“ Ce qui ne tue pas ”

Ce qui ne tue pas de Rachel Abbott aux Éditions Belfond

Traduit de l’anglais par Laureline Chaplain

” – Nom de Dieu !

Le chuchotement blasphématoire de Jason disait tout. Sur le lit, un amas de drap s’entortillait autour des bras et des jambes de deux personnes. Homme ou femme, elle était trop loin pour distinguer. Une odeur métallique confirma ce qu’elle voyait. Les deux corps gisaient, inertes, sur une literie trempée d’un sang sombre et épais.

Malgré la chaleur de la nuit, un frisson parcourut sa nuque. Que s’était-il passé ici ? Elle eut subitement envie de prendre ses jambes à son cou, d’abandonner derrière elle cette scène brutale. “

Après avoir reçu un appel d’urgence, la police se rend sur place et fait une découverte effroyable. Dans la maison d’un photographe de renom, Mascus Norton. deux corps ensanglantés gisent dans la chambre conjugale, et un bébé hurle dans une pièce assez proche.

Marcus North est sans vie, contrairement à Evie sa compagne.

Cleo North, la sœur de Marcus est convaincue de la culpabilité d’ Evie. Depuis le départ elle n’appréciait pas la relation de son frère et de cette femme. Quelque chose la mettait terriblement mal à l’aise. Marcus ne peut pas être le bourreau qu’on lui décrit.

En attendant le dénouement de l’enquête, Evie se retrouve enfermée.

Le plus dur, c’est le sentiment d’avilissement. Surtout aujourd’hui. J’ai été transporté dans un fourgon carcéral jusqu’aux sous-sols du palais de justice, avant d’être conduite au banc des accusés. Celui-ci n’est pas ouvert, comme ceux que j’ai parfois vus à la télé, mais séparé de la salle d’audience par une vitre laminée, comme si je souffrais d’une maladie contagieuse ou que j’étais un animal féroce. C’est peut-être le cas. “

Stéphanie King, va devoir démêler ce sac de nœuds, afin de découvrir qui est le bourreau et qui est la victime ? Alors que Cleo et Evie livrent chacune leur version sur Marcus, l’enquêtrice se retrouve au milieu de la plus ahurissante affaire de sa carrière…

” – Si j’avais poignardé Mark dans l’idée de me venger, sa souffrance n’aurait pas été aussi brève. Ce n’est pas ça, la vengeance. La vengeance, c’est s’assurer que la personne qui vous a fait du mal le paie par une très lente agonie. Si j’avais voulu me venger, il ne serait pas mort. Il serait accablé par la même douleur qui me ronge depuis des années. “

Les apparences sont parfois trompeuses, derrière chaque visage se cachent des secrets insoupçonnables. un seul dit la vérité, mais lequel ?

Ce que j’en dis :

Attention, le dernier thriller de Rachel Abbott a des pouvoirs fortement addictifs sur le lecteur. Tout en jouant avec nos nerfs, elle nous manipule tout comme ses personnages et nous embrouille en multipliant les fausses pistes en semant le doute en nous et en nous révélant avec parcimonie quelques indices assez troublants.

Comme au cinéma, chaque personnage joue son rôle à la perfection et nous bluffe admirablement.

À travers cette intrigue on découvre la mise en place d’une terrible vengeance et le pouvoir suprême de la manipulation.

La reine du crime du polar anglais a frappé fort avec cette histoire où les faux-semblants et les rivalités féminines attisent la jalousie et mènent à la folie.

C’est tordu, tragique, étrange, et c’est divinement réussi.

Les amoureux du thriller psychologique vont se régaler, c’est certain.

Retrouvez ma précédente chronique La disparue de Noël, ici.

Pour info :

Née près de Manchester, Rachel Abbott a longtemps occupé un poste d’infographiste, avant de se lancer à la poursuite d’un vieux rêve, rénover de vieilles demeures en Italie, où elle vit désormais une partie de l’année.

La parution d’Illusions fatales (2014), son premier roman autopublié, classé numéro un des ventes en Angleterre, a marqué le début d’une formidable success story.

Après Une famille trop parfaite (2016) et La Disparue de Noël (2017) publiés dans la collection Le Cercle Belfond, l’auteure fait un retour en force sur la scène du thriller avec Ce qui ne tue pas.

 

Je remercie les Éditions Belfond pour ce thriller psychologique terriblement manipulateur.

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“ Bad Man ”

Bad Man de Dathan Auerbach aux Éditions Belfond

Traduit de l’américain par Nathalie Peronny

” Quelques voitures faisaient le tour du parking. Deux d’entre elles se dirigeaient déjà vers la sortie, à droite. Ben sentit son corps se projeter vers elles alors que ses pieds restaient plantés devant le magasin. L’indécision lui vrillait la poitrine. Chaque endroit qu’il n’inspectait pas était un endroit où pouvait se trouver Eric. Et pendant qu’il inspectait un endroit, il n’était pas en train de chercher ailleurs. Aucun choix ne semblait le bon. (…)

Tous les clients le dévisagèrent, une expression particulière sur les traits. Jugement, pitié peut-être ? Mais Ben ne les voyait pas. Il ne vit pas la caissière, seule, qui secouait la tête.

