» Le dernier baiser « 

Le dernier baiser de James Crumley aux Éditions Gallmeister 



 » (…) détective de luxe, frétillant sur la piste d’un chien de bar alcoolique, bouffon au service de Madame. « 


Sughrue, détective privé dans le Montana est chargé par Madame de retrouver Monsieur l’écrivain avec un budget illimité. Une fois de plus Monsieur s’est fait la malle avec son cleb’s, donc pour retrouver le maître suivre la piste du chien Fireball. 

 » – Vous croyez qu’il fuyait quoi, le vieux ?

   – Il avait peut-être juste besoin d’un shoot de solitude dis-je, ou Bien une orgie de cavale. Je ne sais pas. « 


En attendant faut les retrouver sans trop picoler sur la route. Bar après bar ça va pas être simple. 


 » Il sirotait des bières en les faisant durer, espérant rincer le goût de la mort qu’il avait dans la bouche.  » 



Sa rencontre avec Fireball reste un moment absolument inoubliable autant pour Sughrue que pour moi même. Rencontrer un tel spécimen laisse des traces. 



« Fireball sortit de derrière le bar en trottinant, les bajoues flasques ourlées de sang. Il se hissa sur le repose-pieds, puis sur un tabouret, puis sur le comptoir, où Il traça lentement son chemin en renversant des bouteilles pour les prendre par le goulot dans sa gueule et les vider. Puis Il lapa tout le contenu de son cendrier, rota et redescendit à terre comme il était monté… »

Avouez que ça donne envie de continuer la lecture, et ne vous inquiétez pas, le meilleur reste à venir. 
L’aventure ne s’arrête pas là, même s’il a retrouvé Monsieur, lui aussi a peut-être bien du taf à lui proposer et sa compagnie n’est pas des plus déplaisante. On picole bien et on deconne aussi pas mal . Alors en avant pour la balade au quatre coins de l’Ouest américain sur la piste d’une nana disparue il y a 10 ans. 



« Maintenant j’essaie de garder deux verres d’avance sur le réel et trois de retard sur les ivrognes. » 



 Bienvenue dans ce roman emblématique divinement illustré par Thierry Murat. James Crumley nous présente pour la première fois un détective de haut vol, inimitable et rarement sobre. 

Aussi délicieux qu’une bière bien fraîche sauf que là tu peux en abuser sans modération, pas de gueule de bois au réveil. Le plaisir du lecteur est immense autant pour la qualité de la plume que pour l’histoire. Un bon polar, bien noir, poisseux, et un duo qui ne manque pas de sel accompagné d’un cabot très attachant. Ici il n’y a que l’humour qui est mordant, le reste corrosif, caustique et absolument bien dosé. 

C’est tellement bon qu’on en redemande. Alors n’hésitez pas, foncez. 

 Dernier Baiser savouré mais pas le dernier Crumley. Un autre m’attend et je m’en réjouis. 

James Crumley
James Crumley est né au Texas en 1939. Il sert deux ans dans l’armée, aux Philippines, puis continue ses études et sort diplômé de l’Université de l’Iowa. Au milieu des années 1960, il part vivre et enseigner dans le Montana, un État qu’il ne quittera plus. Il y côtoiera notamment Richard Hugo et James Lee Burke. Il décède en septembre 2008, à Missoula. 

Quelques mots sur la Maison d’Édition Gallmeister :

Gallmeister, ce sont 170 romans publiés, dont un traduit de l’anglais d’Angleterre, deux de l’anglais du Canada et zéro de tout autre idiome. Car le royaume de prédilection de la maison, c’est la terre d’Amérique. Celle des grandes plaines battues par le vent des Appalaches, des motels de l’Arkansas, des tripots du Dakota exhalant la Budweiser, de la Bible Belt peuplée de prédicateurs armés et d’idolâtres obèses. Celle de Steinbeck, de Fitzgerald, d’Hemingway, dont Olivier Gallmeister est un inconditionnel. 

Ce «maître de chant» (traduction de Gallmeister) a un sacré pif pour dénicher les excellents auteurs étrangers. Ceux qui marquent, ceux qui marchent. 

10 ans déjà pour mon plus grand plaisir. 

Le prochain…

Confidentiel défense 

Confidentiel défense de Matthew Quirk aux Éditions Le Cherche Midi 



«  Si vous voulez réaliser le casse du siècle, oubliez les banques. Allez directement à la source même de l’argent, la banque des banques, la Réserve fédérale. » 


La Réserve fédérale New-York


Mike est sur le point de se marier. Son futur beau-père est loin de s’en réjouir. Même si Mike a changé son costume d’escroc contre celui d’avocat, le brillant et richissime homme d’affaire ne lui souhaite pas la bienvenue. 

