» La tanche « 

La tanche de Inge Schilperoord aux Éditions Belfond 

Traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin 

« Maintenant je dois faire bien attention, se dit Jonathan. Maintenant. Cela commence maintenant. « 

À sa sortie de prison, Jonathan retourne vivre  avec sa mère. Sa libération n’est dû qu’à un manque de preuve pour ses actes de pédophilie.  


À la vue de leur maison  parmi les restes de la démolition, il sentit une angoisse s’insinuer en lui. Comme si tout cela n’était pas normal. Comme si tout compte fait il n’avait pas sa place ici. Comme si tout compte fait sa place était totalement ailleurs. Mais il n’aurait pas su dire où ni quoi faire pour le découvrir. « 

Il a commencé un travail important sur-lui-même avec le psychologue de la prison, pour gérer ses pulsions. En organisant rigoureusement ses journées, il compte bien y parvenir mais la présence d’une jeune fille dans les parages ne va pas l’aider à tenir ses bonnes résolutions et vont même les mettre à rude épreuve. Il compte sur une tanche blessée, qu’il a pêché pour l’aider. La tanche est aussi appelée  » Poisson médecin », on lui confère des pouvoirs de guérison spectaculaire. 

 » – Tu es venue m’aider…(…) Tu vas m’aider ?  » 


Il  mise tout sur la tanche. Ils vont se sauver mutuellement, enfin peut-être ?

« Comment les fantasmes les plus épouvantables qui s’étaient lentement insinués dans son esprit étaient devenus réalité. »


Pas simple de s’attaquer à un sujet pareil et de réussir à captiver le lecteur. C’est pourtant ce qu’a réussi Inge Schilperoord avec ce premier roman. Étant psychologue judiciaire, elle a dû en rencontrer des tordus de ce genre et c’est sûrement ce qui rends ce roman puissant et authentique. Un sujet abject et difficile, tellement inconcevable !  Alors en faire une histoire aussi troublante et bien menée ça mérite qu’on s’y intéresse. Ce n’est pas réjouissant mais étrangement profond. Un premier roman qui ne peut pas passer inaperçu même si ce sujet est on ne peut plus dérangeant. Un récit sombre paré d’une belle écriture, et même si j’avoue avoir eu peur de m’aventurer dans cette histoire, je reconnais le talent de l’auteure qui a réussi à rendre celle-ci supportable et même plaisante à lire. 

Une belle découverte, un récit aussi choquant que bouleversant. Une auteure à suivre absolument. 

Inge Schilperoord

Inge Schilperoord est née en 1973. Elle est rédactrice et journaliste pour des journaux prestigieux en Hollande, Psychologie Magazine, NRH Handelsblad et Het Parool. Elle est également psychologue judiciaire. C’est dans le cadre de son travail, au contact de plusieurs repris de justice, que lui est venue l’idée de son premier roman, La Tanche.  Très remarqué aux Pays-Bas, finaliste de tous les plus grands prix littéraires, Il a été couronné du  Bronze Owl, meilleur roman de l’année. Inge Schilperoord partage son temps entre La Haye et Gand. 

Je remercie les Éditions Belfond pour cette lecture percutante. 


 » Le dernier baiser « 

Le dernier baiser de James Crumley aux Éditions Gallmeister 



 » (…) détective de luxe, frétillant sur la piste d’un chien de bar alcoolique, bouffon au service de Madame. « 


Sughrue, détective privé dans le Montana est chargé par Madame de retrouver Monsieur l’écrivain avec un budget illimité. Une fois de plus Monsieur s’est fait la malle avec son cleb’s, donc pour retrouver le maître suivre la piste du chien Fireball. 

 » – Vous croyez qu’il fuyait quoi, le vieux ?

   – Il avait peut-être juste besoin d’un shoot de solitude dis-je, ou Bien une orgie de cavale. Je ne sais pas. « 


En attendant faut les retrouver sans trop picoler sur la route. Bar après bar ça va pas être simple. 


 » Il sirotait des bières en les faisant durer, espérant rincer le goût de la mort qu’il avait dans la bouche.  » 



Sa rencontre avec Fireball reste un moment absolument inoubliable autant pour Sughrue que pour moi même. Rencontrer un tel spécimen laisse des traces. 



« Fireball sortit de derrière le bar en trottinant, les bajoues flasques ourlées de sang. Il se hissa sur le repose-pieds, puis sur un tabouret, puis sur le comptoir, où Il traça lentement son chemin en renversant des bouteilles pour les prendre par le goulot dans sa gueule et les vider. Puis Il lapa tout le contenu de son cendrier, rota et redescendit à terre comme il était monté… »

Avouez que ça donne envie de continuer la lecture, et ne vous inquiétez pas, le meilleur reste à venir. 
L’aventure ne s’arrête pas là, même s’il a retrouvé Monsieur, lui aussi a peut-être bien du taf à lui proposer et sa compagnie n’est pas des plus déplaisante. On picole bien et on deconne aussi pas mal . Alors en avant pour la balade au quatre coins de l’Ouest américain sur la piste d’une nana disparue il y a 10 ans. 



