“ Vraie folie ”

Vraie folie de Linwood Barclay aux éditions Belfond

Traduit de l’anglais (Canada) par Renaud Morin

Rappelles- vous, précédemment à Promise Falls, les événements survenus.

«  Il avait commencé avec le meurtre horrible de Rosemary Gaynor. Et puis un certain nombre d’événements étranges s’étaient produits en ville. Des écureuils morts, une grande roue qui s’était mise en route toute seule, un prédateur sexuel à l’université et un bus en flamme qui avait dévalé une rue du centre-ville.

Et comme si ça ne suffisait pas, quelqu’un avait fait sauter le drive-in, tuant quatre personnes. ”

On ne peut vraiment pas dire que cette bourgade est paisible et tranquille.

Mais là, il semble que la situation s’est comme qui dirait aggravée.

– Il faut que vous veniez au poste, dit Carlson. On rappelle tout le monde.

– Que se passe-t-il ?

– C’est la fin du monde, répondis Carlson. Plus ou moins. ”

Depuis ce matin les sirènes d’ambulances n’ont pas chômé et les urgences accueillent à chaque instant de nouvelles victimes. Une véritable épidémie semble s’être abattue sur la ville. Le réseau hydraulique de la ville a été contaminé.

Pour l’inspecteur Barry Duckworth tout semble lié à l’insatiable meurtrier fanatique du nombre 23 qui sévit depuis quelques temps.

Mais ce n’est peut-être pas le seul meurtrier, il est temps de mettre un terme rapidement à ce carnage, même si pour cela un inspecteur et un privé devront unir leurs forces pour y parvenir.

Ce que j’en dis :

Après Fausses promesses (ma chronique ici) et Faux Amis (ma chronique ici) Vraie Folie clôture la trilogie et lève enfin le voile sur toutes les énigmes de Promise Falls.

Les catastrophes s’enchaînent à une vitesse vertigineuse et le climat est de plus en plus mortel. Une véritable tornade s’est abattue sur la ville.

Linwood Barclay ne laisse aucun répit à ses lecteurs et même si j’ai été moins emballé cette fois par l’écriture, j’ai apprécié de connaître enfin la vérité.

Ce final apocalyptique tient toutes ses promesses et sera d’autant plus apprécié si le lecteur a suivi chronologiquement les aventures de cette bourgade américaine.

Vous l’avez attendu, alors ne ratez pas ce dernier tome, et preparez-vous pour un final explosif.

Pour info :

Star aux États-Unis et en Angleterre, Linwood Barclay s’est fait un nom dans le club très fermé des grands maîtres du thriller.

Belfond a déjà publié treize de ses romans, dont Cette nuit-là (2009), Fenêtre sur crime (2014), La Fille dans le rétroviseur (2016), En lieux sûrs (2017) ou encore la série des aventures de Zack Walker. Tous sont repris chez J’ai lu.

Après Fausses promesses (2018 ; J’ai lu, 2019) et Faux Amis (2018), Vraie folie clôt la trilogie consacrée à la petite ville fictive de Promise Falls.

Je remercie les Éditions Belfond pour ce thriller démoniaque.


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“ Les sentiers de l’oubli ”

Les sentiers de l’oubli de Margaret Mizushima aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Chloé Royer

” Le lieutenant de police Mattie Lu Cobb aimait bien son nouvel coéquipier. On aurait même pu dire qu’elle était folle de lui. Contrairement aux précédents, il semblait lui correspondre. Elle appréciait le temps passé en sa compagnie et espérait pouvoir apprendre à lui faire confiance. (…) Grand et puissant, bardés de muscles, il était le seul du service à pouvoir la battre à la course. “

Au Colora à Timber Creek, l’inspectrice Mattie Cobb vient tout juste de finir sa formation cynophile, lorsqu’elle se retrouve sur une enquête avec son tout nouvel coéquipier Robo, un berger allemand.

Le corps d’une jeune fille de dix-sept ans vient d’être découvert dans les bois. Près d’elle, sa chienne blessée…

” Belle avait déterré la tête, le torse et les bras d’une jeune fille, dont le visage cireux était couvert de boue là où la chienne l’avait léché. Cheveux noirs, nez mutin. T-shirt taché de sang. Morte. “

La communauté est sous le choc, cette jeune fille était de la région.

Il est temps de mettre à l’épreuve Robo, et de voir si ce nouveau duo de flics va réussir sa première enquête ensemble. Aidé par Cole Walker, le vétérinaire l’enquête prend une drôle de tournure sur le fil du rasoir.

Entre corruption, trafic de drogue, la ville bien tranquille commence à perdre tout le charme des havres de paix.

Mais une chose est sûre :

” La leçon la plus importante dans cette affaire, cela dit, restait la suivante : il faut toujours écouter son chien “

Ce que j’en dis :

À travers ce roman qui marque le début d’une série, on fait connaissance avec un duo d’enquêteurs plutôt attachants et assez mignons. Il viennent tout juste de se rencontrer lors de la formation de Mattie à l’unité cynophile.

Leurs premières enquêtes va très vite mettre en pratique leurs enseignements et Robo, le berger allemand va devoir avoir le flair nécessaire pour réussir son baptême du feu.