– Éric ! Vociféra-t-il.

Mais seul le silence lui répondît.

Eric avait disparu.

Ce qui ne devait être qu’un banal ravitaillement au supermarché entre frères, vire au cauchemar. Eric a échappé à la surveillance de Ben son grand-frère un instant et a malheureusement disparu.

Ben ne se le pardonne pas et continuera inlassablement de chercher son petit frère de seulement trois ans.

Cinq ans plus tard, toujours inconsolable tout comme sa famille, Ben décide de chercher un travail et se fait embaucher en tant que magasinier dans le supermarché où Eric avait disparu.

Après avoir réussi à affronter l’angoisse des premiers jours, il reprend ses recherches.

Quelqu’un sait forcément quelque chose et une présence étrange brouille ses pensées.

Il est bien décidé à résoudre enfin cette disparition et mettre un terme à cette ombre inquiétante qui plane sur la ville.

Ce que j’en dis :

Il n’est jamais simple de donner son avis lorsque l’on a été déçu par sa lecture, et pourtant le départ était prometteur mais hélas je me suis très vite ennuyée et très vite lassée.

En même temps lorsque qu’apparaît sur la couverture : successeur de Stephen King, on s’attend à de l’angoisse puissance maximum, des frayeurs énormes et une ambiance plutôt étrange et là à part l’ambiance étrange, je reste sur ma faim jusqu’à la fin. Du coup je suis terriblement déçue.

L’histoire est pas mal, et c’est dommage mais pour moi elle manque de style dans l’écriture et doit monter crescendo côté frayeur, sinon l’auteur risque quelques déconvenues.

Je suis contrariée car j’étais vraiment impatiente de découvrir ce nouvel auteur qui rend d’ailleurs par ce livre hommage à un de ses amis, mais hélas la magie n’a pas été au rendez-vous.

Que ça ne vous décourage pas, certains lecteurs et lectrices ont apprécié.

Comme je dis souvent : « Je lis de tout, mais je n’aime que le meilleur » et là ce n’est pas au niveau de King, c’est peut-être vendeur, mais attention à la chute si le livre tombe des mains des lectrices exigeantes telle que moi.

Un récit sympa qui s’en sortirait mieux sans la comparaison au grand maître du thriller, d’où ma grande déception.

Pour info :

Né dans le Sud des États-Unis, Dathan Auerbach vit aujourd’hui en Floride. En 2011, il commence à poster des nouvelles sur un forum consacré à la littérature d’horreur.
Ces dernières rencontrent un succès tel, qu’il réussit à faire financer son projet de roman via une campagne de dons, sur Kickstarter.com.
Ainsi paraît Penpal aux États-Unis, un premier roman (pas encore publié en France) qui fait sensation auprès de la critique et le fait remarquer de l’éditeur Doubleday. Bad Man est son deuxième roman, le premier à paraître en France.


Je remercie les éditions Belfond pour cette étrange lecture.

“ La vague ”

La vague d’Ingrid Astier aux Éditions Les Arènes

” Le bateau amorça une valse avec l’océan. À quelques mètres, le mur d’eau s’élevait. Une masse tellement puissante qu’il fallait la voir une fois dans sa vie pour le croire. Depuis l’Antarctique, rien ne l’arrêtait sur huit mille kilomètres. Teahupo’o. Le mirage du bout de la route. La Vague. Le rêve de tout waterman digne de ce nom. L’approcher, c’était croiser le diable en robe d’écume. Elle était belle à se damner. (…) Dans la lumière du matin, la vague piégeait tous les bleus de la création. Le vent de mer ne s’était pas encore levé et les teintes de l’eau étaient transparentes et étirées – du verre de Murano. (…)

L’ange Teahupo’o passait.

Un miracle de la nature. Une déesse qui portait aux nues ou qui broyait.

C’est elle qui décidait. “

Au bout du monde, sur la presqu’île de Tahiti se trouve un lieu dit : Teahupo’o, la fin de la route est le début de tous les possibles.

Ici se trouve La Vague, la plus célèbre et la plus dangereuse du monde. Au fil des années elle s’est forgée une réputation crépusculaire. Ceux qui s’y attaquent sont soit des fous, soit des experts, aux nerfs solides et aux muscles affûtés. La moindre erreur est fatale.

En vieux Tahitien, tea – hu – poo signifie « Montagnes des crânes »

C’est ici que vit Hiro, un surfeur légendaire, unit à cette vague comme à une femme.

Un matin d’avril, l’arrivée d’un homme semble avoir perturbé l’équilibre de l’île, peu de temps après le retour tant attendu de la sœur d’ Hiro, Moea.

” Tout allait trop vite pour Hiro. Depuis que Moea était revenu, il devait jongler avec trop de responsabilités. Il n’était même plus sûr de savoir comment faire du bien à ceux qu’il aimait sans trop les protéger. “

Cet étranger semble croire que tout lui appartient. Il s’approprie La Vague et semble ne pas vouloir s’arrêter là.

