“ L’envol du moineau ”

L’envol du moineau d’Amy Belding Brown

Traduit de l’anglais par Cindy Colin Kapen

” (…) à la fin du mois de juin 1675, la nouvelle arrive de Boston que les indiens ont attaqué le village de Swansea, dans la colonie de Plymouth. Des tribus païennes ont uni leurs forces pour former une armée qui se dirige désormais vers la baie du Massachusetts. À la mi-août, les indiens assiègent Quabaug, une ville front de Lancater. Deux semaines plus tard, par une chaude matinée de sabbat, ils atteignent Lancaster et attaquent des fermes au nord de la ville. “

Dans une colonie du Massachusetts en 1676 vit Mary Rowlandson auprès de son époux et de ses enfants dans une communauté de puritains venus d’ Angleterre.

Elle essaie d’être une bonne mère et une bonne épouse, mais elle souffre face à la rigidité morale et étouffante de son mari.

Des indiens Algonquins attaquent son village et la font prisonnière avec quelques rescapés. Elle se retrouve esclave de cette bande de sauvages en fuite, traquée par l’armée.

Contre toute attente, c’est au cœur de cette tribu, au milieu de ces sauvages qu’elle va trouver une certaine liberté, jusqu’à y perdre ses repères.

Lorsqu’elle sera enfin libérée et qu’elle retrouvera son ancienne vie, il n’est pas certain qu’elle réussisse à se réadapter et à supporter ce puritanisme et l’hypocrisie de la société blanche.

” Quelle étrange tournure les choses avaient prise. Son expérience avait été bien différente de ses attentes. C’étaient celui dont elle se méfiait le plus qui l’avait sauvée. Tandis que Joseph, en qui elle avait la plus grande confiance, n’était jamais venu la chercher. Pas même à Concord après sa libération.

L’amour. On attend d’elle qu’elle aime, honore et écoute son mari. Mais que signifie un tel amour ? Ce n’est ni du désir ni de l’affection. Ce n’est qu’une obligation de plus. “

Ce que j’en dis :

Apparemment cette magnifique couverture et son synopsis avaient tout pour me plaire, c’est tout à fait le genre d’histoire dont je suis friande en temps normal.

J’ai trouvé cette histoire basée sur la véritable histoire de Mary Rowlandson très intéressante et même souvent révoltante face à tout le mal fait au peuple indien et à tout ce puritanisme mais je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage de Mary et encore moins au style d’écriture de l’auteure. Deux points qui ont rendu ma lecture laborieuse à mon grand regret.

Je ressors donc mitigée d’un roman qui reçoit énormément d’éloges , salué par Jim Fergus , auteur du fabuleux roman ” La fille sauvage “ que j’avais adoré.

J’en suis la première surprise, mais hélas l’histoire aussi bouleversante soit-elle ne l’emporte pas sur l’écriture qui manque à mon sens de caractère.

Difficile pour certains auteurs de rivaliser avec mes derniers coups de cœur.

Je tiens à remercier Léa notre Maîtresse Yoda du Picabo River Book Club et les éditions Cherche Midi pour cette épopée romanesque inspirée d’une histoire vraie.

Pour info :

Amy Belding Brown vit dans le Vermont. L’envol du moineau est son premier roman publié en France.

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“ Ces liens que l’on brise ”

Ces liens que l’on brise d’Albert Wendt aux Éditions Au vent des îles

Traduit de l’anglais (Samoa) par Jean-Pierre Durix

” Combien de gens arrivent à garder ce lien d’amitié, de loyauté, pendant tout ce temps ? Pour elle, ce groupe formait une famille, même si elle n’avait pas idée de ce que pouvait être une grande famille. Le lien n’avait rien de biologique. Non, il s’agissait d’un mélange de maori, de niuéen, de samoan et de pākehā, et ça aussi c’était nouveau pour elle.

Aaron, Paul, Keith, Mere et Daniel cinq amis sont unis par leurs racines océaniennes et leurs origines modestes depuis l’enfance. Il semble avoir lié un pacte, un genre de contrat garantissant qu’ils seraient toujours copains et ne se laisseraient jamais tomber.

Cette tribu urbaine s’est formée dès l’école maternelle autour du personnage ambivalent d’Aaron. Cet être providentiel pour ses amis qui tire ses revenus de trafics illicites.

” Pour la première fois Laura venait de percevoir ce qui deviendrait au fil des années une contradiction familiale et effrayante dans la personnalité d’Aaron. Comme le décrivait Mere, « il va t’aimer à fond, sans conditions et jusqu’à la mort ; et pourtant un démon à l’intérieur de lui le poussera parfois à te faire du mal. ». “

La tribu a grandi à Auckland, en Nouvelle-Zelande, dans les années 1960. Aujourd’hui quadragénaires, ils ont pris des chemins différents, mais leur attachement reste entier.

Lorsque Aaron meurt, assassiné ils se retrouvent pour assister à ses funérailles.

Les deux vies parfaitement cloisonnées d’Aaron apparaissent subitement au grand jour à l’ouverture du testament, laissant apparaître des lignes de fracture qui mettent brutalement les membres de la tribu face à leurs contradictions. Pour la première fois, les dernières volontés du défunt risquent de désolidariser le groupe pourtant si uni.