Une écriture fluide et une enquête assez classique font de ce roman une lecture assez plaisante qui ravira les amoureux du suspens sans hémoglobine ou scènes trash à outrance.

Pour un premier roman c’est plutôt réussi même si j’ai trouvé l’ensemble plutôt gentillet.

À voir si par la suite ce sera un peu plus mordantE, un peu plus intriguante pour réussir à me charmer davantage.

Une belle découverte néanmoins.

Pour info :

Née dans le Texas, Margaret Mizushima a grandi au Texas et dans le Colorado.

Autrefois orthophoniste, elle a poursuivi son exploration des mots sous un angle plus artistique grâce à l’écriture.

Passionnée de nature et d’animaux, elle vit dans le Colorado entourée de chats et de chiens et vient souvent en aide à son mari, à la tête d’un cabinet vétérinaire. 

Les Sentiers de l’oubli est son premier roman publié en France.

Je remercie les éditions Belfond pour cette enquête au cœur du Colorado.

“ Anna – Belle ”

Anna – Belle de Lina Bengtsdotter aux Éditions Marabout

Traduit du suédois par Anna Gibson

” Maintenant, pensa Charlie. Maintenant, je lui dis. Challe, je ne peux pas aller là-bas. (…)

Elle aurait dû être au lit avec deux cachets d’aspirine et un comprimé d’oxazépam, en plus de laser traîne. Au lieu d’être là, nauséeuse et chamboulée, coincée dans cette bagnole, en route vers l’endroit du monde où elle s’était juré de ne plus jamais revenir.  »

Charlie avait quatorze ans lorsqu’elle quitta Gullspång et espérait sincèrement ne plus jamais y remettre les pieds. Mais aujourd’hui elle est devenue inspectrice à la brigade criminelle de Stockholm, et suite à la disparition suspecte d’une jeune fille, Chelle, son chef, a décidé de l’envoyer sur place avec un collègue.

” Le centre de Gullspång ressemblait à une ville fantôme. Magasins désertés, vitres brisées, visage d’Annabelle sur les unes de tabloïd placardées sur les réverbères, en plein vent. Sans la petite foule en gilet jaune fluo massée devant la supérette Ica, on aurait pu croire l’endroit. Sur le vieux banc devant le magasin, trois hommes alignés. Des hommes cassés, canette de bière à la main.

(…) Tout est quand même resté à peu près pareil, songea Charlie. Le temps a passé, mais rien n’a changé, au fond. “

Apparemment rien n’a changé. Le chômage et l’alcool ont un peu érodé tout espoir d’un monde meilleur, et cette disparition n’aide pas la population a retrouvé confiance.

Annabelle a disparu depuis quatre jours. Est-ce une fugue, un enlèvement, un suicide, un meurtre ? Toutes les hypothèses sont permises.

Et pour Charlie, l’affaire n’est pas simple. Confrontée à ses vieux démons et aux souvenirs qui resurgissent du passé, elle va devoir s’accrocher, quitte à déterrer au passage ce qu’elle a mis tant d’années à enfouir.

” Ce n’était peut-être pas tellement étonnant au fond si les gens en général, avaient tendance à confondre hasard et destin. “

Ce que j’en dis :

Il est écrit sur le bandeau qui accompagne ce roman : Révélation du polar scandinave, plus de 100 000 lecteurs conquis. Je ne peux que confirmer et me rajouter à cette longue liste de lectrices conquises par cette nouvelle plume.

Pour un premier roman, l’auteur nous offre une intrigue qui semble au départ assez banale mais qui se révèlera bien plus complexe au final, puisqu’elle servira également à introduire le personnage de Charlie Lager, une flic borderline qui se retrouvera mêlée à l’histoire sans le vouloir.

L’auteure y dépeint également le désespoir d’une population isolée où il y a peu de chance pour un brillant avenir.

À travers une construction captivante, l’histoire se profile alliant passé et présent, où s’immiscent au passage certains secrets jusqu’à maintenant bien cachés.

Son métier d’enseignante en psychologie lui permet d’apporter un soin particulier à ses personnages, et les rends forts attachants, c’est donc avec un plaisir non dissimulé que je retrouverai son prochain thriller  » For the missing “ où l’on retrouvera Charlie, qui sortira d’abord en VO en juin prochain.

Un premier thriller très addictif, très réussi, et une plume que je retrouverai avec joie.

Une bien belle découverte.

Pour info :

Lina Bengtsdotter est originaire de Gullspång, petite ville du centre de la Suède où chômage et pauvreté fragilisent la population.

Après avoir vécu en Angleterre et en Italie, elle est désormais installée à Stockholm où elle enseigne le Suédois et la psychologie.

Elle est l’auteure de nombreuses nouvelles publiées dans la presse.

Annabelle est son premier roman.

Je remercie les éditions Marabout pour cette intrigue scandinave très réussie.

“ Ce qui ne tue pas ”

Ce qui ne tue pas de Rachel Abbott aux Éditions Belfond

Traduit de l’anglais par Laureline Chaplain

” – Nom de Dieu !

