» Afin que rien ne change  » 

Afin que rien ne change de Renaud Cerqueux aux Éditions Le Dilettante 


 » J’estimais les dimensions de ma prison à sept mètres de large sur un peu plus de long et trois mètres sous plafond. Environ cent quarante-sept mètres cubes. Cinquante mètres carrés. Une cave ou un bunker enfoui sous le terrain d’un cinglé se préparant à l’apocalypse. De quoi aménager un souple de rêve pour une petite famille parisienne. ( …) 

Je pouvais être n’importe où sur terre.  » 




Emmanuel Wynne, la quatrième fortune de France a été enlevé par un mec déguisé en Roswell. Il se retrouve nu et enchaîné dans une pièce sombre, froide et insalubre. Privé de sa liberté et de sa dignité, son calvaire commence 

«  Son intention était claire. Il voulait me briser. Exploiter le froid, la fatigue, la faim, pour faire de moi son chien.  » 

Cet enlèvement est on ne peut plus étrange, pas de demande de rançon malgré la fortune du kidnappé. Le ravisseur évoque « une expérience ». Une petite plongée bien loin des paradis fiscaux mais proche de l’enfer, juste une année …

 » À chaque nouvelle conjecture, je sombrais un peu plus dans la folie. » 


 » Une expérience  » que je vous invite à découvrir car je suis sûre que vous en rêvez tous. Pas d’être enfermé et privé vous aussi de votre liberté et de votre confort, mais de laisser votre place aux grosses fortunes pour qu’elles comprennent enfin comme c’est indécent de nous balancer à la face leurs salaires monstrueux. Comment c’est de bosser 10 h par jour pour un salaire de misère, leur faire connaître le dur labeur des salariés exploités et malmenés. Les priver de leur confort et tous leurs avantages ne serait-ce qu’une semaine. Oui, mettre en marche la révolte de la classe moyenne. 

À travers ce roman noir cynique, on découvre une véritable satyre sociale, une vision absurde et caustique de l’entreprise. Une plume féroce, admirable, réaliste, sans concession. Une fable moderne du monde actuel, qui fera grincer les dents longues et fantasmer les petites gens. Si seulement cela était possible de réveiller les consciences afin que justement tout change. 



Afin que rien ne change, une plume grinçante, un scénario inventif, un récit qui sonne vrai et m’a captivé jusqu’au final. 

Une très belle découverte de la rentrée littéraire. 


Romain Cerqueux est né en 1977 et vit à Brest. Touche-à-tout, talentueux et curieux, Il est scénariste de BD ( Dérapages, Le Syndrome de Warhol) et joue aussi dans un groupe de pop rock brestois, Stockolm. 



Il publie en 2016 aux Éditions Le Dilletante Un peu plus bas vers la terre, un recueil de nouvelles percutant où l’auteur nous promène dans un monde absurde et halluciné, univers que l’on retrouve dans Afin que rien ne change, son premier roman. 

Je remercie les Éditions Le Dilettante pour cette lecture démoniaque. 


Publicités