“ Pères et fils ”

Pères et fils de Howard Cunnell aux Éditions Buchet . Chastel

Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Stéphane Roques

C’est par Seaside Road que l’on entre et sort de la ville. Si on prend à droite, et qu’on va assez loin, on tombe sur le Régal, la salle de jeu, et sur le Painted Wagon près du centre-ville, où tout les petits durs qui habitent à l’est de la jetée traînent les soirs d’été, fumant et crachant par terre, attendant qu’il se passe quelque chose. Dans quelques année, Luke sera l’un des pires durs du coin. Pour ma part, je ferai seulement semblant d’en être un. (…) Je veux que les autres garçons m’aiment bien parce que cela pourrait contredire ce que je sais à mon sujet. Que je ne vaux rien. Que c’est pour ça que mon père est parti. Sans moi, il n’aurait pas quitté maman et Luke, et ils seraient toujours heureux. Papa savait à quoi s’en tenir avec moi avant même ma naissance. Ça ne valait pas le coup de rester pour moi. “

Grandir sans père, le narrateur s’y est attelé du mieux qu’il ait pu, même si ce fut difficile. L’absence du père crée un manque douloureux, un vide difficile à combler et l’entraîne jour après jour vers une rébellion qui l’incite à jouer les durs pour ne pas montrer ses faiblesses aux autres.

J’ai bu une gorgée, puis une autre.

La colère en moi était permanente, et je n’aurais jamais pensé pouvoir éprouver autre chose.

La colère était un monstre qui vivait en moi, se nourrissait de l’absence.

Mon père ne voulait pas de moi parce que j’étais une merde.

Boire fit disparaître le monstre. Dès la première gorgée. Je n’arrivais pas à y croire. Cela me protègera de ce que j’éprouve. “

Longtemps, emplis de culpabilité. Il laissera le chaos envahir sa vie. Des années noires, se mettant en danger en permanence, jusqu’au jour où il laissera entrer dans sa vie l’amour et connaîtra à son tour la paternité.

Même si en premier temps, il sera un père de substitution pour les enfants de sa compagne, il prendra ce rôle très au sérieux, surtout pour Jay, qui vit une adolescence torturée et se révèle peu à peu être un garçon.

” C’est là – tandis que son cœur bat fort contre ma main – que Jay, en plus de tout ce qu’elle est par ailleurs, me donne plus que tout l’impression d’être un cadeau.

Je me dis en brossant les cheveux de Jay qu’en l’absence de liens du sang, la force où tout ce qui fait la connexion entre nous reposera toujours sur l’amour et rien que sur l’amour. L’amour que je donne à Jay, à ses deux sœurs et à leur mère me sera toujours rendu au centuple.

Cette hache qui sculpte, c’est l’amour. “

Ce que j’en dis :

Construit à la manière d’un diptyque, on suit le chemin de la vie du narrateur, de sa jeunesse à l’âge adulte. Un parcours à la fois chaotique et bouleversant où l’on découvre les souffrances et la culpabilité de cet homme qui a grandi sans père.

Habité par une profonde colère il réussira pourtant à donner l’amour que l’on peut attendre d’un père, aux enfants de sa compagne, avant d’être père biologique si l’on peut dire, à son tour. Un défi d’autant plus grand, qu’il sera confronté avec la femme qu’il aime, aux changements qui s’opèrent jour après jour sur Jay, cette jeune fille qui se sent garçon.

L’auteur puise dans les souvenirs de son enfance, dans ses propres expériences qui lui ont donné une certaine maturité pour nous offrir un récit très intime et touchant, et pourtant complètement autofictionnel.

Il explore l’absence du père à travers des références littéraires – de Kerouac à Hemingway en passant par Carver – des auteurs qui l’ont aidé à se construire, à accepter cet abandon et à comprendre son histoire.

Une écriture poignante, une langue délicate qui s’habille de lyrisme pour nous offrir un très beau récit sur la paternité.

Une très belle découverte,

Pour info :

Howard Cunnell est universitaire et écrivain. Il est l’éditeur et le coordinateur de Sur la route ; Le rouleau original de Jack Kerouac.

Il vit à Londres avec sa famille.

Pères et fils est son premier roman traduit en français.

Je remercie Claire et les éditions Buchet . Chastel pour cette très belle découverte.

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“ Les Dieux de Howl Mountain ”

Les dieux de Howl Mountain de Taylor Brown aux Éditions Albin Michel

Traduit de l’américain par Laurent Boscq

Le garçon leva un bref instant les yeux vers la vieille maison, dont les rondins de chênes découpés à la hache s’imbriquaient en queue d’aronde. La véranda s’affaissait un peu sous le toit de tôle, mais elle tenait bon. Les fenêtres brillaient d’une chaude lumière ; autour des vitres, le mastic d’argile miroitait dans l’obscurité comme des bandes blanches. Derrière, il y avait la cabane qui servait de grange, avec son toit aux panneaux arrachés, puis la porcherie et le fumoir. Chaque chose était à sa place. Et la prairie tout autour, pas impeccable mais entretenue, miroitait d’un bleu profond sous la lune. “

C’est ici, dans cette vieille maison, que vit Rory Docherty auprès de sa grand-mère, une femme étonnante. De retour de la guerre de Corée, où il y a laissé une jambe, il tente de se reconstruire malgré les cauchemars qui le hantent trop souvent. Pas facile d’oublier cette guerre, quand la douleur et un membre fantôme vous le rappellent constamment.

