Meurtres sur la Madison

Meurtres sur la Madison de Keith McCafferty aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Janique Jouin-de Laurens

« C’est le guide de pêche connu sous le nom de Rainbow Sam qui découvrit le corps. Ou, plutôt, le client qui lançait depuis la proue de son bateau, travaillant une Girdle Bug devant un amas de rondins qui séparait en deux le courant de la Madison River. (…) Le corps immergé sous le bois flotté se libéra de son attache, remonta soudain à la surface et se mit à flotter à plat ventre, l’hameçon enfoncé dans l’entrejambe de ses waders. “

Ce jour-là, la Madison River, cette fameuse rivière très réputée du Montana, réserva une drôle de surprise aux pêcheurs. Pensant avoir réussi une belle prise, le pêcheur qui n’avait jusqu’à présent attrapé qu’une toute petite truite, rayonnait.

(…) Vous n’êtes peut-être pas béni des dieux pour ce qui est de la pêche à la truite, mais vous venez de vous offrir une sacrée histoire. “

La prise revient à l’intrépide shérif Martha Ettinger, l’homicide semblant évident.

C’est durant son enquête qu’elle va faire la connaissance de Sean Stranahan, lui-même pêcheur, peintre et ex- enquêteur privé qui s’est récemment installé dans les rocheuses à la suite d’une séparation douloureuse. Sean est également sur une affaire que lui a confié Velvet Lafayette, une femme troublante qui recherche son jeune frère disparu. Envoûté par cette sirène du Sud, il part à la recherche du garçon. Deux affaires qui semblent étrangement liées. C’est ensemble, que Martha et Sean vont remonter une piste glissante qui risque de faire de l’ombre au plus gros  » business  » du Montana : la pêche à la mouche.

 » Ce qu’il y a avec la pêche, c’est que ça donne de l’espoir. Chaque lancer apporte un peu d’espoir et si l’on peut se perdre dans cet espoir, alors les soucis et le chagrin s’évanouissent à l’arrière-plan. La tempête intérieure se calme pour un moment. « 

Ce que j’en dis :

Quand une nouvelle plume débarque chez Gallmeister, cela attise bien évidemment ma curiosité , et davantage quand elle est recommandée par le grand Craig Johnson.

Que l’on aime ou pas la pêche, cette histoire offre un dépaysement total. Pour ma part elle a ravivé quelques bons souvenirs notamment mes parties de pêche avec mon grand-père et également de belles scènes du film  » Et au milieu coule une rivière « , magnifique adaptation du roman de Norman Maclean.

Aux États-Unis, la pêche à la mouche est très réputée et attire un grand nombre de passionnés. Cette histoire nous la fait découvrir à travers une enquête passionnante. L’auteur nous insuffle tout son amour pour la nature, les rivières et rien de tel qu’un connaisseur pour donner vie avec justesse à une histoire.

Basé sur des faits réels, avec des personnages authentiques, ce récit a tout pour plaire.

Une aventure au grand air absolument magnifique.

Meurtre sur la Madison est le premier volet d’une série plantée au cœur de l’Ouest américain, à suivre absolument.

Keith McCafferty est le rédacteur en chef de Field & Stream, magazine consacré à la pêche, la chasse et la vie au grand air. Il a contribué à diverses publications, dont le Chicago Tribune, sur des sujets allant des moustiques aux loups, du mercenariat aux exorcismes, et à pas mal bourlingué à travers le monde. Il est lauréat de nombreux prix, dont le Robert Traver Awward (qui récompense de la littérature relative à la pêche).

Je remercie les Éditions Gallmeister pour cette pêche extraordinaire.

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“ Fleurs de sang ”

Fleurs de sang de Jérôme Frioux -Troublant aux éditions De Saxus

 » Tous les voisins de « La Compagnie des orchidées » sont là, désemparés, les bras ballants, ne sachant que faire, que dire. Un silence de fin du monde s’est abattu sur le marché aux fleurs où, hier encore, une fébrilité joyeuse et naïve saluait le passage de la reine d’Angleterre.

