“ Requiem pour un fou ”

Requiem pour un fou de Stanislas Petrosky aux Éditions French Pulp

Pour la Vidéo de présentation de Requiem tu cliques ici

Ça y est vos yeux sont rincés on peut passer aux choses sérieuses ? On peut allumer le feu ou faut-il déjà que j’appelle les pompiers pour éteindre le feu de certains fessiers, la fessée étant interdite…

Et toi Requiem, cest pas le tout de se détendre et de faire du zèle, il serait temps de se préparer pour cette nouvelle aventure…

” (…) Je voyage, je rencontre, je socialise, je discute, je sors, j’infiltre… (…) Donc je teste, je chasse le diable que j’ai au corps.

Bref, souvent le vieux n’est pas d’accord avec moi, j’cause mal, je blasphème, je bois et je cours la gueuse. (…) Puis merde, j’ai fait le vœu de célibat, pas de chasteté ! (…) Quand j’croise un salopard, j’aime bien le mettre hors d’état de nuire. Pour ça j’ai des techniques pas très catholiques, ce qui fout mal pour un prêtre, je te le concède.

Allez, viens, c’est parti ! “

Et tu nous emmènes où comme ça, à bord de ta mustang ?

” (…) où Dieu me porte, mon enfant , je suis un fils de la terre et du vent…

Tu te prends pour un indien maintenant ?

” Comme dirait Rambo : « J’vais leur faire une putain d’ guerre ! »

Mais à qui bordel ?

(…) mais je pensais justement à l’avis de recherche, on va vraiment avoir l’air con. Merde, nous sommes donc aux trousses d’un faux Johnny…

Alors c’est Johnny que tu cherches ? Enfin sa gueule quoi si on peut dire en tout cas une gueule qui lui ressemble.

Tiens une petite entracte vidéo offerte par YouTube, tu cliques ici, c’est pour que tu t’imprègnes de l’ambiance.

Mais il a fait quoi le sosie de Johnny pour te mettre dans cet état, il a pas aimé ton dernier livre ? Encore un con qui n’a rien compris.

Ai-je dit que ceux qui n’aimaient pas ce que je fais sont des cons ? Il me semble bien que non… J’ai traité de cons ceux qui prenaient le temps de m’insulter, pauvres gus qui n’ont rien d’autre de plus intéressant à faire de leur vie… “

Alors c’est quoi le problème ?

Merde ! je défendrais toujours la liberté d’expression !

L’humour, même le lourd, le grivois, le noir, celui qui dérange, celui qui pique, celui qui brûle. Surtout celui-là d’ailleurs !

Pourquoi ? Parce que parfois c’est l’horreur de l’humour qui ouvre les yeux de certains sur la connerie du monde, tout simplement. “

Donc on change rien et on recherche le faux chanteur serial killer, avant que Johnny se retourne dans sa tombe, car en plus il chante faux et si ça continue la veuve noire va te faire un procès, et tu risques de te retrouver aux portes du pénitentier.

Ce que j’en dis encore un peu :

Si tu ne connais pas encore Requiem, tu cliques ici et et là aussi, et même si tu connais, juste pour me faire plaisir.

Les présentations sont faites alors si toi aussi t’as envie de t’offrir un concert de Johnny qui ne te coûtera pas une blinde, tu fonces en librairie pas en billetterie et t’achètes Requiem pour un fou. Tu verras ça déchire et même les héritiers de Johnny ils vont être contents, encore des royalties qui vont tomber… non je déconne, quoi que !

En attendant, il tape fort une fois encore, fallait-il y penser à tout ça tout ça, compte pas sur moi pour tout te raconter, faut que l’auteur puisse continuer à picoler si on veut d’autres histoires, donc je compte sur toi pour acheter ses bouquins qui effaceront ensuite ses ardoises aux bars du Havre.

Non ce n’est pas de la diffamation, c’est de la publicité pour que Requiem poursuive son petit bonhomme de chemin et continue à nous payer de bonnes tranches de rire. Et ceux qui n’aime pas, je leur dirais comme Jean Valjean : « Passe ton chemin, passe ton chemin ! » Sinon je te pēte un genou, foie de Dealerdelignes…

Tiens requiem, une petite dernière vidéo rien que pour toi clique ici, non là… et là pour finir

Pour info :

C’est après une première vie de thanatopracteur que Stanislas Petrosky rentre en écriture.  Après quelles nouvelles,  il se lance dans l’écriture d’un roman noir historique Ravensbrück mon amour et reçoit le «grand prix des Blogueurs 2016» qui sera suivi par une romance noire sur la dépression L’amante d’Etretat. Aujourd’hui avec son personnage de Requiem, prêtre exorciste déjanté, il égale les grands auteurs du noir burlesque avec un style mêlant humour et polar.