L’esprit humain pressent. Il sait qu’il y’a danger.

Un danger plus sournois que n’importe quelle lame venue de l’océan.

Un danger qui sourit – et à pleines dents. “

Ce que j’en dis :

Ingrid Astier quitte sa zone urbaine pour les atolls polynésiens et ses plages majestueuses et nous plonge dans un univers paradisiaque auprès de surfeurs qui ne manquent pas de bravoure.

Au cœur de la société polynésienne, certains requins appâtés par le gain nagent en eaux troubles et sèment le chaos, pendant que les surfeurs et autres baroudeurs attendent la Vague suprême.

Tel Gauguin, elle dépeint à merveille cet endroit et éveille tous nos sens. Elle développe en nous un attachement féroce pour ses personnages haut en couleur et une antipathie certaine pour certains d’entre eux.

Sous ses airs de paradis tropical, l’envers du décor laisse à désirer et cache d’importants trafics de drogue et les quartiers des zones défavorisées sont les premiers touchés.

Une histoire peuplée de tradition, de passion, illuminée par la beauté luxuriante des paysages mais entachée par la jalousie d’un homme qui entraîne sur son passage une vague de violence.

Un roman fort dépaysant sous haute tension où la noirceur s’invite au paradis, tel un cyclone qui avance contre vents et marées et s’abat sans prévenir.

Bienvenue en enfer, ici c’est Teahupo’o, le mur des crânes. “

Pour info :

Ingrid Astier vit à Paris.

Elle a débuté en écriture avec le Prix du Jeune Écrivain (1999).

Son désir de fiction et son goût pour les péripéties sont liés à son enfance au sein de la nature, en Bourgogne, où se mêlent contemplation et action. Elle aimait autant tirer à l’arc que lire en haut d’un grand merisier.

Plus tard, elle a choisi le roman noir pour sa faculté à se pencher sans réserve sur l’être humain : Quai des enfers (Gallimard), son premier roman, a été récompensé par quatre prix, dont le Grand Prix Paul Féval de littérature populaire de la Société des Gens de Lettres.

Il campe pour héroïne la Seine, et a fait de cette amoureuse des océans et des fleuves la marraine de la Brigade fluviale.

Son roman suivant, Angle mort (Gallimard), entre western urbain et romantisme noir, a été salué comme « le mariage du polar et de la grande littérature », et la relève du roman policier français. Petit éloge de la nuit (Folio Gallimard) est le fruit de notes vagabondes, de nuits inspirées, de lectures et de dialogues croisés. Ingrid Astier est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages.

Par la tresse ténue du réel et de l’imaginaire, elle croit en l’écrivain comme bâtisseur de mondes, persuadée que notre besoin d’évasion est essentiel.

La Vague est son cinquième roman.

Je remercie les Éditions Les Arènes pour ce voyage paradisiaque où l’enfer n’est jamais loin.

“ Requiem ”

Requiem de Tony Cavanaugh aux Éditions Sonatine

Traduit de l’anglais (Australie) par Paul Benita

« Darian, il faut que tu viennes. Tu es le seul à pouvoir nous aider, il y a tant de corps ! »

Après avoir reçu un appel de détresse sur un vieux portable qu’il avait gardé, Darian Richards, ex flic des homicides de Melbourne, ne peut s’empêcher d’apporter son aide à Ida, cette femme qui surgit du passé.

Prenant chaque affaire à cœur, il a tenté de prendre du recul et de laisser tomber ce métier tellement destructeur, mais là il n’a pas le choix.

” J’étais retourné au flingue. Il était ma vie, mon code, malgré tous mes efforts pour le laisser derrière moi. “

Aidé par un ancien collègue qui localise l’appel, Darian rejoint la Gold Coast qui est actuellement envahit par une foule d’étudiants qui fêtent la fin des examens : LA SEMAINE DES SCHOOLIES.

 » La semaine des schoolies, c’est le festival annuel de baise et de boisson rassemblant les gamins qui viennent d’obtenir leur diplôme de fin d’études secondaires ; (…) Un événement célèbre dans tout le pays, haï par les parents, vénéré par les enfants. Entre vingt et quarante mille jeunes, comme ces cinq filles qui braillent joyeusement dans leur voiture aux vitres remontées, s’apprêtaient à déferler sur la côte.

Comme moi.

En les doublant, je me suis demandé combien de temps durerait leur innocence. “

Darian est loin de se douter que la disparition d’Ida n’est que l’envers du décor d’une enquête qui va se transformer en un clin d’œil, en véritable cauchemar.

Elle s’appelait Margaret et elle avait dix-sept ans. Elle vivait à Brisbane et voulait devenir vétérinaire pour soigner les chevaux. Le mec était tout près. Il sentait l’alcool.

Il s’arrêta pour la fixer avec un immense sourire. De près, il n’était pas si sexy. Il était flippant.

« Qu’est-ce que vous voulez ? demanda Margaret.

