“ Les poissons-chats du Mississippi ”

Les poissons-chats du Mississippi de Richard Grant aux Éditions Hoëbeke

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Alexandra Maillard

” Lyndon Johnson a dit : « Il y a les États-Unis, il y a le Sud, et ensuite, il y a le Mississippi. » Ce à quoi Martha Foose a ajouté : « Et ensuite, il y a le delta. On ne sait jamais dans quoi on met les pieds, ici, et c’est justement ce qui rend ce coin si parfait. Je vais travailler papa pendant que tu t’occuperas de Mariah. Nous allons être voisins, et tu pourras même écrire un livre sur tout ça. » “

Après avoir descendu en radeau le fleuve Malagarasi en Tanzanie, puis avoir échappé à des bandits dans la Sierra Madre, l’écrivain Richard Grand décide sur un coup de tête de s’installer dans une vieille demeure d’une vieille plantation près de Pluto, au cœur du delta du Mississippi.

” Quel genre de crétin part pique-niquer pour se retrouver propriétaire d’une maison à la fin ? “

Il démarre alors avec sa compagne une nouvelle vie, qui va leur réserver de belles surprises mais aussi quelques déconvenues.

” – Je ne sais plus à quoi m’attendre, ici. C’est comme si chaque fois que je quittais la maison, quelque chose de bizarre ou de merveilleux se produisait. “

Ils s’immergent dans les sublimes paysages du delta, se lient d’amitié avec une multitude d’individus étonnants, allant de l’éleveur de poissons-chats, aux légendes du blues, en passant par des millionnaires excentriques, et même Morgan Freeman et sa bande de potes.

Un endroit vraiment surprenant où il va découvrir la corruption, le crime et les tensions raciales.

” « C’est une super journée pour être au Mississippi, a-t-il déclaré. Notre cuisine, notre musique… Blancs et noirs passent du bon temps, aujourd’hui. Le Mississippi a ses problèmes, mais putain, qu’est-ce qu’on sait vivre, mec ! On passe même un putain de bon moment. Je ne céderais ma place à personne.

– Moi non plus », ai-je dit avant de faire tinter ma bière contre la sienne. “

Ce qui au départ aurait pu être comparé à un caprice de star se révèlera une aventure humaine extraordinaire.

Au bout du compte, conclut Richard Grant, le Mississippi pourrait être « le secret le mieux gardé des États-Unis.

Ce que j’en dis :

Depuis toujours le Mississippi attira et engendra une multitude d’écrivains, grands raconteurs d’histoires pittoresques, tels que William Faulkner, Tennessee Williams, Shelby Foote, Richard Ford, Donna Tartt, John Grisham, Larry Brown, alors rien d’étonnant à ce que qu’un autre écrivain, portant une affection tenace pour le Mississippi ait envie d’en connaître davantage.

En partageant son expérience à travers ce récit, il nous offre une radiographie de l’état le plus conservateur du Sud.

” (…) Certains de ces individus étaient tellement racistes qu’ils ne s’en rendaient même pas compte. “

Des rencontres improbables, des anecdotes cocasses, des parties de chasses mémorables, des découvertes culinaires surprenantes, des parties de golf au coté d’une star du cinéma, une incursion à la prison de Parchman plutôt étonnante, une cohabitation animale piquante, chaque jour révèle son lot de surprises et d’histoires passionnantes.

” Quand les gens du Sud vous souhaitent de passer une bonne journée, cela peut parfois signifier aller vous faire foutre et bon vent en enfer. “

Une aventure extraordinaire autant pour l’écrivain que pour le lecteur qui osera s’aventurer entre ses pages, drôles, touchantes, qui m’a donné encore plus envie de parcourir cet état, et peut-être même pourquoi pas si la chance est au rendez-vous, trinquer avec Morgan Freeman.

Une magnifique découverte qui m’a fait rêver sans jamais me donner le blues pourtant bien présent au cœur du Mississippi.

Pas étonnant que ce récit ait été pendant des mois, un des best-sellers du New York Times, et le lauréat du Pat Conroy Prize.

Alors n’hésitez surtout pas à découvrir les mystères du Mississippi et de suivre les traces des plus illustres écrivains et des plus grands blues Man.

Pour info :

De « bonne famille » anglaise mais possédé par le désir de courir le monde, Richard Grant a beaucoup voyagé en Afrique et en Amérique latine.

Son premier livre, American Nomads, a été adapté à la télévision par la BBC. Crazy River, récit de sa désastreuse descente du fleuve Malagarasi, a reçu le prix du meilleur livre d’aventure du festival de Banff en 2012. God’s Middle Finger, récit de ses hallucinantes aventures dans la Sierra Madre, est aujourd’hui tenu pour un classique.

Je remercie Christelle et les éditions Hoëbeke pour cette aventure passionnante et savoureuse au cœur du Mississippi.

