“ La légende de Santiago ”

La légende de Santiago de Boris Quercia aux Éditions Asphalte

Traduit de l’espagnol (Chili) par Isabel Siklodi

« Toi, Quiñones, tiens-toi tranquille. On va le choper », dit Garcia pour me laisser en dehors du coup.

Je sais que ce n’est pas de la méchanceté de sa part mais, même si j’y suis habitué, ses mots me dérangent. Après tout, qu’est-ce que j’y peux ? Je suis la pomme pourrie dans le panier, personne ne veut rester dans les parages. Je suis l’exemple même du flic raté, qu’on montre du doigt aux nouveaux. Pour recadrer un petit jeune, j’ai entendu un collègue dire : « Si tu continues comme ça, tu vas finir comme Quińones ». Je suis une légende, ils me croient capable de tout, et comme souvent dans les légendes, tout est faux. “

Santiago Quiñones, flic à Santiago du Chili, n’est pas au mieux de sa forme. Il n’est plus en odeur de sainteté auprès de Marina, sa compagne et ses collègues le détestent.

La culpabilité le ronge, et le fantôme de celui qu’il vient d’aider à mourir ne le quitte plus. L’enfer ne semble plus très loin.

Ça ressemble à un film d’horreur, mais c’est la réalité. Ce sont des choses qui arrivent.

Je n’ai pas entendu de voix quand j’ai étouffé le monsieur, ou alors si j’en ai entendu une, c’était la mienne. La fille est innocente, pas moi. “

Alors quand il tombe sur le cadavre tout juste refroidi d’un trafiquant de drogue dans un restaurant chinois, il n’hésite même pas à se servir dans la came qui traîne sur la table.

Ce n’est sûrement pas une bonne idée mais au point où il en est…

Et pourtant ce faux pas de trop risque de lui coûter très cher…

Ça fait plus d’une semaine que je suis clean et avant ça, je ne me rappelle même plus la dernière fois que j’ai snifé. Mais quand on te mets autant de sucreries sous le nez, impossible de refuser, d’autant que ces derniers jours n’ont pas été faciles. “

Ce que j’en dis :

Découvert très récemment, avec son précédent roman Tant de chiens, Grand Prix de la littérature policière 2018, la plume de Boris Quercia avait tout pour me plaire.

Une plume brutale, directe, sans concession, habitée de noirceur, l’auteur met en scène un flic atypique, déjanté, borderline, torturé, et tellement attachant.

Boris Quercia nous embarque dans un Chili gangrené par la cocaïne, la prostitution, la corruption loin des décors de carte postale où la violence n’a pas sa place, ne prenant pas le risque d’effrayer les touristes.

Malgré tout on l’aime son décor sombre, son ambiance merdique, ses personnages déglingués, son flic un peu salaud, un peu voyou, genre Olivier Marchal pour l’adaptation ciné, et pourquoi pas ? On peut toujours rêver…

Vous l’aurez compris ce livre et le précédent bien évidemment étaient fait pour moi, cette rencontre était inévitable et j’ose espérer que l’auteur continuera à nous servir du noir bien serré qui nous prend bien aux tripes et nous déchire le cœur.

Un virtuose du noir à découvrir absolument.

Pour info :

Boris Quercia est né à Santiago du Chili.

Il est connu dans son pays en tant que cinéaste aux multiples facettes : acteur, réalisateur, scénariste, producteur…

Il travaille sur une série télévisée très populaire au Chili, Los 80. Mais son jardin secret est l’écriture de polars. 

Les Rues de Santiago, son premier livre, est paru chez Asphalte début 2014 et met en scène le flic Santiago Quiñones. On retrouve ce dernier dans son roman suivant, Tant de chiens, qui a remporté le Grand Prix de littérature policière 2016.

La légende de Santiago est son troisième roman noir publié également chez Asphalte.

Je remercie les Éditions Asphalte toujours présent sur les bons coups littéraires, de la bonne came cinq étoiles.

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“ Le Cherokee ”

Le Cherokee de Richard Morgiève aux Éditions Joëlle Losfeld

Il a pivoté vers le zinc qui a surgi à cent mètres, trois étages au-dessus du sol, un chasseur Sabre, sans lumière, réacteur coupé, noirâtre – odeur de brûlé, d’essence. Autre odeur bizarre, chaleur.

Corey s’est jeté à terre instinctivement. Le Sabre est passé au-dessus de lui dans un souffle violent. Corey a relevé la tête pour le voir filer sans bruit, le train d’atterrissage sorti. “

Au cours de l’année 1954, aux USA, sur les hauts plateaux désertiques du comté de Garfield, dans l’Utah, atterrit en pleine nuit un chasseur Sabre, sans aucune lumière, ni pilote.

Inopinément le Shérif Nick Corey assiste à la scène, lors de sa tournée de nuit à la première neige.

Après avoir découvert une voiture abandonnée, cette nuit est de plus en plus surprenante et annonce un sacré branle-bas de combat.

Suite à ces événements, le FBI et l’armée débarque. Tous sont sur les dents.

Corey de son côté se retrouve confronté à son propre passé, le tueur en série qui a assassiné ses parents et gâché sa vie, réapparaît.