– Salut. Je suis Carlos et je suis la fin du monde. »

Ce que j’en dis :

Même si Toni Cavanaugh est bien souvent comparé à Michael Connelly, personnellement je pense que c’est un tort, car il n’a nul besoin de cette comparaison pour se faire sa propre renommée. Il a son propre style et du talent à revendre. En seulement trois romans, il a eu tout loisir de se faire remarquer et sa réputation n’est plus à faire. Il a gagné haut la main sa place auprès des maîtres du thriller.

Dans l’Australie au décor multiple, où l’effervescence de la Gold Coast côtoie les marais infestés de mangrove, où le bush peut se révéler aussi beau que dangereux, notre ex flic plutôt borderline évolue sans perdre de temps mais toujours avec beaucoup d’humour et de perspicacité.

Dans ce récit très sombre, pendant que certains insouciants s’éclatent selon les traditions, lui enquête hors pistes afin d’éviter que le pire arrive et essaye de mettre fin aux terribles projets de deux jeunes psychopathes. Une enquête qui va le conduire dans les méandres du Dark Web et lui faire voir la terrible noirceur d’un monde caché.

Un roman qui se dévore, impossible à lâcher où notre justicier au grand cœur n’a pas fini de nous surprendre et de nous charmer.

De l’action, du suspens, un décor de folie, une ambiance survoltée et un personnage de caractère nous donnent une histoire édifiante où l’écriture stylée de l’auteur nous emporte vers l’enfer tout en laissant notre cœur battre la chamade, déjà prêt pour la prochaine aventure australienne.

J’ai adoré et j’attends prochain avec impatience.

Pour info :

Tony Cavanaugh est un romancier, scénariste et producteur australien. Après des études universitaires dédiées à la littérature anglaise et à l’histoire de l’art, il débute sa carrière dans l’industrie cinématographique, dans laquelle il gravitera durant une trentaine d’années.

Il donne aujourd’hui de nombreuses conférences dans de prestigieuses universités australiennes sur le cinéma et se consacre à l’écriture.

Sa série de romans policiers la plus connue à ce jour est celle qui met en scène un détective aux méthodes toutes personnelles, Darian Richards.

Après L’affaire Isobel (2017), puis La promesse (2018), Requiem est son troisième roman publié en France par les Éditions Sonatine.

Il vit à Melbourne.

Je remercie les Éditions Sonatine pour ce magnifique voyage en terre australienne en compagnie d’un héros extraordinaire.

“ Dans les eaux du Grand Nord ”

Dans les eaux du Grand Nord de Ian McGuire aux Éditions 10/18

Traduit de l’anglais par Laurent Bury

” Il y a vingt ans, les eaux où nous sommes enceinte moment étaient aussi pleines de baleines, mais à présent, les bêtes sont toutes parties vers le Nord, loin des harpons. Comment le leur reprocher ? Les baleines sont des animaux intelligents. Elles connaissent les lieux les plus sûrs, où il y a le plus de glace, et où il est le plus dangereux pour nous de les suivre. Bien sûr, l’avenir, c’est la vapeur. Avec un navire à vapeur assez puissant, nous pourrions les chasser jusqu’au bout de la terre. “

Le Volunteer, un baleinier du Yorkshire est sur le point de prendre la mer, vers les eaux riches du Grand Nord, avec à son bord une belle bande de matelots en tout genre. Embarque également, Patrick Summer, un ancien chirurgien de l’armée britannique qui traîne une mauvaise réputation.

Espérant trouver un peu de répit à bord, il était loin d’imaginer l’aventure auquel il allait être confronté.

À la découverte d’un jeune mousse assassiné brutalement dans une cabine, il prends conscience que le mal à l’état pur est parmi eux. Et il pense avoir deviner qui est ce meurtrier.

” Le capitaine blêmit de rage, son trouble est profond. Il n’a encore jamais entendu parler d’un meurtre sur un baleinier : les bagarres entre membres d’équipage sont monnaie courante, bien sûr, et même les coups de couteau, en de rares occasions, mais pas les assassinats, surtout un enfant. Et il faut que cela se produise maintenant, pour sa dernière expédition, comme si le Percival ne suffisait pas à ternir à jamais sa réputation. “

L’expédition commence à prendre une tournure différente et dévoile peu à peu ses véritables objectifs.

Des confrontations semblent inévitable et risquent de mettre en danger tout l’équipage dans les ténèbres et le gel de l’hiver arctique.

” Ils entrent de nuit dans le détroit de Lancaster. Au sud, l’eau est dégagée, mais au nord, le paysage est granuleux et monotone, composé d’icebergs et d’étendues de glace fondue, lissées par endroits par le vent qu’îles sculpte, accidentées ailleurs, brutalisées et soulevées en mastodontes à l’affût par l’alternance des saisons et par la dynamique des températures et des marées. “

Ce que j’en dis :

N’ayant pas lu Moby Dick de Melville, je n’aurai pas l’audace de le comparer avec ce récit même si je suis persuadée que le thème principal abordé est identique, je pensais bien évidemment aux baleiniers.

Embarquée à bord du Volunteer aux côtés de marins sans foi ni loi, qui se révèlent parfois des brutes sanguinaires, je découvre une aventure glaciale.

