Punk Friction

Punk friction de Jess Kaan aux Éditions Lajouanie

«  (..) Desmond jeta un œil au cimetière d’Auchel, son horizon depuis onze ans maintenant. Voisins tranquilles, capables de se faire honorer à la Toussaint Et oublier le reste de l’année : le boulevard des allongés dans toute sa splendeur. Rien à voir avec les spectres revanchards des films américains. Une fois mort, le Français se reposait et arrêtait de râler. (…) À une centaine de mètres de lui à vol d’oiseau, un halo orangé transperçait la nuit de février. Un brasier entre les tombes dévorait une masse imposante.  »

Un barbecue au milieu d’un cimetière en plein hiver, ça fait déjà désordre, si en plus on y brûle un corps c’est d’autant plus inquiétant. S’agit-il d’un acte gratuit, d’une vengeance, d’un meurtre ? Une bande de punk qui squatte dans les parages est toute de suite visée. Pour la population ça ne peut-être qu’eux, bien évidemment.

« Quatre paumés du Nord, le genre de gosses comme Il en existe des milliers, une génération sacrifiée par un système à bout de souffle. Enfants cassés, enfants broyés, par des rouages socio-économiques les dépassant. Difficultés familiales au sein de tribus éclatées, borderline, échec scolaire lié à leur différence, aucune perspective et aucune possibilité de rémission : le quatuor avait fini à la rue où les tentations s’avéraient nombreuses. « 

Une enquête plutôt glauque pour Boris Lisziak, le bleu fraîchement sorti de l’école de police, heureusement il fait équipe avec le capitaine Demeyer, un vieux de la vieille qui a déjà tout vu.

 » Finalement, ils décidèrent de retourner dans les tréfonds de l’âme humaine. Au risque de perdre la leur ?  »

Une jeune lieutenant, en poste dans la cité va se joindre à eux, et s’imposer à ce duo pour le moins hétéroclite. Va falloir faire parler la population qui reste muette comme une tombe.

 » Éviter les ennuis, adopter profil bas. La recette de la tranquillité moderne et d’une société décrépite.  »

Jess Kaan à travers ce roman contemporain, policier mais pas que, nous entraîne dans le nord de la France où la délinquance juvénile reflète notre société actuelle. Face à la faillite de l’institution, et à la précarité des habitants qui tentent de survivre malgré tout, elle augmente considérablement.

Avec une plume assez cynique et une histoire qui sort des sentiers battus, tout en étant très proche de la réalité, l’auteur s’impose admirablement avec qui plus est des enquêteurs atypiques. C’est bon, ça change du déjà vu, et ça fait du bien.

Une fois encore les Éditions Lajouanie ajoute à leur équipe, une nouvelle recrue très prometteuse. La marque de fabrique est on ne peut plus respectée, avec ce roman policier mais pas que…

Jess Kaan est enseignant dans le nord de la France. Outre des romans noirs, Il écrit des nouvelles et publie régulièrement des chroniques dans de nombreux blogs et revues européennes.

Je remercie les Éditions Lajouanie pour cette ballade en enfer.

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 » Carajuru « 

Carajuru de Sébastien Vidal  aux Éditions Lucien Souny 

 » –  Osveta est un ancien du 66e, il a quitté l’armée au printemps. Il devient célèbre en faisant échec à deux braqueurs à Brive, deux mecs du régiment. Et maintenant il meurt tué par balle. Il y a un morceau de l’histoire qui nous échappe ; « 

Nouvel avis de décès à Brive- la- Gaillarde, Walt va devoir se mettre au boulot, même si à priori ça ressemble à un suicide, certains détails sèment le doute. Il va falloir fouiller dans le passé de la victime pour éclaircir les zones d’ombre.

 » Ce qui m’intéresse c’est l’histoire depuis sa genèse.  » 

Walt était loin d’imaginer que cette situation allait réveiller ses cauchemars.

« Il se dit que les traumatismes étaient des rochers sous l’eau de la rivière : quand le niveau baissait, ils réapparaissaient. Et puis il y avait le facteur amour-propre. Pour un militaire, accepter de subir un traumatisme était en soi traumatisant. Walt se découvrait plus fragile qu’il ne le croyait. « 

Une vieille affaire l’obsède, perturbe sa vie, « La chose de mai 2005  » . Il n’a pas réglé cette mésaventure du passé qui semble étrangement liée au présent.

Walt et son équipe, à force de creuser dans les vieux souvenirs, vont exhumer de sales histoires et de pénibles secrets.

 » Décidément, nous allons de surprise en surprise avec cette enquête en habits de camouflage. « 

Et c’est dans une ambiance mortelle mais tout en poésie que l’enquête se poursuit.

 » Cela s’était fait dans une telle douceur qu’on ne pouvait dire si c’était la nuit qui s’était retirée ou le jour qui s’était imposé.  » 

 

Sébastien Vidal confirme son talent avec ce nouveau polar même si j’avoue avoir un peu paniqué au départ. À trop vouloir bien écrire, avec un vocabulaire alléchant, le langage peut devenir un peu pompeux pour le lecteur.

 » – (…) Comment tu sais tout ça ? 