« Maintenant j’essaie de garder deux verres d’avance sur le réel et trois de retard sur les ivrognes. » 



 Bienvenue dans ce roman emblématique divinement illustré par Thierry Murat. James Crumley nous présente pour la première fois un détective de haut vol, inimitable et rarement sobre. 

Aussi délicieux qu’une bière bien fraîche sauf que là tu peux en abuser sans modération, pas de gueule de bois au réveil. Le plaisir du lecteur est immense autant pour la qualité de la plume que pour l’histoire. Un bon polar, bien noir, poisseux, et un duo qui ne manque pas de sel accompagné d’un cabot très attachant. Ici il n’y a que l’humour qui est mordant, le reste corrosif, caustique et absolument bien dosé. 

C’est tellement bon qu’on en redemande. Alors n’hésitez pas, foncez. 

 Dernier Baiser savouré mais pas le dernier Crumley. Un autre m’attend et je m’en réjouis. 

James Crumley
James Crumley est né au Texas en 1939. Il sert deux ans dans l’armée, aux Philippines, puis continue ses études et sort diplômé de l’Université de l’Iowa. Au milieu des années 1960, il part vivre et enseigner dans le Montana, un État qu’il ne quittera plus. Il y côtoiera notamment Richard Hugo et James Lee Burke. Il décède en septembre 2008, à Missoula. 

Quelques mots sur la Maison d’Édition Gallmeister :

Gallmeister, ce sont 170 romans publiés, dont un traduit de l’anglais d’Angleterre, deux de l’anglais du Canada et zéro de tout autre idiome. Car le royaume de prédilection de la maison, c’est la terre d’Amérique. Celle des grandes plaines battues par le vent des Appalaches, des motels de l’Arkansas, des tripots du Dakota exhalant la Budweiser, de la Bible Belt peuplée de prédicateurs armés et d’idolâtres obèses. Celle de Steinbeck, de Fitzgerald, d’Hemingway, dont Olivier Gallmeister est un inconditionnel. 

Ce «maître de chant» (traduction de Gallmeister) a un sacré pif pour dénicher les excellents auteurs étrangers. Ceux qui marquent, ceux qui marchent. 

10 ans déjà pour mon plus grand plaisir. 

Le prochain…

 » Novembre « 

Novembre de Joséphine Johnson aux Éditions Belfond collection vintage



 » Il n’y a rien de majestueux dans notre existence. La terre tourne en vastes rotations mais nous zigzaguons sur sa surface comme des moustiques, nos journées absorbées par la masse des petites tâches, cette confusion qui forme notre existence nous empêche d’être vraiment vivant. Nous nous fatiguons, nos jours sont brisés en mille morceaux, nos années hachées en jours et en nuits, puis interrompues. Les heures de notre vie volées à nos heures d’activités. Ce sont des intervalles et des éléments volés – parmi quoi ? Ce qui est nécessaire à rendre la vie supportable. « 



La famille Haldmarne, après avoir été ruinée par la Grande Dépression, est venue tenter sa chance dans le Midwest. Pendant une année nous allons partager leur vie faite de labeur sans fin. 

 » Si un homme a en tête de mettre de l’argent de côté pour l’avenir, Il garde le nez dans le sillon et la main à la charrue même en dormant. »


Rien ne leur sera épargné, ni la sécheresse, ni les tempêtes de sable, ni les incendies. Plongée dans la misère cette famille bascule jour après jour vers une terrible tragédie. 

« Quand tout serait mort enfin, je pensais que nous serions délivrés de l’espoir, mais l’espoir est une obsession qui ne meurt jamais. »


Comment se protéger d’un destin funeste avec une vie si difficile, un travail si ingrat, pas d’argent pour se soigner et encore moins pour se nourrir. À quoi bon tout ça! 

 » Mais ce n’était pas une vie ! Si les jours ne sont que des déserts à traverser entre une nuit et une autre… » 


Novembre est un véritable chef-d’œuvre. Un premier roman écrit par une jeune femme de vingt-quatre ans qui a été consacré par le prix Pulitzer en 1935. 

Rien d’étonnant à cela. En parcourant ces pages, j’ai été en totale admiration devant cette plume lyrique, magnifiquement ciselée qui m’a touchée en plein cœur. Ce récit dégage avec force une multitude d’émotions. Une plongée extraordinaire dans un fragment de vie d’une famille américaine d’une réalité bouleversante. Un récit aussi beau et puissant que les raisins de la colère de Steinbeck mais avec une voie unique. 

Une œuvre tout aussi magistrale qui mériterait d’être étudiée et de figurer dans les Grands Classiques de la littérature américaine. 

Un tableau poignant d’une famille de la middle class américaine dans un pays ravagé par la crise. 

On ne peut que remercier les Éditions Belfond d’avoir republié cette merveille dans leur collection Vintage. 

Un classique du genre à redécouvrir absolument.