Je remercie L’auteur pour sa dédicace immortelle et French Pulp pour ce concert de mots qui déchire grave.
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“ Quelque part avant l’enfer ”

Quelque part avant l’enfer de Niko Tackian aux Éditions Pocket

Ça aurait pu être une matinée comme les autres, seulement une faute d’inattention et c’est le drame. Un choc terrible… puis apparaît un tunnel.

La lumière blanche et paisible qui la baignait depuis le début de son expérience s’assombrit peu à peu. Anna se sentit aspirée vers le haut. Elle tourna sa tête invisible vers le ciel et découvrit un immense tunnel qui s’ouvrait au-dessus d’elle. Un tunnel de lumière noire…(…) Le tunnel la réclamait comme l’œil d’un cyclone affamé “

Drôle d’endroit pour une rencontre.

” — Qui …qui êtes-vous ?

– Mon nom n’a pas d’importance, y’a qu’un seul truc qu’il faut que tu saches, dit-il en souriant. Je vais te tuer… “

Anna s’en sort miraculeusement. L’heure de sa mort n’a pas encore sonné. Mais à peine sortie de l’hôpital, elle semble sentir une présence, quelqu’un semble sur ses traces et sème des cadavres de femmes dans Paris. Mais elle a été prévenue, elle sera la dernière sur la liste.

” Quelque- chose de profondément enfoui cherchait à sortir de l’abîme depuis son accident, il était temps que cela se fasse, Anna le savait. “

Ce que j’en dis :

Que ce soit en visionnant la série Alex Hugo (dont il est le créateur avec Franck Thilliez) ou en lisant un des ses thrillers, je suis sûre de passer un super moment. J’avais découvert sa plume dernièrement avec La nuit n’est jamais complète (ma chronique ici) qui m’avait scotché, et là il récidive à travers son tout premier récit qui n’a pourtant pas la patte d’un débutant.

Il aborde ici le sujet délicat de l’ EMI (expérience de mort imminente) à travers une histoire parfaitement orchestrée qui réserve de belles surprises et nous laisse étrangement dubitatif. C’est addictif, surprenant, on ne s’en lasse pas bien au contraire.

Un formidable conteur qui tisse des histoires incroyables qui ne laisseront aucune personne amoureuse du genre indifférente.

À suivre indiscutablement…

Cet ouvrage a reçu le Prix des bibliothèques et médiathèques de Grand Cognac.

Après une carrière dans le journalisme, Niko Tackian devient auteur de bandes dessinées chez Semic, puis chez Soleil Productions. Il prend ensuite la plume pour le petit écran et devient scénariste (Inquisitio, Main courante, La Cour des grands, Alex Hugo…) avant de réaliser son premier film, Azad (2008), qui recevra plusieurs prix internationaux. En 2015, il a publié son premier roman, Quelque part avant l’enfer, récompensé du Prix des Bibliothèques & des Médiathèques de Grand Cognac au Festival Polar de Cognac. Son deuxième roman, La nuit n’est jamais complète a remporté le Prix Polar Sud Ouest 2017 au Festival Lire en poche de Gradignan. Après ces deux publications aux éditions Scrineo, son troisième roman, Toxique, a paru en 2017 chez Calmann-Lévy.

Je remercie les Éditions Pocket pour ce thriller où la mort rôde entre ici et l’au-delà.

“ Le manuscrit inachevé ”

Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez au Éditions Fleuve Noir

Ce livre que vous vous apprêtez à entamer ( mais ne l’avez-vous pas déjà entamé ? ) a pour titre Le manuscrit inachevé. C’était mon idée, et toute la maison d’édition a adhéré. Il n’y avait pas d’alternative.  »

Ça commence par un vol de voiture qui tourne mal et réserve déjà pas mal d’énigmes à lui tout seul aux alentours de Grenoble.

Puis on fait la connaissance d’une femme écrivaine mais qui se cache derrière un pseudo. Une femme déjà blessée par la disparition de sa fille, quatre auparavant et qui s’interroge sur l’étrange agression que vient de subir son mari.

 » Léane ne put s’empêcher de penser que, ces derniers jours, la fiction flirtait un peu trop avec la réalité. ”

Elle rejoint après une longue absence sa villa, L’Inspirante, posée au bord des dunes de la Côte d’Opale.

