“ L’empreinte ”

L’empreinte d’ Alexandria Marzano- Lesnevich au Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

” Il n’y a aucun moyen d’échapper aux souvenirs, pas lorsqu’ils viennent de l’intérieur. “

En 2003, Alexandria Marzano- Lesnevich est une jeune étudiante en droit. Suite à un stage dans un cabinet d’avocats en Louisiane dans le but de défendre les hommes accusés de meurtre.

Son père et sa mère sont tous deux avocats. De son côté, elle est absolument opposée à la peine capitale, jusqu’au jour où elle se retrouve confrontée à un tueur d’enfant.

J’ai obtenu une partie des comptes rendus du procès de l’homme, et j’ai lu des milliers de pages de son dossier pour en arriver là. J’ai lu et relu son nom, l’ai relu encore et encore, jusqu’à ce que mon tremblement s’apaise, jusqu’à parvenir à le mémoriser.(…) Il était coupable de meurtre, c’était établi. Qui pouvait bien avoir insisté pour remettre ça ? Et comment Lorelei est-elle parvenue à se battre pour lui alors qu’il avait tué son fils – tandis que moi, bien qu’opposée à la peine de mort, j’en étais incapable ? “

Rick Langley a tué cet enfant de six ans. Sa confession ébranle bien plus Alexandria qu’elle ne s’y attendait. Cette histoire la hante et la conduit vers son passé et sa propre histoire et réveille des souvenirs douloureux.

La douleur est donc un poids que je dois porter seule. À chaque Halloween, lorsque les fantômes et les sorcières commencent à apparaître dans les décoration qui colorent la ville, je deviens nerveuse et je perds le sommeil, comme si mon subconscient croyait en ce que me disait autrefois mon grand– qu’il est un sorcier, et qu’un jour il aura ma peau. ”

Face à sa propre histoire, pendant dix ans, Alexandria va mener une profonde enquête pour tenter de comprendre ce qui a conduit Langley à ce meurtre abominable.

Le travail de la justice est de déterminer la source de l’histoire, de nommer le responsable. Il n’y a qu’une cause immédiate qui soit déterminante, c’est celle que la loi désigne. Celle qui fait de l’histoire ce qu’elle est. “

Ce que j’en dis :

Faire d’une telle histoire un récit passionnant ce n’est pas donné à tout le monde.

Dès que les enfants sont malmenés, tués, maltraités de quelque manière qu’il soit, est pour moi difficile à lire, et il est certain que j’appréhendais cette lecture. Et pourtant, porté par un souffle romanesque incroyable, ce récit m’a vraiment emporté bien au-delà de mes attentes.

Avec une fluidité surprenante pour une histoire aussi complexe, l’auteur nous livre ses souvenirs et partage avec nous son enquête journalistique sur Rick Langley, le meurtrier du petit garçon de six ans.

L’auteur nous embarque dans une intrigue où s’installe une extrême tension entre passé et présent sans jamais nous perdre en chemin, malgré les moments extrêmement affreux que l’on est amené à découvrir.

On ne peut qu’être admirative devant une telle plume, devant un tel courage pour évoquer de si douloureux souvenirs. Un sacré travail de recherche et de mémoire pour nous offrir un récit aussi abouti et beaucoup de souffrance derrière tout ça.

Un livre brutal et pourtant remarquable, à découvrir le cœur bien accroché.

Pour info :

Alexandria Marzano-Lesnevich vit à Portland dans le Maine, elle est professeur assistante d’anglais au Bowdoin Collège.

L’Empreinte, a été salué par une critique unanime et a été nommé l’un des meilleurs livres de l’année par l’Entertainment, Weekly, Audible.com, Bustle, Book Riot, The Times of London et The Guardian.

Elle écrit depuis dans des journaux prestigieux tels que The New York Times ou Oxford American.

Je remercie les éditions Sonatine pour ce récit déchirant.

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“ Le pays des oubliés ”

Le pays des oubliés de Michael Ferris Smith aux Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Fabrice Pointeau

” (…) Il sentait la douleur dans sa tête à cause des innombrables commotions cérébrales et vivait dans le monde brumeux d’un esprit ébranlé. Il sentait des pointes de douleur dans ses yeux et sa colonne vertébrale et des explosions de lumières vives et les bruits perçants et inattendus du monde moderne qui hurlait dans son cerveau. Doigts brisés, rotules luxées, entorses cervicales et crâne ouvert, et encore et encore et encore les poings et les jointures de doigts, les genoux et les coudes, et il sentait tout ça comme si chaque coup qu’il avait reçu et chaque coup qu’il avait donné continuaient d’exister dans un nuage de douleur invisible qui l’enveloppait et le retenait comme une âme migrante à la recherche de sa maison. Les années qui passaient et son corps qui rouillait et son esprit tel un gigantesque espace dégagé avec des vents hurlants et tournoyants et des tourbillons de souvenirs qui ne faisaient pas la différence entre maintenant et avant, et il sentait tout ça.  »

Jack a encaissé les coups depuis très longtemps. Abandonné devant l’armée du salut bébé, placé ensuite dans quatre familles d’accueil différentes, puis deux foyers sans compter les cinq écoles, de quoi perturber n’importe quel gamin.

