“ Requiem ”

Requiem de Tony Cavanaugh aux Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (Australie) par Paul Benita

« Darian, il faut que tu viennes. Tu es le seul à pouvoir nous aider, il y a tant de corps ! »

Après avoir reçu un appel de détresse sur un vieux portable qu’il avait gardé, Darian Richards, ex flic des homicides de Melbourne, ne peut s’empêcher d’apporter son aide à Ida, cette femme qui surgit du passé.

Prenant chaque affaire à cœur, il a tenté de prendre du recul et de laisser tomber ce métier tellement destructeur, mais là il n’a pas le choix.

” J’étais retourné au flingue. Il était ma vie, mon code, malgré tous mes efforts pour le laisser derrière moi. “

Aidé par un ancien collègue qui localise l’appel, Darian rejoint la Gold Coast qui est actuellement envahit par une foule d’étudiants qui fêtent la fin des examens : LA SEMAINE DES SCHOOLIES.

 » La semaine des schoolies, c’est le festival annuel de baise et de boisson rassemblant les gamins qui viennent d’obtenir leur diplôme de fin d’études secondaires ; (…) Un événement célèbre dans tout le pays, haï par les parents, vénéré par les enfants. Entre vingt et quarante mille jeunes, comme ces cinq filles qui braillent joyeusement dans leur voiture aux vitres remontées, s’apprêtaient à déferler sur la côte.

Comme moi.

En les doublant, je me suis demandé combien de temps durerait leur innocence. “

Darian est loin de se douter que la disparition d’Ida n’est que l’envers du décor d’une enquête qui va se transformer en un clin d’œil, en véritable cauchemar.

Elle s’appelait Margaret et elle avait dix-sept ans. Elle vivait à Brisbane et voulait devenir vétérinaire pour soigner les chevaux. Le mec était tout près. Il sentait l’alcool.

Il s’arrêta pour la fixer avec un immense sourire. De près, il n’était pas si sexy. Il était flippant.

« Qu’est-ce que vous voulez ? demanda Margaret.

– Salut. Je suis Carlos et je suis la fin du monde. »

Ce que j’en dis :

Même si Toni Cavanaugh est bien souvent comparé à Michael Connelly, personnellement je pense que c’est un tort, car il n’a nul besoin de cette comparaison pour se faire sa propre renommée. Il a son propre style et du talent à revendre. En seulement trois romans, il a eu tout loisir de se faire remarquer et sa réputation n’est plus à faire. Il a gagné haut la main sa place auprès des maîtres du thriller.

Dans l’Australie au décor multiple, où l’effervescence de la Gold Coast côtoie les marais infestés de mangrove, où le bush peut se révéler aussi beau que dangereux, notre ex flic plutôt borderline évolue sans perdre de temps mais toujours avec beaucoup d’humour et de perspicacité.

Dans ce récit très sombre, pendant que certains insouciants s’éclatent selon les traditions, lui enquête hors pistes afin d’éviter que le pire arrive et essaye de mettre fin aux terribles projets de deux jeunes psychopathes. Une enquête qui va le conduire dans les méandres du Dark Web et lui faire voir la terrible noirceur d’un monde caché.

Un roman qui se dévore, impossible à lâcher où notre justicier au grand cœur n’a pas fini de nous surprendre et de nous charmer.

De l’action, du suspens, un décor de folie, une ambiance survoltée et un personnage de caractère nous donnent une histoire édifiante où l’écriture stylée de l’auteur nous emporte vers l’enfer tout en laissant notre cœur battre la chamade, déjà prêt pour la prochaine aventure australienne.

J’ai adoré et j’attends prochain avec impatience.

Pour info :

Tony Cavanaugh est un romancier, scénariste et producteur australien. Après des études universitaires dédiées à la littérature anglaise et à l’histoire de l’art, il débute sa carrière dans l’industrie cinématographique, dans laquelle il gravitera durant une trentaine d’années.

Il donne aujourd’hui de nombreuses conférences dans de prestigieuses universités australiennes sur le cinéma et se consacre à l’écriture.

Sa série de romans policiers la plus connue à ce jour est celle qui met en scène un détective aux méthodes toutes personnelles, Darian Richards.

Après L’affaire Isobel (2017), puis La promesse (2018), Requiem est son troisième roman publié en France par les Éditions Sonatine.

Il vit à Melbourne.

Je remercie les Éditions Sonatine pour ce magnifique voyage en terre australienne en compagnie d’un héros extraordinaire.

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“ Dans les eaux du Grand Nord ”

Dans les eaux du Grand Nord de Ian McGuire aux Éditions 10/18

Traduit de l’anglais par Laurent Bury

” Il y a vingt ans, les eaux où nous sommes enceinte moment étaient aussi pleines de baleines, mais à présent, les bêtes sont toutes parties vers le Nord, loin des harpons. Comment le leur reprocher ? Les baleines sont des animaux intelligents. Elles connaissent les lieux les plus sûrs, où il y a le plus de glace, et où il est le plus dangereux pour nous de les suivre. Bien sûr, l’avenir, c’est la vapeur. Avec un navire à vapeur assez puissant, nous pourrions les chasser jusqu’au bout de la terre. “

Le Volunteer, un baleinier du Yorkshire est sur le point de prendre la mer, vers les eaux riches du Grand Nord, avec à son bord une belle bande de matelots en tout genre. Embarque également, Patrick Summer, un ancien chirurgien de l’armée britannique qui traîne une mauvaise réputation.