 » Si on rame assez fort et assez longtemps, on peut finir par s’acheter les oripeaux permettant de passer pour quelqu’un de bien, on peut même s’acheter les manières. » 

Voulant se réconcilier avec son frère Jack, il va se retrouver piéger par une organisation qui souhaite ses services pour mettre la main sur la « directive  »  qui permettra de dévaliser la Réserve fédérale, un des endroits le mieux gardé des Etats-Unis. 

 » Il fallait que je trouve un moyen de m’en sortir. Je ne me faisais guère d’illusion sur ce qui m’arriverait s’il apprenait que je tentais de le doubler. Mais peut-être y avait- il un moyen de m’approcher au plus près du feu sans me brûler. Peut-être pouvais-je m’en sortir sans y laisser de plumes. » 


La Réserve fédérale by nigth


L’horloge tourne et sa vie et celle de ses proches sont en danger. Ils doit impérativement réussir à satisfaire les commanditaires pour les sauver. Mais rien ne sera fait pour lui faciliter la tâche. Au cœur même du complot, ça sent les traitres à plein nez. 

 » Qu’est-ce qui vous fait bander à ce point là dans le fait de vous en prendre  à moi ? De foutre ma Vie en l’air ?

– Aucune idée très cher. Peut-être que vous avez sérieusement emmerder quelqu’un qu’il aurait mieux valu éviter. »

Il vont finir par avoir sa peau, à moins d’être plus malin et de réussir  ce coup de maître. Une chose est certaine :  » Ne jamais miser sur le jeu d’un autre. »  alors que la partie commence et que le meilleur gagne. 

Le but du jeu : piquer du fric 

Les règles : être malin pour ne pas se faire prendre 

Les risques : perdre sa liberté, au pire sa vie. 

On y gagne quoi ?  Le plaisir de réussir l’impossible et de garder sa dame de cœur.

Matthew Quirk  avec un talent hors du commun a réussi à me kidnapper quelques heures de mon temps libre  pour dévorer son dernier thriller. 

En même temps, piquer du fric à la réserve de New-York, ça m’intéresse. Je serais pas contre, histoire de renflouer mon compte, mais hélas c’était pas pour moi . En attendant j’adore l’idée, mais faut vraiment que je trouve l’escroc capable de m’aider. Comme l’on fait ces commanditaires mystérieux. Ils ne se sont pas adressés à un branque. Du coup ça fonctionne, on se prend au jeu et on espère que ça va le faire. Pas de temps mort, juste quelques balles à éviter au passage, et une tension permanente qui te fait oublier le temps qui passe. Je verrais bien Matthew McConaughey pour l’adaptation au cinéma en cas où un scénariste se pencherait dessus. Ça pourrait faire un super film, l’action ne manque pas et l’idée est bonne même si c’est un peu gros parfois, c’est américain donc logique. 

Je ne peux  que vous conseiller de vous plonger dans ce Thriller où comme moi vous aurez un coup de foudre pour Mike, le gentleman cambrioleur. 

Encore un auteur qui a volé mon cœur.

Matthew Quirk est journaliste spécialisé en criminologie.Il a étudié l’histoire et la littérature à Harvard.

Matthew Quirk
Après avoir obtenu ses diplômes, il a travaillé pendant cinq ans comme reporter spécialisé dans les affaires criminelles et le grand banditisme pour le journal The Atlantic. 
Il vit aujourd’hui à Washington. 


Les 500 est son premier roman, les droits cinématographiques ont été achetés par la 20th Century Fox. 

Je remercie Catherine et les Éditions Le Cherche Midi pour cet hold-up renversant. 

La pension de la via Saffi 

La pension de la via Saffi de Valerio Varesi aux Éditions Agullo


« …aujourd’hui, son métier le ramenait sur un lieu de sa jeunesse. Il savait qu’il ne fallait jamais revenir là où l’on avait été heureux. »


À quelques jours de Noël, le commissaire Soneri se retrouve sur l’enquête du meurtre de Ghitta Tagliavini qui a été assassiné dans son appartement situé dans la pension via Saffi. Elle en était la propriétaire. Soneri connaît cet endroit pour l’avoir fréquenté dans sa jeunesse, c’est là qu’il avait rencontré sa femme Ada qui a depuis tragiquement disparue. Les souvenirs refont surface et le perturbent quelque peu. 