Aujourd’hui, la fête est finie. La faucheuse est passée. ”

Franck, un fleuriste renommé du marché aux fleurs de Paris est retrouvé sans vie dans la serre de sa boutique. Tout porte à croire qu’il a été assassiné.

C’est le commissaire Durrieu qui se retrouve sur l’affaire. Un flic bourru et irascible qui tient sa brigade d’une poigne de fer.

Thom, l’ex-flic, ancien inspecteur prête main forte à son ex-patron. Suite à la mort de son jumeau pendant une arrestation, il avait quitté la police. Il se retrouve mêlé à l’affaire par l’amitié qu’il portait à Franck.

 » – Franck était un homme calme, discret. Gentil, prévenant. Mais quelque chose m’a toujours intrigué, chez lui…

– Tu peux expliquer ?

– Mon flair de super-flic, je suppose… J’ai toujours eu l’impression qu’il avait un secret, qu’il cachait quelque chose. Mais te dire quoi …

– T’as rien de plus précis ?

– En tout cas, c’était un solitaire. Il faisait fréquemment des voyages en Afrique du Nord et au Proche-Orient aussi, je crois. C’est un spécialiste des orchidées et des plantes tropicales.  »

Cet assassinat va mettre à jour un drôle de trafic…

Ce que j’en dis :

Quand on aime les polars sans hémoglobine à outrance ce roman est idéal. Une intrigue qui distille parcimonieusement les indices et offre une belle galerie de personnages qui intensifie le nombre de suspects. Il rend ce récit addictif et invite le lecteur à ne pas interrompre sa lecture pour connaître au plus vite le dénouement final. Il faut malgré tout être attentif, car la construction du récit passe parfois d’un moment à un autre sans toujours prévenir, un peu perturbant si l’on n’y prends pas garde. Une lecture malgré tout très agréable avec des personnages très attachants, et un final plein de surprise qui ravira tous les fans d’ Agatha Christie.

Pour un premier roman c’est réussi, une belle découverte.

Les auteurs :

Jérôme Frioux- Troublant vient du spectacle vivant. De mette en scène à régisseur, il est passé par tous les métiers du théâtre. Secrétaire général de  » La scène du balcon  » , association qui crée des spectacles et des festivals, il anime en parallèle des ateliers d’écriture intergénérationnels en partenariat avec la Ville de Paris. Fleurs de sang est son premier roman.

Bruno Leroy est fleuriste. Il a été le conseiller technique et botanique pour ce roman.

Je remercie les éditions De Saxus pour ce polar très fleuri.

“ Là où vivent les loups ”

Là où vivent les loups de Laurent Guillaume aux Éditions Denoël

« Monet chercha la sortie du regard. Il était grand – un mètre quatre-vingt -seize – et gros, très gros.(,,,) Ses traits qui auraient pu être séduisants étaient noyés dans les replis de la chair. Ses yeux exprimaient une lassitude définitive et une mauvaise humeur permanente. Personne n’aimait Monet, lui le premier. “

Le train arrive au terminus de la gare de Thyanne. C’est là que descend Priam Monnet. Un physique imposant qui ne passe pas inaperçu. Monnet est un flic insociable sur la mauvaise pente. Son purgatoire personnel c’est d’être flic à l’ IGPN, la police des polices.

Monet savait bien que les questions allaient bon train dans leurs tronches de flics. Aucun poulet n’aime voir débarquer les bœufs dans son service, c’est une intrusion, un viol dans leur intimité professionnelle. Du coup, ils affectaient une solidarité surjouée . “

Il a pour mission d’inspecter ce petit poste de la police des frontières, situé entre les Alpes françaises et italiennes. Un bled perdu dans une vallée ingénieuse où les règles du Far West ont remplacé celles du droit.

Monnet n’a qu’une envie, accomplir ce pour quoi il est là au plus vite, quitter cet endroit paumé et retrouver sa vie citadine à Paris.

Hélas, on découvre un cadavre, dans les bois, apparemment un migrant qui serait tombé de la falaise. Seulement l’instinct de Monnet doute, ses vieux réflexes ont la peau dure. En digne enquêteur perspicace et pugnace, il va s’éterniser un peu dans le coin et éclaircir cette sombre affaire, quitte à déterrer les secrets de la petite ville de Thyanne.