Le tueur n’avait pas été retrouvé. La guerre était venue et tout le monde s’était intéressé à un autre type de meurtre. Il n’était pas impossible que l’assassin de ses parents ait été décoré pour bravoure et héroïsme. Corey espérait qu’il était vivant, lui n’avait pas clos l’enquête. Il n’avait pas la possibilité d’avoir accès à toutes les procédures pour homicides, à toutes les enquêtes, alors il attendait. Il attendait depuis vingt et un ans. Il n’espérait pas — c’était un type au bord de l’eau qui attendait que ça morde, sans ligne, sans hameçon. “

Corey a assez attendu, il est temps pour lui de faire face à ses cauchemars et de reprendre la route pour suivre les traces de ce tueur qui parsème sa route d’indices troublants de manière très particulière que seul un indien pourrait trouver. Le Cherokee pourrait être une aide précieuse au shérif, à l’allure Apache.

Un sacré fantôme de plus dans une ville de fantômes. Il connaissait son labyrinthe et ne craignait pas d’affronter la nuit. Ce qu’il craignait d’affronter, c’était la vérité. “

C’est sur sa Harley, qu’il fonce à la poursuite du tueur, le cœur battant la chamade pour cet agent du FBI. Même dans les pires moments, personne n’est à l’abri de tomber amoureux pour la première fois…

” Il espérait et comprenait que c’était ça vivre, cet espoir qui ne se disait pas, ne se prononçait pas. Cet espoir en nous et qu’on projetait sans le savoir, sans en être conscient, pour marcher sur la corde au dessus du vide. “

Ce que j’en dis :

Tomber d’amour pour un polar, en ce qui me concerne c’est assez rare. Dès le départ j’ai été sous le charme de la plume de Richard Morgiève, d’une qualité remarquable, sans compter l’histoire qui se profilait qui avait tout pour me plaire.

C’est en tout premier lieu, le titre qui m’a interpellé puis la couverture attirante qui m’a donnée envie de voir ce que ce roman cachait.

Adepte des lectures à l’aveugle ou vierge de toute information, je ne me suis pas attardée sur le synopsis, et dès les premières pages, j’étais comblée et sous le charme de ce shérif atypique. L’aventure se présentait sous de merveilleux auspices.

Il ne fallait pas croire que Corey était un bon gars simple et gentil. Des blagues. Il pensait qu’il était un sacré fumier — et on ne se refait pas. “

Un polar à la hauteur de toutes mes espérances qui recèle de nombreuses qualités.

Dans un style d’une grande maîtrise, une plume de caractère, délicieuse, acérée, avec ce petit côté de surnaturel où résonnent les croyances ancestrales des indiens d’Amérique, ce récit m’a conquise.

On accompagne Corey, ce shérif hyper attachant, qui porte en lui un lourd fardeau, accompagné de quelques fantômes qui le hantent jour et nuit, tout en lui permettant de mieux appréhender la vie et même de résoudre quelques énigmes au passage.

Quand l’enquêteur était à la ramasse, quand son âme battait des ailes, quand il était à bout de son humanité, alors la vérité pouvait venir à lui. Corey ne le savait pas encore. Corey était un homme, pas un ange. “

Et également un serial killer sournois qu’on aimerait bien voir finir derrières les barreaux.

Salué par Jean Patrick Manchette en 1994, pour Cueille le jour, ce polar tout aussi magnifique est à découvrir absolument.

Moment de lecture exquis.

Et s’apercevoir qu‘ Un petit homme de dos, et Boy m’attendent patiemment dans ma bibliothèque, me font regretter d’autant moins mes achats compulsifs.

Un auteur que je vais continuer à découvrir avec plaisir après cet énorme coup de foudre.

Pour info :

Richard Morgiève devient très tôt orphelin, sa mère meurt d’un cancer alors qu’il n’a que sept ans, et son père se suicide quand il en a treize.

Il vit ensuite une adolescence chaotique, au cours de laquelle il se débrouille en dealant du faux haschisch, entre autres activités, avant d’entamer toute une série de petits métiers.

Il publie son premier livre, un recueil de poèmes, à compte d’auteur à l’âge de vingt ans mais, honteux et écœuré de devoir payer pour être lu, il s’interdit d’écrire pendant dix ans. Il exerce tour à tour des emplois de débrouille tels fort des halles, employé de bureau, ouvrier, mécanicien, peintre en bâtiment, plâtrier, représentant, colporteur, déménageur de caves, standardiste ou chauffeur poids lourds.

Foncièrement autodidacte, Richard Morgiève publie, à l’âge de trente ans, en 1980, son premier livre à compte d’éditeur : un roman policier. Dès lors, il ne cessera plus d’écrire, entamant véritablement son œuvre personnelle avec la publication de son premier roman de littérature générale, Des femmes et des boulons, en 1987.

Aujourd’hui, il a écrit plus d’une vingtaine de romans, nombreux publiés aux éditions Joëlle Losfeld.

Je remercie les Éditions Joëlle Losfeld pour ce polar qui vaut son pesant d’or.