” Elle devait comprendre les mystères qu’avait abrités cette maison en son absence. “

Commence alors une véritable chasse aux réponses à toutes les questions que l’on peut être amené à se poser à ce moment précis de cette histoire, et qui semble liée à un étrange manuscrit…

Ce que j’en dis :

Rassurez-vous je ne vous ai rien révélé de plus que la quatrième de couverture, voir même un peu moins. Par contre, je peux me permettre de vous dire que cette histoire est bluffante n’en déplaise à Télérama.

Ce récit très particulier est fait de mystère et de suspense mais imbriqués d’une telle manière qu’elle est un véritable casse-tête pour le lecteur.

Imaginez-vous dans un château avec des milliers de portes de sortie mais une seule est la bonne. Et bien voilà comment l’auteur va vous balader, d’un endroit à l’autre, d’une personne vers une autre, vous distribuant des indices et quand vous pensez avoir toutes les bonnes cartes en mains, une nouvelle donne se profile et met toutes vos trouvailles aux oubliettes. Autant vous prévenir tout de suite, Franck Thilliez maitrise à la perfection les codes du thriller, et l’on retrouve dans sa plume son côté scénariste qui donne davantage de poids à l’histoire à travers toute cette excellente mise en scène.

Une lecture addictive, qui va vous surprendre plus d’une fois. Vous ne me croyez pas ? Lisez-le vous verrez. Inachevé ou pas, ce manuscrit va faire couler encore beaucoup d’encre.

Franck Thilliez est l’auteur d’une quinzaine de romans, parmi lesquels Le Syndrome E. et, plus récemment, Angor (Prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014), PandemiaREVER et Sharko. Il fait aujourd’hui partie des dix auteurs les plus lus en France.

Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste.

Ses livres sont traduits dans le monde entier.

Je remercie les Éditions Fleuve pour ce manuscrit étonnamment surprenant.

 » Janvier noir « 

Janvier noir d’Alan Parks aux Éditions Rivages

Traduit de l’anglais (Écosse) par Olivier Deparis

Ce n’était pas un hasard si Nairn l’avait fait venir ici, l’avait prévenu pour Lorna Skirving. Il ne lui restait plus qu’à découvrir pourquoi. “

1er janvier 1973

McCoy, inspecteur de police de Glasgow se rend à la prison où l’attend un détenu qui désire lui parler. C’est lors de ce rendez-vous particulier qu’il apprend que le lendemain, une femme prénommée Lorna va se faire descendre. Nairn, le détenu, demande à l’inspecteur d’empêcher ce meurtre.

2 janvier 1973

Malgré son intervention, McCoy ne va pas pouvoir empêcher le pire moment de sa journée.

«  Le gamin lui sourit, comme pas tout à fait là. Son regard était vide, loin. Il tint le pistolet devant lui, le contempla. Des flocons qui s’étaient amassés dans ses cheveux fondaient et coulaient sur son visage. Il s’essuya les yeux et sourit à nouveau. McCoy comprit alors ce qu’il allait faire.

Il s’élança, ses semelles en quête d’adhérence sur le sol glissant. Il lui restait quelques foulées à parcourir lorsque le gamin mît le canon contre sa tempe. Il le suppliait d’arrêter, il l’avait presque rejoint lorsqu’il le vit fermer les yeux et presser la détente. “

McCoy se retrouve à présent avec un meurtre et un suicide sur les bras, sans oublier Wattie, un jeune adjoint qu’on lui a imposé. Il va tenter d’éclaircir cette sombre histoire.

Chaque jour de janvier va se teinter de noirceur à l’image de Glasgow.

” Plus tard, les flics ayant travaillé sur Janvier noir expliqueraient aux jeunes qu’ils n’imaginaient pas ce que cela avait été. Cinq victimes en une semaine. Au pub, désormais retraités et bedonnants, poussés à la boisson par le désœuvrement, ils évoquaient leurs souvenirs (…) Les jeunes hocheraient la tête en souriant (…) ils se diraient : « Ça n’a pas pu être aussi méchant. » Ils se trompaient. “

Ce que j’en dis :

La particularité des romans noirs c’est principalement leurs atmosphères, l’ambiance sinistre qui s’en dégage.

Ici à Glasgow, il est difficile de dissimuler la pauvreté, la misère, la corruption et la faible espérance de vie face à la violence des gangs et à la drogue qui circule.

La beauté de cette ville cachait une prospérité qui s’appuyait sur la mort.

