“ Les derniers mots ”

Les derniers mots de Tom Piccirilli aux éditions Gallimard

Traduit de l’américain par Etienne Menanteau

« – Votre frère sera exécuté dans onze jours. Qu’en pensez-vous ? Avez-vous quelque chose à dire aux proches de victimes ?

– Et si vous me fichiez la paix, putain de merde !

Ça devrait le faire aux infos de dix-huit heures, même s’il coupent le « putain de merde ».

Terrier Rand est de retour dans le giron familial. Il s’en était éloigné depuis cinq ans, après un massacre perpétré par son frère Collie, lors duquel huit personnes ont été tuées sans aucune raison. Malgré tout, ce n’est pas parce qu’il est derrière les barreaux et que tout l’accuse que Collie est responsable de tout ces meurtres.

Lors d’une visite au pénitentier Collie se confie à son frère. Le doute envahit Terrier, il décide de mener une enquête.

«  Il ne vont pas me lâcher. Décontenancé je hoche la tête et maudis Collie en silence. Je me suis juré d’aller le voir encore une fois, mon frère, mais il faut d’abord que je sache ce qu’il attend de moi au juste. J’ai aussi envie de voir Kimmy, son enfant, et de la protéger de type comme Collie ou comme moi, mais j’ai laissé passer l’occasion. Je l’ai abandonné, ma copine, je ne me suis pas montré correct envers elle, ni envers moi-même. J’ai sacrifié mon bonheur sur l’autel des abîmes. Je ne suis pas encore prêt à redevenir un membre de la famille. Je sais bien ce qu’il en est. Je leur ai brisé le cœur. Je jette un coup d’œil à la porte d’entrée et constate que ma sœur est là, à me regarder m’enfuir de la maison une fois de plus.  »

Évoluant sur le fil du rasoir qui sépare la fraternité de la haine, la loyauté de la trahison, Terry va devoir explorer des secrets de famille profondément enfouis.

 » C’est ainsi que l’on procède tous quand on a vraiment envie de quelque chose ; on s’abandonne à l’irrationnel, à l’idée qu’il suffit d’y croire pour changer la situation, l’infléchir, l’amener à suivre un autre cours, puis revenir en arrière. C’est comme ça qu’un cambrioleur s’y prend dans l’obscurité, il s’efforce d’être invisible.  »

Ce que j’en dis :

Dans la famille Rand on est criminel de père en fils. Une belle bande de voleurs et d’arnaqueurs qui agit sans jamais faire couler le sang. Collie fut l’exception, pas étonnant qu’il soit le seul derrière les barreaux.

Si au départ je pensais découvrir les derniers jours d’un condamné à mort, très vite j’ai compris que je me retrouvais au cœur d’une intrigue plutôt originale. Un récit tout à fait stylé et captivant qui aborde le dur chemin de la rédemption mais également différents héritages génétiques. Le mal est ancré dans cette famille sous divers aspects.

Une histoire surprenante qui se poursuivra dans un second volet et pourra très certainement éclairer certaines zones d’ombres.

Les derniers mots, un excellent thriller plein de surprises que je vous invite fortement à découvrir.

Auteur d’une trentaine d’ouvrages, Tom Piccirilli s’est notamment illustré dans le domaine du fantastique et de l’horreur. Avec les derniers mots, premier volet d’un diptyque à paraître à la Série Noire, il a confirmé qu’il excellait dans l’univers du thriller.

Je remercie les Éditions Gallimard pour cette surprenante lecture.