Un énorme coup de cœur. 

Traduit de l’américain par Odette Micheli. 

Josephine Johnson est née en 1910 à Kirkwood, dans le Missouri. Après des études à l’université de Saint Louis, elle retourne dans la ferme de sa mère et entame la rédaction de Novembre.  

Dés sa parution en 1934, le roman est salué comme un chef-d’œuvre de la littérature de la Grande Dépression. Josephine Johnson remporte le prix Pulitzer l’année suivante à seulement vingt-quatre ans, ce qui fait d’elle la plus jeune lauréate du prestigieux prix. En France, le livre paraît chez Stock en 1938. En 1942, elle épouse l’éditeur d’une revue agricole avec lequel elle aura trois enfants. Elle devient professeur à l’université de l’Ohio, sans pour autant renoncer à sa carrière d’écrivain. Auteur prolifique, elle écrit deux recueils de  nouvelles, de la poésie, un livre pour enfants, des mémoires et trois autres romans, qui ne connaîtront pas le même succès que son extraordinaire premier roman. Josephine Johnson s’est éteinte en 1990 à Batavia, dans l’Ohio. 

Je remercie les Editions Belfond pour cette réédition qui m’a permis de découvrir une œuvre magistrale. 


 » La rue  » 

La rue d’ Ann Petry aux Éditions Belfond collection Vintage Noir 




 » L’univers où nous vivons présente de grands contrastes. Mais puisqu’une barrière si haute La séparait du monde de la richesse, elle aurait préféré naître aveugle pour ne pas voir sa beauté, sourde pour ne pas entendre ses rumeurs, insensible pour ne pas être effleurée par sa douceur. Mieux encore, elle aurait préféré naître idiote et incapable de comprendre quoi que ce soit, même de soupçonner l’existence du soleil, du confort des enfants heureux.  » 


Lutie est une belle femme, plutôt bien instruite, mais voilà elle est noire, et ce n’est pas la façon dont on la traite qui lui fera oublier cet état. Nous sommes dans les années 1940, la condition des femmes n’est guère reluisante mais si en plus votre couleur de peau est différente, le paradis sur terre n’est pas pour vous. 

Lutie a fui son mariage avec son fils Bub. Après avoir tout tenté pour préserver sa famille et leurs biens, elle se retrouve dans un appartement lugubre, petit, sombre, du quartier de Harlem. 



« – Non, décida -t- elle, pas cet appartement. Alors elle pensa à Bub qui avait huit ans et apprenait à aimer le gin.  » 

 La survie est à ce prix. Tout mettre en œuvre pour donner une bonne éducation à son fils et le préserver au maximum. 

 » Toutes ces rues débordent de violence, pensa- t- elle. On tourne un coin, on longe un pâté de maisons, et la crise éclate tout à coup, sans prévenir. » 


Jour après jour s’ensuit un combat permanent pour garder sa dignité et bien élever son fils. Une lutte sans relâche contre le chemin qu’on tente de lui faire prendre. 

 » Si une jeune femme était de race noire et suffisamment attirante, c’était de toute évidence une catin. »

 » Bien sûr, pensait Lutie en marchant, si vous vivez dans cette rue, vous êtes censée vous faire de petits extras de temps en temps. En couchant un peu partout. Avec des blancs tout à fait charmants.  » 


Lutie aime son fils par dessus tout, tout comme Bub aime et respecte sa mère. Mais cet immense amour réussira – t- il à les préserver du mal qui les entoure. Du mâle en la personne du concierge de l’immeuble complètement obsédé par la beauté de Lutie. 

 » Je suis jeune, je suis forte, Il n’y a rien que je ne puisse faire.  » 


À travers ce premier roman absolument poignant par une auteure injustement oubliée, Ann Petry nous offre le portrait d’une femme, mère célibataire noire pleine de bravoure. Une femme qui tente de sortir de cette rue où siègent le bordel de Mrs Hedges et la cruauté du concierge de son immeuble. Un quartier où règne en maître la corruption, la misère sociale, la saleté et le froid.. 

Un magnifique roman noir qui met en lumière avec une grande lucidité l’injustice raciale. 


Une œuvre majeure de la littérature américaine, un très très grand roman. 

Publié aux États- Unis en 1946, La Rue a paru en France en 1948 à l’instigation de Philippe Soupault Et n’avait jamais été réédité depuis. Un beau cadeau que nous font les Éditions Belfond. Ce livre avait été vendu à plus d’un million d’exemplaires, souhaitons-lui autant de succès de nos jours. 

Ann Petry
Née en 1908 à Old Saybrook, dans le Connecticut, Ann Petry est une auteure afro-américaine issue d’une famille de classe moyenne. Elle s’installe à New-York en 1938, dans le quartier d’ Harlem, où elle écrit pour divers journaux puis publie ses nouvelles dans la presse. Très impliquée dans la vie de son quartier – elle développe notamment différents programmes éducatifs -, elle est témoin des conditions de vie des habitants noirs de Harlem et s’inspire de son expérience pour écrire, en 1946, La Rue, son premier roman. Best-seller immédiatement, il remporte le Houghton Mifflin Liberaty Fellowship Award. Malheureusement, aucune de ses œuvres ultérieures ne renouvellera le succès de son précédent coup de maître. Ann Petry est décédée à Old Saybrook en 1997.  