Alan Park dépeint à merveille toute la noirceur de Glasgow, avec des personnages qui ne manquent pas de profondeur.

On y fait la connaissance de McCoy, un écorché plutôt rebelle à la hiérarchie que l’on retrouvera prochainement pour de nouvelles enquêtes.

Janvier noir est un roman noir de bonne facture, limpide et fluide avec un personnage non démuni d’humanité, dans un univers glauque.

Une belle balade sordide et poisseuse dans le Glasgow des années 70.

Un auteur prometteur que je suivrai de près.

Alan Parks est né en Écosse et a fait ses études à l’université de Glasgow. Après avoir travaillé dans l’univers de la musique, il se tourne vers l’écriture. Janvier noir est son premier roman, publié en Écosse par le prestigieux éditeur Canongate. Il a prévu un cycle de 12 romans qui retraceront l’histoire criminelle récente de Glasgow. Son premier roman, Bloody January, est publié en France par Payot Rivages.

Je remercie les Éditions Rivages pour cette belle balade écossaise.

“ Sous terre personne ne vous entend CRIER ”

Sous terre personne ne vous entend crier de Gilbert Gallerne aux Éditions French Pulp

” Ce soir, Mikael n’a pas envie de jouer les voyeurs passifs et invisibles. Ils veut être seul. L’intrusion de ces étrangers dans son monde est une agression. Il ne peut pas le tolérer. Sans savoir encore ce qu’il va faire, il se lève et part d’un pas lourd en direction de la salle où le groupe de plus en plus bruyant, va s’installer. (…) Il doit les faire fuir. Les inciter à ne plus jamais revenir. Ni eux ni personne. “

À Paris, pour fêter la fin des examens, des jeunes étudiants ont décidé de faire la fête dans un endroit plutôt insolite : les catacombes.

Le lendemain, le commissaire Jonzac qui avait déjà mal commencé sa journée au cours d’une interpellation qui a hélas mal tourné, était loin d’imaginer que le pire l’attendait dans les sous-sols parisiens.

” Vaste labyrinthe aux frontières sans cesse mouvantes aux périmètre changeant, et dans lequel cataphiles et cataflics se livrent à un perpétuel jeu de cache-cache. “

La victime, salement mutilée et à moitié dévorée, n’est autre que sa nièce.

Le début du chemin vers l’enfer ne fait que commencer. Jamais il n’aurait penser ce qui l’attendait et pourtant il semble impliqué bien plus qu’il ne le croyait.

Dans les ténèbres des couloirs du métro parisien, un prédateur se cache, à l’affût de sa prochaine proie.

” Aujourd’hui il est sur le point de réaliser ce pour quoi il a vécu, ce désir qui l’obsède depuis des années. “

Ce que j’en dis :

Après avoir découvert la série Nox diffusé actuellement sur MyCANAL, je me doutais bien que ce récit allait me conduire tout droit en enfer, mais j’étais loin d’imaginer jusqu’à quel point.

L’auteur ne fait pas de cadeaux aux âmes sensibles. Il plonge le lecteur dans un univers sinistre, répugnant et cauchemardesque. Un milieu de plus en plus macabre au fil des pages qu’une foule de détails ne manqueront pas de vous donner envie de finir cette histoire sordide.

Un scénario digne des bons films d’horreurs qui va ravir tous les adeptes des thrillers innommables sans compter l’intrigue pas banale plutôt surprenante.

Voilà un polar qui va vous filer la peur au ventre ou peut-être même davantage mais la correction m’empêche de m’exprimer davantage…

Bon appétit.

” Il porte l’animal mort à sa bouche. Commence à le dévorer.

Sous terre aussi, la loi est de manger ou d’être manger. “

C’est simple si vous n’êtes pas chochotte, foncez ça devrait vous plaire.

Gilbert Gallerne est un écrivain français auteur de thrillers et de romans policiers, lauréat du prix du Quai des Orfèvres 2010. Il a été critique littéraire et a traduit plusieurs best-sellers américains, parmi lesquels ” Danse avec les loups “ et ” Basic instinct “. Il signe également des récits fantastique sous le pseudonyme de Gilles Bergal.

Je remercie les éditions French Pulp pour m’avoir à tout jamais éviter la visite des catacombes de Paris ou d’ailleurs.