« Pour Soneri, il ne s’agissait pas d’une affaire comme les autres, ce n’était pas seulement une enquête sur la mort de Ghitta. Plus il s’y enfonçait, plus il se rendait compte qu’il s’agissait, en définitive, d’une enquête sur lui-même. Et tout ce qui en ressortait jour après jour n’avait rien d’agréable. « 


La ville de Parme sous son épais brouillard n’a pas encore révélé tous ses secrets à Soneri, un commissaire solitaire, épicurien qui n’hésitera pas à mettre les pieds dans le plat, sans se soucier d’éclabousser les hauts dignitaires. 

«  L’expérience lui avait appris qu’il y a toujours quelque- chose de pourri qui émerge quand on gratte sous la surface. »
Pour mener à bien son enquête, il devra affronter ses souvenirs et lever le voile sur une bien étrange photographie qui va lui révéler des vérités sur la vie et la mort d’Ada. 

« Mais la nostalgie ne sert qu’à sublimer la peur que nous fait le temps qui passe. »


C’est avec un plaisir non dissimulé que je me suis plongée dans cette nouvelle enquête italienne auprès de Soneri. J’ai retrouvé l’atmosphère particulière de Parme que j’avais découverte dans le premier polar de Valerio Varesi  » le Fleuve des brumes«  ( ma chronique ICI ).

Une plume poétique reconnaissable et vraiment appréciable. Une excellente intrigue et un personnage plus profond. Une douce complicité s’installe entre le lecteur et Soneri. Ses souvenirs mis à jour nous rapprochent davantage jusqu’à le rendre touchant. 

Un auteur qui confirme son talent de part sa plume lyrique tout en finesse et la maîtrise de ses enquêtes  à travers un détective vraiment attachant et exceptionnel. 

Pour tous les amoureux des grands polars, à suivre absolument. 

J’ai hâte de retrouver Soneri, Parme et la divine écriture de Varesi pour une nouvelle enquête. 

Valerio Varesi

Valerio Varesi est née à Turin de parents parmesans. Diplômé en philosophie de l’université de Bologne, Il est aujourd’hui journaliste et auteur de onze romans récurrent, dont le Fleuve des brumes, nominé au prestigieux Gold Dagger Award en Angleterre et au Prix Stregga en Italie. 



Je remercie Sébastien des Éditions Agullo pour cette enquête Italienne BELLISSIMA.


 » Tonton et ses chinoiseries « 

Tonton et ses chinoiseries de Samuel Sutra aux éditions Flamant Noir 



« – De ce que je sais, il est question d’enlèvement, de torture, de meurtre et de retorture derriere, histoire d’être carrés dans le déroulement. Mais Il t’en dira plus tout à l’heure. » 

La bande de canailles est convoquée au complet chez Tonton, le grand patron. Une nouvelle affaire de truande serait au menu du jour. 



 » Tonton un escroc de première connu de tous les fichiers de police. « 

Né dans une famille d’escroc son destin était déjà tout tracé. Il a de sacrés références le Taulier et il sait s’entourer pour mener à bien ses plans. Sa fine équipe, une fois réunie déchire un max. Une bande fidèle et prête à tout pour Tonton un brin mégalo. 

 » Je suis un truand snob. J’ai plusieurs Van Gogh, mais je ne les regarde jamais » 

Cette fois ils se préparent à réaliser le  » Coup du siècle  » , un coup qui pourrait bien les faire entrer dans la légende. À condition de ne pas se faire pincer par la flicaille. 



 » Un coup qui réussit, on en profite quelques mois. Alors qu’un coup qui foire comme il faut, en cabane, on peut en profiter pendant vingt ans ! « 

Alors attention, faudra assurer et pas se faire serrer. Mais on peut compter sur «  Le pire du milieu « 


À travers cette nouvelle édition du premier Tonton de Samuel Sutra, j’ai retrouvé avec plaisir cette bande de truands pour une troisième aventure pour ma part. Aussi réussi que les suivants même si je l’ai trouvé plus soft, normal c’était les débuts. Et les suivants confirment le talent indéniable de l’auteur pour nous embarquer à chaque fois dans un suspens hors du commun, bourré d’humour avec une gouaille pleine d’esprit, de subtilité qui font de ses romans des moments de lecture savoureux avec les zygomatiques au maximum.

Une ambiance très visuelle, cinématographique qui n’est pas sans rappeler Audiard et Lautner. 

Un aperçu par Ici pour découvrir d’autres exploits de Tonton et sa bande. 