Le code d’honneur exigeant que l’on venge Aaron l’emportera-t-il sur le respect de la loi ?

La solidarité du groupe résistera-t-elle à l’appât du gain ?

Ce que j’en dis :

Ce voyage livresque en Nouvelle-Zélande m’a fait découvrir une culture et des traditions ancestrales à travers une histoire où les liens de l’amitié d’une ” tribu ” apparemment indestructible se retrouvent malmenés et en danger suite au décès de l’un d’eux.

L’auteur puise dans sa propre histoire et ses souvenirs pour nous offrir un beau roman qui demande parfois une attention particulière mais qui se révèle attachant et passionnant au fil des pages.

Plus qu’un dépaysement, ce récit nous emporte, nous enrichit nous captive, et nous donne une vision d’un monde très éloigné du nôtre.

Une belle découverte.

Pour info :

Poète et romancier samoan, Albert Wendt écrit sur la vie quotidienne dans son archipel natal. Cet homme de lettres, peut-être le plus connu du Pacifique sud, tente d’offrir un contrepoint aux portraits souvent très romantiques ou à connotation raciste que brossent les étrangers des Polynésiens.

Né le 27 octobre 1939 à Apia, dans les Samoa occidentales (aujourd’hui Samoa), Albert Wendt possède des origines samoanes et allemandes, par son arrière-grand-père. Ayant suivi ses parents en Nouvelle-Zélande à l’âge de quatorze ans, il étudie à l’université Victoria de Wellington, où il obtient une maîtrise d’histoire en 1964. L’année suivante, il rentre aux Samoa pour enseigner. Il occupera par la suite cette fonction dans divers établissements supérieurs de son pays natal, des Fidji et de Nouvelle-Zélande. Auteur d’un essai fondateur intitulé Towards a New Oceania (1976), il promeut la culture et les arts des îles du Pacifique à travers plusieurs anthologies de poésie moderne, notamment Lali, A Pacific Anthology (1980). En 1977, il crée aux Samoa occidentales une annexe de l’université du Pacifique Sud.

Wendt réalise une synthèse entre histoire, mythes et tradition orale d’une part, fiction contemporaine d’autre part, unifiant ces éléments au sein de sa propre vision du monde. À travers ses œuvres de fiction, il dépeint ainsi les traditions et les mœurs des Papalagi (d’origine européenne) ainsi que leurs répercussions sur la culture samoane. Ce thème apparaît dès son premier roman, Sons for the Return Home (1973). Parmi les œuvres qui suivent, citons Pouliuli (1977), version polynésienne du Roi Lear, Leaves of the Banyan Tree (1979, Les Feuilles du banian), saga d’une famille samoane, Ola (1991), Black Rainbow (1992), Mango’s Kiss (2003, Le Baiser de la mangue), et le roman en vers The Adventures of Vela (2009). Albert Wendt publie également des recueils de nouvelles tels que Flying-Fox in a Freedom Tree(1974) et The Birth and Death of the Miracle Man (1986). Il est également l’auteur de plusieurs volumes de poésie tels que Inside Us the Dead : Poems 1961 to 1974 (1976, Au fond de nous les morts), Shaman of Visions (1984), Photographs (1995) et The Book of the Black Star (2002).

Je remercie l’équipe de Trames pour cette belle découverte.

“ Sauvage ”

Sauvage de Jamey Bradbury aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Jacques Mailhos

” On peut apprendre plein de trucs rien qu’en regardant et en réfléchissant. Mais il y a d’autres trucs qu’on ne peut savoir qu’en les vivant soi-même. “

À dix-sept ans, Tracy Petrikoff n’est pas une jeune fille ordinaire. Ce qu’elle aime par dessus tout, c’est courir à travers la forêt seule. Elle adore y chasser, y poser des pièges, et sillonner avec ses chiens de traîneaux les immensités sauvages de l’ Alaska.

Sa mère, disparue bien trop tôt, a laissé la famille en plein désarroi.

” Ça faisait un an que Papa avait été interdit de course. Avant la mort de Maman, j’aurais pu parier sur ma vie qu’une telle chose ne se produirait jamais. Mais la nuit où elle s’est fait renverser par ce camion, ça a déclenché une avalanche. J’ai lu que si vous êtes pris dans une avalanche, le mieux est de nager contre la neige pour essayer de rester à flot. Mais on n’avait pas nagé assez fort. On continuait à se débattre pour rejoindre la surface. “

Malgré l’absence maternelle, Tracy tente de respecter les trois règles qu’elle lui a enseigné : ” Ne jamais perdre la maison de vue “ ” Ne jamais rentrer avec les mains sales “ et surtout ” ne jamais faire saigner un humain“ pourtant…

” J’ai appris à l’école que le sang a une mémoire. Il porte les informations qui font ce que vous êtes. C’est comme ça que mon frère et moi on s’est retrouvés avec tant de trucs en commun, on portait en nous les choses dont le sang de mes parents se souvenait. Partager ce qu’il y a dans le sang, y’a pas moyen d’être plus proche d’une autre personne. “

Jusqu’au jour où, après avoir été attaquée en pleine forêt, elle perds connaissance et se retrouve couverte de sang à son réveil, persuadée d’avoir tué son agresseur. Un grave incident qu’elle va pourtant cacher à son père mais qui va la hanter jour et nuit.