“ Rendez-vous au 10 avril ”

Rendez-vous au 10 avril de Benoît Séverac aux Éditions Pocket

” Lafage a fait la guerre, et même si pour lui, elle est finie, il me comprend. Il sait ce que c’est. Il sent mes relents de vinasse sans faire une moue dégoûtée. Il sait que je bois pour tuer cette odeur de chair en putréfaction qui sortirait de ma bouche si je ne chargeais pas mon haleine d’alcool. “

Toulouse, 1920. Trois ans que la Grande Guerre est terminée, et chacun tente du mieux qu’il peut de reprendre sa place. Pour certains c’est plus difficile, ils doivent composer avec leurs fantômes et les douleurs qui les accompagnent. Alors pas étonnant que certains soient tombés dans la bouteille comme l’inspecteur Puma, un vétéran, rescapé de cette sale guerre.

 » Plus assez vivant pour demeurer debout et sans doute pas assez mort pour m’allonger définitivement. “

Et pourtant lorsque deux meurtres perturbent l’équilibre de la ville, lui seul, osera affronter la situation.

Malgré ses allures de clochard et son détachement pour les sentiments il mettra tout en œuvre pour briser la chape du silence et faire éclater la vérité, que tente de dissimuler l’école vétérinaire de Toulouse, qui semble reliée à ces deux meurtres.

Ce que j’en dis :

Je retrouve la plume de Benoît Séverac que j’avais découverte dans son dernier polar 115 ( ma chronique ici) édité à la Manufacture de livres, avec grand plaisir.

Une fois encore je suis sous le charme de son style. Avec talent, il met en scène un personnage atypique auquel on s’attache forcément. Un homme perclus de douleurs autant physiques que morales qui donne au récit une réelle authenticité, jusqu’au final aussi noir que le désespoir qui l’accompagne.

Une intrigue subtile située à Toulouse dans les années vingt, une ville chère à l’auteur, qui dénonce certains passe-droits que s’était octroyée la bourgeoisie pendant la guerre, mais également les séquelles dont les poilus survivants étaient atteint.

Sans oublier l’univers des vétérinaires présent également dans ses autres romans.

Pour faire simple, j’ai été autant transporté par l’histoire que subjugué par l’écriture. Une fois commencé il m’a été impossible de poser ce roman noir absolument fabuleux.

Benoit Séverac, tout comme le soleil de Toulouse est vraiment brillant.

Un auteur que je vous invite à découvrir absolument.

Je n’hésiterai pas à vous parler de ses autres récits que je compte bien lire prochainement.

Si vous avez aimé : Après la guerre d’ Hervé Le Corre ou encore : Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, Rendez-vous au 10 avril de Benoît Séverac est dans la même lignée, alors ne vous privez pas d’un merveilleux moment de lecture.

Benoit Séverac est auteur de littérature noire et policière, adulte et jeunesse. Ses enquêtes reposent sur un contexte social décortiqué. Certains de ses romans ont été traduits aux États-Unis ou adaptés au théâtre. Il collabore à divers projets mêlant littérature et arts plastiques, photographies…

Il prend également part à des productions cinématographiques. Le chien arabe, prix de l’embouchure 2016, a paru chez Pocket en 2017 sous le titre Trafics. En 2017, 115 a paru à La Manufacture de livres. Il est également l’auteur de cinq roman chez Syros, dont Une caravane en hiver (2018). Wazhâzhe, son premier roman commun avec Hervé Jubert, a paru en 2018 aux éditions Le Passage. Benoit Séverac enseigne aussi l’anglais au Diplôme national d’œnologie et à l’École vétérinaire de Toulouse, où il vit.

Je remercie les éditions Pocket pour cette merveilleuse lecture.

Meurtres sur la Madison

Meurtres sur la Madison de Keith McCafferty aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Janique Jouin-de Laurens

« C’est le guide de pêche connu sous le nom de Rainbow Sam qui découvrit le corps. Ou, plutôt, le client qui lançait depuis la proue de son bateau, travaillant une Girdle Bug devant un amas de rondins qui séparait en deux le courant de la Madison River. (…) Le corps immergé sous le bois flotté se libéra de son attache, remonta soudain à la surface et se mit à flotter à plat ventre, l’hameçon enfoncé dans l’entrejambe de ses waders. “

Ce jour-là, la Madison River, cette fameuse rivière très réputée du Montana, réserva une drôle de surprise aux pêcheurs. Pensant avoir réussi une belle prise, le pêcheur qui n’avait jusqu’à présent attrapé qu’une toute petite truite, rayonnait.

(…) Vous n’êtes peut-être pas béni des dieux pour ce qui est de la pêche à la truite, mais vous venez de vous offrir une sacrée histoire. “

La prise revient à l’intrépide shérif Martha Ettinger, l’homicide semblant évident.