Une chose est certaine, tant qu’ils ne seront pas à l’ombre, derrière les verrous, je continuerai à suivre ces gangsters légendaires. Alors souhaitons longue vie à ces bandits de grand chemin et à leur créateur. Et je ne serais pas contre une Nana dans l’équipe, même si Gérard trouve à redire : 

 » Monter un coup avec une femme, c’est courir le risque de devoir débattre sur la couleur des flingues. « 

Grand plaisir de lecture garantie.


Samuel Sutra se distingue par sa façon de maîtriser avec autant de talent la légèreté et le loufoque que le style le plus noir et profond. 

Un œil sur la Voie Lactée et les mains sur sa feuille blanche, Il écrivit son premier Tonton avec pour seul désir de laisser une trace de lui à ses enfants. Quelques années plus tard, sa modeste ambition révèle un immense talent. Son écriture à la fois jubilatoire et sensible, ses répliques brillantes, produisent un univers et des textes uniques.

Tonton, un personnage haut en couleur, grâce auquel l’auteur s’est fait connaître au travers de cette série, est un bandit comme on n’en fait plus : gouailleur, malin, viril…

Sa plume  » noire « , dévoilée dans deux de ses ouvrages, montre qu’il sait parfaitement sortir de l’écriture burlesque et produire également avec génie des textes très différents. 

Il est aujourd’hui l’auteur de 9 romans. 


Je remercie Nathalie des Éditions Flamant Noir pour cette truculente lecture.


 » Trouble « 

Trouble de Stéphanie De Mecquenem aux Éditions Lajouanie


 » Puis, les volatiles se turent. Victoire se figea. Avaient-ils senti le danger? Les poils de ses bras se hérissèrent et un filet de sueur perla sur sa nuque. Prise de panique, elle se mit à courir le plus vite possible vers le sommet de la montagne. Les fougères lui cinglaient le visage, mais elle n’avait qu’un but : atteindre la clairière là-haut. Ses cuisses étaient en feu, elle avait l’impression de courir depuis des heures quand, enfin, les arbres semblèrent s’écarter sur son passage. Victoire ressentit un soulagement indéfinissable. Elle se retourna, prête à en découdre, mais personne n’apparut derrière elle. « 

 


Sur un campus universitaire de Montréal, de jeunes étudiantes se suicident. Ça plombe un peu l’ambiance et ça commence sérieusement à inquiéter la Coroner Tiphaine Dumont fraichement nommée à ce poste. Deux hommes vont se joindre à elle pour son enquête, Sir Jeffrey son logeur, un retraité Anglais bourré d’humour et le procureur qui insidieusement lui a tapé dans l’œil.

 

Ce trio on ne peut plus hétéroclite va mettre à jour un réseau de cybercriminalité qui aurait déclenché cette vague de décès.

Mais au final s’agit-il de meurtre ou de suicide ?


 

 » Aucun son ne sort de ma bouche. Pourtant, je hurle du plus fort que je peux. Pourquoi est-ce que je n’entends rien ? Pourquoi est-ce qu’ils continuent? 

      Ils voient bien que quelque chose cloche. Mes bras pèsent une tonne. Je ne parviens pas à les repousser. Je veux qu’ils me laissent tranquille et pourtant je reste là, les bras ballants, et ils me retournent comme une crêpe. Mais qu’est-ce qui m’arrive ?  Pourquoi est-ce que je me sens si mal ? C’est la première fois que j’ai l’impression d’être dissociée de mon corps. Quelque chose s’insère en moi. Je hurle de plus belle, mais je n’entends toujours aucun son sortir de ma bouche. « 

What is the question ?


À travers ce  roman à suspense aussi exaltant que troublant, Stéphanie De Mecquenem s’attaque à un sujet d’actualité qui commence à faire des ravages, tout particulièrement chez les jeunes adolescents vulnérables : Le harcélement par internet. La cybercriminalité, nouvelle arme absolument destructrice, qui peut mettre en danger tous les foyers.

Avec délicatesse elle campe son histoire et séme le  » Trouble  »  avec des personnages forts attachants que j’ai découvert pour la première fois sans être pour autant perturbée dans ma lecture.

Un sujet sensible, inquiétant qui nous concerne tous, absolument bien traité dans ce récit, inspiré d’une histoire vraie qui l’a particulièrement touchée.

Une ambiance  » So British  » dans la lignée d’Agatha Christie une des premières reine du crime.

Un polar bien documenté qui révèle un important travail en aval afin de nous offrir cette intrigue crédible, réaliste, et absolument bien construite .