” Vous avez beau vieillir, quel que soit l’âge que vous atteignez, vos parents l’auront atteint avant vous, seront déjà passés par là, et ça quelque chose de réconfortant. Comme un sentier que vous ne connaissez pas, dans la forêt, sur lequel il y aurait des traces de pas qui vous diraient que quelqu’un l’a déjà emprunté. Jusqu’au jour où vous arrivez à l’endroit où ces traces s’arrêtent. “

Quand un inconnu débarque et que son père l’embauche, une ambiance de doute et d’angoisse s’installe progressivement dans la famille tandis que Tracy prends peu à peu conscience de ses facultés hors du commun.

” Si je pouvais m’arrêter où je veux et m’abstenir de raconter le reste, c’est là que je choisirais de finir. J’en appellerais au grand gel qui s’annonçait, et je laisserais la glace et la neige nous figer exactement tels que nous étions ce jour-là, alors qu’un bonheur silencieux s’était emparé de moi, quelque chose qui ressemblait plus à de la justesse, et je n’aurais su dire s’il s’agissait de ma propre sensation, ou de celle de Su, ou de celle de Jesse. Le constat d’être revenu en un lieu que vous savez être le vôtre. Où vous savez qu’on vous désire et qu’on vous aime. “

Ce que j’en dis :

En 2018, les éditions Gallmeister et Gabriel Tallent nous ont permis de faire connaissance avec une jeune héroïne hors du commun surnommée Turtle, inoubliable et tellement attachante. (Ma Chronique ici)

L’hiver 2019 donne naissance à une nouvelle plume et une nouvelle héroïne tout aussi bouleversante prénommée Tracy, née sous l’écriture absolument magnifique de Jamey Bradbury.

Tracy est une jeune fille indépendante, au caractère difficile, plutôt rebelle qui ne prends pas son rôle d’étudiante au sérieux mais qui aime se cultiver à sa façon au cœur de la nature.

Habitée par un don particulier, elle y puise sa force et se rapproche de sa mère trop tôt disparue.

Même si ses relations sont parfois difficiles avec son père, elle n’en demeure pas moins proche et aimante tout comme avec son frère.

L’arrivée de cet étranger va bousculer l’équilibre de cette famille déjà malmenée depuis le décès de la mère qui est pourtant toujours bien présente grâce aux flash-back qui nous permettent de faire sa connaissance malgré tout.

À travers cette formidable histoire, Jamey Bradbury nous fait découvrir l’Alaska et l’univers des mushers, avec une douce poésie, et une dose de fantastique amenée avec subtilité qui risque d’en surprendre plus d’un.

L’auteure nous offre un récit fabuleux, en rendant des situations simples absolument effrayantes tout en nous attachant à tous les personnages que l’on quitte à regret mais avec l’impression d’avoir vécu une aventure extraordinaire.

C’est beau, fort, surprenant et touchant, parfois rude et glaçant, mais également grandiose, un récit qui reflète tout à fait l’Alaska tel que j’ose l’imaginer.

Tracy rejoint Turtle est restera à jamais auprès de mes héroïnes de lectures inoubliables.

Un immense coup de cœur pour Sauvage, premier roman de Jamey Bradbury.

Pour info :

Jamey Bradbury est née en 1979 dans le Midwest et vit en Alaska depuis quinze ans. Elle a été réceptionniste, actrice, secouriste et bénévole à la Croix Rouge.

Elle partage aujourd’hui son temps entre l’écriture et l’engagement auprès des services sociaux qui soutiennent les peuples natifs de l’Alaska. 

Sauvage est son premier roman.

Je remercie les Éditions Gallmeister pour cette aventure extraordinaire absolument inoubliable.

“ La faille du temps ”

La faille du temps de Jeanette Winterson aux Éditions Buchet . Chastel

Traduit de l’anglais (Royaume – Uni) par Céline Leroy

 » Les « boîtes à bébés » ont toutes une histoire. La grande histoire n’est-elle pas faite de petites histoires ? Vous croyez vivre dans le présent mais le passé vous colle comme une ombre. “

Lors d’une soirée fortement pluvieuse, dans une ville américaine, un afro-américain et son fils assistent à une agression violente et tentent d’intervenir pour sauver la victime. Hélas l’homme ne s’en sortira pas. En quittant la scène de crime de peur de se retrouver impliqués, ils font une autre étrange découverte.

” Et c’est là que je la vois. La lumière.

La boîte à bébé est allumée.

J’ai l’impression que tout est lié – la BM, le tas de boue, l’homme mort, le bébé.

Parce qu’il y a un bébé dans la boîte. “

Impossible pour eux de laisser ce bébé. Ils décident de le sauver, de l’adopter et de prénommer cette petite fille Perdita, « la fille perdue » .

” Il y a tant de récits où ce qui a été perdu est retrouvé.

À croire que l’histoire est un vaste service des objets trouvés.