Une belle découverte à suivre…

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Anguilles démoniaques

Anguilles démoniaques de Yû Takada aux Éditions De Saxus Traduit du japonais par Patrick Honoré et Ryoko Sekiguchi » Masaru ne savait pour ainsi dire rien de cette boîte. Chiwaki Enterprise. Quand le patron l’avait ramassé par la peau du coup, il lui avait donné pour seule consigne : « Tu feras ce que je te dis de faire.» Il avait ajouté : « Et rien d’autre. Pense pas. Réfléchis pas. Te pose pas de questions. Cherche pas à en savoir plus. À compter d’aujourd’hui, tu es mon chien. Je t’ai ramassé, je te nourris, donc je suis ton maître. » Masaru, un jeune homme qui croule sous les dettes se voit effacer son ardoise par un usurier peu scrupuleux. Pour le rembourser il devra dorénavant bosser pour lui. Après s’être accommodé de son nouveau look de brute épaisse, il va découvrir un monde empli de violence et de perversité. ” Mazaru ne savait pas quoi dire. Il se sentait comme souillé par l’âme du lieu, imbibé d’une force gigantesque et sinistre. Les grondements venant des entrailles de la terre n’avaient pas cessé.  » Une nouvelle livraison l’attend et sa curiosité le titille.  » Qu’est-ce que c’était de cette boîte ? Il n’en avait aucune idée.  » Sa curiosité va le conduire tout droit en enfer… » Il fut saisi d’un frisson. Il lui semblait avoir aperçu la tête d’un démon dans les ténèbres. Un démon qui l’attrapait par la peau livide, le dévorait, déchirait jusqu’à son futur. Il se mordit les lèvres, ouvrit les yeux. Il sentait le regard perçant du démon posé sur lui. Le démon, c’était lui-même. C’était son visage dans le rétroviseur intérieur, blême au fond des ténèbres. Il referma les yeux devant l’horreur de cette vision. ” Ce que j’en dis : Pour être tout à fait honnête dès le départ j’ai du m’accrocher pour poursuivre ma lecture. L’écriture plutôt simpliste ne me captivait pas du tout, elle manquait de style. Malgré tout j’ai eu envie de découvrir dans quelle galère Masaru s’était fourré une fois encore. Là je n’ai pas été déçu par l’histoire en elle-même et l’univers assez glauque dépeint par l’auteur. J’ai exploré la part d’ombre de Tokyo, cette ville tentaculaire où la criminalité de toute sorte fait rage. C’est pas la came que je préfère mais il devrait ravir tous les amoureux du genre.Yû Takada est un auteur de best-seller japonais, maître du thriller noir au Japon. Anguilles Démoniaques est son premier roman traduit en langue française. Plusieurs de ses œuvres ont déjà été adaptées en mangas, en séries télévisées et au cinéma. Je remercie les éditions De Saxus pour cette virée dans l’enfer de Tokyo.

 » La nuit de l’ogre « 

La nuit de l’ogre de Patrick Bauwen aux Éditions Albin Michel

” Je suis le docteur Kovak. Je vis pour ces instants. La surprise. L’action. L’adrénaline. Cela agit comme une drogue. Et cette nuit, je n’ai pas eu ma dose. Il m’en faut plus. Un événement, n’importe lequel. “

À force de prier, le Dieu de l’adrénaline pure et dure l’a entendu c’est clair. Il ne peut en être autrement, sinon tout ce qui va suivre n’aurait peut-être même pas eu lieu.

” Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit ? La surprise, l’adrénaline, la danse avec la mort…

Ma portière s’ouvre. Et ça commence. “

Et c’est parti ! Une inconnue s’installe à ses côtés et sollicite son aide. Malgré son apparence ensanglantée il n’hésite pas une seconde pour la secourir. L’urgence quelque soit la situation ça le connaît.

 » Tout semblait irréel. “

Il était loin de se douter où allait le conduire ce service. De la fac de médecine au sous-sol de Paris, la mort rôde est prends des allures étranges.

” Long manteau. Col relevé. Barbe épaisse. Lunettes rondes de couleur noire. Sa tête est coiffée d’un chapeau melon. L’apparition possède quelque chose d’ancien et d’incongru, comme une photographie de couleur sépia qui se serait détachée des pages d’un très vieil album. “

Ce que j’en dis :

Il est clair que concernant l’histoire je ne vais pas vous en dire plus, ce serait gâcher votre plaisir de lecture.

Dès le départ l’auteur nous interpelle, le lecteur simple spectateur se retrouve acteur, à l’écoute, sur le qui-vive.