Le chuchotement blasphématoire de Jason disait tout. Sur le lit, un amas de drap s’entortillait autour des bras et des jambes de deux personnes. Homme ou femme, elle était trop loin pour distinguer. Une odeur métallique confirma ce qu’elle voyait. Les deux corps gisaient, inertes, sur une literie trempée d’un sang sombre et épais.

Malgré la chaleur de la nuit, un frisson parcourut sa nuque. Que s’était-il passé ici ? Elle eut subitement envie de prendre ses jambes à son cou, d’abandonner derrière elle cette scène brutale. “

Après avoir reçu un appel d’urgence, la police se rend sur place et fait une découverte effroyable. Dans la maison d’un photographe de renom, Mascus Norton. deux corps ensanglantés gisent dans la chambre conjugale, et un bébé hurle dans une pièce assez proche.

Marcus North est sans vie, contrairement à Evie sa compagne.

Cleo North, la sœur de Marcus est convaincue de la culpabilité d’ Evie. Depuis le départ elle n’appréciait pas la relation de son frère et de cette femme. Quelque chose la mettait terriblement mal à l’aise. Marcus ne peut pas être le bourreau qu’on lui décrit.

En attendant le dénouement de l’enquête, Evie se retrouve enfermée.

Le plus dur, c’est le sentiment d’avilissement. Surtout aujourd’hui. J’ai été transporté dans un fourgon carcéral jusqu’aux sous-sols du palais de justice, avant d’être conduite au banc des accusés. Celui-ci n’est pas ouvert, comme ceux que j’ai parfois vus à la télé, mais séparé de la salle d’audience par une vitre laminée, comme si je souffrais d’une maladie contagieuse ou que j’étais un animal féroce. C’est peut-être le cas. “

Stéphanie King, va devoir démêler ce sac de nœuds, afin de découvrir qui est le bourreau et qui est la victime ? Alors que Cleo et Evie livrent chacune leur version sur Marcus, l’enquêtrice se retrouve au milieu de la plus ahurissante affaire de sa carrière…

” – Si j’avais poignardé Mark dans l’idée de me venger, sa souffrance n’aurait pas été aussi brève. Ce n’est pas ça, la vengeance. La vengeance, c’est s’assurer que la personne qui vous a fait du mal le paie par une très lente agonie. Si j’avais voulu me venger, il ne serait pas mort. Il serait accablé par la même douleur qui me ronge depuis des années. “

Les apparences sont parfois trompeuses, derrière chaque visage se cachent des secrets insoupçonnables. un seul dit la vérité, mais lequel ?

Ce que j’en dis :

Attention, le dernier thriller de Rachel Abbott a des pouvoirs fortement addictifs sur le lecteur. Tout en jouant avec nos nerfs, elle nous manipule tout comme ses personnages et nous embrouille en multipliant les fausses pistes en semant le doute en nous et en nous révélant avec parcimonie quelques indices assez troublants.

Comme au cinéma, chaque personnage joue son rôle à la perfection et nous bluffe admirablement.

À travers cette intrigue on découvre la mise en place d’une terrible vengeance et le pouvoir suprême de la manipulation.

La reine du crime du polar anglais a frappé fort avec cette histoire où les faux-semblants et les rivalités féminines attisent la jalousie et mènent à la folie.

C’est tordu, tragique, étrange, et c’est divinement réussi.

Les amoureux du thriller psychologique vont se régaler, c’est certain.

Retrouvez ma précédente chronique La disparue de Noël, ici.

Pour info :

Née près de Manchester, Rachel Abbott a longtemps occupé un poste d’infographiste, avant de se lancer à la poursuite d’un vieux rêve, rénover de vieilles demeures en Italie, où elle vit désormais une partie de l’année.

La parution d’Illusions fatales (2014), son premier roman autopublié, classé numéro un des ventes en Angleterre, a marqué le début d’une formidable success story.

Après Une famille trop parfaite (2016) et La Disparue de Noël (2017) publiés dans la collection Le Cercle Belfond, l’auteure fait un retour en force sur la scène du thriller avec Ce qui ne tue pas.

 

Je remercie les Éditions Belfond pour ce thriller psychologique terriblement manipulateur.

“ Mitragyna ”

Mitragyna de Sandrine Zorn et Alain Siméon aux Éditions Lajouanie

Camille, une jeune professeur de sciences, passe quelques jours sur Paris. Au programme, visites de musées, de monuments et quelques soirées dans les boîtes de jazz, de quoi passer d’agréables moments. Mais à peine commencé, son week-end se retrouve déjà perturbé. Lors de sa première sortie au musée d’Orsay, elle est victime d’une agression, et son sac disparaît.

” Récapitulons : je suis au musée d’Orsay, au cinquième étage. Avant de partir, je suis passée aux toilettes, j’ai été percuté par la porte au moment de sortir et vu que mon superbe sac n’est plus là, j’ai du me faire agresser. Merde ! Mes papiers, mon téléphone, mes clés, mon carnet… Pas un bruit, le musée doit être fermé.  »

Le lendemain le sac refait surface au pied du cadavre d’un clochard.