L’action est au rendez-vous et le suspens autour de ce meurtre abominable agrémente ce roman d’aventure d’une intrigue effrayante et révèle l’avidité de certains êtres sans scrupules.

Un récit captivant, avec un final qui marque la fin d’une grande époque pour les chasseurs de baleines.

Véritable dépaysement, ce voyage donne parfois le mal de mer face à toute cette violence qu’elle soit due aux humains ou au climat polaire.

Un formidable roman d’aventure à lire au coin du feu.

Pour Info :

Ian McGuire a grandi près de Hull, en Angleterre, et étudié dans les universités de Manchester et de Virginie.
Il a cofondé le Centre pour la Nouvelle Écriture à l’université de Manchester et enseigne actuellement l’écriture créative à l’université de Nord Texas.
Ses écrits ont été publiés dans le Chicago Review et le Paris Review
Dans les eaux du Grand Nord est son premier roman à paraître en France. 

Je remercie les Éditions 10/18 pour ce fabuleux voyage.

“ L’étoile du Nord ”

L’étoile du Nord de D.B. John aux Éditions Les Arènes

Traduit de l’anglais par Antoine Chainas

« Ne restez pas passif. Dressez -vous contre le menteur qui prétend que vous êtes libres et prospères alors qu’en vérité la pauvreté et les chaînes vous accablent. Frères et sœurs, Kim Jong-il est un tyran ! Sa cruauté ne connaît pas de limites, sa soif de pouvoir non plus. Pendant que vous mourrez de faim et de froid, il vit dans le luxe des palaces tel un empereur… »

À Georgetown, Jenna poursuit sa carrière d’enseignante, sans pour autant oublier sa sœur jumelle Soo-min, mystérieusement disparue, il y a une douzaine d’années sur une plage entre la Corée du Nord et du Sud.

Au plus profond d’elle-même, elle sait qu’elle est vivante.

Alors le jour où la CIA vient la recruter pour ses connaissances géopolitiques sur ce pays opaque et dangereux, elle saisit cette opportunité car elle sent qu’elle pourra accéder à une foule de renseignements inestimables qui pourraient bien l’aider à retrouver sa sœur.

” Je vais devoir accéder à la salle de contrôle du satellite au niveau le plus confidentiel. “

À l’autre bout du monde, à Pyongyang, en Corée du Nord, le lieutenant-colonel Cho est envoyé à New-York sous haute escorte, pour négocier avec les États-Unis. Juste avant son départ, il découvre un secret sur sa propre famille qui risque de le faire passer pour un traître auprès de la nation s’il voit le jour. Cho se voit dans l’obligation de réfléchir à un plan d’évasion pour échapper à la police secrète déjà sur sa piste.

” Il arrive parfois qu’une écume de vérité affleure dans un océan de mensonge. “

Plus loin au Nord, près de la frontière chinoise, Mme Moon se lance dans une entreprise risquée et téméraire de marché noir. Si elle réussit, sa vie sera changée à jamais. Si elle échoue, la mort sera au rendez-vous. Au cœur de la pauvreté, elle devra s’allier avec le Bowibu, la police secrète de sécurité de l’état, absolument impitoyable mais terriblement corruptible.

” La principale source de revenu du pays provenait du crime organisé. “

Une espionne d’un côté, un traitre de l’autre sans oublier une criminelle, trois destins qui vont se croiser dans le pays le plus secret du monde : la Corée du Nord.

Ce que j’en dis :

J’étais loin d’imaginer, que ce roman noir d’espionnage allait à ce point me bouleverser. En même temps s’il est dans l’écurie d’Aurélien Masson, on ne peut que s’attendre à de la bonne came. Et puis traduit, par Antoine Chainas, un auteur que j’apprécie énormément donne un poids supplémentaire à la qualité du récit. Vu sa qualité d’écriture dans ses propres romans noirs, j’aime à penser qu’il ne va pas traduire n’importe quoi juste pour le plaisir d’avoir son nom dans le bouquin.

Me voilà donc en route pour une virée en Corée du Nord, moi l’adepte inconditionnelle des USA.

Il va s’en dire à quel point j’ai été surprise, au bout de quelques pages, d’être autant embarqué dans cette histoire rondement orchestrée.

L’histoire prend forme, les personnages s’installent et page après page un suspens implacable grandit et nous fait voyager entre les États-Unis et la Corée du Nord sans jamais nous perdre, à travers une histoire époustouflante qui monte petit à petit en puissance vers l’impensable.

On découvre la face cachée et abominable d’un pays dirigé par un tyran. Un récit qui nous dévoile la cruauté du régime Nord-coréen, l’oppression d’un peuple sous une dictature effrayante.

À travers ces trois voix, et une intrigue basée sur des faits réels, ce récit rythmé est absolument captivant.

On ne peut rester insensible aux personnages et à leurs aventures et l’on s’y attache forcément.

Il est rare, très rare que je succombe à ce point pour un thriller, et je ne saurais faire autrement que de vivement vous le recommander.

Un roman dense, puissant, effrayant, grandiose, passionnant qui vous ne donneras pas spécialement envie de visiter ce pays mais qui vous laissera un sacré souvenir après sa lecture, c’est obligatoire.