Une histoire palpitante qui met le cœur à rude épreuve dans cette traque démoniaque . À la fois glaçant et glauque, le suspense s’installe et nous plonge dans l’angoisse. Un récit rythmée par une cadence infernale et une précision chirurgicale à l’égale de son métier, médecin urgentiste où l’auteur puise très certainement son inspiration.

Après le jour du chien (chronique à découvrir ici) la nuit de l’ogre nous captive et lève le voile sur certaines énigmes du passé, d’où l’intérêt de les lire dans un ordre précis, et ne pas se priver d’un autre thriller tout aussi surprenant.

Aussi noir que les ténèbres, la nuit de l’ogre a illuminé mes nuits blanches. Je suis à mon tour victime d’une addiction à la plume de Patrick Bauwen.

C’est grave docteur ? Le seul remède possible, le prochain, vite c’est urgent !

Patrick Bauwen dirige un service d’urgence dans un hôpital de la région parisienne. Il partage sa vie entre ses deux passions : l’écriture et la médecine d’urgence. L’œil de Caine (2007) aobtenu le Prix Polar des lecteurs du Livre de poche et le Prix Carrefour du premier roman, Monster (2009) à obtenu le Prix Maison de la Presse, et Seul à savoir (2010) a reçu le Prix Littré. Le jour du chien (2017) a reçu le Prix Polar Babelio.

Je remercie Patrick pour sa dédicace de folie et les Éditions Albin Michel pour ce thriller palpitant.

“ Baby Doll ”

Baby Doll d’ Hollie Overton aux éditions Mazarine

Traduit de l’anglais par Françoise du Sorbier

” Parvenue en haut de l’escalier, Lily hésita. Où avait-elle la tête ? À sa dernière tentative d’évasion, elle avait failli perdre la vie. Pouvait-elle vraiment le défier ? Elle fut sur le point de redescendre, puis son regard se posa sur Sky, irradiant l’innocence, et elle comprit que pour son enfant, elle ne pouvait pas reculer. Fais le pour Sky, se dit-elle. Lily tourna la poignée et la porte s’ouvrit sans résistance. “

La liberté se cache-t-elle derrière cette porte ? Après 8 ans, 3110 jours d’enfermement, 74640 heures de peur, le calvaire va-t-il prendre fin ?

Lily va-t-elle retrouver sa vie ? Sa famille ? Sa sœur jumelle ? Son premier amour ?

” C’est peut-être un de ces rêves qui devient réels. “

Son enlèvement a détruit bien plus que sa vie, c’est sa famille entière qui fut également touchée. Et si son retour était pire que sa disparition ? Quel chamboulement allait-il déclencher ?

Mais elles avaient déjà fait un voyage en enfer. Cela pouvait-il être pire ? “

” (…) tout ce qu’elles feraient à part de cet instant serait enregistré, consigné puis disséqué et livré en pâture au monde. “

Si je reste vague en vous donnant juste quelques indices et bien moins que la quatrième de couverture, c’est surtout pour vous laisser découvrir au maximum ce thriller absolument génial.

Une fois ouvert ce livre, c’est comme pour Lily, quand elle franchit la porte, impossible de revenir en arrière. D’emblée l’histoire vous kidnappe de manière spectaculaire et il vous sera impossible de la quitter avant l’épilogue.

À travers ce roman choral qui donne la voix à chaque personnage intervenant dans l’histoire, l’auteur nous offre un récit captivant plein de rebondissements.

J’avoue que si le sujet m’a fait peur, car je ne suis pas fan de l’étalage de violence, ce fut une belle surprise d’y trouver l’essentiel sans abus inutile bien au contraire. J’ai autant apprécié l’écriture que la construction du récit. Pour un premier roman, je reconnais que c’est époustouflant. Un grand et très bon thriller que je vous recommande vivement.

Je ne suis pas prête d’oublier Baby Doll et je suivrai cette auteure avec attention. Si tous les thrillers étaient de cette trempe, il est clair que j’en lirais plus souvent.

Une très belle surprise.