C’est durant son enquête qu’elle va faire la connaissance de Sean Stranahan, lui-même pêcheur, peintre et ex- enquêteur privé qui s’est récemment installé dans les rocheuses à la suite d’une séparation douloureuse. Sean est également sur une affaire que lui a confié Velvet Lafayette, une femme troublante qui recherche son jeune frère disparu. Envoûté par cette sirène du Sud, il part à la recherche du garçon. Deux affaires qui semblent étrangement liées. C’est ensemble, que Martha et Sean vont remonter une piste glissante qui risque de faire de l’ombre au plus gros  » business  » du Montana : la pêche à la mouche.

 » Ce qu’il y a avec la pêche, c’est que ça donne de l’espoir. Chaque lancer apporte un peu d’espoir et si l’on peut se perdre dans cet espoir, alors les soucis et le chagrin s’évanouissent à l’arrière-plan. La tempête intérieure se calme pour un moment. « 

Ce que j’en dis :

Quand une nouvelle plume débarque chez Gallmeister, cela attise bien évidemment ma curiosité , et davantage quand elle est recommandée par le grand Craig Johnson.

Que l’on aime ou pas la pêche, cette histoire offre un dépaysement total. Pour ma part elle a ravivé quelques bons souvenirs notamment mes parties de pêche avec mon grand-père et également de belles scènes du film  » Et au milieu coule une rivière « , magnifique adaptation du roman de Norman Maclean.

Aux États-Unis, la pêche à la mouche est très réputée et attire un grand nombre de passionnés. Cette histoire nous la fait découvrir à travers une enquête passionnante. L’auteur nous insuffle tout son amour pour la nature, les rivières et rien de tel qu’un connaisseur pour donner vie avec justesse à une histoire.

Basé sur des faits réels, avec des personnages authentiques, ce récit a tout pour plaire.

Une aventure au grand air absolument magnifique.

Meurtre sur la Madison est le premier volet d’une série plantée au cœur de l’Ouest américain, à suivre absolument.

Keith McCafferty est le rédacteur en chef de Field & Stream, magazine consacré à la pêche, la chasse et la vie au grand air. Il a contribué à diverses publications, dont le Chicago Tribune, sur des sujets allant des moustiques aux loups, du mercenariat aux exorcismes, et à pas mal bourlingué à travers le monde. Il est lauréat de nombreux prix, dont le Robert Traver Awward (qui récompense de la littérature relative à la pêche).

Je remercie les Éditions Gallmeister pour cette pêche extraordinaire.

“ Fleurs de sang ”

Fleurs de sang de Jérôme Frioux -Troublant aux éditions De Saxus

 » Tous les voisins de « La Compagnie des orchidées » sont là, désemparés, les bras ballants, ne sachant que faire, que dire. Un silence de fin du monde s’est abattu sur le marché aux fleurs où, hier encore, une fébrilité joyeuse et naïve saluait le passage de la reine d’Angleterre.

Aujourd’hui, la fête est finie. La faucheuse est passée. ”

Franck, un fleuriste renommé du marché aux fleurs de Paris est retrouvé sans vie dans la serre de sa boutique. Tout porte à croire qu’il a été assassiné.

C’est le commissaire Durrieu qui se retrouve sur l’affaire. Un flic bourru et irascible qui tient sa brigade d’une poigne de fer.

Thom, l’ex-flic, ancien inspecteur prête main forte à son ex-patron. Suite à la mort de son jumeau pendant une arrestation, il avait quitté la police. Il se retrouve mêlé à l’affaire par l’amitié qu’il portait à Franck.

 » – Franck était un homme calme, discret. Gentil, prévenant. Mais quelque chose m’a toujours intrigué, chez lui…

– Tu peux expliquer ?

– Mon flair de super-flic, je suppose… J’ai toujours eu l’impression qu’il avait un secret, qu’il cachait quelque chose. Mais te dire quoi …

– T’as rien de plus précis ?

– En tout cas, c’était un solitaire. Il faisait fréquemment des voyages en Afrique du Nord et au Proche-Orient aussi, je crois. C’est un spécialiste des orchidées et des plantes tropicales.  »

Cet assassinat va mettre à jour un drôle de trafic…

Ce que j’en dis :

Quand on aime les polars sans hémoglobine à outrance ce roman est idéal. Une intrigue qui distille parcimonieusement les indices et offre une belle galerie de personnages qui intensifie le nombre de suspects. Il rend ce récit addictif et invite le lecteur à ne pas interrompre sa lecture pour connaître au plus vite le dénouement final. Il faut malgré tout être attentif, car la construction du récit passe parfois d’un moment à un autre sans toujours prévenir, un peu perturbant si l’on n’y prends pas garde. Une lecture malgré tout très agréable avec des personnages très attachants, et un final plein de surprise qui ravira tous les fans d’ Agatha Christie.