Espérant trouver un peu de répit à bord, il était loin d’imaginer l’aventure auquel il allait être confronté.

À la découverte d’un jeune mousse assassiné brutalement dans une cabine, il prends conscience que le mal à l’état pur est parmi eux. Et il pense avoir deviner qui est ce meurtrier.

” Le capitaine blêmit de rage, son trouble est profond. Il n’a encore jamais entendu parler d’un meurtre sur un baleinier : les bagarres entre membres d’équipage sont monnaie courante, bien sûr, et même les coups de couteau, en de rares occasions, mais pas les assassinats, surtout un enfant. Et il faut que cela se produise maintenant, pour sa dernière expédition, comme si le Percival ne suffisait pas à ternir à jamais sa réputation. “

L’expédition commence à prendre une tournure différente et dévoile peu à peu ses véritables objectifs.

Des confrontations semblent inévitable et risquent de mettre en danger tout l’équipage dans les ténèbres et le gel de l’hiver arctique.

” Ils entrent de nuit dans le détroit de Lancaster. Au sud, l’eau est dégagée, mais au nord, le paysage est granuleux et monotone, composé d’icebergs et d’étendues de glace fondue, lissées par endroits par le vent qu’îles sculpte, accidentées ailleurs, brutalisées et soulevées en mastodontes à l’affût par l’alternance des saisons et par la dynamique des températures et des marées. “

Ce que j’en dis :

N’ayant pas lu Moby Dick de Melville, je n’aurai pas l’audace de le comparer avec ce récit même si je suis persuadée que le thème principal abordé est identique, je pensais bien évidemment aux baleiniers.

Embarquée à bord du Volunteer aux côtés de marins sans foi ni loi, qui se révèlent parfois des brutes sanguinaires, je découvre une aventure glaciale.

L’action est au rendez-vous et le suspens autour de ce meurtre abominable agrémente ce roman d’aventure d’une intrigue effrayante et révèle l’avidité de certains êtres sans scrupules.

Un récit captivant, avec un final qui marque la fin d’une grande époque pour les chasseurs de baleines.

Véritable dépaysement, ce voyage donne parfois le mal de mer face à toute cette violence qu’elle soit due aux humains ou au climat polaire.

Un formidable roman d’aventure à lire au coin du feu.

Pour Info :

Ian McGuire a grandi près de Hull, en Angleterre, et étudié dans les universités de Manchester et de Virginie.
Il a cofondé le Centre pour la Nouvelle Écriture à l’université de Manchester et enseigne actuellement l’écriture créative à l’université de Nord Texas.
Ses écrits ont été publiés dans le Chicago Review et le Paris Review
Dans les eaux du Grand Nord est son premier roman à paraître en France. 

Je remercie les Éditions 10/18 pour ce fabuleux voyage.

“ L’étoile du Nord ”

L’étoile du Nord de D.B. John aux Éditions Les Arènes

Traduit de l’anglais par Antoine Chainas

« Ne restez pas passif. Dressez -vous contre le menteur qui prétend que vous êtes libres et prospères alors qu’en vérité la pauvreté et les chaînes vous accablent. Frères et sœurs, Kim Jong-il est un tyran ! Sa cruauté ne connaît pas de limites, sa soif de pouvoir non plus. Pendant que vous mourrez de faim et de froid, il vit dans le luxe des palaces tel un empereur… »

À Georgetown, Jenna poursuit sa carrière d’enseignante, sans pour autant oublier sa sœur jumelle Soo-min, mystérieusement disparue, il y a une douzaine d’années sur une plage entre la Corée du Nord et du Sud.

Au plus profond d’elle-même, elle sait qu’elle est vivante.

Alors le jour où la CIA vient la recruter pour ses connaissances géopolitiques sur ce pays opaque et dangereux, elle saisit cette opportunité car elle sent qu’elle pourra accéder à une foule de renseignements inestimables qui pourraient bien l’aider à retrouver sa sœur.

” Je vais devoir accéder à la salle de contrôle du satellite au niveau le plus confidentiel. “

À l’autre bout du monde, à Pyongyang, en Corée du Nord, le lieutenant-colonel Cho est envoyé à New-York sous haute escorte, pour négocier avec les États-Unis. Juste avant son départ, il découvre un secret sur sa propre famille qui risque de le faire passer pour un traître auprès de la nation s’il voit le jour. Cho se voit dans l’obligation de réfléchir à un plan d’évasion pour échapper à la police secrète déjà sur sa piste.