– La lecture mon ami, la lecture ! Elle nous élève.  » 

Alors je me suis laissée porter par l’écriture façonnée, à travers cette nouvelle enquête policière où j’ai retrouvé Walt Brewski aussi doué dans son boulot que dans les bras de son amante.

 » Dans la pénombre profonde accompagné du craquement épais du cuir, deux corps s’épousaient et se reconnaissaient, deux âmes s’élevaient au-dessus de la mêlée.  » 

À la limite du thriller, beaucoup plus hard que Woorara ( Ma chronique ICI ) Carajuru nous réserve d’intenses émotions sous haute tension, la violence monte crescendo et n’empêche pas quelques sourires éclatants. Une récit très visuel qui donne de la puissance à notre imagination, toutes scènes confondues. C’est chaud, c’est fort, on en redemande. Tout comme pour «  La chose de mai 2005 »  où chaque regard a son importance, et même lorsque les nuages se pointent à l’horizon, ils sont prémices aux bonnes nouvelles, parole de Chef indien.

Alors, tout comme moi, laissez-vous élever par l’écriture de Sébastien Vidal, et vous verrez que ça vaut le coup d’œil. C’est surprenant, captivant, explosif, et érotique.

Carajuru à découvrir pour se faire balader via une histoire mortelle, le meilleur et la suite sont dans le livre…

Sébastien Vidal est née en Corrèze et vit à Saint Jal avec son épouse et ses deux enfants. Il a été gendarme pendant 25 ans dans diverses unités d’interventions. Passionné pour le rugby, il a écrit un magnifique roman où le ballon ovale est à l’honneur : Un ballon sur lecœur (ma chronique ICI). Il est également supporter du CAB, et ses gaillards.

En janvier 2017, parait Woorara (ma chronique ICI) son premier Polar, qui rencontre immédiatement un énorme succès. Il entame avec Woorara une trilogie des Sentiments Noirs (colère, haine, convoitise, jalousie, rancune, honte, qui génèrent la trahison, le mensonge, la vengeance) bref les sentiments qui nous entraînent du coté obscur … Suivra Carajuru en Novembre 2017 le second volet, il traite particulièrement de la honte et de la colère tandis que Woorara mettait en exergue la haine et la vengeance. Le troisième volet parlera particulièrement de la cupidité. Un dernier opus sur lequel il travaille actuellement.

Les trois histoires se déroulent en Corrèze, sa région, chère à son cœur.

La suite bientôt… en tout cas je l’espère.

Je remercie Lucien Souny pour ce polar à l’atmosphère aussi poétique qu’explosive.

Le club des pendus

Le club des pendus de Tony Parsons aux Éditions de La Martinière

Traduit de l’anglais par Anne Renon

 » La douleur.

Mahmud ne savait pas qu’une telle douleur pouvait exister. Les minutes s’écoulèrent telles des siècles, des milliers d’années. Mahmud cessa de balancer les jambes, et ses bras pendirent mollement le long de son corps.

Il venait de pousser un dernier souffle rauque au fond de ce sous-sol aux murs de briques blanches tachées, dissimulé dans les tréfonds de la ville. « 

À Londres, un homme vient de mourir, pendu par des hommes qui ont décidé de rétablir la peine capitale. Ils agissent tels de véritables justiciers, et punissent ceux qui ont réussi à échapper au système judiciaire.

 » Mais qui pourrait lui en vouloir à ce point ? S’interrogea le nouveau, TDC Greene.

Je me rappelai alors le gang des violeurs de Hackney. Qui ne lui en voudrait pas ? « 

Une ambiance mortelle s’installe sur la ville caniculaire. Le bien et le mal s’enchevêtrent. Albert Pierrepoint, un bourreau du siècle dernier semble servir de modèle à ces êtres vengeurs.

 » Le vent dans les arbres de Hyde Park se mit à siffler. Comme si les fantômes de Tyburn se lamentaient. « 

La peur s’installe, sème le doute…

 » Comme si l’on ne pouvait plus croire personne, comme si tout le monde était devenu fou, et allait se mettre à danser sur nos tombes.  »

 

Le détective Max Wolfe se retrouve sur cette affaire. Sa conscience le tourmente.

La justice est-elle vraiment là où on le croit ?

 » Le bandeau de la justice symbolise ses jugements raisonnables et impartiaux, mais il me semblait aujourd’hui qu’il ne l’incitait qu’à les rendre irréfléchis et cruels. « 

Son amour infini pour sa fille le préservera – t- il de toute la violence qui croise son quotidien ?

Une fois encore, il s’investit à fond et ne lâchera rien…

J’ai découvert Tony Parsons avec  » Des garçons bien élevées  » que j’avais grandement apprécié, de par sa plume complètement addictive, travaillée et sans superflu, avec un enquêteur sensible et dur à la fois. J’ai poursuivi ma découverte avec  » Des anges sans visages » ( Ma Chronique Ici ) toujours aussi fort alors il était certain que je serais tentée de poursuivre avec  » Le club des pendus  » .

Je retrouve Max Wolf et sa fille Scout, duo toujours aussi attachant, pour une nouvelle enquête au cœur de Londres.

Cette fois Max devra se battre avec sa conscience, car plus que jamais le bien et le mal se confondent. Sa rage de policier endurci n’aura de cesse de rendre justice une fois de plus.