Sa mère, est hélas internée dans un hôpital psychiatrique depuis une agression qu’elle a subi avant la naissance de Rory. Muette depuis, elle n’a jamais pu révéler le noms de ses agresseurs. Rongée par les remords et la culpabilité, de n’avoir pu protéger sa fille, Ma fait son possible pour veiller sur son petit-fils.

” Parfois, elle se demandait comment elle avait pu donner naissance à une aussi belle et douce enfant. Et comment elle avait pu échouer à protéger cette créature de lumière des démons de l’enfer. Elle n’avait jamais retrouvé ses agresseurs. Elle ne les avait jamais fait payer pour leur crime, ne leur avait pas tranché la gorge ni arraché le cœur. Depuis ce jour, l’univers de sa fille s’était désaxé. Malgré ses ruses et ses talents de sorcière, elle avait échoué à lui rendre son équilibre. Et aujourd’hui que son petit-fils était revenu chez elle avec la guerre dans le sang, elle s’inquiétait de savoir où ça pourrait le mener. Au bout de cette route engloutie depuis longtemps par la montée des eaux. Elle s’inquiétait aussi de la peur et de la culpabilité qui pourrait surgir et obscurcir son cœur. Elle ne connaissait ça que trop bien. “

Rory livre pour le compte de son oncle de l’alcool de contrebande. Longtemps considéré comme le baron de l’alcool clandestin, Eustace voit son empire menacé par la concurrence et par l’arrivée d’un nouvel agent fédéral prompte à faire du zèle. Au volant de Maybelline, Rory va devoir ruser pour déjouer la surveillance des agents fédéraux bien décidés à mettre fin à ce trafic, tout en affrontant ses rivaux et les fantômes liés au passé. Et ce n’est pas l’apparition de cette belle fille dans le paysage qui va beaucoup l’aider à ne pas perdre la tête.

Ce que j’en dis :

Qu’il fut bon de croiser sur ma route Les Dieux de Howl Mountain et de découvrir la magnifique plume de Taylor Brown pour me raconter cette histoire.

Ce roman possède toute les qualités dont je pouvais rêver. Une écriture singulière qui s’habille de lyrisme pour nous décrire cet endroit de Caroline du Nord, des personnages authentiques auxquels on s’attache forcément, qu’ils soient du passé ou du présent, on ne peut rester insensible à leurs vécus et à la force qui les habite, pour faire face à tous ses mauvais coups disséminés sur leurs routes.

Et c’est avec plaisir que l’on savoure ces pointes d’humour caustiques et parfois gonflées qui s’immiscent entre les lignes pourtant très sombre, qui apportent un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Entre Rory et Ma sa grand-mère, on sent un attachement féroce, un respect mutuel, une belle complicité, un grand amour malgré les années qui les séparent et le passé douloureux qui les a réuni.

Mais également les personnages secondaires, qui ne manquent pas de caractère, tel que Eli l’ami de Rory ou encore Eustace son oncle. Et d’autres bien évidemment que je vous laisse le plaisir de découvrir…

Taylor Brown nous offre un récit fabuleux aux côtés de ces bootleggers, dans les années cinquante, parsemant son histoire de coutumes et de croyances, dans un coin reculé des États-Unis et rejoint de ce fait le clan des auteurs qui donnent voix avec beaucoup de talent aux oubliés de l’Amérique tels que Ron Rash, Donald Ray Pollock ou encore Tom Franklin.

Une nouvelle voix qui ne manque ni de style, ni de caractère, ni d’humour. Je n’ai pas aimé, j’ai adoré, et c’est avec une grande impatience que je me prépare pour une future rencontre grâce à Léa créatrice du Picabo River Book Club et aux Éditions Albin Michel.

Je les remercie tous deux infiniment pour cette divine lecture pleine de charme et pour ce prochain rendez-vous qui va me permettre de féliciter en live ce grand auteur.

À souligner également la magnifique traduction de Laurent Boscq et la magnifique couverture très représentative qui nous embarque à bord de cette voiture vers une contrée mystérieuse.

” – Il y a quelque chose qui cloche chez ce type, reprit-il, genre depuis la naissance.

– J’en ai connu des comme ça, là-bas. Des mauvais de naissance.

Eli pivota sur un coude et le fixa du regard.

– En Corée ?

Rory acquiesça.

– C’était comment ? (…)

– Tout ce que je peux te dire, c’est que c’est un endroit où tu as envie que ce genre de fils de pute soient de ton côté, et derrière toi. Les pires. Les plus fous. Là-bas, le mal était un bien.