Cela remonte peut-être au moment où la Lune s’est détachée de la Terre, pâle, solitaire, vigilante, présente, décalée, inspirée. La jumelle autiste de la Terre. “

Entre l’Angleterre et les États-Unis, l’histoire de ce bébé nous est conté, à travers la plume singulière de Jeanette Winterson qui nous offre une variation brillante et contemporaine d’une œuvre de Shakespeare : Le conte d’hiver.

” Et, une pierre après l’autre, l’histoire fut révélée, scintillante et concentrée, comme le temps est concentré dans un diamant, comme la lumière dans chaque pierre précieuse. Les pierres parlent, et ce qui était silence ouvre la bouche pour raconter une histoire, et l’histoire se grave dans la pierre pour la briser. Ce qui est arrivé est arrivé.

Mais.

Le passé est une grenade qui n’explose que quant on lance. “

Ce que j’en dis :

C’est avec une petite appréhension que j’ai démarré ce roman, n’ayant pas spécialement de grande connaissance de la tragédie Shakespearienne et de ses œuvres littéraires en générale.

Ayant rencontré Céline Leroy la traductrice, j’étais plutôt curieuse de lire, une fois de plus son travail de traductrice et m’aventurer dans ce roman en découvrant également une auteure que je ne connaissais pas.

J’en profite pour souligner le merveilleux travail de Céline, toujours très méticuleux pour retranscrire au plus juste l’histoire en gardant toutes les émotions que dégage le roman.

La faille du temps se révèle, telle une ligne de vie, parsemées de rencontres, de hasard bousculant le destin où le pouvoir et la jalousie engendrent des fractures irréversibles.

En nous offrant une variation contemporaine et brillante de ce conte d’hiver, Jeanette Winterson nous fait voyager à travers le temps et mélange passé, présent et futur dans une histoire extraordinaire, tragique où s’entremêlent l’amour, la passion, la jalousie et l’avidité.

Une création originale et complètement addictive auprès de personnages très forts que je ne suis pas prête d’oublier.

Une œuvre merveilleuse, une écriture singulière, qui ferait certainement pâlir de jalousie Shakespeare.

Aussi conquise par la plume de l’auteure que par cette histoire, un véritable coup de cœur que je vous recommande infiniment.

Il suffit d’un instant pour changer toute une vie et il faut tout une vie pour comprendre ce qui a changé. « 

Pour info :

Jeanette Winterson est née en 1959 à Manchester et a grandi dans le nord de la Grande-Bretagne.

Elle relatera ces années de formation dans Les oranges ne sont pas les seuls fruits (L’Olivier, 2012).

Traduite dans près de trente pays, elle connaît depuis Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? (L’Olivier, 2012) un immense succès en France.

Je remercie Les Éditions Buchet . Chastel pour cet extraordinaire voyage livresque.

“ La vague ”

La vague d’Ingrid Astier aux Éditions Les Arènes

” Le bateau amorça une valse avec l’océan. À quelques mètres, le mur d’eau s’élevait. Une masse tellement puissante qu’il fallait la voir une fois dans sa vie pour le croire. Depuis l’Antarctique, rien ne l’arrêtait sur huit mille kilomètres. Teahupo’o. Le mirage du bout de la route. La Vague. Le rêve de tout waterman digne de ce nom. L’approcher, c’était croiser le diable en robe d’écume. Elle était belle à se damner. (…) Dans la lumière du matin, la vague piégeait tous les bleus de la création. Le vent de mer ne s’était pas encore levé et les teintes de l’eau étaient transparentes et étirées – du verre de Murano. (…)

L’ange Teahupo’o passait.

Un miracle de la nature. Une déesse qui portait aux nues ou qui broyait.

C’est elle qui décidait. “

Au bout du monde, sur la presqu’île de Tahiti se trouve un lieu dit : Teahupo’o, la fin de la route est le début de tous les possibles.

Ici se trouve La Vague, la plus célèbre et la plus dangereuse du monde. Au fil des années elle s’est forgée une réputation crépusculaire. Ceux qui s’y attaquent sont soit des fous, soit des experts, aux nerfs solides et aux muscles affûtés. La moindre erreur est fatale.

En vieux Tahitien, tea – hu – poo signifie « Montagnes des crânes »

C’est ici que vit Hiro, un surfeur légendaire, unit à cette vague comme à une femme.

Un matin d’avril, l’arrivée d’un homme semble avoir perturbé l’équilibre de l’île, peu de temps après le retour tant attendu de la sœur d’ Hiro, Moea.

” Tout allait trop vite pour Hiro. Depuis que Moea était revenu, il devait jongler avec trop de responsabilités. Il n’était même plus sûr de savoir comment faire du bien à ceux qu’il aimait sans trop les protéger. “

Cet étranger semble croire que tout lui appartient. Il s’approprie La Vague et semble ne pas vouloir s’arrêter là.

L’esprit humain pressent. Il sait qu’il y’a danger.

Un danger plus sournois que n’importe quelle lame venue de l’océan.

Un danger qui sourit – et à pleines dents. “

Ce que j’en dis :

Ingrid Astier quitte sa zone urbaine pour les atolls polynésiens et ses plages majestueuses et nous plonge dans un univers paradisiaque auprès de surfeurs qui ne manquent pas de bravoure.

Au cœur de la société polynésienne, certains requins appâtés par le gain nagent en eaux troubles et sèment le chaos, pendant que les surfeurs et autres baroudeurs attendent la Vague suprême.