Jusqu’à ce que Maryann le prenne sous son aile.

” (…) ses yeux semblaient voyager au-delà de la propriété et des étoiles jusqu’à un endroit qu’elle seule pouvait voir. Au début il avait pris son silence comme le signe qu’il avait fait quelque chose de mal ou qu’elle était mécontente de sa présence, mais au fil du temps il avait commencé à regarder vers l’horizon avec elle. Ce royaume vivant qui vivait dans ses yeux, il l’avait vu dans le plafond au-dessus de son lit dans les foyers et il l’avait vu à travers la fenêtre des chambres des familles d’accueil, et il le voyait là-bas au-delà de cette terre de poussière et d’os, là où le noir était aussi profond que le paradis ou l’enfer. (…) le garçon l’avait suffisamment vue dans la sérénité de la nuit pour croire qu’elle vivait avec des fantômes, et le matin il s’attendait parfois à voir leurs traces de pas cendreuses sur le sol usé. “

Aujourd’hui Maryann est au bout de sa vie, même sa propriété est sur le point d’être saisie. Jack va devoir mener une lutte de plus contre cette vie qui s’acharne sur leurs sorts. Ses nombreux combats l’ont fracassé, son corps est à bout et son esprit est ravagé par tous ses fantômes qui l’accompagnent.

S’il veut conserver la maison que lui lègue Maryann, il doit réunir une somme importante et la seule issue serait un dernier combat. Mais il devra également affronter Big Momma Sweet qui règne sur l’empire du vice du delta du Mississippi.

Un ultime combat, aux conséquences incertaines.

Ce que j’en dis :

Depuis ma découverte de sa plume à travers son premier roman noir  » Une pluie sans fin  » publié aux Éditions Super 8, je suis une fan inconditionnelle. A suivi « Nulle part sur la terre. ” (ma chronique ici) et son dernier  » Le pays des oubliés  » tout aussi formidable.

Il donne la voix aux oubliés de l’Amérique, aux exclus qui tentent de s’en sortir, son thème de prédilection qui lui sied à merveille. Une plume noire qui s’illumine par la poésie qui l’accompagne.

Cette fois Michael mets en scène un homme endetté, brisé, en quête de rédemption, une âme en déroute dans un coin misérable de l’Amérique qui n’a plus que ses poings pour ultime recours à sa perte. Un héros ordinaire qui devient extraordinaire et inoubliable sous la plume puissante et lyrique d’un auteur qui s’affirme encore davantage roman après roman.

Une histoire fascinante, bouleversante qui nous émotionne et nous laisse le cœur en miette.

Michael Farris Smith confirme sa place dans mon panthéon d’auteurs américains de romans noirs incontournables auprès de Larry Brown, Pete Dexter, David Joy ou encore Benjamin Whitmer.

Très heureuse d’avoir croisé sa route cette année encore, au magnifique festival America de Vincennes et à l’Amérique à Oron (Suisse) organisé par Marie Musy ❤️

Un gros coup de cœur une fois de plus et je trépigne déjà d’impatience en attendant le prochain.

Une fois n’est pas coutume : un livre, une chanson… Ben harper accompagnera celui-ci avec Amen Omen (à écouter ici).

Pour info :

Michael Farris Smith est un écrivain américain originaire du Mississipi dont le travail et la personnalité sont fortement marqués par son ancrage territorial dans le Sud des États-Unis.

Si ses voyages en France et en Suisse inspirent son premier roman, The Hands of Strangers (2011), son second récit, Une pluie sans fin (Super 8 editions, 2015), fresque post-apocalyptique qui dépeint un Mississipi dévasté par des intempéries diluviennes, a été salué pour l’originalité et l’intensité de sa langue.

Avec son deuxième roman Nulle part sur la terre, Michael Farris Smith continue de construire une vision littéraire unique, dépositaire de toute l’aridité, la poésie et l’humanité qui rythme l’existence sudiste.

Michael Farris Smith vit aujourd’hui à Oxford, dans le Mississipi.

Le pays des oubliés est son troisième roman publié chez Sonatine.
 

Je remercie les Éditions Sonatine pour ce roman noir inoubliable.

“ Le poids du monde ”

Le poids du monde de David Joy aux Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Fabrice Pointeau

” Ce qui l’effrayait, c’était ce qu’il savait dans son rêve. Il semblait avoir la certitude incontestable, presque divine, qu’avec le temps il deviendrait comme son père. Que certaines choses étaient transmises qui ne se reflétaient pas dans les miroirs, des traits qui étaient peints à l’intérieur. C’était ça qui le terrifiait. Et toutes les nuits, avant de se réveiller en frissonnant, il entendait les mots du Tout-Puissant, le seigneur qui disait :« Au bout du compte, c’est toujours le sang qui parle. »

Thad Broom a connu l’horreur de la guerre au Moyen-Orient, mais à présent il a quitté l’armée. Il est de retour dans son village natal des Appalaches et s’installe pas loin de sa mère dans une vieille caravane. Il renoue très vite avec Aiden McCall son meilleur ami.