(…) je crois bien que tu reviens en plein bordel, conclut-il en secouant la tête.

Rory jeta sa cigarette par terre et l’écrasa avec son pied valide.

– Au moins, je suis revenu, dit-il. Enfin, en partie. “

Pour info :

Taylor Brown est né en 1982 en Géorgie, dans le sud des Etats-Unis, puis il a vécu à Buenos Aires et San Francisco avant de s’installer en Caroline du Nord. 

Les dieux de Howl Mountain est son troisième roman après La Poudre et la Cendre (Autrement, 2017) et The River of Kings (à paraître chez Albin Michel).

Par ailleurs nouvelliste, il a publié ses textes dans une vingtaine de revues littéraires, et a été récompensé par le Montana Prize in Fiction.

“ Cotton County ”

Cotton County d’Eleanor Henderson aux Éditions Albin Michel

Traduit de l’américain par Amélie Juste-Thomas

Les nourrissons reposaient tête-bêche dans un berceau, Winnafred d’un côté, Wilson de l’autre. Dans ce minuscule nid bourré à craquer, avec leurs doigts entrelacés semblables à de petites griffes délicates et leurs frémissantes paupières veinées de bleu, on aurait dit deux poussins, leurs crânes blancs comme les deux moitiés de l’unique coquille d’œuf dont ils auraient éclos. Il fallait vraiment y regarder de plus près – et personne ne s’en privait – pour remarquer que la fille était rose comme un porcelet et le petit garçon café au lait. “

À Cotton County en Géorgie dans les années 30, Elma Jesup fille d’un métayer de la région vient de donner la vie à des jumeaux de couleur différente. L’un s’avère être blanc et l’autre noir, à la stupéfaction générale.

Ce qui aurait du faire la joie de tous entraîne pourtant un drame affreux. Genus Jackson, un ouvrier agricole est tout de suite accusé et se retrouve lynché par une foule haineuse avant sa mise à mort.

” Depuis trois ans, on croyait la Géorgie revenue à la raison. L’homme du Ku Klux Klan a finalement été évincé de la résidence du gouverneur, et le lynchage avec lui. Mais, en janvier, Irwin County a fait replonger l’Etat dans cette période sombre. Maintenant que le record a été battu, pourquoi ne pas continuer, n’est-ce pas ? La tragédie d’Irwin County restera dans L’Histoire comme un acte barbare, mais au moins le shérif disposait d’aveux. Dans le cas qui nous occupe, en revanche, il n’y a aucune preuve, rien à part un égo meurtri et une justice sauvage.

Personne ne sera pourtant accusé et le meurtre reste impuni.

” Le démon s’est installé en Géorgie et si nous ne l’exorcisons pas, je crains qu’il ne décide de rester. “

Aidé d’Edna la jeune domestique noire qu’elle considère comme sa sœur, Elma élèvera ses deux enfants au cœur d’une ségrégation raciale toujours bien présente dans le Sud.

Mais ce drame a fragilisé les liens qui les unissaient et bientôt la vérité aussi douloureuse soit-elle va éclater et diviser cette famille.

Ces deux femmes que seule la couleur de peau sépare vont devoir chacune affronter les secrets de leur histoire familiale.

Ce que j’en dis :

À travers cette épopée américaine, Eleanor Henderson signe un roman ambitieux et nous offre une histoire dramatique où la ségrégation et le racisme règnent dans cette contrée rurale de Géorgie magnifiquement représentée.

La naissance de ces jumeaux entraîne un enchaînement de violence, de haine, de mensonges et de vengeance que l’on découvre à travers des flash-backs qui nous entraînent entre le passé et le présent de tous les habitants de cette contrée où les secrets de famille perdurent depuis plusieurs générations.

En véritable conteuse, Eleanor Henderson nous offre un magnifique roman choral porté par un plume captivante et mérite sa place auprès des plus grands auteurs américains.

Un énorme coup de cœur pour ce roman magnifiquement construit, qui peut paraître parfois exigeant mais qui s’avère absolument passionnant.

Je ne peux que vous encourager ce voyage dans le passé de la Géorgie au côté de ces deux sœurs de cœur.

Pour info :

Eleanor Henderson est une auteure américaine. Née en 1980 en Grèce et élevée en Floride, elle écrit son premier roman en 2011. Il est traduit deux ans plus tard en français sous le titre Alphabet City chez Sonatine Éditions.

Dès sa sortie aux Etats-Unis, Alphabet City remporte un franc succès et se retrouve dans la sélection des dix meilleurs livres de l’année du New York Times.
Eleanor Henderson vit aujourd’hui à Ithaca, New York, avec son mari et ses deux enfants. Elle y travaille comme professeur.
Cotton County est son deuxième roman.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour cette extraordinaire roman.