Une belle plume, captivante qui éveille l’envie de se pencher sur ces précédents romans.

Roman policier mais pas que … c’est cela et bien plus encore.

Une bien belle découverte.

Stéphanie De Mecquenem
Stéphanie de Mecquenem a vécu une dizaine d’années en Amérique du nord où elle était avocate. Depuis son retour en France elle se consacre à l’écriture.  Elle a publié deux romans, Mauvais sang et Le Silence des Cris et de nombreuses nouvelles. Elle vit aujourd’hui à Paris.

Je remercie les Éditions Lajouanie pour cette belle enquête « so british » made in France.

 

 

 

 

 

 » 41 Vautours – 48H avant Noël « 

41 Vautours – 48H avant Noël de Céline Tanguy aux Éditions Les Indés

 

 » Il y a un temps pour tout et un moment pour toute chose  » 

 

48H avant Noël un homme est retrouvé, criblé de balles dans le Bronx. Cet homme est un agent du FBI. Juste avant les fêtes c’est pas génial pour les enquêteurs, leurs congés risquent de passer à la trappe. Il va quand même bien falloir découvrir qui veut la peau de Neil Mulhand. Amber Wilson sa compagne, lieutenant de police ne va rien lâcher même si pour cela, elle va devoir se frotter au FBI et à la CIA. Mais est-ce bien raisonnable ?

 

 » Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libre.

    Conneries ! « 

La vérité est ailleurs comme disait Socrate et Chris Carter. Et pour la découvrir il vous suffit de lire cette enquête débridée.

Tu vois l’ambulance sur la couv’, tu tournes les premières pages et direct tu te retrouves embarqué pour une virée en enfer toute sirène hurlante dans une course contre la montre, contre la mort. Pas de pause café/donuts, pas de temps perdu, tu files et les pages défilent, tu reprendras ton souffle à la dernière page. Te voilà prévenu.

 

Un rythme d’enfer, une plume endiablée, un scénario accrocheur digne des bonnes séries américaines, des personnages bien campés, tout est là pour satisfaire les amateurs de bon polar atypique avec une fin qui laisse présager une suite. Et c’est tant mieux, ça veut dire qu’on va la retrouver la plume de Céline Tanguy.

Une plume « Fast and Furious » (Rapide et furieuse), une bien belle découverte.

 

Céline Tanguy est née en 1974. Elle a toujours écrit, pour essayer de retranscrire les émotions qui lui échappent en temps réel et que la distance de l’écriture permet finalement de s’approprier.  Elle écrit en marchant sur son tapis de course, grâce à une tablette adaptée et à son ordinateur portable installé à la bonne hauteur. C’est probablement ce qui donne à ses romans un tel rythme et une telle énergie. Ça, et un sens de l’intrigue incroyable. Sans oublier le talent qui fait d’elle l’un des maîtres du genre. Elle aime les USA d’où le lieu de ses intrigues. C’est à la fois personnel et un peu stratégique: l’immensité du territoire, ses spécificités politiques et culturelles sont un terrain d’exploitation qu’elle trouve passionnant.

La suite de 48H est déjà écrite ( Mais que fait l’éditeur ? ) Le cinquième est en cours.

Un conseil, foncez lire ce premier et croisez les doigts avec moi pour que la suite vienne assez vite.

Je remercie Agnès pour ce cadeau et cette belle découverte.

 

 

 

 

 

 » Canari « 

Canari de Duane Swierczynski aux Éditions Rivages

 

 » Voilà pourquoi il aime cette ville. Philly, où on peut toujours compter sur quelqu’un pour commettre l’erreur la plus colossale. » 

 


Sarie Holland a beau être une étudiante sérieuse, qui ne fume pas, boit peu et ne se drogue pas, elle va commettre une erreur qui va tout bousculer dans sa vie. Rendre service partait pourtant d’une bonne intention, mais c’était sans compter sur le fait de se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment…

 » – Est-ce que tu as la moindre idée de ce que Chuckie va me faire si je ne rapporte pas un tas de pognon pour le matos ? 

– Est-ce que tu sais combien d’années de putain de prison je risque ? À cause de ton plan ? Cinq ! Au minimum ! Soit je te balance, soit je me tire. « 

 


Elle se retrouve harcelée par Wildey, un flic obsédé par la lutte conte le trafic de drogue, et n’a pas d’autre choix que de jouer la balance.