Aiden avait toujours cru qu’avec le temps le monde s’ouvrirait à lui, que la vie deviendrait plus facile. Mais tandis qu’il approchait de son vingt-cinquième anniversaire, rien ne s’était arrangé. Tout était de plus en plus dur. La vie avait le don de vous vider. Quoi qu’il fasse, il avait l’impression qu’une puissance supérieure en avait après lui, et ce genre de certitude finissait par vous engourdir au bout d’un moment. “

On ne peut pas dire que la chance fasse partie de leur vie. Alors quand leur dealer passe l’arme à gauche après un stupide accident et qu’ils se retrouvent avec une quantité de drogue et un paquet de fric, est-ce enfin le bout du tunnel ou le début de nouvelles emmerdes ?

Peut-être que c’était ça le but de cette foutue vie, attendre la mort. “

Ici même la nature, pourtant si belle parfois, te rappelle toujours que rien n’est éternel.

” Le fond de l’air était frais pour la fin du mois d’août, un rappel que bientôt l’été serait fini. Dans un peu plus d’un mois, les feuilles commenceraient à lentement rougeoyer, embrasant les montagnes de leur feu automnal. Puis, quelques semaines plus tard, la couleur disparaîtrait. Le fait que ça s’achevait si vite n’était pas anodin. Il y avait une leçon à tirer de ce souffle de beauté éphémère. Les bonnes choses ne duraient jamais, et quand tout s’écroulait, ça se produisait en un clin d’œil. C’était vrai pour tout sur cette montagne. “

Seule l’amitié peut parfois sauver une vie…

” Au bout du compte, la seule chose qui différenciait une personne d’une autre, c’était le fait d’avoir quelqu’un pour sauter à l’eau et vous empêcher de vous noyer. “

Ce que j’en dis :

En 2016, je découvrais cette nouvelle plume américaine, publiée également chez Sonatine, avec son tout premier roman noir : Là où les lumières se perdent (ma chronique ici). Coup de foudre immédiat pour ce géant du noir rencontré la même année au festival America à Vincennes. Comme vous pouvez le constater, le terme géant lui sied à merveille.

David Joy nous livre un nouveau roman noir aussi bouleversant que magnifique. À travers ces portraits saisissants et d’un réalisme incroyable, il nous plonge au cœur des Appalaches où le terme désenchanté résonne en écho à l’infini. Ici le désespoir est monnaie courante, bien plus que le dollar qui demeure bien difficile à gagner dans cet endroit en cours de désertification où il est bien difficile d’échapper à son destin.

Mais pourtant cette histoire aussi noire soit-elle, se révèle être une belle histoire d’amitié entre deux garçons qui n’ont quasiment rien d’autre pour survivre dans ce monde cruel.

L’écriture de David Joy est absolument grandiose, tant par sa singularité que par toutes les émotions qu’elle dégage. Chacune de ses histoires transpercent le cœur et restent à jamais inoubliable.

En seulement deux romans, il a enflammé mon cœur de lectrice, grande amoureuse du noir et garde une place de choix dans mon panthéon américain.

C’est aussi noir qu’une nuit sans lune mais aussi lumineux qu’un ciel parsemé d’étoiles.

Hâte de retrouver cet immense écrivain.

Pour info :

David Joy est un jeune auteur américain né en 1983 à Charlotte en Caroline du Nord. Titulaire d’une licence d’anglais obtenue avec mention à la Western Carolina University, il y poursuit naturellement ses études avec un master spécialisé dans les métiers de l’écrit. Il a pour professeur Ron Rash qui l’accompagnera et l’encouragera dans son parcours d’écrivain. Après quelques années d’enseignement, David Joy reçoit une bourse d’artiste du conseil des Arts de la Caroline du Nord. Il se met à écrire pour le Crossroads Chronicle et pour lui-même. Son premier roman, Là où les lumières se perdent, remporte un franc succès et est finaliste du prix Edgar du meilleur premier roman en 2016.
David Joy est également l’auteur d’essais. Growing Gills: A Fly Fisherman’s Journey a été finaliste de deux prix littéraires : le Reed Environmental ainsi que le Ragan Old North State for Creative Non Fiction. Il vit aujourd’hui à Webster en Caroline du Nord au beau milieu des Blue Ridge Mountains et partage son temps entre l’écriture, la chasse, la pêche et des travaux manuels.

Je remercie les éditions Sonatine pour cette magnifique tragédie contemporaine absolument grandiose.

“ La mort selon Turner ”

La mort selon Turner de Tim Willocks aux Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais par Benjamin Legrand

La fille semblait aussi morte que n’importe quel cadavre. Elle était noire, dans les quinze, seize ans, et allongée face contre terre, sa joue gauche reposant sur la terre craquelée du parking. Des mouches rampaient sur ses yeux et ses lèvres desséchées. Un hématome s’épanouissait sur sa pommette. Apparemment, elle ne respirait plus. ”

Après une soirée particulièrement arrosée, un jeune Afrikaner issu d’un milieu aisé renverse en voiture une jeune noire et disparaît avec ses amis.