Ça ne va pas plaire à tout le monde et il est clair qu’on ne va pas lui faciliter la tâche.

Ce que j’en dis :

Voilà un polar comme j’aime, aussi atypique que ce flic proactif qui débarque de Paris et en impose direct. Que ce soit son physique ou son langage, aucun des deux ne passent inaperçus . Il ne fait pas de cadeau mais fait bien son boulot.

Dans une ambiance survoltée, l’auteur nous a concocté une intrigue policière dynamique qui sort des schémas classiques du polar avec un petit côté engagé qui n’est pas pour me déplaire bien au contraire. Une pointe d’humour acerbe accompagne cette histoire réaliste conté par un connaisseur. Son ancien métier de flic rôde autour de sa plume et donne à son roman une étonnante véracité.

Dans ce huis clos au grand air, où tout le monde se connaît, seul un Monchus pouvait réussir à faire éclater la vérité.

Un récit qui réserve des surprises étonnantes auxquelles on est loin de s’y attendre.

Depuis Mako que j’avais découvert par hasard, et qui m’avait déjà alpagué, l’auteur ne cesse de s’affirmer roman après roman et tout comme Monnet, il s’impose dans le décor du polar et ne passe pas inaperçu.

Là où vivent les loups à découvrir d’urgence.

Dépaysement et suspense de haut vol au rendez-vous, ça ne se refuse pas.

Ancien flic et désormais consultant international en lutte contre le crime organisé, Laurent Guillaume écrit des romans et des scénarios lorsqu’il ne voyage pas. Son expérience à la BAC, aux stups et en Afrique de l’Ouest comme coopérant imprègne ses histoires, sombres et tourmentées.

Mako (2009), son premier roman a obtenu le prix VSD du polar 2009. Il est était également lauréat du prix des Lecteurs 2015 du festival Sang d’encre.

Ma collection

Laurent Guillaume a coscénarisé avec Olivier Marchal et Christophe Gavat le téléfilm de France 2 Borderline. Il a créé et scenarisé avec Olivier Marchal la série Section Zéro pour Canal +.

Une série qui déchire.

Là où vivent les loups est son neuvième roman.

Je remercie les Éditions Denoël pour cet excellent polar atypique.

Le diable s’habille en licorne

Le diable s’habille en licorne de Stanislas Petrosky aux Éditions Lajouanie

” Tout a commencé par un courriel émanant de l’évêché de Dunkerque pour le Vatican. C’est arrivé dans le bureau du frère Falvo qui m’a fait suivre. Monseigneur Gillio aurait un cas d’envoûtement dans son diocèse “

Requiem, mon curé préféré est de retour, il est bien le seul pour qui je ferais le déplacement s’il venait officier dans l’église de mon quartier. Mais à choisir, je préfère le retrouver dans un bouquin de son créateur. Et si le deuxième opus m’avait laissé un peu dubitative cette fois-ci il n’en fut rien.

” Mais, le Patron, comme vous dites, peut en témoigner, vous m’avez bien fait rire dans des moments sombres de ma vie. “

Et pourtant son retour apparemment ne plait pas à tout le monde.

” Tu fais chier Esteban, tu me fais vraiment chier, je vais t’avoir encore dans les pattes ! “

Oui et alors ? L’histoire ne va pas s’arrêter là quand même. La fête ne fait que commencer, il n’a encore tiré sur personne ni tiré personne. Surtout que cette année le diable s’habille en licorne c’est tendance , Prada c’est bien trop Hasbeen, même si l’habit ne fait pas le moine, il a tout compris l’auteur, tandis que certains jouent la carte du chat lui il est à fond dans la licorne, de quoi satisfaire Coquette et le gosier. D’ailleurs en parlant d’habit, t’as vu la couverture qui habille ce chef-d’œuvre ? (ou en passe de le devenir) pas con l’auteur il s’entoure des meilleurs et n’hésite pas à les remercier au passage, en toute sincérité.