“ Une flèche dans la tête ”

Une flèche dans la tête de Michel Embareck Aux Éditions Joëlle Losfeld

” Elle place alors un bras autour de la taille de son père tandis qu’il lui pose une main sur l’épaule. La vie passe à la vitesse de petits riens dont la mémoire se nourrit pour en faire des souvenirs de la veille. (…) Les mots d’enfants résonnent à son oreille comme entendu hier. Il la regarde en coin, décèle les traits de l’enfance sur son visage, ce moment de grâce qui avait précédé les remous des calendriers, emportant la famille à hue et à dia. « Une fille saine», seule expression qui lui vienne à l’esprit. “

À la Nouvelle-Orleans, un père et sa fille vont tenter de renouer après une longue séparation. En sillonnant ensemble la route du blues, ils espèrent rétablir des relations qui étaient jusqu’à présent plutôt chaotiques.

” Sans le moindre éclaircissement sur ce fichu violon placé dans le coffre, elle se gare sur le parking quasi désert du musée, dubitative quand aux effets thérapeutiques d’un voyage pour mettre de l’ordre dans des souvenirs de bonheur en vrac et en berne. “

Peu à peu ils découvrent les pièges à touristes et apprennent pourtant la vérité sur la mort d’un géant du blues.

Mais ce voyage est l’occasion pour le père de s’interroger sur ses crises de migraines, qu’il supporte depuis si longtemps, une douloureuse maladie qui la conduit à des rapports misanthropes avec son entourage.

” Il vit avec un serpent, une aiguille à tricoter, un marteau piqueur ou une barre de fer dans la tête. “

Difficile dans de telles conditions de se laisser aller à la confidence.

” À chaque occasion l’histoire repasse les mêmes plats, chaque fois plus amers, moisis, dissimulés derrière un vocabulaire aussi vide que pompeux. On peut être tenté de mettre fin à ses jours par dégoût des autres. Ou par dégoût de soi-même. Il avait cumulé les deux pendant suffisamment longtemps pour avancer désormais vers la mort sans la redouter. “

Ce que j’en dis :

Le pèlerinage de ces deux êtres nous fait découvrir la route mythique du blues, et les plus énigmatiques géants du blues s’invitent dans le paysage.

Le blues en parfaite harmonie avec le mal de vivre qui habite cet homme qui soufre depuis si longtemps, le cœur brisé et la tête fracassée par d’incessantes migraines.

Dans cette errance, un père et sa fille aux âmes blessées tentent désespérément de se rapprocher tout en s’éloignant davantage à chaque tentative en écho à ce monde en perdition.

Un roman où la musique et les pensées philosophiques s’entremêlent pour nous offrir une douce balade digne des plus beaux blues.

À savourer avec en fond sonore l’album” Migraine Blues ” de Fred Sheftell

Pour info :

Journaliste au magazine Best de 1974 à 1983, Michel Embareck, né en 1952 dans le Jura, a écumé les scènes rock des années 1970 et 1980, collaborant à Rolling Stone et Libération.

Il est l’auteur d’une trentaine de romans, polars et recueil de nouvelles avec entre autres, aux éditions de l’Archipel, Cloaca Maxima, Avis d’obsèques, Personne ne court plus vite qu’une balle (2015) et Jim Morrison et le diable boiteux (2016, Prix Coup de foudre des Vendanges Littéraires de Rivesaltes). Ont paru chez Archipoche : La mort fait mal (2013, prix Marcel Grancher) et Le Rosaire de la douleur (2015).

Je remercie les Éditions Joëlle Losfeld pour ce magnifique blues sur les routes du Mississippi.

“ En attendant Eden ”

En attendant Eden d’Elliot Ackerman aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Jacques Mailhos

” Je veux que vous compreniez Mary et ce que Mary a fait. Mais j’ignore si vous y parviendrez. Vous devez vous demander si au bout du compte, dans des circonstances similaires, vous feriez le même choix qu’elle, Dieu vous garde. “

Depuis trois ans, Mary se rend chaque jour à l’hôpital au chevet de son mari, Eden. Il est rentré d’Irak, inconscient avec des blessures qui ne guériront jamais.

 » Ni vivant ni mort, ce que c’était ne portait pas de nom. (…) c’était le gars le plus grièvement brûlé des deux guerres réunies… “

Elle lui a présenté malgré tout Andy, leur fille qu’il n’a pas eu le temps de connaître, avant de la confier à sa mère pour la préserver.

Le jour de Noël, en l’absence de Mary, Eden donne l’impression de pouvoir communiquer.

” Allongé là, éveillé, il observait le flou brillant du matin. Dans ce flou se trouvaient des souvenirs. Chacun d’eux ne formait qu’une minuscule tache, mais ils étaient comme des grains de sable vus de tellement près qu’ils ressemblaient à des planètes. “

Mary reste pourtant la seule à pouvoir décider de mettre fin aux supplices de son époux.

Mais face à ses souvenirs qui la hantent et l’emprisonnent que fera-t-elle ?

Ce que j’en dis :

C’est à travers la voix de son ami, tué le jour où le Humvee roula sur une mine, le laissant seul survivant, que cette histoire nous est contée.