” – On a tous croisé cette fille dans la rue. On est passé devant tous les jours. Pourquoi a-t-elle tant d’importance maintenant qu’elle est morte ?

– Parce que se soucier d’elle maintenant qu’elle est morte, c’est le seul droit qui lui reste. “

Dans ce pays où règne la violence et la corruption, cette mort aurait tendance à vite être oubliée, mais Turner, un flic noir de la criminelle en a décidé autrement. Même s’il doit affronter Margot Le Roux, la mère du chauffeur et ses hommes de main.

” – Mais c’est mon fils, mon combat » (…) Ce sera bref mais beau, dit-elle, surtout beau pour vous si vous jouez vos cartes comme il faut. Si vous les jouez de travers, jamais plus vous ne dormirez paisiblement, parce que le but de ma vie sera de vous détruire. “

On ne peut pas dire que l’on réserve un bon accueil à Turner, dans cette région aride et désertique. Mais rien n’arrêtera cet homme qui a soif de justice.

” Peu importait le passif merdique qui était le vôtre, vous pouviez encore blâmer la malchance. Mauvais endroit, mauvais moment, mauvais parents. Vous aviez tout de même de l’espoir. Deux décennies de plus, et vous réalisiez qu’il n’existait pas de monde meilleur, nulle part. Une meilleure vie, peut-être, mais pas un meilleur monde. L’homme est un salopard vicieux, purement et simplement, et cinglé, en prime. “

La confrontation est terrible entre ce flic déterminé à rendre justice au péril de sa vie et cette mère décidée à protéger son fils, quel qu’en soit le prix à payer.

Que justice soit faite même si les cieux dégringolent… “

Ce que j’en dis :

En tant qu’acheteuse compulsive, toujours friande de bonne came, il me semble avoir tous les livres de Tim Willocks et pourtant c’est avec celui-ci que je fais connaissance avec sa plume que je présentais grandiose. Et je ne m’étais pas trompée. La première fois que j’avais autant été embarqué dans un récit qui mettait en scène l’ Afrique du Sud et les Township, c’était avec le fabuleux Zulu de Caryl Férey, qui a été ensuite magnifiquement adapté au cinéma.

J’ai retrouvé la même tension et la même violence omniprésente dans ce pays, décrite avec une précision chirurgicale. L’auteur ne nous épargne pas et nous offre un récit puissant, noir à souhait.

Et pourtant Tim Willocks prend un énorme risque en choisissant de commencer son histoire par la fin, puis remonter le temps pour revivre dans les moindres détails cette histoire terrifiante. Très vite, le ton est donné , les scènes s’enchaînent et nous plonge en enfer au côté d’un justicier fervent défenseur de l’injustice.

Tim Willocks nous conte un opéra d’une noirceur absolument hypnotique. Une écriture furieuse, sublime, intense qui donne une force et une grandeur incroyable à l’histoire.

C’est presque avec regret que l’on referme ce livre, que l’on quitte Turner mais avec le bonheur d’avoir lu un formidable roman et d’avoir découvert une plume exceptionnelle où la poésie côtoie la violence sans fausses notes.

C’est extrêmement noir mais absolument brillant.

N’ayez pas peur de vous aventurer entre ses pages, Turner veille…

Pour info :

Tim Willocks est un romancier britannique né en 1957 à Stalybridge. Chirurgien et psychiatre de formation, il est également ceinture noire de karaté et grand amateur de poker. Son premier roman Bad City Blues, publié en 1991, est adapté au cinéma par Dennis Hopper. Il a, depuis, écrit plusieurs polars à succès dont Green River ou Les Rois écarlates, avant de se lancer dans une entreprise littéraire titanesque avec une série de romans historiques à la force romanesque époustouflante initiée avec La Religion puis Les Douze Enfants de Paris. Ces deux ouvrages mettent en scène le personnage inoubliable de Mathias Tannhauser, mercenaire lettré et apatride jeté au cœur des fracas du XVe siècle. Tim Willocks est également l’auteur d’un roman jeunesse publié chez Syros, Doglands. Producteur et scénariste, l’écrivain a également travaillé avec Michael Mann, rédigé une vingtaine de scénarios, et co-écrit un documentaire avec Spielberg, The Unfinished Journey.
Je remercie les éditions Sonatine pour cette virée grandiose en Afrique du Sud.

“ Les fantôme de Manhattan ”

Les fantômes de Manhattan de R.J.Ellory aux Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais par Claude et Jean Demanuelli

À Manhattan, près du croisement de Duke Ellington et de la 107° Rue Ouest se cache une petite librairie, du nom de Reader’s Rest. C’est ici que l’on peut rencontrer Annie O’Neill une jeune libraire.

Elle les accueillait, tous autant qu’ils étaient, parce qu’il lui restait assez d’idéalisme pour croire qu’un livre avait le pouvoir de changer une vie. “

Un matin, un vieil homme prénommé Forrester, se présente comme étant un très bon ami de ses parents. Il a dans ses mains un manuscrit.

” En toute honnêteté, je suis ici pour faire revivre le passé.