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“ Cherry ”

Cherry de Nico Walker aux Éditions Les Arènes

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Richard

Et pendant tout ce temps, j’ai essayé de jouer au dur parce que je croyais être un dur et que j’étais censé être un dur. Sauf que je ne l’étais pas. Et je peux vous dire maintenant qu’il y a plein de trucs mieux qu’essayer de se faire passer pour un dur, dont un, et pas des moindres, est d’être jeune, de baiser ta nana et d’en rester là. ”

C’est au cours de l’année 2003, lorsqu’il était étudiant en première année à Cleveland qu’il tomba amoureux d’Emily, une rencontre qui le marquera à vie.

Peut-on remonter dans le temps jusqu’au moment où on a rencontré celle qu’on a aimé le plus et se souvenir exactement de la façon dont ça s’est passé ? Non pas où vous étiez, comment elle était habillée où ce que vous avez mangé ce jour-là, mais plutôt ce que vous avez vu en elle qui vous a fait dire : oui, c’est pour ça que je suis venu ici. Je pourrais inventer une connerie mais, en réalité, je ne sais pas. J’aimais sa façon de jurer. Elle jurait avec une grande beauté.

Et son corps.

Quelle baiseuse…

Il est fou d’elle, et lorsqu’il pense l’avoir perdu, désabusé, il s’engage dans l’armée qui l’envoie comme médecin en Irak.

Le sergent recruteur Cole m’a frappé à la bite sans raison. Mais nous encaissions. Il fallait se souvenir que tout ça, c’était du bidon. Les sergents recruteurs faisaient juste semblant d’être des sergents recruteurs. Nous faisions semblant d’être des soldats. L’armée faisait semblant d’être l’armée. “

Pendant quasiment une année, il va découvrir l’horreur et l’absurdité de la guerre, les exactions de son pays, les antidouleurs et la violence pure.

 » Bref, ne jamais s’engager dans l’armée, putain. “

” Les gens n’arrêtaient pas de mourir : tout seul, par deux, pas de héros, pas de batailles. Rien. Nous étions juste de la piétaille, des épouvantails glorifiés ; là uniquement pour avoir l’air occupés, à arpenter la route dans un sens et dans l’autre, pour un prix exorbitant, cons comme des balais.

Il y avait des rumeurs de mort : les meurtres occasionnels, les fins atroces. Quelqu’un de la compagnie Bravo : le médecin a démissionné, a dit qu’il ne supportait plus de sortir du périmètre.

(…)

Nous étions arrivés à l’automne, donc ça faisait un point de repère. Nous approchions de la fin. En fait, un an c’est rien. Il faut ce temps là pour apprendre à assurer un minimum sur le terrain et ensuite, une fois que tu sais ce que tu fais, tu t’en vas. “

Son retour est accompagné de grave troubles post-traumatiques, il souffre comme de nombreux vétérans et pourtant il ne bénéficiera d’aucun suivi médical ni psychologique.

Il retrouve Emily avec qui il plonge dans la drogue qui ravage le Midwest.

Un addiction qui ne les lâche pas et nécessite un paquet de fric, chaque jour.

Pour faire face, il devient braqueur de banques..

” Nous nous sommes garés devant leWhole Foods. J’avais vue sur la banque. J’avais un flingue. Ce n’était pas mon flingue. Je ne sais plus qui me l’avait donné. Un truc marrant à propos des flingues. Si on sait que tu as l’habitude de faire des braquages, les gens te filent des flingues. C’est un peu comme financer des missionnaires. “

Ce que j’en dis :

Le récit de Nico Walker est si je peux me le permettre  » La cerise sur le drapeau  »

Dès les premières pages, les mots de l’auteur nous emprisonnent pour ne nous libérer qu’à la dernière page, en nous laissant des souvenirs emplis d’une multitude d’émotions qui vont de la compassion, en passant par la colère et la rage avec une bonne dose de tendresse pour cet homme toujours en détention à la prison d’Ashland dans le Kentucky.

À travers cet autobiographie romancée, Nico nous livre son histoire et se délivre de tout ce qui l’enchaîne à ses souvenirs parfois douloureux qui l’ont conduit en détention.

Étudiant il tombe amoureux puis se laisse embringuer par l’armée.

” C’était la première semaine de l’année 2005 et ça faisait déjà quelques temps qu’aux infos on parlait de mômes envoyés sur le terrain, qui se faisaient buter ou mutiler, si bien que Kelly et consorts avaient du mal à recruter assez de mômes. Mais voilà que je me pointais la gueule enfarinée, et c’était trop facile ; grâce à moi, il avait gagné sa journée. “

Trop jeune pour être autorisé à franchir la porte d’un bar pour boire de l’alcool mais suffisamment pour partir à la guerre…

Allez comprendre !

Pendant onze mois, il effectuera pas moins de 250 sorties en patrouille dont il sera décoré pour sa bravoure. Mais il reviendra en vrac, livré à lui-même, avant de finir héroïnomane puis braqueur de banque.