“ Handsome Harry, confessions d’un gangster ”

Handsome Harry de James Carlos Blake aux Éditions Gallmeister

Traduit par Emmanuel Pailler

Dans le couloir de la mort Handsome Harry attend son exécution après avoir été sauvé in extremis. Quelle ironie du sort.

Pour combler cette attente, il nous confesse son parcours de gangster.

” C’était fabuleux. “

Il n’en n’est pas à son premier séjour en prison et s’était fait très vite une sacrée réputation qui n’avait rien pour lui déplaire.

C’est lui là… Handsome Harry… Il braque des banques. Des banques, mec!… Il a descendu un type à Indianapolis… Il a tué un gars de J-ville à mains nues…

Et ainsi de suite. Je ne nierai pas le plaisir que je prenais à toutes ces discussions que j’attirais. Une fois en liberté, je n’ai jamais apprécié la célébrité, mais en taule, tout ce qu’on a, c’est une réputation à se faire et les couilles de la défendre. En taule, la réputation, c’est tout. “

Mais dehors aussi, on lui colle très vite une étiquette. Lui et sa bande sont considérés comme dangereux et pourtant ils ne veulent de mal à personne, mais juste de quoi s’offrir de belles bagnoles, faire la fête avec les copains et fréquenter des jolies filles. Juste profiter de la vie avant de se faire choper par les flics.

” Les journaux nous appelaient désormais le gang de la Terreur. On aurait dit qu’on brûlait, pillait et violait, au lieu de braquer simplement des banques. Ces torchons exagéraient toujours tout, transformant des souris en montagnes. “

Hors-la-loi un jour, hors-la-loi pour toujours.

 » Il ne s’est jamais passé une journée sans que j’apprenne un truc sur la loi qui me l’a rende encore plus détestable que la veille. “

Et puis, vaut mieux finir derrière les barreaux que mort, ça laisse toujours une chance de se faire la malle et de remettre ça…

Ce que j’en dis :

J’avoue, j’ai toujours été fasciné par les braqueurs de banques, mon côté rebelle contre les agios et autres frais bancaires abusifs. Franchement qui n’a jamais rêvé de faire un casse dans sa banque, histoire de remettre les compteurs à zéro ?

Alors quand l’occasion se présente grâce à Léa, créatrice du Légendaire Picabo River Book Club et des éditions Gallmeister, de découvrir l’histoire inspirée d’un grand braqueur, je ne peux que me réjouir et je n’ai pas été déçu.

Ici on braque des banques, on n’enfile pas des perles, donc ça déménage. Et pour le cash on le trouve autant dans les banques que dans le style de l’auteur. Les voyous ça le connaît et on ne s’en lasse pas.

D’après une histoire tirée de faits réels , l’auteur nous plonge dans une époque où les gangsters s’en donnaient à cœur joie, et n’auraient changé de vie pour rien au monde, tout en gardant un sens de l’honneur irréprochable en amitié comme en amour.

Alors une fois de plus mon cœur a battu la chamade pour ces graines de voyous, magnifiquement mis à l’honneur dans ce roman des années folles.

Un récit palpitant qui ne manque ni de rythme, ni d’humour. On lirait bien quelques chapitres de plus histoire de dévaliser quelques banques supplémentaires…

Pour info :

James Carlos Blake naît au Mexique en 1947 dans une famille mélangeant des ascendances britanniques, irlandaises et mexicaines. Il émigre aux États- Unis où il est mécanicien, chasseur de serpent ou encore professeur. En 1995, son premier roman, L’Homme aux pistolets, sur le célèbre hors-la-loi John Wesley Hardin, remporte un grand succès. Auteur d’une dizaine de romans, d’essais et de biographies, il aime brosser les portraits flamboyants de bandits, célèbres ou non, de marginaux et de personnalités historiques hautes en couleur. Il est notamment lauréat du Los Angeles Times Book Prize et du Southern Book Award.

Je remercie Léa et les Éditions Gallmeister pour cette épopée succulente.

 » Gang of L.A. »

Gang of L.A. Une enquête d’Isaiah Quintabe de Joe Ide aux Éditions Denoël

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Diniz Galhos

” Une bande de Sureños Locos 13 traînait sur un carré de gazon à côté de l’entrée, et ce n’était pas par hasard. Il y avait là un muret en béton derrière lequel on pouvait s’abriter et des bananiers où l’on pouvait cacher des flingues. Un tas de leurs potes étaient en cellule pour port d’arme illégal. Bien qu’âgés de moins de vingt ans pour la plupart, les Locos étaient de vrais tueurs, et ce jour-là, personne n’avait oublié son uniforme : short baggy, T-shirt blanc ou maillot de football américain trop large, et un accessoire rouge. Un bracelet, une casquette, un bandana dépassant de la poche. Le rouge, c’était leur couleur. ”

Certains quartiers mal famés de Los Angeles à l’est de Long Beach, regorgent de criminels et la police a bien du mal à faire face. Meurtres impunis, retraités dépouillés, enfants kidnappés, la violence ne cesse d’augmenter, et les gangs de prospérer.