De retour à son appartement, elle partage cette venue avec son voisin, et ils décident d’un commun accord de lire cet étrange feuillet, que Forrester lui a laissé.

” Sacrée histoire, hein ? Qui part de la Pologne, passe par la libération de Dachau pour arriver aux Affranchis de Scorsese. “

C’est ainsi qu’ Annie fait la connaissance de l’imbattable Harry Rose et de son ami Redbird, deux hommes qui faisaient partie des grandes figures du banditisme new-yorkais. Mais quel rapport y a-t-il entre cette histoire et sa famille. Il lui faudra attendre sa prochaine rencontre avec Forrester, à condition qu’il accepte de lui dévoiler la suite de cette histoire qui cache sûrement toute la vérité.

Il y a des livres qui peuvent changer une vie mais également certaines rencontres. Quand les destins s’entrechoquent pour n’en faire plus qu’un, laissant place à un nouvel avenir.

Ce que j’en dis : Voilà un roman que j’attendais depuis une rencontre avec l’auteur en 2016, où il nous avait fait quelques confidences en aparté.

Un roman absolument surprenant de par sa construction qui nous offre en faite deux histoires et nous font voyager entre passé et présent.

Les fantômes rôdent à travers ces pages et s’immiscent petit à petit dans l’intimité d’Annie. Sa solitude se retrouve bousculée et va être remise en question.

Même si j’avoue, avoir vu venir certains pans de l’histoire, j’ai vraiment apprécié cette lecture, seul bémol, à un moment les pleurnicheries d’Annie qui s’éternisaient un peu trop à mon goût, de quoi plomber l’ambiance finale de cette intrigue.

R.J Ellory est toujours aussi brillant et réussi à chaque fois à nous captiver en nous embarquant dans une mécanique infernale pleine de noirceur.

Un roman palpitant où le passé fait voler en éclat le présent et laisse les fantômes prendre enfin leurs envols. Un beau moment de lecture au cœur de Manhattan.

Retrouvez ma chronique de son précédent roman Un cœur sombre ICI

R. J. Ellory est né en 1965 à Birmingham. Orphelin très jeune, il est élevé par sa grand-mère qui meurt alors qu’il est adolescent. Il est envoyé en pensionnat et c’est à cette période qu’il se découvre une véritable passion : la lecture. En dehors des périodes scolaires, il est livré à lui-même et se livre à de petits délits dont le braconnage, ce qui lui vaudra un séjour en prison. Cherchant une façon de s’exprimer artistiquement, R.J. Ellory monte d’abord un groupe de blues avant de se lancer dans la photographie.Son goût pour la lecture l’amène également à s’intéresser à l’alphabétisation et à faire du bénévolat dans ce domaine. Parallèlement et alors qu’il n’a que 22 ans, il commence à écrire. La vingtaine de romans qu’il écrit entre 1987 et 1993 ne trouvent, malgré ses tentatives acharnées, aucun éditeur des deux côtés de l’Atlantique. Il devra attendre 2003 pour que Papillon de nuit soit publié par Orion.Le succès est quasiment immédiat. Il obtient le prix Nouvel Obs/BibliObs du roman noir 2009 pour Seul le silence son premier roman publié en France qui devient rapidement un best seller. À travers toute son œuvre, Roger Jon Ellory met en en scène dans de sombres fresques une Amérique meurtrière et rongée par la culpabilité, loin de l’Angleterre qui l’a vu naître.Je remercie les éditions Sonatine pour cette intrigue new-yorkaise pleine de surprises.

“ Possession ”

Possession de Paul Tremblay aux éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hubert Tézenas

« Je ne vais pas bien, Merry. Je ne voulais pas te faire peur. Excuse-moi. »

Sa voix se brisa, et elle se cacha le visage derrière ses mains.

« C’est pas grave, dis-je. Mais tu seras vite guérie, hein ? Et on se racontera des histoires normales, comme avant. Ce sera rigolo.

– Non. Tu vas devoir te souvenir de celle des deux sœurs. Tu vas devoir te souvenir de toutes mes histoires parce qu’il y a…parce que j’ai des fantômes plein la tête et que j’essaie de les en chasser, mais tu vas devoir te souvenir surtout de celle-là, de l’histoire des deux sœurs. D’accord ? Il le faut, Merry. S’il te plaît, dis ” d’accord “. »

À Beverly, une banlieue cossue de Boston dans le Massachusetts, vit la famille Barrett, parfait stéréotype de la classe moyenne. Une vie ordinaire, on ne peut plus banale, paisible jusqu’au jour, ils se retrouvent agressés par des forces extérieures. Marjorie une des deux filles, semble possédée par un esprit maléfique.

” (…) Toutes les merdes affreuses horribles et innommables qui vont te tomber dessus, et elles vont te tomber dessus, crois-moi et sur les autres aussi… Je le sais. On me l’a dit et je l’ai vu. Personne n’y échappera. “

À court d’argent, leur histoire ayant fait la une des journaux, ils acceptent l’offre généreuse d’une chaîne de télévision qui va faire de leur quotidien étrange une émission de la télé-réalité en direct.

” Je raconterai à la caméra que Marjorie me faisait hyper-peur et qu’une chose maléfique vivait en elle .