Une fois l’identité du SDF connu, Camille va se retrouver plongée dans son passé de biologiste qu’elle avait tenter d’oublier.

(…) Alors vas-y, raconte-moi maintenant. Il s’est passé quoi entre toi et Ton Viguier ? Je veux les détails : les circonstances, les relations entre vous pendant sa thèse. Je veux tout savoir : le professionnel et le privé. Et après, tu me raconteras aussi ta douleur, ta honte, ta rancoeur, ta culpabilité à laisser tes potes africains se faire piller parce que tu as laissé ton prof te piquer tes résultats sans réagir. “

Elle était loin d’imaginer que l’héritage de quelques graines d’une plante au vertus prometteuses, déclencheraient un tel tollé et éveilleraient la curiosité des policiers, de truands notoires, de détectives privés et des chercheurs en quête de miracles.

Avant de pouvoir sauver des vies, elle va devoir sauver la sienne et poursuivre ses recherches dans un climat sous haute tension où la confiance est mise à rude épreuve.

Ce que j’en dis :

Il n’aura fallu que quelques pages pour que je m’attache à Camille, l’héroïne de cette histoire mais également à l’écriture soignée que ce duo d’auteurs nous offre à travers une histoire pleine de rebondissements.

Très vite on se retrouve embarqué dans une intrigue captivante qui nous fait voyager entre la France et le Sénégal où se cache peut-être un complot sanitaire de grande ampleur.

Sans jamais nous saouler avec des termes scientifiques rébarbatifs, les auteurs nous plongent pourtant au cœur d’une histoire qui révèle les magouilles de certains laboratoires pharmaceutiques, prêts à tout pour s’approprier certaines découvertes médicales sans se soucier des pertes humaines.

Au côté de Camille, une femme de caractère, indépendante, qui ne se laissera jamais impressionnée par la gente masculine et gardera toujours un humour mordant tout en restant inflexible face à l’injustice.

Digne de la renommée des éditions Lajouanie, ce roman policier mais pas que, écrit à quatre mains mérite toute votre attention.

Un roman qui tient toutes ses promesses et risque même de vous surprendre bien au-delà de vos attentes.

Pour info :

Sandrine Zorn évolue dans le domaine de l’agriculture. Elle travaille et réside à Metz. Alain Siméon est enseignant et chef d’entreprise. Il habite Troyes. 

Ils se sont connus sur les bancs de l’uni­versité et se sont découverts une passion commune, la littérature policière. Depuis ils se retrouvent régulièrement sur les salons. C’est lors d’une manifestation consacrée au polar qu’ils ont décidé de se lancer dans l’écriture d’un roman à quatre mains.

Je remercie les Éditions Lajouanie pour cette formidable découverte.

“ Les mafieuses

Les mafieuses de Pascale Dietrich aux Éditions Liana Levi

” Lorsqu’elle aperçut le téléphone sur la commode au bout du couloir, elle eut tout à coup la certitude que la personne à l’autre bout du fil allait lui annoncer la mort de son mari. (…)

– J’ai pensé que vous voudriez être tenue au courant sans tarder. Votre mari est tombé dans le coma.

Le cœur de Michèle se serra dans sa poitrine. Pas mort, mais presque.

– Vu sa maladie, c’est ce qui pouvait lui arriver de mieux, enchaîna le médecin. Il partira sans souffrir. “

Leone Acampora, un vieux mafioso grenoblois vient de sombrer dans le coma. Ses jours sont comptés. Mais ce n’est pas pour autant qu’il en a oublié ses dernières volontés et compte bien les faire respecter même après sa mort. Il a le bras long, surtout si c’est une question d’honneur.

Michèle sa femme et ses deux filles ont appris à composer avec les cadavres et les valises de cocaïne qui trainaient dans leur somptueuse demeure.

Et il est fort possible que Diane une des filles travaille dans l’humanitaire pour se racheter une conscience. Quant à Alessia, elle est pharmacienne et foisonne d’idées pour moderniser le business paternel.

Mais que feront ces trois femmes, face à un tueur à gage, engagé par l’homme actuellement dans le coma.

Qui sera éliminé avant l’heure du testament ?

Qui a brisé le code d’honneur ?

Ce que j’en dis :

Retrouver une auteure que l’on a précédemment apprécié est déjà au départ très réjouissant. Une île bien tranquille (ma chronique ici) était un petit bonbon très pétillant et plein de surprises. Les mafieuses nous plonge au cœur de la mafia Grenobloise en compagnie de Nanas qui n’ont pas froid aux eux, et seront prêtes à tout pour se protéger de ce tueur à gage, qui que se soit.

Le noir flirte avec l’humour, les sacs à main sont assez grands pour cacher un pétard et les nanas imposent leur loi dans ce milieu de machos.

Et même si le corps mourant est responsable de tous ces maux on est loin de sortir les mouchoirs. Non ici on dégaine les flingues, on s’organise pour ne pas finir dans le trou avec lui, ni à l’ombre. Il aurait tort de s’en faire le mafieux, la relève va assurer.

Pascale Dietrich réussit encore à réveiller mes zygomatiques. Elle m’a régalé avec ses mafieuses pleine de ressources. Un polar à la sauce italienne cent pour cent féminin qui remettra les mâles têtus à leur place.