‘ Un loup solitaire, sans femme, sans enfants, pas vraiment de vie en dehors du boulot. »


Mais n’oublions pas que Sarie Holland est futée, elle va jouer le jeu à sa manière. À canari, canari et demi…

 


Duane Swierczynski prends son temps pour installer une intrigue assez tortueuse, tout en finesse, à travers une trame originale et une verve non dépourvue de charme. Sarie donne un souffle inattendu à l’histoire, via son personnage, elle est attachante et touchante à travers les échanges qu’elle conserve avec sa mère, trop tôt disparue. Une jeune fille mature et prète à tout pour protéger la famille qui lui reste.

Malgré quelques longueurs, je me suis  laisser porter par l’histoire et j’ai apprécié l’envol du Canari qui laisse à penser à un retour prochain pour d’autres aventures… À suivre.

 

Belle couv’, histoire originale et distrayante, une belle découverte.

 

 
Duane Swierczynski débute comme journaliste, il devient rédacteur en chef pour les magazines pour hommes Men’s Health, Details et le journal Philadelphia City Paper.  Il commence par écrire des livres de vulgarisation sur l’informatique, des guides de conseils sur la bière et des ouvrages documentaires sur les criminels, en collaboration avec différents écrivains à chaque ouvrage.
Il publie en 2005 son premier roman policier, Secret Dead Men et poursuit son travail dans ce domaine. Il signe quatre autres romans avant de mettre en scène le personnage récurrent de Charlie Hardie. ( The blonde. À toute allure. Date limite. Mort à tous les étages.)


En 2009, il collabore avec Anthony E. Zuiker à l’écriture de la série semi-interactive Level 26.
En parallèle à sa carrière d’auteur, il est scénariste pour Marvel Comics et travaille sur plusieurs scénarios (Punisher, X-Men, Batman, Iron Fist, Birds of Prey).


 

Je remercie Thierry des Éditions Rivages pour cette belle découverte.

 

 

 

 

 » Une affaire d’hommes « 

Une affaire d’hommes de Todd Robinson aux Éditions Gallmeister

 » Bordel de chiotte, je sens déjà l’odeur de notre réputation qui se barre en couille. » 

On ne change pas une équipe qui gagne, alors on prend les mêmes et on recommence, il en va de la réputation de notre duo préféré de Boston, je vous parle de Boo et de Junior. Un duo de détectives mémorable et unique, qui frôle toujours la frontière de la légalité. Vous vous rappelez n’est-ce pas, vous aviez lu Cassandra ( Ma chronique ici) et découvert leurs caractères bien trempés, toujours dans l’action avec un humour explosif.

Toujours videurs du bar,  » Le Cellar » et toujours détectives privés.



 » Ça me troublait un peu, de voir à quel point j’avais l’habitude de dire aux flics, uniquement la part de vérité qu’ils voulaient entendre. Puisque mon boulot consistait entre autres à éviter à la boîte tout risque de procès et de poursuites, je devais trouver un équilibre délicat, vu que tout le reste de mes activités exposait la boîte à des procédures judiciaires.  » 

Mais cette fois l’enjeu est beaucoup plus personnel. Et notre duo va se retrouver malmené une fois de plus. Ça va encore saigner.



 » Cette semaine, tous les vieux fantômes organisaient une surprise-partie dans ma vie. Un fantôme à la fois, bordel.  » 

 » Beaucoup de gens avaient passé une bonne partie de l’année dernière à essayer de me tuer. Putain, j’en avais marre.  » 

Cette fois l’élite se mèle aux truands, mais Boo et Junior n’ont pas dit leurs derniers mots. Une affaire toute aussi musclée que nos deux tatoués aux grands cœurs.

Un nouvel opus tout aussi réussit que le premier avec davantage de sensibilité dans l’écriture. Toujours blindé d’humour tapageur, corrosif, et des bagarres sans doublure, ça cogne et ça fait un mal de chien. Autant  d’impacts physiques qu’émotionnels à encaisser. Le voile se lève un peu plus sur leurs passés d’orphelins qui lient à jamais Boo,   Junior et leurs potes. De vrais mousquetaires de Boston, toujours un pour tous et tous pour un.

C’est simple, tu vas t’éclater et attendre la suite comme moi avec impatience. Ça ne peut pas être autrement. C’est chez Gallmeister, faut pas oublier. Un label de qualité.


Todd Robinson a créé une revue spécialisée dans la littérature noire et policière qui a remporté de nombreux prix aux États-Unis. Il a été paysagiste, garde du corps, barman, videur- principalement au Roxy à New-York et au fameux Rathskellerà Boston. Il vit aujourd’hui dans le Queens et travaille toujours dans un bar de Manhattan, le Shade (lui ai demandé, pour y passer à ma prochaine escapade New-Yorkaise) où il organise régulièrement des rencontres littéraires.