La rue traduit de l’américain par Martine Monod, Nicole et Philippe Soupault. 

Je remercie Brigitte et les Éditions Belfond pour m’avoir permis la découverte de ce chef-d’œuvre de la littérature afro-américaine. 


 » Les marches de l’Amérique « 

Les marches de l’Amérique de Lance Weller aux Éditions Gallmeister 



 » – Quand tu as derrière toi autant d’années que moi j’en ai, tu te mets à penser à tous les pas que tu as fait pour arriver là où tu te trouves, et tu te mets à penser à tous les pas qui te restent à faire. Et tu t’aperçois que le premier nombre ne cesse d’augmenter tandis que le second ne cesse de diminuer. Il s’amenuise. Tu te dis que si tu veux retourner dans un endroit que tu as bien aimé à une certaine époque, eh bien, tu ferais peut-être mieux de te mettre en route avant de tomber à court de pas. C’est comme ça qu’ils pensent, les vieux, et c’est pour ça que je me retrouve ici, dans ce désert.  » 


Alors Il est temps de se mettre en route pour cette longue marche de l’Amérique en compagnie de Tom, Pigsmeat et Flora. 

À leur toute première rencontre, Tom avait 8 ans et Pigsmeat 10 ans, mais ce ne fût pas ce jour-là qu’ils devinrent inséparables. Chacun fera un bout de route seul avant. 

 » – Écoute. Tu n’en es qu’au début de ton voyage. Et de l’autre côté de cette rivière, il y a des choses à voir que tu ne trouveras nulle part ailleurs que là où elles sont. Des paysages et des ciels si beaux que tu en auras des douleurs dans les dents. Mais tu rencontreras le mal aussi. Le mal en abondance. Alors Il va falloir que tu sois équipé. « 



Tom quitta la maison familiale au alentour de ses 16 ans, chargé de haine contre ce père qui ne fit que le maltraiter, laissant sa mère seule…

 » Il avait en lui quelque-chose de rentré, inaccessible et douloureux – ses poings palpitaient au bout de ses poignets et sa mâchoire s’agitait comme s’il refermait en lui une sorte de violence, dont il ne savait que faire. » 

Une violence qui ne le quittera plus, qui enlèvera des vies, mais en sauvera aussi pendant sa longue marche..

Flora, une jeune mulâtre, esclave d’un homme riche, subira son sort enfermée pendant plusieurs années. Son maître fera d’elle une esclave sexuelle. Jusqu’au jour où elle croisera la route de Tom et Pigsmeat, nos deux compères enfin réunis et finira par se joindre à eux. 

« Comme il a été dit, Tom et Pigsmeat avaient connu ensemble des années de difficultés et de misère. Ils avaient essayé le banditisme, mais ni l’un ni l’autre n’avait le cœur assez dur pour se comporter de manière aussi vile et, poussés par leur mauvaise conscience ils avaient rendu ou donné tout ce qu’ils avaient gagné. « 


Sur un chariot, ils poursuivent ensemble leur route. Tom Et Pigsmeat escortent Flora qui a décidé de ramener à son ancien maître, le corps de son fils unique. Ils avancent jour après jour au milieu de la violence dans un monde en pleine construction. 

 » – Si ce n’est pas les États-Unis, c’est quoi ? demanda Flora …

– Rien. C’est nulle part, je crois bien…

Tom prit alors la parole et leur dit que ce n’était encore rien d’autre que des marches frontières, rien d’autre qu’un territoire sauvage situé entre deux pays, où les hommes pouvaient aller mais où la loi ne les suivait pas. Il leur dit que c’était par le fer, le feu et le sang, qu’on ferait de ce pays autre chose que des marches sauvages,mais qu’on pouvait compter sur les hommes pour cela , parce que c’était ce qu’il faisait toujours : partout où ils allaient, les hommes apportaient avec eux le fer, le feu et le sang. »

L’Amérique est en marche…

Lance Weller à travers une écriture lyrique nous brosse un portrait de la naissance de l’Amérique parsemé de combats violents pour s’approprier les territoires des indiens. Une fresque monumentale sur le destin de ces hommes et de ces femmes qui pas après pas construire l’Amérique au milieu de la barbarie.

Une lecture délicieuse autant que douloureuse. Un Grand roman chargé d’Histoire, de blessures enfouies et de souvenirs aussi tristes soient-ils.

Un Grand auteur, une Plume sublime, l’Histoire peinte avec des mots.

Lance Weller

Lance Weller est né en 1965. Son premier roman, Wilderness, a été nominé pour plusieurs prix littéraires dont le prix Médicis étranger en France en 2013. Publié également aux Éditions Gallmeister. Il vit à Gig Harbor, dans l’État de Washington, avec sa femme et des chiens. 