Tel Gauguin, elle dépeint à merveille cet endroit et éveille tous nos sens. Elle développe en nous un attachement féroce pour ses personnages haut en couleur et une antipathie certaine pour certains d’entre eux.

Sous ses airs de paradis tropical, l’envers du décor laisse à désirer et cache d’importants trafics de drogue et les quartiers des zones défavorisées sont les premiers touchés.

Une histoire peuplée de tradition, de passion, illuminée par la beauté luxuriante des paysages mais entachée par la jalousie d’un homme qui entraîne sur son passage une vague de violence.

Un roman fort dépaysant sous haute tension où la noirceur s’invite au paradis, tel un cyclone qui avance contre vents et marées et s’abat sans prévenir.

Bienvenue en enfer, ici c’est Teahupo’o, le mur des crânes. “

Pour info :

Ingrid Astier vit à Paris.

Elle a débuté en écriture avec le Prix du Jeune Écrivain (1999).

Son désir de fiction et son goût pour les péripéties sont liés à son enfance au sein de la nature, en Bourgogne, où se mêlent contemplation et action. Elle aimait autant tirer à l’arc que lire en haut d’un grand merisier.

Plus tard, elle a choisi le roman noir pour sa faculté à se pencher sans réserve sur l’être humain : Quai des enfers (Gallimard), son premier roman, a été récompensé par quatre prix, dont le Grand Prix Paul Féval de littérature populaire de la Société des Gens de Lettres.

Il campe pour héroïne la Seine, et a fait de cette amoureuse des océans et des fleuves la marraine de la Brigade fluviale.

Son roman suivant, Angle mort (Gallimard), entre western urbain et romantisme noir, a été salué comme « le mariage du polar et de la grande littérature », et la relève du roman policier français. Petit éloge de la nuit (Folio Gallimard) est le fruit de notes vagabondes, de nuits inspirées, de lectures et de dialogues croisés. Ingrid Astier est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages.

Par la tresse ténue du réel et de l’imaginaire, elle croit en l’écrivain comme bâtisseur de mondes, persuadée que notre besoin d’évasion est essentiel.

La Vague est son cinquième roman.

Je remercie les Éditions Les Arènes pour ce voyage paradisiaque où l’enfer n’est jamais loin.

“ Le bon lieutenant ”

Le bon lieutenant de Whitney Terrell aux Éditions Gallmeister

Traduit de l’américain par Anatole Pons

” Elle essaya de garder une voix calme pendant tout ce temps, s’efforçant de ne pas poser directement de question sur Pulowski. Elle était censée diriger tous ces gars, pas seulement lui. Mais elle ne put s’empêcher de sentir une vague de soulagement quand, après quelques grésillements au micro, la voix de Pulwski arriva sur les ondes.

– On est là avec Crawford. On était dans la ruelle, et puis le chef d’équipe (il parlait de Beale) a dit qu’on se faisait canarder et on a été, euh, séparés.

Il y eut un murmure étouffé, une main recouvrant le micro.

– Tu disque la dernière fois que tu as vu Beale, c’était dans la ruelle.

– Oui, lieutenant.

Comment trois hommes avaient-ils pu être séparés dans une putain de ruelle ? “

Emma Fowlers, lieutenant en mission dans la périphérie de Bagdad, s’efforce d’être droite et compétente auprès de sa section.

Chaque jour elle doit motiver sa troupe, faire les bons choix côtés tactiques et garder un œil sur ses hommes.

Alors quand l’un d’eux disparaît, elle se met en devoir de le récupérer coûte que coûte mort ou vif.

Très vite, elle s’aperçoit que toute cette affaire est le fruit de magouilles et d’erreurs au sein de sa section.

Un attentat, tuant deux soldats, aurait pu être évité, mais face à des informateurs suspects et des renseignements douteux, difficile de faire confiance.

” La guerre est une saloperie » , certes, mais que faire si l’ennemi se trouve dans votre camp ? À quel moment aurait-on pu éviter cet enchaînement tragique ?

Ce que j’en dis :

Fan de séries américaines ayant pour thème de prédilection le milieu militaire telles que ” Band of Brother : l’enfer du Pacifique “, ” Seal Team “, ” Shooter “, je ne pouvais que me réjouir de découvrir cette nouvelle plume américaine.

À travers une construction surprenante, qui pourrait en dérouter certains, l’auteur déclenche un compte à rebours comme pour le départ d’une bombe et remonte le fil du temps pour comprendre ce qui a déclenché cette tragédie mettant en péril la vie des soldats.

En analysant la logique parfois absurde de certaines décisions militaires, l’auteur tente de démontrer comment certains comportements nuisent au bon déroulement des opérations, mais également à comprendre ce qui amène certains soldats à suivre la voie militaire.

De l’action, du suspens, des mensonges, des trahisons font de ce roman de guerre, un récit explosif, original qui ne laisse pas indifférent sans pour autant oublier tous ces soldats qui se mettent en danger pour défendre courageusement leur pays.

Pour info :

Whitney Terrell est né à Kansas City, dans le Missouri.