Une confession hallucinante, souvent irrévérencieuse, d’un réalisme cru lorsqu’il nous parle de la guerre, tellement absurde et terrifiante, une expérience absolument révoltante pour ces jeunes si mal préparés à cette violence.

C’est le genre de récit qui va diviser les troupes, une œuvre littéraire qui a franchi les barreaux d’une prison pour libérer un écrivain avant sa sortie par la grande porte qu’il n’aura pas besoin de défoncer.

Un livre inoubliable, brut, noir, plein de rage, mais qui ne manque ni d’amour ni d’humour.

C’est trash, osé, courageux, ça parle de sexe, de drogue, de guerre, de criminalité c’est l’histoire d’un jeune trou du cul, coupable d’avoir aimé trop vite, trop fort, avant de se brûler les ailes en Irak pour finir derrière les barreaux après une descente dans l’enfer de la drogue et quelques braquages assez gonflés, et qui réussit grâce à son courage et aux soutiens d’éditeurs à nous écrire un putain de chef-d’œuvre.

Cherry , la cerise sur le drapeau à découvrir absolument.

Souhaitons sa sortie de prison aussi triomphante que ce récit qui a conquis l’Amérique, et poursuit merveilleusement son chemin en France grâce à la persévérance d’ Aurélien Masson toujours à l’affût de monuments littéraires hors normes.

Pour info :

Vétéran de la guerre d’Irak, ancien drogué et condamné à treize ans de prison pour vol avec violence, Nico Walker sortira de prison en 2020.

C’est son premier roman qu’il a écrit en détention.

Je remercie les Éditions Les Arènes pour cette découverte grandiose absolument bouleversante et inoubliable.

“ L’empreinte ”

L’empreinte d’ Alexandria Marzano- Lesnevich au Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

” Il n’y a aucun moyen d’échapper aux souvenirs, pas lorsqu’ils viennent de l’intérieur. “

En 2003, Alexandria Marzano- Lesnevich est une jeune étudiante en droit. Suite à un stage dans un cabinet d’avocats en Louisiane dans le but de défendre les hommes accusés de meurtre.

Son père et sa mère sont tous deux avocats. De son côté, elle est absolument opposée à la peine capitale, jusqu’au jour où elle se retrouve confrontée à un tueur d’enfant.

J’ai obtenu une partie des comptes rendus du procès de l’homme, et j’ai lu des milliers de pages de son dossier pour en arriver là. J’ai lu et relu son nom, l’ai relu encore et encore, jusqu’à ce que mon tremblement s’apaise, jusqu’à parvenir à le mémoriser.(…) Il était coupable de meurtre, c’était établi. Qui pouvait bien avoir insisté pour remettre ça ? Et comment Lorelei est-elle parvenue à se battre pour lui alors qu’il avait tué son fils – tandis que moi, bien qu’opposée à la peine de mort, j’en étais incapable ? “

Rick Langley a tué cet enfant de six ans. Sa confession ébranle bien plus Alexandria qu’elle ne s’y attendait. Cette histoire la hante et la conduit vers son passé et sa propre histoire et réveille des souvenirs douloureux.

La douleur est donc un poids que je dois porter seule. À chaque Halloween, lorsque les fantômes et les sorcières commencent à apparaître dans les décoration qui colorent la ville, je deviens nerveuse et je perds le sommeil, comme si mon subconscient croyait en ce que me disait autrefois mon grand– qu’il est un sorcier, et qu’un jour il aura ma peau. ”

Face à sa propre histoire, pendant dix ans, Alexandria va mener une profonde enquête pour tenter de comprendre ce qui a conduit Langley à ce meurtre abominable.

Le travail de la justice est de déterminer la source de l’histoire, de nommer le responsable. Il n’y a qu’une cause immédiate qui soit déterminante, c’est celle que la loi désigne. Celle qui fait de l’histoire ce qu’elle est. “

Ce que j’en dis :

Faire d’une telle histoire un récit passionnant ce n’est pas donné à tout le monde.

Dès que les enfants sont malmenés, tués, maltraités de quelque manière qu’il soit, est pour moi difficile à lire, et il est certain que j’appréhendais cette lecture. Et pourtant, porté par un souffle romanesque incroyable, ce récit m’a vraiment emporté bien au-delà de mes attentes.

Avec une fluidité surprenante pour une histoire aussi complexe, l’auteur nous livre ses souvenirs et partage avec nous son enquête journalistique sur Rick Langley, le meurtrier du petit garçon de six ans.

L’auteur nous embarque dans une intrigue où s’installe une extrême tension entre passé et présent sans jamais nous perdre en chemin, malgré les moments extrêmement affreux que l’on est amené à découvrir.

On ne peut qu’être admirative devant une telle plume, devant un tel courage pour évoquer de si douloureux souvenirs. Un sacré travail de recherche et de mémoire pour nous offrir un récit aussi abouti et beaucoup de souffrance derrière tout ça.

Un livre brutal et pourtant remarquable, à découvrir le cœur bien accroché.