” Il arrive parfois qu’une écume de vérité affleure dans un océan de mensonge. “

Plus loin au Nord, près de la frontière chinoise, Mme Moon se lance dans une entreprise risquée et téméraire de marché noir. Si elle réussit, sa vie sera changée à jamais. Si elle échoue, la mort sera au rendez-vous. Au cœur de la pauvreté, elle devra s’allier avec le Bowibu, la police secrète de sécurité de l’état, absolument impitoyable mais terriblement corruptible.

” La principale source de revenu du pays provenait du crime organisé. “

Une espionne d’un côté, un traitre de l’autre sans oublier une criminelle, trois destins qui vont se croiser dans le pays le plus secret du monde : la Corée du Nord.

Ce que j’en dis :

J’étais loin d’imaginer, que ce roman noir d’espionnage allait à ce point me bouleverser. En même temps s’il est dans l’écurie d’Aurélien Masson, on ne peut que s’attendre à de la bonne came. Et puis traduit, par Antoine Chainas, un auteur que j’apprécie énormément donne un poids supplémentaire à la qualité du récit. Vu sa qualité d’écriture dans ses propres romans noirs, j’aime à penser qu’il ne va pas traduire n’importe quoi juste pour le plaisir d’avoir son nom dans le bouquin.

Me voilà donc en route pour une virée en Corée du Nord, moi l’adepte inconditionnelle des USA.

Il va s’en dire à quel point j’ai été surprise, au bout de quelques pages, d’être autant embarqué dans cette histoire rondement orchestrée.

L’histoire prend forme, les personnages s’installent et page après page un suspens implacable grandit et nous fait voyager entre les États-Unis et la Corée du Nord sans jamais nous perdre, à travers une histoire époustouflante qui monte petit à petit en puissance vers l’impensable.

On découvre la face cachée et abominable d’un pays dirigé par un tyran. Un récit qui nous dévoile la cruauté du régime Nord-coréen, l’oppression d’un peuple sous une dictature effrayante.

À travers ces trois voix, et une intrigue basée sur des faits réels, ce récit rythmé est absolument captivant.

On ne peut rester insensible aux personnages et à leurs aventures et l’on s’y attache forcément.

Il est rare, très rare que je succombe à ce point pour un thriller, et je ne saurais faire autrement que de vivement vous le recommander.

Un roman dense, puissant, effrayant, grandiose, passionnant qui vous ne donneras pas spécialement envie de visiter ce pays mais qui vous laissera un sacré souvenir après sa lecture, c’est obligatoire.

Si vous ne devez lire qu’un thriller ce mois-ci, choisissez celui-ci, faites-moi confiance.

Pour info :

D. B. John est né au pays de Galles. Il déménage à Berlin en 2009 pour écrire son premier roman, Flight to Berlin, puis s’installe en Corée du Sud où il effectue de nombreux voyages en Corée du Nord.

En 2015 il écrit La fille aux sept noms, le témoignage d’une nord-coréenne qui a fui clandestinement son pays.

Ces expériences lui inspirent l’intrigue de L’Étoile du Nord.


Il vit désormais à Londres.

Je remercie les Éditions Les arènes pour ce roman noir inoubliable.

“ Un homme parfait ”

Un homme parfait de Jo Jakeman aux Éditions Marabout

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Charlotte Faraday

À l’entrée du crématorium, de simples bouquets ont été déposés. Le Canon de Pachelbel s’échappe d’un haut-parleur invisible. Tout a été orchestré pour blanchir le spectre de la mort et couvrir les odeurs de décomposition. Une sorte de trou normand entre le décès et la veillée. Naomi a réservé une salle à Old Bell, mais je n’irai pas, craignant que l’alcool délie ma langue et me fasse sourire – réaction proscrite en la circonstance. (…) Un étranger pose sa main glacée sur mon coude. Je-ce-que-vous-ressentez, semble-t-il me dire. Comment pourrait-il savoir ? Seules Naomi, Ruby et moi sommes convaincues que Phillip Rochester a obtenu la mort qu’il méritait.  »

En général, assister à un enterrement n’est guère réjouissant, mais apparemment cet homme ne laisse pas derrière lui de veuve éplorée. Et pourtant on y croise la dernière petite amie et deux ex-épouses, et peu voir pas de larmes sur leurs visages. Qu’a-t-il pu faire à ces femmes pour qu’elles restent si insensibles ?

Seraient-elles responsables de sa mort ?

Pour le savoir, il va falloir remonter le temps et creuser un peu pour découvrir ce que nous cachent ces trois femmes.

Ce que j’en dis :

L’homme parfait n’existe pas, il n’y a qu’à demander à ses ex pour obtenir des aveux complets. Et en ce qui concerne Phillip Rochester, véritable pervers narcissique, trois femmes ayant profité de ses largesses machiavéliques se sont rapprochées et ont saisi une opportunité pour mettre un point final à leur calvaire…

Mais chut, n’en disons pas plus sur ce thriller psychologique absolument démoniaque.

Du présent on retourne dans le passé de manière plutôt originale pour découvrir le fin mot de cette histoire. Ce qui est sûr, c’est que l’on ne s’ennuie pas. Une tension permanente accompagne ce récit, et on aimerait parfois briser les genoux de cet odieux connard.