” Depuis lors, je continue à traîner dans les parages, je suis seulement de l’autre côté, je vois tout et j’attends. “

Avec beaucoup d’émotions mais aussi beaucoup d’humanité, Elliot Ackerman aborde le sujet douloureux de la fin de vie, dans ce drame lié à la guerre.

La mort rôde et entraîne un élan de culpabilité pour cette femme qui aime son homme et soufre avec lui. Certains souvenirs font mal et réveillent certaines trahisons récentes.

Un court récit bouleversant qui vous emporte à travers une magnifique prose, élégante que Jacques Mailhos a merveilleusement bien traduite.

C’est une belle et douloureuse histoire d’amour, de guerre , d’amitié, de loyauté absolument déchirante que je ne suis pas prête d’oublier.

Pour info :

Elliot Ackerman est né à Los Angeles. Vétéran du Corps des Marines, ancien membre des forces spéciales, il a effectué cinq missions en Afghanistan et en Irak. Écrivain le plus décoré de sa génération, journaliste, il a été finaliste du National Book Award. Il partage son temps entre New-York et Washington DC.

Je remercie les Éditions Gallmeister pour cette histoire terriblement bouleversante où l’amour rôde avec la mort.

“ L’Extravagant Monsieur Parker ”

L’Extravagant Monsieur Parker de Luc Baranger aux Éditions de La Manufacture de Livres

Leroy Parker était apparu comme un faux taiseux, un faux ronchon dont le visage parcheminé s’éclairait brusquement d’un regard malicieux, qui conservait quelque chose de juvénile, au moment où son interlocutrice s’y attendait le moins. Il fallut peu de visites pour maman, en tout bien tout honneur, cède au char suranné de ce vieillard barricadé derrière une constante mauvaise humeur de façade qu’un simple sourire féminin parvenait sans difficulté à lézarder. “

Au cours de l’automne de 1949 à Albuquerque, suite à un à accident de travail le mari de Maureen McLaughlin perds l’usage de ses jambes. Afin de subvenir aux besoins de sa famille, elle s’occupe des travaux ménagers de plusieurs personnes âgées, c’est à cette occasion qu’elle rencontre l’intriguant Leroy Parker.

Au fil des jours, ils s’attachent l’un à l’autre et une belle et solide amitié prends forme.

Jusqu’au jour où il apprend que quelqu’un tente d’usurper sa véritable identité, ce bandit de grand chemin n’est pas d’accord et compte bien rétablir la vérité auprès de sa nouvelle amie en lui révélant son secret.

Celui qui fit trembler le Sud des États-Unis et que tous ont cru mort, le légendaire Billy theKid, c’est lui.

” Parker tira sur son cigarillo et marqua à nouveau quelques secondes de silence. Sous le nuage de fumée bleutée revivait-il ce jour funeste vécu quelque soixante-dix ans plus tôt ou mentait-il avec un aplomb inouï ? Maman, tentée de croire le vieux bonhomme, n’arrivait pas à intégrer le fait qu’elle ait pu, sans s’en douter une seule seconde, fréquenter un personnage historique, une « légende » comme il disait. Perturbée, attristée par ce qu’elle venait d’entendre, elle n’osa relancer la conversation. Ce fut Parker qui s’y colla après avoir secoué sa cendre :

– Comme je disais souvent quand j’étais jeune pour amuser mes copains : « je ne suis pas du genre à me laisser abattre »… “

Commence alors pour Maureen et sa famille un voyage fascinant dans le passé du vieux brigand et dans les mythes de l’Ouest américain.

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Ce que j’en dis :

Quand un auteur dégaine sa plume et m’invite à voyager dans le temps pour retrouver Billy the Kid, je ne résiste pas longtemps à l’appel sauvage de l’Ouest américain.

J’oublie que c’est une fiction, basée sur un mythe légendaire et je me laisse emporter par l’histoire absolument réjouissante.

L’écriture stylée de ce Frenchy m’a bluffée, et les pages ont défilé au galop à travers les souvenirs de ce brigand très attachant.

Aussi étonnant que surprenant, ce roman fleure bon l’Amérique, rythmé par les chevauchées fantastique et les frasques de l’extravagant Parker.

Ressusciter à travers ce roman qui ne manque pas d’originalité, Billy the Kid revient sur les devants de la scène et ne se laisse pas voler la vedette par un charlatan.

Alors si vous êtes nostalgique de western, si vous aimez certains auteurs comme Harisson ou Crumley, n’hésitez surtout pas à découvrir ce récit de ce français immigré au Canada qui risque très certainement de vous faire passer un sacré bon moment de lecture avec cette pépite étincelante.

Pour info :

Né à Trélazé dans leMaine-et-Loire, Luc Baranger a été loueur de bicyclettes, lustreur de parquets, peseur de poids lourds dans une carrière, éducateur spécialisé, chauffeur de taxi, traducteur d’une multitude de romans américains, installateur de système d’enseignement à distance, exploitant de submersible…

Il a voyagé dans de nombreux pays et s’est installé au Québec où il vit et écrit.

je remercie Les éditions de la Manufacture de livres pour cette chevauchée fantastique dans l’Ouest américain en compagnie de Billy the Kid.

