“ L’homme craie ”

L’homme craie de C.J. Tudor aux Éditions Pygmalion

Traduit de l’anglais par Thibaud Eliroff

 » Il était difficile de manquer l’homme pâle. Déjà parce qu’il était grand, et mince. Il portait un jean délavé, une chemise blanche ample et un chapeau de paille. Il ressemblait à ce chanteur des années 1970 que ma mère aimait bien. David Bowie. ”

En 1986

Un étrange personnage apparaît à la fête foraine juste avant le terrible accident.

Puis ces mystérieux dessins de bonhommes à la craie. Ceux des enfants qui se prenaient pour des indiens en jouant aux cow-boys et d’autres, tout à fait anonymes.

 » Rien n’est meilleur que de transgresser les interdits, surtout si on peut gruger un adulte au passage. ”

Seulement il y a un MAIS, personne ne se souvient quand cela avait commencé. Puis la découverte du corps d’une jeune fille a brisé l’esprit aventurier de cette bande de jeune. Eddie, 12 ans s’en souvient.

“ Les « mais » n’étaient jamais bon signe, et celui-là s’annonçait particulièrement mauvais. Les « mais » étaient, comme Gros Gav l’avait dit un jour, « un coup dans les couilles d’une belle journée ».

Trente ans plus tard, Eddie semble rattrapé par le passé.

“ Mon cerveau s’agite pour essayer de mettre toutes les pièces à leur place. ”

Et lorsqu’il reçoit une lettre contenant un morceau de craie et un dessin, il comprends que le jeu, interrompu il y a bien longtemps n’est pas terminé. La partie reprend mais les règles semblent avoir changé.

“ Les enfants ont leurs secrets. Plus encore que les adultes parfois. ”

Une chose est sûre c’est que je me suis fait avoir comme une bleue. Et je peux déjà vous dire que ces gamins là étaient vraiment des “ Sales petits fouteurs de merde.”

Et pour ce qui concerne l’histoire qui nous balade entre 1986 et 2016 ça vaut le détour.

Pour un premier roman, l’écriture de C.J. Tudor n’a rien d’une débutante. Son style accrocheur allié à une qualité d’écriture laisse présager de futurs plaisirs livresques. Quand on voit ce qu’elle arrive à créer avec de simples morceaux de craie, il est clair que cette auteure a de l’imagination et du talent. À travers une trame qui réserve de belles surprises dans une atmosphère inquiétante, cette histoire nous ramène vers les souvenirs de notre enfance, vers nos premières peurs du Noir.

Une bien belle surprise que j’ai dévoré et il est clair que ce tableau noir m’a vraiment bluffé.

Une auteure à suivre.

C.J Tudor vit en Angleterre avec son compagnon, sa fille et une collection grandissante de crânes.

Elle a été apprentie journaliste, serveuse, rédactrice en chef, vendeuse, scénariste, voix-of et présentatrice TV. Elle travaillait comme dog-sitter quand l’idée de l’homme craie lui est venue. Elle a donc écrit son premier livre entre deux poursuites de chiens mouillés dans des champs boueux, tout en s’occupant de sa petite fille.

L’homme craie est son premier roman.

Son amour pour l’écriture sombre et macabre a commencé très jeune. Son professeur d’anglais lui a dit un jour que si elle ne devenait pas un auteur à succès, il serait « extrêmement déçu ». C’était il y a trente ans.

Je remercie Olivia et les Éditions Pygmalion pour cette lecture bluffante.

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