Pour un premier roman c’est réussi, une belle découverte.

Les auteurs :

Jérôme Frioux- Troublant vient du spectacle vivant. De mette en scène à régisseur, il est passé par tous les métiers du théâtre. Secrétaire général de  » La scène du balcon  » , association qui crée des spectacles et des festivals, il anime en parallèle des ateliers d’écriture intergénérationnels en partenariat avec la Ville de Paris. Fleurs de sang est son premier roman.

Bruno Leroy est fleuriste. Il a été le conseiller technique et botanique pour ce roman.

Je remercie les éditions De Saxus pour ce polar très fleuri.

“ Là où vivent les loups ”

Là où vivent les loups de Laurent Guillaume aux Éditions Denoël

« Monet chercha la sortie du regard. Il était grand – un mètre quatre-vingt -seize – et gros, très gros.(,,,) Ses traits qui auraient pu être séduisants étaient noyés dans les replis de la chair. Ses yeux exprimaient une lassitude définitive et une mauvaise humeur permanente. Personne n’aimait Monet, lui le premier. “

Le train arrive au terminus de la gare de Thyanne. C’est là que descend Priam Monnet. Un physique imposant qui ne passe pas inaperçu. Monnet est un flic insociable sur la mauvaise pente. Son purgatoire personnel c’est d’être flic à l’ IGPN, la police des polices.

Monet savait bien que les questions allaient bon train dans leurs tronches de flics. Aucun poulet n’aime voir débarquer les bœufs dans son service, c’est une intrusion, un viol dans leur intimité professionnelle. Du coup, ils affectaient une solidarité surjouée . “

Il a pour mission d’inspecter ce petit poste de la police des frontières, situé entre les Alpes françaises et italiennes. Un bled perdu dans une vallée ingénieuse où les règles du Far West ont remplacé celles du droit.

Monnet n’a qu’une envie, accomplir ce pour quoi il est là au plus vite, quitter cet endroit paumé et retrouver sa vie citadine à Paris.

Hélas, on découvre un cadavre, dans les bois, apparemment un migrant qui serait tombé de la falaise. Seulement l’instinct de Monnet doute, ses vieux réflexes ont la peau dure. En digne enquêteur perspicace et pugnace, il va s’éterniser un peu dans le coin et éclaircir cette sombre affaire, quitte à déterrer les secrets de la petite ville de Thyanne.

Ça ne va pas plaire à tout le monde et il est clair qu’on ne va pas lui faciliter la tâche.

Ce que j’en dis :

Voilà un polar comme j’aime, aussi atypique que ce flic proactif qui débarque de Paris et en impose direct. Que ce soit son physique ou son langage, aucun des deux ne passent inaperçus . Il ne fait pas de cadeau mais fait bien son boulot.

Dans une ambiance survoltée, l’auteur nous a concocté une intrigue policière dynamique qui sort des schémas classiques du polar avec un petit côté engagé qui n’est pas pour me déplaire bien au contraire. Une pointe d’humour acerbe accompagne cette histoire réaliste conté par un connaisseur. Son ancien métier de flic rôde autour de sa plume et donne à son roman une étonnante véracité.

Dans ce huis clos au grand air, où tout le monde se connaît, seul un Monchus pouvait réussir à faire éclater la vérité.

Un récit qui réserve des surprises étonnantes auxquelles on est loin de s’y attendre.

Depuis Mako que j’avais découvert par hasard, et qui m’avait déjà alpagué, l’auteur ne cesse de s’affirmer roman après roman et tout comme Monnet, il s’impose dans le décor du polar et ne passe pas inaperçu.

Là où vivent les loups à découvrir d’urgence.

Dépaysement et suspense de haut vol au rendez-vous, ça ne se refuse pas.

Ancien flic et désormais consultant international en lutte contre le crime organisé, Laurent Guillaume écrit des romans et des scénarios lorsqu’il ne voyage pas. Son expérience à la BAC, aux stups et en Afrique de l’Ouest comme coopérant imprègne ses histoires, sombres et tourmentées.