Une écriture qui ne manque pas de piquant, un brin d’humour caustique, pas mal de suspense, et des personnages assez réalistes donnent à ce thriller toute la substance nécessaire pour vous faire passer un bon moment de lecture et pourrait même vous donner quelques idées pour vous débarrasser d’un ex encombrant…

Une lecture idéale pour tous ceux qui rêvent de voir brûler leur ex en enfer et pour tous les fans des thrillers psychologiques.

Pour info :

Jo Jakeman est née à Chypre. Elle a travaillé de nombreuses années à la City de Londres avant de s’installer dans le Derbyshire où elle vit avec son mari et ses enfants. Ce thriller est son premier roman.

Je remercie Nadia et les éditions Marabout pour ce thriller diabolique.

 » Lectio Letalis « 

Lectio Letalis de Laurent Philipparie aux éditions Belfond 

 

«  Il ne s’agissait pas d’une simple affaire de maltraitance au travail, mais de quelque chose de beaucoup plus complexe. Tiéno scruta une nouvelle fois la scène de crime. Elle lui parut brutalement vide. Le diable s’était lui aussi fait la malle. Il manquait une pièce au tableau : le manuel sur lequel travaillait Alexandre. Le document devait contenir des informations qui pouvaient expliquer cette folie meurtrière, des annotations, des intercalaires… Tièno eut une sensation étrange, absurde quand on connaissait sa carrière, celle d’ entamer la pire enquête de sa vie.  » 

À Paris, le commandant Tièno ne s’attendait pas à trouver une telle scène en se rendant dans cette maison d’éditions. C’est le troisième employé qui se suicide, après la lecture d’un manuscrit qui a hélas disparu.

À Bordeaux, le lieutenant Gabriel Barrias, un ancien indic devenu flic, se retrouve sur une enquête toute aussi étrange, le meurtre d’une psychiatre  qui semble avoir été assassiné par rapace dans son cabinet pendant une de ses consultation.

Deux affaires apparemment très éloignées et qui pourtant ont pour point commun, une personne prénommée Anna Jeanson. Elle fut la seule survivante d’un suicide collectif, survenu dans une secte qui dressait des animaux à tuer, dix ans auparavant.

 » Le combat contre le mal s’annonçait rude, et particulièrement violent. « 

Ce que j’en dis :

Découvrir une nouvelle plume policière dans le paysage littéraire est toujours agréable et présage en général des histoires surprenantes, et bien menées . Ce thriller est un véritable page-Turner qui tient toutes ses promesses côté frayeurs à travers son enquête pleine de mystères et de suspens jusqu’au dénouement final.

Par contre j’ai parfois eu du mal avec l’écriture et avec certaines expressions comme par exemple  » visage émietté  » et la propension à exagérer certaines situations. À vouloir trop en faire ça peut gâcher le plaisir de certains lecteurs, ce qui fût le cas pour moi.

Ce thriller aux pouvoirs addictifs et à l’histoire atypique est plutôt bien présenté malgré quelques défauts ravira tous les amoureux du genre, j’en suis certaine.

C’est pas tous les jours que l’on peut se pencher sur un livre capable de conduire à la mort ses lecteurs.

Alors méfiez-vous quand même si vous entendez un cri perçant pendant votre lecture, je vous aurez prévenu.

Pour info :

Laurent PHILIPPARIE est un auteur de roman policier français.

Il a étudié au Lycée Pré de Cordy à Sarlat-la-Canéda puis des études de Sciences Criminelles à l’Université Montesquieu Bordeaux 4.

Diplômé de sciences criminelles, Laurent Philipparie est officier de police depuis dix-huit ans. Passionné de littérature policière, il est également conseiller technique d’auteurs. Son goût de l’écriture, il le fait partager à des lycéens, dans le cadre de missions interministérielles. Il s’est toujours intéressé à la littérature policière et interrogé sur l’autre côté du miroir. Ne regarde pas l’ombre est son premier roman, qui paraitra aux éditions Vents Salés en 2016.

Je remercie les Éditions Belfond pour ce thriller sanglant assez surprenant.

“ La peau du papillon ”

La peau du papillon de Sergey Kuznetsov aux Éditions Gallimard, série noire

Traduit du Russe par Raphaëlle Pache

” Tu as du mal à respirer, ton corps perd ses contours, se métamorphose en un cocon noir, la détresse et le désespoir deviennent plus denses : il te suffit de tendre la main pour les toucher.

Une vieille terreur de l’enfance ? Non, pas de la terreur, de l’angoisse, un concentré d’angoisse, un sentiment d’asphyxie, un bruit incessant dans les oreilles, le flux de ton propre sang, les ténèbres, les ténèbres, un nuage de ténèbres s’accroche aux plis de tes vêtements, se cramponne aux protubérances de ton visage, aux cheveux collés sur ton front, aux pointes rongées de tes doigts.