Je remercie Marie et les Éditions Gallmeister pour cette toile livresque absolument magnifique.


 » Les filles de Roanoke « 

Les filles de Roanoke d‘Amy Engel aux  Éditions Autrement.



 » Rentrée à Roanoke, je sombre dans le sommeil, mes pensées noires et embrouillées. Je rêve des filles de Roanoke, perdues ou brisées. Regards fixes Et corps fracassés. Jane. Sophia. Penelope. Eleanor. Camilla. Emmeline. Allegra. Elles m’appellent, me supplient de les aider. Je les cherche, les cherche tant et plus, sans jamais en trouver une. »



Lane est de retour au Kansas aprés une longue abscence. Elle est elle aussi une fille de Roanoke. Sa cousine a disparu et c’est pour la retrouver qu’elle est revenue dans cette maison qu’elle a fui. Elle y vivait avec ses grands- parents et sa cousine depuis le décès de sa mère.

 » Revoir Roanoke me plonge dans une angoisse familière, suivie d’une montée d’adrénaline. Alors que ma tête sait que cet endroit m’est néfaste, mon cœur idiot et traitre fredonne ‘Maison’ « 


Mais derrière cette facade, dans ce domaine familial se cache une histoire sordide, un secret de famille absolument monstrueux qui s’est poursui de génération en génération.

 » Car derrière les secrets à l’exécrable vérité, sous la honte et la colère qui battent comme un cœur, perdure une forme d’amour abjecte.  » 


Lane est prète à tout, même si remuer le passé pour mettre à jour la vérité en blessera plus d’un au passage.

 » Si je comprend bien, les faits ne posent pas de problème, mais il ne faut surtout pas en parler, c’est là que ça devient gênant. « 


Entre passé et présent nous faisons connaissance avec cette famille riche qui semble mener une vie si douce. Mais ne jamais se fier aux apparences, derrière les plus beaux regards se cachent souvent des monstres de la pire espèce.

Toutes les filles de la lignée connaissent un destin tragique. Ici  » Soit nous fuyons, soit nous mourons. » 




Amy Angel aborde à travers ce roman noir le sujet tabou de l’inceste dont on ne doit pas parler par crainte ou par pudeur mais qui détruit à petit feu chaque être qui le subit comme un poison sournois. Une plume talentueuse qui m’a fait penser aux romans contemporains de Joyce Carol Oates. Un roman magnifiquement construit qui distille petit à petit les secrets qu’il renferme. Une histoire angoissante, révoltante où l’empathie nous gagne page aprés page pour toutes ces filles que nous ne sommes pas prêtes d’oublier.
Les filles de Roanoke, une histoire aussi captivante que bouleversante, une plume à suivre absolument. Un formidable roman noir, un gros coup de cœur.

Amy Engel


Amy Engel a passé son enfance dans divers pays du monde (Iran, Taïwan) et vécu un peu partout aux États-Unis, de la Californie à Washington D.C.
Avant de se consacrer à plein temps à l’écriture, elle a exercé le métier d’avocate.
The Book of Ivy (2014)  est son premier roman.
Elle vit à Kansas City en Missouri avec son mari et ses deux enfants.



Les filles de Roanoke a fait l’objet d’enchères en France et aux États-Unis, où il est sorti en mars 2017 en Lead title chez Hodder publishing.

Ce roman a été traduit de l’anglais par Mireille Vignol.


Je remercie Corinne et les Éditions Autrement pour cette lecture fascinante et troublante.  

 

 

 » Denali « 

Denali de Patrice Gain aux Éditions Le mot et le reste 


« Jack avait raccroché. L’espace autour de moi s’était démesurément agrandi. Il était sans limite. Seul. Rien autour, rien à l’horizon et rien à attendre. Seul. Abominablement. La crainte d’un enfant abandonnique qui prend corps. J’aurais aimé pleurer. J’avais déjà tellement peur que je redoutais plus encore les heures à venir. Alors pleurer, c’était un stade déjà dépassé. J’étais retourné dehors et j’avais noyé mes angoisses dans mon livre. Me concentrer sur le texte. S’y fondre. Si j’avais su que Christopher McCandless devait mourir à la fin, j’aurais sûrement balancé le bouquin. Mais à cet instant, ma solitude avait trouvé un écho et cela m’avait été d’un grand réconfort. « 

Matt Weldon 14 ans vient de perdre son père. Sa mère anéantie par cette disparition s’éffondre et se retrouve placée en hôpital psychiatrique. À cela s’ajoute la fuite de Jack son frère aîné. Il refusait de partir avec lui chez leur grand-mère qui vit toujours dans le Montana, où son père a grandi.