Pour info :

Alexandria Marzano-Lesnevich vit à Portland dans le Maine, elle est professeur assistante d’anglais au Bowdoin Collège.

L’Empreinte, a été salué par une critique unanime et a été nommé l’un des meilleurs livres de l’année par l’Entertainment, Weekly, Audible.com, Bustle, Book Riot, The Times of London et The Guardian.

Elle écrit depuis dans des journaux prestigieux tels que The New York Times ou Oxford American.

Je remercie les éditions Sonatine pour ce récit déchirant.

“ À la ligne ”

À la ligne de Joseph Ponthus aux Éditions de La Table Ronde

” Demain

En tant qu’intérimaire

L’embauche n’est jamais sûre

Les contrats courent sur deux jours une semaine tout au plus

Ce n’est pas du Zola mais on pourrait y croire

On aimerait l’écrire le XIX° et l’époque des ouvriers héroïques

On est au XIX° siècle

J’espère l’embauche

J’attends la débauche

J’attends l’embauche

J’espère “

Ici nous est conté l’histoire peu ordinaire d’un homme ordinaire. L’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons.

Jour après jour il inventorie son travail, les gestes répétitifs, la fatigue qui envahit le corps, les douleurs qui s’accumulent, les rituels épuisants, ses états d’âme avec précision et une lucidité étonnante.

” J’éprouve un sentiment très aigu d’être au monde

En adéquation presque spinoziste avec mon

environnement

Le Grand Tout qu’est l’usine

Je suis l’usine elle est moi elle est elle et je suis moi

Cette nuit

Nous œuvrons “

Un combat quotidien sauvé par son autre vie auprès de sa femme, de son chien et de sa mère, accompagnés par tout ce qu’il aime, la musique, les livres, et ses balades en bord de mer.

” L’usine bouleverse mon corps

Mes certitudes

Ce que je croyais savoir du travail et du repos

De la fatigue

De la joie

De l’humanité “

C’est son refuge, contre tout ce qui blesse, tout ce qui aliène. Pour réussir à embaucher jour après jour et ne pas sombrer en cours de route.

 » Retour à la maison

Le chien me lèche les mains sans doute encore imprégnées du sang des bêtes

Il y a les restes de la nuit d’hier

Extraordinaire

Ton anniversaire

Mon épouse amour

Les autant de roses que de bougies sublimes

Le cadavre d’une bouteille de champ’

Tout ce qui n’est pas l’abattoir

Où demain il faudra retourner

Pour une journée ordinaire “

Ce que j’en dis :

À croire qu’il l’a écrit avec ses tripes voir même son sang, tellement ce récit est puissant et parfois violent, brutal. Il y a mis aussi du cœur et lui a apporté une certaine poésie pour l’adoucir un peu.

À travers ce récit autobiographique, il nous parle de l’autre côté du miroir, de l’envers du décor, de ce que l’on ne nous dit pas, forcément c’est pas reluisant l’univers des usines agro-alimentaires.

Mais en tant qu’amoureux des mots, il nous confie ses maux avec élégance, et une lucidité étonnante dans une prose singulière, poétique qui nous bouleverse par sa sincérité.

Un livre qui donne à réfléchir, à comprendre que si tout travail mérite salaire, il mérite aussi une certaine considération.

Un livre à découvrir, autant pour son écriture que pour tout ce qu’il contient de courage. Oui, un livre courageux, exemplaire. Un bel hommage au monde ouvrier quel qu’il soit mais aussi une belle déclaration d’amour aux deux femmes de sa vie.

Vous l’aurez compris, moi qui revendique souvent mon statut de fille d’ouvrier d’usine et fière de l’avoir été, ce roman est un véritable coup de cœur qui ne peut laisser personne indifférent.

Accueillez le comme il le mérite, les bras grands ouverts et chérissez le à votre tour.

Vous m’en direz des nouvelles.

Pour info :

Joseph Ponthus est né en 1978. Après des études de littérature à Reims et de travail social à Nancy, il a exercé plus de dix ans comme éducateur spécialisé en banlieue parisienne où il a notamment dirigé et publié Nous… La Cité (Editions Zones, 2012). Il vit et travaille désormais en Bretagne. 

Quelques mots de l’auteur pioché dans un article :

« Mon livre ? C’est un chant d’amour pour mon épouse, pour mes collègues, une ode à la classe ouvrière et à la littérature ».

Je remercie les éditions de La Table Ronde pour cette immersion au cœur du monde ouvrier, les invisibles qui œuvrent tant.

“ Tremblement de temps ”

Tremblement de Temps de Kurt Vonnegut aux Éditions Super 8

Traduit de l’anglais (États-Unis ) par Aude Pasquier

Le monde entier est un théâtre, et tous les hommes et les femmes de simples acteurs. “

En 2001: un « tremblement de temps temporel » renvoie le monde entier en 1991. L’occasion peut-être de corriger certaines erreurs et d’éviter certaines catastrophes ? Et bien non, tout recommence à l’identique. L’humanité poursuit sa course infernale avec nonchalance.