Mako (2009), son premier roman a obtenu le prix VSD du polar 2009. Il est était également lauréat du prix des Lecteurs 2015 du festival Sang d’encre.

Ma collection

Laurent Guillaume a coscénarisé avec Olivier Marchal et Christophe Gavat le téléfilm de France 2 Borderline. Il a créé et scenarisé avec Olivier Marchal la série Section Zéro pour Canal +.

Une série qui déchire.

Là où vivent les loups est son neuvième roman.

Je remercie les Éditions Denoël pour cet excellent polar atypique.

Le diable s’habille en licorne

Le diable s’habille en licorne de Stanislas Petrosky aux Éditions Lajouanie

” Tout a commencé par un courriel émanant de l’évêché de Dunkerque pour le Vatican. C’est arrivé dans le bureau du frère Falvo qui m’a fait suivre. Monseigneur Gillio aurait un cas d’envoûtement dans son diocèse “

Requiem, mon curé préféré est de retour, il est bien le seul pour qui je ferais le déplacement s’il venait officier dans l’église de mon quartier. Mais à choisir, je préfère le retrouver dans un bouquin de son créateur. Et si le deuxième opus m’avait laissé un peu dubitative cette fois-ci il n’en fut rien.

” Mais, le Patron, comme vous dites, peut en témoigner, vous m’avez bien fait rire dans des moments sombres de ma vie. “

Et pourtant son retour apparemment ne plait pas à tout le monde.

” Tu fais chier Esteban, tu me fais vraiment chier, je vais t’avoir encore dans les pattes ! “

Oui et alors ? L’histoire ne va pas s’arrêter là quand même. La fête ne fait que commencer, il n’a encore tiré sur personne ni tiré personne. Surtout que cette année le diable s’habille en licorne c’est tendance , Prada c’est bien trop Hasbeen, même si l’habit ne fait pas le moine, il a tout compris l’auteur, tandis que certains jouent la carte du chat lui il est à fond dans la licorne, de quoi satisfaire Coquette et le gosier. D’ailleurs en parlant d’habit, t’as vu la couverture qui habille ce chef-d’œuvre ? (ou en passe de le devenir) pas con l’auteur il s’entoure des meilleurs et n’hésite pas à les remercier au passage, en toute sincérité.

– OK Caroline, donc si je dis à quelqu’un que je le trouve très con, et que c’est sincère, parce que le type face à moi tient une couche de connerie aussi épaisse que la banquise, je le respecte ?

Éclat de rire général dans la classe, la petite Lainé rougit jusqu’au bout des oreilles.(…)Je l’aime bien la petite Lainé, elle aime répondre la première, histoire de tirer la couverture, mais elle est adorable.

( * Ceci est un hommage appuyé à Caroline Lainé, charmante rombière qui élabore mes couvertures qui te font baver en librairie, respect l’artiste…)

Ce que j’en dis : je plussoie ❤️🦄d’ici à ce que des tatoueurs s’inspirent de ses œuvres, heureusement Michel Ange n’est plus de ce monde (paix à son âme).

Trêve de compliments faut avancer dans la chronique, et aider l’auteur à vendre son bouquin. Remarque ça devrait pas être très difficile l’auteur s’est surpassé, il est tellement bien que je ne vais pas en dire plus, je vais laisser la surprise aux futurs lecteurs et leurs laisser découvrir le secret de la Licorne. Tu me suis Tintin ? Bon d’accord, elle était facile celle-là, mais j’ai au moins le mérite d’essayer ( d’être drôle) même si l’auteur sent sort bien mieux que moi. Tu ne me crois pas ? Lis ce bouquin et lis les autres aussi ( mes chroniques ici et ) et tu verras que cette année le carnaval de Dunkerque va te réserver de belles tranches de rires grâce à Requiem ce curé hors normes qui débarque chez les Ch’tis . Bienvenue qu’ils disent, les pauvres s’ils savaient…

Tu l’as compris, La licorne j’adore ( Dior m’a pardonné) la couv’elle déchire, collection 2018, copie interdite sous peine de finir à confesse, une nouvelle aventure digne de ce nom, croix de bois, croix de fer si je mens j’irai en enfer. Alors maintenant lis-le beauté divine ! Et éclate toi bien.

L’énergumène qui se cache derrière le pseudo de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Son ancienne profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime, la transgression et l’humour noir. Cet auteur inclassable voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. La preuve : Nadine Monfils puis Patrice Dard ont préfacé les deux premières aventures de ce drôle d’ecclésiastique…

Je remercie qui de droit pour sa délicate attention 🍻