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’émission rencontre un certain succès. Pourtant du jour au lendemain, tout s’arrête.

Que s’est-il passé dans cette maison ? Le secret demeure entier, à moins que La dernière survivante lève le voile à travers ses confessions à Rachel…

Avec cette couverture envoûtante agrémentée d’un commentaire très prometteur de Stephen King, ce livre ne pouvait que m’attirer l’œil voir même les deux une fois la lecture démarrée. Et c’est sans aucune appréhension n’étant pas une froussarde, que je me suis lancée dans l’aventure.

L’angoisse s’installe tranquillement, à travers un récit palpitant. Cette famille banale qui se retrouve en mauvaise posture et se met en scène au grand jour à la vue de tous, est plutôt une idée innovante que l’auteur nous présente de manière alléchante. On devient à notre tour spectateur, et on attend la suite avec impatience. De manière originale et un peu perverse on découvre les dessous peu reluisants de la télé-réalité. C’est assez flippant quand on y pense de profiter de la détresse des gens pour faire de l’audimat.

En attendant, cette histoire est bien ficelée, assez démoniaque, plutôt surprenante, addictive, anticonformiste et la fin est bluffante, seul bémol je n’ai absolument pas eu peur , dois-je m’inquiéter ?

Stephen King aurait bluffé ? Là c’est pour lui que je m’inquiète…

Mise à part ce détail je ressors de cette lecture plutôt satisfaite, le style et la construction du récit m’a conquise tout comme l’histoire dans son ensemble. Une bien belle réussite pour un premier roman. J’espère seulement que les âmes sensibles ne s’arrêteront pas aux peurs de Stephen King car ils se priveraient d’un très bon thriller.

Je vous encourage donc vivement à le découvrir.

Considéré comme le nouveau Stephen King, Paul Tremblay est né en 1971 dans le Colorado. Lauréat du prix Bram Stoker, Possession est son premier roman publié en France. Les droits d’adaptation cinématographique ont été achetés dès la sortie du livre par Robert Downey Jr.

Je remercie les Éditions Sonatine pour ce thriller machiavélique.

“ Jesse le héros ”

Jesse le héros de Lawrence Millman aux éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (État-Unis) par Claro

” Le révérend : Le professeur Munson va vous appeler un peu plus tard dans la soirée. Il aimerait que vous envisagiez de placer Jesse dans une sorte d’institution.

C’est ce qu’ils disent tous. Ôtez ce garçon de nos pattes, faites le enfermer chez les fous. Personne comprend… “

En 1968, Jesse vit à Hollinsford dans le New Hampshire, élevé par son père. Son comportement a toujours laissé à désirer, à la limite de l’anormal, d’ailleurs il essuie très souvent les railleries des autres à l’école ou dans la rue. Et avec l’adolescence et les poussées hormonales, ça ne va pas s’arranger.

 » Jesse dit qu’il voulait juste être un adulte. Il savait que ça allait pas tarder, mais il pouvait pas attendre. Il était quelqu’un d’impatient.

Un adulte, mon cul ! T’as quasiment brisé le cœur de papa ! Tu le sais, ça ? On devient pas un adulte en violant des gamines. C’est un truc de pervers. “

Et quand son frère, Jeff, qu’il idolâtre rentre enfin du Vietnam, rien ne se passe comme prévu. Pour échapper à cet enfermement, il prend la fuite, sans se douter un instant qu’il allait prendre part à une escalade meurtrière à la noirceur extrême.

” Je crois pas qu’il le fasse exprès…

Qu’il le fasse exprès ou pas, c’est toujours des embrouilles.

Le pauvre garçon… “

Jesse n’est pas un héros ordinaire, à défaut de partir au Vietnam il va mener son propre combat pour lutter contre des décisions qu’on tente de prendre pour lui. Et c’est avec une violence inouïe sans aucune empathie, qu’il va semer les cadavres sur son passage. On assiste à la véritable naissance d’un tueur en série, à un comportement pervers tout en se demandant si derrière cette attitude ne se cache pas une maladie mentale dont on parlait peu à l’époque.

Un roman noir magnifique, d’une intense violence, à la fois dérangeant, perturbant qui nous offre un héros effrayant, enragé, excessif mais dont on ne peut qu’essayer de comprendre en espérant qu’il ne finira en héros à titre posthume.

Une pépite de la littérature américaine extirpé de l’oubli par les éditions Sonatine pour mon plus grand plaisir.

Amoureux des romans noirs sans concession, ce livre est fait pour vous.

Lawrence Millman est né à Kansas City dans le Missouri. C’est un écrivain voyageur. Il est l’auteur de onze livres, et a reçu pour certains des prix prestigieux tel le Prix Northern Lights, un Thomas Lowell Award.

Dans le Groenland, une montagne porte son nom.

Je remercie les Éditions Sonatine pour ce roman noir extirpé de l’enfer et de l’oubli.

“ Emma dans la nuit ”

Emma dans la nuit de WendyWalker aux Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Lalechère

«  Il y a trois ans, lorsque nous avons disparu, ma sœur et moi, personne n’a rien vu.  »

Devenir célèbre suite à une disparition inexplicable ne ferait rêver personne, même la plus narcissique.

