifique hymne à la liberté, une ode à la nature, un véritable hommage au peuple indien et au sang-mêlés. L’histoire d’une lutte acharnée de ces hommes et de ces femmes privés de leur terre et de leur liberté. Sous sa plume d’un grand conteur apparaissent de magnifiques portraits de femmes blanches et indiennes, tous terriblement attachants à qui on n’a pas laissé le choix.
« S’adapter ou périr », telle sera leur devise…
« Il ne nous reste plus de larmes aujourd’hui à verser… Mais peut-être que ce n’est que partie remise. »
Un véritable chef-d’œuvre que Jim Harrison a qualifié de « Splendide », dignement salué par la critique et par moi-même. Passionnée comme je le suis, par ce peuple, par leur histoire, je ne peux que vous inciter à découvrir ces deux sublimes romans et de patienter pour le final en découvrant ses autres romans tout aussi magnifiques et de lire également la plume de son grand ami Jim Harrison disparu en mars 2016.


Jim Fergus, né de mère française et de père américain. Suite à un voyage avec son père pendant son enfance dans l’ouest américain, il se passionnera pour la culture Cheyenne. Il perds ses parents à l’âge de 16 ans et part vivre dans le Colorado où il poursuivra ses études. Avant de se consacrer entièrement à l’écriture, il fut professeur de Tennis .Le hasard fit bien les choses, un jour, quelqu’un emménage prés de chez lui. Ce nouveau voisin n’est autre que Jim Harrison qui deviendra un véritable ami et lui donnera de précieux conseils pour sa carrière d’écrivain. Une amitié qui s’est peu à peu enracinée au fil du temps sur cette terre qu’ils aimaient tant. Jim Harrison l’a d’ailleurs accompagné à Paris pour le lancement de Mille femmes blanches en 1990.
Jim Fergus est également l’auteur de « La fille sauvage » (2004)  » Marie Blanche « (2011) « Espaces sauvages « (2011) « Chrysis« (2013) Mon Amérique (2013) tous publiés au Cherche Midi. À découvrir absolument.


Je remercie Jim Fergus et les éditions Le Cherche Midi pour ce fabuleux voyage en terre Indienne