Mais on murmure le nom d’un citoyen qui pourrait bien aider ceux abandonnés par la police : Isaiah Quintabe.

” Isaiah n’avait pas de site Internet, pas de page Facebook ni de compte Twitter, mais les gens parvenaient quand même à le contacter. Il traitait en priorité les affaires locales dont la police ne pouvait pas ou ne voulait pas s’occuper. Ce n’était pas le travail qui manquait, mais la plupart de ses clients le rémunèreraient en tarte à la patate douce, en coups de râteau dans son jardin ou en tout nouveaux pneus radiaux. Et ça, c’était quand on le payait. “

On l’appelle IQ, un loup solitaire, autodidacte qui cache sous une apparence banale une ténacité à toute épreuve et une intelligence hors du commun. Ce n’est hélas pas avec ce qu’il gagne avec ses clients qu’il va pouvoir s’en sortir. Alors parfois, il accepte certains contrats plus lucratifs.

C’est à cette occasion qu’il va se retrouver à bosser pour un célèbre rappeur qui est convaincu qu’on veut lui faire la peau.

Et la manière dont on a tenté de l’éliminer est assez surprenante et même terrifiante, de quoi s’inquiéter sérieusement.

” Isaiah regarda la vidéo en s’efforçant de trouver un sens à tout cela. Quelqu’un avait envoyé un chien pour tuer Cal. Quelqu’un s’était servi d’un chien comme assassin. Qui avait pu faire une chose pareille ? “

L’enquête d’Isaiah va l’amener à croiser une ex-femme rancunière, des molosses aux dents acérées, un tueur à gages sanguinaire qui ferait même fuir le pire des gangs…

Il était loin d’imaginer ce qui l’attendait, mais quelques soient les dangers qu’il pourrait rencontrer, il ira jusqu’au bout de cette affaire.

Ce que j’en dis :

Il est écrit sur la couverture : une enquête d’Isaiah Quintabe et j’ose espérer que ce ne sera pas la seule, même si j’ai découvert pour mon plus grand plaisir que cet opus sera adapté en série télévisée par la production à qui l’on doit The Dark Knight et American Bluff.

Pas étonnant que ce récit m’ai accroché dès le départ, en écourtant sérieusement ma nuit pour prolonger au maximum ma lecture, terminée dès le lendemain matin en le quittant à regret, comme lorsqu’on arrive au dernier épisode d’une super série.

Enivrée par la plume de Joe Ide, développant immédiatement un attachement aux personnages, je me suis retrouvée embarquée dans une histoire qui voyage entre le passé et le présent d’ Isaiah, qui nous permet de mieux comprendre comment cet homme en est arrivé là.

Une construction étonnante, qui s’enchaînent merveilleusement à un rythme endiablé, pleine de surprises inattendues au côté d’une galerie de personnages explosifs qui donnent à ce roman une originalité extraordinaire. Même si la violence est au rendez-vous, l’enquête n’en demeure pas moins fascinante et souvent hilarante.

Joe Ide a donné vie à un enquêteur fabuleux qui risque de faire beaucoup d’ombre à certains et il serait vraiment dommage qu’il s’arrête là.

Vous l’aurez compris, cette virée à Los Angeles m’a captivé, et je suis sous le charme de cette nouvelle plume mais également de ce génie d’enquêteur.

Un polar noir américain à découvrir d’urgence.

Pour info :

Joe Ide est d’origine japonaise et a grandi dans les quartiers chauds de South Central Los Angeles, dévorant Arthur Conan Doyle et fasciné par l’idée qu’un personnage puisse triompher de ses adversaires uniquement à l’aide de son intelligence. Après des études à l’université, il s’est essayé à plusieurs métiers avant d’écrire son premier roman, Gangs of L.A., inspiré par sa jeunesse et par cet amour pour Sherlock Holmes.

Joe Ide vit aujourd’hui à Santa Monica, en Californie.

Il a reçu en 2017 pour Gangs of L.A., en tant que meilleur premier roman, le Prix Anthony, le Prix Macavity et également le Prix Shamus aux États-Unis.

La traduction de Gangs of L.A. a bénéficié d’une subvention du CNI.,fait assez rare pour les polars.

Je remercie les Éditions Denoël pour cette virée extraordinaire à L.A.

“ Faux amis ”

Faux amis de Linwood aux Éditions Belfond

Traduit de l’anglais (Canada) par Renaud Morin

” L’écran du drive-in Constellation, haut comme un immeuble de quatre étages, était en train de s’écrouler.

Une fumée noire s’élevait en tourbillonnant depuis sa base, sur toute sa longueur, tandis qu’il basculait lentement vers l’avant, côté parking, comme sous l’effet d’une tornade.

(…) Il y eu un moment de sidération muette. À peine une seconde. Puis une symphonie étranglée et dissonante d’alarmes de voitures, hurlant de panique.

Et d’autres cris. Beaucoup, beaucoup d’autres cris. “

Lors de la dernière soirée du drive – in, avant sa fermeture définitive, une explosion terrifiante s’est produite. L’écran géant s’est effondré sur les spectateurs, faisant quatre morts.