“ Les belles espérances ”

Les belles espérances de Caroline Sers aux Éditions Buchet.Chastel

” – C’est formidable, lui avait expliqué son jumeau avec enthousiasme, tout le monde peut s’exprimer ! On parle enfin ! On explore des idées neuves !

Pierre l’avait écouté avec circonspection. Cette liberté dont il lui rabattait les oreilles lui paraissait si lointaine… “

Mai 68 à Paris, c’est ici que cette histoire commence, en pleine manifestation d’étudiants indisciplinés, refusant l’ordre gaulliste et la vieille société sclérosée…

Pierre et Fabrice sont jumeaux, issus d’une famille où le statut social a de l’importance.

” À cette époque, tout le monde les appelait « les jumeaux » sans mesurer à quel point ils étaient différents et en opposition constante. “

Tout deux viennent de commencer leur vie d’adulte, ont fait des choix et fait des rencontres décisives.

Pierre si jeune, est déjà en couple et même père. Fabrice lui, fait ses débuts dans l’entreprise familiale. Néanmoins, ils restent l’un et l’autre sous la coupe de leur mère, veuve, une femme autoritaire, pleine de principes qui ne se fait pas à l’idée que le monde est en train de changer.

Tel un pavé dans la mare, Fabrice va lancer la première pierre, et va faire voler en éclat tout ce qu’on avait prévu à son attention…

” Oui, il allait partir dans le Sud et commencer une autre vie. Même si le nouveau monde n’était pas encore pour demain, il allait se construire son nouveau monde à lui, comme il l’entendait. Il était temps de vivre… “

De mai 68 à nos jours Les belles espérances raconte le tourbillon de la vie d’une famille française qui devra faire face à l’évolution en marche. Une vie faite de passion, d’amour, de rancoeur, de jalousie, parsemées d’ambitions, de doutes, d’envie, de rêves, de mariage, de naissance, de divorce, où la maladie et parfois les décès révèlent certains secrets honteux.

” Un tableau de vie familiale comme dans les films. “

La vie quoi…

Ce que j’en dis :

À ma grande surprise, la plume de Caroline Sers m’a emporté au cœur de cette famille parisienne à laquelle je me suis très vite attachée.

La vie de ces hommes et de ces femmes défile sous nos yeux, année après année, avec ses joies et ses peines dans une France qui ne cesse d’évoluer que ce soit au niveau technologique mais également des mœurs.

L’auteure pose un regard avisé et subtil sur toutes ces générations qui se suivent sans pourtant se ressembler mais qui restent liées par ce lien du sang qu’on appelle la famille.

Les émotions nous envahissent et réveillent nos propres souvenirs, sur ce demi-siècle passé si vite.

C’est ce qui fait la force de ce roman, sa capacité à retracer tout ce chemin parcouru à travers des personnages réalistes et attachants, auxquels on s’identifie très souvent.

Comme si l’on visionnait les diapos d’une vie avec une voix of qui nous dirait : tu te rappelles ?

On dit souvent : « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous », ce roman en est la preuve. J’ai erré entre ses pages en compagnie d’êtres humains qui auraient pu croiser ma vie et ont fait partie de la mienne le temps d’une lecture absolument magnifique.

Une belle rencontre livresque qui restera ancrée en moi, auprès de mes plus beaux coups de cœur littéraire.

Je ne peux que vous encourager à vous y plonger très vite.

Biographie présentée par l’auteure :

Je suis née le 18 septembre 1969 à Tulle, en Corrèze. Une enfance puis une adolescence parisiennes m’ont donné le goût des villes, mais l’envie de nature me saisit régulièrement, et c’est en Corrèze ou dans le Gers que je l’assouvis. 

Les livres ont représenté très tôt un havre de paix : dans ma famille, celui qui lit est sacré, rien ne doit le perturber… ce qui m’a permis de me soustraire aux aléas de la fratrie.

J’ai écrit beaucoup de textes inachevés avant de faire lire mon premier manuscrit à un éditeur — une éditrice en l’occurrence. Tombent les avions est paru en septembre 2004 chez Buchet/Chastel. Puis ont suivi La Maison Tudaure, en 2006, Les Petits Sacrifices, en 2008, Des voisins qui vous veulent du bien, en 2009 (chez Parigramme), Le Regard de crocodileen 2012, Sans les meubles, en 2014 et enfin Maman est en haut, en 2016.

Parallèlement, j’ai participé à plusieurs recueils collectifs de nouvelles : trois autour de groupes mythiques, les Ramones, les Doors et Nirvana, et un constitué autour de photographies retrouvées.

Je remercie Claire et les Éditions Buchet. Chastel pour cette balade à travers le temps.