Tony Parsons nous accroche comme à son habitude avec une histoire démoniaque et une plume incisive, loin d’épargner le lecteur avec certaines scènes tout en le captivant. Un certain malaise nous envahit face à un développement d’empathie pour ces bourreaux qui agissent quand la justice est trop laxiste.

Seuls les moments père – fille apporteront un peu de douceur au récit plutôt noir dans l’ensemble.

Un polar  » so british  » absolument réussi. Percutant, dérangeant, et brillant.

Une fois encore, j’ai savouré cette lecture anglaise moi qui suis plutôt férue de littérature américaine, l’exception qui confirme la règle comme on dit.

Des retrouvailles à la hauteur de mes espérances. Un thriller contemporain absolument génial.

Né dans le Comté d’Essex, en Angleterre, Tony Parsons abandonne ses études à l’âge de 16 ans ; les jobs mal payés qu’il enchaîne lui laissent le temps de se consacrer à son vrai but : la littérature. C’est à la distillerie Gordon’s qu’il commence à écrire son premier roman. Il en conservera une allergie pour le gin toute sa vie… Devenu journaliste, spécialisé dans le punk-rock, il traîne avec les Sex Pistols, enchaîne femmes, drogues et nuits sans sommeil.

Dix ans plus tard, changement de vie : il connaît un immense succès mondial avec Man and Boy (Un homme et son fils 2001) publié dans 39 langues, vendu à plus de deux millions d’exemplaires, lauréat du British Book Award.

Des garçons bien élevés (2015) et Les Anges sans visages (2016) sont publiés en France aux Éditions de La Martinière.

Je remercie Babelio et les Éditions de La Martinière pour ce Thriller ensorcelant.

 » 115 « 

115 de Benoît Séverac aux Éditions La Manufacture de livres.

‘  » Au lieu de nous faire iech, vous feriez mieux d’aller voir ce que font les Gitans le soir. Ils sont pas nets, eux non plus. Mais peut-être que vous avez pas les couilles ?  » 

Une ou deux réflexions isolées ne portent pas à conséquence, parce que les Arabes et les Gitans se détestent, mais quand ça revient trop souvent ça veut dire que quelque chose couve et qu’il est temps de s’en inquiéter. ‘ 

Commence alors une nouvelle enquête menée par Nathalie Decrest, chef de groupe de la Brigade Spécialisée de Terrain de la Police Nationale après une descente dans un camp de Gitans. Elle ne s’attendait pas à y trouver caché dans un container deux albanaises et un enfant, cherchant plutôt de la drogue.

 » les trois parrains, quant à eux, demeurent muets. S’ils sont contrariés par la descente de police, ils n’en laissent rien paraître. Sans avoir à prononcer un mot, ils intiment l’ordre à leurs sous-fifres, menottés comme eux, de se taire. De vrais durs, habitués aux déboires avec la justice. Par la seule force de leurs regards, la consigne passe : il en cuira à celui qui bave.  » 

Nathalie devra une fois encore affronter la dure loi du silence des malfrats.

Ce soir là elle était accompagnée par Sergine Hollard, une vétérinaire afin qu’elle gère les volailles qui servaient à des combats. Guère ravie d’être là Sergine devra pourtant faire bonne figure. Un vieux contentieux sépare les deux femmes qui ne s’apprécient plus guère.

Sergine souhaiterait crée une clinique vétérinaire ambulante pour aider les animaux des sdf. Contrairement à eux-mêmes ils prennent grand soin de leurs bêtes  et sont prêts à de nombreux sacrifices pour leur bien-être. C’est là qu’elle rencontre Cyril, un jeune autiste qui vit dans la rue. Il est sous la coupe des sœurs jumelles Charybde et Scylla.

Ils sont nombreux à vivre dans la rue, dans l’attente de jour meilleur, d’une rencontre qui changerait leur condition de vie, qui sauverait certaines de la prostitution.

 » La rencontre qui changera tout, le retournement inattendu, le coup de main du destin qui arrêtera la roue de la fortune sur la bonne case…les gens de la rue veulent tous croire à cette chimère, mais au fond, ils savent bien que chaque année passée à la rue les éloigne d’un happy end. »

Les deux jeunes femmes, policière et vétérinaire,  déjà confrontées à la misère des gens en grande précarité vont en plus découvrir la violence qui s’y cache.

Pour nous livrer une histoire aussi authentique, l’auteur s’est immergé dans le monde de l’extrême pauvreté.

Dans ce roman noir social, notre société n’apparaît pas sous son meilleur jour. Elle reflète malheureusement l’envers du décor, celui de la rue, des SDF, de la prostitution. Des personnes mises à mal chaque jour en mode survie. 

L’auteur nous plonge dans la noirceur du monde, à travers un polar contemporain aussi réaliste que tous les faits divers qui encombrent les journaux chaque jour. Une écriture maîtrisée, dure, en parfaite harmonie avec l’histoire dépeinte à travers ces lignes. On y sent de la colère, de la révolte pour ces injustices via les deux personnages féminins plein d’humanité. Non démuni de sensibilité, plein de souffle et de cœur. 