” Quelqu’un avait merdé dans les grandes largeurs. “

L’inspecteur Duckworth se retrouve sur l’enquête. Un important détail le chiffonne. L’accident s’est produit à 23 heures 23 minutes.

– Qu’est-ce qu’il y a ? On dirait qu’un truc vous chiffonne ?

– Il y’a simplement qu’au bout d’un moment on ne croit plus aux coïncidences. “

De son côté, le détective privé Cal Weaver est embauché par la fille d’Adam Chalmers, une des victimes de l’explosion. Suite à son décès, sa maison a été visitée et a mis à jour un drôle d’endroit…

De nouveaux scandales sont sur le point de voir le jour.

L’inspecteur et le détective privé vont devoir la jouer fine et unir leurs forces.

Il se passait des trucs bizarres dans cette ville.  »

Ce que j’en dis :

Après le premier volet Fausses promesses (Retrouvez ma chronique ici), nous revoici plonger au cœur de Promise Falls, cette bourgade américaine pleine de mystères et de secrets. L’aventure se poursuit avec les mêmes personnages, les habitants de cette ville qui ont bien du mal à vivre tranquille.

À travers des chapitres courts qui vont direct à l’essentiel, l’auteur sème les indices, et lève le voile sur certains mystères annoncés dans le précédent opus.

Une écriture qui tient en haleine le lecteur, comme pendant une bonne série télévisuelle.

Les scènes s’enchaînent à un rythme infernal, et les intrigues parfois déroutantes s’ajoutent les unes aux autres sans totalement mettre fin à de nombreuses interrogations qui demeurent sans réponses.

Même si ce second volet est addictif, accrocheur et ravira tous les fans de suspens plutôt efficaces, l’auteur prends à mon avis un énorme risque en laissant plein d’énigmes en suspend. Car il faudra attendre le dernier volume pour enfin connaître les tenants et aboutissants de tous ces mystères. Et là sincèrement, j’espère que le final sera explosif et déclenchera un waouh et non un : tout ça pour ça !

Là, il est certain que je l’attend au tournant. J’espère une fin qui ne me laissera pas sur ma faim.

À suivre donc …

Pour info :

Star aux États-Unis et en Angleterre, Linwood Barclay s’est fait un nom dans le club très fermé des grands maîtres du thriller. Belfond a déjà publié treize de ses romans, dont Cette nuit-là (2009), Fenêtre sur crime (2014), La Fille dans le rétroviseur (2016), En lieux sûrs (2017) ou encore la série des aventures de Zack Walker. Tous sont repris chez J’ai lu. Après Fausses promesses (2018 ; J’ai lu, 2019) et Faux Amis (2018), Vraie folie clôt la trilogie consacrée à la petite ville fictive de Promise Falls.

Je remercie les éditions Belfond pour cette intrigue déroutante à Promise Falls.

“ Requiem pour un fou ”

Requiem pour un fou de Stanislas Petrosky aux Éditions French Pulp

Pour la Vidéo de présentation de Requiem tu cliques ici

Ça y est vos yeux sont rincés on peut passer aux choses sérieuses ? On peut allumer le feu ou faut-il déjà que j’appelle les pompiers pour éteindre le feu de certains fessiers, la fessée étant interdite…

Et toi Requiem, cest pas le tout de se détendre et de faire du zèle, il serait temps de se préparer pour cette nouvelle aventure…

” (…) Je voyage, je rencontre, je socialise, je discute, je sors, j’infiltre… (…) Donc je teste, je chasse le diable que j’ai au corps.

Bref, souvent le vieux n’est pas d’accord avec moi, j’cause mal, je blasphème, je bois et je cours la gueuse. (…) Puis merde, j’ai fait le vœu de célibat, pas de chasteté ! (…) Quand j’croise un salopard, j’aime bien le mettre hors d’état de nuire. Pour ça j’ai des techniques pas très catholiques, ce qui fout mal pour un prêtre, je te le concède.

Allez, viens, c’est parti ! “

Et tu nous emmènes où comme ça, à bord de ta mustang ?

” (…) où Dieu me porte, mon enfant , je suis un fils de la terre et du vent…

Tu te prends pour un indien maintenant ?

” Comme dirait Rambo : « J’vais leur faire une putain d’ guerre ! »

Mais à qui bordel ?

(…) mais je pensais justement à l’avis de recherche, on va vraiment avoir l’air con. Merde, nous sommes donc aux trousses d’un faux Johnny…

Alors c’est Johnny que tu cherches ? Enfin sa gueule quoi si on peut dire en tout cas une gueule qui lui ressemble.

Tiens une petite entracte vidéo offerte par YouTube, tu cliques ici, c’est pour que tu t’imprègnes de l’ambiance.

Mais il a fait quoi le sosie de Johnny pour te mettre dans cet état, il a pas aimé ton dernier livre ? Encore un con qui n’a rien compris.

Ai-je dit que ceux qui n’aimaient pas ce que je fais sont des cons ? Il me semble bien que non… J’ai traité de cons ceux qui prenaient le temps de m’insulter, pauvres gus qui n’ont rien d’autre de plus intéressant à faire de leur vie… “

Alors c’est quoi le problème ?