Un récit savoureux, diaboliquement incorrect, bourrée d’adrénaline et d’une bonne dose d’humour. Une recette qu’elle affectionne, un régal pour les lecteurs qui désirent être agréablement surpris.

Alors faites moi confiance, Les mafieuses vous attendent et vous réservent de belles surprises.

Pour info :

Pascale Dietrich est née à Tours en 1980. Sociologue à l’Ined à Paris, ses travaux portent sur les populations précaires et les inégalités face aux logements et les conditions de vie des plus démunis.

Côté écriture, elle est l’auteur de nouvelles et de courts romans flirtant avec le polar, dont Le Homard (In8, 2013), Une île bien tranquille (Liana Levi, 2016) et Les mafieuses (Liana Levi, février 2019).

Je remercie les Éditions Liana Levi pour cette aventure pleine de piquants délicieusement surprenante.

“ La légende de Santiago ”

La légende de Santiago de Boris Quercia aux Éditions Asphalte

Traduit de l’espagnol (Chili) par Isabel Siklodi

« Toi, Quiñones, tiens-toi tranquille. On va le choper », dit Garcia pour me laisser en dehors du coup.

Je sais que ce n’est pas de la méchanceté de sa part mais, même si j’y suis habitué, ses mots me dérangent. Après tout, qu’est-ce que j’y peux ? Je suis la pomme pourrie dans le panier, personne ne veut rester dans les parages. Je suis l’exemple même du flic raté, qu’on montre du doigt aux nouveaux. Pour recadrer un petit jeune, j’ai entendu un collègue dire : « Si tu continues comme ça, tu vas finir comme Quińones ». Je suis une légende, ils me croient capable de tout, et comme souvent dans les légendes, tout est faux. “

Santiago Quiñones, flic à Santiago du Chili, n’est pas au mieux de sa forme. Il n’est plus en odeur de sainteté auprès de Marina, sa compagne et ses collègues le détestent.

La culpabilité le ronge, et le fantôme de celui qu’il vient d’aider à mourir ne le quitte plus. L’enfer ne semble plus très loin.

Ça ressemble à un film d’horreur, mais c’est la réalité. Ce sont des choses qui arrivent.

Je n’ai pas entendu de voix quand j’ai étouffé le monsieur, ou alors si j’en ai entendu une, c’était la mienne. La fille est innocente, pas moi. “

Alors quand il tombe sur le cadavre tout juste refroidi d’un trafiquant de drogue dans un restaurant chinois, il n’hésite même pas à se servir dans la came qui traîne sur la table.

Ce n’est sûrement pas une bonne idée mais au point où il en est…

Et pourtant ce faux pas de trop risque de lui coûter très cher…

Ça fait plus d’une semaine que je suis clean et avant ça, je ne me rappelle même plus la dernière fois que j’ai snifé. Mais quand on te mets autant de sucreries sous le nez, impossible de refuser, d’autant que ces derniers jours n’ont pas été faciles. “

Ce que j’en dis :

Découvert très récemment, avec son précédent roman Tant de chiens, Grand Prix de la littérature policière 2018, la plume de Boris Quercia avait tout pour me plaire.

Une plume brutale, directe, sans concession, habitée de noirceur, l’auteur met en scène un flic atypique, déjanté, borderline, torturé, et tellement attachant.

Boris Quercia nous embarque dans un Chili gangrené par la cocaïne, la prostitution, la corruption loin des décors de carte postale où la violence n’a pas sa place, ne prenant pas le risque d’effrayer les touristes.

Malgré tout on l’aime son décor sombre, son ambiance merdique, ses personnages déglingués, son flic un peu salaud, un peu voyou, genre Olivier Marchal pour l’adaptation ciné, et pourquoi pas ? On peut toujours rêver…

Vous l’aurez compris ce livre et le précédent bien évidemment étaient fait pour moi, cette rencontre était inévitable et j’ose espérer que l’auteur continuera à nous servir du noir bien serré qui nous prend bien aux tripes et nous déchire le cœur.

Un virtuose du noir à découvrir absolument.

Pour info :

Boris Quercia est né à Santiago du Chili.

Il est connu dans son pays en tant que cinéaste aux multiples facettes : acteur, réalisateur, scénariste, producteur…

Il travaille sur une série télévisée très populaire au Chili, Los 80. Mais son jardin secret est l’écriture de polars. 

Les Rues de Santiago, son premier livre, est paru chez Asphalte début 2014 et met en scène le flic Santiago Quiñones. On retrouve ce dernier dans son roman suivant, Tant de chiens, qui a remporté le Grand Prix de littérature policière 2016.

La légende de Santiago est son troisième roman noir publié également chez Asphalte.

Je remercie les Éditions Asphalte toujours présent sur les bons coups littéraires, de la bonne came cinq étoiles.

“ Le Cherokee ”

Le Cherokee de Richard Morgiève aux Éditions Joëlle Losfeld

Il a pivoté vers le zinc qui a surgi à cent mètres, trois étages au-dessus du sol, un chasseur Sabre, sans lumière, réacteur coupé, noirâtre – odeur de brûlé, d’essence. Autre odeur bizarre, chaleur.