– OK Caroline, donc si je dis à quelqu’un que je le trouve très con, et que c’est sincère, parce que le type face à moi tient une couche de connerie aussi épaisse que la banquise, je le respecte ?

Éclat de rire général dans la classe, la petite Lainé rougit jusqu’au bout des oreilles.(…)Je l’aime bien la petite Lainé, elle aime répondre la première, histoire de tirer la couverture, mais elle est adorable.

( * Ceci est un hommage appuyé à Caroline Lainé, charmante rombière qui élabore mes couvertures qui te font baver en librairie, respect l’artiste…)

Ce que j’en dis : je plussoie ❤️🦄d’ici à ce que des tatoueurs s’inspirent de ses œuvres, heureusement Michel Ange n’est plus de ce monde (paix à son âme).

Trêve de compliments faut avancer dans la chronique, et aider l’auteur à vendre son bouquin. Remarque ça devrait pas être très difficile l’auteur s’est surpassé, il est tellement bien que je ne vais pas en dire plus, je vais laisser la surprise aux futurs lecteurs et leurs laisser découvrir le secret de la Licorne. Tu me suis Tintin ? Bon d’accord, elle était facile celle-là, mais j’ai au moins le mérite d’essayer ( d’être drôle) même si l’auteur sent sort bien mieux que moi. Tu ne me crois pas ? Lis ce bouquin et lis les autres aussi ( mes chroniques ici et ) et tu verras que cette année le carnaval de Dunkerque va te réserver de belles tranches de rires grâce à Requiem ce curé hors normes qui débarque chez les Ch’tis . Bienvenue qu’ils disent, les pauvres s’ils savaient…

Tu l’as compris, La licorne j’adore ( Dior m’a pardonné) la couv’elle déchire, collection 2018, copie interdite sous peine de finir à confesse, une nouvelle aventure digne de ce nom, croix de bois, croix de fer si je mens j’irai en enfer. Alors maintenant lis-le beauté divine ! Et éclate toi bien.

L’énergumène qui se cache derrière le pseudo de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Son ancienne profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime, la transgression et l’humour noir. Cet auteur inclassable voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. La preuve : Nadine Monfils puis Patrice Dard ont préfacé les deux premières aventures de ce drôle d’ecclésiastique…

Je remercie qui de droit pour sa délicate attention 🍻

Saō Paulo confessions

Saõ Paulo confessions de Gérard Bon aux Éditions de La manufacture de livres

“ – Il a disparu comme ça, d’un coup.

– Disparu ?

– Oui, volatilisé, désintégré ! dit-elle d’une voix tendue comme un fil sur le point de rompre. Vous savez, c’est un peu comme dans ces romans de gare. Le monsieur quitte son domicile un beau matin et ne reviens pas. ”

Franck Cage a disparu, en un clin d’œil juste quelques semaines avant son retour musical. Pourtant tout semblait bien rouler comme sa Porsche qui l’attend désespérément sur un parking. La femme du rocker se confie à Dino Emanueli et lui demande son aide.

” Ce n’était pas tout à fait le genre de dossier dont le rêvais. Mais il était sans doute écrit que cette dame en détresse s’adressait à moi, sur les conseils d’un ami de son père. Qui sait ce qu’on avait pu lui raconter à mon sujet ? Que je collectionnais les succès ? “

Il tombe sous le charme de cette femme assez troublante et décide de prendre en charge cette affaire. Commence alors pour Dino une plongée dans le mystère de Saõ Paulo et dans le passé du sulfureux musicien.

Doit-on s’accrocher à un vague espoir ? S’installer dans le grand découragement de l’attente ? Ou tirer une croix sur le passé ? “

Ce que j’en dis :

À travers ce polar qui flirte avec le roman noir, l’auteur dépeint une ville brésilienne gangrenée par la corruption. Une ville dominée par l’argent et la spéculation immobilière. On fait connaissance avec cet avocat épicurien et charmeur qui n’hésite pas à mettre beaucoup de sa personne pour aboutir à ses fins, au risque de se perdre en route. Entre stratégies et plaisirs l’enquête se poursuit dans une atmosphère poisseuse loin des plages paradisiaques.