Merde ! je défendrais toujours la liberté d’expression !

L’humour, même le lourd, le grivois, le noir, celui qui dérange, celui qui pique, celui qui brûle. Surtout celui-là d’ailleurs !

Pourquoi ? Parce que parfois c’est l’horreur de l’humour qui ouvre les yeux de certains sur la connerie du monde, tout simplement. “

Donc on change rien et on recherche le faux chanteur serial killer, avant que Johnny se retourne dans sa tombe, car en plus il chante faux et si ça continue la veuve noire va te faire un procès, et tu risques de te retrouver aux portes du pénitentier.

Ce que j’en dis encore un peu :

Si tu ne connais pas encore Requiem, tu cliques ici et et là aussi, et même si tu connais, juste pour me faire plaisir.

Les présentations sont faites alors si toi aussi t’as envie de t’offrir un concert de Johnny qui ne te coûtera pas une blinde, tu fonces en librairie pas en billetterie et t’achètes Requiem pour un fou. Tu verras ça déchire et même les héritiers de Johnny ils vont être contents, encore des royalties qui vont tomber… non je déconne, quoi que !

En attendant, il tape fort une fois encore, fallait-il y penser à tout ça tout ça, compte pas sur moi pour tout te raconter, faut que l’auteur puisse continuer à picoler si on veut d’autres histoires, donc je compte sur toi pour acheter ses bouquins qui effaceront ensuite ses ardoises aux bars du Havre.

Non ce n’est pas de la diffamation, c’est de la publicité pour que Requiem poursuive son petit bonhomme de chemin et continue à nous payer de bonnes tranches de rire. Et ceux qui n’aime pas, je leur dirais comme Jean Valjean : « Passe ton chemin, passe ton chemin ! » Sinon je te pēte un genou, foie de Dealerdelignes…

Tiens requiem, une petite dernière vidéo rien que pour toi clique ici, non là… et là pour finir

Pour info :

C’est après une première vie de thanatopracteur que Stanislas Petrosky rentre en écriture.  Après quelles nouvelles,  il se lance dans l’écriture d’un roman noir historique Ravensbrück mon amour et reçoit le «grand prix des Blogueurs 2016» qui sera suivi par une romance noire sur la dépression L’amante d’Etretat. Aujourd’hui avec son personnage de Requiem, prêtre exorciste déjanté, il égale les grands auteurs du noir burlesque avec un style mêlant humour et polar.

Je remercie L’auteur pour sa dédicace immortelle et French Pulp pour ce concert de mots qui déchire grave.

“ Quelque part avant l’enfer ”

Quelque part avant l’enfer de Niko Tackian aux Éditions Pocket

Ça aurait pu être une matinée comme les autres, seulement une faute d’inattention et c’est le drame. Un choc terrible… puis apparaît un tunnel.

La lumière blanche et paisible qui la baignait depuis le début de son expérience s’assombrit peu à peu. Anna se sentit aspirée vers le haut. Elle tourna sa tête invisible vers le ciel et découvrit un immense tunnel qui s’ouvrait au-dessus d’elle. Un tunnel de lumière noire…(…) Le tunnel la réclamait comme l’œil d’un cyclone affamé “

Drôle d’endroit pour une rencontre.

” — Qui …qui êtes-vous ?

– Mon nom n’a pas d’importance, y’a qu’un seul truc qu’il faut que tu saches, dit-il en souriant. Je vais te tuer… “

Anna s’en sort miraculeusement. L’heure de sa mort n’a pas encore sonné. Mais à peine sortie de l’hôpital, elle semble sentir une présence, quelqu’un semble sur ses traces et sème des cadavres de femmes dans Paris. Mais elle a été prévenue, elle sera la dernière sur la liste.

” Quelque- chose de profondément enfoui cherchait à sortir de l’abîme depuis son accident, il était temps que cela se fasse, Anna le savait. “

Ce que j’en dis :

Que ce soit en visionnant la série Alex Hugo (dont il est le créateur avec Franck Thilliez) ou en lisant un des ses thrillers, je suis sûre de passer un super moment. J’avais découvert sa plume dernièrement avec La nuit n’est jamais complète (ma chronique ici) qui m’avait scotché, et là il récidive à travers son tout premier récit qui n’a pourtant pas la patte d’un débutant.

Il aborde ici le sujet délicat de l’ EMI (expérience de mort imminente) à travers une histoire parfaitement orchestrée qui réserve de belles surprises et nous laisse étrangement dubitatif. C’est addictif, surprenant, on ne s’en lasse pas bien au contraire.

Un formidable conteur qui tisse des histoires incroyables qui ne laisseront aucune personne amoureuse du genre indifférente.

À suivre indiscutablement…

Cet ouvrage a reçu le Prix des bibliothèques et médiathèques de Grand Cognac.