” À croire que nombreux attendent la mort et d’être délivré de leur vie. “

Le pitch laisse présager un roman de science-fiction et pourtant l’auteur culte d’Abattoir 5 n’a pas eu envie de l’écrire, mais a eu envie de digresser autrement en embarquant le lecteur dans un étourdissant voyage au pays de la fiction.

” Je rentre à la maison. Je me suis sacrément amusé. Écoutez nous sommes sur terre pour glandouiller. Ne laissez personne prétendre autre chose ! “

Ce que j’en dis :

L’auteur pose un regard acerbe sur la société américaine. Il médite brillamment sur son pays, sur la guerre, lui l’ancien soldat qui fut un temps prisonnier, mais aussi sur la famille, les amis, sur la vie et les choix qui la composent.

” Beaucoup de gens échouent parce que leur cerveau, leur éponge d’un kilo et demi imbibée de sang, leur pâtée pour chien, n’est pas assez performante. La cause d’un échec peut être aussi simple que ça. Certains ont beau s’efforcer, ils ne cassent pas trois pattes à un canard. Point final ! “

Un récit autobiographique où Kurt Vonnegut se livre à cœur ouvert, sans fards et

pourtant cet OLNI a bien failli ne pas voir le jour.

Une lecture qui est parfois déroutante mais qui régale par son côté grinçant et très atypique. Une plume plutôt sarcastique, satyrique qui résonne avec un réalisme surprenant. Remplis d’aphorismes, le lecteur reste captivé et se laisse embarquer dans un univers étrange.

L’absurdité du monde dans toute sa splendeur.

Un récit subversif, assez mordant et plutôt jouissif qui va réjouir ses fans.

Pour info :

Avec son frère et sa sœur, Kurt Vonnegut Jr grandit dans une famille aisée. Son père, Kurt Sr, architecte, perd toute sa fortune dans la Grande Dépression. En 1940, Kurt entre à la Cornell University, étudie la chimie et la biologie selon le désir de son père, mais se distingue comme éditeur du Cornell Daily Sun. Il quitte l’université en 1943 pour s’engager dans l’armée et est fait prisonnier par les Allemands lors de la bataille des Ardennes. Il se retrouve alors à Dresde, en Allemagne, enfermé au sous-sol d’un abattoir, le Slaughterhouse Five. Pendant la nuit du 13 février 1945, la ville est bombardée par les Alliés. On dénombre 130000 morts en deux jours. Kurt, toujours enfermé au sous-sol de l’abattoir, et l’un des rares survivants et sera ainsi chargé par les Allemands de rassembler les corps des victimes pour les brûler. Il est libéré par l’armée Rouge en mai 1945.

Cette expérience donnera corps à son roman le plus connu, Abattoir 5, paru en 1969. Après la guerre, Kurt poursuit des études d’anthropologie à la Chicago University et obtient son diplôme grâce au succès de son livre Le Berceau du chat (1963), alors qu’il a déjà quitté l’université depuis plusieurs années. Il travaille comme publicitaire chez General Electric lorsqu’il publie Le Pianiste déchaîné (1952), Les Sirènes de Titan (1959) et surtout Abattoir 5 (1969), et Le Petit Déjeuner des champions (1973), ses textes les plus connus.

Les romans de Kurt Vonnegut, pessimistes et satiriques, combinent réalité, science-fiction et fantasy pour peindre avec une plume acérée les horreurs, les absurdités et l’aliénation de la vie moderne, les effets de la technologie sur les hommes et des personnages en quête de sens dans un univers absurde. Il reste un des écrivains les plus étudiés sur les campus universitaires aux États-Unis, et ses ouvrages ont influencé plusieurs générations d’étudiants, lui conférant le statut d’auteur culte outre-Atlantique. Son nom est régulièrement cité dans des œuvres de la culture populaire, des Simpsons à Strangers Things. L’astéroïde 25399 Vonnegut a été nommé en son honneur.

Je remercie les Éditions Super 8 pour ce voyage intemporel grinçant à souhait.

“ Les choses qu’ils emportaient ”

Les choses qu’ils emportaient de Tim O’Brien aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Jean-Yves Prate

 » Quarante-trois ans, et la guerre a commencé quand je n’en avais même pas la moitié, mais pourtant les souvenirs la ramène au présent. Et parfois ces souvenirs mènent à une histoire qui la rend éternelle. C’est à cela que servent les histoires. Les histoires permettent de relier le passé et l’avenir. (…)Une histoire existe pour l’éternité, même quand la mémoire est effacée, même quand il n’y a plus rien d’autre à se rappeler que l’histoire elle-même. “

À l’âge de vingt-deux ans, Tim O’ Brien reçoit sa feuille d’enrôlement et part pour le Vietnam.

Mais alors, qu’est-ce qu’un jeune homme envoyé malgré lui en enfer peut bien choisir d’emporter ? Et qu’en est-il de ses compagnons de patrouille ?