Il a travaillé comme fact-checker pour The New York Observer avant de devenir journaliste et de suivre l’armée américaine lors de la seconde guerre d’Irak, qu’il a couverte en 2006 et 2010 pour The Washington Post, Slate et la radio publique américaine.

Il enseigne aujourd’hui la littérature.

Je remercie les Éditions Gallmeister pour cette aventure périlleuse dans l’enfer de la guerre.

“ Le plongeur ”

Le plongeur de Stéphane Larue aux Éditions Le Quartanier

” J’ai retiré trois cents dollars et je suis allé à la Brasserie Cherrier. Je suis rentré sans regarder personne et je me suis installé sur un des tabourets, devant la machine la plus susceptible de payer.

Nous étions le 5 octobre. Je ne le savais pas, mais trois semaines plus tard, il ne resterait plus rien des deux mille dollars de Deathgaze. Trois semaines que je passerais à jouer chaque jour et à manquer un cours sur deux. J’aimerais pouvoir dire que c’est à ce moment-là que je me suis ressaisi, que la spirale de déni et de pertes avait atteint son point le plus bas, mais personne ne me croirait. “

Au cours de l’hiver 2002 à Montréal, un jeune homme d’une vingtaine d’années, étudiant graphiste est tombé dans le cercle infernal du jeu. Jour après jour son addiction grandit et ses dettes s’accumulent. Il joue aux machines de vidéopoker.

” Non seulement je ne gagnais presque rien, mais pendant ces trois mois-là j’avais perdu davantage que dans les six mois qui avaient précédé. Je n’avais pas encore compris la formule. Plus tu joues, plus tu perds. Je jouais tous les jours. “

Il s’isole, perds ses amis, sa blonde, son appart, et n’a plus d’autres choix que de se trouver une job pour éponger ses dettes, et respecter ses engagements envers un groupe de Métalleux.

C’est à ce moment-là qu’il décroche une place de plongeur dans un grand restaurant La Trattoria où il bossera avec Bébert un jeune cuisinier très expérimenté au bagou de rappeur déjà usé par l’alcool et le speed.

” Bébert est retourné vers la cuisine de service en gueulant que là on allait rocker ça pour de vrai, c’te rush-là. Je me suis concentré sur mon travail. J’ai rempli un rack d’assiettes et de tasses à café, je l’ai envoyé dans le lave-vaisselle puis j’ai commencé à récurer les poêles du mieux que je pouvais. Au bout de dix minutes de frottage et de décrassage, j’étais presque aussi trempé que si on m’avait enfermé dans un lave-auto en marche. Mes mains se ratatinaient déjà dans la gibelotte du diss pit, le bout de mes doigts était éraflé par la laine d’acier, mes bras s’enlisaient jusqu’aux coudes dans l’eau brune et graisseuse. La vapeur d’eau faisait coller sur mon visage les miettes de nourriture et les éclats d’aliments calcinés qui revolaient sous le jet du gun à plonge. Je comprenais peu à peu pourquoi Dave voulait se débarrasser de ce travail. “

Pendant plus d’un mois, ils vont enchaîner ensemble les shifts de soir et même les doubles, et Bébert jouera auprès du plongeur le rôle de mentor et veillera sur lui dans leurs sorties nocturnes.

Dans les coulisses du restaurant, officie une vraie fourmilière survoltée, chef, sous-chef, cuisiniers, serveurs, barmaids et busboys, chacun fidèle à son poste tout en étant polyvalent.

Le plongeur s’accroche et tente de faire face à ses démons le temps d’une saison chaotique rythmée par les rushs, les coups de blues, les soirées trop arrosées, les espoirs et quelques écarts dans une ambiance musicale omniprésente.

 » Dave m’avait mis en garde, comme s’il voulait s’ assurer que je comprenais bien toutes les clauses de sa proposition.

– Tu vas voir, c’est de l’ouvrage. Mais la gang est le fun et la bouffe est payée. T’as déjà travaillé en restauration ?

– Non, jamais. “

Ce que j’en jase :

Ce roman Canadien absolument extraordinaire, publié en 2017 est enfin arrivé en France, de quoi ravir les lecteurs toujours friands de découvrir de nouvelles plumes d’ici ou d’ailleurs.

Couronné de succès dans son pays et même en passe de devenir culte, j’ose espérer qu’il en sera de même icitte.

Travaillant dans la restauration, Stéphane Larue nous offre un menu littéraire cinq étoiles qui respire l’authenticité et dépeint à merveille le monde du travail d’une gargote de Montréal et évoque au passage l’addiction au jeu, de ce fameux plongeur.

À travers une langue absolument délicieuse dans une ambiance survoltée, le plongeur nous offre un récit hyperréaliste au côté d’une galerie de personnages pas piqués des hannetons.

Un roman social qui m’a souvent amené à penser à cet autre ovni littéraire : À la ligne de Joseph Ponthus, (ma chronique ici), une cuisine pour Stéphane, une usine pour Joseph, et cette similitude de travail à la chaîne, une job pour l’un et une embauche pour l’autre qui les a conduit tous deux à l’écriture d’un bijou littéraire.

Stéphane Larue peut se péter les bretelles, son book est tiguidou, de la vraie balle, alors inutile de placoter, il vous le faut !