Alors lorsque Cass réapparaît, seule, trois ans plus tard à la demeure familiale, le FBI rouvre l’affaire aidé par la psychiatre le Dr Abigail Winter.

« (…) la psy s’impatientait. Elle n’arrêtait pas de remuer sur sa chaise. Elle croisait et décroisait les jambes. Tripotait son stylo. Elle n’avait pas l’air de beaucoup s’intéresser aux bois, aux arbres, aux voitures ni même au pilote, mais elle ne l’a pas interrompu. Et enfin quand elle s’est décidée à me poser une question, pour la première fois je me suis dit qu’on allait peut-être vraiment retrouver ma sœur. ”

Emma raconte l’enlèvement, décrit précisément le lieu de leur captivité, où sa sœur est toujours prisonnière.

 » Je n’aimais pas le tour que prenait la situation, parce que ça signifiait qu’ils se demandaient toujours pourquoi Emma ne m’avait pas accompagnée, et si elle n’était pas restée de son plein gré. Et donc, si j’avais moi aussi réellement été retenue prisonnière pendant ces trois ans. ”

Plus Cass se confie, plus la psychiatre doute sur la véracité des faits qu’elle se met à analyser en profondeur. Il s’avère que derrière cette façade luxueuse se cache une famille dysfonctionnelle.

 » Cette famille était un véritable nid de pathologies mentales. ”

En quelques jours le vernis des apparences se fissure, et met en lumière la brillante noirceur d’une famille pleine de secrets peu reluisants.

“ Aucun secret n’est en sécurité. Jamais. À moins de ne se confier à personne. ”

Pour ce second thriller, l’auteure fait intervenir une nouvelle fois un psychologue. Elle aborde à travers cette enquête le narcissisme dans la famille. Chaque personne se livre et laisse apparaître sans s’en rendre compte sa personnalité qui se révèle plutôt égocentrique. La psychologue analyse en profondeur chaque attitude de cette famille adepte de la manipulation. On assiste à une représentation du narcissisme dans toute sa splendeur, à croire que cela se transmet de génération en génération.

Après Tout n’est pas perdu, ( ma Chronique ici), Wendy Walker réussit une fois de plus à me faire aimer le thriller psychologique. Elle a l’art et la manière de manipuler le lecteur à travers des personnages troubles et complexes. Jusqu’à la dernière page l’intrigue reste captivante.

Un récit sombre et fort qui risque d’en surprendre plus d’un.

Wendy Walker, ancienne avocat spécialiste en droit de famille, en droit commercial et banquier d’affaires est désormais romancière et éditrice. Son premier roman Tout n’est pas perdu, va être adapté au cinéma. Elle vit avec son mari et ses quatre enfants dans le Connecticut.

Ses deux romans sont publiés chez Sonatine.

Une auteure à suivre absolument.

Je remercie Babelio et les Éditions Sonatine pour ce thriller psychologique qui a joué son rôle de grand manipulateur à merveille.

“ Coupez ! ”

Coupez de Cameron McCabe aux éditions Sonatine

Traduit de l’anglais par Héloïse Esquié

“ « – Vous êtes pas au courant ? »

Il semblait furieux que je ne le sois pas, et brûlait visiblement de combler cette lacune.

« Accouchez, le pressai-je.

– Eh bien, vous voyez, Mr McCabe, dit-il sur le ton de celui qui se prépare à faire un long discours, vous voyez, lorsque Mr Robertson a ouvert la porte de son bureau ce matin…

– Coupez. Et que ça saute. »

(…)

« Eh bien, elle est morte.

– Mince. Qui donc ?

– La nouvelle. Estella.  »

Londres, dans les années 30. Cameron McCabe travaille au montage d’un film lorsque son producteur lui fait une demande plutôt particulière : Coupez! Coupez! Coupez!

Il est censé couper toute les scènes où apparaît la jeune actrice, Estella Lamare. Le lendemain le corps d’Estella est retrouvé sans vie dans la salle de montage. Une mort suspecte qui donne tout son sens à l’expression  » visage sur le sol « .

McCabe décide de mener sa propre enquête qui va le mener dans tout Londres.

 » – Numéro un : l’assassin s’est aperçu qu’il était filmé. Donc il a arrêté la caméra et détruit le film. Numéro deux : quelqu’un d’autre est entré dans la pièce après le meurtrier et a emporté le film. Il peut y avoir pour ça une infinité de raisons. Peut-être que c’est une diversion, ou peut-être un privé. Peut-être que c’est du chantage. C’est assez difficile à déterminer. Enfin numéro trois : ce n’était pas du tout un meurtre mais bien un suicide pur et simple. Dans ce cas, on a encore une infinité de raisons possibles pour l’escamotage du film. Je ne saurais absolument pas dire qui est qui et qui fait quoi.  »

L’inspecteur Smith de Scotland Yard finira par arrêter McCabe qui sera jugé puis acquitté au terme d’un procès épique.