” Les choses qu’ils emportaient étaient déterminées jusqu’à un certain point par la superstition. Le lieutenant Cross emportait son galet porte-bonheur. Dave Jensen emportait une patte de lapin…(…) Ils emportaient du papier à lettre de l’USO, des crayons et des stylos, ils emportaient du Sterno, des épingles de nourrice, des fusées éclairantes, des bobines de fil électrique…“

À travers ses souvenirs, et de toutes les anecdotes vécues ou rêvées, entre fiction et réalité, l’auteur nous livre les histoires de ces jeunes hommes enrôlés malgré eux dans une guerre abominable qui fera d’eux des hommes meurtris à jamais.

(…) il faudrait que j’oublie tout ça. Mais le problème des souvenirs, c’est que l’on ne peut pas les oublier. On prend son inspiration du passé et du présent. La circulation des souvenirs alimente une rotative dans votre tête, où ils tournent en rond pendant un certain temps, puis l’imagination se bientôt à couler et les souvenirs se confondent et repartent dans un millier de directions différentes. En tant qu’écrivain, tout ce qu’on peut faire, c’est choisir une direction et se laisser porter en formulant les choses comme elles viennent à nous. Voilà ce qu’est la vraie obsession. Toutes ces histoires.  »

Revisitant ce qui a été, imaginant ce qui aurait pu être Tim O’ Brien récrée une expérience unique et réinvente la littérature consacrée au Vietnam.

Tous ces fragments de vies, si courts parfois, couchés sur le papier par un vétéran qui survécu au pire cauchemar que l’on puisse imaginer entre guerre et plaie.

Je veux que vous ressentiez ce que j’ai ressenti. Je veux que vous sachiez pourquoi la vérité des récits est parfois plus vraie que la vérité des événements. “

Ce que j’en dis :

Comme beaucoup d’entre vous, c’est au travers de certains films inoubliables comme Platoon, ou encore, Good morning Vietnam que j’ai découvert les horreurs de cette guerre.

En lisant ce récit découpé sous forme de nouvelles, on découvre des histoires authentiques, poignantes et même parfois insupportables tellement inimaginables.

L’auteur nous livre ses souvenirs, ce qu’il a vécu au cœur de cette jungle du Vietnam, ouverte sur les portes de l’enfer.

Dans un style très évocateur, sa plume singulière pose un regard sans concessions sur cette guerre qu’il a malheureusement connue.

Un livre essentiel qui figure déjà aux programmes des lycées et des universités aux États-Unis.

N’hésitez surtout pas à le lire, en hommage à tous ces vétérans courageux morts pour leur patrie, et à ceux qui en se revenus avec un douloureux fardeau de traumatismes.

Tim O’Brien est né en 1946 à Austin dans le Minnesota. Diplômé de sciences politiques, il reçoit à l’âge de vingt-deux ans sa feuille d’enrôlement et part pour le Vietnam où il servira de 1969 à 1970 dans l’infanterie. À son retour aux États-Unis, deux ans plus tard, il termine ses études à Harvard et entre en tant que stagiaire au Washington Post. Sa carrière d’écrivain commence en 1973 par la publication de Si je meurs au combat. En 1979, Il reçoit le prestigieux National Book Award. L’ensemble de son œuvre composée de neuf livres traite de son expérience de la guerre. Il vit et enseigne aujourd’hui au Texas.

Je remercie les Éditions Gallmeister pour ce récit bouleversant. Une véritable page d’Histoire.

“ Le garçon sauvage ”

Le garçon sauvage de Paolo Cognetti aux Éditions 10/18

Traduit de l’italien par Anita Rochedy

Cela faisait une dizaine d’années que je n’avais plus remis les pieds à la montagne. J’y avais pourtant passé tous mes étés jusqu’à l’âge de vingt ans. Pour l’enfant de la ville que j’étais, qui avait été élevé en appartement, avait grandi dans un quartier où il était impossible de descendre dans la cour ou dans la rue, la montagne représentait l’idée de la liberté la plus absolue. (…) à trente ans j’avais presque oublié comment c’était, être seul en forêt, ou plonger nu dans un torrent, ou courir sur le fil d’une crête avec rien d’autre que le ciel tout autour. Ces choses, je les avais faites, elles étaient mes souvenirs les plus heureux. Le jeune citadin que j’étais devenu me semblait tout l’opposé de cet enfant sauvage, et l’envie d’aller à sa recherche s’imposa en moi. Ce n’était pas tant un besoin de partir que de revenir ; ni tant de découvrir une part inconnue de moi que d’en retrouver une ancienne et profonde que je croyais avoir perdue. “

Paolo Cognetti, oppressé par sa vie milanaise et confronté à une panne d’écriture décide de partir vivre le temps d’un été dans le Val d’Aoste. Là, il parcourt les sommets, suspendu entre l’enfance et l’âge adulte. Il renoue jour après jour avec la liberté et retrouve l’inspiration.