Moi suis tombée en amour pour le plongeur ❤️

Pour info :

Stéphane Larue est né à Longueuil. Il vit à Montréal.

Il détient une maîtrise en littérature comparée de l’Université de Montréal. 

Depuis un quinzaine d’années, il assure un emploi dans la restauration.

En 2016, il publie aux éditions Le Quartanier son premier roman, Le Plongeur, lauréat en 2017 du prix des libraires du Québec et du prix Senghor

Je remercie Le Picabo River Book Club et les éditions le Quartanier pour cette plongée littéraire absolument fantastique.

“ Mitragyna ”

Mitragyna de Sandrine Zorn et Alain Siméon aux Éditions Lajouanie

Camille, une jeune professeur de sciences, passe quelques jours sur Paris. Au programme, visites de musées, de monuments et quelques soirées dans les boîtes de jazz, de quoi passer d’agréables moments. Mais à peine commencé, son week-end se retrouve déjà perturbé. Lors de sa première sortie au musée d’Orsay, elle est victime d’une agression, et son sac disparaît.

” Récapitulons : je suis au musée d’Orsay, au cinquième étage. Avant de partir, je suis passée aux toilettes, j’ai été percuté par la porte au moment de sortir et vu que mon superbe sac n’est plus là, j’ai du me faire agresser. Merde ! Mes papiers, mon téléphone, mes clés, mon carnet… Pas un bruit, le musée doit être fermé.  »

Le lendemain le sac refait surface au pied du cadavre d’un clochard.

Une fois l’identité du SDF connu, Camille va se retrouver plongée dans son passé de biologiste qu’elle avait tenter d’oublier.

(…) Alors vas-y, raconte-moi maintenant. Il s’est passé quoi entre toi et Ton Viguier ? Je veux les détails : les circonstances, les relations entre vous pendant sa thèse. Je veux tout savoir : le professionnel et le privé. Et après, tu me raconteras aussi ta douleur, ta honte, ta rancoeur, ta culpabilité à laisser tes potes africains se faire piller parce que tu as laissé ton prof te piquer tes résultats sans réagir. “

Elle était loin d’imaginer que l’héritage de quelques graines d’une plante au vertus prometteuses, déclencheraient un tel tollé et éveilleraient la curiosité des policiers, de truands notoires, de détectives privés et des chercheurs en quête de miracles.

Avant de pouvoir sauver des vies, elle va devoir sauver la sienne et poursuivre ses recherches dans un climat sous haute tension où la confiance est mise à rude épreuve.

Ce que j’en dis :

Il n’aura fallu que quelques pages pour que je m’attache à Camille, l’héroïne de cette histoire mais également à l’écriture soignée que ce duo d’auteurs nous offre à travers une histoire pleine de rebondissements.

Très vite on se retrouve embarqué dans une intrigue captivante qui nous fait voyager entre la France et le Sénégal où se cache peut-être un complot sanitaire de grande ampleur.

Sans jamais nous saouler avec des termes scientifiques rébarbatifs, les auteurs nous plongent pourtant au cœur d’une histoire qui révèle les magouilles de certains laboratoires pharmaceutiques, prêts à tout pour s’approprier certaines découvertes médicales sans se soucier des pertes humaines.

Au côté de Camille, une femme de caractère, indépendante, qui ne se laissera jamais impressionnée par la gente masculine et gardera toujours un humour mordant tout en restant inflexible face à l’injustice.

Digne de la renommée des éditions Lajouanie, ce roman policier mais pas que, écrit à quatre mains mérite toute votre attention.

Un roman qui tient toutes ses promesses et risque même de vous surprendre bien au-delà de vos attentes.

Pour info :

Sandrine Zorn évolue dans le domaine de l’agriculture. Elle travaille et réside à Metz. Alain Siméon est enseignant et chef d’entreprise. Il habite Troyes. 

Ils se sont connus sur les bancs de l’uni­versité et se sont découverts une passion commune, la littérature policière. Depuis ils se retrouvent régulièrement sur les salons. C’est lors d’une manifestation consacrée au polar qu’ils ont décidé de se lancer dans l’écriture d’un roman à quatre mains.

Je remercie les Éditions Lajouanie pour cette formidable découverte.

“ Dans les eaux du Grand Nord ”

Dans les eaux du Grand Nord de Ian McGuire aux Éditions 10/18

Traduit de l’anglais par Laurent Bury

” Il y a vingt ans, les eaux où nous sommes enceinte moment étaient aussi pleines de baleines, mais à présent, les bêtes sont toutes parties vers le Nord, loin des harpons. Comment le leur reprocher ? Les baleines sont des animaux intelligents. Elles connaissent les lieux les plus sûrs, où il y a le plus de glace, et où il est le plus dangereux pour nous de les suivre. Bien sûr, l’avenir, c’est la vapeur. Avec un navire à vapeur assez puissant, nous pourrions les chasser jusqu’au bout de la terre. “

Le Volunteer, un baleinier du Yorkshire est sur le point de prendre la mer, vers les eaux riches du Grand Nord, avec à son bord une belle bande de matelots en tout genre. Embarque également, Patrick Summer, un ancien chirurgien de l’armée britannique qui traîne une mauvaise réputation.