 » Ma mère me manquait. Mon père me manquait. Jack me manquait aussi, mais à cet instant, je le détestais. Il était devenu imprévisible depuis l’internement de notre mère. Il avait agi en lui comme un électrochoc. Pas de ceux qui vous ramènent vers la réalité des choses et des sentiments. Non, de ceux qui vous enfoncent dans un tourment acide et violent, qui vous isole du monde.  » 


Il arrive chez sa grand-mère avec  » un passé douloureux et un futur incertain ». Livré à lui-même, il y découvre l’autre vie de son père, celle qu’ils n’avaient pas connue, ni lui ni Jack, et ce ne sera pas sans surprise. 

« Appréhender la douleur avant la mort c’est souffrir deux fois. Une fois par l’esprit et l’autre par la chair. Je voulais vivre et si possible qu’avec de rares et fugaces tourments. Gommer les derniers mois, les dernières heures et redessiner les jours heureux.  » 




Poursuivit par la malchance, sa quête interrompue par le retour innopiné de son frère habité par la rage, il sera confronté à une violence qui le mènera à commettre l’irréparable.

 » Ce serait rassurant, déculpabilisant, de pouvoir justifier chacun de nos actes par des influences passées, des éléments malveillants dont on n’a même pas idée, tapis au fond de notre subconscient et s’affranchir ainsi des plus sombres. » 

Denali

Denali est un roman noir nature-writing envoûtant aussi magnifique que les romans de Ron Rash ou David Vann pour ne citer qu’eux. Et pourtant Patrice Gain est une plume française.

Et quelle plume ! Si belle que je n’ai pas cessé de noircir mon carnet de toutes les belles citations que l’auteur nous offre dans ce roman.



 » Seul le présent compte… Quand on ne sait pas profiter de la vie aujourd’hui, il ne faut pas s’attendre à le faire demain.  » 

Dés le départ j’ai senti un attachement féroce pout Matt, confronté si jeune à tant de douleur. Impossible de lacher ce récit chargé de rage, de colère, de fureur mais aussi d’amour, de fraternité, d’amitié, où seule la communion avec la nature apportera un peu de plénitude et permettra aux  lecteurs un peu de répit dans la folie des hommes.

Un roman nerveux, puissant, vibrant, une écriture aussi belle que les paysages du Montana et qui dégage à elle seule une montagne d’émotions. Un formidable voyage dans les grands espaces américains en compagnie d’un jeune garçon en quête de réponse.

 » Un petit bonheur pour habiller une tranche de vie, pour exalter le présent.  » 

Immense coup de cœur.


Patrice Gain est né à Nantes en 1961 et habite un chalet dans la vallée du Giffre, en Haute-Savoie. Professionnel de la montagne, ingénieur en environnement, les territoires d’altitudes et les grands espaces l’attirent depuis toujours. Des voyages pour voir plus large. Du blues pour écrire, comme une béquille. Son précédent roman  » La naufragée du lac des dents blanches  » également aux Éditions Le mot et le reste vient de recevoir ( août 2027) le grand prix du pays du Mont-blanc. 



Un auteur à suivre absolument.
 

 

 » Retour à la nuit « 

 

Retour à la nuit d’Éric Maneval aux éditions Écorce et 10/18


 » Le journaliste fait dresser un portrait-robot qui s’affiche à l’écran. À cet instant précis, une douleur électrique me traverse le corps et parcourt ma peau le long de mes cicatrices. Je me mets à trembler,  à transpirer et avoir froid.  » 


Le choc est brutal pour Antoine. Vingt ans après ce portrait-robot réveille en lui de vieilles blessures. Il avait huit ans quand il l’a vu la première fois. Il avait tout oublié jusqu’à maintenant, seules de vilaines cicatrices lui rappelaient qu’il avait croisé le mal un jour.

 » C’était beaucoup plus compliqué avec les adultes, car eux veulent toujours établir des corrélations psychologiques. Ils ne pouvaient s’empêcher de penser que si ma peau était ainsi morcelée, il devait en être de même pour mon esprit.  » 


Antoine est veilleur de nuit dans un centre pour ado. Sa propre histoire l’aide à canaliser certains jeunes quand ils partent en vrille.

 » Je me rappelle avoir eu une violente crise de nerfs. Cette représentation est précise. Je n’ai pu intégrer ce que j’ai vu. Une vague de violence m’a submergé. C’était intolérable. Il m’arrive encore aujourd’hui de ressentir les prémices de cette furie. C’est peut-être pour ça que, finalement je suis un être calme et que je fais bien mon boulot. Je sens l’orage arriver bien avant que le tonnerre et les éclairs ne se déclarent. « 


Apparemment ‘Le découpeur’ a resurgit du passé, le danger rôde. Le passé remonte à la surface et met en péril la nouvelle vie qu’Antoine s’est construit.

À travers ce roman noir Éric Maneval nous plonge dans l’angoisse. Un court récit mais d’une densité incroyable dù à la puissance de l’écriture, à la force des mots qui dégagent d’intenses émotions.

Un récit poignant, bouleversant où tous les personnages laissent échapper de l’empathie, en particulier Antoine. 

L’auteur réveille les cauchemars de l’enfance avec sobriété et élégance.