(…) Ces jours-là sont très pénible pour moi. Afin de les rendre plus supportables, je commence à me rappeler les femmes que j’ai tuées. “

À Moscou, sévit un tueur en série particulièrement sadique. Il n’hésite pas à surfer sur le web pour dénicher sa prochaine cible.

C’est là que Xénia, une ambitieuse rédactrice en chef d’un site Web d’actualités, va croiser sa route. Elle-même, adepte de pratiques sexuelles extrêmes saisit cette opportunité pour tenter de gagner une certaine notoriété.

” C’est balèze, maman, super méga balèze ! Comment ça, « pourquoi » ? Parce que c’est mon travail. Parce que je suis rédactrice en chef du journal en ligne LeSoir.ru, journal, et même un peu IT manager, maman, mais quoi qu’il en soit, une professionnelle couronnée de succès, et ça, c’est mon nouveau projet. Comment ça, tu as regardé et ça ne contient que des cochonneries ? Et qu’est-ce que tu t’attendais à trouver sur une page concernant un maniaque qui a tué onze filles entre quinze et trente-huit ans rien qu’au cours des huit dernier mois? “

Bientôt, une relation virtuelle via une messagerie instantanée se noue entre le tueur et la journaliste. Le danger la guette, il n’y a qu’un pas pour franchir la frontière entre le fantasme et le passage à l’acte, entre fascination, répulsion et désir. Xénia se retrouve en plein dilemme…

” – Dis-moi la vérité, tu prends ton pied avec toutes ces histoires ?

– Moi ?

– Oui, toi, qui d’autre ? Arrête de faire l’idiote. C’est qui la masochiste soumise adepte des tortures et de l’automutilation ? “

Ce que j’en dis :

À travers cette immersion dans la littérature russe on embarque sur les traces d’un serial killer démoniaque. Mêlant confessions du tueur et enquête journalistique sur le web, l’auteur nous offre un roman assez surprenant qui démontre une fois encore, les dangers du Web et les risques de mauvaises rencontres pour les adeptes des relations sexuelles sadomasochistes. Un milieu très particulier qui regorge de détraqués en tout genre.

En Russie, comme ailleurs, le mal qui parfois sommeille sous certain cocon se libère et donne vie à des êtres abjects, dénoués d’empathie.

Ce thriller plutôt réussi nous offre le jeu du chat et de la souris des temps moderne, mêlant douleur et plaisir, ambition et persécution, fantasme et violence dans un climat glacial que seule la neige pourra momentanément cacher avant la métamorphose…

Une belle découverte qui m’a plutôt agréablement surprise malgré son côté sordide.

Un auteur à suivre.

Pour info :

Sergey Yurievich Kuznetsov est né à Moscou, marié et père de trois enfants. Il est écrivain journaliste et un entrepreneur.

Diplômé de la faculté de chimie de l’ Université d’État de Moscou en 1988.

En 2004, il a fondé la société SKCG, spécialisé en marketing interactif et projets culturels.

” La peau du papillon “ est son premier roman à paraître à la Série Noire.

Je remercie les éditions Gallimard pour ce thriller scandaleusement étonnant.

“ Candyland ”

Candyland de Jax Miller aux éditions Flammarion collection Ombres Noires

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire-Marie Clévy

« Allô, je voudrais signaler une disparition… »

Sadie Gingerich, une ancienne amish propriétaire de la confiserie située dans une ville minière de Pennsylvanie est inquiète. Son fils a disparu et le chef Braxton ne semble pas la prendre au sérieux.

” Écoutez, je suis sûr qu’il va réapparaître. Il doit être fourré au pieu avec quelqu’un.

Elle n’est hélas pas la seule mère qui s’inquiète de la disparition de son enfant…

“ Est-ce qu’il faut vraiment que je menace d’écorcher vif tous les gens que vous aimez pour que vous m’aidiez ? (…)

« Et, où voulez-vous que je commence ?

– Au dernier endroit où on l’a vu, j’imagine » dit-elle en baissant les yeux vers la silhouette d’une grande roue qui se profilait dans la neige.

« Candyland. »

Et lorsque Thomas est enfin retrouvé, il semble avoir été assassiné et tous les soupçons se portent sur sa petite amie, une toxicomane notoire.

„ De l’amour à la haine. De la vie à la mort. De Vinegar à Cane. “

Cruauté du destin, Sadie fait la connaissance de Danny, le père d’ Allison la présumée assassine, lui-même confronté à ses propres démons.

Le hasard fait parfois bien les choses, mais dans le cas présent une fois les dés jetés, la partie qui s’annonce va lever le voile sur une indicible vérité.

” Bon sang, on ne peut vraiment pas avoir de secret dans cette ville, hein ? “

Ce que j’en dis :

Qu’il soit en petit ou grand format, Candiland réserve autant de surprises que dans un parc d’attractions.

Au fil des pages, nous grimpons à bord des montagnes russes, l’inquiétude nous gagne, petit à petit la peur s’installe, la tension monte crescendo et la première descente fait froid dans le dos et l’on continue comme ça jusqu’au final. Bien sûr de temps en temps on déguste quelques douceurs vite agrémentées par de nombreuses frayeurs.