115, un roman d’action sociale aussi brillant que la noirceur qui l’habite. 

Benoît Séverac enseigne l’anglais à l’école vétérinaire de Toulouse où il vit. Il a publié à la Manufacture de livres, Le Chien arabe, Prix de l’embouchure 2016, paru chez Pocket en 2017 sous le titre Trafics. En 2016 à paru chez Syros, Little Sister. Il est aussi l’auteur de Les Chevelus aux éditions Tme, traduit aux USA et de Silence, adapté au théâtre.

Je remercie les Éditions La Manufacture de Livres pour cette lecture déchirante tel un cri dans la nuit. 


 » Bourbon Kid « 

Bourbon Kid d’ Anonyme aux Éditions Sonatine

 Traduit de l’anglais par Cindy Kapen



 » Un esprit maléfique nommé Caïn a libéré les quatre cavaliers de l’apocalypse. » 

C’est pas la joie sur terre, apparement certains ont décidé de son extinction. Il est temps que les Dead Hunters interviennent. Bon d’accord ce sont des tueurs sanguinaires à la morale plus que douteuse, mais pour affronter un démon qui est plutôt malin, fort et intelligent, on n’a pas vraiment le choix.



(…) le quartier général des Dead Hunters. Ils étaient installés au Purgatoire, un bar situé dans une zone privée du Cimetière du Diable, une vaste région désertique où l’on ne s’aventurait que pour une raison bien précise, ou par extrême malchance.  » 

 

Seulement l’un d’entre eux est introuvable… Le Bourbon Kid a disparu.

Une armée de morts vivants qui accompagne les quatre cavaliers va profiter de cette aubaine pour tenter de décimer les Dead Hunters.

« La dernière fois que les quatre cavaliers ont été vus en liberté, Dieu a envoyé Jésus sur terre pour les détruire et sauver l’humanité. « 

 » Si Dieu avait l’intention d’envoyer qui que ce soit pour empêcher cette apocalypse, il l’aurait déjà fait. S’il n’a envoyé personne, c’est qu’il en a assez de l’humanité. Il veut la fin du monde ! « 

 

Cette fois on dirait bien que Dieu a baissé les bras.  Ça ne va pas faciliter la tache de ceux qui sont pris pour cible. Des têtes vont tomber, du sang va couler, ça va saigner dans les chaumières. La fin du monde approche, Caïn est dans la place, mais je lui souhaite bien du courage pour arriver à ses fins , Jack Daniels alias Bourbon Kid même dans l’ombre n’a pas dit son dernier mot.

 

Depuis ma découverte des écrits de cet auteur ANONYME  avec Le livre sans nom, je n’ai cessé de poursuivre ces aventures qui chaque fois me régalent. Bien sûr j’ai de suite pensé à l’univers de Tarantino, ce coté déjanté et sanguinaire lui ressemble beaucoup. En tant que cinéphile, j’ai succombé à cet univers qui allie policier et fantastique. Ça déménage, tel un shot de whisky, tu l’auras compris c’est pas pour les chochottes. Ça flingue à tout va, c’est vulgaire, maléfique, avec des personnages complètement barges. Un pur régal quand on aime sortir des sentiers battus et s’éclater un maximum. Qui plus est faut avouer aussi que la couverture de ce dernier volet est absolument superbe, et le contenu est tout aussi savoureux, du pur malt à consommer sans modération. 



Sincèrement, je vous encourage à vous plonger dans ces récits et quel que soit l’auteur je ne peut que saluer son talent pour, à chaque fois, me faire oublier le monde qui m’entoure. Alors n’hésitez pas à vous aventurer à toute berzingue dans ce monde imaginaire absolument démoniaque et farfelu. 

 

Volontairement mystérieux et discret sur son identité, ANONYME est l’auteur anglophone d’une série de plusieurs ouvrages qui débute en 2006, avec le livre sans nom, succès commercial et critique. L’écriture d’ ANONYME est un hommage cinéphile aux univers ironiques et gores de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. 

Je remercie les Éditions Sonatine pour cette lecture fracassante. 

 

 

 » Entre deux mondes « 

Entre deux mondes dOlivier Norek aux Éditions Michel Lafon



 » (…) ils se sont mis à squatter chaque maison vide, chaque immeuble abandonné, les jardins, les parcs, les ponts et c’est vite devenu invivable. Alors Il a fallu trouver un endroit pour les parquer. Le long de la côte, à l’écart du centre-ville, entre une forêt et les dunes, il y avait un ancien cimetière qui jouxtait une décharge. L’état a fait place nette à coup de bulldozer et on a invité les migrants à s’y installer il y a un an de ça. Au début, ils sont arrivés discrètement, une petite centaine de curieux tout au plus, puis l’info a traversé la planète et ils sont venus par milliers. La jungle était née. « 



Calais, sa plage, son port, sa jungle.

 » Il ne restait plus rien sur cette lande de ce que l’espoir y avait construit.  » 



La jungle et ses migrants venus de tous les horizons, tous dans la même galère mais loin d’être unis pour autant. C’est chacun pour soi enfin presque…

Deux flics, l’un d’ici et l’autre d’ailleurs. Ils ne se connaissent pas mais vont pourtant unir leurs forces pour sauver un enfant et peut-être se sauver eux- même.