Espérant trouver un peu de répit à bord, il était loin d’imaginer l’aventure auquel il allait être confronté.

À la découverte d’un jeune mousse assassiné brutalement dans une cabine, il prends conscience que le mal à l’état pur est parmi eux. Et il pense avoir deviner qui est ce meurtrier.

” Le capitaine blêmit de rage, son trouble est profond. Il n’a encore jamais entendu parler d’un meurtre sur un baleinier : les bagarres entre membres d’équipage sont monnaie courante, bien sûr, et même les coups de couteau, en de rares occasions, mais pas les assassinats, surtout un enfant. Et il faut que cela se produise maintenant, pour sa dernière expédition, comme si le Percival ne suffisait pas à ternir à jamais sa réputation. “

L’expédition commence à prendre une tournure différente et dévoile peu à peu ses véritables objectifs.

Des confrontations semblent inévitable et risquent de mettre en danger tout l’équipage dans les ténèbres et le gel de l’hiver arctique.

” Ils entrent de nuit dans le détroit de Lancaster. Au sud, l’eau est dégagée, mais au nord, le paysage est granuleux et monotone, composé d’icebergs et d’étendues de glace fondue, lissées par endroits par le vent qu’îles sculpte, accidentées ailleurs, brutalisées et soulevées en mastodontes à l’affût par l’alternance des saisons et par la dynamique des températures et des marées. “

Ce que j’en dis :

N’ayant pas lu Moby Dick de Melville, je n’aurai pas l’audace de le comparer avec ce récit même si je suis persuadée que le thème principal abordé est identique, je pensais bien évidemment aux baleiniers.

Embarquée à bord du Volunteer aux côtés de marins sans foi ni loi, qui se révèlent parfois des brutes sanguinaires, je découvre une aventure glaciale.

L’action est au rendez-vous et le suspens autour de ce meurtre abominable agrémente ce roman d’aventure d’une intrigue effrayante et révèle l’avidité de certains êtres sans scrupules.

Un récit captivant, avec un final qui marque la fin d’une grande époque pour les chasseurs de baleines.

Véritable dépaysement, ce voyage donne parfois le mal de mer face à toute cette violence qu’elle soit due aux humains ou au climat polaire.

Un formidable roman d’aventure à lire au coin du feu.

Pour Info :

Ian McGuire a grandi près de Hull, en Angleterre, et étudié dans les universités de Manchester et de Virginie.
Il a cofondé le Centre pour la Nouvelle Écriture à l’université de Manchester et enseigne actuellement l’écriture créative à l’université de Nord Texas.
Ses écrits ont été publiés dans le Chicago Review et le Paris Review
Dans les eaux du Grand Nord est son premier roman à paraître en France. 

Je remercie les Éditions 10/18 pour ce fabuleux voyage.

“ Mes nuits apaches ”

Mes nuits apaches d’ Olivier Martinelli aux Éditions Robert Laffont

Illustrations de Topolino

Collection Les passe-murailles

” Mon père avait gâché ma vie. Ma grand-mère venait de bousiller mes dimanches.

L’adolescence n’est jamais une période facile à traverser. Et pour Jonas qui vient de perdre son père et sa grand-mère en peu de temps, ce ne sera pas une partie de plaisir.

Pour lui, la famille c’est fini.

«  Trois personnes, c’était si peu. Trois personnes, ça ne faisait pas une famille. “

Commence alors le début d’un long tunnel, jalonné de déceptions, de pertes et de frustrations jusqu’à ce qu’une étincelle illumine son chemin.

” Le rock a déboulé dans ma vie. Pour la première fois, j’envisageais de participer à cette aventure, d’en être l’un des acteurs. “

Désormais, tout va changer. Nouveau look, nouvelles filles pour des nuits électriques en route vers l’avenir.

Ce que j’en dis :

Une fois de plus, Masse Critique de Babelio m’a permis de découvrir un roman d’une collection atypique. ” Les Passe-Murailles ” qui revisite les classiques littéraires à travers des romans au récits à cheval entre rêve et réalité.

Si j’ai apprécié les illustrations, je n’ai pas été plus que ça charmé par le récit qui à mon sens s’adresse à un public plutôt jeune. Un style littéraire assez simple qui manque un peu de relief.

L’histoire est sympa et reflète bien l’univers des adolescents souvent perdus à cette époque pas simple à traverser.

Jonas a trouvé sa planche de salut dans le rock et donne un peu d’espoir à tous les rêveurs.

Un livre à faire découvrir à la jeunesse en manque d’inspiration.

Pour info :

Olivier Martinelli

Olivier Martinelli est né en 1967 et vit à Sète. Auteur de plusieurs romans et de nombreuses nouvelles, il a été lauréat du prix des Lecteurs de Deauville en 2012 avec La nuit ne dure pas et a obtenu le prix de la ZEC avec L’Ombre des années sereines en 2016. L’Homme de miel, son dernier roman, a été « coup de coeur » de quarante librairies en France et en Belgique.
 

Marc Topolino est né à Sète quelques jours après la mort d’Otis Redding. Depuis, il ne cesse de dessiner sur les feuilles et les arbres, de peindre sur les tableaux et sur les toits.

Marc Topolino

Je remercie Masse Critique de Babelio pour cette découverte.