Électrisé par de nombreux flash-back entre passé et présent, fil conducteur de cette histoire démoniaque nous ne perdons jamais l’attention et restons bien accroché à cette enquête noire à souhait.

Les tours de manège s’enchaînent dans un engrenage infernal , où l’alcool et la drogue ont remplacé l’huile et agrémentent à jamais les rouages d’une violence inouïe jusqu’à la fin des temps.

On est bien d’accord, je joue de métaphore pour garder un maximums de suspense aux futurs lecteurs mais il est certain qu’une fois montée à bord je ne suis pas descendue en cours de route. Une virée que j’ai faite en deux jours où j’ai découvert les Appalaches en compagnie de cette communauté Amish, et de la population de ces villes minières abandonnées, des hommes et des femmes aux vies broyées. Ici point de conte de fée mais des contes défaits, brisés par la drogue et la pauvreté.

Tout est chaos dans ce monde désenchanté.

En seulement deux romans Jax Millar s’impose dans l’univers du roman noir de manière magistrale et on ne peut qu’espérer que le troisième arrive très vite et déclenchera une fois encore autant de Waouh !

Je remercie Léa de son choix pour les poches du mois de décembre sur son merveilleux groupe, le Picabo River Book Club, qui m’a permis de dépoussiérer mon grand format qui attendait patiemment son tour.

En espérant que vous aussi, vous prendrez votre ticket de lecture pour un tour de folie à Candyland. Frissons garantis nom remboursable tellement c’est le pied.

Alors, à qui le tour ?

Pour Info :

Elle naît et grandit à New York. Elle réside aujourd’hui dans le comté de Meath , en Irlande.

En 2015, elle publie son premier roman, Les Infâmes (Freedom’s Child) grâce auquel elle est lauréate du prix Transfuge du meilleur polar étranger 2015 et du grand prix des lectrices de Elle. 2016. Selon François Lestavel  de Paris Match, c’est « le roman noir le plus trépidant de l’année 2015. Pour Jérôme Leroy dans Causeur, « Jax Miller, dans Les Infâmes, est impressionnante de virtuosité narrative et de précision presque clinique dans le réalisme. Elle joue avec les points de vue et les époques dans une construction millimétrée. Mais comme elle sait donner à ses personnages une réelle consistance, on ne s’en aperçoit pas, ce qui est du grand art ».

Le 30 août 2017, est paru en avant-première en France aux Éditions Ombres Noires, son second roman Candyland.

“ Les sept jours du Talion ”

Les sept jours du Talion de Patrick Senécal aux éditions Fleuve noir

 » Une heure avant que les ténèbres ne s’abattent sur lui, Bruno Hamel remerciait la providence de lui avoir accordé une vie sans réelles épreuves. ”

Bruno Hamel, chirurgien, vivait une existence assez tranquille avec sa compagne et Jasmine, leur fille unique. En père aimant, Bruno est très proche de sa fille.

Rien ne l’avait préparé à ce qu’il allait devoir subir, lorsqu’un jour Jasmine ne rentre pas de l’école.

 » Dieu est parfois le pire des salauds. “

Très vite le meurtrier est arrêté. Sa culpabilité ne fait aucun doute, les preuves le confirment.

“ Le médecin s’approcha de la télé, se pencha et, le visage tout près de l’écran, fixa intensément le monstre figé devant lui.

Alors, les ténèbres ne se contentèrent plus d’altérer sa tristesse, mais l’abolirent complètement. Telle une tache d’huile grandissante, elle se répandirent dans tout son corps, jusqu’à remplir son regard. ”

Dès lors l’univers de cette famille meurtrie bascule. Bruno semble habité par une terrible haine. Jour après jour, un terrible projet prend forme dans son esprit. Il n’a plus qu’une idée en tête pour assouvir son chagrin.

” (…) la haine et la joie accompliraient le plus dévastateur des mariages. ”

Le jour de comparution de l’assassin de sa fille, il décide de s’en occuper à sa manière. Pendant sept jours, isolés du monde, le médecin va se rapprocher des ténèbres et embarquer le tueur avec lui, pour un voyage au cœur de l’enfer jusqu’à devenir à son tour le pire des monstres.

 » Les médecin soignent les humains, pas les monstres. « 

Ce que j’en dis :

J’ai fait connaissance avec la plume de Patrick Senécal, avec Le Vide, thriller absolument fabuleux que je n’avais pu lâcher avec un final explosif. Sa construction et son histoire m’avait bluffé. J’ai poursuivi avec Aliss et là j’ai été moins conquise, ce qui ne m’a pas empêché de poursuivre et d’avoir eu envie de découvrir Les sept jours du Talion.

Pour résumer en quelques mots, ce thriller est monstrueusement démoniaque.

L’histoire est assez classique mais tout est dans l’art et la manière de la raconter, ça fait toute suite la différence et bien plus froid dans le dos.

Il est clair que l’auteur n’épargne pas les estomacs délicats ni les âmes sensibles, ce n’est pas une histoire à mettre entre toutes les mains.