Une Plume et une histoire qui m’ont conquise, avec pour seul bémol, une fin un peu brutale. Je l’aurais aimé un brin plus étoffée.

Un très beau roman idéal pour tous les amoureux du roman Noir au style atypique.

Eric Maneval vit et travaille à Marseille. Passionné de littérature noire et policière, libraire et guitariste, il lit et écrit la nuit. Retour à la nuit, qu’il qualifie de roman d’angoisse, est son deuxième livre, après Eaux (éditions de l’Agly, 2000). Il est aussi auteur de nombreux textes courts. Retour à la nuit a reçu le prix du polar lycéen d’Aubusson en 2011. Il est suivi par Inflammation publié à la Manufacture de Livres dans la collection  » Territori ».


 

 » Une affaire d’hommes « 

Une affaire d’hommes de Todd Robinson aux Éditions Gallmeister

 » Bordel de chiotte, je sens déjà l’odeur de notre réputation qui se barre en couille. » 

On ne change pas une équipe qui gagne, alors on prend les mêmes et on recommence, il en va de la réputation de notre duo préféré de Boston, je vous parle de Boo et de Junior. Un duo de détectives mémorable et unique, qui frôle toujours la frontière de la légalité. Vous vous rappelez n’est-ce pas, vous aviez lu Cassandra ( Ma chronique ici) et découvert leurs caractères bien trempés, toujours dans l’action avec un humour explosif.

Toujours videurs du bar,  » Le Cellar » et toujours détectives privés.



 » Ça me troublait un peu, de voir à quel point j’avais l’habitude de dire aux flics, uniquement la part de vérité qu’ils voulaient entendre. Puisque mon boulot consistait entre autres à éviter à la boîte tout risque de procès et de poursuites, je devais trouver un équilibre délicat, vu que tout le reste de mes activités exposait la boîte à des procédures judiciaires.  » 

Mais cette fois l’enjeu est beaucoup plus personnel. Et notre duo va se retrouver malmené une fois de plus. Ça va encore saigner.



 » Cette semaine, tous les vieux fantômes organisaient une surprise-partie dans ma vie. Un fantôme à la fois, bordel.  » 

 » Beaucoup de gens avaient passé une bonne partie de l’année dernière à essayer de me tuer. Putain, j’en avais marre.  » 

Cette fois l’élite se mèle aux truands, mais Boo et Junior n’ont pas dit leurs derniers mots. Une affaire toute aussi musclée que nos deux tatoués aux grands cœurs.

Un nouvel opus tout aussi réussit que le premier avec davantage de sensibilité dans l’écriture. Toujours blindé d’humour tapageur, corrosif, et des bagarres sans doublure, ça cogne et ça fait un mal de chien. Autant  d’impacts physiques qu’émotionnels à encaisser. Le voile se lève un peu plus sur leurs passés d’orphelins qui lient à jamais Boo,   Junior et leurs potes. De vrais mousquetaires de Boston, toujours un pour tous et tous pour un.

C’est simple, tu vas t’éclater et attendre la suite comme moi avec impatience. Ça ne peut pas être autrement. C’est chez Gallmeister, faut pas oublier. Un label de qualité.


Todd Robinson a créé une revue spécialisée dans la littérature noire et policière qui a remporté de nombreux prix aux États-Unis. Il a été paysagiste, garde du corps, barman, videur- principalement au Roxy à New-York et au fameux Rathskellerà Boston. Il vit aujourd’hui dans le Queens et travaille toujours dans un bar de Manhattan, le Shade (lui ai demandé, pour y passer à ma prochaine escapade New-Yorkaise) où il organise régulièrement des rencontres littéraires.


Avec un peu de chance j’y croiserai Benjamin Whitmer et je le remercierai d’avoir donner un coup de pousse à Todd, ce qui nous a permis de le découvrir.

Todd Robinson
Il travaille également sur un projet de thriller, petite info glanée lors de  ma rencontre avec Todd  au Hall du Livre. Un très bon moment, une belle personne fort sympathique. Un Bodyguard de rêve.

Todd Robinson et Dealerdelignes

Je remercie Marie et les éditions Gallmeister pour cette lecture explosive. 
 

 

 

 

 

 

 

 » Ecume « 

Ecume de Patrick K . Dewdney chez La Manufacture De Livres collection Territori

 » Le bateau file maintenant face au vent. La bruine a cessé. Au-delà du sillon scintillant que la gueuse trace sur son passage, l’aube dévore ce qu’il reste des côtes, un lambeau sombre, inondé de lumière. Lorsque la mer se cabre, il arrive au fils d’y plonger les yeux par mégarde. Sa rétine abrite déjà des essaims de taches noires, et pourtant, il juge l’obscure grouillante préférable à la contemplation de la timonerie. De ce qui frémit en dessous, en attendant son heure. « 



La Manche acceuille chaque jour le Pére et le Fils, marins pêcheurs. Une tension extrême possède ces deux êtres du même sang. Le Père, l’ancien, accroché au vieux monde. Le Fils, plus jeune et déjà désabusé du futur qu’il perçoit. Deux regards durs et cruels sur la mer qui les entoure.