Si vous ne devez lire qu’un thriller ce mois-ci, choisissez celui-ci, faites-moi confiance.

Pour info :

D. B. John est né au pays de Galles. Il déménage à Berlin en 2009 pour écrire son premier roman, Flight to Berlin, puis s’installe en Corée du Sud où il effectue de nombreux voyages en Corée du Nord.

En 2015 il écrit La fille aux sept noms, le témoignage d’une nord-coréenne qui a fui clandestinement son pays.

Ces expériences lui inspirent l’intrigue de L’Étoile du Nord.


Il vit désormais à Londres.

Je remercie les Éditions Les arènes pour ce roman noir inoubliable.

“ Un homme parfait ”

Un homme parfait de Jo Jakeman aux Éditions Marabout

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Charlotte Faraday

À l’entrée du crématorium, de simples bouquets ont été déposés. Le Canon de Pachelbel s’échappe d’un haut-parleur invisible. Tout a été orchestré pour blanchir le spectre de la mort et couvrir les odeurs de décomposition. Une sorte de trou normand entre le décès et la veillée. Naomi a réservé une salle à Old Bell, mais je n’irai pas, craignant que l’alcool délie ma langue et me fasse sourire – réaction proscrite en la circonstance. (…) Un étranger pose sa main glacée sur mon coude. Je-ce-que-vous-ressentez, semble-t-il me dire. Comment pourrait-il savoir ? Seules Naomi, Ruby et moi sommes convaincues que Phillip Rochester a obtenu la mort qu’il méritait.  »

En général, assister à un enterrement n’est guère réjouissant, mais apparemment cet homme ne laisse pas derrière lui de veuve éplorée. Et pourtant on y croise la dernière petite amie et deux ex-épouses, et peu voir pas de larmes sur leurs visages. Qu’a-t-il pu faire à ces femmes pour qu’elles restent si insensibles ?

Seraient-elles responsables de sa mort ?

Pour le savoir, il va falloir remonter le temps et creuser un peu pour découvrir ce que nous cachent ces trois femmes.

Ce que j’en dis :

L’homme parfait n’existe pas, il n’y a qu’à demander à ses ex pour obtenir des aveux complets. Et en ce qui concerne Phillip Rochester, véritable pervers narcissique, trois femmes ayant profité de ses largesses machiavéliques se sont rapprochées et ont saisi une opportunité pour mettre un point final à leur calvaire…

Mais chut, n’en disons pas plus sur ce thriller psychologique absolument démoniaque.

Du présent on retourne dans le passé de manière plutôt originale pour découvrir le fin mot de cette histoire. Ce qui est sûr, c’est que l’on ne s’ennuie pas. Une tension permanente accompagne ce récit, et on aimerait parfois briser les genoux de cet odieux connard.

Une écriture qui ne manque pas de piquant, un brin d’humour caustique, pas mal de suspense, et des personnages assez réalistes donnent à ce thriller toute la substance nécessaire pour vous faire passer un bon moment de lecture et pourrait même vous donner quelques idées pour vous débarrasser d’un ex encombrant…

Une lecture idéale pour tous ceux qui rêvent de voir brûler leur ex en enfer et pour tous les fans des thrillers psychologiques.

Pour info :

Jo Jakeman est née à Chypre. Elle a travaillé de nombreuses années à la City de Londres avant de s’installer dans le Derbyshire où elle vit avec son mari et ses enfants. Ce thriller est son premier roman.

Je remercie Nadia et les éditions Marabout pour ce thriller diabolique.

 » Lectio Letalis « 

Lectio Letalis de Laurent Philipparie aux éditions Belfond 

 

«  Il ne s’agissait pas d’une simple affaire de maltraitance au travail, mais de quelque chose de beaucoup plus complexe. Tiéno scruta une nouvelle fois la scène de crime. Elle lui parut brutalement vide. Le diable s’était lui aussi fait la malle. Il manquait une pièce au tableau : le manuel sur lequel travaillait Alexandre. Le document devait contenir des informations qui pouvaient expliquer cette folie meurtrière, des annotations, des intercalaires… Tièno eut une sensation étrange, absurde quand on connaissait sa carrière, celle d’ entamer la pire enquête de sa vie.  » 

À Paris, le commandant Tièno ne s’attendait pas à trouver une telle scène en se rendant dans cette maison d’éditions. C’est le troisième employé qui se suicide, après la lecture d’un manuscrit qui a hélas disparu.

À Bordeaux, le lieutenant Gabriel Barrias, un ancien indic devenu flic, se retrouve sur une enquête toute aussi étrange, le meurtre d’une psychiatre  qui semble avoir été assassiné par rapace dans son cabinet pendant une de ses consultation.

Deux affaires apparemment très éloignées et qui pourtant ont pour point commun, une personne prénommée Anna Jeanson. Elle fut la seule survivante d’un suicide collectif, survenu dans une secte qui dressait des animaux à tuer, dix ans auparavant.