Hollie Overton et sa sœur jumelle ont été éduquées par leur mère. À l’âge adulte, elle a appris que son père était un criminel. Membre du Gang Overton, qui avait défrayé la chronique au Texas dans les années 60, il a passé plusieurs années en prison pour meurtre. Hollie Overton a travaillé comme scénariste pour des séries à succès telles que Cold Case. Elle vit maintenant à Los Angeles avec son mari, Baby Doll est son premier roman. Il a déjà été publié dans 13 pays.

Je remercie Léa du Picabo River Book Club et les Éditions Mazarine qui m’ont permis de découvrir ce thriller sidérant.

Sleeping Beauties

Sleeping Beauties de Stephen King et Owen King

Traduit de l’anglais ( États-Unis) par Jean Esch

” D’ après les Indiens Blackfeet, les papillons de nuit marron apportent le sommeil et les rêves. “

Un phénomène inexplicable s’empare des femmes à travers le monde. Après leur endormissement, une sorte de cocon de soie les enveloppe et il vaut mieux ne pas tenter de les réveiller sous peine de les voir se transformer en véritable sauvage capable du pire.

(…) en Australie, des médecins annonçaient une épidémie de maladie du sommeil qui semblait atteindre seulement les femmes.

Ce que l’on nomme désormais la fièvre Aurora touche toutes les femmes. Toute, sauf une, Evie, qui semble immunisée contre ce mal étrange.

Celui-ci pouvait prendre fin, ou bien se transformer en cataclysme planétaire. Comment savoir ?

Le monde se retrouve livré à la violence des hommes.

Evie survivra-t-elle à la fureur des hommes privés si soudainement des femmes.

 » Il faut enfoncer la touche EFFACER pour repartir de zéro. Qu’en penses-tu ? “

Quand on démarre la lecture d’un roman de Stephen King, on sait d’emblée que l’aventure va nous embarquer vers un univers particulier. Cette fois c’est le duo père-fils, qui nous offre un récit qu’ils ont écrit à quatre mains.

Contrairement à mes attentes, si la première partie m’a conquise, et laissait présager une histoire de dingue, il en a été tout autre pour la seconde partie que j’ai eu un mal fou à terminer. Les longueurs inutiles s’enchaînaient et je perdais tout intérêt à ma lecture, je m’enlisait.

Pourtant ce roman avait tous les ingrédients pour en faire une histoire fantastique, on ne peut plus originale. Et il était également intéressant de découvrir le résultat d’une écriture à deux.

Je ressort de cette lecture plutôt déçue, et je trouve vraiment dommage que ce duo King, ne nous ai pas offert un récit plus abouti, plus passionnant.

Je suis malgré tout certaine qu’il trouvera son public, quand on est fan on accepte les imperfections.

Je serais plutôt curieuse de mon côté, de connaître la manière dont il a été écrit. Si vous avez des infos, je suis preneuse.

Malgré un avis mitigé, je suis tout de même ravie d’avoir franchi la dernière ligne de ce pavé. Je risque dorénavant de regarder les papillons avec quelques appréhensions…

Stephen King a écrit plus de 50 romans, autant de best-sellers, et plus de 200 nouvelles. Couronné de nombreux prix littéraires, il est devenu un mythe vivant de la littérature américaine. Il a reçu la médaille de la National Book Foundation en 2003 pour sa contribution aux lettres américaines, et un Grand qmaster Award en 2007 pour l’ensemble de son œuvre.

Owen King, son plus jeune fils, est également écrivain et à publié divers ouvrages, du roman au recueil de nouvelles en passant par la bande dessinée, pas encore traduit en France.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour cette aventure inquiétante sous la plume d’un duo de renom.

Une ombre au tableau

Une ombre au tableau de Myriam Chirousse au éditions Buchet / Chastel

“ Greg sorti son téléphone et prit une photo qu’il envoya à Mélissa. Cette maison lui plairait-elle ? Bien sûr, évidemment qu’elle lui plairait. Il y avait un grand salon, une cuisine équipée, deux salles de bains, trois chambres à l’étage dont une suite parentale avec balcon, un dressing, un garage, une terrasse, un jardin bien exposé avec cet arbre en fleur (…) et cette piscine magnifique, bordée de dalles claires et de palmiers, un vrai lagon.