 » Remarque, ça fait deux ans qu’on ferme les yeux, c’est pas pour les ouvrir aujourd’hui.  » 



Mais parfois Il est difficile de ne pas transgresser les règles surtout lorsqu’il s’agit du sort d’un gamin..

Adam a fui « (..) une population terrifiée et résignée qui continuait de vivre comme on joue à la roulette russe. » avec l’espoir de retrouver les siens.

Mais ne dit-on pas : flic un jour flic toujours ?

Alors quand il rencontrera Bastien le flic français, Adam aura tendance à laisser le naturel reprendre ses droits… Car on ne fuit pas une guerre pour se retrouver au pire endroit et fermer les yeux sur certaines atrocités.



 » Nous devenons tous des monstres quand l’Histoire nous le propose. « 




Après sa trilogie qui a fait un carton digne des élites au stand de tir, ( Ma Chronique Ici) Olivier Norek signe cette fois bien plus qu’un polar, j’aurais tendance à le qualifier de Roman Noir social. L’auteur dégaine sa plume et une fois encore c’est stupéfiant. Le ton du récit donne de l’authenticité à l’histoire. Plein d’humanité, on ne peut que se sentir impliqué et compatir pour ces migrants et ces deux flics qui ne lâchent rien. Un roman bouleversant qui reflète notre société actuelle avec ses méandres et ses dérives. 

Olivier Norek n’hésite pas à travers ses écrits à dénoncer le système et ses travers. Son statut de flic lui a donné l’occasion de découvrir le pire du pire. Ce dont on ne parle pas, même tout bas, et l’écriture permet quelques confessions de manière détournées. 

Un roman saisissant que je vous invite à lire urgemment. 

 » – Vous croyez aux fantômes, Passaro ? 

– Je ne me suis jamais posé la question. Vous parlez des esprits qui hantent les maisons ?

– Exact. Coincées entre la vie terrestre et la vie céleste. Comme bloqués entre deux mondes. Ils me font penserà eux, oui. Des âmes, entre deux mondes.  » 




Olivier Norek est lieutenant de police à la SDPJ du 93. 

Auparavant, il a travaillé en tant que bénévole chez Pharmaciens sans frontières durant trois ans, où il participa à la réhabilitation d’un hôpital en Guyane, ainsi que de l’approvisionnement en matériel médical des hôpitaux et camps de réfugiés des territoires en guerre de l’ ex-Yougoslavie (1994-1995).

Il devient ensuite gardien de la paix, puis après avoir réussi le concours de lieutenant il choisit le 93 pour sa nouvelle affectation à la section enquêtes et recherches. (agressions sexuelles, enlèvement avec demande de rançon…) 


Il écrit quelques textes et participe à un concours de nouvelles. Il décide de se mettre en disponibilité ( 2013) pour écrire son premier roman  » Code 93  »  qui remporte un succès immédiat. Suivra  » Territoires  » (2014) puis  » Surtensions  » ( 2016). Tous récompensés par de nombreux prix littéraires. 



Puis en 2017 ,  » Entre deux mondes  » . 

Il a également travaillé à l’écriture de la sixième saison d’Engrenages, série de Canal plus. 

Les droits de ses romans sont déjà acquis en vue d’être portés à la télévision pour être adaptés en série. 

Je remercie les Éditions Michel Lafon pour cette lecture plus que nécessaire.  


 » La chance du perdant « 

La chance du perdant de Christophe Guillaumot aux Éditions Liana Levi





 » Renato n’en fera qu’à sa tête. Il est comme ça, le Kanak. Il avance, franchit les embûches et règle les problèmes. Une bonne méthode pour obtenir des résultats, une mauvaise recette face à une hiérarchie tatillonne.  » 

À force d’agacer sa hiérarchie, Renato, simple flic a été muté à la brigade des courses et jeux, le plus beau placard du commissariat. 

 » La maison poulaga ne fait pas de cadeaux.  » 

Malgré sa taille de géant tout en muscle, il a le cœur sur la main. 

Loin de la Nouvelle-Calédonie qui lui manque énormément, il reste intègre face à la corruption qui circule aux alentours.

En s’intéressant à un tag sur une façade d’immeuble, il était loin de se douter qu’il était tombé sur le visage d’un homme désespéré qui venait de se suicider. Celui d’un joueur compulsif, interdit de casino qui a préféré en finir une fois pour toute. 

 » Le jeu semble être une drogue à part entière, tout comme le cannabis, la cocaïne ou même l’alcool. Il y a des moments de grâce, de dépression, des rechutes, certains s’en sortent au prix de grands efforts, d’autres s’enfoncent jusqu’à toucher le fond. À croire que l’être humain aime à se faire mal, comme si les aléas de la vie ne suffisaient pas. « 




Au sommet, on souhaite classer l’affaire, mais suite à l’apparition d’autres suicidés, tous retrouvés avec une même carte de jeu sur eux, Renato décide de poursuivre l’enquête aidé par Six, son coéquipier. 