 » Le combat contre le mal s’annonçait rude, et particulièrement violent. « 

Ce que j’en dis :

Découvrir une nouvelle plume policière dans le paysage littéraire est toujours agréable et présage en général des histoires surprenantes, et bien menées . Ce thriller est un véritable page-Turner qui tient toutes ses promesses côté frayeurs à travers son enquête pleine de mystères et de suspens jusqu’au dénouement final.

Par contre j’ai parfois eu du mal avec l’écriture et avec certaines expressions comme par exemple  » visage émietté  » et la propension à exagérer certaines situations. À vouloir trop en faire ça peut gâcher le plaisir de certains lecteurs, ce qui fût le cas pour moi.

Ce thriller aux pouvoirs addictifs et à l’histoire atypique est plutôt bien présenté malgré quelques défauts ravira tous les amoureux du genre, j’en suis certaine.

C’est pas tous les jours que l’on peut se pencher sur un livre capable de conduire à la mort ses lecteurs.

Alors méfiez-vous quand même si vous entendez un cri perçant pendant votre lecture, je vous aurez prévenu.

Pour info :

Laurent PHILIPPARIE est un auteur de roman policier français.

Il a étudié au Lycée Pré de Cordy à Sarlat-la-Canéda puis des études de Sciences Criminelles à l’Université Montesquieu Bordeaux 4.

Diplômé de sciences criminelles, Laurent Philipparie est officier de police depuis dix-huit ans. Passionné de littérature policière, il est également conseiller technique d’auteurs. Son goût de l’écriture, il le fait partager à des lycéens, dans le cadre de missions interministérielles. Il s’est toujours intéressé à la littérature policière et interrogé sur l’autre côté du miroir. Ne regarde pas l’ombre est son premier roman, qui paraitra aux éditions Vents Salés en 2016.

Je remercie les Éditions Belfond pour ce thriller sanglant assez surprenant.

“ La peau du papillon ”

La peau du papillon de Sergey Kuznetsov aux Éditions Gallimard, série noire

Traduit du Russe par Raphaëlle Pache

” Tu as du mal à respirer, ton corps perd ses contours, se métamorphose en un cocon noir, la détresse et le désespoir deviennent plus denses : il te suffit de tendre la main pour les toucher.

Une vieille terreur de l’enfance ? Non, pas de la terreur, de l’angoisse, un concentré d’angoisse, un sentiment d’asphyxie, un bruit incessant dans les oreilles, le flux de ton propre sang, les ténèbres, les ténèbres, un nuage de ténèbres s’accroche aux plis de tes vêtements, se cramponne aux protubérances de ton visage, aux cheveux collés sur ton front, aux pointes rongées de tes doigts.

(…) Ces jours-là sont très pénible pour moi. Afin de les rendre plus supportables, je commence à me rappeler les femmes que j’ai tuées. “

À Moscou, sévit un tueur en série particulièrement sadique. Il n’hésite pas à surfer sur le web pour dénicher sa prochaine cible.

C’est là que Xénia, une ambitieuse rédactrice en chef d’un site Web d’actualités, va croiser sa route. Elle-même, adepte de pratiques sexuelles extrêmes saisit cette opportunité pour tenter de gagner une certaine notoriété.

” C’est balèze, maman, super méga balèze ! Comment ça, « pourquoi » ? Parce que c’est mon travail. Parce que je suis rédactrice en chef du journal en ligne LeSoir.ru, journal, et même un peu IT manager, maman, mais quoi qu’il en soit, une professionnelle couronnée de succès, et ça, c’est mon nouveau projet. Comment ça, tu as regardé et ça ne contient que des cochonneries ? Et qu’est-ce que tu t’attendais à trouver sur une page concernant un maniaque qui a tué onze filles entre quinze et trente-huit ans rien qu’au cours des huit dernier mois? “

Bientôt, une relation virtuelle via une messagerie instantanée se noue entre le tueur et la journaliste. Le danger la guette, il n’y a qu’un pas pour franchir la frontière entre le fantasme et le passage à l’acte, entre fascination, répulsion et désir. Xénia se retrouve en plein dilemme…

” – Dis-moi la vérité, tu prends ton pied avec toutes ces histoires ?

– Moi ?

– Oui, toi, qui d’autre ? Arrête de faire l’idiote. C’est qui la masochiste soumise adepte des tortures et de l’automutilation ? “

Ce que j’en dis :

À travers cette immersion dans la littérature russe on embarque sur les traces d’un serial killer démoniaque. Mêlant confessions du tueur et enquête journalistique sur le web, l’auteur nous offre un roman assez surprenant qui démontre une fois encore, les dangers du Web et les risques de mauvaises rencontres pour les adeptes des relations sexuelles sadomasochistes. Un milieu très particulier qui regorge de détraqués en tout genre.

En Russie, comme ailleurs, le mal qui parfois sommeille sous certain cocon se libère et donne vie à des êtres abjects, dénoués d’empathie.

Ce thriller plutôt réussi nous offre le jeu du chat et de la souris des temps moderne, mêlant douleur et plaisir, ambition et persécution, fantasme et violence dans un climat glacial que seule la neige pourra momentanément cacher avant la métamorphose…

Une belle découverte qui m’a plutôt agréablement surprise malgré son côté sordide.