Après une carrière dans le journalisme, Niko Tackian devient auteur de bandes dessinées chez Semic, puis chez Soleil Productions. Il prend ensuite la plume pour le petit écran et devient scénariste (Inquisitio, Main courante, La Cour des grands, Alex Hugo…) avant de réaliser son premier film, Azad (2008), qui recevra plusieurs prix internationaux. En 2015, il a publié son premier roman, Quelque part avant l’enfer, récompensé du Prix des Bibliothèques & des Médiathèques de Grand Cognac au Festival Polar de Cognac. Son deuxième roman, La nuit n’est jamais complète a remporté le Prix Polar Sud Ouest 2017 au Festival Lire en poche de Gradignan. Après ces deux publications aux éditions Scrineo, son troisième roman, Toxique, a paru en 2017 chez Calmann-Lévy.

Je remercie les Éditions Pocket pour ce thriller où la mort rôde entre ici et l’au-delà.

“ Le manuscrit inachevé ”

Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez au Éditions Fleuve Noir

Ce livre que vous vous apprêtez à entamer ( mais ne l’avez-vous pas déjà entamé ? ) a pour titre Le manuscrit inachevé. C’était mon idée, et toute la maison d’édition a adhéré. Il n’y avait pas d’alternative.  »

Ça commence par un vol de voiture qui tourne mal et réserve déjà pas mal d’énigmes à lui tout seul aux alentours de Grenoble.

Puis on fait la connaissance d’une femme écrivaine mais qui se cache derrière un pseudo. Une femme déjà blessée par la disparition de sa fille, quatre auparavant et qui s’interroge sur l’étrange agression que vient de subir son mari.

 » Léane ne put s’empêcher de penser que, ces derniers jours, la fiction flirtait un peu trop avec la réalité. ”

Elle rejoint après une longue absence sa villa, L’Inspirante, posée au bord des dunes de la Côte d’Opale.

” Elle devait comprendre les mystères qu’avait abrités cette maison en son absence. “

Commence alors une véritable chasse aux réponses à toutes les questions que l’on peut être amené à se poser à ce moment précis de cette histoire, et qui semble liée à un étrange manuscrit…

Ce que j’en dis :

Rassurez-vous je ne vous ai rien révélé de plus que la quatrième de couverture, voir même un peu moins. Par contre, je peux me permettre de vous dire que cette histoire est bluffante n’en déplaise à Télérama.

Ce récit très particulier est fait de mystère et de suspense mais imbriqués d’une telle manière qu’elle est un véritable casse-tête pour le lecteur.

Imaginez-vous dans un château avec des milliers de portes de sortie mais une seule est la bonne. Et bien voilà comment l’auteur va vous balader, d’un endroit à l’autre, d’une personne vers une autre, vous distribuant des indices et quand vous pensez avoir toutes les bonnes cartes en mains, une nouvelle donne se profile et met toutes vos trouvailles aux oubliettes. Autant vous prévenir tout de suite, Franck Thilliez maitrise à la perfection les codes du thriller, et l’on retrouve dans sa plume son côté scénariste qui donne davantage de poids à l’histoire à travers toute cette excellente mise en scène.

Une lecture addictive, qui va vous surprendre plus d’une fois. Vous ne me croyez pas ? Lisez-le vous verrez. Inachevé ou pas, ce manuscrit va faire couler encore beaucoup d’encre.

Franck Thilliez est l’auteur d’une quinzaine de romans, parmi lesquels Le Syndrome E. et, plus récemment, Angor (Prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014), PandemiaREVER et Sharko. Il fait aujourd’hui partie des dix auteurs les plus lus en France.

Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste.

Ses livres sont traduits dans le monde entier.

Je remercie les Éditions Fleuve pour ce manuscrit étonnamment surprenant.

 » Janvier noir « 

Janvier noir d’Alan Parks aux Éditions Rivages

Traduit de l’anglais (Écosse) par Olivier Deparis

Ce n’était pas un hasard si Nairn l’avait fait venir ici, l’avait prévenu pour Lorna Skirving. Il ne lui restait plus qu’à découvrir pourquoi. “

1er janvier 1973

McCoy, inspecteur de police de Glasgow se rend à la prison où l’attend un détenu qui désire lui parler. C’est lors de ce rendez-vous particulier qu’il apprend que le lendemain, une femme prénommée Lorna va se faire descendre. Nairn, le détenu, demande à l’inspecteur d’empêcher ce meurtre.

2 janvier 1973

Malgré son intervention, McCoy ne va pas pouvoir empêcher le pire moment de sa journée.

«  Le gamin lui sourit, comme pas tout à fait là. Son regard était vide, loin. Il tint le pistolet devant lui, le contempla. Des flocons qui s’étaient amassés dans ses cheveux fondaient et coulaient sur son visage. Il s’essuya les yeux et sourit à nouveau. McCoy comprit alors ce qu’il allait faire.

Il s’élança, ses semelles en quête d’adhérence sur le sol glissant. Il lui restait quelques foulées à parcourir lorsque le gamin mît le canon contre sa tempe. Il le suppliait d’arrêter, il l’avait presque rejoint lorsqu’il le vit fermer les yeux et presser la détente. “

McCoy se retrouve à présent avec un meurtre et un suicide sur les bras, sans oublier Wattie, un jeune adjoint qu’on lui a imposé. Il va tenter d’éclaircir cette sombre histoire.

Chaque jour de janvier va se teinter de noirceur à l’image de Glasgow.