” Ainsi mes explorations prirent la tournure d’une enquête, une tentative de lire les histoires que le terrain avait à raconter. “

Il plonge au cœur de la vie sauvage qui peuple encore les montagnes, côtoie la solitude, et les habitants du coin avant d’entamer sa désalpe, réconcilié avec l’existence.

” Je représentais à la fois l’habitant le plus en vue et l’indigent, le noble propriétaire et son fidèle gardien, le juge, l’invité, l’ivrogne, l’idiot du village : j’avais tant de moi dans les jambes qu’il m’arrivait parfois le soir de devoir sortir et m’en aller dans les bois pour me retrouver un peu seul. “

Néanmoins, ce séjour initiatique ne parvient pas à le libérer de l’espèce humaine.

(…) la solitude me faisait l’effet d’un palais des glaces : partout où je regardais, je trouvais mon image reflétée, déformée, ridicule, multipliée à l’infini. Je pouvais me libérer de tout d’elle. “

Ce que j’en dis :

À travers ce récit autobiographique, Paolo Cognetti nous offre une véritable bouffée d’oxygène. Un roman habité de poésie, la sienne et celle d’Antonio Pozzi qu’il partage avec nous, sans oublier de belles citations de Thoreau qu’il m’a donné envie de découvrir.

Sa plume est sensible et dégage de belles émotions. Il célèbre la nature, sa faune et sa flore avec humilité. À sa façon, il tente d’apprivoiser la solitude pour mieux appréhender la foule qu’il a fui. Il observe, enregistre, tente de comprendre sans juger mais dans le but de transmettre ce qu’il voit.

Tout plaquer et partir se ressourcer, qui n’en n’a pas rêver, le temps d’une saison, d’une année, ou le temps d’une lecture comme présentement.

Ce récit s’adresse aux amoureux de la nature et des beaux mots. À ceux qui préfèrent le chant des oiseaux aux bruits de la circulation, aux rêveurs épris de liberté.

Un beau roman d’apprentissage, une belle plume que j’aurai grand plaisir à retrouver dans son dernier roman Les huit Montagnes qui a reçu le Prix Strega, et j’espère sincèrement que ses autres récits seront bientôt traduits en Français.

Paolo Cognetti est né à Milan en 1978, il est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles, d’un guide littéraire de New York, et d’un carnet de montagne. Il a étudié les mathématiques et la littérature américaine avant de monter sa maison de production de cinéma indépendant. Il partage sa vie entre sa ville natale, le val d’Aoste et New-York. Son roman Sofia s’habille toujours en noir, paru chez Liana Levi en 2013, lui a valu de figurer dans la sélection du prix Strega, l’un des plus prestigieux prix italien. Après Le garçon sauvage, il signe un nouveau roman aux éditions Stock, Les Huit Montagnes.

 » Bakhita « 

Bakhita de Véronique Olmi aux Éditions Albin Michel

 » Ça n’est pas une histoire merveilleuse. Storia meravigliosa. Pour qu’une histoire soit merveilleuse, il faut que le début soit terrible, bien sûr, mais que le malheur reste acceptable et que personne n’en sorte sali, ni celle qui raconte, ni ceux qui écoutent.  »

Et pourtant si cette histoire n’est pas merveilleuse, elle est incroyable et merveilleusement contée.

 » (…) les voies admirables de Dieu, qui a voulu, dans Sa bonté,  » conduire Bathika du lointain désert enténébré de superstitions et de barbarie à la lumière du Christ et aux splendeurs de la grâce, dans la perfection religieuse « .  »

Cette histoire est celle de Bakhita. Elle a sept ans quand elle est enlevée près de son village du Darfour à sa famille. À partir de cet instant elle va devenir esclave et connaître de terrible souffrance.

 » Et se lever chaque matin avec un seul but : survivre à la journée.  »

Rachetée pour la cinquième fois au cours de son adolescence par le consul d’Italie, elle va découvrir un pays d’inégalités de pauvreté et d’exclusion. Mais sa vie va être une fois de plus, bouleversée.

 » (..) achetée par un homme qui s’appelle Calisto Legnani, consul italien à Khartoum. Et cet homme va changer le cours de sa vie.  »

Toujours esclave, elle sera pourtant affranchie à la suite d’un procès tonitruant à Venise, puis entrera dans les ordres.

 » On ne sait jamais où la vie nous mène.  »

Elle traversera deux guerres mondiales, et le tumulte du fascisme tout en consacrant sa vie aux enfants pauvres.

 » (…) des années que l’on résume d’un mot  » Souffrance « . « 

Véronique Olmi nous livre un grand roman aussi fascinant que bouleversant. À travers le destin de cette enfant qui grandira malgré tout ce qu’elle va subir jour après jour, d’abord captive, puis esclave et domestique et qui finira religieuse et sainte mais surtout, Libre.

Un récit d’une force incroyable qui nous emporte au côté de cette femme exceptionnelle.