 » Depuis qu’il a rencontré son coéquipier, qu’ils ont bossé ensemble en dehors de toutes règles hiérarchique, sa carrière est partie en vrille. Il a suffi d’une seule affaire, une enquête hors norme aux répercussions désastreuses. Dans ce genre de salade, lorsque les ennuis et les coups bas pleuvent, ils n’est pas nécessaire de se connaître depuis longtemps pour tisser des liens étroits.  » 

En unissant leurs forces et leurs déterminations, ils vont tout mettre en œuvre pour éclaircir cette affaire qui va les conduire dans les méandres des tripots clandestins. 

Restera-t-il un peu de temps au kanak pour s’occuper de sa grand-mère et découvrir pourquoi celle que l’on surnommait Diamant Noir, à une époque, a quitté son grand-père et l’île des Pins.

Pour Six rien ne va plus, mais rien à voir avec le jeu, même s’il s’agit d’une dame de cœur… 

Les dés sont jetés, ma lecture terminée et mon cœur de lectrice comblé. 

Christophe Guillaumot a gagné une nouvelle fan, et ce n’est pas dû à la chance du débutant car ce n’est pas son coup d’essai, mais à son talent d’écriture. Cette fois ce n’est pas son arme qu’il dégaine, il n’est pas en service recommandé au sein de la police des jeux mais au service des lecteurs et leur offre une histoire qui risque bien de les bluffer aussi sournoisement qu’une partie de poker. 

Voilà un flic qui écrit avec ses tripes et avec son cœur. Une histoire où résonne la réalité de son quotidien, je serais prête à le parier. 

Le reflet de notre société mise à mal par le pouvoir de l’argent qui pourrit l’âme humaine.  

En attendant, je ne peux que vous conseiller de miser quelques euros sur «  La chance du perdant  » et vous verrez vous y gagnerez un sacré bon moment de lecture et suis prête à parier là aussi que vous en redemanderez. 

Ah l’addiction quand elle nous tient ! 

Et puis que dire de ses personnages, à part que l’on a qu’une hâte celle de les retrouver. 

Une chance pour moi il m’en reste à découvrir de l’auteur. J’aurai plaisir à retrouver  » Le Kanak, ce colosse désarmant.  » 

Il rejoint le cercle :



Christophe Guillaumot


Christophe Guillaumot est né à Annecy. Il est capitaine de police au SRPJ de Toulouse, responsable de la section  »  courses et jeux « . En 2009, il obtient le prix du Quai des orfèvres pour Chasses à l’homme. Avec Abattez les grands arbres (2015)  et La chance du perdant, il impose une série mettant en scène le personnage de Renato Donatelli, dit le kanak, librement inspiré d’un collègue aujourd’hui décédé. Depuis 2010, Christophe Guillaumot est membre de l’organisation du festival Toulouse Polars du Sud.


 » Pas de printemps pour Éli « 

Pas de printemps pour Éli de Sandrine Roy aux Éditions Lajouanie 

«  Depuis plusieurs jours qu’ils étaient inséparables, elle s’étaient montrée insatiable, aussi avide de lui qu’il l’était d’elle. » 

Il n’y a pas à dire, ces deux là ils s’aiment et ne font pas semblant. Rappelez-vous  ils s’étaient rencontrés l’hiver dernier. Le beau Lynwood, ex-GI avait sauvé la belle Éli. 

 » Le destin les avait réunis, il n’imaginait pas sa vie loin d’elle. « 

Depuis ils roucoulaient dans les Pyrénées jusqu’à cet appel téléphonique qui vint déranger leur quiétude. Le père de Lynwood est décédé. Un retour au Texas s’impose…

À leur arrivée, le couple d’amoureux fit sensation, impossible de passer inaperçu. 

 » Éli avait l’air d’une fée sortie tout droit d’un conte fantastique, alors que Lynwood était un guerrier froid aux attitudes parfois antipathiques et au tempérament caractériel. « 

L’occasion nous est donnée d’en connaître un peu plus sur Lynwood, sur son passé, sa famille, mais chut, certaines choses doivent rester secrètes. 

À peine arrivé, des truands, trafiquants de drogue s’en prennent à ses proches. Lynwood est sur le pied de guerre. Aidé par Éli, il va mettre tout en œuvre pour que tout rentre dans l’ordre. 

 » Elle était un véritable aimant qui attirait l’affection autant que lui attirait le danger. « 



Des Pyrénées au Texas, entre l’amour et le deuil se glisse un nouveau danger qui met en péril toute une famille qui venait juste de se retrouver. 

Mais pas question pour Lynwood et Éli de repartir avant d’avoir régler les problèmes, ils feront l’amour plus tard…on peut compter sur eux. 


Il est écrit sur la couverture roman policier mais pas que … ce qui définit à merveille une fois encore ce nouveau roman de Sandrine Roy  que j’avais découvert avec Lynwood Miller (Ma chronique ici).




Pas de printemps pour Éli nous offre une nouvelle enquête pleine d’amour, et même beaucoup d’amour, ça dégouline comme on dit par chez moi en Lorraine et c’est le seul reproche que je ferai. Car en dehors de  » l’amourrrrr « ce roman est une fois encore bien construit et l’histoire captivante. Le suspense est au rendez-vous au pays des cow-boys et le mystère se lève sur le passé de Lynwood, de quoi l’aimer un peu plus. Éli va devoir apprendre à partager avec toutes les amoureuses de Lynwood et je sais qu’elle sont nombreuses. 