Son regard s’arrêta sur la piscine. Mais il y avait une ombre au tableau. ”

Sur la Côte d’Azur, Greg Delgado, un employé de banque qui rêve d’une réussite sociale cherche une nouvelle maison qui serait à la hauteur de ses ambitions. Un ami, agent immobilier lui propose une affaire dans une résidence de standing. Il se jette sur cette opportunité sans même consulter sa femme, Melissa. Afin qu’elle n’en prenne pas ombrage, il lui cache la noyade du fils des anciens propriétaires.

La maison est achetée et la nouvelle vie du couple et de leur petit garçon commence sous cet été caniculaire.

Malgré tout, Melissa s’y sent mal à l’aise. Elle a comme un pressentiment…

Melissa posa une main sur son front pour empêcher les pensées de valser sous son crâne. Il s’était passé quelque chose, forcément. Il s’était passé quelque chose et elle n’était pas au courant.

À mesure que les Delgado s’intègrent dans la résidence, leurs voisins s’immiscent dans leur vie… Derrière ce paradis se cache peut-être l’enfer.

À travers ce roman au allure de thriller psychologique, on découvre une histoire troublante, obsédante. Telle la température de cet été caniculaire, la tension monte jour après jour. Une ombre apparaît, le doute s’installe, et crée une ambiance suspecte.

Une belle escapade littéraire au bord de la piscine sous un été brûlant qui se consume à petit feu sans l’ombre d’un doute.

Une belle surprise pour une première rencontre avec la plume stylée de Myriam Chirousse.

Myriam Chirousse vit à Bras d’Asse. Elle est traductrice d’espagnol ( en particulier de Rosa Montero) et a déjà publié chez Bûchette/ Chastel trois romans, Miel et vin ( 2009), La paupière du jour (2013) et Le sanglier (2016).

Je remercie les éditions Buchet / Chastel pour ce thriller épineux.

“ Possession ”

Possession de Paul Tremblay aux éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hubert Tézenas

« Je ne vais pas bien, Merry. Je ne voulais pas te faire peur. Excuse-moi. »

Sa voix se brisa, et elle se cacha le visage derrière ses mains.

« C’est pas grave, dis-je. Mais tu seras vite guérie, hein ? Et on se racontera des histoires normales, comme avant. Ce sera rigolo.

– Non. Tu vas devoir te souvenir de celle des deux sœurs. Tu vas devoir te souvenir de toutes mes histoires parce qu’il y a…parce que j’ai des fantômes plein la tête et que j’essaie de les en chasser, mais tu vas devoir te souvenir surtout de celle-là, de l’histoire des deux sœurs. D’accord ? Il le faut, Merry. S’il te plaît, dis ” d’accord “. »

À Beverly, une banlieue cossue de Boston dans le Massachusetts, vit la famille Barrett, parfait stéréotype de la classe moyenne. Une vie ordinaire, on ne peut plus banale, paisible jusqu’au jour, ils se retrouvent agressés par des forces extérieures. Marjorie une des deux filles, semble possédée par un esprit maléfique.

” (…) Toutes les merdes affreuses horribles et innommables qui vont te tomber dessus, et elles vont te tomber dessus, crois-moi et sur les autres aussi… Je le sais. On me l’a dit et je l’ai vu. Personne n’y échappera. “

À court d’argent, leur histoire ayant fait la une des journaux, ils acceptent l’offre généreuse d’une chaîne de télévision qui va faire de leur quotidien étrange une émission de la télé-réalité en direct.

” Je raconterai à la caméra que Marjorie me faisait hyper-peur et qu’une chose maléfique vivait en elle .

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’émission rencontre un certain succès. Pourtant du jour au lendemain, tout s’arrête.

Que s’est-il passé dans cette maison ? Le secret demeure entier, à moins que La dernière survivante lève le voile à travers ses confessions à Rachel…

Avec cette couverture envoûtante agrémentée d’un commentaire très prometteur de Stephen King, ce livre ne pouvait que m’attirer l’œil voir même les deux une fois la lecture démarrée. Et c’est sans aucune appréhension n’étant pas une froussarde, que je me suis lancée dans l’aventure.