Sous une narration puissante, magnifique on traverse cet enfer les larmes aux yeux et le cœur déchiré mais avec tant d’admiration devant tout le courage de Bakhita et la plume de l’Auteure.

Un récit où résonne la grandeur d’âme puisée dans les souvenirs de l’enfance de Bakhita.

 » Est-ce que les lieux existent encore quand on les a quittés ?  »

Si les lieux peuvent disparaître, ce livre et cette histoire resteront à jamais dans mon cœur.

Un roman d’exception qui marquera à jamais mon cœur de lectrice.

À découvrir absolument.

Véronique Olmi est comédienne, écrivain et dramaturge.

Après avoir suivi des études d’art dramatique chez Jean-Laurent Cochet, Véronique Olmi a été assistante à la mise en scène pour Gabriel Garran et Jean-Louis Bourdon de 1990 à 1993.

Elle fut particulièrement remarquée en 1998 à l’occasion de la création de  » Chaos debout  » par Jacques Lassalle au Festival d’Avignon.

Auteure pour le théâtre, elle a également publié, en 2001, son premier roman  » Bord de Mer  » qui a reçu le Prix Alain-Fournier.

Elle a dirigé pendant trois ans le comité de lecture du Théâtre du Rond-Point .

Son Roman  » Cet été-là  » reçoit le prix des Maisons de la Presse en 2011.

Suivront trois autres romans  » Nous étions fait pour être heureux  » (2012)  » La nuit en vérité  » (2013)  » J’aimais mieux quand c’était toi  » (2015) publiés chez Albin Michel et également deux pièces de théâtre  » Une séparation  » (2014) et  » Un autre que moi « (2016) .

En 2017 elle a décroché le prix roman Fnac avec son treizième roman  » Bakhita  » , la biographie romancée de Joséphine Bakhita (1869-1947), une enfant volée devenue sainte patronne du Soudan.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour cette fabuleuse lecture.

Hillbilly Elégie

Hillbilly Élégie de J.D Vance aux Éditions Globe


 » (…) il n’y a pas de méchants dans cette histoire. Il y a juste une drôle de bande de Hillbillies qui luttent et cherchent leur voie – pour eux et, par la grâce de Dieu, pour moi aussi.  » 



J.D Vance a grandit dans les Appalaches au coté des siens. Dans cette immense région des États-Unis la pauvreté règne en maître. L’industrie du charbon et de la métallurgie a périclité entraînant une hausse du chômage irrémédiable. Une région touchée de plein fouet par les crises successives.


 » Il ne faut pas s’étonner si nous sommes des gens pessimistes. » 

 » c’est dans ces montagnes que le sort des blancs de la classe ouvrière semble le plus rude. Avec sa faible mobilité sociale, sa pauvreté, les divorces et la consommation de drogue, ma région est un concentré de misère.  » 

Un ton sans détour pour nous raconter cette Amérique blanche et pauvre donc il est issu et qui a porté Trump au pouvoir.

 » (…) les Hillbillies apprennent dés leur plus jeune âge à ignorer toute vérité inconfortable ou à croire qu’il en existe de plus justes. Cette tendance contribue à leur résilience psychologique, mais elle les empêche aussi d’avoir une image honnête d’eux-même.  » 


Il nous plonge dans ses racines, son enfance jusqu’à son ascension sociale. Il n’hésite pas à parler de la classe ouvrière oubliée.

 » Certains en concluraient que je viens d’une famille de fous. Moi, ces récits me donnaient le sentiment d’appartenir à la famille royale des Hillbillies, car c’étaient de bonnes vieilles histoires où le bien affrontait le mal, et les miens étaient toujours du bon coté. « 



Sa volonté et le soutien de sa grand-mère qui a palié au mieux jusqu’à sa mort à l’inaptitude de ses parents, lui permirent de changer de classe sociale.

 » Quand je m’étais engagé, je l’avais fait en partie parce que je n’étais pas prêt à mener une vie d’adulte. À présent, je savais précisément ce que je voulais faire de ma vie et comment y arriver. trois semaines plus tard, les cours commençaient à Ohio State.  » 

Un magnifique roman autobiographique, qui soulève des questions essentielles. Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l’Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

Un récit passionnant, touchant et plein d’humanité conté par un homme qui sait de quoi il parle.

Là où les Américains voient des Hillbillies, des rednecks ou des white crash, J.D Vance vois ses voisins, ses amis, sa famille.

« Comme le disait Mamaw, on peut arracher un garçon au Kentucky, mais on ne peut pas arracher le Kentucky de son cœur.  » 

À DÉCOUVRIR ABSOLUMENT

J.D Vance est né en 1984 a grandi entre Middletown, Ohio, Jackson et Kentucky. ancien marine, il est diplômé de l’Ohio State University et de la Yale Law School. Avocat de formation, il travaille et vit à San Francisco 

Je remercie les matchs de la rentrée littéraire 2017 de PriceMinister pour cette lecture essentielle et enrichissante.