Avec un peu de chance j’y croiserai Benjamin Whitmer et je le remercierai d’avoir donner un coup de pousse à Todd, ce qui nous a permis de le découvrir.

Todd Robinson
Il travaille également sur un projet de thriller, petite info glanée lors de  ma rencontre avec Todd  au Hall du Livre. Un très bon moment, une belle personne fort sympathique. Un Bodyguard de rêve.

Todd Robinson et Dealerdelignes

Je remercie Marie et les éditions Gallmeister pour cette lecture explosive. 
 

 

 

 

 

 

 

 » La femme secrète « 

La femme secrète d’ Anna Ekberg aux Éditions Le Cherche Midi

 » Le silence est total dans le commissariat. Chacun dresse l’oreille. Quelque part, le téléphone sonne, mais personne ne décroche, personne ne voudrait rater ce moment. C’est ici et maintenant que l’histoire s’écrit. Les gens reparleront de cet événement pendant des années. Ce soir quand les agents de police regagneront leur foyer, ils s’assiéront à la table du dîner et rapporteront les événements de la journée à leur petite famille. Les enfants écouteront, muets, les yeux écarquillés, l’histoire de la chute de la puissante famille Söderberg…

– Je suis coupable… je l’ai tué… « 


Le ton est donné, mais avant de connaître le secret de la famille Söderberg, nous allons faire la connaissance de Louise Andersen restauratrice sur une petite île de Bornholm, au Danemark, et de Johachim un écrivain avec qui elle partage sa vie. Ils vivent une belle histoire d’amour en parfaite harmonie jusqu’au jour où un homme débarque et remet tout en question.

 » Rien n’est vraiment comme on l’imagine, la vérité est tout autre, il ne faut pas croire ce que les gens racontent, Il ne faut jamais faire confiance au narrateur.  » 

Louise n’est apparement pas la femme qu’elle-même croyait être. En même temps ses souvenirs ont disparu, quelques années se sont enfuies de sa mémoire, mais le nouveau costume qu’on tente de lui faire porter ne lui sied pas du tout.


 » C’est tellement étrange…Les souvenirs qu’elle a, il ne faut pas qu’elle en parle. Quant à ceux qu’elle n’a pas, ils en parlent à longueur de temps. « 

De son coté, Johachim s’interroge, il est prêt à tout pour découvrir la vérité.

« Non… En vérité, il n’en sait rien. Il sait juste qu’il faut mettre un point final à tout cela. Il est écrivain, et les histoires il les mène jusqu’au dénouement. Il veut mettre un terme à sa douleur.  » 

Ne dit-on pas que  » Toute fortune est bâtie sur un crime. » , alors que cache la fortune de cette famille. Que cache cette amnésie? Johachim va-t’il le découvrir? Qui se cache derrière « La femme secrète » ? Leur amour va-t’il survivre ? Ou cette histoire aussi folle soit-elle servira juste à étayer son prochain roman ?

Page après page, de multiples rebondissements créent une intrigue magistrale. Le suspens est grandiose, la tension intense et d’un réalisme surprenant.

« Un puzzle fabriqué par un fou. »

Que ce soit Louise ou Helene, l’auteur nous offre un magnifique portrait de femme à la dérive en quête de vérité. Une femme courageuse, prête à tout pour se souvenir et mettre à jour les secrets qu’elle découvre, si longtemps cachés.

Un premier roman qui tient toutes ses promesses, que ce soit pour tout le suspens dont Il  regorge à tomber, le rythme de rebondissements incessants, les personnages attachants, une histoire incroyable, captivante jusqu’au final. Un roman absolument génial, une construction du récit envoûtante, un style brillant, qui pourrait très bien être inspiré d’une histoire vraie tellement le récit est crédible.

 


Je ne vous en dirai pas plus, j’espère sincèrement que vous lui accorderez toute l’attention qu’il mérite. Une lecture addictive que vous ne pourrez pas quitter avant la fameuse derniére page. Comme moi vous serez comblés par ce nouveau talent et espérerez le retrouver très vite.

La femme secrète à s’offrir pour les prochaines vacances, un livre à la hauteur de toutes les espérances, un moment de lecture absolument génial.

Belle couv’, titre attirant, et au final : épatant. Ce livre a tout pour plaire.