” Plus tard, les flics ayant travaillé sur Janvier noir expliqueraient aux jeunes qu’ils n’imaginaient pas ce que cela avait été. Cinq victimes en une semaine. Au pub, désormais retraités et bedonnants, poussés à la boisson par le désœuvrement, ils évoquaient leurs souvenirs (…) Les jeunes hocheraient la tête en souriant (…) ils se diraient : « Ça n’a pas pu être aussi méchant. » Ils se trompaient. “

Ce que j’en dis :

La particularité des romans noirs c’est principalement leurs atmosphères, l’ambiance sinistre qui s’en dégage.

Ici à Glasgow, il est difficile de dissimuler la pauvreté, la misère, la corruption et la faible espérance de vie face à la violence des gangs et à la drogue qui circule.

La beauté de cette ville cachait une prospérité qui s’appuyait sur la mort.

Alan Park dépeint à merveille toute la noirceur de Glasgow, avec des personnages qui ne manquent pas de profondeur.

On y fait la connaissance de McCoy, un écorché plutôt rebelle à la hiérarchie que l’on retrouvera prochainement pour de nouvelles enquêtes.

Janvier noir est un roman noir de bonne facture, limpide et fluide avec un personnage non démuni d’humanité, dans un univers glauque.

Une belle balade sordide et poisseuse dans le Glasgow des années 70.

Un auteur prometteur que je suivrai de près.

Alan Parks est né en Écosse et a fait ses études à l’université de Glasgow. Après avoir travaillé dans l’univers de la musique, il se tourne vers l’écriture. Janvier noir est son premier roman, publié en Écosse par le prestigieux éditeur Canongate. Il a prévu un cycle de 12 romans qui retraceront l’histoire criminelle récente de Glasgow. Son premier roman, Bloody January, est publié en France par Payot Rivages.

Je remercie les Éditions Rivages pour cette belle balade écossaise.

“ Sous terre personne ne vous entend CRIER ”

Sous terre personne ne vous entend crier de Gilbert Gallerne aux Éditions French Pulp

” Ce soir, Mikael n’a pas envie de jouer les voyeurs passifs et invisibles. Ils veut être seul. L’intrusion de ces étrangers dans son monde est une agression. Il ne peut pas le tolérer. Sans savoir encore ce qu’il va faire, il se lève et part d’un pas lourd en direction de la salle où le groupe de plus en plus bruyant, va s’installer. (…) Il doit les faire fuir. Les inciter à ne plus jamais revenir. Ni eux ni personne. “

À Paris, pour fêter la fin des examens, des jeunes étudiants ont décidé de faire la fête dans un endroit plutôt insolite : les catacombes.

Le lendemain, le commissaire Jonzac qui avait déjà mal commencé sa journée au cours d’une interpellation qui a hélas mal tourné, était loin d’imaginer que le pire l’attendait dans les sous-sols parisiens.

” Vaste labyrinthe aux frontières sans cesse mouvantes aux périmètre changeant, et dans lequel cataphiles et cataflics se livrent à un perpétuel jeu de cache-cache. “

La victime, salement mutilée et à moitié dévorée, n’est autre que sa nièce.

Le début du chemin vers l’enfer ne fait que commencer. Jamais il n’aurait penser ce qui l’attendait et pourtant il semble impliqué bien plus qu’il ne le croyait.

Dans les ténèbres des couloirs du métro parisien, un prédateur se cache, à l’affût de sa prochaine proie.

” Aujourd’hui il est sur le point de réaliser ce pour quoi il a vécu, ce désir qui l’obsède depuis des années. “

Ce que j’en dis :

Après avoir découvert la série Nox diffusé actuellement sur MyCANAL, je me doutais bien que ce récit allait me conduire tout droit en enfer, mais j’étais loin d’imaginer jusqu’à quel point.

L’auteur ne fait pas de cadeaux aux âmes sensibles. Il plonge le lecteur dans un univers sinistre, répugnant et cauchemardesque. Un milieu de plus en plus macabre au fil des pages qu’une foule de détails ne manqueront pas de vous donner envie de finir cette histoire sordide.

Un scénario digne des bons films d’horreurs qui va ravir tous les adeptes des thrillers innommables sans compter l’intrigue pas banale plutôt surprenante.

Voilà un polar qui va vous filer la peur au ventre ou peut-être même davantage mais la correction m’empêche de m’exprimer davantage…

Bon appétit.

” Il porte l’animal mort à sa bouche. Commence à le dévorer.

Sous terre aussi, la loi est de manger ou d’être manger. “

C’est simple si vous n’êtes pas chochotte, foncez ça devrait vous plaire.

Gilbert Gallerne est un écrivain français auteur de thrillers et de romans policiers, lauréat du prix du Quai des Orfèvres 2010. Il a été critique littéraire et a traduit plusieurs best-sellers américains, parmi lesquels ” Danse avec les loups “ et ” Basic instinct “. Il signe également des récits fantastique sous le pseudonyme de Gilles Bergal.

Je remercie les éditions French Pulp pour m’avoir à tout jamais éviter la visite des catacombes de Paris ou d’ailleurs.