“ Les sentiers de l’oubli ”

Les sentiers de l’oubli de Margaret Mizushima aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Chloé Royer

” Le lieutenant de police Mattie Lu Cobb aimait bien son nouvel coéquipier. On aurait même pu dire qu’elle était folle de lui. Contrairement aux précédents, il semblait lui correspondre. Elle appréciait le temps passé en sa compagnie et espérait pouvoir apprendre à lui faire confiance. (…) Grand et puissant, bardés de muscles, il était le seul du service à pouvoir la battre à la course. “

Au Colora à Timber Creek, l’inspectrice Mattie Cobb vient tout juste de finir sa formation cynophile, lorsqu’elle se retrouve sur une enquête avec son tout nouvel coéquipier Robo, un berger allemand.

Le corps d’une jeune fille de dix-sept ans vient d’être découvert dans les bois. Près d’elle, sa chienne blessée…

” Belle avait déterré la tête, le torse et les bras d’une jeune fille, dont le visage cireux était couvert de boue là où la chienne l’avait léché. Cheveux noirs, nez mutin. T-shirt taché de sang. Morte. “

La communauté est sous le choc, cette jeune fille était de la région.

Il est temps de mettre à l’épreuve Robo, et de voir si ce nouveau duo de flics va réussir sa première enquête ensemble. Aidé par Cole Walker, le vétérinaire l’enquête prend une drôle de tournure sur le fil du rasoir.

Entre corruption, trafic de drogue, la ville bien tranquille commence à perdre tout le charme des havres de paix.

Mais une chose est sûre :

” La leçon la plus importante dans cette affaire, cela dit, restait la suivante : il faut toujours écouter son chien “

Ce que j’en dis :

À travers ce roman qui marque le début d’une série, on fait connaissance avec un duo d’enquêteurs plutôt attachants et assez mignons. Il viennent tout juste de se rencontrer lors de la formation de Mattie à l’unité cynophile.

Leurs premières enquêtes va très vite mettre en pratique leurs enseignements et Robo, le berger allemand va devoir avoir le flair nécessaire pour réussir son baptême du feu.

Une écriture fluide et une enquête assez classique font de ce roman une lecture assez plaisante qui ravira les amoureux du suspens sans hémoglobine ou scènes trash à outrance.

Pour un premier roman c’est plutôt réussi même si j’ai trouvé l’ensemble plutôt gentillet.

À voir si par la suite ce sera un peu plus mordantE, un peu plus intriguante pour réussir à me charmer davantage.

Une belle découverte néanmoins.

Pour info :

Née dans le Texas, Margaret Mizushima a grandi au Texas et dans le Colorado.

Autrefois orthophoniste, elle a poursuivi son exploration des mots sous un angle plus artistique grâce à l’écriture.

Passionnée de nature et d’animaux, elle vit dans le Colorado entourée de chats et de chiens et vient souvent en aide à son mari, à la tête d’un cabinet vétérinaire. 

Les Sentiers de l’oubli est son premier roman publié en France.

Je remercie les éditions Belfond pour cette enquête au cœur du Colorado.

“ Comme un enfant qui joue tout seul ”

Comme un enfant qui joue tout seul d’Alain Cadéo aux Éditions La Trace

On fait tous sa vie. Moi, j’ai défait la mienne. Ne me reviennent, curieux, comme les très anciens, que des images, curieux, comme les très anciens, que des images de ma petite enfance.

J’ai 37 ans. J’ai tout quitté, boulot, amis, relations, réseaux, plans de carrière, maison… et je repars… vers mon passé… tête baissée dans la nuit mauve… diaporama de mes pensées.

(…)

Il m’a fallu une minute pour briser ma carrière comme un enfant boudeur qui casse son jouet le plus convoité. “

Un beau jour, Raphaël décide de tout plaquer. Telle une renaissance, il se débarrasse de tout ce qui le retient et prends un nouveau départ, une nouvelle route vers une nouvelle vie.

« Tout est à vivre. Encore. “

Eléna entame sa cinquième saison au restaurant où elle travaille tout en veillant sur Lorenzo son fils.

” Par-dessus tout, elle a besoin de cette proximité avec l’Océan. Il la protège. Son bruit sourd et permanent, son odeurs, ses embruns , chassent toutes pensées mauvaises. Le soir, lorsqu’elle s’éloigne, elle est comme lavée, légère et sa fatigue est. Douce à emporter, précieuse. “

Entre ces deux êtres, un océan, qui vague après vague les conduit inexorablement l’un vers l’autre…vers un nouveau destin…

” Il n’y a pas de plus grande joie que celle que l’on éprouve lorsqu’en toute lucidité, on « sait » que l’on est dans l’exactitude de son parcours, au cœur même de son propre destin. “

Ce que j’en dis :

Tel un peintre, Alain Cadéo commence par esquisser par quelques mots, toujours bien choisis le début de son histoire. Puis les couleurs apparaissent par petites touches ici et là et illuminent les pages. Pour le lecteur soucieux du détail, c’est un délice de vagabonder à travers cette plume minutieuse, élégante où la poésie s’immisce avec délicatesse, comme un rayon de soleil.