Une plume que je découvre, un polar qui sort de l’ordinaire avec un avocat qui ne manque pas d’humour même si je l’aurais préféré un peu plus caustique.

Un belle rencontre qui me donne envie de poursuivre vers ses précédents polars.

Gérard Bon

Né à Nice, Gérard Bon étudie à l’école supérieur de journalisme de Lille. Reporter pour deux agences de presse internationales, il se spécialise dans les affaires politiques et judiciaires et les relations diplomatiques. À ce titre, il a suivi plusieurs voyages présidentiels officiels au Brésil, en Afrique du Sud, en Libye.

Depuis 25 ans, il séjourne régulièrement au Brésil. Il est l’auteur d’une trilogie de romans policiers mettant en scène un héros récurrent, Cavalier, ainsi que Ci-gît mon frère (2012) et Retour à Marseille (2016), à La Manufacture de livres.

Je remercie La Manufacture de livres pour ce polar étonnant.

“ Tu ne perds rien pour attendre ”

Tu ne perds rien pour attendre de Janis Otsiemi aux Éditions pocket

“ La panthère vit dans les fourrés, disait un proverbe. La sûreté urbaine était ses fourrés, à lui. Il allait devoir traquer toutes les pourritures qui pullulaient dans cette ville. ”

Jean-Marc est policier à Libreville au Gabon. Il n’est pas devenu flic par hasard. Après avoir perdu sa mère et sa sœur, toutes deux fauchées par une voiture conduite par le fils du ministre, qui ne fut jamais inquiété, il rêve d’éradiquer la violence dans sa ville et de rendre justice. Un soir il fait une rencontre surprenante.

– Voir un fantôme est un mauvais présage. Vous devriez aller voir un marabout ou un pasteur. “

Il ne sais pas encore que cette rencontre absolument pas fortuite. Il va pourtant mettre tout en œuvre pour résoudre cette affaire irréelle.

” – Elle veut que je retrouve celui ou ceux qui l’ont tuée. C’est pour ça, j’ai besoin que vous me disiez tout ce que vous savez d’elle et ce qui lui est arrivé. Dans mon métier, nous ne choisissons pas les affaires sur lesquelles nous travaillons, mais ce sont elles qui nous choisissent. J’ai l’impression que c’est le cas avec votre fille. “

Ce que j’en dis :

Depuis un moment déjà j’étais tentée par cette plume venue d’ailleurs. Ce polar tombait à point nommé pour voyager au Gabon et découvrir l’envers du décor des cartes postales à travers une enquête qui allie réel et surnaturel. Une chose est sûre, le dépaysement est garanti, même si l’intrigue est assez légère, le récit n’en demeure pas moins inintéressant. L’auteur nous plonge au cœur de son pays d’origine en utilisant des expressions gabonaises, qu’un glossaire nous aide à comprendre. Il dépeint avec réalisme la corruption engendrée par la mafia, et nous fait découvrir certaines croyances ancestrales. Une lecture agréable, un style inventif, des personnages attachants, qui me donnent envie de poursuivre ma balade gabonaise à travers ses autres polars.

Une belle découverte. Un beau voyage livresque.

Janis OTSIEMI est né en 1976 à Franceville au Gabon. Il vit et travaille à Libreville. Il a publié plusieurs romans, poèmes et essais au Gabon.

Roman social et urbain, style assez direct, récit émaillé d’expressions savoureuses, Janis OTSIEMI signe des romans miroir de la société gabonaise telle qu’il la vit et la perçoit aujourd’hui ! Il a obtenu le Prix du Roman Gabonais pour « La vie est un sale boulot « 

UNE RÉVÉLATION

Je remercie les Éditions Pocket pour ce polar réellement étonnant.

“ Les Pâques du commissaire Ricciardi ”

Les Pâques du commissaire Ricciardi de Maurizio De Giovanni

Traduit de l’italien par Odile Rousseau

” La vieille était arrivée au commissariat tout essoufflée. C’était la concierge du bordel, une célébrité, connue dans tout le quartier à cause de la force de ses bras qui contrastaient avec sa silhouette menue et lui permettaient d’assurer un service d’ordre efficace, jetant à la rue les clients ivres et importuns qui cherchaient toujours à en avoir plus pour leur argent. (…) Quand il s’était trouvé face à elle, il avait compris qu’elle était vraiment troublée : les joues rouges, le souffle court, l’air désespéré.

