“ Trois fois la fin du monde ”

Trois fois la fin du monde de Sophie Divry aux Éditions Notabilia

” J’étais sûr que ce braquage était une mauvaise idée, qu’il allait à sa perte. Mais comment est-il fait celui qui laisserait perdre son frère sans prendre le risque de se perdre avec lui ? En ces temps-là, il y avait des frères, on se rendait des services et il y avait des hommes pour vous punir. Voilà pourquoi je me retrouve un soir devant la porte de la prison de F. “

Après un braquage qui tourne à la catastrophe, Joseph Kamal se retrouve derrière les barreaux. L’apprenti braqueur va devoir faire face à la brutalité des gardes et des détenus. Il va devoir s’adapter et surtout courber l’échine.

” Déjà la laideur du béton me fatigue, déjà l’horizon me manque. Les couloirs se succèdent, gris sale, éclairés au néon, sans autres ornements que des tuyauteries et des fils électriques suspendus comme un long remords au-dessus de ma tête. “

Joseph vit chaque jour un véritable cauchemar et donnerait n’importe quoi pour quitter cet endroit. Il était quand même loin d’imaginer, que ce serait une explosion nucléaire, qui lui permettrait de quitter cet enfer.

” Il n’y aura plus jamais de phares, plus jamais de cris, de moteurs s’opposant à la nuit. Le noir s’étale. “

Joseph se cache dans la zone interdite. Poussée par un besoin de solitude, il s’installe dans une ferme isolée, avec pour seule compagnie un mouton et un chat, entouré d’une nature qui le fascine chaque jour un peu plus.

” Il a été patient dans les pires choses, il pourra l’être dans les douces. “

Ce que j’en dis :

Je me réjouis toujours de découvrir un nouveau roman post-apocalyptique, peut-être une façon pour moi d’apprivoiser ma plus grosse peur : survivre à une catastrophe planétaire.

L’auteure commence d’une manière tout à fait surprenante en nous embarquant au départ en milieu carcéral, suivre un homme qui vient de s’y faire enfermer suite à un mauvais choix. C’est pendant son emprisonnement qu’une catastrophe va survenir et qu’il va retrouver une liberté qui sera hélas une liberté relative qui le condamnera à une survie laborieuse, quasiment seul au monde. Le roman bascule vers une ode à la nature qui jour après jour reprend ses droits.

Un récit étrange où virevolte une certaine poésie qui nous émerveille et nous glace face à cette solitude en pleine nature.

Même si je ne rejoins pas entièrement l’engouement général ce roman est une belle découverte. Une histoire qui m’a touché mais sans totalement me transporter.

Sophie Divry est née à Montpellier et vit actuellement à Lyon. Elle a signé chez Notabilia quatre ouvrages, dont deux romans très remarqués, La condition pavillonnaire (2014) et Quand le diable sortit de la salle de bain (2015), ainsi qu’un essai, Rouvrir le roman (2017). Trois fois la fin du monde est son cinquième roman. Sophie Divry est également chroniqueuse dans l’émission « Des papous dans la tête » sur France Culture.

Je remercie les matchs de la rentrée littéraire 2018 pour cette lecture étonnante.

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