En résumé, j’ai bien aimé voyager en leur compagnie, un bon moment de lecture où le rose l’emporte sur le noir, l’amour sur la haine. Bien plus qu’un roman policier, une histoire d’amour qui ne cesse de grandir même dans la tourmente. 

Ambiance musicale mais pas que : 

« Ils s’aiment comme avant. Avant les menaces et les grands tourments. Ils s’aiment tout hésitants. Découvrant l’amour et découvrant le temps …

Et cette fois pas question que j’oublie de saluer le travail de la graphiste qui déchire avec ses couvertures toujours réussies et sublimes. Mes félicitations à Caroline Lainé, qui met en valeur ce roman d’amour mais pas que …


Sandrine Roy est née à Bordeaux et vit à Montauban. Pas de printemps pour Éli est le deuxième épisode des aventures de Lynwood Miller. 

 Je remercie Jean-Charles Lajouanie pour cette lecture intrigante. 



 » Comme de longs échos « 

Comme de longs échos D’ Elena  Piacentini aux éditions Fleuve Noir 



 » Le regard de Vincent Dussart se rallume, sa voix se raffermit. Il paraît soudain plus grand.

 – Quentin est mon fils. On a assassiné ma femme et on m’a pris mon fils.  » 

Vincent Dussart ne s’attendait pas à ça en passant à l’improviste dans la maison de son épouse, qui lui avait dernièrement imposé un break.

Du coup la DIPJ de Lille est sur les dents. Une femme est morte et son enfant a disparu. Le mari fait un suspect idéal. Pas de temps à perdre pour le chef de groupe Lazaret et le capitaine Mathilde Sénéchal, une femme efficace, redoutable et inflexible.

Pour elle «  Le travail constitue la meilleure des thérapies et la pièce maîtresse de son armure. Affronter des adversaires de chair et de sang est une répétition du corps permanent engagés contre ses ennemis intérieurs. Les défaillances de Mathilde n’ont d’égale que son énergie à les vaincre. Elle n’est pas une femme à hisser le drapeau blanc, même dans la débacle. « 



Sénéchal trimbale sa part de félures qui font d’elle une flic brillante en cas d’urgence. Ses blessures la booste.

«  Ce que les gens  » normaux  » ne peuvent concevoir constitue l’essentiel de son quotidien. Les salauds sont plus créatifs que la moyenne.  » 

Dans une autre région, un flic à la retraite prends connaissance de cette affaire, ce fait divers vient réveiller de douloureux échos…

 » Les cliquetis des menottes ne lime pas le chagrin, ne couvre pas le zip de la housse mortuaire qui dit  » T’arrives trop tard.  » 


L’arrivée de cet homme des montagnes a tendance à perturber Mathilde. Elle a beau être flic, elle n’en n’est pas moins femme. Nouvelles perturbations dans l’air.

 » Les nuits étaient toutes miennes et j’étais à la nuit. Mes songes j’en étais convaincu, me disaient  » quelque chose  » J’y cueillais les clés d’or sans savoir dans qu’elles serrures les insérer ni qu’elles portes elles ouvriraient.  » 

N’oublions pas, elle a une enquête à résoudre et un enfant à retrouver, son équipe est prête. Elle s’attend à tout, même au pire scénario, et elle ne va pas être déçue.

Et vous non plus, si d’aventure il vous prenait la riche idée de lire Comme de longs échos

La plume d‘Elena Piacentini donne vie à une nouvelle enquête et met en scène une nouvelle héroïne : Mathilde Sénéchal.

À travers une écriture soignée, travaillée, tout en allant à l’essentiel, elle rends d’emblée cette nouvelle équipe attachante et l’enquête captivante. En s’inspirant d’un fait divers, Elena a réussi une fois de plus à conquérir mon cœur de lectrice et j’espère ne pas me tromper en attendant la suite et je garde l’espoir de retrouver Mathilde.

Un roman policier comme j’aime avoir entre les mains, une enquête bien ficelée, très visuelle qui rendrait à merveille à l’écran avec une foule de personnages charmants et un style d’écriture qui s’affirme et séduit.

Une auteure qui a sa place dans la cours des grands, alors messieurs les écrivains méfiez-vous Elena est dans la place. Et elle n’a pas fini de nous surprendre.

Vous l’aurez compris, j’ai apprécié retrouver mon auteure Corse préférée.

Vivement le prochain, heureusement pour moi, je n’en ai pas terminé avec Leoni, l’attente sera moins longue. Et vous c’est pour quand votre premier Elena Piacentini ? Faites gaffe, je mène l’enquête…



Elena Piacentini  est née en Corse à Bastia, comme le héros de ses premiers livres, Leoni, le commandant de police à la section homicide de la PJ de Lille, qu’elle a créé en 2008. . Elle y a passé son enfance et son adolescence, entre le maquis et les bras de sa grand-mère. L’un et l’autre lui ont appris le goût de la liberté, de la sincérité et de la pugnacité.