« Brigadier, venez tout de suite, tout de suite. Y s’est passé quelque chose de terrible. » “

À Naples, une semaine avant Pâques, une prostituée de luxe plus connue sous le nom de Vipera est retrouvée sans vie dans la chambre du bordel où elle officiait. L’oreiller, dernier témoin de ce crime odieux n’est hélas d’aucun secours.

” Malgré l’affront fait par la mort, le commissaire comprit que Vipera avait dû être très belle. “

Vipera était d’une beauté envoûtante qui ne laissait personne indiffèrent. Le commissaire Ricciardi devra démêler un sacré sac de nœud où se mêlent de l’avidité, de la jalousie et une rancune tenace, afin de résoudre l’énigme de la mort de cette femme.

” Pour le Jeudi saint, le printemps choisit un costume gris.

La matinée se présenta voilée, sous un soleil pâle et maladif qui ne se sentait pas la force d’exercer son métier. Une lumière laiteuse atténuait les contours, les noyant dans une brume incertaine. Les rares passants du petit matin se déplaçaient le long des murs, surpris par l’humidité de l’air : le printemps continuait à étonner et à décevoir, se trompant lui-même sur son propre compte. “

À travers une intrigue tout en finesse, je fais connaissance avec le commissaire Ricciardi et je découvre son don particulier. Un personnage d’emblée très attachant, que j’aurai plaisir à retrouver dans ses précédentes enquêtes pour le connaître davantage.

L’auteur dépeint le fascisme napolitain des années 30, à travers une plume raffinée, délicate. Un récit où l’amour voyage à travers la mort, la beauté à travers la haine.

Un roman imprégné de lyrisme qui ravira les lecteurs exigeants, comme quoi on peut écrire du polar et y apporter une écriture singulière.

Du suspens, de la poésie et des personnages particuliers pour un voyage en Italie absolument génial.

Une très belle découverte grâce aux concours des éditions rivages et je les remercie.

” Dans la pénombre du soir qui descendait, Ricciardi était à son bureau, assis dans un fauteuil, ses yeux clairs grands ouverts sur le vide.

Combien de temps faudra-t-il attendre encore ? Et, surtout, comment cela allait-il se terminer ?

Il n’y avait qu’à attendre.

Seulement attendre. “

Maurizio De Giovanni est né à Naples, le cadre de tous ses romans. Auteur star, lauréats du prestigieux prix Scerbanenco, son œuvre a été traduite dans de nombreux pays et plusieurs fois adaptée à la télévision. Après les quartes volumes du cycle des Saisons, il entame le cycle des Fêtes avec Le Noël du commissaire Ricciardi.

“ Je serai le dernier homme ”

Je serai le dernier homme de David Coulon aux éditions Lajouanie

Je me souviens de ma femme, de ma fille.

Je me souviens.

Nous nous aimions.

Nous étions loin de la douleur du monde.

À l’époque. “

Un homme sort de chez sa maîtresse en pleine nuit et rejoint son domicile en passant par les chemins de traverse. Assez alcoolisé, il tente d’éviter les contrôles de police.

” Je roule, sans le savoir encore, vers l’horreur absolue. “

Il lui semble entendre un coup de feu. Par sécurité il s’arrête, descends de voiture et tend l’oreille. C’est là qu’une silhouette apparaît et tente de lui piquer sa voiture. Intervenant aussitôt, il éjecte l’intruse qui se heurte à une pierre et tombe raide…La soirée qui avait plus tôt bien commencé avec une femme dans les bras et entrain de virer au cauchemar avec un cadavre sur les bras. Et c’est dans le coffre de sa voiture qu’il tente de cacher la dépouille.

À vouloir éviter un simple amende, c’est maintenant la prison qui le guette.