Anna Ekberg, elle aussi  » Une femme secrète », la preuve ci-dessous :
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir à mon tour qu » Anna Ekberg est le pseudonyme sous lequel écrivent Anders Rønnow Klarlund et Jacob Weinreich. Ils ont à eux deux créé un thriller d’amour unique et fantastique. Un livre qui mélange admirablement les émotions brutes dans un suspens psychologique. Une nouvelle combinaison détonnante.

Anders Rønnow est né en 1971 à Copenhague au Danemark. Il a précédemment travaillé comme cinéaste et scénariste. En 2009 il fait ses débuts de romancier.

Jacob Weinreich est né en 1972 à Hasle au Danemark. Il vit à Copenhague, avec sa femme et ses trois enfants. Il a écrit plus de 25 livres pour enfants et adolescents , des scénarios de films, des drames pour la radio des podcasts et des romans.
Ils ont déjà écrit ensemble sous le pseudonyme A.J.Kasinski, « Le dernier homme bon » et « Le sommeil et la mort » tous deux aus Éditions Lattès, également disponible en format poche.

Je remercie Catherine et les Editions Le Cherche Midi pour cette lecture fantastique.
 

 

 » MORT point final « 

Mort point final de Frank Klarczyk aux Éditions Lucien Souny 


 » Trouver une réponse à un enseignement en perdition, à une jeunesse de plus en plus rebelle et à un malaise grandissant du professorat. Toujours est-il que le projet semblait prendre un bon départ. Pourtant après quelques semaines, deux sujets se sont mis à déraper. » 

À l’époque où la fessée est devenue interdite, où une claque d’un professeur envers un élève  l’enverrait direct au purgatoire, où la réforme de l’orthographe fait des ravages, une ère où même les devoirs à la maison seront bientôt proscrits, il se prépare dans l’ombre de nouveaux essais pour tenter de redresser la barre de l’éducation nationale. Mais chut c’est top secret.

Jusqu’au jour où un professeur de français pète les plombs, et là ça craint…


 » Notre vie entière est constituée d’événements impromptus avec lesquels il nous faut composer sans que, pour autant l’on puisse se permettre de laisser tomber tout le reste. Sinon où irait le monde ? Je vous le demande. « 

À force de tirer sur la corde le burn-out n’est plus très loin, mais avant Jean-Pierre Bernard  va régler quelques comptes avec cette bande de fumistes qui maltraitent la langue de Molière.


Et là vous serez content de ne pas participer à la dictée digne de celle de Pivot, mais si vous êtes parents d’enfants encore scolarisés, vous avez du souci à vous faire…

 » La majeure partie des lycéens se mirent à écrire, d’autres firent mine de rédiger, se demandant encore si tout cela était réel. Peut-être que ce canular allait soudainement prendre fin et que Cindy et Bertrand allaient se relever en riant de la blague qu’ils venaient de faire à leurs camarades . » 


Frank Klarczyk nous offre un super thriller enragé d’une terrible noirceur. Dés le départ une terrible tension s’installe et ne quittera plus le récit.  Une violence obscène, saisissante qui nous plonge dans l’angoisse. Une histoire sidérante, inquiétante avec un suspens hallucinant et un rythme oppressant, qui ne nous libérera qu’au final et encore…


Effrayant de réalisme, ce thriller m’a captivé. Je me suis retrouvée piégée dans cette classe, la peur au ventre, avec une colère en moi contre ceux qui ont trop hésité à défoncer la porte. Un reflet frappant de notre société actuelle ou en passe de le devenir.

Absolument terrifiant.


Frank Klarczyk se destinait à être professeur mais il s’est trompé de porte. Il est entré dans la police , voilà vingt-cinq ans. Il est un  » policier de la rue « , comme il aime le dire, c’est-à-dire qu’il exerce au sein de la police-secours. d’abord affecté en région parisienne, puis dans le Nord, il est  aujourd’hui en poste dans le Sud-Ouest, et plus précisément à Brive-la-Gaillarde. L’écriture est devenue son exutoire, même s’il a commencé à écrire bien avant d’entrer dans la police. Son tout premier texte était un scénario pour… une comédie policière ! Si ses histoires s’inspirent de son expérience et collent à la réalité, elles flirtent avec la fiction, le fantastique. Frank Klarczyk aime écrire sur le fil du rasoir, sachant qu’à tout moment cela peut basculer, saigner ou, pour le moins, surprendre. Ses deux premiers polars « Sanglante vérité » et «  Les crocs de la Corrèze » sont précédemment parus aux éditions Geste.


Un auteur à découvrir, une plume noire pleine de surprises.

Je remercie les Éditions Lucien Souny pour cette lecture sombre, absolument terrifiante.