L’angoisse s’installe tranquillement, à travers un récit palpitant. Cette famille banale qui se retrouve en mauvaise posture et se met en scène au grand jour à la vue de tous, est plutôt une idée innovante que l’auteur nous présente de manière alléchante. On devient à notre tour spectateur, et on attend la suite avec impatience. De manière originale et un peu perverse on découvre les dessous peu reluisants de la télé-réalité. C’est assez flippant quand on y pense de profiter de la détresse des gens pour faire de l’audimat.

En attendant, cette histoire est bien ficelée, assez démoniaque, plutôt surprenante, addictive, anticonformiste et la fin est bluffante, seul bémol je n’ai absolument pas eu peur , dois-je m’inquiéter ?

Stephen King aurait bluffé ? Là c’est pour lui que je m’inquiète…

Mise à part ce détail je ressors de cette lecture plutôt satisfaite, le style et la construction du récit m’a conquise tout comme l’histoire dans son ensemble. Une bien belle réussite pour un premier roman. J’espère seulement que les âmes sensibles ne s’arrêteront pas aux peurs de Stephen King car ils se priveraient d’un très bon thriller.

Je vous encourage donc vivement à le découvrir.

Considéré comme le nouveau Stephen King, Paul Tremblay est né en 1971 dans le Colorado. Lauréat du prix Bram Stoker, Possession est son premier roman publié en France. Les droits d’adaptation cinématographique ont été achetés dès la sortie du livre par Robert Downey Jr.

Je remercie les Éditions Sonatine pour ce thriller machiavélique.

 » Mange tes morts « 

Mange tes morts de Jack Heath aux Éditions Super 8  

Traduit de l’anglais (Australie) par Charles Bonnot

«   Nouvelle affaire, annonce-t-il. Cameron Hall, quatorze ans, vu pour la dernière fois hier après-midi à 16 heures. Demande de rançon par téléphone.

– Une vraie demande ? 

– Pour autant qu’on sache ? « 

Un enfant a disparu, l’horloge tourne mais la police patauge. Alors, avant que ça vire au drame on tente le tout pour le tout, on appelle ‘Le Pendu’ à la rescousse, le fameux Timothy Blake.

Blake doit son surnom au don qu’il possède. Aucunes énigmes aussi ardues soient-elles ne lui résistent. Il en fait d’ailleurs son gagne pain, et cela lui permet de mettre du sel dans son café et de la viande dans son congélateur.

 » C’est comme jouer au pendu, mais à l’envers. Si tu résous l’énigme, tu as droit au gars sur la potence.  » 

Car s’il bosse pour le FBI, ce n’est pas une question d’argent, même si ça lui remplirait ses poches bien vides, non c’est bien pire…

 » Ah, vous ne la connaissez pas, celle-là ? L’État a passé  un marché avec un cannibale et ils font appel à lui pour faire disparaître les corps après les exécutions.  » 

Alors, s’il veut combler son addiction répugnante, il va devoir retrouver cet enfant.

«  L’espace d’une seconde je me vois tel que je suis vraiment : un monstre;  » 

La faim justifie-t-elle les moyens ?

Voilà un roman qui devrait en surprendre plus d’un. À notre époque où le recyclage est tendance, où il est important pour l’État de faire des économies et si en plus ça nourrit son homme, voilà peut-être une idée à explorer pour les plus courageux, en dehors des végétariens bien évidemment. 

Jack Heath nous offre à travers ce récit très cinématographique un thriller aussi original que terrifiant. Une lecture loin d’être indigeste, un menu cinq étoiles dans le guide des thrillers à dévorer. Une recette au goût savamment dosée qui peut estomaquer, parfois même dégouter mais qui s’avère addictive et absolument savoureuse au final. Mange tes morts se révèle absolument efficace, il faut juste avoir parfois le cœur bien accroché pour ne pas l’avoir au bord des lèvres. 

Un mets idéal pour les amateurs de repas littéraire très spécial. 