” Une espèce de trip pour te foutre la trouille. ”

À se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment, il était évident que de mauvaises décisions allaient suivre. Quelle idée aussi de s’enfuir avec une passagère quasiment nue mais vraisemblablement morte…

Les interrogations s’enchaînent pour ce fêtard qui ne s’est même pas présenté. Notre inconnu n’a pas fini de nous étonner et son retour parmi les siens va lui réserver quelques surprises.

” On ne connaît jamais les gens qu’on aime. “

Pour une première rencontre avec la plume de David Coulon, je suis comblée. Je découvre un récit hors norme, au rythme soutenu en parfaite harmonie avec l’histoire qui me coupe le souffle. Un style particulier, brutal, nerveux, vif, pour une histoire toute aussi particulière à la fois sans limite et surprenante. Un suspens macabre, qui tourne à l’obsession pour cet anonyme qui se retrouve une fois de plus dans de beaux draps.

Encore un beau spécimen de roman policier mais pas que, qui rejoint les éditions Lajouanie. Derrière cette magnifique couverture se cache le cauchemar d’un homme incapable de prendre la bonne décision…

Amateur de thriller, ce livre est pour vous. Foncez !

David Coulon est psychologue et romancier.

Né dans le sud de France en 1974, David Coulon a commencé par écrire beaucoup de nouvelles, en publier en revue papier (L’ours Polar, Lignes Noires, etc…) et à la radio (RTBF). Puis, il est devenu psychologue, metteur en scène de théâtre (compagnies La Fille Du Guignol, et Kopasker), comédien. Sur son site, vous trouverez quelques uns de ses écrits, mais pas tous, fort heureusement pour votre santé mentale, et la sienne ! Vous trouverez également des infos/actus sur les pièces de théâtre en cours de création, ou en jeu. Il vit désormais en Normandie où il exerce toujours la profession de psychologue. A côté de cela, il dirige plusieurs ateliers théâtre et ateliers d’écriture.

Son premier roman, « Dernière fenêtre sur l’aurore », a été publié en juillet 2013, aux Editions Asgard. Intéressé par les individus en phase de rupture mentale dans un univers social qui les broie, ses écrits font le grand écart entre univers très noir, mais parfois aussi humour. Il en va de même pour les pièces mises en scène dans le cadre de la compagnie Kopasker.

En 2015, il a reçu le grand prix VSD du polar, pour son roman Le village des ténèbres, coup de cœur de Franck Thilliez

Je remercie les éditions Lajouanie pour m’avoir permis de découvrir ce roman d’une noirceur absolue.

“ Féroce ”

Féroce de Danielle Thiéry aux éditions Flammarion

” Les adolescents et les jeunes adultes étaient les plus nombreux à disparaître chaque année, plus que les adultes et, naturellement, beaucoup plus que les jeunes enfants.

Il y en avait quelques dizaines de milliers, dans la base SALVAC, qui se cumulaient d’année en année. ”

Après une découverte d’ossements d’enfants dans l’enclos des lions du zoo de Vincennes, il est évident que cela soulève quelques questions. Alice de Clavery, la jeune criminologue est en alerte. Elle fait vite le lien avec une ancienne disparition d’enfant qui l’obsède depuis six ans. À l’époque c’était au Zoo de Thoiry que la petite Swan avait disparu.

Un prédateur rôde. Les enfants sont en danger.

 » Ce n’est pas ta faute, Magnus, si c’est à ce moment de leur vie qu’ils sont à point, si forts et si fragiles. Plus petits, ils ne cessent de couiner après leur mère. Plus grands, ils sont déjà coulés dans un moule unique, formatés, ingouvernables.  »

D’un autre côté, la brigade de l’Office est au taquet pour démanteler un réseau pédophile. Mais lorsque l’adjoint du commissaire Marion est retrouvé en mauvaise posture, les mains pleine de sang, le service se retrouve en plein chaos. Se rajoutent deux disparitions dont celle d’une enfant.