Alain Cadéo est un amoureux des mots, et ça se sent, son écriture dégage de belles émotions et transporte le lecteur dans un monde féerique où chaque mot, chaque phrase pleine de tendresse fait rêver, telle une caresse.

Tel un saltimbanque, il nous emmène par des chemins de traverse, nous laissant contempler le paysage, à la rencontre de personnages toujours prêts à bousculer nos vies.

Dans ce dernier roman, il met en scène deux êtres solitaires que le destin va réunir au bord de l’océan, deux êtres égarés qui n’attendent qu’un éclairci pour ensoleiller leurs vies.

Comme un enfant qui joue tout seul, une véritable étoile, filant à vive allure vers l’océan pour rejoindre tous les êtres qui gardent l’espoir d’une nouvelle vie.

“ Il faut que je bouge. J’avais l’impression ces dernières heures d’être devenu une fleur séchée coincée entre les pages d’un livre qui sent le moisi. (…) La vie veut pas qu’on la vive pas. Électrique, elle vous rattrape par le froc et vous relance sur scène. ”

Pour info :

Après entre autres ” Zoé “ (ma chronique ici), ” Chaque seconde est un murmure “ (ma chronique ici) puis ” Des mots de Contrebande “ son dernier recueil de textes, Alain Cadéo retrouve dans ” Comme un enfant qui joue tout seul “ une écriture romanesque initiatique.

Cherchant avec exigence et rigueur des chemins de traverse, des sentiers non convenus, il est un perpétuel voyageur de l’âme, seule voie possible pour rencontrer l’autre, le vrai, le juste.

Cet homme est singulier, sincère, et généreux tout comme son écriture.

Je remercie Alain Cadéo pour sa délicate attention et les éditions La Trace pour m’avoir offert un magnifique voyage livresque.

“ L’envol du moineau ”

L’envol du moineau d’Amy Belding Brown

Traduit de l’anglais par Cindy Colin Kapen

” (…) à la fin du mois de juin 1675, la nouvelle arrive de Boston que les indiens ont attaqué le village de Swansea, dans la colonie de Plymouth. Des tribus païennes ont uni leurs forces pour former une armée qui se dirige désormais vers la baie du Massachusetts. À la mi-août, les indiens assiègent Quabaug, une ville front de Lancater. Deux semaines plus tard, par une chaude matinée de sabbat, ils atteignent Lancaster et attaquent des fermes au nord de la ville. “

Dans une colonie du Massachusetts en 1676 vit Mary Rowlandson auprès de son époux et de ses enfants dans une communauté de puritains venus d’ Angleterre.

Elle essaie d’être une bonne mère et une bonne épouse, mais elle souffre face à la rigidité morale et étouffante de son mari.

Des indiens Algonquins attaquent son village et la font prisonnière avec quelques rescapés. Elle se retrouve esclave de cette bande de sauvages en fuite, traquée par l’armée.

Contre toute attente, c’est au cœur de cette tribu, au milieu de ces sauvages qu’elle va trouver une certaine liberté, jusqu’à y perdre ses repères.

Lorsqu’elle sera enfin libérée et qu’elle retrouvera son ancienne vie, il n’est pas certain qu’elle réussisse à se réadapter et à supporter ce puritanisme et l’hypocrisie de la société blanche.

” Quelle étrange tournure les choses avaient prise. Son expérience avait été bien différente de ses attentes. C’étaient celui dont elle se méfiait le plus qui l’avait sauvée. Tandis que Joseph, en qui elle avait la plus grande confiance, n’était jamais venu la chercher. Pas même à Concord après sa libération.

L’amour. On attend d’elle qu’elle aime, honore et écoute son mari. Mais que signifie un tel amour ? Ce n’est ni du désir ni de l’affection. Ce n’est qu’une obligation de plus. “

Ce que j’en dis :

Apparemment cette magnifique couverture et son synopsis avaient tout pour me plaire, c’est tout à fait le genre d’histoire dont je suis friande en temps normal.

J’ai trouvé cette histoire basée sur la véritable histoire de Mary Rowlandson très intéressante et même souvent révoltante face à tout le mal fait au peuple indien et à tout ce puritanisme mais je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage de Mary et encore moins au style d’écriture de l’auteure. Deux points qui ont rendu ma lecture laborieuse à mon grand regret.

Je ressors donc mitigée d’un roman qui reçoit énormément d’éloges , salué par Jim Fergus , auteur du fabuleux roman ” La fille sauvage “ que j’avais adoré.

J’en suis la première surprise, mais hélas l’histoire aussi bouleversante soit-elle ne l’emporte pas sur l’écriture qui manque à mon sens de caractère.

Difficile pour certains auteurs de rivaliser avec mes derniers coups de cœur.

Je tiens à remercier Léa notre Maîtresse Yoda du Picabo River Book Club et les éditions Cherche Midi pour cette épopée romanesque inspirée d’une histoire vraie.

Pour info :

Amy Belding Brown vit dans le Vermont. L’envol du moineau est son premier roman publié en France.