En 2012, sa carrière littéraire prends un nouveau tournant. Elle change de maison d’éditions. Elle affirme ses ambitions et confirme ses promesses. L’année suivante, elle reçoit le Prix Calibre 47 pour son roman «  Le cimetiére des chimères  » remis à l’occasion du Festival Polar Encontre à Bon encontre et le Prix Soleil Noir de Vaison La Romaine.

En juillet 2014, elle sort la sixième aventure de Leoni  » Des forêts et des âmes  » et  » Aux vents mauvais  » toujours aux Éditions Au-delà du raisonnable . puis    » Comme de longs échos  » aux Éditions Fleuve Noir.

 

Je remercie les Éditions Fleuve Noir pour cette lecture au label de qualité Corse.

 

 

 

 

 

 


 » Les ailes du rocher « 

Le rocher avec des ailes de Anne Hillerman aux Éditions Rivages




 » Depuis qu’il était policier, il avait passé plus de mois à patrouiller qu’il ne pouvait en garder le compte. Sa grand-mère n’avait pas eu tort quand elle l’avait mis en garde contre les chindis, ces esprits tourmentés et malfaisants qui surgissent après le crépuscule. La plupart des crimes dont Chee avait dû s’occuper s’étaient produits dans les heures sombres qui suivent minuit. Les ténèbres de l’extérieur semblent convoquer celles qui hantent les individus. « 





Jim Chee est un policier Navajo, tout comme sa compagne Bernie Manuelito. Ils s’apprêtent à prendre leurs premières vraies vacances et partir à Monument Valley. À peine arrivée, Bernie doit retourner d’urgence à Shiprock s’occuper de sa mère, tandis que Jim se joint à la police locale suite à une disparition inquiétante sur un plateau de tournage à Monument Valley.

« Il lui expliqua que cet établissement historique portait le nom du couple qui avait permis à Monument Valley de figurer sur la carte grâce à leur vision prémonitoire de ce que pouvaient rapporter les structures massives de grès rouge qui s’élèvent au-dessus du sol de la vallée et la main-d’œuvre potentielle que représentent les Navajos. Ils avaient incités John Ford à utiliser ces paysages dans des films devenus des classiques du cinéma comme La chevauchée fantastique, La Charge héroïque et La Prisonnière du désert. Ces structures rocheuses avaient fini par incarner le paysage auquel on associe le western.  » 




Ce site naturel des État-Unis situé à la frontiére entre l’ Arizona et l’Utah, fait parti d’une réserve des Navajos et du plateau du Colorado. Un endroit très prisé par les cinéastes mais aussi très protégé. Alors quand une équipe de film se permet certaines actions pour leur film de zombies, c’est plutôt mal perçu. On ne bafoue pas les croyances ancestrales des Navajos.
Jim Chee oubliera ses vacances et mènera son enquête de front tout en aidant son cousin qui tente de créer des excursions touristiques.



De son coté, Bernie persiste à penser que l’homme qu’elle avait arrêté avant ses congés, un soir sur une route désertique, cache un truc pas net. Tout en s’occupant de sa famille, elle reprend l’enquête avec l’aide du lieutenant Leaphorn en arrêt depuis ses blessures récoltées dans leur précédente affaire. Une aide inespérée qui va se révéler trés précieuse.
À travers ces deux enquêtes, nous découvrons également l’univers du cinéma qui donna naissance au western, mais aussi l’implantation touristique dans ces lieux mythiques, la pauvreté et l’alcoolisme qui touchent les Navajos, ainsi que les problèmes pour préserver l’environnement, qui touchent la terre entière actuellement. Une auteure qui s’implique à sa manière dans son récit. Tout comme son père dont elle a repris les personnages qu’il a créés , elle défend et protège la nature et les traditions Navajos.

Après avoir lu la plume de Tony Hillerman, j’ai pris grand plaisir à découvrir celle de sa fille, sans comparaison je les apprécie toutes les deux. Passionnée par tout ce qui touche aux indiens, j’ai adoré me retrouver à Monument Valley que j’ai eu la chance de voir lors de mon voyage en terre indienne en 2012, souvenirs inoubliables.

Écrire des enquêtes policières Navajos en y mélant le souvenir de leurs traditions, de leurs croyances est à mon sens une belle façon de leur rendre hommage.

La reléve est assurée, et les aventures de Jim et Bernie continuent pour ma plus grande joie. Alors si comme moi vous aimez les grands espaces américains, la culture indienne, n’hésitez pas à découvrir Anne Hillerman avec pour seul conseil de commencer par le premier La fille de la femme-araignée.

Depaysement garantie et culture enrichie, que demander de plus sinon le prochain roman ?

Anne Hillerman
Anne Hillerman est née en octobre 1949 aux États-unis à Lawton dans l’Oklahoma. Elle est la fille du grand romancier Tony Hillerman dont elle a reprit les personnages de ses fictions policières.

Craig Johnson, auteur de la série Walt Longmire en pense le plus grand bien :
 » Digne fille de son père qui lui a notamment appris comment raconter une bonne histoire. La Fille de la Femme-araignée est une heureuse reprise de l’héritage, qui saisit le souffle et la beauté du Sud-Ouest américain comme seule un(e) Hillerman peut le faire. »  
Alors n’hésitez plus, foncez à toute allure et vivez une belle aventure américaine chez les Navajos.