Corey s’est jeté à terre instinctivement. Le Sabre est passé au-dessus de lui dans un souffle violent. Corey a relevé la tête pour le voir filer sans bruit, le train d’atterrissage sorti. “

Au cours de l’année 1954, aux USA, sur les hauts plateaux désertiques du comté de Garfield, dans l’Utah, atterrit en pleine nuit un chasseur Sabre, sans aucune lumière, ni pilote.

Inopinément le Shérif Nick Corey assiste à la scène, lors de sa tournée de nuit à la première neige.

Après avoir découvert une voiture abandonnée, cette nuit est de plus en plus surprenante et annonce un sacré branle-bas de combat.

Suite à ces événements, le FBI et l’armée débarque. Tous sont sur les dents.

Corey de son côté se retrouve confronté à son propre passé, le tueur en série qui a assassiné ses parents et gâché sa vie, réapparaît.

Le tueur n’avait pas été retrouvé. La guerre était venue et tout le monde s’était intéressé à un autre type de meurtre. Il n’était pas impossible que l’assassin de ses parents ait été décoré pour bravoure et héroïsme. Corey espérait qu’il était vivant, lui n’avait pas clos l’enquête. Il n’avait pas la possibilité d’avoir accès à toutes les procédures pour homicides, à toutes les enquêtes, alors il attendait. Il attendait depuis vingt et un ans. Il n’espérait pas — c’était un type au bord de l’eau qui attendait que ça morde, sans ligne, sans hameçon. “

Corey a assez attendu, il est temps pour lui de faire face à ses cauchemars et de reprendre la route pour suivre les traces de ce tueur qui parsème sa route d’indices troublants de manière très particulière que seul un indien pourrait trouver. Le Cherokee pourrait être une aide précieuse au shérif, à l’allure Apache.

Un sacré fantôme de plus dans une ville de fantômes. Il connaissait son labyrinthe et ne craignait pas d’affronter la nuit. Ce qu’il craignait d’affronter, c’était la vérité. “

C’est sur sa Harley, qu’il fonce à la poursuite du tueur, le cœur battant la chamade pour cet agent du FBI. Même dans les pires moments, personne n’est à l’abri de tomber amoureux pour la première fois…

” Il espérait et comprenait que c’était ça vivre, cet espoir qui ne se disait pas, ne se prononçait pas. Cet espoir en nous et qu’on projetait sans le savoir, sans en être conscient, pour marcher sur la corde au dessus du vide. “

Ce que j’en dis :

Tomber d’amour pour un polar, en ce qui me concerne c’est assez rare. Dès le départ j’ai été sous le charme de la plume de Richard Morgiève, d’une qualité remarquable, sans compter l’histoire qui se profilait qui avait tout pour me plaire.

C’est en tout premier lieu, le titre qui m’a interpellé puis la couverture attirante qui m’a donnée envie de voir ce que ce roman cachait.

Adepte des lectures à l’aveugle ou vierge de toute information, je ne me suis pas attardée sur le synopsis, et dès les premières pages, j’étais comblée et sous le charme de ce shérif atypique. L’aventure se présentait sous de merveilleux auspices.

Il ne fallait pas croire que Corey était un bon gars simple et gentil. Des blagues. Il pensait qu’il était un sacré fumier — et on ne se refait pas. “

Un polar à la hauteur de toutes mes espérances qui recèle de nombreuses qualités.

Dans un style d’une grande maîtrise, une plume de caractère, délicieuse, acérée, avec ce petit côté de surnaturel où résonnent les croyances ancestrales des indiens d’Amérique, ce récit m’a conquise.

On accompagne Corey, ce shérif hyper attachant, qui porte en lui un lourd fardeau, accompagné de quelques fantômes qui le hantent jour et nuit, tout en lui permettant de mieux appréhender la vie et même de résoudre quelques énigmes au passage.

Quand l’enquêteur était à la ramasse, quand son âme battait des ailes, quand il était à bout de son humanité, alors la vérité pouvait venir à lui. Corey ne le savait pas encore. Corey était un homme, pas un ange. “

Et également un serial killer sournois qu’on aimerait bien voir finir derrières les barreaux.

Salué par Jean Patrick Manchette en 1994, pour Cueille le jour, ce polar tout aussi magnifique est à découvrir absolument.

Moment de lecture exquis.

Et s’apercevoir qu‘ Un petit homme de dos, et Boy m’attendent patiemment dans ma bibliothèque, me font regretter d’autant moins mes achats compulsifs.

Un auteur que je vais continuer à découvrir avec plaisir après cet énorme coup de foudre.

Pour info :

Richard Morgiève devient très tôt orphelin, sa mère meurt d’un cancer alors qu’il n’a que sept ans, et son père se suicide quand il en a treize.

Il vit ensuite une adolescence chaotique, au cours de laquelle il se débrouille en dealant du faux haschisch, entre autres activités, avant d’entamer toute une série de petits métiers.