Que vous soyez Fan de la série Dexter ou du film Le silence des agneaux, ce menu livresque est fait pour vous. Une intrigue excellente, un récit bien rythmé, très visuel, ne laissant aucun répit avec un personnage répugnant mais attachant. Une histoire de malade qui se dévore d’une traite, et même qu’on en redemande. 

Se déguste sans faim jusqu’à la fin, mais vous incitera peut- être à devenir végétarien. 

Un thriller Saignant à souhait. 

Jack Heath est né en 1986 en Australie. Il peut déjà se prévaloir d’une imposante bibliographie jeunesse : une vingtaine de romans, régulièrement traduits et retenus pour le petit et le grand écran. Mange tes morts, son premier texte pour adultes, ne saurait être conseillé, de son propre aveu, aux moins de 18 ans. 

Je remercie Nadia et les Éditions super 8 pour cette lecture absolument à point.

“ Le vieux pays ”

Le vieux pays de Jean- Pierre Rumeau aux Éditions Albin Michel

“ – C’est un plaisir de vous rencontrer monsieur Meunier. Il semble que vous soyez la plus grande curiosité de ce coin qui pourtant n’en manque pas. ”

Monsieur Meunier alias Pasdeloup habite à Goussainville, un endroit qui se situe au bout des pistes de Roissy. Un étrange endroit que l’on appelle Le vieux pays.

« J’ai trouvé ici un cercueil inhabité, le couvercle grand ouvert, et je m’y suis installé. Il y avait peu d’êtres vivants dans le voisinage, le lieu était selon mon cœur, inimaginable pour le commun des mortels. J’y ai créé un vieux pays qui n’appartient qu’à moi, avec mon passé, ma loi et mes frontières, avec mon cimetière et mes souterrains. »

Pasdeloup protège son territoire et en général personne n’ose se mettre en travers de son chemin.

“ C’est comme vous voulez. Vous avez des yeux trop zarbi, ça donne pas envie de vous contrarier. ”

Avec ses yeux vairons, il en a refroidi plus d’un. C’est pendant son service militaire qu’il devint cet être froid, dur, quelque peu insensible.

“ (…) le fil qui reliait les neurones de son cerveau avait, brûlé jusqu’au bout et provoqué dans son crâne une gigantesque mise à feu, une explosion démentielle, brisant définitivement chez lui la peur de la mort, les barrières usuelles de la morale et, il faut bien le dire, une certaine forme d’humanité. Une bête sauvage. ”

Alors quand d’étranges coïncidences l’amènent à suspecter un complot terroriste, il part en croisade contre le mal pour ne pas perdre son lieu de villégiature entre autres.

“ (…) il faut être sage, poursuivre son chemin et relire un peu de cynique impérial, pour saluer cette nuit d’été et ces putains d’étoiles qui se foutent du malheur des hommes.  »

Jean- Pierre Rumeau nous offre un premier roman atypique et met en scène un personnage cynique, méprisant, caractériel, dépourvu de tendresse mais capable de bienveillance. Un être plutôt original auquel on ne peut s’empêcher de s’attacher.

Utiliser les vestiges de Goussainville est plutôt astucieux, un décor qui sied à merveille à cette histoire.

De même que les faits réels mêlés à la fiction donnent à ce récit une authenticité et plongent le lecteur dans un univers très réaliste.

L’auteur fait une entrée remarquable tant par son style que par son histoire. Le vieux pays et ses fantômes marquent la naissance de cet auteur qui nous fait cadeau d’ un premier roman très réussi.

Une belle découverte.

Jean-Pierre Rumeau est né en 1952 et vit à Fontainebleau. Diplômé du CNSA de Paris, il se tourne à l’issu de ses études vers le métier de cascadeur – films, publicités, télé, spectacles d’action. Parallèlement, il met en scène des pièces de théâtre (Le Neveu de Rameau au Ranelagh qui tourne depuis 2001, et lance des one-mans show, notamment Nicolas Canteloup). Il est également auteur dramatique et scénariste et travaille actuellement à un long métrage. Le Vieux Pays est son premier roman.

je remercie Babelio et les Éditions Albin Michel pour m’avoir permis de découvrir ce roman plein de surprises.