En abordant la thématique de la vengeance, il interpelle les lecteurs en les mettant en fâcheuse position face à un choix difficile. Pour lequel des deux bourreaux auront-ils le plus de compassion ? Que ferions-nous, si nous étions confrontés à une telle peine, face à la perte d’un enfant dans ces conditions ?

Un sujet vraiment délicat qui donne une histoire particulièrement sensible tout en étant d’une violence extrême.

Âme sensible, prudence.

Fan de l’horreur, régalez vous !

Pour info :

Né au Québec en 1967, Patrick Senécal a ouvert une voie à part dans le monde du thriller. Il s’est ainsi acquis un public fidèle au Canada, où ses livres sont des best-sellers. Un succès couronné en France du Prix Masterton du meilleur roman fantastique pour Sur le seuil, et au Canada du Prix Boréal du meilleur livre pour Aliss.         

Je remercie les éditions Fleuve Noir pour cette plongée au cœur des ténèbres.

“ La mort selon Turner ”

La mort selon Turner de Tim Willocks aux Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais par Benjamin Legrand

La fille semblait aussi morte que n’importe quel cadavre. Elle était noire, dans les quinze, seize ans, et allongée face contre terre, sa joue gauche reposant sur la terre craquelée du parking. Des mouches rampaient sur ses yeux et ses lèvres desséchées. Un hématome s’épanouissait sur sa pommette. Apparemment, elle ne respirait plus. ”

Après une soirée particulièrement arrosée, un jeune Afrikaner issu d’un milieu aisé renverse en voiture une jeune noire et disparaît avec ses amis.

” – On a tous croisé cette fille dans la rue. On est passé devant tous les jours. Pourquoi a-t-elle tant d’importance maintenant qu’elle est morte ?

– Parce que se soucier d’elle maintenant qu’elle est morte, c’est le seul droit qui lui reste. “

Dans ce pays où règne la violence et la corruption, cette mort aurait tendance à vite être oubliée, mais Turner, un flic noir de la criminelle en a décidé autrement. Même s’il doit affronter Margot Le Roux, la mère du chauffeur et ses hommes de main.

” – Mais c’est mon fils, mon combat » (…) Ce sera bref mais beau, dit-elle, surtout beau pour vous si vous jouez vos cartes comme il faut. Si vous les jouez de travers, jamais plus vous ne dormirez paisiblement, parce que le but de ma vie sera de vous détruire. “

On ne peut pas dire que l’on réserve un bon accueil à Turner, dans cette région aride et désertique. Mais rien n’arrêtera cet homme qui a soif de justice.

” Peu importait le passif merdique qui était le vôtre, vous pouviez encore blâmer la malchance. Mauvais endroit, mauvais moment, mauvais parents. Vous aviez tout de même de l’espoir. Deux décennies de plus, et vous réalisiez qu’il n’existait pas de monde meilleur, nulle part. Une meilleure vie, peut-être, mais pas un meilleur monde. L’homme est un salopard vicieux, purement et simplement, et cinglé, en prime. “

La confrontation est terrible entre ce flic déterminé à rendre justice au péril de sa vie et cette mère décidée à protéger son fils, quel qu’en soit le prix à payer.

Que justice soit faite même si les cieux dégringolent… “

Ce que j’en dis :

En tant qu’acheteuse compulsive, toujours friande de bonne came, il me semble avoir tous les livres de Tim Willocks et pourtant c’est avec celui-ci que je fais connaissance avec sa plume que je présentais grandiose. Et je ne m’étais pas trompée. La première fois que j’avais autant été embarqué dans un récit qui mettait en scène l’ Afrique du Sud et les Township, c’était avec le fabuleux Zulu de Caryl Férey, qui a été ensuite magnifiquement adapté au cinéma.

J’ai retrouvé la même tension et la même violence omniprésente dans ce pays, décrite avec une précision chirurgicale. L’auteur ne nous épargne pas et nous offre un récit puissant, noir à souhait.

Et pourtant Tim Willocks prend un énorme risque en choisissant de commencer son histoire par la fin, puis remonter le temps pour revivre dans les moindres détails cette histoire terrifiante. Très vite, le ton est donné , les scènes s’enchaînent et nous plonge en enfer au côté d’un justicier fervent défenseur de l’injustice.

Tim Willocks nous conte un opéra d’une noirceur absolument hypnotique. Une écriture furieuse, sublime, intense qui donne une force et une grandeur incroyable à l’histoire.

C’est presque avec regret que l’on referme ce livre, que l’on quitte Turner mais avec le bonheur d’avoir lu un formidable roman et d’avoir découvert une plume exceptionnelle où la poésie côtoie la violence sans fausses notes.

C’est extrêmement noir mais absolument brillant.