Il publie son premier livre, un recueil de poèmes, à compte d’auteur à l’âge de vingt ans mais, honteux et écœuré de devoir payer pour être lu, il s’interdit d’écrire pendant dix ans. Il exerce tour à tour des emplois de débrouille tels fort des halles, employé de bureau, ouvrier, mécanicien, peintre en bâtiment, plâtrier, représentant, colporteur, déménageur de caves, standardiste ou chauffeur poids lourds.

Foncièrement autodidacte, Richard Morgiève publie, à l’âge de trente ans, en 1980, son premier livre à compte d’éditeur : un roman policier. Dès lors, il ne cessera plus d’écrire, entamant véritablement son œuvre personnelle avec la publication de son premier roman de littérature générale, Des femmes et des boulons, en 1987.

Aujourd’hui, il a écrit plus d’une vingtaine de romans, nombreux publiés aux éditions Joëlle Losfeld.

Je remercie les Éditions Joëlle Losfeld pour ce polar qui vaut son pesant d’or.

“ Handsome Harry, confessions d’un gangster ”

Handsome Harry de James Carlos Blake aux Éditions Gallmeister

Traduit par Emmanuel Pailler

Dans le couloir de la mort Handsome Harry attend son exécution après avoir été sauvé in extremis. Quelle ironie du sort.

Pour combler cette attente, il nous confesse son parcours de gangster.

” C’était fabuleux. “

Il n’en n’est pas à son premier séjour en prison et s’était fait très vite une sacrée réputation qui n’avait rien pour lui déplaire.

C’est lui là… Handsome Harry… Il braque des banques. Des banques, mec!… Il a descendu un type à Indianapolis… Il a tué un gars de J-ville à mains nues…

Et ainsi de suite. Je ne nierai pas le plaisir que je prenais à toutes ces discussions que j’attirais. Une fois en liberté, je n’ai jamais apprécié la célébrité, mais en taule, tout ce qu’on a, c’est une réputation à se faire et les couilles de la défendre. En taule, la réputation, c’est tout. “

Mais dehors aussi, on lui colle très vite une étiquette. Lui et sa bande sont considérés comme dangereux et pourtant ils ne veulent de mal à personne, mais juste de quoi s’offrir de belles bagnoles, faire la fête avec les copains et fréquenter des jolies filles. Juste profiter de la vie avant de se faire choper par les flics.

” Les journaux nous appelaient désormais le gang de la Terreur. On aurait dit qu’on brûlait, pillait et violait, au lieu de braquer simplement des banques. Ces torchons exagéraient toujours tout, transformant des souris en montagnes. “

Hors-la-loi un jour, hors-la-loi pour toujours.

 » Il ne s’est jamais passé une journée sans que j’apprenne un truc sur la loi qui me l’a rende encore plus détestable que la veille. “

Et puis, vaut mieux finir derrière les barreaux que mort, ça laisse toujours une chance de se faire la malle et de remettre ça…

Ce que j’en dis :

J’avoue, j’ai toujours été fasciné par les braqueurs de banques, mon côté rebelle contre les agios et autres frais bancaires abusifs. Franchement qui n’a jamais rêvé de faire un casse dans sa banque, histoire de remettre les compteurs à zéro ?

Alors quand l’occasion se présente grâce à Léa, créatrice du Légendaire Picabo River Book Club et des éditions Gallmeister, de découvrir l’histoire inspirée d’un grand braqueur, je ne peux que me réjouir et je n’ai pas été déçu.

Ici on braque des banques, on n’enfile pas des perles, donc ça déménage. Et pour le cash on le trouve autant dans les banques que dans le style de l’auteur. Les voyous ça le connaît et on ne s’en lasse pas.

D’après une histoire tirée de faits réels , l’auteur nous plonge dans une époque où les gangsters s’en donnaient à cœur joie, et n’auraient changé de vie pour rien au monde, tout en gardant un sens de l’honneur irréprochable en amitié comme en amour.

Alors une fois de plus mon cœur a battu la chamade pour ces graines de voyous, magnifiquement mis à l’honneur dans ce roman des années folles.

Un récit palpitant qui ne manque ni de rythme, ni d’humour. On lirait bien quelques chapitres de plus histoire de dévaliser quelques banques supplémentaires…

Pour info :

James Carlos Blake naît au Mexique en 1947 dans une famille mélangeant des ascendances britanniques, irlandaises et mexicaines. Il émigre aux États- Unis où il est mécanicien, chasseur de serpent ou encore professeur. En 1995, son premier roman, L’Homme aux pistolets, sur le célèbre hors-la-loi John Wesley Hardin, remporte un grand succès. Auteur d’une dizaine de romans, d’essais et de biographies, il aime brosser les portraits flamboyants de bandits, célèbres ou non, de marginaux et de personnalités historiques hautes en couleur. Il est notamment lauréat du Los Angeles Times Book Prize et du Southern Book Award.

Je remercie Léa et les Éditions Gallmeister pour cette épopée succulente.