Puis le récit prends une autre tournure en seconde partie. On découvre une analyse détaillée du récit qui lèvera le voile sur de multiples énigmes, et révélera enfin le nom de l’auteur qui resta caché pendant des décennies.

(…) l’histoire « pourrait être plus intelligible à l’écran que dans un livre » (…) « les personnages vivent dans l’univers du film noir américain ».

Pour moi qui suis autant cinéphile que bibliophile, ce livre m’a tout de suite attiré. Une belle mise en scène dés le départ avec sa couverture affiche de cinéma.

Tout comme pour un film, le décor est planté, les projecteurs installés, les personnages choisis, l’histoire peut commencer…

À travers ce scénario romancé, on découvre un roman policier en tenue de soirée.

Un roman à énigmes très atypique. Il est à la fois original, entouré de mystères, très passionnant avec toute ses allées et venues dans Londres. Il permet de découvrir le milieu du cinéma et l’envers du décor et il est aussi assez surprenant par sa construction sans oublier une enquête assez particulière.

Ce livre risque d’en surprendre plus d’un à condition de prendre le risque de sortir des sentiers battus.

Amateurs de polar et de cinéma ne COUPEZ pas ! FONCEZ !

La séance commence dans un instant, installez-vous dans votre fauteuil et LISEZ.

Cameron McCabe est un pseudonyme et  » COUPEZ !  » est le seul roman publié sous ce nom. Cameron McCabe n’est autre qu’Ernest Bornemann. Personnalité hors du commun, il est né en 1915 à Berlin. Il a été à la fois écrivain, scénariste, anthropologue, ethno-musicologue, musicien, critique de jazz, psychanalyste, sexologue et militant socialiste.

Je remercie les Éditions Sonatine pour cette toile littéraire pleine de suspense.

 » Bourbon Kid « 

Bourbon Kid d’ Anonyme aux Éditions Sonatine

 Traduit de l’anglais par Cindy Kapen



 » Un esprit maléfique nommé Caïn a libéré les quatre cavaliers de l’apocalypse. » 

C’est pas la joie sur terre, apparement certains ont décidé de son extinction. Il est temps que les Dead Hunters interviennent. Bon d’accord ce sont des tueurs sanguinaires à la morale plus que douteuse, mais pour affronter un démon qui est plutôt malin, fort et intelligent, on n’a pas vraiment le choix.



(…) le quartier général des Dead Hunters. Ils étaient installés au Purgatoire, un bar situé dans une zone privée du Cimetière du Diable, une vaste région désertique où l’on ne s’aventurait que pour une raison bien précise, ou par extrême malchance.  » 

 

Seulement l’un d’entre eux est introuvable… Le Bourbon Kid a disparu.

Une armée de morts vivants qui accompagne les quatre cavaliers va profiter de cette aubaine pour tenter de décimer les Dead Hunters.

« La dernière fois que les quatre cavaliers ont été vus en liberté, Dieu a envoyé Jésus sur terre pour les détruire et sauver l’humanité. « 

 » Si Dieu avait l’intention d’envoyer qui que ce soit pour empêcher cette apocalypse, il l’aurait déjà fait. S’il n’a envoyé personne, c’est qu’il en a assez de l’humanité. Il veut la fin du monde ! « 

 

Cette fois on dirait bien que Dieu a baissé les bras.  Ça ne va pas faciliter la tache de ceux qui sont pris pour cible. Des têtes vont tomber, du sang va couler, ça va saigner dans les chaumières. La fin du monde approche, Caïn est dans la place, mais je lui souhaite bien du courage pour arriver à ses fins , Jack Daniels alias Bourbon Kid même dans l’ombre n’a pas dit son dernier mot.

 

Depuis ma découverte des écrits de cet auteur ANONYME  avec Le livre sans nom, je n’ai cessé de poursuivre ces aventures qui chaque fois me régalent. Bien sûr j’ai de suite pensé à l’univers de Tarantino, ce coté déjanté et sanguinaire lui ressemble beaucoup. En tant que cinéphile, j’ai succombé à cet univers qui allie policier et fantastique. Ça déménage, tel un shot de whisky, tu l’auras compris c’est pas pour les chochottes. Ça flingue à tout va, c’est vulgaire, maléfique, avec des personnages complètement barges. Un pur régal quand on aime sortir des sentiers battus et s’éclater un maximum. Qui plus est faut avouer aussi que la couverture de ce dernier volet est absolument superbe, et le contenu est tout aussi savoureux, du pur malt à consommer sans modération. 



Sincèrement, je vous encourage à vous plonger dans ces récits et quel que soit l’auteur je ne peut que saluer son talent pour, à chaque fois, me faire oublier le monde qui m’entoure. Alors n’hésitez pas à vous aventurer à toute berzingue dans ce monde imaginaire absolument démoniaque et farfelu. 

 

Volontairement mystérieux et discret sur son identité, ANONYME est l’auteur anglophone d’une série de plusieurs ouvrages qui débute en 2006, avec le livre sans nom, succès commercial et critique. L’écriture d’ ANONYME est un hommage cinéphile aux univers ironiques et gores de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. 

Je remercie les Éditions Sonatine pour cette lecture fracassante.