“ Sauf ”

Sauf d’Hervé Commère aux Éditions Fleuve Noir

Notre vie a viré au chaos. Avant- hier nous étions un couple parmi d’autres et nous avions une chouette vie. En quelques heures, et pour la deuxième fois de ma vie, tout à basculé. ”

Mat avait six ans quand il dû faire le deuil de ses parents, morts tous deux dans l’incendie qui ravagea leur manoir en Bretagne.

les flammes emportèrent tous ses souvenirs, rien ne fût épargné.

Mat a désormais 40 ans, il est propriétaire d’un dépôt- vente.

Il voit passer un peu de tout et même n’importe quoi SAUF ce jour-là. Ses employés ont récupéré la veille un album photo qui est tout SAUF étrange. Cet album contient toutes les photos de son enfance qui auraient dû être dévorées par les flammes du terrible incendie. SAUF qu’il est bien là dans ses mains, devant ses yeux et là, quelque chose lui échappe.

 » Il y avait l’orage qui grondait en moi, qui explosait parfois,que j’ai mis tant de temps à dompter. Il est toujours là, je le sens parfois qui rôde, mais je le connais. Je sais faire avec, me replier plutôt qu’exploser. J’ai appris à me taire, serrer les dents. (…) Je ne comprends rien à ce que j’ai sous les yeux, que je touche en ayant peur d’y laisser ma main. Mais ma main, ce n’est rien. Je vais y laisser bien plus.  »

SAUF que maintenant, il s’interroge, car certaines photos semblent provenir du présent. Et un nouveau drame va tout déclencher… le feu qui semblait éteint reprend vie. Il n’a désormais plus rien à perdre.

“ Mais de quoi sommes-nous vraiment à l’abri, dans la vie ? ”

Mat va remonter le fil du temps pour résoudre les différentes énigmes qui s’offrent à lui. SAUF qu’une chose est claire, ça ne va pas être simple.

“ On ne règle rien en courant plus vite ou en parlant plus fort, on ne fait rien taire, et les fantômes nous rattrapent toujours. Je songe à ces années heureuses quoique aveugle, et je ne sais pas si je déplore le bonheur enfui ou si je maudis mon fourvoiement d’alors. ”

Qui est vraiment Mat ? D’où vient- il ? Qui lui en veut ? Et surtout pourquoi ? SAUF que je ne vous dirai rien de plus que la quatrième de couv’ . C’est comme ça. Pas question que je vous dévoile davantage tous les secrets de cette histoire de dingue, SAUF que j’ai très envie que vous fassiez tout SAUF vous passez de ce superbe moment de lecture. Car cet auteur est tout SAUF nul. Une fois encore, il m’a tout SAUF ennuyé. SAUF que mon repassage attends toujours mais on s’en fout, n’est-ce pas ? Ce qui compte ici c’est tout SAUF de ne pas dire n’importe quoi.

Hervé Commère ne se contente pas d’une intrigue, non il te concocte une mise en scène à la hauteur de son talent qui est tout SAUF banal. Il te surprend, t’emmène dans des chemins de traverse et te conduit chapitre après chapitre vers une histoire qui ferait un tabac dans les journaux dans la rubrique fait divers SAUF que là il va faire un carton en librairie.

C’est donc tout SAUF n’importe quoi ce roman, et bien plus encore, SAUF que je vais pas vous prendre par la main mais j’accepte de me fâcher avec votre banquier, car j’espère que vous ferez tout SAUF vous priver de cette lecture.

Ce n’est pas la première fois que cet auteur me surprend et j’espère que ce sera tout SAUF la dernière fois.

Je comprends, vous avez plein de livres qui vous attendent SAUF qu’il voit faut celui-là aussi.

Sinon c’est SAUF qui peut pour vos genoux ( ceux qui savent comprendront, d’ailleurs ils ont déjà le bouquin)

Retrouvez des infos sur l’auteur et son précédent roman Ce qu’il nous faut c’est un mort en cliquant ici.

Je remercie les Éditions Fleuve Noir pour cette lecture qui est tout SAUF … et bien plus encore.