 » Gang of L.A. »

Gang of L.A. Une enquête d’Isaiah Quintabe de Joe Ide aux Éditions Denoël

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Diniz Galhos

” Une bande de Sureños Locos 13 traînait sur un carré de gazon à côté de l’entrée, et ce n’était pas par hasard. Il y avait là un muret en béton derrière lequel on pouvait s’abriter et des bananiers où l’on pouvait cacher des flingues. Un tas de leurs potes étaient en cellule pour port d’arme illégal. Bien qu’âgés de moins de vingt ans pour la plupart, les Locos étaient de vrais tueurs, et ce jour-là, personne n’avait oublié son uniforme : short baggy, T-shirt blanc ou maillot de football américain trop large, et un accessoire rouge. Un bracelet, une casquette, un bandana dépassant de la poche. Le rouge, c’était leur couleur. ”

Certains quartiers mal famés de Los Angeles à l’est de Long Beach, regorgent de criminels et la police a bien du mal à faire face. Meurtres impunis, retraités dépouillés, enfants kidnappés, la violence ne cesse d’augmenter, et les gangs de prospérer.

Mais on murmure le nom d’un citoyen qui pourrait bien aider ceux abandonnés par la police : Isaiah Quintabe.

” Isaiah n’avait pas de site Internet, pas de page Facebook ni de compte Twitter, mais les gens parvenaient quand même à le contacter. Il traitait en priorité les affaires locales dont la police ne pouvait pas ou ne voulait pas s’occuper. Ce n’était pas le travail qui manquait, mais la plupart de ses clients le rémunèreraient en tarte à la patate douce, en coups de râteau dans son jardin ou en tout nouveaux pneus radiaux. Et ça, c’était quand on le payait. “

On l’appelle IQ, un loup solitaire, autodidacte qui cache sous une apparence banale une ténacité à toute épreuve et une intelligence hors du commun. Ce n’est hélas pas avec ce qu’il gagne avec ses clients qu’il va pouvoir s’en sortir. Alors parfois, il accepte certains contrats plus lucratifs.

C’est à cette occasion qu’il va se retrouver à bosser pour un célèbre rappeur qui est convaincu qu’on veut lui faire la peau.

Et la manière dont on a tenté de l’éliminer est assez surprenante et même terrifiante, de quoi s’inquiéter sérieusement.

” Isaiah regarda la vidéo en s’efforçant de trouver un sens à tout cela. Quelqu’un avait envoyé un chien pour tuer Cal. Quelqu’un s’était servi d’un chien comme assassin. Qui avait pu faire une chose pareille ? “

L’enquête d’Isaiah va l’amener à croiser une ex-femme rancunière, des molosses aux dents acérées, un tueur à gages sanguinaire qui ferait même fuir le pire des gangs…

Il était loin d’imaginer ce qui l’attendait, mais quelques soient les dangers qu’il pourrait rencontrer, il ira jusqu’au bout de cette affaire.

Ce que j’en dis :

Il est écrit sur la couverture : une enquête d’Isaiah Quintabe et j’ose espérer que ce ne sera pas la seule, même si j’ai découvert pour mon plus grand plaisir que cet opus sera adapté en série télévisée par la production à qui l’on doit The Dark Knight et American Bluff.

Pas étonnant que ce récit m’ai accroché dès le départ, en écourtant sérieusement ma nuit pour prolonger au maximum ma lecture, terminée dès le lendemain matin en le quittant à regret, comme lorsqu’on arrive au dernier épisode d’une super série.

Enivrée par la plume de Joe Ide, développant immédiatement un attachement aux personnages, je me suis retrouvée embarquée dans une histoire qui voyage entre le passé et le présent d’ Isaiah, qui nous permet de mieux comprendre comment cet homme en est arrivé là.

Une construction étonnante, qui s’enchaînent merveilleusement à un rythme endiablé, pleine de surprises inattendues au côté d’une galerie de personnages explosifs qui donnent à ce roman une originalité extraordinaire. Même si la violence est au rendez-vous, l’enquête n’en demeure pas moins fascinante et souvent hilarante.

Joe Ide a donné vie à un enquêteur fabuleux qui risque de faire beaucoup d’ombre à certains et il serait vraiment dommage qu’il s’arrête là.

Vous l’aurez compris, cette virée à Los Angeles m’a captivé, et je suis sous le charme de cette nouvelle plume mais également de ce génie d’enquêteur.

Un polar noir américain à découvrir d’urgence.

Pour info :

Joe Ide est d’origine japonaise et a grandi dans les quartiers chauds de South Central Los Angeles, dévorant Arthur Conan Doyle et fasciné par l’idée qu’un personnage puisse triompher de ses adversaires uniquement à l’aide de son intelligence. Après des études à l’université, il s’est essayé à plusieurs métiers avant d’écrire son premier roman, Gangs of L.A., inspiré par sa jeunesse et par cet amour pour Sherlock Holmes.

Joe Ide vit aujourd’hui à Santa Monica, en Californie.

Il a reçu en 2017 pour Gangs of L.A., en tant que meilleur premier roman, le Prix Anthony, le Prix Macavity et également le Prix Shamus aux États-Unis.

La traduction de Gangs of L.A. a bénéficié d’une subvention du CNI.,fait assez rare pour les polars.

Je remercie les Éditions Denoël pour cette virée extraordinaire à L.A.