Un auteur à suivre.

Pour info :

Sergey Yurievich Kuznetsov est né à Moscou, marié et père de trois enfants. Il est écrivain journaliste et un entrepreneur.

Diplômé de la faculté de chimie de l’ Université d’État de Moscou en 1988.

En 2004, il a fondé la société SKCG, spécialisé en marketing interactif et projets culturels.

” La peau du papillon “ est son premier roman à paraître à la Série Noire.

Je remercie les éditions Gallimard pour ce thriller scandaleusement étonnant.

“ Candyland ”

Candyland de Jax Miller aux éditions Flammarion collection Ombres Noires

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire-Marie Clévy

« Allô, je voudrais signaler une disparition… »

Sadie Gingerich, une ancienne amish propriétaire de la confiserie située dans une ville minière de Pennsylvanie est inquiète. Son fils a disparu et le chef Braxton ne semble pas la prendre au sérieux.

” Écoutez, je suis sûr qu’il va réapparaître. Il doit être fourré au pieu avec quelqu’un.

Elle n’est hélas pas la seule mère qui s’inquiète de la disparition de son enfant…

“ Est-ce qu’il faut vraiment que je menace d’écorcher vif tous les gens que vous aimez pour que vous m’aidiez ? (…)

« Et, où voulez-vous que je commence ?

– Au dernier endroit où on l’a vu, j’imagine » dit-elle en baissant les yeux vers la silhouette d’une grande roue qui se profilait dans la neige.

« Candyland. »

Et lorsque Thomas est enfin retrouvé, il semble avoir été assassiné et tous les soupçons se portent sur sa petite amie, une toxicomane notoire.

„ De l’amour à la haine. De la vie à la mort. De Vinegar à Cane. “

Cruauté du destin, Sadie fait la connaissance de Danny, le père d’ Allison la présumée assassine, lui-même confronté à ses propres démons.

Le hasard fait parfois bien les choses, mais dans le cas présent une fois les dés jetés, la partie qui s’annonce va lever le voile sur une indicible vérité.

” Bon sang, on ne peut vraiment pas avoir de secret dans cette ville, hein ? “

Ce que j’en dis :

Qu’il soit en petit ou grand format, Candiland réserve autant de surprises que dans un parc d’attractions.

Au fil des pages, nous grimpons à bord des montagnes russes, l’inquiétude nous gagne, petit à petit la peur s’installe, la tension monte crescendo et la première descente fait froid dans le dos et l’on continue comme ça jusqu’au final. Bien sûr de temps en temps on déguste quelques douceurs vite agrémentées par de nombreuses frayeurs.

Électrisé par de nombreux flash-back entre passé et présent, fil conducteur de cette histoire démoniaque nous ne perdons jamais l’attention et restons bien accroché à cette enquête noire à souhait.

Les tours de manège s’enchaînent dans un engrenage infernal , où l’alcool et la drogue ont remplacé l’huile et agrémentent à jamais les rouages d’une violence inouïe jusqu’à la fin des temps.

On est bien d’accord, je joue de métaphore pour garder un maximums de suspense aux futurs lecteurs mais il est certain qu’une fois montée à bord je ne suis pas descendue en cours de route. Une virée que j’ai faite en deux jours où j’ai découvert les Appalaches en compagnie de cette communauté Amish, et de la population de ces villes minières abandonnées, des hommes et des femmes aux vies broyées. Ici point de conte de fée mais des contes défaits, brisés par la drogue et la pauvreté.

Tout est chaos dans ce monde désenchanté.

En seulement deux romans Jax Millar s’impose dans l’univers du roman noir de manière magistrale et on ne peut qu’espérer que le troisième arrive très vite et déclenchera une fois encore autant de Waouh !

Je remercie Léa de son choix pour les poches du mois de décembre sur son merveilleux groupe, le Picabo River Book Club, qui m’a permis de dépoussiérer mon grand format qui attendait patiemment son tour.

En espérant que vous aussi, vous prendrez votre ticket de lecture pour un tour de folie à Candyland. Frissons garantis nom remboursable tellement c’est le pied.

Alors, à qui le tour ?

Pour Info :

Elle naît et grandit à New York. Elle réside aujourd’hui dans le comté de Meath , en Irlande.

En 2015, elle publie son premier roman, Les Infâmes (Freedom’s Child) grâce auquel elle est lauréate du prix Transfuge du meilleur polar étranger 2015 et du grand prix des lectrices de Elle. 2016. Selon François Lestavel  de Paris Match, c’est « le roman noir le plus trépidant de l’année 2015. Pour Jérôme Leroy dans Causeur, « Jax Miller, dans Les Infâmes, est impressionnante de virtuosité narrative et de précision presque clinique dans le réalisme. Elle joue avec les points de vue et les époques dans une construction millimétrée. Mais comme elle sait donner à ses personnages une réelle consistance, on ne s’en aperçoit pas, ce qui est du grand art ».

Le 30 août 2017, est paru en avant-première en France aux Éditions Ombres Noires, son second roman Candyland.