N’ayez pas peur de vous aventurer entre ses pages, Turner veille…

Pour info :

Tim Willocks est un romancier britannique né en 1957 à Stalybridge. Chirurgien et psychiatre de formation, il est également ceinture noire de karaté et grand amateur de poker. Son premier roman Bad City Blues, publié en 1991, est adapté au cinéma par Dennis Hopper. Il a, depuis, écrit plusieurs polars à succès dont Green River ou Les Rois écarlates, avant de se lancer dans une entreprise littéraire titanesque avec une série de romans historiques à la force romanesque époustouflante initiée avec La Religion puis Les Douze Enfants de Paris. Ces deux ouvrages mettent en scène le personnage inoubliable de Mathias Tannhauser, mercenaire lettré et apatride jeté au cœur des fracas du XVe siècle. Tim Willocks est également l’auteur d’un roman jeunesse publié chez Syros, Doglands. Producteur et scénariste, l’écrivain a également travaillé avec Michael Mann, rédigé une vingtaine de scénarios, et co-écrit un documentaire avec Spielberg, The Unfinished Journey.
Je remercie les éditions Sonatine pour cette virée grandiose en Afrique du Sud.

“ Moi, témoin ”

Moi, témoin de Niki Mackay aux Éditions Marabout

Traduit de l’anglais (Écosse) par Claire Allain

” – Je… J’aimerais vous embaucher, murmure-t-elle, les yeux rivés au sol.

À nouveau, son air grave me dissuade d’éclater de rire.

– Et pourquoi diable voudriez-vous m’embaucher ?

– Je pense que je suis innocente. ”

Il y a six ans, Kate Reynolds a été retrouvé le corps couvert de sang de sa meilleure amie. Celle-ci gisait dans ses bras, sans vie. Elle fut vite reconnue comme coupable idéale et gagna direct un ticket d’entrée pour un séjour de six années derrière les barreaux.

À sa sortie de prison, convaincue de son innocence, elle engage une ex flic convertie en détective privé pour l’aider à se blanchir. Cette femme, Madison Attallee n’est autre que l’officier de police qui l’avait découverte sur la scène de crime.

Convaincue de la culpabilité de Kate, Madison accepte néanmoins l’affaire. Se replongeant dans le dossier, avec frénésie, elle commence à douter.

Je ressens une petite poussée d’adrénaline en ouvrant le couvercle. Tordu ? Un peu rapace ? Non, pas vraiment. C’était ce que j’essayais d’expliquer à Rob : ce sont les énigmes qui m’attirent. La soif d’assembler les indices qui atterrissaient sur mon bureau, pour comprendre ce qui pousse les gens à commettre des crimes abominables. Ce qui motive leurs choix, et ceux que l’on a fait pour eux, à leur insu. Ce qui nous fait basculer, en somme. Neuf fois sur dix, les criminels sont des gens comme tout le monde avant leur passage à l’acte. Et puis, ils perdent un truc, ou quelque chose se brise, et ils font une sortie de route. Ils basculent. Deviennent malsains, dangereux. “

Mais tout le monde ne l’entend pas de cette oreille et compte bien laisser le passé là où il est enterré quel qu’en soit le prix.

Enfin libérée de sa cage, Kate, elle aussi, est prête à tout pour que la vérité éclate.

” « – C’est du pur délire ! Elle n’a aucune idée du mal qu’elle nous a fait, merde. De ce qu’on a traversé. Elle a mis cette famille en pièce. »

J’acquiesce. À quoi bon lui dire qu’elle était déjà en pièce cette famille. Que son crime n’était rien de plus que la cerise sur un gâteau en état de décomposition. “

Ce que j’en dis :

Toujours agréable de découvrir une nouvelle plume et d’autant plus quand d’entrée le style est accrocheur, fluide, et t’embarque très vite dans une histoire plutôt bien menée qui réserve de belles surprises malgré un sujet déjà traité de nombreuses fois. C’est bien connu, les prisons sont pleine d’innocents.

Ce que j’ai apprécié dans ce roman choral, c’est d’une part l’alternance dans la narration entre les deux personnages principaux et les trois autres protagonistes. Puis ensuite viens l’attachement à la détective, elle-même poursuivie par ses propres démons, au caractère bien trempé, et d’un naturel assez caustique.

Une histoire qui aborde de nombreux thèmes fidèles aux codes du thriller psychologique , tels que la manipulation mentale, l’abus de pouvoir, les erreurs judiciaires, le mensonge, la trahison, les secrets de famille, les pervers narcissiques, avec des personnages en parfaite harmonie.

Une intrigue bien campée en compagnie d’une nouvelle héroïne audacieuse et surprenante qui gardera son suspense jusqu’au final.

Même si je ne suis pas une fan inconditionnelle de ce style de lecture, j’ai passé un agréable moment et je le recommande vivement aux amoureux du genre. Il devrait faire des heureux.

Je remercie Masse Critique de Babelio de m’avoir permis de découvrir cette nouvelle plume pleine de surprises.

Après un diplôme de journalisme et un début de carrière à temps partiel dans la presse professionnelle pour le bâtiment, Niki Mackay décide de donner la priorité au personnage auquel elle a donné vie dans plusieurs début de romans jamais achevé. C’est ainsi que débute la carrière de la détective Maddison Attallee, et celle d’une auteure à l’indéniable talent.