Pour la première fois, La commissaire Marion doute et le pire reste à venir…

 » Secoués une fois de plus dans la période la plus sombre de leur histoire, plus nombreux étaient les flics, jour après jour, attaque après attaque, à se demander s’ils ne feraient pas mieux de changer de métier. Pendant quelques jours la rue les plaignait, les congratulait. Puis une partie de la population trouvait normal qu’ils soient les premières cibles des furieux se réclamant d’un Dieu bien commode tandis que d’autres applaudissaient en clamant qu’un bon flic est un flic mort. ”

Je suis une grande fan de Danielle Thiéry depuis ses débuts d’écrivaine avec son premier polar Affaire classée qui avait fait une entrée remarquable.

Alliant son travail à sa plume, ses polars prennent une dimension authentique. Nous plongeons chaque fois au cœur d’une nouvelle enquête en suivant le parcours de la commissaire Edwige Marion.

Cette fois l’auteure se surpasse et nous offre une histoire féroce où les prédateurs sont hélas de plus en plus nombreux et survivent en s’adaptant cruellement au monde moderne et à ses nouvelles technologies. La police est mise à mal et devra s’unir davantage pour résoudre cette affaire et clore celle du passé.

Féroce recèle une grande maîtrise de l’intrigue à travers une plume fluide et bien rythmée qui nous fait rugir de plaisir.

Danielle Thiéry , première femme commissaire divisionnaire de l’histoire de la police française n’a rien à envier à ses collègues policiers écrivains, tout comme dans sa brigade à l’époque, elle règne et excelle dans l’univers du polar. Qu’elle dégaine le flingue ou la plume, la dame est dans la place pour notre plus grand plaisir.

Une figure incontournable du polar made in France.

Je remercie les Éditions Flammarion pour ce polar férocement addictif.

“ Aide-moi si tu peux ”

Aide-moi si tu peux de Jérôme Attal aux Éditions Pocket

– Qu’est-ce que tu racontes, Cague ? Ça y est ? T’es sur place ?

– Oui, et ce n’est pas joli à voir. Une gorge tranchée jusqu’à l’os et un testicule en goguette, si vous voulez un rapport complet. Je viens de trouver l’arme du crime… ”

Stéphane Caglia, capitaine de police se retrouve sur une étrange affaire. Un banquier de là Défense vient d’être retrouvé assassiné, et une adolescente est portée disparue.

Pour s’aider à résoudre cette énigme, il fredonne un air musical qu’il vénère.

(…) chaque fois que je le peux, je me réfugie en pensée dans les années 80. »

Une nouvelle équipière So British l’accompagne et c’est en fin limier qu’il se retrouve sur les traces d’un suspect fan des Beatles.

Et même s’il est toujours nostalgique du passé, il va bien falloir s’adapter pour résoudre cette double enquête bien ancrée dans le présent.

“ Je n’aime pas être adulte. On se rajoute du soucis et on se pose des questions dont on se contrefichait lorsqu’on était môme.”

Une plongée dans l’univers actuel du web, en passant par YouTube et Facebook mais avec la nostalgie des années 80. L’enquête avance à travers une playlist vintage, on Voyage 🎶🎵🎶🎵Voyage 🎶🎵🎶🎵d’un tube à l’autre telle Une boule de flipper 🎶🎵, et ça roule. On avance🎶on avance 🎶on avance 🎶 faut retrouver la Disparue…

Disparue 🎶elle a disparue 🎶au coin de la rue …

Car on l’a jamais revu…

Après avoir adoré Les jonquilles de Green Park ( retrouvé ma Chronique ici, ainsi que des infos sur l’auteur ) j’étais plutôt impatiente de renouer avec le style de l’auteur. J’y ai retrouvé ce que j’avais aimé, l’humour, l’esprit, le côté décalé, l’originalité des personnages. Par contre j’ai trouvé l’intrigue plutôt légère et je n’ai pas été complètement conquise par l’histoire. Je n’ai pas été envahi par les mêmes émotions même si la plume de l’auteur est une véritable bouffée d’oxygène et un vrai délire.

Une lecture plaisante, agréable, tout en musique mais qui ne restera pas un tube inoubliable dans mon Top 50.

Je remercie les Éditions Pocket pour cette lecture très année 80.