 » Quel pouvoir terrible que le pouvoir du couteau, pense soudain le fils. C’est une chose dont il n’a jamais voulu. Une chose abominable d’absurdité qui prend racine dans la folie du père, mais aussi dans le gâchis terrifiant de l’espèce, à laquelle il a songé tantôt. À laquelle il songe à chaque instant, en vérité, alors que, par contrainte et lacheté, ses mains s’emploient -en compagnie de tant d’autres- à la mise à mort d’un monde. La démence et le dépouillement avide des mers. Cela s’amalgame en lui. Les rugissements du père et les marées noires. Les filets flottants. Le plastique. »


La Mer, berceau de la vie, trop dépouillée, trop polluée, trop maltraitée par ceux-là même qui devraient la protéger donne des signes de fatigue et se rebelle à sa façon. Pénurie des espèces, tempête déchainée.

 » Il n’y a pas de paix ici, seulement l’illusion de la paix. Et encore. Il faudrait ne pas avoir saisi la force de ce qui dort pour ne pas le craindre à chaque instant.  » 


Pour survivre, les pêcheurs deviennent passeurs. Un nouveau fléau dont la mer est témoin. Le fils suit le père, il n’a pas son mot à dire. Il doit respecter l’ancien même s’il ne l’approuve pas. Une certaine compassion le gagne pour ces migrants.

 » Leurs horizons sont différents mais la trajectoire de l’âme est identique. Il s’agit de laisser derrière soi la misère familière et le parfum de la poudre. Il s’agit de ne pas avoir fait autant pour rien, de ne pas finir dans la boue, en gibier à gendarme, sous les bâches de Calais. « 

Ecume, un roman noir engagé admirable, grâce à un auteur qui n’hésite pas à s’insurger par sa plume contre ces différents fléaux qui polluent le bien-être du monde.

Patrick K . Dweney nous offre un huis-clos à bord de la Gueuse d’une force aussi déchainée qu’un jour de tempête. Un écriture au scalpel, précise, tranchante, cruelle, écorchée, à fleur de peau. Un récit court mais aussi dense que l’immensité de la Manche, aussi intense qu’un ouragan. Page après page, la tension se renforce, on sent le drame approché, tel des nuages noirs prêts à exploser, en attente dans le ciel .

Un divin nectar de noirceur.

Une prose pleine de poésie que je n’ai pu m’empêcher de vous faire découvrir dans ces extraits.

 » Autour, le vent a forci, a libéré le ciel scintillant des nuages qui l’obstruaient tantôt. Le souffle s’évertue à polir désormais, à faire reluire la lune dans son bassin étoilé.  » 


Un récit magnifique, qui révèle le chaos humains, lève le voile sur la noirceur du monde. Les relations père/fils, les vies chaotiques, des hommes torturés autant vivants que survivants, la pollution, les migrants, la misère affective, la difficultés de vivre quand tous les éléments se déchainent, autant de thémes abordés par l’auteur qui donne une profondeur supplémentaire à son roman. Un récit sombre, vertigineux, captivant, envoûtant, d’une lucidité féroce sur cette mer moribonde.

 » L’ecume appelle le père, et rien ne pourra l’en détourner. L’ecume appelle le père, et c’est ainsi. Le sommeil attendra. « 

Une plume que j’avais découverte avec « Crocs » sont précédent roman édité également à la Manufacture de Livres. Un roman noir remarquable, un style sauvage, enragé, cruel, accrocheur,  » On ne creuse pas le passé sans y trouver des échardes et de la souffrance » ( Extrait de Crocs)


Une plume que j’ai eu plaisir à retrouver, un auteur brillant, que je ne peux que vous encourager à découvrir tellement c’est beau, tellement c’est fort, tellement j’ai adoré.

La mer comme vous ne l’avez jamais lu.

j’espère sincèrement que vous lui accorderez toute l’attention qu’il mérite.

Lisez Ecume, lisez Crocs, vous verrez c’est magnifique.

Patrick K. Dewdney
Patrick K. Dewdney est né en Angleterre en 1984, et réside en France depuis 21 ans. Après un cursus scolaire dans la filière des lettres, il publie son premier roman, Neva, en 2007. Après la sortie de cet ouvrage, il renonce à poursuivre son master pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Perséphone Lunaire, son premier recueil de poésie, est publié en 2010. Il a publié Crocs à La Manufacture des Livres Collection Territori en 2015. Ecume est son  second roman noir qui rejoint la collection Territori. Une bien belle collection, de magifiques bijoux dans de merveilleux écrins. Patrick K. Dewdney habite actuellement dans la campagne limousine, où il expérimente l’auto-suffisance et la réflexion sociale en parallèle avec son écriture. Il travaille à une saga de fantasy au Diable Vauvert.


Je remercie Pierre pour ce voyage en mer absolument fabuleux, et je félicite l’auteur pour ce  nouveau roman noir, bouleversant.